Travail, emploi

  • "1000 Emplois" : Un monde d'après

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    Capture d’écran 2021-06-03 020920.jpgCréer des emplois, réduire le temps de travail, sortir de la crise

    Sortir de la crise ? Tout le monde est d'accord. Mais comment ? Et en sortir pour aller vers quoi ? le monde d'avant ? Pour sortir de la crise autrement qu'en revenant en arrière, l'initiative "1000 emplois" lancée par les syndicats genevois et soutenue par les partis de gauche propose la création, dans les domaines sanitaires, sociaux et de la transition écologique, par les collectivités publiques et les institutions à but non lucratif poursuivant des buts d'intérêt public, de mille emplois utiles chaque année lorsque le  taux de chômage dépasse 5 % (le nombre d'emplois à créer étant réduit en proportion du taux de chômage lorsqu'il est inférieur à ces 5 %). Il doit s'agir d'emplois"normaux", à durée indéterminée, stables, aux conditions du personnel des collectivités publiques et des institutions sans but lucratif. Pour recevoir une feuille de signatures, c'est par ici : www.1000emplois.ch

     

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  • Prolongation des ouvertures des magasins : Une illusion politiquement utile, économiquement absurde, et socialement nuisible.

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    Capture d’écran 2021-05-05 010019.jpgLe 30 avril, la majorité de droite du Grand Conseil genevois a successivement refusé d'accorder une prime au personnel infirmier et une prime au personnel des EMS pour les remercier de leur engagement pendant le pic de la pandémie, puis, dans un vote droite contre gauche,  autorisé trois ouvertures dominicales des magasins de plus, et une heure d'ouverture en plus le samedi, ce qui profitera essentiellement aux grands magasins et aux chaînes, à commencer par Migros et Coop (les petits magasins pouvaient déjà, à quelques conditions, ouvrir le dimanche et rester ouvert plus longtemps les autres jours, ce qui leur offrait l'un des rares avantages concurrentiels face aux grandes surfaces). Et tout cela sans maintenir la condition, posée en 2016 par le peuple, de la conclusion d'une convention collective de travail garantissant les droits des salariées et des salariés du commerce de détail. Le prétexte de cette rupture du "partenariat social" ? l'entrée en vigueur du salaire minimum. Lui aussi accepté par le peuple. Le parlement genevois a choisi son camp -et ce n'est évidemment pas celui du personnel de la vente. Ce n'est même pas celui de la clientèle. Ni celui du respect d'un vote populaire. Ce n'est même pas celui de la raison : c'est aussi cultiver l'illusion, ou la nourrir intentionnellement, que si les consommateurs genevois s'en vont consommer en France, c'est parce que les magasins de Genève ferment plus tôt que ceux de France, alors que c'est seulement parce que les prix y sont plus bas.D'ailleurs, le même Grand Conseil qui a prolongé l'opuverture des magasins le samedi et l'a autorisée trois dimanches de lus par a abandonné l'ouverture prolongée (jusqu'à 21 heures) du jeudi soir, parce que seuls trois pelés et deux tondus en profitaient, qui ne faisaient-ils d'ailleurs que se rendre plus tard dans un magasin où ils se seraient rendus plus tôt s'il avait fermé plus tôt.  Avec la prolongation des ouvertures des magasins la droite cultive une illusion, sans même y croire, juste pour que sa clientèle la partage. Une illusion politiquement utile, économique absurde, et socialement nuisible.

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  • 1er Mai à Genève : « Solidaires pour la justice sociale, climatique et féministe».

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    muguet et roses.jpgDu 1er au 21 Mai

    C'est, à nouveau, une étrange fête des travailleuses et des travailleurs que celle qui se célébrera demain, puisque la pandémie et les mesures prises pour la contenir ont profondément bouleversé nos rapports au travail, aux rencontres, aux manifestations. Mais comme elles ont aussi accentué les inégalités, renforcé les aliénations, accéléré les évolutions, elles ont rendu d'autant plus nécessaire la capacité de lutter pour des droits fondamentaux, ceux qu'il faut défendre et ceux qui restent à conquérir. A Genève, le mot d'ordre de ce Premier Mai est « Pour une justice sociale, climatique et féministe». Et la Communauté Genevoise d'Action Syndicale fait de ce jour le premier de récolte de signatures pour son initiative populaire « 1000 EMPLOIS », pour la création d'un millier d'emplois utiles et la  et réduction du temps de travail, pour une sortie de crise sociale et écologique. Le Premier Mai, Fête des travailleuses et des travailleurs, n'est ainsi, cette année, que l'ouverture du 21 mai, jour d'une"Grève pour l'avenir"...

    Programme à Genève :
    11h: Rassemblement devant la Pierre sur l'esplanade d'Uni Mail
    13h30: Rassemblement Bd James-Fazy
    14h: Départ du cortège, fin de parcours sur la Plaine de Plainpalais

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  • Revenu de base universel, le retour

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    Capture d’écran 2021-04-28 023637.jpgA chacun selon ses besoins

    En juin 2016, un-e votant-e sur quatre a approuvé en Suisse une initiative populaire instituant un revenu de base universel. L'initiative a certes été refusée, mais plus de 60 % des personnes interrogées dans le cadre d'un sondage gfs souhaitent que la discussion se poursuive. Après l'échec de l'initiative, une nouvelle initiative populaire pourrait être lancée, avec un projet comparable : l'instauration d'un revenu garanti à chaque résident, qu'il travaille ou non. Ce revenu serait financé par une taxe sur les transactions financières et les gains en capital. L'idée refait donc son chemin -à pas comptés, la crise sociale provoquée par les mesures de lutte contre la coronapandémie lui redonnant une actualité incontestable : en témoigne le projet du gouvernement espagnol d'instaurer les premiers éléments d'un revenu universel, en le réservant dans un premier temps aux personnes laissées sans ressources par la coronapandémie, et en le fixant aux alentours de 400 euros. En Finlande, un test auprès de 2000 personnes pendant deux ans a abouti au constat que les bénéficiaires du revenu minimum garanti avaient été plus nombreuses à retrouver du travail qu'un panel de chômeurs, qu'elles le conservaient et se disaient à la fois moins stressées et plus productives. Une expérience comparable devrait être tentée en Allemagne.

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  • Petit prêche de rentrée pascale

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    lapin de Pâques.jpgDu travail, des vacances et des valeurs

    Peut-être venez-vous de prendre quelque vacance pascale, et en revenez-vous frais et dispos, prêts à reprendre votre travail, vos fonctions, votre place sociale... et puisque la plupart d'entre vous êtes sans doute salariées et salariés, à recommencer à mériter votre salaire par la tâche qu'il paie -alors qu'en réalité, ce n'est pas votre travail que votre salaire vous paie, mais la part de votre temps dont vous êtes dépossédés (y compris le temps de la reconstitution de votre force de travail).  Le salariat est en effet le système même par lequel l’individu est dépossédé du temps, ce temps vendu étant toujours, irrémédiablement, du temps perdu, et par la transformation du temps, même celui des vacances,  en argent.   Edgar Morin avait tort de dire que"la valeur des vacances, c'est la vacance des valeurs"...  il est vrai que, lui, ne parlait ni de la valeur d'usage, ni de la valeur d'échange mais de celles qu'on se donne, librement.

    il ne s’impose plus de libérer le travail, mais de libérer du travail

    Ce par quoi dans le travail, aujourd’hui et dans le capitalisme socialisé, le travailleur est exproprié de lui-même n’est pas la captation du produit du travail, mais la captation du temps passé au travail. C’est par le salariat que le travailleur est exploité, par le salaire que la force et le temps qu’il vend lui sont achetés, par le salaire que cette vente aboutit à la vente du travailleur lui-même, par lui-même, en tant que travailleur.

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  • Généralisation du télétravail : Avantage aux patrons

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    solitude.jpegEn 2017, un sondage auprès des 480 psychologues suisses annonçait une "nette augmentation depuis 10 ans" de la souffrance au travail : épuisement physique et psychologique causé par un stress chronique (burn out), souffrance causée par l'ennui lui-même causé par la sous-utilisation des compétences professionnelles (bore-out), désillusion quant au sens même du travail effectué (brown out). On peut douter que la généralisation du télétravail "partout où c'est possible" améliore les choses, même si, selon un sondage gfs, sur mandat du syndicat de la communication Syndicom, près de 90 % des employés suisses veulent pouvoir continuer à télétravailler au moins de temps en temps et que 78 % des personnes interrogées voient dans le télétravail un moyen de libérer du temps durant les déplacements, 62 % d'être plus productifs, 55 % d'être plus créatifs, 61 % de pouvoir mieux concilier vie privée et vie professionnelle, 60 % d'être moins stressé... C'est pourtant aux employeurs que le télétravail est le plus utile : les télétravailleurs travaillent plus que les travailleurs en entreprise. Selon nombre d'études, le télétravail est, dans la majorité des cas, plus productif que le travail posté. Les patrons interrogés observent des gains en flexibilité horaire, en responsabilisation du personnel concerné, en réduction de la charge du contrôle des travailleuses et des travailleurs. On constate également des gains de temps de transport, de frais de déplacement et de repas. Pour les travailleurs, le bilan est plus contrasté : ils et elles ont certes pu adapter leur temps de travail à leur vie et à leurs rythmes biologiques, mais souvent en laissant le temps de travail déborder sur le temps de la vie privée. Le télétravail permet peut-être de travailler plus vite et mieux -mais à la condition qu'aucun élément privé ou familial ne le perturbe, et qu'il y ait dans le logement privé un endroit qui puisse n'être utilisé que comme lieu de travail. Et puis, le télétravail se fait sans rencontres réelles, sans interactions physiques entre collègues, et s'il devait être généralisé, il faudra repenser totalement les espaces professionnels et la gestion des horaires : or la généralisation du télétravail s'est faite dans l'impréparation et l'improvisation, et s'il est sans doute la mort de la pointeuse, il est aussi le risque d'une télésurveillance... et d'une réduction considérable des interactions humaines réelles, y compris de celles qui permettent de régler en quelques minutes des problèmes qui, à distance, prennent des heures pour être résolus, entre échanges de courriels et vidéoconférences où ce qui tient lieu de dialogue est une succession de monologues : on comprend mieux quelqu'un en face de qui on est, physiquement, que quelqu'un réduit à une image ou un message écrit. Ce gaspillage de temps est en outre d'autant plus grand qu'on est nombreux à intervenir : "Zoom" ne remplacera jamais la machine à café.

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  • De la réduction du temps de travail en temps de crise

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    D'un mal, faire sortir un bien

    La Suisse a déjà la durée légale de travail la plus longue d'Europe (45 heures par semaine, limite qui n'en est pas vraiment une puisqu'on peut la dépasser, en la compensant), mais le patronat et la droite voudraient bien l'allonger encore et ont lancé fin 2018 une offensive pour "flexibiliser" le temps de travail, et remettre en question le compromis de 2015 plafonnant à 45 heures par semaine la durée légale du travail, sauf pour les salaires supérieurs à 120'000 francs et les branches couvertes par une convention collective. Le patronat voudrait passer d'une limite hebdomadaire à une limite annuelle pour tous les salariés exerçant une fonction dirigeante et les spécialistes disposant d'une large capacité de décision. L'Union suisse des arts et métiers (USAM, syndicat patronal des PME) demande que la durée hebdomadaire maximale du travail soit portée à 50 heures, voire 54 "dans certaines conditions"., en même temps que la règle des onze heures de repos entre deux période de travail soit assouplie, voire réduite à huit heures deux fois par semaine. Pour le dessert deux initiatives parlementaires, l'une du PDC l'autre du PLR, veulent élargir le nombre de salariés qui ne seraient plus soumis à l'obligation de saisir leur temps de travail pour définir leur salaire -histoire de ne pas payer la totalité du temps qu'ils y consacrent, ce que le télétravail, généralisé partout où c'était possible depuis le printemps pandémique de 2020, facilite aussi, de toute évidence... Quant à nous, on se demande maintenant, à l'inverse si la crise actuelle ne serait pas le bon moment pour ranimer la vieille revendication d'une réduction du temps de travail. Faire sortir d'un mal (la crise) un bien (la libération du temps) pourrait certes paraître cynique -mais au fond, n'est-ce pas tout bêtement de l'opportunisme pragmatique ?

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  • "Transition numérique" et télétravail : Vers le "tri social" ?

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    Capture d’écran 2020-12-02 233811.jpgLa coronapandémie a été comme une sorte de test grandeur universelle de la pertinence (de leur point de vue, en tout cas) des projets des "géants du numérique" : on ne peut plus vivre normalement en nos sociétés sans disposer d'un ordinateur, d'une tablette, d'un smartphone, et si possible des trois, savoir les utiliser et disposer d'une connexion internet. Or on ne peut les utiliser comme on utilisait naguère un téléphone ou une machine à écrire. L'instrument lui-même ne suffit pas : il lui faut une application, un programme, des prolongements. Qui sont fournis, c'est-à-dire vendus, par ces mêmes "géants du numérique" qui vont tirer profit de leur utilisation. Et puis, il y a les "déconnectés", l'"illectronisme" : (en 2019, plus d'un Français majeur sur cinq, et 19 % de ceux entre 15et 29 ans, utilisait difficilement, ou n'utilisait pas, internet). De sorte que la "transition numérique" et le télétravail risquent d'avoir le même effet que la diffusion de l'imprimerie à la Renaissance : trier la société entre "inclus" et "exclus", entre celles et ceux qui comptent et celles et ceux qui ne sont rien.

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  • Instauration d'un salaire minimum légal à Genève : 23 francs de l'heure, c'est trop pour qui ?

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    bandeau salaire minimum.jpg

    On saura dimanche soir si demander dans une des villes les plus riches et les plus chères du monde que l'on puisse être payé au moins 23 francs de l'heure, soit 4086 francs mensuels pour 41 heures de travail par semaine (c'est le projet d'instauration d'un salaire minimum légal) relève du délire maximaliste, à Genève,ou une personne sur cinq n'arrive pas à subvenir à ses besoins malgré les revenus qu'elle tire de son travail,  et où plus de 30'000 salariées et salariés, travaillant à plein temps, gagnent moins que ces 23 francs de l'heure, les deux tiers d'entre elles et eux étant des femmes. Ces travailleuses et travailleurs pauvres représentent 10 % des salariés employés à Genève, près de 40 % dans l'hôtellerie-restauration. Et la moitié d'entre elles et eux touchent moins de 3500 francs (le salaire minimum de la convention collective du secteur stagne à 3470 francs par mois). Dans l'économie domestique aussi, un salaire minimum de 23 francs représenterait une amélioration considérable de la situation de celles (essentiellement) et ceux dont le salaire minimum actuel se traîne à 19,50 francs de l'heure, soit 3801 francs brut par mois pour 45 heures de travail par semaine. Dans la blanchisserie, le salaire horaire est de 19,60 francs, dans la coiffure il est de 17,976 francs, dans l'agriculture de 17,50 francs... Et celles et ceux qui occupent un "emploi de solidarité" sont le plus souvent payés 3225 francs par mois. Comment vit-on à Genève avec si peu ? Et combien gagnent ceux qui clament que 23 francs de l'heure, 4080 francs par mois, c'est trop ? Et combien paient-ils leurs femmes de ménage (s'ils les paient encore, et ne les ont pas renvoyées à l'aide alimentaire depuis la covid) ?

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  • NOIR, C'EST NOIR

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    petite monnaie.jpgRéférendum contre l'aide sociale d'urgence à Genève

    L'UDC et le MCG ont lancé un référendum contre l'aide d'urgence aux travailleuses et travailleurs précarisés, proposée à Genève par le Conseil d'Etat et acceptée par la majorité du Grand Conseil. Mais, n'assumant pas le choix de leur cible (l'aide d'urgence, précisément) les deux partis font mine de s'attaquer au travail "au noir", au travail "illégal". Et tentent de faire croire que l'aide proposée serait destinée aux travailleuses et travailleurs "au noir" et clandestins -alors qu'ils et elles n'en sont seulement pas a priori exclus et qu'en réalité au moins 70 % des ayant-droit potentiels de cette aide travaillent et séjournent à Genève dans la plus absolue légalité -mais sans moyens de subsistance depuis le début de la crise sanitaire. Le 6 juin, aux Vernets, une étude menée par les HUG confirme : les sans-papiers ne représentent que 22 % des ménages bénéficiaires de l'aide alimentaire, aux côtés de 66 % de bénéficiaires de permis B, C, F ou N, et de 10 % de Suisses. Le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent une aide d'urgence à celles et ceux qui ont perdu tout revenu du fait de la crise liée à la coronapandémie. On est loin, avec ce projet, d'un revenu universel, on est dans la compensation urgente des défauts et des manques d'une sécurité sociale qui ne joue son rôle que pour les salariés "normaux", à plein temps, couverts par la loi. D'où la nécessité, à intervalles réguliers, de la compléter par des dispositifs spécifiques prenant en charge les situations de précarité et de vulnérabilité particulières.

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  • Télétravail que vaille

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    grandesoreilles.jpgLibération provisoire ou peine de substitution ?
     
    Selon l'USAM (le syndicat patronal des PME), la productivité des entreprises suisses a augmenté jusqu'à plus de 16 % pendant la crise pandémique, soit une quinzaine de fois plus qu'en temps normal. Et qui pourrait douter de l'Usam ? Ce n'est pas que le coronaviurus soit tayloriste, c'est qu'avec moins de personnes au travail, la production globale s'est à peine tassée (le PNB n'a reculé que de 2,6 % pendant le premier trimestre), que les employés ont privilégié les travaux essentiels et rationalisé eux-mêmes leur travail et que le confinement a accéléré la diffusion du télétravail : en vingt ans, la part de celles et ceux qui pouvaient (ou devaient) s'y adonner est passée d'un salarié sur dix à un sur quatre. Au début du confinement, de grandes entreprises faisaient le pas : la Banque cantonale de Zurich a mis les deux tiers de ses 5000 employés en télétravail, La Poste 8000 de ses 40'000 employés, Coop et Migros une partie notable de ses employés administratifs. Mais avant la pandémie, plus d'un million de travailleuses et de travailleurs travaillaient déjà, au moins ponctuellement, à domicile, en Suisse (surtout des femmes, des jeunes, des personnes à la santé fragile ou des travailleuses et travailleurs sur mandat).  Selon un sondage de Colombus Consulting, fin mars, 80 % des employés travaillant à domicile depuis le début du confinement (ils sont 1,4 millions en Suisse à l'avoir pratiqué en cette période, en sus de celles et ceux qui le pratiquaient déjà avant)  souhaitent pouvoir continuer à pouvoir télétravailler, au moins partiellement  et comme leurs employeurs, ces télétravailleurs considèrent que les avantages du travail à domicile compensent largement ses désavantages : moins de temps de transport, moins de pollution, conciliation plus libre entre la vie privée et l'activité professionnelle d'un côté, moins de stress et moins de surveillance physique, mais confusion des lieux de travail et de vie, absence de lien social au travail, réduction de la capacité d'innovation et de l'intelligence collective, affaiblissement de la capacité d'action syndicale, de l'autre. Pour les employeurs, en outre, le gain est un gain de productivité : ils peuvent focaliser l'organisation du travail sur les objectifs à atteindre dans un délai donné, non plus sur la présence sur les lieux de travail. Et faire des économies sur les équipements du lieu de travail puisqu'il est équipé par le travailleur ou la travailleuse qui y habitent. La question se pose de savoir qui paie les communications nécessaires au télétravail, et si l'employeur ne devrait pas participer au loyer et aux charges du domicile de l'employé dès lors que ce domicile devient son lieu de travail ...
     

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  • Applaudir les petites mains ne suffit pas

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    balayeuse.jpgLa pandémie de Covid-19 et les mesures prises pour la combattre ont mis en évidence le rôle central joué par les travailleuses et travailleurs du secteur du nettoyage dans le maintien d'un cadre de vie, de travail et de relations sociales sain. Ce rôle est assumé majoritairement par des femmes occupées à des tâches  pénibles et mal rémunérées, et qui ont été "externalisées", remise à des sociétés privées, c'est-à-dire privatisées.

    Cette externalisation a entraîné, inévitablement, un dumping salarial et social : il s'agit pour les entreprises soumissionnaires, en concurrence les unes contre les autres, de réduire au maximum les coûts de leurs prestations pour pouvoir faire des offres concurrentielles. Des économies ont ainsi été faites sur le dos des travailleuses, qui ont subi baisses de salaire, réduction de temps de travail avec réduction mécanique de la rémunération, pertes de temps de vacances, péjoration de leurs conditions de retraite, la perte  congé maternité...

    En outre, le secteur du nettoyage est marqué par les inégalités de genre. Les temps partiels sont accordés aux femmes alors que les rares postes à plein-temps sont réservés aux hommes, les femmes sont le plus souvent en charge du nettoyage d'entretien, moins bien rémunéré et moins reconnu que le nettoyage de chantier et le nettoyage spécifique. Ces inégalités se traduisent par de grandes différences de salaire et de retraite entre les nettoyeuses et les nettoyeurs.

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  • Télétravail, téléprivilège ?

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    télétravail.jpgQuant la pandémie fusionne lieu de vie et lieu de travail

    Le frein brutal mis à l'"économie" par la lutte contre la coronapandémie a donné une vigueur considérable au passage du travail "sur place" au télétravail. De plus en plus d'entreprises envisagent désormais de pérenniser l'expérience faite pendant deux mois, de faire du lieu de domicile de nombre de leurs salariés, leur lieu de travail. Google et Facebook ont déjà invité leur personnel à oeuvrer à domicile jusqu'à la fin de l'année Mais à qui peut s'adresser cette incitation, voire cette obligation, au télétravail ? évidemment pas au personnel de production, de fourniture de services (le nettoyage, la manutention, la livraisons, les soins) impliquant forcément une présence, une relation, un acte physiques. Evidemment pas non plus aux agriculteurs. Le télétravail est impossible (contrairement au chômage partiel) quand on est nettoyeuse, aide-infirmière ou chauffeur de bus, et pourrait bien finalement n'être qu'un privilège de cadres et de dirigeants. Ou une aliénation de plus ?

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  • La servitude en temps de pandémie

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    Sindomestico.jpgSolidarité avec les travailleuses domestiques

    Le SOLIFONDS n'a pas renoncé à mener, comme chaque Premier Mai, une action de solidarité avec des travailleurs et des travailleuses engagés dans une lutte inégale pour la défense de leurs droits. Cette année, cette action est de solidarité avec les employées de maison brésiliennes. Et le Covid-19 n'y est pas pour rien : dans le pays de Bolsonaro et des évangélistes négateurs de l'épidémie elle-même, son impact risque d'être dévastateur, et les employées de maison, sans droits, sans accès au système de santé, menacées à tout moment d'être licenciées, victimes de violences sexuelles, comptent parmi les personnes les plus menacées d'être à la fois victimes et propagatrices du coronavirus.

    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, compte postal 80-7761-7

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  • "Papyrus", un succès "individuel et collectif"...

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    Papyrus2.jpgLa bonne Genferei

    Une Genferei dont Genf peut-être fière : le Conseil d'Etat, les syndicats, les mouvements de soutien aux sans-papiers, ont tiré la semaine dernière un bilan très positif de l'opération "Papyrus", lancée en février 2017 à Genève, et qui a permis la régularisation de 2390 sans-papiers (dont 727 enfants), 744 dossiers étant encore en cours de traitement. L'opération, qui a pris fin le 31 décembre 2018, en catimini, sans Pierre Maudet qui en était la caution politique avec Simonetta Sommaruga, devrait donc au final permettre de régulariser 3000 personnes, en majorité des femmes employées dans l'économie domestique. Seuls 47 dossiers sur 3380 ont été refusés par le canton ou la Confédération parce qu'ils ne répondaient pas aux conditions posées pour une régularisation. Les autorités confirment que, contrairement à ce qu'annonçait l'UDC, "Papyrus"n'a provoqué aucun "appel d'air" (c'est-à-dire l'arrivée de nouveaux clandestins remplaçant celles et ceux régularisés), ni recours à l'aide sociale des personnes régularisées (seules 0,8 % des personnes régularisées, interrogées dans le cadre d'une enquête de l'Université de Genève, ont eu recours à l'aide sociale, et c'était pour des problèmes de santé).. En outre, elle a permis aux assurances sociales d'encaisser 5,7 millions de francs de cotisations sociales supplémentaires, puisque les sans-papiers n'en payaient pas, ni leurs employeurs, et que la régularisation des premiers et leur déclaration par les seconds les engagent désormais à s'en acquitter. Un succès "individuel et collectif", constatent autorités, associations et syndicats.  Reste à s'en inspirer pour le rééditer ailleurs qu'à Genève et l'élargir à des sans-papiers qui ne répondaient pas aux conditions posées dans l'opération qui s'achève après quinze années de lutte. Le résultat, pas l'aboutissement :  il reste 10'000 "sans-papiers" à Genève, et, d'près le Secrétariat d'Etat aux migrations, 76'000 en Suisse dans une semi-clandestinité ("semi", puisque toutes les administrations publiques con cernées savent qu'elles sont là). A Genève, des milliers de personnes, de ménages, de familles emploient encore comme domestique ou garde d'enfant une personne sans statut légal, pour quelques heures, à temps partiel ou à plein temps. A Zurich, des dizaines de milliers de foyers en font autant.

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  • Le sale goût des fraises de Huelva

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    récolte des fraises.jpg

    Fraises amères

    Le Solifonds lance une action de soutien au syndicat espagnol de la main d'oeuvre agricole, le SOC-SAT. Une main d'oeuvre essentiellement immigrée, saisonnière, féminine et marocain, surexploitée, harcelée, victime de xénophobie. Comme, par exemple, les cueilleuses de fraises de Huelva.

    Solifonds, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch,

    Compte postal 80-7761-7

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  • Fête internationale des travailleuses et travailleurs, pas "du travail"

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    1ER-MAI.jpgAu travail, contre le travail...

    Une fois rappelé que le premier jour de mai n'est pas la fête du travail (dans le calendrier pataphysique, ce jour est même celui de la Réprobation du Travail) mais celle des travailleuses et des travailleurs, de leurs droits et de leurs luttes, il nous reste encore deux ou trois choses à en dire -ne serait-ce que pour replacer cette célébration annuelle dans autre chose qu'un rite : dans une critique de ce que le capitalisme a fait du travail -et donc des travailleuses et des travailleurs.


    Les rendez.vous à Genève :
    10h30 Rassemblement à la Pierre du 9 novembre, au bout de la Plaine de Plainpalais, côté Uni-Mail
    13h30, Manifestation départ Bd James-Fazy
    16 heures, Fête parc des Bastions

     

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  • Comment contourner une loi votée par le peuple

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    ouverture le dimanche.jpgLe 19 mai, à Genève, on votera sur une modification de la loi sur l'ouverture des magasins, modification étendant à trois dimanches par an les possibilité d'ouverture dominicale en contournant la condition posée par la loi actuelle, et ratifiée par le peuple en novembre 2016, d'une convention collective de travail étendue à l'ensemble du secteur. Le patronat du commerce de détail a instrumentalisé (avec leur accord) les partis de droite pour faire voter ce contournement par le Grand Conseil -les syndicats et la gauche ont riposté par un référendum, d'où l'inscription de l'enjeu à la votation du 19 mai. Mais le patronat ne s'en est pas tenu là : après avoir fait passer au Grand Conseil une loi contournant un vote populaire, ils tentent de faire ratifier par le Conseil d'Etat une convention collective au rabais signée par un syndicat jaune... Comment contourner une loi votée par le peuple ? en la faisant bidouiller par le parlement et en s'acoquinant avec un pseudo-syndicat...

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  • Succès de l'opération genevoise de régularisation des sans-papiers

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    Papyrus.jpgPost Tenebras Lux

    A Zurich, l'association "Zuri City Card" a lancé une pétition, soutenue par la gauche, pour que la ville accorde aux sans-papiers (Ils seraient 14'000) une carte d'identité locale (qui serait aussi accordée à tous les autres habitants. Evidemment, l'UDC a dénoncé une tentative de "légaliser les sans-papiers en catimini". Des propositions semblables ont été déposées à Berne, Bienne et Lucerne et sont à l'étude à Genève où une autre voie, originale, a déjà été prise : celle de "Papyrus" : la légalisation (et pas "en catimini") des "sans-papiers" répondant à plusieurs conditions objectives. Un premier bilan vient d'en être tiré (en l'absence du responsable politique initial de l'opération, Pierre Maudet), après la fin du délai de dépôt des dossiers le 31 décembre dernier (mais des dossiers pourront encore être déposés, si le Secrétariat d'Etat au Migrations n'y fait pas obstacle). 1846 personnes ont déjà été régularisées (365 familles totalisant 1176 personnes dont 610 enfants, 14 couples, 642 célibataires), 1757 dossiers sont en cours de traitement. Dans trois quart des cas, les demandes de régularisation étaient déposées par des travailleuses et des travailleurs de l'économie domestique. Au final, 3500 personnes pourraient être régularisées et passer de l'ombre à la lumière. Comme la devise de la République y incite : Post Tenebras Lux...

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  • 60 millions de travailleuses domestiques sans droit

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    balayeuse.jpgSortir du servage

    A Genève, l'opération "Papyrus" -dont nous persistons à savoir gré à Pierre Maudet de l'avoir rendue possible- a permis à des centaines de travailleuses domestiques sans statut légal d'en trouver un, et avec lui d'obtenir les protections légales auxquelles elles ont droit -en même temps que les obligations qui leur sont liées. Mais dans le monde, 90% des travailleuses domestiques (et elles sont plus de 60 millions) restent privées de sécurité sociale, de rente de retraite, d'indemnités de chômage, travaillent sept jours sur sept, et souvent plus de douze heures par jour. Les syndicats d'employées de maison ont réussi à faire adopter en 2011 par l'Organisation internationale du travail une convention (N° 189) protégeant travailleurs et travailleuses domestiques et définissant leurs droits. Ce texte toutefois n'a pas été ratifié par tous les Etats, et nombre de ceux qui l'ont ratifié mne l'appliquent pas. Les syndicats de travailleurs et travailleuses domestiques luttent dans des conditions extrêmement précaires. Le SOLIFONDS lance une campagne pour les soutenir, et soutenir ainsi l'accession de dizaines de millions de travailleuses et travailleuses à des droits humains minimaux, et pour que le travail domestique cesse d'être un servage.

    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CCP 80-7761-7

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