légalité

  • De l’égalité, de la légalité, du service public...

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    On aura touché la dernière limite de la perfectibilité, alors seulement que le droit du plus faible aura remplacé sur le trône le droit du plus fort

    (Auguste Blanqui)

     

     

    L’idéologie (le terme n’est pas en soi péjoratif, l’expression d’un refus de l’idéologie étant elle-même celle d’une idéologie) du service public, à laquelle la gauche adhère, quoi qu’il en soit de la sincérité de cette adhésion, apparaît désormais moins comme celle d’un service au public que comme celle du service de l’Etat « en soi ». Elle est moins une alternative à la conception bourgeoise de l’Etat que la perfection de son mensonge, et ce qu’elle habille d’un discours égalitaire une réalité fondamentalement inégalitaire. Le service public, comme service au public, ne peut en effet se fonder que sur l’absolue égalité des droits et devoirs de tous ses usagers, indépendamment de leurs moyens et situations, ce qui implique forcément la gratuité du service fourni. Cette égalité absolue est absolument contredite dans les faits par la double inégalité des ressources et du pouvoir, en sus de l’être politiquement par la recherche obsessionnelle des équilibres budgétaires. L’inégalité des ressources produit un dualisme social où s’ignorent, quand ils ne s’opposent pas, ceux qui ont les moyens de se passer du service public et ceux qui n'ont que par lui accès à des droits fondamentaux (l’éducation, les soins, la sécurité personnelle). L’inégalité du pouvoir (entre ceux qui en disposent et ceux qui le subissent) détermine quant à elle un accès différent, en qualité, en quantité et en vitesse, aux service publics, et d’abord aux informations nécessaire pour y accéder et en user.

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    Lien permanent Catégories : Politique 6 commentaires