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  • Elections israéliennes : Netanyahou peut succéder à Netanyahou...

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    Pour gouverner un Etat ou un ghetto ? 


    Déjouant tous les pronostics, Benjamin Netanyahou a donc remporté le 17 mars les élections législatives israéliennes anticipées. « C'est la victoire de la peur », résume le quotidien « Haaretz ». En menant une campagne la plus à droite possible pour mobiliser la frange la plus nationaliste de l'électorat, les colons et les intégristes religieux, il a fait passer son parti, le Likoud, en tête avec 23 % des suffrages et 6 sièges de plus que la coalition de « centre gauche » (le Camp Sioniste, dont font partie les travaillistes, et qui n'obtient que 19 % des voix) qui espérait le déboulonner. Les 30 sièges (sur 120) obtenus par le Likoud offrent à son chef les meilleures possibilités de rester au pouvoir, à la tête de la coalition la plus expansionniste, la plus liée aux colonies, voire la plus raciste, qu'ait connu Israël depuis celle conduite par Menahem Begin. Une coalition dont le programme semble être de gouverner un Etat réduit à un ghetto juif de Palestine. Un ghetto que Netanyahou appelle, s'appuyant sur la (re)montée de l'antisémitisme et les attentats de Paris, les juifs de France (et d'ailleurs) à rejoindre. Pour leur sécurité, ou pour la sienne ?        

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  • Netanyahou fait campagne électorale à Washington

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    Bétonner l'impasse

    Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, est allé parader à Washington, devant un public (la droite du congrès américain) aussi acquis à sa cause qu'il l'est à la sienne. Pour parler de quoi ? de la paix, du dialogue avec les Palestiniens, de la pauvreté qui touche une partie toujours plus importante de la population israélienne, de l'isolement d'Israël sur la "scène internationale", de l'échec de l'offensive sur Gaza ? Non : de l'Iran et de son programme nucléaire. Parce que Netanyahou n'a rien à dire aux Israéliens, ni à qui que ce soit d'autre, que cela. Pas d'autre programme que celui qui a conduit le pays qu'il gouverne dans une impasse qu'il veut encore bétonner. Pas d'autre ambition qu'en rester le Premier Ministre. Netanyahou fait campagne à Washington devant la droite du Congrès américain, Avraham Burg, ancien président du Parlement israélien, homme de gauche et leader pacifiste, remet les pendules à l'heure à Genève, à la faveur du Festival du film et forum international des droits humains : vous pourrez le rencontrer ce soir, mercredi, à 20 heures à Unimail (salle M130), à l'initiative du Cercle Martin Buber (http://www.cerclemartinbuber.ch/
    ). Après quoi, si vous le voyez projeté quelque part, ne manquez pas le beau film d'Amos Gitai. Et lisez Mahmoud Darwich. Et écoutez le Diwan de Daniel Barenboim jouer Beethoven.

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  • Reconnaissances européennes de l'Etat palestinien : A quand un geste de la Suisse ?

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    A une très large majorité (toute la gauche), le Parlement français a adopté mardi une résolution socialiste (certes non contraignante) enjoignant au gouvernement de reconnaître officiellement l'Etat Palestinien. En octobre, le Parlement britannique avait déjà fait de même, et le gouvernement (social-démocrate) suédois avait même procédé à cette reconnaissance officielle, la Suède étant le premier pays d'Europe occidentale (et le 135ème au monde) à le faire. "Les conditions de la reconnaissance d'un Etat palestinien ne sont pas réunies, plaident les adversaires de cette reconnaissance. Ces conditions étaient-elles mieux réunies lors de la reconnaissance de l'Etat d'Israël, en 1948 ? Avait-on attendu "la paix" pour le reconnaître ? Contrôlait-il la totalité de son territoire ? Les Etats qui reconnurent alors Israël étaient alors bien moins sourcilleux sur les conditions de cette reconnaissance (il est vrai que nombreux étaient ceux qui avaient à faire oublier leur indifférence, voire leur complicité, à la Shoah) que certains aujourd'hui à l'égard de celle d'un Etat Palestinien. Cet Etat palestinien que  135 Etats reconnaissent aujourd'hui, comme la plupart d'entre eux reconnaissent aussi l'Etat d'Israël. La Suisse n'est pas de ces 135 Etats. Peut-elle différer encore longtemps de s'y adjoindre ?

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  • Israël : répression antisyndicale au prétexte de la « sécurité » : « Simple, propre et sournois »

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    « Simple, propre et sournois » : c'est ainsi que le syndicat de travailleurs palestiniens des territoires occupés, WAC-MAAN (www.wac-maan.org.il/en/about), décrit la méthode utilisée par un patron israélien pour licencier un travailleur qui avait eu le front de vouloir créer un syndicat dans son entreprise. Une méthode simple : le patron l'a dénoncé comme un « risque pour la sécurité » d'Israël. Ce qui a entraîné la révocation de son permis de travail, et son licenciement de facto. Il ne nous semble pas avoir beaucoup entendu la grande centrale syndicale israélienne, la Histadrut, membre de la Confédération syndicale internationale (et, auparavant, de la CISL social-démocrate), dénoncer ces pratiques. Mais peut-être ses protestations nous ont-elles échappé...

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  • Entre Hamas et Tsahal : Gaza dans les mâchoires d'un piège

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    Il a plu pendant sur Gaza, cet été. Et il pleut toujours. Une pluie de feu. Destinée, selon le faiseur de pluie, à "ramener la sécurité pour les citoyens d'Israël", alors que lui-même admet qu'il est illusoire d'en attendre qu'elle détruise ce qu'il disait viser. En 2009, une opération comparable lancée, sous le nom éloquent de "plomb durci", contre Gaza par le gouvernement israélien avait déjà fait 1300 morts. Pour quel résultat ? L'impérieuse nécessité de la rééditer en la rebaptisant "bordure protectrice" et d'en dépasser le bilan pour montrer qu'on est les plus forts ? Entre Hamas et Tsahal, Gaza est entre les mâchoires d'un piège... Le Premier ministre d'Israël n'entend pas s'en tenir aux plus de 2000 morts palestiniens de juillet et d'août, et déclarait : "Nous sommes prêts à un élargissement substantiel de notre intervention terrestre"... à quoi se mesure au juste la substance de cette intervention ? A l'écart entre le nombre des morts chez les uns et le nombre de morts chez les autres ? Le 5 août, on en était déjà à 1900 morts côté palestinien (dont plus de trois quarts de civils selon l'ONU) et 67 côté israélien (dont trois civils)... Et la solidarité avec les Palestiniens (1), a-t-elle pour objectif de réduire l'écart en augmentant le nombre des morts israéliens et d'entre eux la proportion de civils ?

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  • La longue patience des Palestiniens

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    Soixante-cinq ans plus tard...

    Le 29 novembre 1947, l'Assemblée Générale de la toute jeune ONU avait adopté une résolution (la 141) préconisant un partage de la Palestine sous mandat britannique en deux Etats, un « Etat juif » et un « Etat arabe ». 65 ans plus tard, le 29 novembre dernier, ce jour ayant été décrété « Journée internationale de solidarité avec la Palestine » (un de ces grands moments d'hypocrisie autocongratulatoire que s'offre le système onusien), l'Assemblée Générale de la même ONU, augmentée de tous les Etats décolonisés et de tous les Etats issus de la désagrégation des empires, a accordé à l'Autorité Palestinienne un statut d'« Etat observateur », par 138 voix (dont celle de la Suisse) contre 9 (dont celles d'Israël et des Etats-Unis) et moyennant 41 abstentions. Qu'est-ce que le statut d'« Observateur » ? « Un peu plus qu'un strapontin, beaucoup moins qu'un siège », résume judicieusement « Le Monde ».

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  • Genève peut-elle soutenir d'une main ce qu'elle condamne de l'autre ? « La question ne sera pas posée »

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    Est-il opportun, cohérent, défendable que la Ville de Genève soutienne, par le biais d'un concert une organisation (le Keren Kayemeth Leisraël, KKL, ou Fonds National Juif) qui, concrètement, sur le terrain est l'instrument d'une politique que la même Ville de Genève condamne en soutenant un plan, l'«Initiative de Genève», qui veut y mettre fin ? La question aurait dû être posée au Conseil Municipal hier soir, par le biais d'une motion urgente déposée par sept conseillères municipales et conseillers municipaux de gauche, motion que le bureau du Conseil municipal, soutenu par tous les chefs de tous les groupes parlementaires -sauf une- a refusé de soumettre au vote du Conseil, sous les prétextes les plus divers dont celui, franchement ordurier, que la demande faite par la motion relèverait de l'antisémitisme. La question de la cohérence entre les discours et les actes de la Ville ne sera donc pas posée.

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  • Israël tombe dans un piège à con qu'il s'était lui même tendu...

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    Piraterie d'Etat (voyou)

    Au moins neuf personnes ont été tuées par des commandos israéliens dans l'abordage, dans les eaux internationales, des bateaux d'une flotille battant pavillon turc et transportant, avec 700 militantes et militants de la solidarité avec les Palestiniens (dont plusieurs députés européens), de l'aide humanitaire vers le ghetto de Gaza. Arraisonnés, les bateaux ont été conduits au port israélien d'Ashod. Cet acte de piraterie meurtrière a soulevé une vague d'indignation, parfaitement justifiée, d'autant que le gouvernement israélien n'a rien trouvé de mieux pour se justifier que dénoncer une « provocation » à laquelle il lui aurait été parfaitement loisible, à supposer que « provocation »,  il y eut, de ne pas céder. Les dirigeants israéliens clament qu'ils sont « tombés dans un piège » ? Ce sont eux-mêmes qui se le sont tendu, ce piège, en imposant à Gaza, depuis trois ans, avec la complicité de l'Egypte, un blocus qui clochardise la population gazaouie, en renforçant l'emprise du Hamas sur cette population.

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  • Gaza : Encore dix jours de massacre ?

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    Gaza :
    Encore dix jours de massacre ?


    Depuis le 27 décembre, l'armée israélienne bombarde Gaza. Gaza, c'est la plus forte densité de population au monde : un million et demi de personnes sur la surface du canton de Genève. Quand on bombarde la ville, on ne peut que bombarder la population civile. Tout est concentré, entassé, mélangé : les hôpitaux et les dépôts d'arme, les écoles et les locaux du Hamas, les mosquées et les casernes. L'armée israélienne le sait -et elle le sait d'autant mieux qu'elle a déjà occupé Gaza, pendant trente ans. Aujourd'hui, elle l'isole, en proclamant qu'elle ne songe nullement à la réoccuper. Pour ceux qui y vivent, la différence est notable : le blocus, s'ajoutant aux bombardements, est encore pire que l'occupation : électricité coupée, relais téléphoniques détruits, pénurie de médicaments, approvisionnement alimentaire aléatoire...


    En attendant le nouveau Pharaon

    Jamais Israël n'avait consacré autant de moyens et d'efforts à entraver l'information sur une campagne militaire. Sa guerre, Tsahal veut la mener hors du regard des media. Mais elle entend bien, en revanche, utiliser les media pour légitimer ses opérations à Gaza, en organisant des visites guidées sur les lieux bombardés par le Hamas -qui de son côté met en évidence les écoles, les mosquées, les hôpitaux bombardés par Israël et les morts civils relevés après ces bombardements. La dissymétrie des moyens rend toute comparaison des bilans absurde, et dans l'affrontement d'un Etat et d'une organisation armée, le plus puissant est forcément le plus coupable. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève (dont la quatrième érige la protection des populations civiles en devoir pour les acteurs d'un conflit) a donc le devoir de " faire quelque chose " pour mettre fin à la boucherie. Mais le massacre de Gaza arrange trop de monde pour qu'il y soit peut-être mis fin tant que ceux qui le commettent, et ceux qui l'utilisent, y trouvent quelque intérêt. C'est-à-dire avant le 20 janvier, date du couronnement d'un nouveau Pharaon à Washington, que les gouvernants israéliens n'ont aucun intérêt à gêner s'ils veulent obtenir son soutien. D'ici là, le Hamas, qu'Israël manipulait autrefois pour l'utiliser contre le Fatah, aura sans doute été très affaibli militairement, mais peut-être renforcé politiquement -comme le Hezbollah le fut au Liban. Le Hamas avait pris Gaza parce que la misère y régnait, le Hamas pourrait bien garder Gaza parce que la guerre y est revenue. Or cette organisation caricaturalement réactionnaire est parfaitement indigne du statut de martyr qu'Israël lui offre.

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  • Abie Nathan : Celui qui a essayé…

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    nathan.jpgAbie Nathan est mort, le 28 août dernier. Il avait 81 ans. Il a été à la fois un pionnier et un symbole. Dans les années 60, alors que la paix avec le monde arabe semblait en Israël un rêve impossible, il a représenté l'espoir d'atteindre cet impossible. Quand on lui demandait quelle inscription il souhaitait sur sa tombe, il répondait " Nissiti " (" J¹ai essayé " en hébreu). Seuls ceux qui n'essayent jamais n'échouent jamais. Et Abie Nathan ne s'est jamais résigné à l'échec de la paix entre les Etats (Israël et ses voisins), les peuples, les cultures, les religions… D'autres, il est vrai, se résignaient d'autant plus facilement à ces échecs qu'ils faisaient tout pour les produire. Abie Nathan est mort. Et Ariel Sharon est toujours mort-vivant. Comme la paix elle-même ?

    Shalom, Salaam, Abie !
    Abraham Jacob Nathan, né le 29 avril 1927 en Iran, élevé en Inde, pilote de chasse de la RAF, avait immigré en Israël en 1948, dès la création de l¹Etat. Il s¹est fait connaître en 1966 en atterrissant en Egypte à bord d¹un vieux coucou, plus de 10 ans avant l¹accord de paix avec l¹Egypte. Son but était de rencontrer le président égyptien Nasser pour parler de paix. Il n¹y est pas parvenu, mais ce vol l¹a rendu célèbre. (…) Plus tard, il fonda la première radio pirate du Moyen-Orient, Voice of Peace (financée en partie par John Lennon), qui émettait depuis un bateau ancré au large de Tel Aviv, et qui fut un succès phénoménal, en particulier auprès des jeunes. Composés surtout de musique (il fut le premier à diffuser des chansons du Top 50 mondial), les programmes étaient en général en anglais, mais il y avait déjà des infos en arabe et en hébreu. (…) Abie ouvrait les programmes par ces mots : " Shalom, salaam and peace to all our listeners ". Cette station de radio a émis pendant vingt ans. Dans son message inaugural, Abie Nathan disait : " Le Bateau de la Paix est un projet du peuple. Nous espérons qu¹à travers cette station, nous contribuerons à soulager les douleurs et les blessures qu'ont subies les gens pendant ces nombreuses années de conflit. ". (…) A une époque où tout contact avec l¹OLP était interdit par la loi israélienne, il viola la loi à plusieurs reprises et fit pour cela de la prison. Ses grèves de la faim, pour faire pression sur les gouvernements israéliens afin qu¹ils fassent des concessions à l¹Egypte ou qu¹ils parlent avec l¹OLP, contribuèrent à son aura, convaincu qu¹il était que les hommes seuls pouvaient réussir là où les politiques avaient échoué. Salut Abie, shalom, salaam, peace, paix, dans toutes les langues que tu voudras, and " peace to all our readers "…

    Gérard Eizenberg
    (La Paix Maintenant)

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