procréation

  • Mariage civil pour toutes et tous : Soudain l'enfant paraît...

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    Bébé 2001.jpgOn vote dimanche sur le "Mariage pour toutes et tous", sur l'instauration de l'égalité des droits entre couples homo- et hétérosexuels. D'entre ces droits, il y a ceux à l'adoption, à la naturalisation facilitée et à la procréation médicalement assistée (PMA). La démarche est logique : il n'y aurait pas d'égalité des droits dans le mariage si les couples hétéros disposaient de droits niés aux couples homos.. mais tout se passe comme si l'opposition au "Mariage pour toutes et tous" s'était repliée comme dans une redoute sur une opposition à la possibilité d'une PMA pour les couples de femmes... Il est tout de même assez étrange qu'un vote sur le mariage, sur son élargissement aux couples homosexuels, suscite un débat concentré sur les enfants et l'invocation d'une "loi naturelle" de la procréation, comme si on ne se mariait que pour avoir des enfants. Comme s'il n'y avait, aujourd'hui, avec un mariage exclusivement hétéro, de familles qu'autour de couples mariés avec enfants, et pas de familles monoparentales. Ce n'est pas le mariage homosexuel qui est contradictoire de la "loi naturelle", mais le mariage lui-même. Et la famille elle-même. Mariage et famille sont des constructions sociales, comme le genre, et la seule "loi naturelle" qui s'impose à la procréation humaine, c'est celle qui lui impose la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule. D'où qu'ils viennent, et comment qu'ils se rencontrent. Cela fait des millénaire que l'humanité  tente, pour finalement y réussir, d'émanciper sa procréation (et celle de son bétail, de ses animaux de compagnie, de ses fleurs, de ses fruits et de ses légumes), de la "loi naturelle". D'où vient alors qu'on se remette aujourd'hui à l'invoquer comme une limite à ne pas dépasser ? On ne voit de réponse à cette question que celle qui tient en deux mots : l'homophobie, conjuguée à la misogynie. Car c'est bien la possibilité donnée à un couple de femmes de procréer avec pour seul concours masculin celui d'un spermatozoïde dont seule la qualité importe et non l'origine, qui horrifie l'opposition au "mariage pour toutes et tous". D'où ses hurlements post-freudiens sur la "mort du père"...

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