votations

  • Loi Covid : une bonne claque aux mauvaise odeurs, mais...

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    avuedenezilestcinqheures.jpgUn "oui" sans euphorie

    La nouvelle version de la Loi Covid a donc été adoptée à 62 % des suffrages, malgré une campagne tonitruante, dispendieuse et quasiment trumpiste de ses adversaires, qui subissent un échec d'autant plus rude que la majorité acceptante a progressé, avec un taux de participation record, et que des cantons qui avaient, au début de l'année, refusé la première version de la loi ont basculé dans le camp de l'acceptation de la deuxième. D'où, sans doute, la rogne des perdants : après les menaces, les slogans nauséabonds, les amalgames inacceptables, on a eu droit au refus, trumpiste toujours, de reconnaître le résultat pourtant on ne peut plus clair du scrutin. Peu importe : la Suisse ayant été sans doute le seul pays à se prononcer par un vote populaire national sur les mesures de lutte contre la pandémie et de gestion sociale et économique de ses effets, elle s'est prononcée clairement. Une bonne claque aux mauvaises odeurs. On devrait en être euphoriques, et pourtant on ne l'est pas. Parce qu'on n'a pas vraiment de raisons de l'être. Et que cette loi ne nous suffit pas.

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  • Genève refuse de prolonger les heures d'ouverture de ses commerces

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    vignette horaires magasins.jpgDu "Black Friday"au "Good Sunday"

    Deux jours après le "Black Friday" consumériste, Genève a offert au personnel du commerce un "Good Sunday". Le vote sur la prolongation des horaires d'ouverture des magasins a été un vrai, bon, gros, vote gauche contre droite, communes et arrondissements de gauche contre communes et arrondissements de droite. En Ville de Genève, seuls trois arrondissements acceptent la loi bricolée par le Conseil d'Etat, la majorité de droite du Grand Conseil et le patronat : Champel, Cité-Rive et Florissant-Malagnou, et dans le canton ce sont les communes friquées de la rive-gauche (Anières, Corsier, Collonge-Bellerive, Cologny, Vandoeuvres) qui la soutiennent le plus fermement. Peine perdue : les Genevois et voises ont, par 52,5 % des voix, privilégié le soutien au personnel de la vente et l'exigence d'une convention collective au petit confort de pouvoir "faire les magasins" genevois trois dimanches de plus par an et une heure de plus le samedi. Après l'adoption par le peuple (contre les mêmes forces politiques et économiques qui roulaient pour la loi sur les horaires d'ouverture des magasins) d'un salaire minimum légal, c'est une confirmation qu'il y a à Genève une majorité, non pas automatique mais en tout cas atteignable, pour défendre et renforcer les droits des travailleuses et des travailleurs.

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  • Genève : Fin de la rente à vie des magistrats genevois

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    Capture d’écran 2021-11-29 015527.jpgRentrée dans le rang

    On n'en avait rien dit, de cet objet soumis au vote populaire dimanche à Genève, mais la rente à vie que le système actuel accorde aux membres du Conseil d'Etat et au Chancelier ou à la Chancelière d'Etat, ainsi qu'aux magistrats de la Cour des Comptes a été abolie hier par le peuple souverain. Les ministres rentrent dans le rand des citoyens et c'est encore un effet  collatéral de l'"Affaire Maudet" que ce vote, alors que la question avait été posée avant que n'éclate l'"affaire" : un premier projet de loi avait été déposé en mai 2017 par Ensemble à Gauche et le PS. Un deuxième projet est déposé par le Conseil d'Etat quelques mois plus tard. Mais les aventures de l'enfant prodige de la droite genevoise ont accéléré les choses : une initiative populaire non formulée avait été déposée par les Verts libéraux. C'est elle et le projet du Conseil d'Etat approuvé par le Grand Conseil qui étaient soumis, opposés l'un à l'autre, au vote populaire. Tous deux considéraient que le statu quo n'était pas envisageable, et qu'une réforme était indispensable. En quoi différaient-ils alors ? En ceci, que le projet du Conseil d'Etat, soutenu par le parlement après avoir été amendé, était plus complet : non seulement il mettait fin à la "rente à vie", mais il affiliait les magistrats à la caisse de retraite de la fonction publique (ce que ne faisait pas l'initiative) et s'applique aussi aux magistrats de la Cour des Compte, oubliés de l'initiative. C'est la raison pour laquelle nous avions, comme la gauche, minoritaire sur ce coup là, voté "oui" à ce projet et "non" à l'initiative. C'est elle qui a été finalement acceptée ? On s'en consolera... surtout que les autres résultats de cette journée de votation nous conviennent fort...

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  • Votation fédérale sur la loi Covid : Pouvoir vivre avec le virus

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    médecin peste.jpgMalgré le tintamarre des opposants, les ressources financières dont ils disposent (de quoi se payer deux pages entières dans "20 Minutes", entre autres) , leur usage intensif de la prédiction dystopique (si la loi est adoptée, on se retrouvera en Chine avec un "contrôle total" du gouvernement "sur la vie des citoyennes et citoyens") et les 750 recours qu'ils ont déposé dans les cantons au prétexte que le bulletin de vote ne mentionnait pas le pass covid (que toute leur campagne met en avant, au cas où on aurait un doute...)  la loi Covid semble plutôt partie pour être ratifiée par le peuple, une deuxième fois (dans une  augmentée par rapport à celle déjà acceptée) : les derniers sondages qui accordaient une majorité des deux tiers du corps électoral, et les sympathisants UDC étaient les seuls à être majoritairement partisans de lui dire "non". Ce soutien probable à la loi n'est pas enthousiaste, mais rationnel : son dispositif est en tout cas utile, voire nécessaire, pour surmonter la crise sanitaire et sociale provoquée par la Covid. Sans interventions publiques fortes, la coronapandémie aurait peut-être fait quarante fois plus de victimes qu'elle n'en a fait, et aurait provoqué une crise économique et sociale ravageuse. Il fallait faire ce qui a été fait, et il faut encore pouvoir faire ce qu'on peut faire (c'e, dimanche)...  Ce dont il s'agit, après tout, c'est de nous donner à toutes et tous la possibilité de vivre avec le coronavirus. Puisqu'il est là. Et qu'on ne le fera pas partir en se secouant les grelots...

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  • Elire les juges ou les tirer (au sort) ?

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    roulette.jpegUne question de transparence...

    Dimanche, on saura si la Suisse a décidé d'élire les juges de son tribunal suprême par un simulacre de tirage au sort comme le propose une initiative lancée par un milliardaire ou continuer de les faire élire par le parlement fédéral. Il ne s'agit pas de tirer un juge comme le fit à Brive-la-Gaillarde le Gorille de Brassens, mais de tirer au sort les 38 juges fédéraux (et seulement eux). On pourrait se dire qu'après tout, pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi pas, en effet... mais pas comme l'initiative le propose. Pas avec un tirage au sort entre des candidats et des candidates sélectionnés par une commission nommée par le Conseil fédéral. Pas avec des juges restant en place  jusqu'à l'âge de 70 ans (au moins) sans avoir à être réélus. Pas avec une procédure de nomination où les jeux d'influence ne seraient pas moins déterminant, juste plus opaques, qu'ils peuvent l'être dans une élection parlementaire.  Certes, des candidatures hors-parti au Tribunal fédéral n'ont actuellement aucune chance (ce que regrette l'association suisse des magistrats) , puisque les juges sont élus par le parlement. Mais c'est précisément cette élection par le parlement qui rend publique les affinités politiques des juges : la transparence y gagne, on sait à qui on a affaire.

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  • Quand la droite saucissonne l'abolition d'un impôt

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    vignette droit de timbre.jpgUne tranche de saucisson à 200-250 millions

    Depuis des années, des lustres, des décennies, même, la majorité de droite du parlement fédéral veut abolir un impôt qui ne frappe que les entreprises : le "droit de timbre" sur les émissions et les négociations d'actions. Et sachant que l'abolition pure et simple de cet impôt ne passerait pas le cap du vote populaire, même si elle passait celui du vote parlementaire, elle a malignement décidé de saucissonner cette abolition, d'abolir cet impôt tranche par tranche, et a fait voter l'abolition de la première. Coût pour les caisses fédérales : 200 à 250 millions pour la première tranche du saucisson, deux milliards  et 750 millions pour le saucisson entier, au moment où la Confédération, les cantons et les villes auraient besoin de plusieurs milliards pour financer une sortie de la crise sociale provoquée par la coronapandémie. Un référendum était indispensable contre ce premier acte de l'abolition du droit de timbre, il a été lancé par la gauche, il a abouti, on votera le 13 février prochain.

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  • Genève : vers une destitution à la (sale) tête du client ?

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    bouc émissaire 1.jpgOn nettoie, on ne censure pas

    L'"Affaire Maudet" plane sur la votation populaire cantonale genevoise du 28 novembre : le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent un mécanisme de destitution, individuelle, de membres du gouvernement cantonal (mais pas de ce gouvernement en tant que tel). Neuf cantons suisses connaissent déjà des procédures de destitution. Dans trois (Neuchâtel, Nidwald, Grisons), le Grand Conseil est seul compétent pour lancer la procédure. Dans cinq (Berne, Soleure, Schaffhouse, Thurgovie, Uri), c'est le peuple, par initiative populaire, et la destitution est collective : c'est tout le gouvernement qui est révoqué. "Ensemble à Gauche" proposait cette procédure pour Genève, mais le Grand Conseil n'a pas suivi : ce qui est proposé aux Genevois, c'est un empêchement à l'américaine, pas une censure à la française. Dommage : Ici, on est partisans partisans d'un droit de dissolution du parlement, d'une motion populaire de censure. On en est loin, avec la proposition soumise au vote des Genevois et voises : on nettoie, on ne censure pas.

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  • Elire les juges fédéraux par un ersatz de tirage au sort ?

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    JugeRoyBean.jpegLe hasard, soit, mais lequel ?

    Adrian Gasser, le milliardaire auteur de l'initiative pour le tirage au sort des juges fédéraux soumise au vote le 28 novembre, trouve "choquant et inacceptable que les juges fédéraux appartiennent à la classe politique" -en revanche, la classe judiciaire et juridique (car il en est une, aussi) ne lui pose aucun problème. Certes, depuis 1942, aucun juge fédéral sans parti n'a été élu, mais l'appartenance a un parti politique n'est pas une obligation légale -elle n'est qu'une pratique commode, puisque l'instance qui élit (le parlement)est composée de représentants et de représentantes de partis. Et puis, en quoi la non-appartenance a un parti préserverait-elle les juges de pressions de leurs milieux, de leurs communautés de pensée, de religion, de conviction ? Et qui peut garantir que les membres de la commission, nommée par le gouvernement, qui sélectionnera le panel au sein duquel on tirera au sort les juges, seront sans affiliation, sans conviction, sans engagement politique ? Vous voulez un vrai tirage au sort des juges, qui soit une vraie rupture avec les manoeuvres, les pressions, les calculs politiques ? Alors tirons au sort les membres des Chambres fédérales (après tout, ce sont elles qui élisent les juges du Tribunal fédéral)... ou tirons au sort les juges au sein de l'ensemble de la population, comme naguère on formait les jurys populaires des tribunaux...

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  • Opposition à la loi Covid : plus de bruit que de votes ?

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    pangolin de faced.jpgLa raison face aux peurs ? Ce serait si simple...

    Le référendum lancé par les  "Amis de la Constitution" contre la loi  Covid-19 ayant largement abouti, avec plus de 80'000 signatures, la loi est soumise au vote populaire. Si elle devait être refusée en votation, les mesures qu'elle prévoit, et qui sont essentiellement des mesures de soutien aux victimes de la crise, seraient privées de base légale. Les opposants à la loi, naturopathe, scientophobes, complotistes et individualistes stirnériens mêlés,  font beaucoup de bruit médiatique et tintinnabulant de cloches bovines autour du pass sanitaire, mais semblent minoritaires, à en croire (la prudence s'impose) les sondages (le dernier en date accorde 69 % des suffrages à la loi). Du coup, en bon complotistes, ils annoncent d'ores et déjà que si la loi devait être acceptée par le peuple, ce ne pourrait être que grâce à la fraude lors de la votation et à la manipulation avant elle (ainsi dénoncent-ils dans l'intitulé même du vote, qui ne fait pas référence au certificat covid, une "tentative éhontée de tromper le souverain", alors que cet intitulé ne peut-être que celui du titre de la loi contestée, qui ne fait pas non plus référence au certificat covid...). Toujours à en croire les sondages, et toujours avec la prudence requise pour y faire référence, seuls les sympathisants UDC repousseraient majoritairement (à plus de 60%) la loi, le parti, lui, étant plus divisé, à l'image du duo dissonant Maurer-Parmelin et des positions contradictoires prises par le groupe parlementaire et l'assemblée des délégués du parti). La loi est en revanche soutenue à plus de 80 % par les Verts, les Verts libéraux et les socialistes et à plus de 75 % par les sympathisants PLR et centristes. Pas vraiment un combat gauche-droite, donc. Quoi, alors ? un combat de la raison contre les peurs, alors ? Ce serait si simple...

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  • Soins infirmiers : "Les applaudissements ne suffisent pas"

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    Capture d’écran 2021-11-04 010258.jpgDes actes, des moyens

    Les initiatives populaires passent difficilement l’épreuve des urnes, et l'exigence d'une double majorité du peuple et des cantons (autrement dit : une majorité au plan national et une majorité dans une majorité des cantons) n'y est pas pour rien : au cours des 130 dernières années, seules 23 initiatives ont été adoptées par cette double majorité. Néanmoins, selon les sondages, on pourrait célébrer  l’adoption le 28 novembre, par une grande majorité des votantes et des votants (77 % selon le dernier sondage Tamedia), de l’initiative pour des soins infirmiers forts. Sans doute est-il plus facile d'être soutenu par une majorité quand on propose d'améliorer la formation, les conditions de travail, les salaires de celles et ceux qui prennent soin de nous quand nous sommes malade, accidentés -ou simplement, inéluctablement, vieux- que lorsqu'on propose d'accorder des droits politiques aux étrangers ou de surtaxer les plus grosses fortunes, mais peu importe : l'adoption de l'initiative "pour des soins infirmiers forts" serait, sera, un acte politique fort.

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  • Horaires d'ouverture des magasins genevois : Au bonheur des patrons

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    Capture d’écran 2021-10-24 035129.jpgLe référendum lancé par les syndicats, et soutenu par la gauche, contre la nouvelle tentative patronale d'extension (malgré les apparences) des horaires d'ouverture des magasins ayant abouti, on votera le 28 novembre à Genève sur ce nouvel épisode d'un roman-feuilleton, triste adaptation par le patronat du commerce de détail et la droite parlementaire du "Bonheur des Dames" de Zola, devenu "Au Bonheur des patrons" : "c'est à l'usure que le patronat et ses commis politiques veulent pérenniser l'ouverture dominicale des magasins sans contrepartie pour les vendeuses et les vendeurs" (encore des travailleuses et travailleurs qu'on avait applaudis dans les premières semaines du confinement...), avec en prime une extension à 19 heures de l'ouverture du samedi. Seule contrepartie : la fin des "nocturnes" du jeudi (jusqu'à 21 heures). Une fin qui était de toute façon prévue, ces soirées n'ont jamais répondu aux attentes des commerces qui les pratiquaient -elles finissaient par leur coûter plus cher que ce qu'elles rapportaient. Ce projet patronal genevois, accepté dans une vote droite contre gauche au Grand Conseil, est aussi un test national, un "cheval de Troie" pour donner aux cantons la possibilité d'autoriser l'ouverture dominicale des magasins douze fois par an, toujours sans contrepartie. La Conseillère d'Etat PLR zurichoise, se prévalant de représenter le "canton économiquement le plus fort", a ainsi exigé de la Confédération qu'elle autorise les commerces à rattraper les dimanches fermés" en 2020...

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  • Au nom de l'"indépendance de la justice" : s'en remettre au sort plutôt qu'au vote ?

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    Justice2.jpgC'est une vieille idée qui ressurgit à l'ordre du jour des votations du 28 novembre : celle de recourir au tirage au sort plutôt qu'à l'élection pour désigner les membres d'une autorité. Une initiative populaire lancée, à ses frais, par un multimillionnaire du textile, Adrian Gasser, propose, au nom de l'"indépendance de la justice", de faire désigner les juges du Tribunal fédéral par tirage au sort plutôt que les faire élire par le parlement, pour les rendre plus indépendants des partis politiques. Mais l'initiative ne s'en remet tout de même pas à l'égalitarisme du hasard : elle propose un système où pour soustraire les juges au jugement des parlementaires, elle les fait choisir, avant tirage au sort, par une commission dont les membres seraient nommés... par le gouvernement.

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  • Loi Covid : on votera "oui", comme il y a quatre mois

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    Quasimodo.jpgL'urgence et les grelots

    Le 13 juin, 60 % des votantes et votants acceptaient la première loi  Covid. La refuser n'aurait pas empêché le Conseil fédéral de continuer à prendre des mesures de lutte sanitaire (fermeture de magasins, interdiction de manifestations, port du masque, vaccination), ces mesures relevant d'une autre loi (la loi Covid sur les épidémies), mais de nombreuses mesures de soutien nécessaires n'auraient plus eu de base légale.  Battue dans les urnes, l'opposition à la loi n'a pas désarmé,  elle a lancé un référendum contre les modifications de la loi concernant le pass sanitaire, mais contenant aussi les aides pour les cas de rigueur, les indépendants, le secteur de l'événementiel ou les indemnisations en cas de chômage partiel. Le référendum ayant abouti, on est reconvoqué au vote le 28 novembre. Et on votera "oui". Pour la même raison qu'il y a quatre mois : pour répondre à une urgence qu'on ne fera pas disparaître en se secouant les grelots dans des manifs.

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  • Initiative populaire "pour des soins infirmiers forts" : Un "oui" d'évidence

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    infirmiers.jpgAu menu (copieux) des votations du 28 novembre prochain, on trouve une initiative populaire lancée par l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), déposée en 2017 avec 120'000 signatures,  soutenue par la gauche, des personnalités du "centre" et de la droite, la Fédération des médecins suisses, les organisations de patients et les syndicats  : l'initiative "pour des soins infirmiers forts". Elle réclame davantage de places de formation, une formation mieux indemnisée, des horaires stables, de meilleures possibilité de progression dans une carrière, une revalorisation salariale, un nombre suffisant de soignantes et de soignants -toutes revendications dont la pandémie a confirmé plus encore que révélé la pertinence. Le parlement fédéral a concocté un contre-projet indirect(une loi entrant en vigueur si l'initiative est rejetée) qui reprend partiellement quelques unes de ces revendications, mais pas toutes, et n'accorde à leur concrétisation qu'un milliard de francs sur huit ans. Bien moins que ce qui a été mobilisé en moins de deux ans pour tenter de maîtriser une pandémie face à laquelle les infirmières et les infirmiers ont été en première ligne, jusqu'à épuisement. On soutiendra donc l'initiative, parce que ses revendications sont d'évidence.

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  • Deux tiers des Suisses croient donc encore au mariage

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    Capture d’écran 2021-09-30 021452.jpgLe libre choix du peuple

    Deux tiers des Suisses croient donc encore au mariage, et, logiques, acceptent d'en faire un droit de toutes et tous, sans privilège, toutes différences de préférences sexuelles surmontées. L'homosexualité "normalisée" gagne ainsi en droits ce qu'elle perd en subversion -mais les homosexuel.le.s la payaient fort cher, la force subversive de leur préférence affective. Il reste tout de même plus du tiers du corps électoral actif à refuser aux homos les droits dont disposent les hétéros,mais en Suisse, c'est le peuple (du moins la part de lui qui dispose des droits politiques et en use en son nom) qui a accepté le "mariage pour toutes et tous" -le peuple (surtout les femmes, les jeunes, les villes et la gauche), pas seulement le parlement ou le gouvernement, comme il est de pratique presque générale ailleurs. On craignait une sous-estimation de l'opposition par les sondages, le résultat final y fut finalement assez conforme, et dans tous les partis nationaux (sauf l'UDC), le projet est soutenu (jusqu'à 90 % à gauche) Et tous les cantons suivent. Les femmes, selon les sondages d'après-vote, ont plus fermement que les hommes  soutenu le "mariage pour toutes et tous" (69 % contre 58 %) et c'est la classe d'âge des 18-34 ans qui y a été le plus favorable. On peut voir dans leur soutien, comme la directrice de campagne du comité national de soutien au projet, Olga Baranova, le fait de leur expérience personnelle et collective, historique, de la discrimination et de l'inégalité de traitement : "elles parviennent de ce fait plus facilement à se mettre à la place des personnes LGBT discriminées, même si elles ne sont pas concernées elles-mêmes". Le projet d'étendre aux couples homosexuels le droit au mariage avait d'ailleurs été déposé par une  Conseillère nationale (la Verte libérale Kathrin Bertschy) soutenue par des associations féminines.

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  • Initiative "99 " : Partie remise

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    Le lièvre et la tortue.jpgIl s'avère donc que si deux tiers des Suisses et Suissesses croient encore au mariage, deux tiers ne croient pas à l'impôt, mais que «presque un million de personnes se sont prononcées en faveur de l'initiative 99%, une initiative qui remet en question le capitalisme en son cœur. C'est un succès !», réagit la Jeunesse socialiste après l'échec attendu de son initiative "99 %". S. Et elle a raison : même si nous n'avons pas été 99 % du corps électoral suisse à soutenir son initiative  pour une plus forte imposition des revenus du capital et que nous n'avons été majoritaires que dans les arrondissements de gauche des villes (dont Genève), voire quelques villes (Lausanne...) et pas loin de l'être dans deux cantons (Bâle, le Jura), peu importe dans l'immédiat : ce qui nous meut, c'est de constituer un rapport de force politique -meilleur aura été le résultat de cette initiative dans nos cantons et nos communes, mieux armés serons-nous pour, à ces niveaux-là, défendre et faire accepter des réformes fiscales renforçant la contribution des plus riches, comme le propose l'initiative de la gauche genevoise pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes.

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  • Mariage civil pour toutes et tous : Soudain l'enfant paraît...

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    Bébé 2001.jpgOn vote dimanche sur le "Mariage pour toutes et tous", sur l'instauration de l'égalité des droits entre couples homo- et hétérosexuels. D'entre ces droits, il y a ceux à l'adoption, à la naturalisation facilitée et à la procréation médicalement assistée (PMA). La démarche est logique : il n'y aurait pas d'égalité des droits dans le mariage si les couples hétéros disposaient de droits niés aux couples homos.. mais tout se passe comme si l'opposition au "Mariage pour toutes et tous" s'était repliée comme dans une redoute sur une opposition à la possibilité d'une PMA pour les couples de femmes... Il est tout de même assez étrange qu'un vote sur le mariage, sur son élargissement aux couples homosexuels, suscite un débat concentré sur les enfants et l'invocation d'une "loi naturelle" de la procréation, comme si on ne se mariait que pour avoir des enfants. Comme s'il n'y avait, aujourd'hui, avec un mariage exclusivement hétéro, de familles qu'autour de couples mariés avec enfants, et pas de familles monoparentales. Ce n'est pas le mariage homosexuel qui est contradictoire de la "loi naturelle", mais le mariage lui-même. Et la famille elle-même. Mariage et famille sont des constructions sociales, comme le genre, et la seule "loi naturelle" qui s'impose à la procréation humaine, c'est celle qui lui impose la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule. D'où qu'ils viennent, et comment qu'ils se rencontrent. Cela fait des millénaire que l'humanité  tente, pour finalement y réussir, d'émanciper sa procréation (et celle de son bétail, de ses animaux de compagnie, de ses fleurs, de ses fruits et de ses légumes), de la "loi naturelle". D'où vient alors qu'on se remette aujourd'hui à l'invoquer comme une limite à ne pas dépasser ? On ne voit de réponse à cette question que celle qui tient en deux mots : l'homophobie, conjuguée à la misogynie. Car c'est bien la possibilité donnée à un couple de femmes de procréer avec pour seul concours masculin celui d'un spermatozoïde dont seule la qualité importe et non l'origine, qui horrifie l'opposition au "mariage pour toutes et tous". D'où ses hurlements post-freudiens sur la "mort du père"...

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  • Mariage civil pour toutes et tous : De la marche au vote

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    mariage, mariage pour tous30'000 personnes ont défilé, joyeusement, à Genève samedi, dans le cadre de la "Marche des fiertés", tous drapeaux arc-en-ciel dehors (la Ville en avait pavoisé le pont du Mont-Blanc). La Marche de samedi était, l'agenda politique s'imposant, un formidable appel à soutenir le projet de "Mariage pour toutes et tous" soumis à votation dans dix jours. Tous les partisans du projet étaient là, ou représentés, même les Jeunes PLR (ils venaient de retourner leur veste et de décider de soutenir le "mariage pour toutes et tous" qu'ils avaient auparavant fait mine de vouloir combattre). Reste que le vote n'est pas gagné :  le premier parti de suisse, l'UDC, combat le projet avec une rhétorique explicitement homophobe. Et il n'est pas seul : avec les milieux religieux conservateurs, voire intégristes, il considère que la possibilité de conclure un partenariat enregistré suffit (on est tout de même surpris que ce partenariat plaise à ce point à ce milieu -il est vrai qu'on ne l'y soutient désormais que pour l'opposer au mariage, un peu comme si on considérait que droit au concubinage rendait inutile celui au mariage)... Or le partenariat n'offre pas les mêmes droits que le mariage, notamment s'agissant de l'adoption, de la procréation médicalement assistée et de la naturalisation. Il s'agit donc bien, avec le "mariage pour toutes et tous" d'établir une égalité entre les couples, qu'ils soient homo ou hétéros.

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  • Les 99 % de Sherwood et le 1 % de Nottingham

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    Robin des Bois.jpgRobin des Bois et les Shériffs

    C'est une "initiative Robin des Bois" qui veut prendre aux riches pour donner aux pauvres et contre laquelle les shériffs se mobilisent en masse : l'initiative populaire fédérale "99%" de la Jeunesse Socialiste, dont le titre réel est : "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital",  est soumise au vote du peuple et des cantons le 26 septembre. Elle vise un rééquilibrage de la fiscalité entre celle qui frappe les revenus du travail et celle qui caresse ceux du capital (ceux qu'on obtient par le simple fait des placements et de leur rendement, comme les intérêts sur des placements boursiers ou immobiliers et les dividendes versés aux actionnaires). Ceux-ci seraient alors taxés à 150 % dès qu'ils dépassent un montant que l'initiative ne précise pas (ce serait la tâche du parlement que de le fixer), mais que les initiants suggèrent de placer à 100'000 francs par an : votre fortune vous rapporte 100'000 francs par an (ou moins) elle resterait imposée comme actuellement; elle vous rapporte plus de 100'00 francs ? ce "plus" serait imposé à 150 %.  L'exercice rapporterait aux caisses publiques des milliards de francs (5 à 10 milliards, selon les estimations de la JS), qui seraient utilisés pour améliorer la protection sociale, baisser les primes d'assurance-maladie, réduire la fiscalité pesant sur les revenus du travail des petits et moyens salaires et développer des services publics comme les crèches. La gauche et les syndicats soutiennent l'initiative, que combat, évidemment, la droite et le patronat. Les premiers sondages donnaient une très légère et relative majorité en faveur de l'initiative, grâce à un vote massif de la gauche  -mais on sait que  les initiatives populaires perdent souvent du terrain dès que les campagnes de leurs adversaires ont été lancées, et celles des adversaires de l'initiative sont massives... Elle perd donc du terrain, mais impossible n'étant pas socialiste, le sort de Robin des Bois dépend de notre mobilisation, les seules batailles perdues d'avance étant celles qu'on renonce à mener. A Sherwood comme ailleurs.

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  • Mariage civil pour toutes et tous : La loi, l'amour, le genre

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    Capture d’écran 2021-09-05 001431.jpgLe 26 septembre, la Suisse mettra sans doute fin à l'une des dernières discriminations explicites de ses lois, en acceptant le mariage civil "pour toutes et tous", c'est-à-dire l'extension aux couples homosexuels du droit au mariage civil (et à l'adoption conjointe, au don de sperme et à la naturalisation facilitée. A trois semaines de la votation, les derniers sondages donnent une majorité confortable (autour de 65 %) au projet, avec une acceptation plus forte chez les femmes (71 à 75 %) que chez les hommes (57 à 62 %), à gauche (jusqu'à 89 % au PS et chez les Verts) qu'à droite (jusqu'à 61 % de refus à l'UDC), dans les villes (autour de 75 % d'acceptation) que dans les campagnes (autour de 65 %), en Romandie et en Alémanie qu'en Suisse italienne, chez les jeunes (autour de 80 % des 18-39 ans) que les plus de 65 ans (autour de 55%). Le "mariage pour toutes et tous" est un "jalon historique" dans une lutte émancipatrice, écrit le PS suisse. Un jalon, certes,. même si ce n'est pas le plus fondamental, le mariage en tant que tel, qu'il soit pour toutes et tous ou seulement pour les hétéros, restant ce qu'il est : la réduction des sentiments à un contrat... "L'amour ne connaît pas de genre", nous assure le PS. Il n'a "jamais, jamais connu de loi", chantait déjà Carmen. Hélas, il se heurte souvent aux lois -et c'est, avec le respect du principe d'égalité, la raison essentielle de notre soutien au changement de loi qui nous est proposé : la loi n'a rien à nous dire sur nos amours... 

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