prostitution

  • Un vieux débat sur un vieux métier : Que faire de la prostitution ?

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    Le débat est vieux comme le métier, et la controverse indissociable du débat : la prostitution fait problème. Qu'elle soit légale ou non, et si elle est prohibée, que l'on punisse celles (et ceux) qui s'y livrent ou ceux (et celles) qui en usent. On ne sait trop pourquoi, aujourd'hui, la question de son interdiction refait surface là où elle est autorisée (comme en Suisse), et la proposition de punir les clients là où elle est interdite mais tolérée (comme en France), toujours est-il que le plus vieux débat sur le plus vieux métier reprend vie. Et que nous avouons, aussi humblement que nous en sommes capables, n'avoir aucune réponse claire et définitive aux questions posées. Parce qu'interdire la prostitution ce n'est pas l'éradiquer, mais bien plutôt en dégrader dans la clandestinité les conditions pour les prostituées, en accroître les risques pour les clients et en refaire un marché pour les proxénètes qui, comme tous les trafiquants, vivent de l'interdiction de ce qu'ils commercent. Et parce que punir les clients, de toute évidence, ce ne sera jamais que punir les clients les moins argentés de la prostitution la plus visible, celle du trottoir.
    Une hypocrisie de plus, sur un trottoir où elles fleurissent.

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  • A propos du salariat (et de la prostitution)

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    Changer la vie reste notre ambition -une ambition plus haute que celle, bien commune, de changer de mode de vie. Changer la vie, c'est changer le contenu de la vie -ce qui ne peut sans trahison se réduire à en changer l'emploi. Or la vie du plus grand nombre est scandée par le travail salarié -le salariat étant non le paiement du travail mais celui du temps passé au pouvoir de qui fait travailler. Changer la vie n'est donc possible que si l'on admet comme nécessaire l'abolition du salariat.

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  • Une reine aux Rois

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    Real Griselidis.jpgGrisélidis Réal :
    Une reine aux Rois


    Le Conseil administratif a confirmé que Grisélidis Réal reposera au cimetière des Rois, à Plainpalais, notre petit Panthéon à nous, dès le 9 mars. Cris d'orfraies dans la parvulissime République : quoi ? Une prostituée dans un jardin réservé aux personnalités " particulièrement méritantes " ? Eh bien oui, parce que Grisélidis, prostituée ou non, était " particulièrement méritante ". Et qu'on n'est pas sûr de pouvoir en dire autant de tous ses futurs voisins.


    Les cendres de la sorcière

    La dame avait vécu de ses charmes, certes. Mais, prostituée et se revendiquant telle, Grisélidis était aussi écrivaine de grande race, et citoyenne de bel engagement. Elle avait d'ailleurs moins défendu la prostitution que les prostituées. Quant à l'écrivaine, que celles et ceux (surtout celles, hélas) qui s'indignent que ces cendres pussent reposer à côté de celles d'obscurs notables la lisent : ses mots plaident pour elle. Enfin, c'est la citoyenne, la fondatrice d'Aspasie, la militante de la cause des plus méprisées et des plus exploitées d'entre les femmes, qu'on honorera. Défendant le choix du Conseil administratif, Patrice Mugny a parfaitement raison d'affirmer que " dans une société idéale, les femmes ne devraient pas avoir à vendre leur corps "... mais dans une " société idéale ", nul ne devrait avoir à vendre ni son corps, ni son temps, ni ses rêves -et on se rappellera, avec quelques vieux anarchistes, que la prostitution n'est après tout qu'une métaphore du salariat (on ne vend pas son corps, mais on vend un temps pendant lequel l'acheteur fait de nous ce qu'il veut), d'autres ajoutant qu'après tout, ce qui sépare la prostituée de l'épouse bourgeoise est que la première se fait payer pour ce que la seconde doit subir par devoir conjugal. Grisélidis s'était prostituée, certes, mais on ne jurera pas que d'entre les augustes dépouilles reposant aux Rois, aucune ne soit celle d'hommes qui n'ait pire à se reprocher. On pourra jurer, en revanche, qu'il en est de nombreux dont les " mérites particuliers " furent infiniment moindres que ceux de la Courtisane. Et dont le nom même ne dit plus rien à personne, quand les mots de Grisélidis sont encore célébrés comme ceux d'une égale des grands écrivains.