Transports, mobilité

  • Traversée du Petit-Lac (de Genève) : Plus en rade, mais en Berne

    Imprimer

    Cesar à Genève.jpgLe Conseil d'Etat genevois a transmis à la Confédération le dossier de la traversée routière du Petit-lac :  800 pages d'études d'un projet qui a de moins en moins de sens et que Genève n'a pas les moyens de réaliser (il coûterait dans les cinq milliards). Cela fait des décennies qu'on nous bassine avec une traversée dont on ne sait plus si elle est de la rade ou du (petit) lac. On a étudié on ne sait plus vraiment combien de projets, on a fait voter  les Genevois et voises sur un principe assez flou pour qu'ils et elles puissent l'accepter, ce qu'elles et ils ont fait, pour balayer ensuite le premier projet présenté de concrétisation de ce désir inassouvi (et qui le restera). Puis on a remis ça : on les a fait revoter sur un principe, et on a étudié de nouveaux projets, évalué leur coût, de plus en plus élevé, compris qu'on n'avait pas les moyens de se payer ce monstre lacustre, et qu'il était illusoire d'espérer que des privés le financent (même la Fondation Wilsdorf ? même...). On a donc décidé de se tourner vers Berne. Le temps passe, et va continuer de passer (une hypothétique traversée du Petit-lac ne se ferait pas avant 2040...)  il apparaît de plus en plus évident qu'en sus d'être financièrement ruineux, le projets devient parfaitement inutile, dès lors que les déplacements en bagnoles individuelles, de moins en moins gérables dans les zones urbaines, suburbaines, périurbaines et rurbaines, vont forcément se réduire. Pendant quoi, à réitérées reprises, les Genevoises et voix soutiennent dans les urnes le développement de la mobilité douce et les forces politiques qui la défendent et s'opposent aux projets d'urbanisation dans des zones villageoises, ou résidentielles, du genre de celles qui, sur la rive-gauche, devraient précisément être urbanisées pour qu'une traversée routière du Petit-lac y prenant pied se justifie.

    Lire la suite

  • Initiative législative cantonale "Climat urbain" : Conquête de l'espace

    Imprimer

    Climat urbainA Genève, "Actif-trafic" lance une initiative législative cantonale "Climat urbain", pour rendre l'espace urbain aux mobilités douces et à la végétation, au rythme de reconquête annuelle de 1 % de la surface dévolue au trafic motorisé. Soutenue par les partis de gauche, les Verts libéraux et une vingtaine d'associations et mouvements (dont l'ATE, l'AVIVO, la Grève du Climat), l'initiative prolonge, et d'une certaine manière relance, celle sur la mobilité douce, acceptée par le peuple il y a dix ans mais toujours pas appliquée. Elle s'inscrit aussi dans une démarche nationale, puisque des textes semblables sont ou seront proposés à Bâle, Saint-Gall, Winterthur, Zurich et Berne. Elle s'inscrit enfin dans une tendance marquée des votes populaires : en septembre, les Genevois du canton acceptaient la suppression de places de stationnement, et en mars ceux de la Ville refusaient un nouveau parking à Rive... et un sondage de l'année dernière, en pleine première vague de pandémie, indiquait que les habitants des villes avaient l'intention, une fois les restrictions de déplacement levées, de s'y déplacer le plus possible à pied, à vélo ou en transports public.  Reste à leur en donner la possibilité sans leur imposer des risques et des nuisances qui en dissuadent encore beaucoup. La conquête de l'espace est une longue marche, comme dirait Gagarine. Même celle de l'espace urbain.

    On peut obtenir des feuilles de signatures ici : https://www.actif-trafic.ch/node/963#besoin-de-vous

    Lire la suite

  • Une motion pour la gratuité des transports publics en Ville de Genève

    Imprimer

    gratuité des transports publicsPour toutes et tous, sans privilège

    A Zurich, à Fribourg, à Neuchâtel, dans le canton de Vaud, des pétitions, des initiatives populaires ou parlementaire lancées par la gauche (la Jeunesse socialiste à Zurich, la gauche de la gauche dans le canton de Vaud, le PS à Fribourg, les jeunes du Parti du Travail à Genève) ont porté la revendication de la gratuité des transports publics, pour tout ou partie de la population, sur le territoire cantonal ou celui de la ville-centre. Ces initiatives font souvent suite, comme dans le canton de Vaud, à des refus des parlements de même seulement étudier la possibilité de la gratuité. Ainsi, le comité d'initiative vaudois, issu de la gauche de la gauche (le POP, SolidaritéS) et soutenu notamment par les Jeunes Verts, le Parti Pirate, la Grève du Climat et l'Avivo, a-t-il décidé de faire appel direct au peuple. A Genève, exceptionnellement, on est plus modestes : on se contente d'une motion au Conseil municipal. Pour l'instant.

    Lire la suite

  • Clé-de-Rive : les habitants archivent le projet de parking

    Imprimer

    Rond-point de Rive.jpegR.I.P

    Le projet de parking "Clé-de-Rive", vendu comme un projet de zone piétonne, a été balayé (à deux contre un, aucun arrondissement de la Ville ne l'ayant soutenu) par les habitants de la Ville. C'est un message sans ambiguïté : nous voulons des zones piétonnes, nous soutenons la mobilité douce, les déplacements piétons, les parcours cyclables, les transports publics, nous ne voulons payer ni les unes, ni les autres, par de nouveaux silos à bagnoles. Le projet de parking Clé-de-Rive expédié aux archives par les habitants y attend désormais celui de traversée routière de la rade ou du Petit-lac. Et le quartier de Rive, lui, attend un nouveau projet. Il existe : c'est celui défendu par une initiative municipale qui a abouti : une vaste zone piétonne, sans parking supplémentaire, sans "hub" de transports publics. Bref, là encore, on peut reprendre le mot d'ordre d'Yvette Jaggi qu'on reprenait déjà hier à propos de l'élection partielle au Conseil d'Etat: "c'est pas le moment de mollir"...

    Lire la suite

  • "Clé de Rive" : un refus "dynamique et convivial"

    Imprimer

    vignette PS parking Rive.jpgVous avez jusqu'à ce soir pour voter, si vous habitez en Ville de Genève, sur le projet de parking "Clé-de-Rive". On a dit "projet de parking" ? Mille excuses : non, ce n'est pas un parking dont des privés veulent gratifier les abords du rond-point de Rive, sans avoir eu à se soumettre à une étude d'impact environnemental : c'est, insistent-ils dans toute leur campagne, un "hub de mobilité". De six-étages en sous-sol, pour 500 voitures et 400 deux-roues motorisés. C'est vrai qu'on pourrait confondre avec un parking... Mais  ce n'est pas un parking, c'est un "pôle de mobilité ultramoderne" grâce à  quoi "convivialité et animation seront au rendez-vous, avec la présence de terrasses et d'un marché permanent". Après des années de travaux, quand même, mais que sont des années de travaux quand on vous promet "une zone piétonne digne de ce nom". Digne de quel nom ? "Clé-de-Rive apportera dynamisme et convivialité" assurent ses promoteurs. Quoi de plus dynamique et convivial, en effet, qu'un parking ? Le refuser, certainement...

    Lire la suite

  • Vote municipal sur "Clé de Rive" : L'enjeu, c'est le parking

    Imprimer

    vignette PS parking Rive.jpgVous aurez comme nous observé que les partisans du projet de parking "Clé-de-Rive" s'abstiennent soigneusement d'utiliser le mot même de parking dans leur campagne de promotion avant la votation du 7 mars sur ce projet, lui préférant des périphrases insignifiante du genre "projet d'infrastructure", "séparation neutre", "fruit d'un compromis politique"... pour ne mettre en avant que la zone piétonne liée, selon eux, au parking (et qu'il faudra attendre jusqu'à la fin des travaux du parking, puisqu'elle posée dessus...). On félicitera donc la Chambre genevoise immobilière (qui, évidemment, soutient le projet de parking) d'avoir vendu la mèche dans son bulletin de février, en précisant que la "piétonisation se fera, quoi qu'il en soit, à brève ou moyenne échéance", avec ou sans parking, et que l'enjeu du vote du 7 mars, c'est bien "la réalisation du parking". Et qu'on peut donc réaliser la zone piétonne sans le parking. Cette attendrissante touche de sincérité dans le débat est à saluer : le 7 mars, on ne vote pas sur les jolies images de zone piétonne dont les partisans du parking nous gratifient, mais sur ce qu'ils prennent bien garde de montrer : six étages souterrains destinés à stocker 500 bagnoles (et 400 deux-roues motorisés), dans une zone où sept lieux (sinistres) du même genre restent sous-occupés. Dissocier le parking et la zone piétonne, que lient le contrat passé par la Ville avec les promoteurs du premier, c'est permettre la réalisation plus rapide d'une zone piétonne plus importante et plus cohérente.

    Lire la suite

  • Parking "Clé-de-Rive" : un NON s'impose le 7 mars

    Imprimer

    vignette parking Clé de Rive.jpgClarifions !

    Le Conseil Municipal de la Ville de Genève a pris position il y a quelques mois dans une résolution, contre le projet de parking "Clé-de-Rive". Mais sans doute devrait-il remettre cette compresse, puisque le Conseil administratif actuel, pourtant composé très majoritairement (quatre magistrat-e-s sur cinq...) d'opposants à ce projet, se sent tenu par la prise de position du Conseil administratif précédent (dont quatre des cinq membres ne font plus partie de la nouvelle équipe), et les engagements pris par le magistrat responsable du dossier, Rémy Pagani, à l'égard du promoteur privé du parking, au terme d'un "deal" parking contre zone piétonne. Dans le cadre de ce "deal", la Ville s'engageait à apporter son soutien au projet que sa majorité politique, désormais, combat. Et le principe de la "continuité de l'Etat" appliqué à la commune par la majorité de son Exécutif semble la dissuader de défendre sa propre position. On se dira que, bien sûr, une position de l'Exécutif n'engage pas le délibératif, que le Conseil municipal peut toujours réitérer sa prise de position contraire à celle de l'ancien Conseil administratif. D'ailleurs, une position du Conseil administratif actuel, en tant que collège, n'empêche nullement ses membres de prendre des positions personnelles, puisqu'après tout, pour être magistrat.e.s, ils et elles n'en restent pas moins citoyens et citoyennes... mais tout de même, un Exécutif assumant une position que 80 % de ses membres ne partagent pas, que le parlement ne partage pas non plus, et qu'aucun des partis formant la majorité de l'un et l'autre conseil ne partage, ça ne clarifie pas vraiment le débat. Le Conseil municipal ferait donc bien de réitérer son opposition à ce projet tocard.

    Lire la suite

  • Genève : en attente d'une révolution de la mobilité

    Imprimer

    bagnole-en-ville2.jpgSortir du XXe siècle...

    Une initiative populaire cantonale devrait être lancée ce printemps à Genève, proposant de réduire de 1 % par an pendant dix ans l'espace public dévolu au trafic motorisé et au stationnement. Une moitié de l'espace ainsi gagné serait affecté à la mobilité douce et aux transports publics, une autre moitié à la végétalisation. Des initiatives semblables ont déjà été lancées à Bâle et Saint Gall et devraient l'être à Berne,Zurich et Winterthur. Et le 7 mars prochain, en Ville de Genève, on vote sur le parking clé-de-Rive. Un projet du siècle dernier qui peine à cacher son âge. Car Genève n'a pas encore fait sa révolution de la mobilité, si elle en a fait une réforme. Mais le réseau de tramway est encore lent, au centre-ville, le tracé de ses lignes contient encore bien des détours inutiles, et il n'a toujours pas reconquis le pont du Mont-Blanc. Parallèlement, les aménagements cyclables restent eux-aussi insuffisants, interrompus aux grands carrefours urbains, et les parcours piétons butent encore sur les carrefours à grande circulation.

    Lire la suite

  • Mobilité : Un vote populaire qui permet de concrétiser une loi

    Imprimer

    giacometti.jpgCohérences

    La suppression facilitée de places de parcage en surface a été clairement (à 58,55 %) approuvée par les votantes et tants le 27 septembre, à Genève. C'est une victoire du Conseiller d'Etat PDC Dal Busco, soutenu par toute la gauche, par son propre parti et par le PLR, mais attaqué par la droite de la droite (l'UDC, le MCG) et le lobby bagnolard. Les Genevois avaient déjà plébiscité le compromis de 2016 pour une mobilité cohérente" et le soutien à la mobilité "douce", ils en ont plébiscité dimanche l'une des mises en oeuvre : la libération de l'espace public de surface pour autre chose qu'y stocker des bagnoles. C'est une douce victoire pour les partisans de la mobilité douce, ne serait-ce que parce que c'est une nette défaite pour le camp des référendaires (l'UDC, le MCG, le TCS et une organisation de petits patrons). Le score en ville ne faisait guère de doute (il est supérieur, comme à Carouge, au score cantonal), mais  les autres villes et les communes périphériques ont aussi (sauf Vandoeuvres et Gy) voté l'assouplissement de la règle de compensation des places de parking supprimées, alors qu'on pouvait craindre que le confort de pouvoir stationner au centre-ville y incite à soutenir la règle de compensation absolue. Ainsi, le vote des Genevois et voises a-t-il été à la fois cohérent d'une commune à l'autre et avec l'air du temps

    Lire la suite

  • Assouplissement de l'obligation de compenser les places de parkings supprimés : Débrancher l'aspirateur

    Imprimer

    parking.jpgUn assouplissement de la loi qui force à remplacer toute place de parking supprimée au centre ville par une autre à proximité, est soumis au peuple genevois le 27 septembre, la droite bagnolarde ayant lancé et fait aboutir un référendum.  Cet assouplissement, auxquels pourraient s'en ajouter d'autres (la députée socialiste Caroline Marti et son collègue Vert David Martin proposent d'assouplir l'obligation de prévoir des parkings dans les immeubles neufs) se justifie pleinement : toujours plus d'habitantes et d'habitants du canton, et plus encore de la Ville, se passent de voiture, on a donc moins besoin de places de parcage. Et à Genève, où les tarifs des parkings publics sont en moyenne de 20 % inférieurs à ceux des villes d'Europe et où les parkings existants offrent largement assez de places qu'il est nécessaire, les parkings fonctionnent comme de véritables aspirateurs en ville des voitures de sa périphérie. D'autant que selon le canton une bonne moitié des usagers des parkings publics payants ne s'acquittent pas de leur dû, que la pratique du stationnement illicite prolongé sur la voirie urbaine est courante... et qu'au surplus les parkings souterrains coûtent cher, empêchent l'arborisation, et produisent des déchets d'excavation... L'heure est venue de débrancher les aspirateurs à voiture : actif-trafiC organise donc (https://www.actif-trafic.ch/parking-day-2020) un Park(ing) Day à Genève Vendredi 18 septembre de 16h à 18h rue Jean-Dassier (proche du croisement avec la rue de la Servette, derrière la gare Cornavin)

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Transports, mobilité, votations 5 commentaires
  • Un printemps genevois de la mobilité douce ?

    Imprimer

    manifavélo.jpg

    Prise de conscience

    Mardi soir, au Conseil municipal, on a adopté trois propositions qui, toutes trois, participent du soutien à la mobilité douce et à la libération de la ville de l'emprise de l'automobile. Trois votes acquis au grand déplaisir de la droite (MCG, UDC, PLR) qui a presque tout tenté pour les éviter et qui, n'ayant pu les éviter, a quitté la salle très fâchée, et plus vexée encore. Trois propositions acceptées, donc : une proposition d'"Ensemble à Gauche" d'accorder un crédit de 500'000 francs pour subventionner l'achat ou la réparation de vélos par les habitants, une demande socialiste de négocier avec le canton la fermeture des quais à la circulation automobile (mais seulement le samedi et le dimanche et seulement jusqu'au 20 septembre), et une résolution proposée par les Verts, et s'opposant au projet de parking "Clé-de-Rive", soumis au vote populaire. Ces votes municipaux s'ajoutent à trois votes cantonaux, au Grand Conseil, début juin : une motion du MCG et une résolution du PLR qui demandaient le retrait des aménagements cyclables installés par la ville ont été refusées, et une résolution d'"Ensemble à Gauche" qui demandait non seulement leur maintien mais leur pérennisation et leur renforcement a été acceptée. Y'a des mois, comme ça, où on a l'impression que les vieux réflexes laissent place à quelque chose comme une prise de conscience : celle qu'il est temps de penser la ville sans la bagnole.

    Lire la suite

  • Mobilité : C'est parti comme en 14

    Imprimer

    tranchées.jpgGuéguerre de tranchées

    Un peu partout dans le monde (et donc, forcément, à  Genève, qui en est la capitale), dès les premières mesures de déconfinement, il est apparu nécessaire, d'abord pour des raisons sanitaires, puis pour des raisons de partage de l'espace public -et de réduction de l'emprise de l'automobile sur les voies de circulation, et enfin pour réduire les émissions de CO2, de développer à la fois les voies réservées aux vélos et les espaces réservés aux piétons. "Ne laissons pas la voiture reprend la place" qu'elle occupait avant la crise, plaide la ministre française de la "transition économique et solidaire", Elisabeth Borne. A Genève, le canton et la Ville, sous l'impulsion conjointe du Conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco et du Conseiller administratif de SolidaritéS Rémy Pagani, ont saisi l'occasion pour pratiquer ce qui était plutôt l'apanage des militants de la mobilité douce : un "urbanisme tactique" consistant à profiter de la libération d'un espace pour l'affecter à autre chose que ce à quoi il était voué. Ainsi sont nées des bandes cyclables prises sur les voies de circulation automobile et les places de stationnement des bagnoles. C'était pragmatique, opportun, et intelligent. Mais ces aménagements ont été placés sur fonds de polémique hargneuse. Parce qu'on est à Genève. Et qu'on a beau être la capitale mondiale du monde mondial, on a des traditions, des réflexes, une normalité quoi, à laquelle on ne va pas renoncer sous le futile prétexte qu'on sort d'une pandémie. Il est bon que dans un monde instable des permanences résistent, et rassurent. Comme une bonne vieille guerre de tranchées entre bagnolomaniaques et "cycloterroristes" (et on a choisi notre camp...)

    Lire la suite

  • Pangolin fait du vélo

    Imprimer

    pangolin à vélo.jpgDu bon usage d'un temps de crise

    Un crédit est proposé au Conseil municipal actuel (qui devrait en débattre lors de sa dernière session ) par le Conseil administratif, à l'initiative de Rémy Pagani, pour subventionner l'achat et la réparation de vélos par les habitants de la Ville. En même temps, la Ville (le Conseil administratif) a obtenu du canton (le Conseil d'Etat) son soutien dans la création d'une dizaine de kilomètres de bandes cyclables, prises sur les voies de circulation dévolues aux bagnoles et, sans compensation ailleurs, sur une cinquantaine de places de stationnement pour bagnoles et une trentaine pour motos. Il était donc possible à Genève de mettre en oeuvre sans barguigner des mesures incitant à la mobilité douce... Le moment est bien choisi : celui de la "reprise" de l'activité économique, qu'on ne veut pas voir forcément se traduire par une reprise de l'encombrement automobile -les transports publics ne pouvant fonctionner jusqu'à la rentrée de septembre qu'à 40 % de leur capacité (sièges condamnés, distances de sécurité à respecter...), il convient d'éviter que leurs usagers se reportent sur le mode de déplacement urbain le plus absurde : la bagnole, précisément. Mais à peine dessinées, les nouvelles bandes cyclables, pourtant provisoires, font l'objet de la hargne de la droite et du lobby bagnolard, qui enjoignent le gouvernement cantonal et son petit frère municipal de freiner en torpédo, comme sur les vieux vélos militaires. Il convient donc, même si ce n'est pas forcément notre premier réflexe politique, de le soutenir, notre brave gouvernement cantonal, et de soutenir aussi, ce qui nous est plus spontané)notre au moins aussi brave gouvernement municipal. Et de les soutenir, en signant la pétition idoine (sur https://act.campax.org/petitions/oui-aux-nouvelles-bandes-cyclables-a-geneve) et en pédalant sur une de ces nouvelles bandes cyclables. Par exemple au croisement de l'avenue du Mail et de la rue de l'Ecole de Médecine, ce soir, lundi,à 18 heures... en gardant évidemment nos distances. Mais en prenant un pangolin sur le porte-bagage. Après tout, il y est pour quelque chose, dans la naissance de ces bandes cyclables...

    Lire la suite

  • Du bon usage de deux mois de "confinement"

    Imprimer

    plan piéton Genève.jpgA pied dans Genève

    On a mieux respiré à Genève, ces dernières semaines. Et on s'y est mieux déplacé, malgré le confinement relatif auquel nous nous sommes soumis, et la réduction de l'offre des transports publics : marcher sans entrave et se déplacer à vélo sans risque fut l'étrange privilège de ce temps suspendu... Il ne faudrait pas que le "retour à la normalité" soit le retour à une situation où personne ne peut se déplacer librement  en ville, où les déplacements à pied sont constamment entravés par des ruptures de parcours (feux piétons aux rythmes absurdes, trottoirs obstrués par des deux roues ou des voitures etc...), où les déplacements cyclistes sont dangereux, où les automobiles s'embouteillent les unes les autres et où les transports publics sont piégés dans ces embouteillages... On pourrait mettre à profit l'expérience de ces deux derniers mois pour accélérer (autre paradoxe ?) le passage à la "mobilité douce" : en Ville de Genève, la nouvelle configuration du Conseil municipal, le renforcement des Verts, la solidité du PS (et même la sensibilité de la nouvelle conseillère administrative PDC, et du Conseiller d'Etat PDC dont elle était la collaboratrice...) le laissent espérer...

    Lire la suite

  • Politique genevoise du parcage des bagnoles : Clé de Ville

    Imprimer

    épaves.jpgLe référendum municipal lancé par l'Alternative (PS, Verts, SolidaritéS, Parti du Travail), Pro Velo et l’Association transports et environnement contre le projet anachronique du parking "Clé de Rive" a largement abouti -les signatures nécessaires avaient déjà été obtenues avant noël. Un autre référendum, cantonal celui-là, et lancé en sens inverse par le TCS et une organisation patronale, a aussi abouti : il conteste l'assouplissement décidé par le Grand Conseil, sur proposition du Conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco, de l'obligation de compenser par une nouvelle place de parking toute place de parking supprimée en surface. Dans la "Tribune de Genève", un candidat PLR se plaint de l'aboutissement du référendum contre le parking Clé-de-Rive. Nous ne nous plaindrons pas de l'aboutissement de celui contre la compensation des places de parking supprimées. Le peuple de la Ville et celui du canton vont donc pouvoir se prononcer sur la politique genevoise du parcage des bagnoles et c'est une excellente chose : Les Genevoises et les Genevois peuvent, s'ils le veulent, se donner les clés-de-ville...

    Lire la suite

  • Mise en service du "Léman Express" : Effacer la frontière

    Imprimer

    train Annemasse.jpegDepuis dimanche, le "Léman Express" circule autour du Léman, et passe la frontière (certes pas plus loin qu'Annemasse, puisque grève il y a -et aura encore- en France). La nouvelle ligne 17 reprend en outre la liaison transfrontalière en tram interrompue depuis 80 ans Toute la journée du dimanche, l'ambiance fut festive dans les trains et dans les gares genevoises du réseau -signe que les Genevois, au moins, n'ont pas attendu qu'il fonctionne au plus fort de ses capacités pour se l'approprier. Déjà une belle revanche sur les corvidés qui coassaient que le CEVA allait nous amener à G'nêêêêve la racaille d'Annemasse : c'était, vous en souvenez-vous, l'avertissement angoissé des opposants UDC et MCG au CEVA (et donc au Léman Express), qui oubliaient opportunément que ce réseau va aussi nous amener des Vaudois et même des Valaisans. Des rupestres qu'il ne valait pas la peine de mentionner ? Peut-être pour rassurer ces opposants, le parcours franco-genevois de la ligne reliant Cornavin à Annemasse sera truffé de caméras (il y en aura des centaines dans les gares et les terrains), arpenté par des patrouilles policières franco-suisses... et on a même prévu une cellule dans la gare des Eaux-Vives."Le Léman Express n'est pas un aboutissement mais plutôt le début d'une nouvelle ère", assure le Conseiller d'Etat Dal Busco. Il a raison : Grèves ou pas grèves, le train et le tram se foutent des frontières et les effacent. Et ce ne sont pas les moindres de leurs qualités.

    Lire la suite

  • Cointrin comme un avion sans aile ?

    Imprimer

    Accident-d_avion_m.jpgPas de crash en vue

    Dans le menu de la votation de dimanche, aussi copieux qu'on y a désormais pris l'habitude à Genève, on trouve l'initiative populaire "pour un pilotage démocratique de l'aéroport de Genève" et le contre-projet que lui oppose la majorité du parlement. Mais, quoique la droite hurle à la catastrophe économique si l'initiative devait être adoptée (elle est dystopique, la droite genevoise : au moins tous les trois mois, elle nous annonce une catastrophe si la gauche devait gagner un vote : l'initiative sur l'aéroport succède à l'élection mazzono-sommarugesque au Conseil des Etats, ce "déferlement de la vague rose-verte sur notre canton", selon le directeur de la Chambre de commerce, Vincent Subilia...), ce n'est pas le destin de l'aéroport de Genève qui sera scellé dimanche. Seulement un mode de "gouvernance" qui sera réformé et des ambitions de croissance un peu bridées si l'initiative devait être adoptée. Elle ne demande ni la lune, ni la décroissance, mais la maîtrise du développement de l'aéroport et la prise en compte des droits de la population riveraine autant que des "besoins" économiques. On en conviendra : Cointrin y survivrait sans se transformer en un "avion sans aile"...

    Lire la suite

  • Une zone piétonne prise en otage par un parking

    Imprimer

    Rive.jpgNON à la clé de (dé)Rive

     

    Hier soir, au Conseil municipal, on a commencé à débattre du projet "Clé de Rive" : un parking de 900 places au centre-ville, présenté comme contrepartie à un projet de piétonisation de la zone du carrefour de Rive. Une contrepartie qui n'est en fait qu'un parasite. En commission et en plénière, toute la gauche s'est opposée et s'opposera encore à ce projet obsolète et contradictoire, alors que la droite s'y accrochait et s'y accroche encore comme un morpion à une vieille couille, en refusant d'admettre que les temps ont changé depuis la conception de ce projet : on peut, on doit aujourd'hui développer les zones piétonnes sans se contraindre à les farcir de parkings. Et on peut et on doit s'abstenir de créer de nouveaux parkings au centre ville, là d'où précisément on doit réduire autant qu'il est possible la circulation automobile. On combattra donc le parking "Clé de Rive" dans le même mouvement où l'on soutiendra la création d'une zone piétonne à Rive, parce que ce parking est un projet du passé, que cette zone piétonne est un projet d'avenir et qu'il n'est pas acceptable de poser comme condition de réalisation de la première la résignation au second.

    Lire la suite

  • Réduction des places de parking à Genève : Un référendum pour arrêter le temps ?

    Imprimer

    casse bagnoles.jpgLe 12 septembre, le Grand Conseil genevois a accepté, pour concrétiser (un peu) la loi pour une mobilité "cohérente et équilibrée" adoubée en 2016 par le peuple, une modeste réforme de la "compensation" des places de stationnement supprimées. 4000 places de stationnement en surface pourraient ainsi être supprimées, mais en tenant compte des places inutilisées dans les parkings existants. Hurlements du TCS et de patrons du petit commerce, soutenus par l'UDC, qui ont lancé et fait aboutir un référendum. Un référendum contre quoi, et pourquoi ? Contre le temps qui passe et pour l'arrêter ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Transports, mobilité, votations 8 commentaires
  • Réduction des places de parking à Genève : Référendum dilatoire

    Imprimer

    épaves.jpgLe 12 septembre, le Grand Conseil genevois a accepté une modeste réduction de la "compensation" des places de stationnement supprimées en surface par de nouvelles places de stationnement en sous-sol. Pour accélérer la concrétisation de la loi pour une mobilité "cohérente et équilibrée", adoubée en 2016 par le peuple) à deux contre un), 4000 places de stationnement en surface pourraient ainsi être supprimées sans être compensées par de nouvelles places, notamment en tenant mieux compte des places inutilisées dans les parkings existants. Hurlements du TCS et des patrons du petit commerce, qui lancent ensemble un référendum dilatoire, au prétexte qu'il ne faut pas s'attaquer au stationnement mais au trafic de transit. Comme si la volonté de réduire l'un et celle de réduire l'autre étaient contradictoires et incompatibles. Et comme si s'attaquer à l'un n'était pas un moyen de réduire l'autre. Il faut bien commencer quelque part -quitte à entendre le TCS et les commerçants clamer qu'il fallait commencer ailleurs. Le plus loin et le plus tard possible.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, Transports, mobilité 1 commentaire