législatives 2022

  • Révolution en France : un parlement représentatif du paysage politique...

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    ego.jpgTout ça pour ça ?

    Si on voulait banaliser le résultat des législatives françaises, et on est assez tentés de le faire à la lecture des commentaires apocalyptiques qu'elles ont suscités, on userait benoîtement de la métaphore horlogère : elles ont "remis les pendules à l'heure", en donnant à chaque grande famille politique une représentation parlementaire illustrant sa force et sa place : pour la première fois peut-être sous la Ve République, les élections législatives ont accouché d'un parlement à peu près représentatif des choix politiques de l'électorat actif. C'est notable, mais y voir une rupture, un bouleversement, une révolution sortie des urnes, tient à la fois de l'amnésie et du francocentrisme. En 2017, au deuxième tour des législatives, les candidats macronistes avaient recueilli 49,2 % des suffrages exprimés, cinq ans plus tard, ils n'en recueillaient plus que 38,63 % : c'est un recul de près d'un million de voix. Pas le pire recul (les Républicains et l'UDI ont perdu trois millions de voix en passant de 25,17 à 7,27 % des suffrages), mais un recul tout de même. Pas une déroute, mais une défaite. En face, la NUPES rassemble 32,64 % des suffrages et progresse de plus de 4,6 millions de suffrages, et le Rassemblement national 17,3 % des suffrages, soit deux millions de plus en cinq ans. Et le résultat en termes de sièges, s'il n'est pas proportionnel au résultat en termes de suffrages, est tout de même moins éloigné de la réalité électorale qu'il est de coutume en France. Et si une élection a réellement été historique, dimanche soir, c'est en Colombie, le candidat de la gauche a été élu à la présidence de la République. C'est la première fois depuis 200 ans. Et la première fois aussi que la vice-présidence sera occupée par une femme, afro-américaine.

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  • Deuxième tour des législatives françaises dimanche : un test de Rorschach

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    test de Rorschach.jpgC'est une étrange partie d'un jeu étrange aux règles étranges qui va se jouer dimanche en France, lors du deuxième tour des législatives. Une partie qui se joue dans une élection où aucun des deux principaux joueurs n'est candidat : Emmanuel Macron parce qu'il a déjà été élu, à la présidence de la République, et Jean-Luc Mélenchon, parce que s'il fait mine de croire qu'il peut être Premier ministre, il n'est pas candidat à sa propre réélection comme député. Macron ne pourra pas se représenter en 2027, la constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs (il pourrait cependant se présenter en 2032...). Dès lors, au sein même de la majorité présidentielles, les envies, les ambitions, les illusions présidentielles commencent à être visibles. Et le seront d'autant plus que la majorité présidentielle sera réduite au parlement. En attendant quoi, de tout bois les partis en présence font feu, du calcul d'épicier pour savoir qui est arrivé en tête au voyage de Macron en Roumanie, Moldavie et finalement Ukraine, sans pour autant susciter la passion des électeurs : on s'attend à une abstention massive, à l'aune française. Il est prévisible que le parti de Macron obtiendra au moins une majorité relative de sièges à l'Assemblée nationale. Il est tout aussi prévisible que la coalition de Mélenchon sera la principale force d'opposition à Macron. Savoir ce que cela présage des cinq prochaines années de présidence et de gouvernance en France tiendrait en revanche de la prédiction prophétique ou du test de Rorschach...

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    Lien permanent Catégories : élections, France, Politique 0 commentaire