obama

  • Sanctification internationale de Nelson Mandela : L'homme debout et son icône

    Imprimer

    Mandela.jpgPlus de cent chefs d'Etat et de gouvernement ont assisté mardi à la cérémonie publique de sanctification de Nelson Mandela. D'entre cette centaine de souverains, présidents, premiers ministres, notre président à nous, Ueli Maurer, dont le mentor, Christoph Blocher, avait trouvé le moyen, quelques jours auparavant, de tenter une réhabilitation du régime d'apartheid que Mandela passa sa vie à combattre, en liberté ou en prison. Grâce soit finalement rendue à la franchise, au cynisme ou au gâtisme de Blocher : lui au moins n'aura pas sacrifié à l'hypocrisie ambiante. Or donc, on a honoré en Mandela un « géant de l'histoire » (ce qu'il fut), « l'un des plus grands leaders de notre temps » (ce qu'il fut aussi), une « icône mondiale » (ce à quoi il ne saurait être réduit sans que son action soit dévaluée). Sanctifier un homme, c'est le désarmer : Mandela fut un révolutionnaire. Pas une icône, et en faire une icône, c'est sans doute le trahir plus sûrement qu'on le fit en l'emprisonnant.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Monde, Politique 2 commentaires
  • Les faux maîtres du monde

    Imprimer

    Hasard du calendrier : les deux principales puissances mondiales du moment, les USA et la Chine, viennent de désigner leurs grands timoniers respectifs. On sait bien que ce ne sont pas eux, les deux hommes en question, Obama et Xi Jinping, qui vont faire la politique de leur pays. Mais ils vont l'incarner, et la défendre, même s'ils n'auront pu que lui donner quelques impulsions : ce sont les intérêts et les enjeux des complexes militaro-industriels (ou post-industriels) qui « gouvernent » réellement les Etats-Unis d'Amérique et la Chine, et eux ne sont soumis à aucune élection ni à aucune autre désignation que celle qui sourd de leurs fortunes. Obama, réélu, et Xi Jinping, déjà désigné, ne sont pas ces « hommes les plus puissants du monde » dont on nous rebat les oreilles dans les media : ils sont ceux que des hommes moins connus, mais plus puissants qu'eux, font monter sur le devant de la scène. L'Américain et le Chinois ne sont pas les maîtres du monde, ils sont ses concierges.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Monde 0 commentaire
  • Gaza : Encore dix jours de massacre ?

    Imprimer

    Gaza :
    Encore dix jours de massacre ?


    Depuis le 27 décembre, l'armée israélienne bombarde Gaza. Gaza, c'est la plus forte densité de population au monde : un million et demi de personnes sur la surface du canton de Genève. Quand on bombarde la ville, on ne peut que bombarder la population civile. Tout est concentré, entassé, mélangé : les hôpitaux et les dépôts d'arme, les écoles et les locaux du Hamas, les mosquées et les casernes. L'armée israélienne le sait -et elle le sait d'autant mieux qu'elle a déjà occupé Gaza, pendant trente ans. Aujourd'hui, elle l'isole, en proclamant qu'elle ne songe nullement à la réoccuper. Pour ceux qui y vivent, la différence est notable : le blocus, s'ajoutant aux bombardements, est encore pire que l'occupation : électricité coupée, relais téléphoniques détruits, pénurie de médicaments, approvisionnement alimentaire aléatoire...


    En attendant le nouveau Pharaon

    Jamais Israël n'avait consacré autant de moyens et d'efforts à entraver l'information sur une campagne militaire. Sa guerre, Tsahal veut la mener hors du regard des media. Mais elle entend bien, en revanche, utiliser les media pour légitimer ses opérations à Gaza, en organisant des visites guidées sur les lieux bombardés par le Hamas -qui de son côté met en évidence les écoles, les mosquées, les hôpitaux bombardés par Israël et les morts civils relevés après ces bombardements. La dissymétrie des moyens rend toute comparaison des bilans absurde, et dans l'affrontement d'un Etat et d'une organisation armée, le plus puissant est forcément le plus coupable. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève (dont la quatrième érige la protection des populations civiles en devoir pour les acteurs d'un conflit) a donc le devoir de " faire quelque chose " pour mettre fin à la boucherie. Mais le massacre de Gaza arrange trop de monde pour qu'il y soit peut-être mis fin tant que ceux qui le commettent, et ceux qui l'utilisent, y trouvent quelque intérêt. C'est-à-dire avant le 20 janvier, date du couronnement d'un nouveau Pharaon à Washington, que les gouvernants israéliens n'ont aucun intérêt à gêner s'ils veulent obtenir son soutien. D'ici là, le Hamas, qu'Israël manipulait autrefois pour l'utiliser contre le Fatah, aura sans doute été très affaibli militairement, mais peut-être renforcé politiquement -comme le Hezbollah le fut au Liban. Le Hamas avait pris Gaza parce que la misère y régnait, le Hamas pourrait bien garder Gaza parce que la guerre y est revenue. Or cette organisation caricaturalement réactionnaire est parfaitement indigne du statut de martyr qu'Israël lui offre.

    Lien permanent Catégories : Monde 18 commentaires
  • Une bonne claque aux mauvaises odeurs

    Imprimer

    L'élection d'Obama ne change pas l'ordre du monde -mais le monde a quand même nettement moins sale gueule

    On ne boudera pas notre plaisir : l'élection d'Obama est à saluer pour au moins deux raisons -et il importe peu aujourd'hui qu'elles soient plus affectives  que rationnelles : d'abord, la défaite du ticket McCain-Palin. MacCain ne la méritait peut-être pas. Palin la méritait amplement. Ensuite, la défaite du " critère racial ", auquel d'aucuns, et pas seulement  aux USA, persistent à trouver une quelconque base empirique alors qu'il n'y a plus, depuis la disparition du cousin Neanderthal, qu'une et une seule race humaine. Le temps viendra assez vite de redescendre sur terre, lorsque Barack Hussein Obama sera réellement en charge de la raison d'Etat américaine. En attendant, sauf à aimer haïr, on se sent déjà mieux avec Obama qu'avec Bush.

    American Dream

    En un vote, au terme d'une mobilisation électorale inédite, les Etats-Unis ont restauré leur image, à défaut, encore, d'avoir restauré leur puissance. Et du coup, les commentateurs n'ont plus à la plume que ce retour d'un " rêve américain " dissout dans l'insondable connerie bushienne. Un rêve que semble incarner Obama, comme l'incarna un Kennedy (mais Kennedy, ce fut aussi l'engagement américain dans le bourbier vietnamien...). Les images jubilatoires des foules saluant aux USA l'élection du candidat démocrate, et la défaite des Républicains, sont contagieuses. Mais ça n'est pas le sous-commandant Marcos, ni Jesse Jackson, ni Noam Chomsky, que les Américains ont élu à leur présidence : Obama est partisan de la peine de mort. Il est partisan du renforcement de la présence militaire américaine en Afghanistan. Il sera en charge de la première puissance militaire du monde, et il entend bien en user plus efficacement et plus intelligemment que son prédécesseur (il est vrai que le défi n'est pas insurmontable). Quant à sa couleur de peau, si elle n'a pas été un obstacle à son élection, les Etats-Unis n'ont pas pour autant " tiré un trait sur la " question raciale " (nous non plus, d'ailleurs), s'ils se sont donné les moyen de la poser un peu plus rationnellement,  en la posant en termes sociaux, que jusqu'alors. Cette puissance construite sur un génocide et une déportation a élu le fils d'un Africain à la présidence. Elle aura assumé son passé lorsqu'elle considérera comme possible, et normale, l'élection d'un Navajo au gouvernorat du Nouveau Mexique. En attendant, on peut mesurer la charge symbolique de l'élection d'Obama par une question : à quand l'élection du fils d'un Algérien à la présidence française ou de la fille d'un Kosovar au Conseil fédéral ?

    Lien permanent Catégories : Monde 7 commentaires
  • Obama président ? Tout changer pour tout restaurer

    Imprimer

    Difficile d'y échapper : l'Obamania s'est emparée de l'Europe et d'une bonne partie du monde (celle qui peut se permettre d'être requise par autre chose que sa survie immédiate). Si le président des Etats-Unis était élu par les peuples du monde, le successeur de Dobleyou s'appellerait Barack Hussein Obama. Manque de pot, le président des Etats-Unis est élu aux Etats-Unis. Et pas par le peuple, mais selon un système archaïque qui permet à un candidat battu dans les urnes d'être élu tout de même. Reste que l'élection d'Obama tournerait une page : celle des  " années Bush " et de la prédation néo-conservatrice. Cette élection serait donc un vrai changement. Mais pas un changement de société, ni, fondamentalement, un changement de politique; un changement pour une restauration : celle de la puissance économique, militaire et culturelle des Etats-Unis, mise à mal par l'irresponsabilité et l'incompétence des  gouvernants actuels des USA et de leurs conseillers.

    Renaissance ou hara-kiri ?

    Les deux candidats à la présidence américaine s'opposent par leur âge, leur milieu, leur parcours personnel, par quelques points importants de leur programme (sans d'ailleurs qu'il faille se faire d'illusions sur leur capacité à les concrétiser), mais ils ont en partage la même culture politique et la même conception du rôle des Etats-Unis. Pour l'un et l'autre, l'enjeu est le même : restaurer la puissance, intérieure et extérieure, américaine. Pas par les mêmes moyens, pas en lui donnant le même visage, pas en tenant le même discours, mais pour les mêmes raisons. Elu, Obama deviendrait certainement, pour quelques mois, le politicien le plus aimé de la planète. Jusqu'à ce que la réalité des intérêts et des rapports de force s'imposent et le rattrapent. Il n'empêche : une élection de McCain et de Palin serait une formidable victoire pour ce que les USA comptent de forces les plus caricaturalement réactionnaires. Et donc une formidable régression politique. Non que McCain soit pire que Bush -mais parce que son élection, après huit ans de la présidence la plus calamiteuse de l'histoire américaine, serait le signe d'une incapacité de l'électorat américain à tirer les leçons des désastres politiques, sociaux, économiques et militaires du néo-conservatisme. L'élection du ticket MacCain-Palin serait une victoire d'Oussama Ben Laden : quand vos ennemis vont plein pot, tout seuls, comme des grands, droit dans le mur, on peut faire l'économie de kamikazes. On n'a pas besoin d'envoyer des assassins contre des suicidaires.

    Lien permanent Catégories : Monde 11 commentaires