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  • Entre Hamas et Tsahal : Gaza dans les mâchoires d'un piège

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    Il a plu pendant sur Gaza, cet été. Et il pleut toujours. Une pluie de feu. Destinée, selon le faiseur de pluie, à "ramener la sécurité pour les citoyens d'Israël", alors que lui-même admet qu'il est illusoire d'en attendre qu'elle détruise ce qu'il disait viser. En 2009, une opération comparable lancée, sous le nom éloquent de "plomb durci", contre Gaza par le gouvernement israélien avait déjà fait 1300 morts. Pour quel résultat ? L'impérieuse nécessité de la rééditer en la rebaptisant "bordure protectrice" et d'en dépasser le bilan pour montrer qu'on est les plus forts ? Entre Hamas et Tsahal, Gaza est entre les mâchoires d'un piège... Le Premier ministre d'Israël n'entend pas s'en tenir aux plus de 2000 morts palestiniens de juillet et d'août, et déclarait : "Nous sommes prêts à un élargissement substantiel de notre intervention terrestre"... à quoi se mesure au juste la substance de cette intervention ? A l'écart entre le nombre des morts chez les uns et le nombre de morts chez les autres ? Le 5 août, on en était déjà à 1900 morts côté palestinien (dont plus de trois quarts de civils selon l'ONU) et 67 côté israélien (dont trois civils)... Et la solidarité avec les Palestiniens (1), a-t-elle pour objectif de réduire l'écart en augmentant le nombre des morts israéliens et d'entre eux la proportion de civils ?

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  • Israël tombe dans un piège à con qu'il s'était lui même tendu...

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    Piraterie d'Etat (voyou)

    Au moins neuf personnes ont été tuées par des commandos israéliens dans l'abordage, dans les eaux internationales, des bateaux d'une flotille battant pavillon turc et transportant, avec 700 militantes et militants de la solidarité avec les Palestiniens (dont plusieurs députés européens), de l'aide humanitaire vers le ghetto de Gaza. Arraisonnés, les bateaux ont été conduits au port israélien d'Ashod. Cet acte de piraterie meurtrière a soulevé une vague d'indignation, parfaitement justifiée, d'autant que le gouvernement israélien n'a rien trouvé de mieux pour se justifier que dénoncer une « provocation » à laquelle il lui aurait été parfaitement loisible, à supposer que « provocation »,  il y eut, de ne pas céder. Les dirigeants israéliens clament qu'ils sont « tombés dans un piège » ? Ce sont eux-mêmes qui se le sont tendu, ce piège, en imposant à Gaza, depuis trois ans, avec la complicité de l'Egypte, un blocus qui clochardise la population gazaouie, en renforçant l'emprise du Hamas sur cette population.

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  • Gaza : Encore dix jours de massacre ?

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    Gaza :
    Encore dix jours de massacre ?


    Depuis le 27 décembre, l'armée israélienne bombarde Gaza. Gaza, c'est la plus forte densité de population au monde : un million et demi de personnes sur la surface du canton de Genève. Quand on bombarde la ville, on ne peut que bombarder la population civile. Tout est concentré, entassé, mélangé : les hôpitaux et les dépôts d'arme, les écoles et les locaux du Hamas, les mosquées et les casernes. L'armée israélienne le sait -et elle le sait d'autant mieux qu'elle a déjà occupé Gaza, pendant trente ans. Aujourd'hui, elle l'isole, en proclamant qu'elle ne songe nullement à la réoccuper. Pour ceux qui y vivent, la différence est notable : le blocus, s'ajoutant aux bombardements, est encore pire que l'occupation : électricité coupée, relais téléphoniques détruits, pénurie de médicaments, approvisionnement alimentaire aléatoire...


    En attendant le nouveau Pharaon

    Jamais Israël n'avait consacré autant de moyens et d'efforts à entraver l'information sur une campagne militaire. Sa guerre, Tsahal veut la mener hors du regard des media. Mais elle entend bien, en revanche, utiliser les media pour légitimer ses opérations à Gaza, en organisant des visites guidées sur les lieux bombardés par le Hamas -qui de son côté met en évidence les écoles, les mosquées, les hôpitaux bombardés par Israël et les morts civils relevés après ces bombardements. La dissymétrie des moyens rend toute comparaison des bilans absurde, et dans l'affrontement d'un Etat et d'une organisation armée, le plus puissant est forcément le plus coupable. La Suisse, dépositaire des Conventions de Genève (dont la quatrième érige la protection des populations civiles en devoir pour les acteurs d'un conflit) a donc le devoir de " faire quelque chose " pour mettre fin à la boucherie. Mais le massacre de Gaza arrange trop de monde pour qu'il y soit peut-être mis fin tant que ceux qui le commettent, et ceux qui l'utilisent, y trouvent quelque intérêt. C'est-à-dire avant le 20 janvier, date du couronnement d'un nouveau Pharaon à Washington, que les gouvernants israéliens n'ont aucun intérêt à gêner s'ils veulent obtenir son soutien. D'ici là, le Hamas, qu'Israël manipulait autrefois pour l'utiliser contre le Fatah, aura sans doute été très affaibli militairement, mais peut-être renforcé politiquement -comme le Hezbollah le fut au Liban. Le Hamas avait pris Gaza parce que la misère y régnait, le Hamas pourrait bien garder Gaza parce que la guerre y est revenue. Or cette organisation caricaturalement réactionnaire est parfaitement indigne du statut de martyr qu'Israël lui offre.

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  • Le terroriste, c'est l'autre. Forcément.

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    Les droits humains, solubles dans la guerre contre le terrorisme


    Depuis sept ans, une " guerre contre le terrorisme " se mène, non seulement contre l'ennemi qu'elle désigne (le " terrorisme ", précisément, et les " terroristes ", ou présumés tels), mais aussi contre les droits fondamentaux, perçus comme autant d'entraves à la liberté de mener cette guerre comme on entend la mener -y compris, au besoin, par les mêmes méthodes que celles de l'adversaire désigné.

    Injuste cause

    Contre quoi au juste, et contre qui, fait-on la guerre quand on la fait au " terrorisme " ? Et au nom de quoi ? Les Etats démocratiques affirment la faire au nom précisément de la défense de la démocratie et des droits humains, grands et beaux principes dont notre ennemi est l'ennemi -ce qui nous permet, à nous, démocrates et humanistes, de nous désigner comme le camp du juste et du bien. Que des Etats mènent une guerre contre le " terrorisme " au nom des droits humains devrait les obliger à la faire, s'il est possible, en respectant ces droits. Mais quand la " guerre contre le terrorisme" " aboutit à Guantanamo, ses guerriers usent eux-même de méthodes " terroristes " qui finissent par justifier, légitimer, le " terrorisme " qu'ils affirment combattre. Que reste-t-il des droits humains quand une guerre menée contre ceux que l'on désigne comme étant leurs ennemis se mène en écrasant ces droits ? Les Etats et les gouvernements, mais aussi les groupes armés non étatiques, accusés de violer massivement les droits humains sont toujours les adversaires de ceux qui les accusent - pas parce qu'ils violent les droits humains mais parce qu'ils sont déjà les adversaires de leurs accusateurs. Le bourreau, le tortionnaire, le terroriste, c'est l'autre -ça ne peut être que l'autre. Et si l'autre nous accuse d'être nous-mêmes bourreaux, tortionnaires ou terroristes, l'accusation est forcément mensongère, puisqu'elle vient de l'Autre, avec la majuscule de la démonisation. La France ne torturait pas en Algérie, ni les Etats-Unis à Guantanamo, ni la Russie en Tchétchénie, ni la Chine au Tibet; en Algérie, la France procédait à des " interrogatoires poussés " comme à Guantanamo les Etats-Unis, et en Tchétchénie la Russie rétablit l'ordre comme la Chine au Tibet. Ou Israël à Gaza.

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