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  • De la réduction du temps de travail en temps de crise

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    D'un mal, faire sortir un bien

    La Suisse a déjà la durée légale de travail la plus longue d'Europe (45 heures par semaine, limite qui n'en est pas vraiment une puisqu'on peut la dépasser, en la compensant), mais le patronat et la droite voudraient bien l'allonger encore et ont lancé fin 2018 une offensive pour "flexibiliser" le temps de travail, et remettre en question le compromis de 2015 plafonnant à 45 heures par semaine la durée légale du travail, sauf pour les salaires supérieurs à 120'000 francs et les branches couvertes par une convention collective. Le patronat voudrait passer d'une limite hebdomadaire à une limite annuelle pour tous les salariés exerçant une fonction dirigeante et les spécialistes disposant d'une large capacité de décision. L'Union suisse des arts et métiers (USAM, syndicat patronal des PME) demande que la durée hebdomadaire maximale du travail soit portée à 50 heures, voire 54 "dans certaines conditions"., en même temps que la règle des onze heures de repos entre deux période de travail soit assouplie, voire réduite à huit heures deux fois par semaine. Pour le dessert deux initiatives parlementaires, l'une du PDC l'autre du PLR, veulent élargir le nombre de salariés qui ne seraient plus soumis à l'obligation de saisir leur temps de travail pour définir leur salaire -histoire de ne pas payer la totalité du temps qu'ils y consacrent, ce que le télétravail, généralisé partout où c'était possible depuis le printemps pandémique de 2020, facilite aussi, de toute évidence... Quant à nous, on se demande maintenant, à l'inverse si la crise actuelle ne serait pas le bon moment pour ranimer la vieille revendication d'une réduction du temps de travail. Faire sortir d'un mal (la crise) un bien (la libération du temps) pourrait certes paraître cynique -mais au fond, n'est-ce pas tout bêtement de l'opportunisme pragmatique ?

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  • Avec le temps, va...

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    voeux, calendrier, tempsLe calendrier vulgaire s'est effeuillé, il n'en restera bientôt plus rien. On en portera le deuil en de gaies obsèques. On boira plus que de raison, on mangera plus que d'estomac. On offrira des cadeaux à des gens qu'on aime, on en recevra de gens qui nous aiment, on oubliera ceux qu'on n'aime pas et ceux qui ne nous aiment pas. On pensera à l'une plus qu'à d'autres, et à d'autres qu'on avait oubliées. On fera provision de livres pour l'année. On relira Rimbaud et Char. On ne prendra pas de bonnes résolutions. Sauf celle de tenir debout. De n'en faire et n'en dire qu'à notre tête, la pauvre. On ne fera pas amende honorable. On se dira que le temps passe, qu'on n'y peut rien, que c'est tout de même mieux comme ça, qu'il passe, le temps, et qu'on n'y puisse rien, mais que, quand même,  le temps est un con, qui ne fait que passer et, passant, nous trépasser. Changer d'année, de siècle, de millénaire, ce n'est rien. C'est de temps qu'il faudrait changer. Et si nos réveillons nous réveillaient ?

     

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  • Prendre du champ...

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    On va faire un truc de bobo : prendre des vacances en octobre.
    On enverra des cartes postales, parce que cela ne se fait plus et qu'on aime ce qui ne se fait plus. On ira écouter des Salve Regina dans des églises corses parce qu'on ne croit pas en Dieu et qu'on n'est pas Corse.
    On reviendra avec des tas de trucs inutiles parce que l'utilitaire nous gave et que l'utile nous casse. Ce n'est pas que l'on se sente inutile, c'est qu'on veuille l'être. Etre inutilisable, pour ne pas être utilisé
    On part, on ne quitte pas. On part en emportant ce qui nous importe. Des livres, des musiques, quelques idées, quelques visages.
    On part pour prendre du champ, reprendre du souffle. Pour revenir avec un peu plus que ce que nous avions en partant. Un peu plus de livres, de musiques, d'idées, de visages.  Un peu plus de champ, un peu plus de souffle.
    A dans dix jours...

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  • A la recherche du temps vendu

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    Le temps est une force de production -sans doute la plus importante, et donc celle dont l’appropriation est, socialement et politiquement, la plus déterminante, la plus porteuse de pouvoir. S'approprier le temps des autres, c'est s'approprier les autres. Or cette appropriation est constitutive du salariat. Le salariat est le système même par lequel l’individu est dépossédé du temps, par l’échange illusoire de ce temps contre de l’argent (illusoire dès lors que l’on ne peut jamais recouvrer le temps vendu, et que ce temps vendu est toujours, irrémédiablement, du temps perdu).

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