gauche

  • Présidentielle française : Macron et Le Pen, saison 2

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    Capture d’écran 2022-01-12 025026.jpgLa gauche dans les choux

    Si l'élection présidentielle française avait eu lieu le 7 janvier, son premier tour aurait, selon la moyenne des sondages sur les intentions de vote,  sélectionné les mêmes protagonistes du deuxième tour qu'il y a cinq ans : Macron, dix points devant Le Pen (l'écart entre eux s'est creusé en cinq ans, grâce à Zemmour), la candidate de la droite traditionnelle, Pécresse, en embuscade, et Zemmour distancé en quatrième position. Et la gauche, alors elle est où ? Dans les choux. Pas dans ceux d'où naissent les enfants : dans ceux où grouillent les limaces. La candidate socialiste, qui se traîne en dessous des 5 % d'intentions de vote, a bien lancé un appel à des "primaires" à gauche pour désigner une candidature unique mais n'a reçu de réponses des principaux candidats de gauche (Mélenchon, Jadot, Roussel) que des refus d'entrée en matière et le résultat de la "primaire populaire" lancée par des militants excédés par l'égocentrisme des chefs de partis et de leurs candidats, est récusé avant même que d'être connu par ceux qui refusaient déjà la primaire proposée par Hidalgo. L'hypothèse d'une candidature de Christiane Taubira n'a suscité que des frémissements à la surface du marigot, Mélenchon ne se bat plus que pour faire jeu égal avec Zemmour, Jadot pour ne pas se laisser distancer de trop loin par Mélenchon, Roussel pour rappeler existence du PCF, les deux trosks pour faire leur tour de piste habituel et Montebourg pour trouver la porte de sortie. Résultat : Macron fixe l'agenda, les enjeux, le rythme et les thèmes de débat ou de polémique, et derrière lui, pour le deuxième tour, on risque bien de n'avoir de choix qu'entre la droite, la droite de la droite et l'extrême-droite...

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  • Une bonne question du "Monde Diplomatique" : "Pourquoi la gauche perd" ?

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    "droite-gauche.jpgLa social-écologie est l'avenir de (la) social-démocratie", proclamait en 2018 le philosophe Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS aux  Européennes de 2019. La "social-écologie", version Canada-Dry de l'écosocialisme ? "il faut des réponses de gauche aux problèmes engendrés par la crise"... certes, quelles réponses ? "il faut faire basculer les sociaux-démocrates traditionnels vers la défense du climat et de l'environnement"... oui, bien sûr, mais il faudrait surtout que ce "basculement" ne soit pas qu'une posture rhétorique, et qu'en basculant vers l'environnementalisme et l'urgence climatique, on ne laisse pas choir l'urgence sociale. Et qu'on n'oublie pas l'urgence démocratique. La dernière édition du "Monde Diplomatique" consacre un passionnant dossier à répondre à la question qui le taraude : "Pourquoi la gauche perd ?". Et si on n'est pas forcément convaincus par toutes les réponses données, on salue la question... ne serait-ce que parce qu'on se la pose aussi... même si en cet étrange pays, cet étrange canton, cette étrange ville qui sont les nôtres, la gauche ne perd pas...

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  • De quoi Zemmour est-il le nom ?

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    Droitisations

    doigt pointillé.jpgOn s'est trompé en comparant Zemmour à Doriot : il n'en a pas le format. Zemmour, c'est plutôt un Drumont qui aurait réécrit sa "France juive" en "France musulmane". Son discours paranoïaque, à grand renfort d'exorcisme du "grand remplacement", de dénonciation de l'"immigration de masse" et de l'"islamisation de la France", ses projets de Guantanamo à la française, d'abolition du droit du sol (une vieille conquête républicaine), de privation des immigrants non-européens de toute aide sociale, ont déteint sur la droite démocratique (il n'avait pas besoin de déteindre sur celui de Marine Le Pen), qui a désigné comme candidate une Valérie Pécresse, initialement estampillée libérale, et qui a été intronisée, contre encore plus à droite qu'elle, au terme d'une campagne interne qu'elle a placée sous le double signe de l'immigration et de l'insécurité". pour pouvoir récupérer une partie de l'électorat de Le Pen et de Zemmour. On connaît la tripartition de la  droite traditionnelle selon l'analyse qu'en fit René Rémond : une droite légitimiste, une droite orléaniste, une droite bonapartiste. Mais il n'y a pas de place dans cette tripartition pour l'extrême-droite. Or elle est là, et bien là, et depuis longtemps -depuis qu'il y a une gauche et une droite, et peut-être même avant, et on voit mal (même en tordant les références historiques) qui  pourrait aujourd'hui représenter chacune des trois droites de Rémond  : Macron pour la droite orléaniste, cela peut encore s'admettre, mais qui pour la droite légitimiste ? Pécresse ? Et pour la droite bonapartiste, Le Pen, Zemmour ? La seule figure bonapartiste qui puisse nous dire de quoi Zemmour est le nom est sans doute celle de la princesse Marie...

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  • Guéguerres dans la "gauche de la gauche" genevoise

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    masques.jpgTragicomique de répétition

    A Genève, une «lettre ouverte aux électeurs-trices d'Ensemble à Gauche» tire à vue et en rafales sur la décision de ce qui reste de la coalition de ne présenter aucune candidature à l'élection partielle au Conseil d'Etat, provoquée par la démission-candidature de Pierre Maudet. Signée par une centaine de partisanes et partisans de la refondation d'Ensemble à Gauche sous forme d'un «grand parti populaire de la gauche radicale» dont la majorité de la population genevoise est supposée avoir besoin, la lettre ouverte dénonce la «faute politique majeure» que constituerait la «désertion» d'EàG dans l'élection complémentaire présentée comme un moment politique majeur et assurent que cette absence dans la «bataille politique qui s'annonce» est «incompréhensible». Moins «incompréhensible», toutefois, que l'oubli soigneusement cultivé par la lettre ouverte que même si EàG n'a présenté aucune candidature, une autre formation de la «gauche de la gauche» a fait exactement ce que la «lettre ouverte» reproche à EàG de ne pas avoir fait : le Parti du Travail présente en effet la candidature de l'ancien Conseiller municipal de la Ville de Genève Morten Gisselbaek. Passé, certes, de SolidaritéS au Parti du Travail, mais siégeant tout de même, jusqu'aux dernières élections municipales, au sein du groupe d'Ensemble à Gauche. Ce qui de toute évidence ne suffit pas aux signataires de la lettre ouverte pour le soutenir en tant que représentant de la «gauche combattive», désormais réduite par les auteurs de la lettre eux-mêmes, à eux-mêmes.

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  • Un "nouveau" parti pour la "gauche de la gauche" ?

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    Kolkhozianos.jpgLa nostalgie, camarades

    Ah, les années septante du gauchisme scissipare, avec ses dizaines de groupes concurrents et parfois adversaires (pour finir par devenir franchement ennemis), les maos d'un côté, les troskos dans un autre, mais tous s'attelant à créer le futur grand parti d'avant-garde de la classe ouvrière -on n'aura évidemment garde d'oublier le Parti du Travail dans son pré carré, et les anars partout et nulle part à la fois, comme d'hab'... Alors, une grosse bouffée de douce nostalgie nous a submergé en apprenant qu'un groupe de membres de SolidaritéS proposait de dissoudre la formation de la "gauchedelagauche" (en un mot) au profit d'une nouvelle formation, un "parti unique" (ses partisans mesurent-ils le poids symbolique d'une telle expression ?) de la "gauchedelagauche" (toujours en un mot) mieux implanté dans les quartiers et les couches populaires. Comme si dans l'espace politique se situant lui-même à la gauche du PS et des Verts, un "parti unique" était concevable. Comme si toutes les formations présentes dans cet espace allaient en rangs serrés se fondre dans ce "parti unique". Et comme si cette tentative de le créer était la première du genre et que, si même elle aboutissait, elle allait renouveler en quoi que ce soit le paysage de la gauche, ne fût-elle que de la gauche -et que genevoise.

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  • Après 75 ans de présence, le Parti du Travail quitte le Conseil municipal de Genève

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    cartes de membre PdT.jpgCinq ans de vacances ?

    Ce que vous allez (peut-être) lire aurait pu être dit lors de la dernière séance du Conseil municipal sortant, mais ne pourra l'être -faute à la restriction des possibilités d'intervention à l'"heure des hommages" (tous sincères, évidemment ) aux conseillères municipales et conseillers municipaux (toutes et tous méritantes et méritants, évidemment) qui quittent cet auguste cénacle. Je le publie ici à la première personne, en abandonnant pour l'occasion, le pluriel de majesté ou l'impersonnel d'humilité auquel je suis accoutumé. Parce que s'il y a un peu d'histoire dans tout cela, c'est que dans cette histoire, il y en a un peu de familiale. Donc de personnelle : il n'y a d'histoire que vécue par des gens. Et quand ces gens nous sont proches, leur histoire est aussi, forcément, la nôtre.  Donc la mienne : si je suis là, c'est que mes parents ont procréé juste avant de quitter le Parti du Travail. Si j'ai une soeur, c'est qu'ils ont récidivé, juste après avoir quitté le Parti du Travail. Et si j'ai un frère, c'est qu'ils ont encore récidivé, juste après que le Parti progressiste, scission du Parti du Travail opérée par Léon Nicole, ait échoué à le remplacer... On a, à gauche, un rythme quasi biologique, lancinant : au moins une scission par génération. Et là, le mot génération prend tout son sens...

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  • Deux fois deux candidatures à la présidence du PS suisse

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    mots socialistes.jpgLes sociaux et les sociétaux ?

    A trois semaines de la date limite pour déposer les candidatures à la présidence du Parti socialiste suisse pour succéder à Christian Levrat, deux duos paritaires se présentent à sa co-présidence : Mattea Meyer et Cedric Wermuth, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard. Toutes et tous siègent au Conseil national.
    Pour Carlo Sommaruga, "Mathias incerne l'énergie du renouveau en Suisse romande". La présidente du PS vaudois soutient également la paire "complémentaire et combattive" Seiler Graf-Reynard. Un duo qui considère que "l'enjeu majeur pour les socialistes n'est pas de réinventer leur programme ni de changer leurs principes". Au fond, tous critères d'images oubliés, la paire Meyer-Wermuth ne dit pas autre chose, si elle le dit différemment : "il faut un renouveau à gauche pour un projet d'avenir. Pour une idée progressiste qui crée à nouveau de l'espoir" (avouons qu'on ne s'attendait pas à ce qu'une candidate et un candidat à la présidence du principal parti de la gauche suisse, deuxième parti national, se présentent comme porteurs d'un "immobilisme à droite pour un projet  réactionnaire qui crée de la désespérance"). Cette mise en concurrence de deux "tickets" révèle-t-elle un conflit de ligne ? Pas vraiment. Peut-être le duo alémanique a-t-il un profil, une image, "plus à gauche" (les deux sont issus de la JS -mais Reynard aussi), cependant il ne s'agit sans doute là que d'une image, et Reynard. lui aussi profilé sur la gauche du parti, se dit "très proche des positions de Mattea Meyer et Cedric Wermuth". On n'a donc pas affaire à un combat gauche-droite au sein du PS.

    Dans l'annonce de leur candidature, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard écrivent que "le PS a une pensée unie, mais pas unique" : c'est joliment dit, mais à lire ce que les media ont publié des intentions des deux binômes. on croit tout de même distinguer des accents mis sur des priorités stratégiques différentes, mais pas exclusives les unes des autres (on parle de priorités, pas d'obsessions) : sociétales pour le "ticket" Meyer-Wemuth, sociales pour Seiler-Graf Reynard.

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  • Elections municipales genevoises : Rassembler TOUTES les forces de gauche capables de se rassembler...

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    tetemurrouge.jpgPetite cuisine politique locale genevoise (si vous ne la goûtez pas, lisez autre chose...) : Ce soir, le PS de la Ville de Genève se prononcera sur ses alliances pour les Municipales du printemps prochain. Toutes les alliances possibles aujourd'hui, en attendant de pouvoir se prononcer sur celle que l'état d'un l'allié rend pour l'heure impossible. On attend donc du PS qu'il choisisse l'alliance la plus large possible de toutes les listes de gauche pour le Conseil Municipal. Autrement dit : leur apparentement. Même (parce que l'unité n'est pas seulement un instrument électoral, mais aussi un symbole politique) avec les listes qui ne se seront pas donné les moyens de passer la barre (antidémocratique) du quorum de 7 %, et se présenteront en ordre dispersé là où il faudrait se présenter en ordre rassemblé. Il conviendra aussi dès le premier tour de l'élection du Conseil administratif de s'additionner et de faire campagne commune avec les Verts. Ce qu'on arrive à faire, efficacement et victorieusement, pour l'élection du Conseil des Etats, on ne voit pas pourquoi on en serait incapable pour une élection municipale. Faisons donc de la politique et pas de l'assistance psychiatrique, allions-nous avec des alliés, pas avec des aliénés : il n'y a aucune raison pour que le PS et les Verts tergiversent sur leur propre alliance, évidente, parce les différentes composantes de la gauche de la gauche sont incapables de débattre rationnellement entre elles. Il sera temps ensuite de voir ce qu'on peut faire avec "Ensemble à Gauche, pour autant que la coalition (qui n'en prend pas vraiment le chemin) survive et se... coalise derrière une seule candidature : ce n'est évidemment pas au PS, ni aux Verts, de faire le tri entre les candidatures de la gauche de la gauche...

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  • Elections fédérales, deuxième tour sénatorial : Terminer le travail

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    Bandeau Conseil des Etats.jpg

    "Uno tsunami anti-sovranista", titre "Il Manifesto" sur les élections suisses. La rue a exigé la justice climatique : elle a rempli les urnes de bulletins verts, et à Genève, les Verts deviennent non seulement la première force politique à gauche (du fait du recul socialiste), mais même la première force politique du canton (du fait du recul du PLR).
    La rue a exigé le respect des droits des femmes : il y aura 42 % de femmes au Conseil national -un record historique. Et plus des deux tiers des nouvelles élues ont des enfants.
    La rue était pleine de jeunes hommes et de jeunes femmes : la moyenne d'âge du Conseil national tombe, peut-être pour la première fois, en-dessous de 50 ans.
    La rue était la rue des villes : sur 200 élues et élus au Conseil national, 141 soit 70 % viennent des villes, comme 63 % de la population.
    Le changement de composition du parlement est important, mais nul ne doute qu'il sera absorbé, digéré, transformé par les institutions politiques (le "système") de ce pays. En attendant quoi, le résultat des élections prouve au moins l'utilité d'y participer. Et celle de retourner aux urnes dimanche prochain, pour le deuxième tour du Conseil des Etats. Pour terminer le travail.

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  • Genève : une gauche de la gauche très gauche

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    épithètes.jpg

    Guéguerres intestines et purges intestinales

    Prise d'otage avec demande de rançon dans la gauche genevoise : "Le Courrier titre et surtitre "Ultimatum lancé au PdT", SolidaritéS "invite à une liste commune pour les municipales" du printemps prochain, "mais seulement si le PdT renonce à présenter les quatre transfuges" (quatre anciens membres de SolidaritéS passés au Parti du Travail après une crise interne à SolidaritéS). Et SolidaritéS "exige aussi 150'000 francs de jetons de présence". Et une autocritique publique ? De quel droit un parti politique s'arroge-t-il celui de désigner les candidats d'un autre parti, fût-il allié ? du droit du plus fort (ou du moins faible) ? On reste pantois devant l'incroyable capacité de la gauche de la gauche à gaspiller ses forces et consumer l'engagement de ses militants dans des conflits tribaux et des guerres intestines finissant en purges intestinales.

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  • Quelle coordination entre les communes de gauche en Suisse romande ?

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    gauche, commune, villes

    Prendre appui sur les villes

    En Suisse, la droite a perdu les villes -plus encore qu'électoralement, elle les a perdues politiquement. Mais comment faire de cette domination de la gauche dans les villes une force pour la renforcer à l'échelle du pays tout entier ? Parce que si la gauche est majoritaire dans les "grandes" villes suisses, il n'y a que là qu'elle l'est durablement : elle est désespérément minoritaire au niveau fédéral -notamment parce qu'elle l'est dans les périphéries urbaines. Le 22 février, à Renens, à 19 heures à la Ferme des Tilleuls, "Pages de Gauche" organise une rencontre entre et avec plusieur-e-s membres d'exécutifs communaux de gauche en Romandie, sur le thème "quelle coordination entre les communes de gauche en Suisse romande ?". Pour peser plus, pour pouvoir modifier un cadre légal (y compris constitutionnel) défavorable aux villes et à leurs habitants, cette coordination est en effet indispensable. Autant que ces majorités, qu'il s'agit de maintenir, de renforcer et d'étendre. Après tout, le "socialisme municipal" est à la source de la progression de la social-démocratie en Suisse : c'est dans les villes que les socialistes ont conquis leurs premières majorités gouvernementales. 

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  • Bilan de santé du socialisme européen -et suisse

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    labyrose.jpgLes naufragés et le rescapé

    Hier soir, l'Assemblée Générale du PS genevois a désigné ses six candidates et candidats (trois et trois) à l'élection l'année prochaine de la députation genevoise au Conseil national, et son candidat (Carlo Sommaruga) à celle au Conseil des Etats. Dix candidates et candidats se présentaient au suffrage des militants, et ont, en trois minutes, dit pourquoi, pour faire quoi et au nom de quoi ils se présentaient. On retiendra ici les interventions de deux d'entre eux (pour lesquels on a voté mais qui n'ont pas été désignés). Pour Thomas Bruchez, porte-parole de la JS genevoise, "la politique ne s'arrête pas aux portes du parlement et aux rapports de force qui y règnent", il y a le mouvement social, il y a la rue. Il a raison, et nous ne disons jamais dans cette feuille autre chose. Ni, comme Thomas Bruchez l'a dit aussi, autre chose que les socialistes ne sont pas seulement là pour résister, mais aussi pour changer la société. Et que cela suppose autre chose que des compromis dictés précisément par les rapports de force parlementaires. Et comme Michel Zimmermann, nous sommes convaincus que "le PS a tout à perdre lorsqu'emporté dans la spirale d'un équivoque pragmatisme parlementaire (...) il tourne le dos aux principes qui constituent sa singularité et font sa force". Ni Thomas, ni Michel ne seront candidats du PS genevois au Conseil national. C'est dommage. Mais ce que nous partageons de leurs positions reste : il faut bien que les misères du socialisme européen nous soient de quelque enseignement, même si le PS suisse y échappe, précisément parce qu'il n'a pas sombré dans le conformisme "social-libéral" qui a naufragé les PS voisins, et dont nous nous sommes, et nous voulons encore, garder.

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  • Election du Conseil d'Etat genevois : Clarifications

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    normal_gauche-droite.jpgLe premier tour de l'élection du Conseil d'Etat a joué son rôle : il a clarifié les enjeux, personnels et collectifs. A droite, le PLR Alexandre de Senarclens, arrivé en dixième position, s'est retiré de la course -ce qui a pour conséquence l'abandon par le PLR de tout espoir de gagner un siège (quitte à le prendre à l'allié PDC) : pour lui, l'enjeu, désormais, c'est de garder son deuxième siège, le trône de Maudet ayant été pourvu par Maudet. Pour le PS, en revanche, l'enjeu est de récupérer son deuxième siège et de faire élire Thierry Apothéloz aux côtés d'Anne Emery-Torraccinta, Sandrine Salerno s'étant effacée, malgré son bon résultat personnel (elle devance le sortant Barthassat et talonne la PLR Fontanet), pour ne pas diviser l'électorat socialiste.

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  • Il y a cent ans, la Grève Générale : Commémorer pour quoi faire ?

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    Grève Générale 1918 cahier de revendication.jpgNous voilà donc dans l'année du centenaire d'un mouvement et d'un moment qui fut celui d'un accouchement de la Suisse actuelle : la Grève générale de novembre 1918. Ce "moment" syndical (et politique) est d'abord celui d'une peur surmontée, celle de la grève générale, ensuite celui d'une peur assumée, celle d'une répression sanglante, enfin celui d'une peur provoquée,  celle qui s'est emparée de la bourgeoisie, du patronat, de la classe politique dominante du pays, face à un mouvement qu'elles n'imaginaient pas possible, qu'elles réprimèrent, mais dont, les unes après les autres, elles acceptèrent les revendications, pour éviter de revivre l'expérience traumatisante qu'elles en firent. La question que pose la commémoration d'un moment aussi exceptionnel est bien : qu'en faire ? Une nostalgie ou un enseignement ?

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  • 2018, année électorale genevoise : L'enjeu unitaire

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    affiche PS2,jpg.jpgPour l'élection, l'année prochaine, du gouvernement cantonal, les partis politiques genevois semblent avoir adopté une "règle de trois" Les Verts présentent trois candidatures, les socialistes présentent trois candidatures, "Ensemble à Gauche" présente trois candidatures, le PLR présente trois candidatures (Pierre Maudet -à moins que Berne l'avale, Nathalie Fontanet, Alexandre de Senarclens). Ce qui nous fait déjà douze candidatures (dont neuf de gauche) pour les sept sièges du Conseil d'Etat. Et on attend la liste des candidates et candidats de l'UDC, du MCG et de la liste "pour Genève". Voire des Verts libéraux, s'ils existent encore dans notre écosystème politique. Pour autant, l'élection du gouvernement est-elle l'enjeu principal d'un scrutin qui désignera aussi le parlement ? Et quoi qu'il en soit, ces enjeux peuvent-ils être remporté par quelque camp que ce soit sans que ses composantes fassent preuve d'un minimum (on ne demande pas la lune, si on la montre du doigt) d'unité ?

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  • Macron-Le Pen, kif kif ?

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    Capture.JPGQuand les états d'âme de la gauche française nous gonflent grave

    Il faut bien l'avouer : les états d'âme de la gauche française (et circonvoisine) face au choix électoral entre Macron et Le Pen commencent à nous gonfler grave. Il n'y aura donc pas vraiment de "front républicain" contre la candidate du FN au deuxième tour de la présidentielle française, dimanche. Certes, les principaux candidats ont tous appelé à "faire barrage à l'extrême-droite", Fillon et Hamon appelant clairement à, pour cela, voter pour Emmanuel Macron, et les principaux partis (la "France insoumise" ne se concevant pas comme un parti) à "battre Marine Le Pen" (les "Républicains" ne se résolvant pas à prononcer le nom de Macron). Mais après le premier tour déjà une bonne partie de l'électorat de François Fillon et de celui de Nicolas Dupont-Aignan partait grossir les rangs de celui de la candidate d'extrême-droite, pendant qu'une autre bonne partie de ces deux électorats, mais aussi de celui de Jean-Luc Mélenchon, menaçait de s'abstenir ou de voter blanc. C'était déjà le mot d'ordre du PCF en 1969 -mais lui refusait de choisir ("blanc bonnet, bonnet blanc") entre Pompidou et Poher, c'est-à-dire entre deux candidats de la droite démocratique, pas ("blanc bonnet, bonnet brun") entre un candidat centriste et une candidate d'extrême-droite. Et en 2002, toute la gauche, de son aile la plus centriste à la gauche révolutionnaire, avait avec la droite démocratique appelé à voter  contre Le Pen, pour Chirac, quitte à se contenter du "contre" et à ne le traduire en"pour" qu'après s'être bouché le nez. Serait-on passé du "tous contre Le Pen" à "tous contre Macron" ? O tempora, o mores, comme disait Ciceron...

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  • Qui a peur du Grand Mélenchon Loup ?

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    couteau_entre_les_dents-5101d.jpgAu secours, la gauche revient !

    Dans les intentions de vote à la présidentielle française, la gauche pèse un petit tiers des suffrages, si on additionne ceux qui se porteraient sur Mélenchon, Hamon (qui fera probablement le meilleur score jamais réalisé par un-e candidat-e écologiste à une présidentielle...), Poutou et Arthaud, et qu'on fait l'impasse sur la part de suffrages de gauche qui se porteront sur Macron. Un tiers des suffrages, ce serait largement assez pour que la gauche se retrouve au deuxième tour, si elle était représentée au premier par un seul candidat. Comme on le sait, ce ne sera pas le cas -mais la montée, sinon en puissance, du moins en espérance, de Mélenchon ne rend plus l'hypothèse d'une candidature de gauche présente au deuxième tour totalement invraisemblable. Mais contre qui se retrouverait-il alors ? contre Le Pen ? contre Macron ? contre Fillon ? Toujours est-t-il que dans le temps même où le Grand Mélenchon Loup se goinfrait l'életorat du Petit Chaperon rose et où le vote pour Mélenchon devenait le "vote utile" pour la gauche, il devenait le vote dangereux pour la droite et ce qu'il est convenu d'appeler "le centre" -et que dans les assemblées de la Révolution, on appelait plus significativement "le marais".

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  • Hamenchon et Mélhamon sont dans un bateau

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    melenchon-hamon_5791751.jpgLe Valls a mis le temps

    Pour la gauche, l'élection présidentielle française est d'ores et déjà perdue. Du moins en tant qu'élection. En tant qu'étape d'une indispensable recomposition politique, c'est autre chose. Mais même dans l'hypothèse du retrait de l'un ou l'autre des deux principaux candidats de gauche (et lequel, en fonction de quel critère ? les sondages ?), ce camp ne pourrait rêver mieux qu'une troisième place.
    Après s'être éreintés pendant des mois pour être candidats, avoir déjà, l'un et l'autre, claqué pour leur campagne des millions qu'ils ne se feront rembourser que s'ils obtiennent 5 % des voix et donné plus que l'impression, la certitude, que ni ni l'un, ni l'autre n'ont la présidence de la République pour objectif, mais la recomposition de la gauche, peut-on vraiment croire, à trois semaines du scrutin, que l'un ou l'autre (mais lequel ? Hamenchon ou Mélhamon ?) se retirera pour l'autre ou l'un ? Que Hamon, pris dans le "casse-noix" (l'expression est méluchienne) entre le marteau de droite (Macron) et l'enclume de gauche (Mélenchon) fera à Valls (qui a mis le temps pour se décider à se rallier à Macron) le cadeau de se retirer pour Mélenchon ? Que Mélenchon fera à ce qu'il reste du  PS le cadeau de se retirer pour Hamon ? Et pour faire quoi ensuite du PS (ou de ce qui en restera) ?

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  • Le Parti socialiste, parti de la "classe moyenne" ?

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    gauche,classe moyenneGlissement progressif de l'ancrage...

    En décembre dernier, un sondage effectué par Tamedia auprès de 18'000 personnes (vaste échantillon, tout de même) donnait l'UDC comme le parti qui, de l'avis de 23 % sondés, défendrait le mieux les intérêts de la classe moyenne, devant le PS (19 %), le PLR (13 %) et le PDC (11 %). Plus les sondés étaient âgés, plus souvent ils choisissaient l'UDC (29 %, contre 13 % au PS), plus ils étaient formés, plus ils choisissaient le PS (23 % chez les universitaires, contre 13 % à l'UDC). Au-delà du classement des partis, dans un ordre qui reproduit celui des élections, et de la question sans réponse claire "la classe moyenne c'est quoi ?", ce sondage confirme en tout cas le glissement progressif de l'ancrage social du Parti socialiste, parti défenseur des classes "populaires" devenant le parti d'une classe moyenne définie négativement : en seraient toutes celles et tous ceux qui ne sont ni pauvres, ni riches, qui ont assez de ressources pour payer leurs impôts et leur loyer, pas assez pour être propriétaires de leur logement, et trop pour recevoir des subsides sociaux.

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  • Présidentielle française : Pas Dumas, Molière...

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    gaucheOn a cru, il y a quelques jours, pouvoir résumer la campagne présidentielle française en une sorte de succédané des "Trois Mousquetaires". C'était improbable : on faisait déjà beaucoup d'honneur à Fillon en lui attribuant le personnage d'Athos, et on n'avait trouvé personne pour incarner Porthos. En fait, on est peut-être moins dans un succédané de Dumas que dans un ersatz de Molière. Avec au moins un Avare (mis en examen), et sans doute aussi un Misanthrope, un Bourgeois Gentilhomme, une portée de Tartuffe, quelques Scapin, beaucoup de malades pas imaginaires du tout, de précieux ridicules, de femmes pas savantes et de médecins malgré la médecine. On n'est en tout cas pas dans le rendez-vous politique que devrait être une présidentielle française, dans le régime républicano-monarchique de la Ve République. Il est vrai que De Gaulle, insoupçonnable quant à son honnêteté (mais pas quant à son cynisme : le SAC et les barbouzes faisaient le sale boulot) se l'était taillé à sa stature, pas à celle des pignoufs qui se réclament encore de lui, ni à celle des héritiers, avoués ou non, de Mitterrand.

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    Lien permanent Catégories : constitution, élections, France, PS 1 commentaire