gauche de la gauche

  • Guéguerres dans la "gauche de la gauche" genevoise

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    masques.jpgTragicomique de répétition

    A Genève, une «lettre ouverte aux électeurs-trices d'Ensemble à Gauche» tire à vue et en rafales sur la décision de ce qui reste de la coalition de ne présenter aucune candidature à l'élection partielle au Conseil d'Etat, provoquée par la démission-candidature de Pierre Maudet. Signée par une centaine de partisanes et partisans de la refondation d'Ensemble à Gauche sous forme d'un «grand parti populaire de la gauche radicale» dont la majorité de la population genevoise est supposée avoir besoin, la lettre ouverte dénonce la «faute politique majeure» que constituerait la «désertion» d'EàG dans l'élection complémentaire présentée comme un moment politique majeur et assurent que cette absence dans la «bataille politique qui s'annonce» est «incompréhensible». Moins «incompréhensible», toutefois, que l'oubli soigneusement cultivé par la lettre ouverte que même si EàG n'a présenté aucune candidature, une autre formation de la «gauche de la gauche» a fait exactement ce que la «lettre ouverte» reproche à EàG de ne pas avoir fait : le Parti du Travail présente en effet la candidature de l'ancien Conseiller municipal de la Ville de Genève Morten Gisselbaek. Passé, certes, de SolidaritéS au Parti du Travail, mais siégeant tout de même, jusqu'aux dernières élections municipales, au sein du groupe d'Ensemble à Gauche. Ce qui de toute évidence ne suffit pas aux signataires de la lettre ouverte pour le soutenir en tant que représentant de la «gauche combattive», désormais réduite par les auteurs de la lettre eux-mêmes, à eux-mêmes.

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  • Un "nouveau" parti pour la "gauche de la gauche" ?

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    Kolkhozianos.jpgLa nostalgie, camarades

    Ah, les années septante du gauchisme scissipare, avec ses dizaines de groupes concurrents et parfois adversaires (pour finir par devenir franchement ennemis), les maos d'un côté, les troskos dans un autre, mais tous s'attelant à créer le futur grand parti d'avant-garde de la classe ouvrière -on n'aura évidemment garde d'oublier le Parti du Travail dans son pré carré, et les anars partout et nulle part à la fois, comme d'hab'... Alors, une grosse bouffée de douce nostalgie nous a submergé en apprenant qu'un groupe de membres de SolidaritéS proposait de dissoudre la formation de la "gauchedelagauche" (en un mot) au profit d'une nouvelle formation, un "parti unique" (ses partisans mesurent-ils le poids symbolique d'une telle expression ?) de la "gauchedelagauche" (toujours en un mot) mieux implanté dans les quartiers et les couches populaires. Comme si dans l'espace politique se situant lui-même à la gauche du PS et des Verts, un "parti unique" était concevable. Comme si toutes les formations présentes dans cet espace allaient en rangs serrés se fondre dans ce "parti unique". Et comme si cette tentative de le créer était la première du genre et que, si même elle aboutissait, elle allait renouveler en quoi que ce soit le paysage de la gauche, ne fût-elle que de la gauche -et que genevoise.

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  • Après 75 ans de présence, le Parti du Travail quitte le Conseil municipal de Genève

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    cartes de membre PdT.jpgCinq ans de vacances ?

    Ce que vous allez (peut-être) lire aurait pu être dit lors de la dernière séance du Conseil municipal sortant, mais ne pourra l'être -faute à la restriction des possibilités d'intervention à l'"heure des hommages" (tous sincères, évidemment ) aux conseillères municipales et conseillers municipaux (toutes et tous méritantes et méritants, évidemment) qui quittent cet auguste cénacle. Je le publie ici à la première personne, en abandonnant pour l'occasion, le pluriel de majesté ou l'impersonnel d'humilité auquel je suis accoutumé. Parce que s'il y a un peu d'histoire dans tout cela, c'est que dans cette histoire, il y en a un peu de familiale. Donc de personnelle : il n'y a d'histoire que vécue par des gens. Et quand ces gens nous sont proches, leur histoire est aussi, forcément, la nôtre.  Donc la mienne : si je suis là, c'est que mes parents ont procréé juste avant de quitter le Parti du Travail. Si j'ai une soeur, c'est qu'ils ont récidivé, juste après avoir quitté le Parti du Travail. Et si j'ai un frère, c'est qu'ils ont encore récidivé, juste après que le Parti progressiste, scission du Parti du Travail opérée par Léon Nicole, ait échoué à le remplacer... On a, à gauche, un rythme quasi biologique, lancinant : au moins une scission par génération. Et là, le mot génération prend tout son sens...

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  • Genève : une gauche de la gauche très gauche

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    épithètes.jpg

    Guéguerres intestines et purges intestinales

    Prise d'otage avec demande de rançon dans la gauche genevoise : "Le Courrier titre et surtitre "Ultimatum lancé au PdT", SolidaritéS "invite à une liste commune pour les municipales" du printemps prochain, "mais seulement si le PdT renonce à présenter les quatre transfuges" (quatre anciens membres de SolidaritéS passés au Parti du Travail après une crise interne à SolidaritéS). Et SolidaritéS "exige aussi 150'000 francs de jetons de présence". Et une autocritique publique ? De quel droit un parti politique s'arroge-t-il celui de désigner les candidats d'un autre parti, fût-il allié ? du droit du plus fort (ou du moins faible) ? On reste pantois devant l'incroyable capacité de la gauche de la gauche à gaspiller ses forces et consumer l'engagement de ses militants dans des conflits tribaux et des guerres intestines finissant en purges intestinales.

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