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  • "Contre l'extrême précarisation : l'urgente régularisation"

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    file d'attente.jpgDire l'évidence

    Le Conseil municipal de Genève a voté hier, à une forte majorité, contre l'opposition de la nouvelle alliance de droite (le MCG, l'UDC, le PLR) une résolution socialiste ("Contre l'extrême précarisation : l'urgente régularisation") demandant la régularisation de toutes les personnes sans statut légal (dites "sans papiers"). Il y avait à l'origine de cette proposition une image, un constat, un engagement. L'image, c'est celle des files aux Vernets lors de la distribution de sacs de nourriture. L'image des invisibles devenus visibles. Et gênants. Le constat, c'est celui fait par les enquêtes effectuées par Médecins sans frontières auprès des personnes présentes dans ces files : 65 % d'entre elles sont sans statut légal. Et donc sans droit à l'aide sociale. L'engagement, c'est celui que la Ville demande au canton, à la Confédération de prendre : les régulariser, leur donner un statut, et des droits. La Ville ne peut accorder un statut légal à ces personnes : c'est une compétence fédérale. Mais nous pouvons dire qu'elles en ont besoin, et qu'elle soutiendra toutes les mesures qui seront prises pour le leur accorder. A l'ouverture de toutes les séances du Conseil municipal, ses membres sont exhortés à travailler "pour le bien de la cité". Nous n'y avons ajouté que "toute la cité, tous ses habitants". Qu'ils aient ou non un statut légal. Parce qu'ils sont là. Rien que parce qu'ils sont là.

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  • "Papyrus", un succès "individuel et collectif"...

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    Papyrus2.jpgLa bonne Genferei

    Une Genferei dont Genf peut-être fière : le Conseil d'Etat, les syndicats, les mouvements de soutien aux sans-papiers, ont tiré la semaine dernière un bilan très positif de l'opération "Papyrus", lancée en février 2017 à Genève, et qui a permis la régularisation de 2390 sans-papiers (dont 727 enfants), 744 dossiers étant encore en cours de traitement. L'opération, qui a pris fin le 31 décembre 2018, en catimini, sans Pierre Maudet qui en était la caution politique avec Simonetta Sommaruga, devrait donc au final permettre de régulariser 3000 personnes, en majorité des femmes employées dans l'économie domestique. Seuls 47 dossiers sur 3380 ont été refusés par le canton ou la Confédération parce qu'ils ne répondaient pas aux conditions posées pour une régularisation. Les autorités confirment que, contrairement à ce qu'annonçait l'UDC, "Papyrus"n'a provoqué aucun "appel d'air" (c'est-à-dire l'arrivée de nouveaux clandestins remplaçant celles et ceux régularisés), ni recours à l'aide sociale des personnes régularisées (seules 0,8 % des personnes régularisées, interrogées dans le cadre d'une enquête de l'Université de Genève, ont eu recours à l'aide sociale, et c'était pour des problèmes de santé).. En outre, elle a permis aux assurances sociales d'encaisser 5,7 millions de francs de cotisations sociales supplémentaires, puisque les sans-papiers n'en payaient pas, ni leurs employeurs, et que la régularisation des premiers et leur déclaration par les seconds les engagent désormais à s'en acquitter. Un succès "individuel et collectif", constatent autorités, associations et syndicats.  Reste à s'en inspirer pour le rééditer ailleurs qu'à Genève et l'élargir à des sans-papiers qui ne répondaient pas aux conditions posées dans l'opération qui s'achève après quinze années de lutte. Le résultat, pas l'aboutissement :  il reste 10'000 "sans-papiers" à Genève, et, d'près le Secrétariat d'Etat aux migrations, 76'000 en Suisse dans une semi-clandestinité ("semi", puisque toutes les administrations publiques con cernées savent qu'elles sont là). A Genève, des milliers de personnes, de ménages, de familles emploient encore comme domestique ou garde d'enfant une personne sans statut légal, pour quelques heures, à temps partiel ou à plein temps. A Zurich, des dizaines de milliers de foyers en font autant.

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  • Opération "Papyrus", bilan d'étape

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    Papyrus.jpgSorties de l'ombre

    Entre octobre 2015 et décembre 2017, 1093 personnes, travailleurs et (surtout) travailleuses à Genève sans statut légal, mais aussi 412 de leurs enfants eux aussi sans statut légal, ont été régularisées dans le cadre de l'opération "Papyrus", lancée par les syndicats (principalement le SIT), le Centre social protestant, le centre de contact Suisses-immigrés et le Conseil d'Etat -à la sourde colère de l'extrême-droite locale. 42 % des personnes régularisées à fin décembre dernier sont sud-américaines (surtout boliviennes et colombiennes). Pour pouvoir obtenir un permis B (renouvelable), les candidates et candidats à la régularisation doivent avoir séjourné sans interruption à Genève pendant au moins cinq ans s'ils ont des enfants scolarisés ou dix ans s'ils n'en ont pas, être financièrement indépendants, maîtriser le français oral (sur 790 tests passés, 88 % ont été réussis) et n'avoir jamais été condamnés. Les associations et les syndicats ayant pris garde de ne pas déposer de dossiers fragiles, seuls quatre dossiers ont été refusés par les autorités cantonales ou fédérales ("cela veut dire l'expulsion", a déclaré le Conseiller d'Etat Pierre Maudet).

     

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  • Pas d'"Opérations Papyrus" ailleurs qu'à Genève

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    Papyrus.jpgDéni ou complicité ?

    Il n'y aura pas d'opération "Papyrus" à Zurich : le Conseil d'Etat y a annoncé fin mai qu'il ne comptait pas suivre l'exemple genevois et mettre en place un programme de régularisation conditionnelle des "sans-papiers", comme le lui demandait, s'inspirant précisément de l'opération genevoise, la gauche et les ONG d'entraide. Pour justifier son refus, le gouvernement zurichois a eu recours au déni : il n'y aura pas suffisamment de "sans-papiers" à Zurich pour qu'une opération genre "Papyrus" s'y justifie. Or le Secrétariat d'Etat aux migrations estime que 28'000 personnes, soit bien plus qu'à Genève, vivent à Zurich sans statut légal (la Ville de Zurich estime à 10-14'000 le nombre des travailleurs clandestins sur son seul territoire). Dans le canton de Vaud non plus, l'exemple genevois ne fait pas école : le Grand Conseil a balayé en mars l'appel de la gauche à le suivre. Ni à Zurich, ni dans le canton de Vaud les gouvernements cantonaux ne voient dans une régularisation conditionnelle des "sans-papiers" un moyen de lutter contre le travail au noir, notamment dans l'économie domestique. Genève reste donc seule (à moins que Bâle...) à ne pas se satisfaire d'un déni de réalité. Et à ne plus se rendre complice de l'exploitation de milliers de personnes dont l'absence de statut légal équivaut à une absence de droits.

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  • Régularisation des sans-papiers genevois : L'UDC, un Papyrus dans le nez

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    Papyrus.jpgL'UDC a un Papyrus dans le nez : les deux udécistes genevois du Conseil National, Céline Amaudruz et Yves Nidegger, ont déposé une initiative parlementaire pour ôter aux cantons toute autonomie dans l'application de la loi fédérale sur le séjour des étrangers. But de l'exercice : empêcher Genève de régulariser des sans-papiers, comme le canton a commencé de le faire en initiant avec l'opération "Papyrus" une procédure, dans le cadre de la loi, avec les organisations d'entraide et les syndicats. Céline Amaudruz se désolait : "Pierre Maudet a trouvé une astuce pour contourner la loi". Foutaise : il ne s'agit que de l'appliquer dans les limites qu'elle donne, en régularisant celles et ceux qui peuvent l'être, au cas par cas, en fonction de critères objectifs et rigoureux. Faut pas confondre les conseillers d'Etat PLR avec des automobilistes UDC bourrées zigzagant pour éviter la police. Reste que la question se pose, insidieuse : pourquoi diable l'UDC (mais pas elle seule : la majorité des députés vaudois a refusé de tenter une démarche comparable à la genevoise) tient-elle à ce point à ce que des dizaines de milliers de travailleuses et de travailleurs dans ce pays soient sous-payés, sous-protégés, incontrôlés, et ne paient ni cotisations sociales ni impôts ?

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