ségolène

  • Le PS, combien de divisions ?

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    La Conjuration des egos

    Le Congrès de Reims du PS français s'est achevé dans la confusion et le ridicule : le parti n'a réussi ni à se doter d'une direction, ni à adopter une ligne politique claire, ni à donner de lui-même l'image d'une force détentrice d'une alternative politique et d'un projet économique. Sur ce bilan, au moins, les porte-paroles plus ou moins autorisés de chacun des clans (on n'est même plus dans une confrontation de tendances politiques, pas grand chose ne séparant sur le fond les protagonistes du conflit interne) tombent d'accord : c'est " le plus mauvais congrès depuis vingt ans " pour le " delanoïste " Pierre Moscovici, et ce devrait être le " des der " des congrès de ce genre, pour le " royaliste " Gaëtan Gorce... Depuis 1971, les statuts du PS, adoptés pour constituer un grand parti de gauche en additionnant des composantes historiquement et idéologiquement contradictoires font fonctionner le PS selon un mode byzantin totalement déconnecté des réalités sociales et politiques du pays. Résultat : en 2008, le PS n'est plus un parti politique mais une addition d' " écuries " présidentielles et gouvernementales putatives, un office de placement et de recrutement de dirigeants obnubilés par leurs carrières personnelles, une mosaïque de clans d'autant plus opposés les uns aux autres que pas grand chose ne les distingue programmatiquement.

    Autodissolution

    Pour prendre le PS français, Ségolène Royal (qui a fait l'impasse sur le congrès et s'adresse à la base en contournant les structures) avait lancé une " consultation " auprès des adhérents du parti, en leur posant dix questions. De bonnes questions parfois (pas toujours), quelles que puissent être les réponses qu'on leur donne, réponses d'ailleurs souvent induites par les questions elles-mêmes :
    - Comment " sortir du fossé entre un discours pseudo-révolutionnaire dans l'opposition et un conformisme économique au pouvoir "?
    - " comment produire et répartir autrement la richesse ? "
    - " Que reprendre des modèles progressistes des autres pays, et que rejeter ? "
    - Comment " pousser l'agilité des entreprises, le goût du risque et l'esprit d'entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales " ?
    - " Quels contre-pouvoirs dans l'entreprise ? "
    - " Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s'attaquer aux injustice sociales ? "
    - " Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ? "
    - Comment " protéger les peuples du Nord de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme "?
    - " Quel nouveau modèle de développement pour assurer la sauvegarde écologique de la planète " ?
    - Comment " intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d'engagement citoyen " ?
    Bon, on ne vas pas ici cultiver d'excessives illusions sur les réponses que la majorité des socialistes (français ou suisses ou genevois) pourraient donner à de telles questions - On est dans des partis social-démocrates, pas à la CNT-FAI. Et à ces questions le PS français n'a donné à Reims aucune réponse. Il a seulement répondu à une question posée par Jean-François Kahn : faut-il dissoudre le PS ? On s'en charge, ont répondu chefs et cheffes de clans.

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