votations

  • Les plate-formes de streaming contribueront au financement du cinéma suisse

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    Capture d’écran 2022-05-20 153209.jpgLa Romandie, les villes, le cinéma...

    La "loi Netflix" a été nettement acceptée, au-delà de sondages qui prédisaient un résultat bien plus serré que les plus de 58 % de voix qu'elle a obtenue au plan fédéral, et a obtenu une majorité dans 18 cantons sur 25 (avec toutefois une opposition plus forte en Alémanie qu'en Romandie, où tous les cantons acceptent la loi, et plus forte dans les campagnes que dans les villes). Dès janvier 2024, les plate-formes de streaming devront donc réinvestir dans le cinéma (et les séries) suisses 4 % du chiffre d'affaire qu'elles réalisent en Suisse, faute de quoi une taxe équivalente leur sera imposée, qui elle aussi servira à financer la création audiovisuelle helvétique. Et elles devront également proposer dans leur catalogue au moins 30 % de films européens (les films suisses étant réputés européens...).

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  • Quand à la peur des migrants s'est ajoutée la peur d'être sortis de l'espace Schengen

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    Frontex vote.jpgFrontex : le combat continue

    Comme on pouvait s'y attendre (au point qu'on ne le craignait même plus), l'augmentation de la participation de la Suisse au financement de l'agence de garde-frontières et garde-forteresse européennes Frontex a été largement (à 71,5 %) approuvée par le peuple suisse, habituellement bien plus critique à l'égard des institutions et des instances européennes. Les arguments sécuritaires et de confort semblent bien avoir été déterminants dans ce prononcement populaire. En gros, les Suisses ont accepté de payer plus pour Frontex pour que Frontex continue à refouler les métèques, ou à les laisser crever, hors de portée de notre vue, mais sur la fin de la campagne, on avait l'impression qu'on ne votait plus sur Frontex mais sur Schengen, tant les partisans du soutien à Frontex insistaient sur le risque pour la Suisse d'être exclue de Schengen si elle refusait de financer Frontex... On était à deux auriculaires de la Fékniouze, mais ça a marché. Les Suisses pourront donc continuer à prendre l'avion pour Lesbos sans avoir à faire la queue à l'aéroport dans la file "hors Schengen" et la Suisse a fait un pas vers sa réconciliation avec l'Europe. Un pas en piétinant les migrants.

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  • don d'organes : Faire survivre quelque chose de nous après nous...

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    coeur sur la main.jpgOn vote le 15 mai, mais s'il est trop tard pour le faire par correspondance. Il ne l'est pas encore pour voter : les locaux de vote sont ouverts dimanche entre dix heures du matin et midi... Il vous est donc encore possible de soutenir la proposition du parlement de substituer le principe du consentement présumé au don d'organe à celui, actuellement posé par la loi, du refus présumé, qui a pour conséquence que lorsque le donneur potentiel n'a pas explicitement fait état de son don à venir, on part du principe qu'il refuse. Résultat : entre 40 et 60 % des proches interrogés par le corps médical refusent le don d'organe de leur parent ou de leur conjoint. Comme s'il leur appartenait. Comme si nous étions propriétaires de nos proches et de leurs organes.

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  • NON à Frontex, pas à Schengen... quoique...

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    plan Genève 1766.jpgC'est devenu l'argument principal, obsessionnel, des partisans de l'augmentation de la participation suisse à Frontex, l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne : si dimanche prochain vous refusez cette augmentation, la Suisse sera exclue de l'"espace Schengen" (l'espace de "libre circulation" entre pays européens -et de fermeture de l'Europe à la plupart des immigrants), au nom d'une "clause guillotine" qui ferait de cette exclusion une mécanique, un automatisme. Or tel n'est pas le cas : si, comme la gauche vous y invite, le "non" est majoritaire dimanche (malgré les sondages), les parties à l'espace Schengen auront 90 jours pour répondre à ce refus, et c'est seulement si aucune réponse satisfaisante pour tout le monde n'est donnée que la Suisse sortirait des accords européens de "libre circulation" des Européens. Avec toutefois la possibilité d'y revenir ensuite. Si le "non" passe, la Suisse aura donc trois mois pour trouver une solution acceptable par ses partenaires. Et puis, même si on devait "sortir de Schengen", devrait-on prendre le deuil d'un "espace de libre circulation" entre les murs d'une forteresse ? Ne devrait-on pas plutôt s'atteler à les faire tomber, ces murs, comme on a abattu il y a 150 ans ceux entre lesquels Genève étouffait ? Il vous reste jusqu'à ce soir pour envoyer votre bulletin de vote par la poste. Sinon, les locaux de vote sont ouverts dimanche de dix heures à midi. Pour voter NON au renforcement du soutien suisse à Frontex.

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  • Voter la "loi Netflix" dimanche prochain : Une question de pluralisme

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    cinéma suisse5.jpgIl vous reste quelques jours (jusqu'à jeudi) pour voter par correspondance en faveur des propositions qui vous conviennent (par exemple la "loi Netflix" ou celle sur le dos d'organes, ou à Genève la réforme du Cycle d'Orientation) ou contre celle qui vous disconvient (l'accroissement du financement suisse de Frontex).  La "loi Netflix" vise à faire contribuer les plate-forme de streaming et les télé étrangères diffusant de la pub à destination des consommateurs suisses, au financement du cinéma suisse. Les derniers sondages ne lui donnent qu'une avance trop ténue (autour de 52 % de "oui") pour que l'hypothèse d'un refus populaire soit invraisemblable : son acceptation pourrait être due à un vote positif massivement majoritaire des Romands (62 % de "oui") et majoritaire des italophones (54 % de "oui"), contre un vote majoritairement négatif (51 %) des Alémaniques, plus opposés à ce qu'ils considèrent comme un "impôt culturel" qui aurait, selon eux, pour conséquence de renchérir leurs abonnements aux plate-forme de streaming, ce que l'expérience faite dans les pays pratiquant déjà ce qui est proposé en Suisse ne confirme absolument pas. Mais confirme, en revanche, que l'offre de cinéma sur ces mêmes plate-forme a été élargie à des films qui n'y étaient pas proposés. Une question de pluralisme culturel, en somme.

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  • Application de l'initiative "Zéro Pub" en Ville de Genève: On votera sans doute, et c'est très bien

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    homme-sandwich.jpgLe comité référendaire (toute la droite et le patronat) contre la mise en œuvre de l'initiative municipale «Zéro Pub» a déposé mercredi 4871 signatures à la Chancellerie d'Etat. Les référendaires ont reconnu que la récolte a été difficile, et il est vraisemblable que certains d'entre eux (les faîtières professionnelles) ont eu recours à des récolteurs rémunérés -ce qui est légal, mais pas très efficace parce que cela amène beaucoup de signatures invalide, si les récolteurs sont payés «à la signature». Avec presque 1700 signatures de plus que le minimum requis, on peut toutefois considérer (sous réserve du résultat de la validation des signatures) que le corps électoral municipal (les citoyennes et citoyens suisses et étrangers établis depuis huit ans) se prononcera, peut-être en novembre, non sur l'initiative elle-même (elle n'est soumise au peuple que si le Conseil municipal la refuse -or il l'a acceptée) mais sur son règlement municipal d'application, voté par le Conseil municipal. Si ce règlement est refusé en votation, on repart à zéro : l'initiative est caduque (elle ne sera donc pas soumise au peuple), mais le Conseil administratif et le Conseil municipal gardent le pouvoir d'élaborer un règlement municipal sur l'affichage public (on a un en réserve...) -qui ne sera évidemment plus un règlement d'application de l'initiative, puisqu'il n'y aura plus d'initiative à appliquer, mais qui sera un règlement autonome, à nouveau soumis à référendum. En attendant quoi, la probable votation municipale sera l'occasion à Genève d'un débat bienvenu sur l'affichage publicitaire, son contenu, son emprise sur l'espace public. On votera donc sans doute, et c'est très bien. Et ce sera un premier débat : une initiative populaire fédérale est en discussion, et plusieurs projets municipaux sont en attente de décision. Et de tout ça, on se réjouit.

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  • Frontex : des enquêtes et une démission plus tard, un NON conforté

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    frontexLa teneur d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), pas encore publiée, a poussé Fabrice Leggeri, directeur de l'agence de garde-frontières européens Frontex, à démissionner. Deux enquêtes ont en fait été menées en parallèle. La première porte sur des refoulements illégaux aux frontières extérieures de l’Union européenne (notamment la frontière greco-turque) et de violations des droits fondamentaux, la seconde sur des cas supposés de harcèlement de travailleurs de l’agence. Elle tombe mal, cette démission, pour les partisans de l'augmentation de la contribution suisse à Frontex, soumise au vote dimanche, mais elle illustre bien ce qu'est réellement cette "agence européenne". Plusieurs autres  enquêtes, dont une du "Monde", du "Spiegel" et des suisses SRF et Republik*, ont confirmé que cette agence couvrait des refoulements illégaux de migrants entre la Turquie et la Grèce : des bateaux de migrants sont interceptés dans les eaux grecques puis refoulés dans les eaux turques (la Turquie servant de silo de stockage des migrants, comme d'ailleurs la Libye), voire même interpellés alors qu'ils ont réussi à débarquer en Grèce, mis dans des bateaux de garde-côtes grecs, puis dans des canots de sauvetage et repoussés dans les eaux turques. Une pratique totalement illégale... mais conforme aux obsessions des Etats de l'"Espace Schengen" : rendre l'immigration en Europe la plus difficile, voire la plus périlleuse, possible. Les enquêtes sur Frontex et la démission de son directeur confortent en tout cas notre NON au renforcement de la contribution suisse à une agence détournée de sa mission officielle pour complaire à la paranoïa xénophobe régnante.

    *on trouvera plus de détails sur sur l'enquête sur https://www.infomigrants.net/en/post/40166/des-documents-internes-de-frontex-revele-lampleur-des-renvois-en-mer-egee, et, si on est abonné, sur https://www.lemonde.fr/international/article/2022/04/27/refoulements-en-mer-egee-les-recensements-errones-ou-mensongers-de-frontex_6123944_3210.html

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  • Don d'organes : présumer le consentement ou le refus ?

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    don d'organe,transplantationQu'a-t-on dit quand on n'a rien dit ?

    Le 15 mai, on votera sur la révision de la loi sur la transplantation, combattue par un référendum alémanique (il n'y avait aucun Romand dans le comité référendaire), révision qui introduit le principe du consentement présumé pour le don d'organes, mais le soumet à des conditions qui ne le rendent pas automatique. Le comité référendaire, rassemblait des personnalités de gauche comme de droite mais le refus du projet est surtout prôné dans les rangs de partis religieux protestants (le parti évangélique PEV, l'Union démocratique fédérale UDF) et de l'UDC. Le projet soumis au peuple est une sorte de contre-projet indirect à une initiative populaire, "pour sauver des vies en favorisant le don d'organes", plus radicale mais qui a été suspendue en attente du résultat du vote : si le peuple refuse le projet qui lui est soumis, l'initiative sera réactivée. Et comme elle a déjà abouti, elle sera soumise au peuple. Mais initiative ou projet de loi tentent de répondre à la même question, à la réponse impossible : qu'a-t-on dit quand on n'a rien dit ?

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  • Soutenir le cinéma suisse le 15 mai

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    cinéma suisse 1.jpgOUI à la "Loi Netflix"

    Le 15 mai, on votera sur le projet de loi "Netflix" (une modification de la loi sur le cinéma) qui vise à protéger la création cinématographique suisseet à prélever 4 % des recettes réalisées en Suisse par les services de streaming, comme Netflix. La France, l'Italie et l'Espagne ont adopté un dispositif comparable, avec un taux d'imposition supérieur à celui proposé aux Suisses. Le 5 février, le congrès du PS suisse a décidé, à l'unanimité, d'appeler à voter "oui" à ce projet, contesté par un référendum de droite.  La votation suit de trois mois celle du 13 février, lors de laquelle 54,56 % du corps électoral actif avait refusé un paquet d'aide fédérale aux media, avec au coeur de ce vote un clivage entre Romandie et Alémanie, la première acceptant le projet que la seconde, majoritaire, refusait, malgré le vote favorable des plus grandes villes, Zurich et Bâle en tête. Et le même clivage entre Romandie et Alémanie semble pouvoir se reproduire le 15 mai : selon les derniers sondages en date, la "loi Netflix" est soutenue (à 59 ou 61 %) en Romandie et refusée (à 52 %) en Alémanie. Elle est donc sérieusement menacée d'un refus national. Ce qui est une raison de plus d'appeler à la soutenir.

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  • Mieux aider l'Europe à refouler les gueux ?

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    Frontex manif.jpgNo Frontex !

    A l'automne de l'année dernière, les Chambres fédérales ont voté (par 88 voix contre 80 et 28 abstentions) le presque triplement du financement suisse de Frontex, l'agence de garde-côtes et de gardes-frontières (pour ne pas écrire la milice antimigrants) de l'Union Européenne, qui passerait donc de 24 à 61 millions de francs par an. Pour aider Frontex à recruter 10'000 agent.e.s de plus, les armer, leur fournir des équipements de repérage des migrant. Pour mieux les refouler vers la Libye, la Turquie, le Maroc, ou n'importe où ailleurs que sur le territoire de l'Union. Car telle est, en réalité, la mission de Frontex : les traquer et les refouler.  Arraisonner leurs esquifs, mais pas pour les sauver et les accueillir : pour les empêcher de déposer une demande d'asile et les remettre aux garde-côtes des Etats auxquels l'Union a sous-traité l'hébergement des migrants. Et qui ont eux-même sous-traité avec des milices crapuleuses. Contre le financement de Frontex par la Suisse, une coalition de petites organisations, soutenue par la gauche, a lancé un référendum. Qui a abouti. On votera le 15 mai. Le 5 février, le PS suisse a décidé d'appeler à voter "non". On le suit, même si selon le plus récent sondage d'avant vote, 59 % des sympathisants socialistes voteraient "oui". Nous, on votera "non", parce que nous ne voulons pas mieux aider l'Europe à refouler les gueux.

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  • Application de l'initiative genevoise "Zéro Pub" : ça dit quoi, ça touche qui ?

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    antipub2.gifDans le GHI de la semaine avant-dernière, on trouve un "point de vue" du député vert'libéral Boris Calame, contre l'"initiative Genève Zéro pub, qui vise à interdire la publicité commerciale en Ville de Genève", et une demie-page de pub de l'alliance de droite (PLR, UDC, MCG, Centre, Verts libéraux) pour signer son référendum contre le règlement d'application de l'initiative, sous ce titre "NON à l'interdiction de la publicité en ville". Et on commence à voir fleurir un peu n'importe quoi sur les réseaux (genre : si le règlement d'application entre en vigueur, Unireso ne pourra plus faire de la pub pour les abonnements de transports publics).  Alors il faut se résoudre à faire de l'alphabétisation pour expliquer que l'initiative et son règlement d'application n'interdisent pas "la publicité commerciale en Ville de Genève", mais uniquement la publicité commerciale sur le domaine public de la Ville et le domaine privé visible de son domaine public. Et pas la publicité faite par une entreprise publique autour d'une prestation payante, parce qu'elle n'est pas une publicité "pour le compte d'entités à but lucratif ou commercial" mais pour le compte d'acteurs publics monopolistiques. La publicité des TPG pour Unireso ne sera donc pas plus interdite que la publicité des SIG pour son courant "vert" : ni les TPG, ni les SIG ne font du commerce.

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  • Le référendum contre AVS 21 a largement abouti

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    Capture d’écran 2022-03-25 224656.jpgDebout, les damnées de la retraite !

    Le référendum contre la (contre)réforme de l'AVS (AVS21) et le report d'un an de l'âge de la retraite des femmes a largement abouti, avec plus de 151'000 signatures, déposées à la Chancellerie fédérale hier, récoltées par un large front des syndicats, des partis de gauche, de la Grève féministe, de la Grève du climat, de l'Avivo (et on en passe). Le votation fédérale devrait inbtervenir en septembre prochain. On a donc six mois de campagne devant nous. Intensive, la campagne. Debout, les damnées de la retraite !

    https://www.rentes-des-femmes.ch/

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  • Mise en oeuvre de l'initiative "Zéro Pub" à Genève : Aux urnes (peut-être), citoyens !

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    antipub.jpgLe texte de mise en œuvre de l’Initiative Genève Zéro Pub : Libérons nos rues de la publicité commerciale » a été approuvé mercredi par le Conseil Municipal de la Ville de Genève, dans un bon vieux vote gauche contre droite de derrière les fagots, socialistes, Verts et Ensemble à Gauche soutenant le plan, MCG, UDC, PLR et Centre (PDC) votant contre et annonçant le lancement d'un référendum, qu'ils s'étaient donnés quelques semaines de plus pour préparer en repoussant un troisième et dernier débat sur le sujet, histoire sans doute de d'assurer quelques soutiens patronaux (la FER, la Chambre de commerce, la Société des hôteliers, la NOdE...) et celui de Verts libéraux nettement plus libéraux que verts. Ils ont 40 jours pour récolter 3200 signatures -ça devrait être à leur portée. Sinon, qu'ils n'hésitent pas à nous demander de l'aide : une bonne votation  populaire précédée d'un bon débat de fond, c'est toujours démocratiquement bon à prendre. Et puis, 40 jours, ça devrait permettre aux opposants à l'initiative et à sa mise en œuvre de lire, voire même, Pâques aidant, à comprendre les propositions qu'ils combattent. Et de cesser de hurler à l'interdiction de la publicité quand il ne s'agit que de celle de l'affichage commercial sur support papier dans l'espace public...

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  • Refus de l'interdiction en Suisse de l'expérimentation animale et humaine

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    expérimentation animaleRAPPORT AUX BETES

    L'initiative pour une interdiction de l'expérimentation animale et humaine a été littéralement balayée (à 79 % des suffrages) par le peuple. Non par mépris des animaux, mais par crainte de ne plus pouvoir bénéficier des résultats médicaux de cette expérimentation : l'humain pense d'abord à lui-même avant que de penser aux animaux. L'échec cinglant de l'initiative est cependant trompeur, en ceci qu'il ne clôt nullement le débat fondamental sur le rapport que l'animal humain doit entretenir avec les autres animaux -"les "autres animaux", puisque si,  dans ce début de ce texte comme dans le langage courant, on utilise les mot "animaux" et"humains" en opposition, à tout le moins en distinction, de ce que l'un et l'autre désignent, on ne cède qu'à une commodité de langage, alors que les humains sont des animaux. Qui tiennent à se distinguer des autres animaux, mais n'en constituent pas pour autant un genre distinct -seulement une espèce spécifique : il y a bien une espèce humaine, mais pas de "genre humain" et fondamentalement, il n'y a pas plus de différence entre un humain et un chat qu'entre un chat et un chien, bien moins entre un humain et un chimpanzé (nous ne sommes après tout que des primates, comme eux, les gorilles, les orang-outangs et les bonobos) qu'entre un chimpanzé et un ouistiti... De différences entre animaux, la société humaine en fait quand elle accorde des statuts différents aux animaux de compagnie, de boucherie et de laboratoires : "jamais les animaux n'avaient été traités avec à a fois autant de violence et autant de bienveillance", note l'anthropologue Charles Stépanoff, qui ajoute que "ces deux modes sont en réalité complémentaires puisque nous nourrissons nos animaux de compagnie avec la viande que nous ne consommons pas des animaux que nous abattons"... 

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  • Les Suisses refusent d'aider leurs media (mais les Romands et les villes l'acceptent)

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    presse romande.jpgCompromis foiré

    On s'y attendait, mais, contrairement à l'éditeur de GHI qui jubile (les "gratuits" ne bénéficiaient pas de cette aide, etil ne voit donc pas pourquoi d'autres auraient pu en bénéficier...) on est tout de même déçus : à 54,6 %, les Suisses et les Suissesses ont refusé de renforcer l'aide publique fédérale aux media, malgré  la Romandie (sauf le Valais, majorisé par sa partie alémanique), Uri, Bâle-Ville, Zurich et les autres plus grandes villes,  qui l'ont accepté. La Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui portait le projet, en a tiré la conclusion qu'il fallait "prêter une attention particulière aux minorités linguistiques". Le projet refusé par la majorité du peuple avait tous les défauts d'un compromis : il accordait aussi une aide à des media qui n'en avaient pas besoin  et en vouant agréger des soutiens contradictoires, il agrégeait aussi des oppositions diverses. Les battus du jour sont d'ailleurs tout aussi divers : le vote fédéral est une défaite pour le Conseil fédéral et le parlement, c'est une défaite pour la gauche et le Centre qui soutenaient cette proposition, c'est une défaite pour la Romandie, mais c'est aussi une défaite pour un secteur qui tant qu'il était globalement florissant refusait hautement toute intervention publique pour maintenir les journaux en difficulté, et ne s'est mis à considérer favorablement  une telle aide qu'à partir du moment où ses recettes publicitaires ont commencé à être siphonnées par les nouveaux media et leurs maîtres, les GAFA. De sa défaite, le secteur est bien l'un des responsable.

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  • Refus de l'abolition du droit de timbre sur les émissions d'actions

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    Négation de la négation

    Le refus populaire, à une majorité d'une ampleur inespérée (une proposition de droite refusée à une majorité équivalant à celle dont la droite dispose aux élections, ça se savoure...), d'abolir le "droit de timbre" perçu sur les émissions d'actions, au-delà d'une franchise d'un million, ne souffre guère de contestation : à presque deux contre un, le peuple a envoyé à la majorité de droite du parlement, au Conseil fédéral, au patronat, une véritable baffe -d'autant que tous les cantons ont donné une majorité de "non" à cette abolition, à la seule exception du canton boîte-aux-lettres de Zoug. Ce sont 250 millions de recettes que la Confédération ne perdra pas, et c'est une première victoire de la gauche (tout particulièrement du Parti socialiste puisque c'est lui qui avait lancé le référendum) dans un combat qui promet d'être long et d'être farci d'autres épisodes référendaires -dont le prochain sera lui aussi un combat contre une abolition, celle de l'impôt anticipé frappant des transaction financières qui, sans cet impôt, pourraient tout simplement ne pas être taxées -un véritable cadeau à la soustraction fiscale (on signe ici :  https://holdup-fiscal-non.ch/?src=stmpfr). Le peuple suisse a refusé une abolition. Il a donc exprimé ce qui est une condition fondamentale de toute dialectique : une négation de la négation. Le peuple suisse est hégelien -mais qu'il prenne garde : on commence hégelien, et on finit marxiste...

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  • Deux ans attente de plus pour obtenir un logement social à Genève

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    crise du logement.jpg.jpgMauvais coup de droite...

    La bouée de sauvetage offerte au MCG par la droite "bourgeoise" genevoise, qui a besoin de l'apport de ce parti en déshérence et qui confirme, s'il en était besoin où il campe politiquement, ne s'est donc pas dégonflée : La loi cantonale genevoise qui double le temps d'attente pour pouvoir s'inscrire sur la liste, d'attente elle aussi, d'obtention d'un logement social (HBM, HLM, HM) a été fort malencontreusement, à une majorité de 1500 voix (sur plus de 111'000 votantes et votants), acceptée  en votation, hier. Les villes de Genève (à 52 %, jusqu'à 61 % à la Jonction...) et de Carouge (à 53 %), ont voté contre, les Suisses de l'étranger aussi (ils sont directement visés par une mesure qui leur impose deux ans d'attente de plus pour pouvoir retrouver un logement à Genève), mais ce fut insuffisant :   les communes résidentielles de droite ayant massivement voté pour  la loi (plus de 66 % à Vandoeuvres...), le défaut de mobilisation de la gauche a fait le reste. A Genève, le taux de logement vacant est d'un misérable 0,5 %, et entre 7000 et 8000 demandes de logement social sont sur liste d'attente. Une attente qui dure en moyenne trois ans (sauf cas d'urgence, c'est-à-dire d'absence de logement) auxquels vont donc s'ajouter deux ans d'attente pour pouvoir s'inscrire sur une liste d'attente.  La droite prétendait que sa loi allait réduire la liste d'attente d'un logement ? Elle allongera encore celle des demandes d'aide sociale : "cette loi est antisociale parce qu'elle impacterait fortement des gens que nous accompagnons", résumait avant la votation le directeur du Centre social protestant. Le conditionnel n'est plus de mise, le futur s'impose : elle "impactera"...

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  • Allez vous loger à Nyon ou Annemasse

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    vignette logement.jpgDeux ans de résidence de plus pour pouvoir s'inscrire sur une liste d'attente d'un logement social ?

    Entre les principales villes de Suisse, l'écart des loyers s'accroît, et désormais, pour louer un appartement de même type et de même surface, on paie deux fois plus à Genève qu'à Bienne ou Lugano : 3500 francs pour un quatre pièce et demi à Genève, 1700 francs à Lugano. Et le rapport est le même pour des appartements plus petits. Explication ? La crise du logement, c'est-à-dire une offre insuffisante de logements financièrement accessibles à la majorité de la population au regard de la demande croissante, vu que la asse !population augmente. Du coup, les loyers augmentent à Genève et baissent à Lugano, où l'offre est suffisante. Et le climat plus agréable, soit dit en passant. Et où un Genevois n'est pas trop dépaysé, vu qu'il y a aussi un lac et une frontière. Et des frontaliers. Et donc un MCG (la Lega). Bref, on résume : le même logement coûte deux fois plus cher à Genève qu'à Lugano. Et c'est le moment que choisit la droite genevoise pour proposer d'allonger le délai de résidence exigible pour pouvoir obtenir un logement subventionné, à loyer supportable (on vote là-dessus dans dix jours, au cas où vous l'auriez oublié). Ce sens de l'opportunité est ébouriffant. Mais explicable : la droite genevoise espère sans doute qu'on passe entre Genève et Lugano d'un écart de loyer du double à un écart du triple, avec le moins possible de logements sociaux, et la plus grosse part possible de loyers libres et de propriétés par étage. Quant à ceux qui ne pourront pas se loger, ils n'ont qu'à s'établir à Annemasse, devenir frontaliers suisses. La «Grande Genève» de la crise du logement, en somme.

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  • Refus de l'abolition du "droit de timbre" : une intention à confirmer

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    Droit de timbreD'ici l'année prochaine, les Suisses se prononceront en votations sur deux enjeux décisifs, l'un fiscal et l'autre social :  l’impôt minimum décidé sous l’égide de l’OCDE et les subsides aux primes d’assurance maladie. Avant cela, dimanche, c'est sur la suppression du droit de timbre que nous nous prononcerons. Cette abolition n’aurait qu'un effet important : réduire les recettes fiscales. Et n'aurait qu'une cinquantaine de bénéficiaires (99 % des sociétés ne paient pas ce droit perçu sur l'augmentation de leur capital, ou ne paient qu'une somme symbolique). Pendant quoi, la droite politique et patronale soutient une augmentation de la TVA, le plus "antisocial" des impôts (plus bas est votre revenu, plus importante est la part qu'y prend cet impôt, puisque plus importante est la part de ce revenu qui est consommée, et taxée de TVA), propose l'abolition de l'impôt anticipé  pour faciliter la fraude et la soustraction fiscales, prépare celles des droits de douane, de la valeur locative et des droits de timbre restant, et combat toute amélioration du droit du travail, réduit les droits aux prestations sociales (chômage, AI) ou menace les droits des locataires. Un sondage Tamedia de fin janvier donnait 60 % d'intention de vote "non" à la suppression du droit de timbre, avec une profonde division de la droite puisque seuls les sympathisants du PLR votaient majoritairement "oui" alors qu'une majorité de ceux du Centre, des Verts libéraux et même de l'UDC votaient majoritairement non. Et la gauche massivement "oui". Il nous reste à confirmer ces intentions de vote...

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  • Vote du 13 février sur l'aide fédérale aux media : Pluralisme ou loi du plus fort

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    crise de la presse.jpgUn  "Appel Urgent" a été lancé, signé par de nombreuses personnalités politiques, majoritairement de gauche -mais pas exclusivement puisqu'on y retrouve notamment les signatures de l'ancien Conseiller aux Etats PLR Dick Marty et la magistrate de la Ville de Genève, et du Centre, Marie Barbey-Chappuis),  pour soutenir le projet du Conseil fédéral et du parlement, contesté par la droite politique et économique, d'aide aux media, sérieusement menacé d'être rejeté par le peuple le 13 février, du fait de la forte opposition qui s'y manifeste en Suisse alémanique et à droite, Verts libéraux exceptés (un sondage Tamedia du 28 janvier donne 56 % d'intentions de vote "non", malgré 52 % de "oui" en Romandie). L'enjeu est particulier pour les régions linguistiques minoritaires, d'où peut-être le meilleur soutien que le projet reçoit en Romandie : il s'agit en effet de garantir à toutes et tous une information sur ce qui se passe près de chez elles et eux. Les media locaux et régionaux, et les media associatifs, sont donc un "coeur de cible" du projet (un quotidien comme le "Quotidien Jurassien", tiré à 17'000 exemplaires, lu par 42'000 personnes et tirant les deux tiers de ces recettes des abonnements, pourrait, si le projet est accepté, engager quatre journalistes supplémentaires pour le développement de son offre multimedia). Depuis 2003, plus de 70 journaux ont disparu, la plupart étant des journaux locaux ou régionaux. Qui dès lors va informer leur lectorat orphelin de ce qui se passe chez lui ? CNN ? Les journaux qui survivent encore sont, à quelques exceptions près, menacés : "Le Matin" a disparu en édition papier... "le financement de médias privés par l'Etat est inutile et nuisible", n'en assènent pas moins les référendaires. En d'autres termes, moins choisis mais plus clairs et plus sincères : "laissez crever les media les plus fragiles, le marché reconnaîtra les siens". La loi du plus fort, en somme.

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    Lien permanent Catégories : Médias, Politique, Suisse, votations 1 commentaire