jean-luc godard

  • Vous n'aimez pas Tanner ? vous n'aimez pas Godard ? vous n'aimez pas Buñuel ? Allez vous faire foutre !

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    Godard.jpgVivre sa mort

    La disparition d'Alain Tanner et celle de Jean-Luc Godard nous auront bien plus peinés que celle d'Elizabeth Windsor. Nous rendions hommage à Alain Tanner, lundi. Nous rendons aujourd'hui hommage à Godard. Qui a choisi le moment de sa mort, n'étant pas homme à l'attendre, mais à la convoquer.  Nous qui étions encore enfants quand faisait exploser A bout de souffle dans les salles françaises, il nous a accompagné depuis que nous avons  pu entrer dans une salle de cinéma pour y voir autre chose que des films pour enfants, et les voir là où le cinéma doit se voir, s'entendre, se vivre. Nous sommes nombreux, cinéphiles, cinéphages, à ne pas avoir été des spectateurs conscient sans Godard. Nous n'avons pas vu A bout de souffle, Le Petit Soldat, Une femme est une femme, Vivre Sa vie, Le Mépris, Bande à part quand ils sont sortis -nous étions trop jeune, on ne nous aurait pas laissés entrer dans la salle. Aurions nous compris ce que nous aurions vu ? Nous les avons pourtant vus, plus tard, en cinéclubs. Le premier Godard que nous sommes nombreux à avoir pu voir en salle, ce fut La Chinoise. Puis One plus one. Et depuis, il n'a cessé, JLG, de nous bousculer,  à la fois incompréhensible et hypnotique,  insupportable et indispensable... "L'important, c'est d'emmerder le monde sans qu'il sache pourquoi"... ce pourrait être de Godard, mais c'est de Buñuel... 

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  • Disparition d'Alain Tanner et de Jean-Luc Godard

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    Capture d’écran 2022-09-13 003414.jpgCelui qui nous parlait de nous

    Avouons-le : la disparition d'Alain Tanner, dimanche, et celle de Jean-Luc Godard, aujourd'hui, nous ont bien plus attristé que celle d'Elizabeth Windsor, il y quelques jours auparavant. On reparlera de Godard, parlons de Tanner... Il fut celui qui à beaucoup d'entre  a fait découvrir un cinéma suisse (et souvent même très genevois...) dont, avouons-le humblement, nous nous ne doutions même pas qu'il pût exister... Charles mort ou vif, et presque en même temps Le Fou de Goretta, La Pomme de Soutter annonçaient la discrète naissance d'un cinéma nous parlant de nous -et en parlant à d'autres que nous. Il y eut ainsi un cinéma suisse en français -il y en avait certes déjà un en allemand, ou en suisse-allemand, mais quels films en voyions nous ? Dans les films de Tanner, c'est nous que nous retrouvions. Nous avons marché dans les Rues Basses avec Bulle Ogier, à la pointe de la Jonction avec Karin Viard, à Lisbonne avec Bruno Ganz, en Irlande avec Trevor Howard. Nous avons attendu Max avec François Marthouret. Nous avons traversé la Suisse avec Clémentine Amouroux et Catherine Rétoré en Messidor, et la Vallée fantôme avec Jean-Louis Trintignant, pour nous retrouver au Milieu du Monde avec Philippe Léotard. Comme une sorte de rêverie du cinéaste solitaire -il y avait du Rousseau dans Tanner. Et peut-être du Voltaire dans Godard ?

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