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  • Le pion géorgien et le fou ossète

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    Vous avez aimé la guerre froide ?  Vous adorerez la paix chaude...

    " Souviens-toi, l'été dernier "… L'été fut chaud dans le Caucase. Poussé par les Américains, le pouvoir géorgien avait cru pouvoir remettre au pas les Ossètes, avant que d'en faire autant des Abkhazes.  Le président géorgien, Saakachvili, avait lancé son armée, formée et équipée par les Américains (mais aussi les Israéliens et vraisemblablement les Turcs), contre l'Ossétie du sud. Lui et ses tuteurs étaient persuadés les Russes ne s'y attendaient pas -mais ils s'y attendaient- et ne bougeraient pas -mais ils ont bougé. Saakachvili avait envoyé une dizaine de chars en Ossétie du Sud, il s'est retrouvé avec une centaine de chars russes aux portes de Tbilissi. Il s'était persuadé que les Américains, les Européens, l'ONU, Dieu et les Martiens allaient se précipiter à son secours, il n'a reçu de secours que celui de bonnes paroles passablement hypocrites et de condamnations ne pesant que le poids du regret de s'être fait avoir par les Russes.

    Voïjna i Mir

    Toute l'opération ossète reposait en fait sur des objectifs datant de la guerre froide (il faut contenir la Russie comme on contenait l'Union Soviétique, fermer la mer Noire, inclure l'Ukraine et la Géorgie dans l'OTAN, transformer la Pologne en base militaire), et sur une perception des rapports de force datant des années de plus grande faiblesse de la Russie. Les conseillers américains du pantin géorgien s'étaient endormis avec la Russie calamiteuse de Boris Eltsine, et se sont réveillés avec la Russie teigneuse de Vladimir Poutine. La Géorgie en a fait les frais. Saakachvili voulait prouver qu'il était le meilleur allié des Américains dans la région, et forcer la porte de l'OTAN -il n'a réussi qu'à prouver son irresponsabilité. Et ses alliés putatifs leur inconséquence et leur hypocrisie. Quant aux grands principes brandis par les uns et les autres (l'intégrité des frontières, le droit à l'autodétermination), l'été caucasien en aura justement mesuré la sincérité : L'intervention russe s'est faite au prétexte de défendre le droit des Ossètes à l'autodétermination, la dénonciation de l'intervention russe a brandi le droit de la Géorgie à l'intangibilité des frontières ? Lorsque l'indépendance kosovare a été proclamée, les uns tenaient le discours des autres et réciproquement. Poutine, avec la délicatesse qu'on lui connaît,  avait averti les " Occidentaux ": leur reconnaissance de l'indépendance de la Kosovë est " un boomerang qui leur reviendra dans la gueule ". C'est dans la gueule des Géorgiens qu'il est revenu. Et dépouillé de leur masques rhétoriques, Russes et " Occidentaux " ont la tête de leur emploi.  Tout le monde, en réalité, se fout des Géorgiens comme des Ossètes -mais pas du gaz russe et du pétrole azeri..

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