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  • Un Ouzbek, ça va... Deux Ouïgours, bonjour les dégâts...

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    Détenus de Guantanamo accueillis en Suisse ?  Un Ouzbek, ça va...  Deux Ouïgours, bonjour les dégâts...

    La Suisse s'émeut : après que Genève ait accepté de recevoir un Ouzbek détenu pour rien à Guantanamo, mais risquant le pire s'il devait rentrer en Ouzbékistan, le Jura a accepté de recevoir deux Ouïgours chinois raflés par les Américains en Afghanistan après leur avoir été vendus par des seigneurs de guerre afghans, et eux aussi détenus pour rien (depuis huit ans...) à Guantanamo. L'arrivée annoncée de l'Ouzbek à Genève avait déjà fait lever le sourcil inquiet de quelques politiciens locaux ornant de leurs séants les bancs des parlements, mais l'hypothèse de l'arrivée des deux Ouïgours dans le Jura a provoqué une spetite panique, soigneusement attisée par l'Ambassade de Chine (soutenue par Christoph Blocher) pour qui il s'agit de « terroristes » Que rien n'ait jamais pu être retenu contre eux par les Américains n'a évidemment aucune importance. En revanche, le marché chinois, ça, c'est important. On ne va tout de même pas se fâcher avec la puissance montante du moment pour deux métèques. Musulmans, en plus, les métèques. C'est vrai, quoi, ils pouvaient pas être bouddhistes, ces Ouïgours, comme des Tibétains normaux ?

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  • Le terroriste, c'est l'autre. Forcément.

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    Les droits humains, solubles dans la guerre contre le terrorisme


    Depuis sept ans, une " guerre contre le terrorisme " se mène, non seulement contre l'ennemi qu'elle désigne (le " terrorisme ", précisément, et les " terroristes ", ou présumés tels), mais aussi contre les droits fondamentaux, perçus comme autant d'entraves à la liberté de mener cette guerre comme on entend la mener -y compris, au besoin, par les mêmes méthodes que celles de l'adversaire désigné.

    Injuste cause

    Contre quoi au juste, et contre qui, fait-on la guerre quand on la fait au " terrorisme " ? Et au nom de quoi ? Les Etats démocratiques affirment la faire au nom précisément de la défense de la démocratie et des droits humains, grands et beaux principes dont notre ennemi est l'ennemi -ce qui nous permet, à nous, démocrates et humanistes, de nous désigner comme le camp du juste et du bien. Que des Etats mènent une guerre contre le " terrorisme " au nom des droits humains devrait les obliger à la faire, s'il est possible, en respectant ces droits. Mais quand la " guerre contre le terrorisme" " aboutit à Guantanamo, ses guerriers usent eux-même de méthodes " terroristes " qui finissent par justifier, légitimer, le " terrorisme " qu'ils affirment combattre. Que reste-t-il des droits humains quand une guerre menée contre ceux que l'on désigne comme étant leurs ennemis se mène en écrasant ces droits ? Les Etats et les gouvernements, mais aussi les groupes armés non étatiques, accusés de violer massivement les droits humains sont toujours les adversaires de ceux qui les accusent - pas parce qu'ils violent les droits humains mais parce qu'ils sont déjà les adversaires de leurs accusateurs. Le bourreau, le tortionnaire, le terroriste, c'est l'autre -ça ne peut être que l'autre. Et si l'autre nous accuse d'être nous-mêmes bourreaux, tortionnaires ou terroristes, l'accusation est forcément mensongère, puisqu'elle vient de l'Autre, avec la majuscule de la démonisation. La France ne torturait pas en Algérie, ni les Etats-Unis à Guantanamo, ni la Russie en Tchétchénie, ni la Chine au Tibet; en Algérie, la France procédait à des " interrogatoires poussés " comme à Guantanamo les Etats-Unis, et en Tchétchénie la Russie rétablit l'ordre comme la Chine au Tibet. Ou Israël à Gaza.

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