finances

  • Budget de la Ville de Genève : L'équilibre, quoi d'autre ?

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    Le Conseil administratif de la Ville a présenté le projet de budget municipal pour 2011, et le Conseil municipal, hier, s'est offert une chtite séance parfaitement superfétatoire pour en prendre acte, permettre à chaque groupe de faire son petit tour de piste, et, pour le plaisir additionnel, à chaque Conseiller-e municipal-e qui aurait des états d'âme à transmettre à la population avide de les entendre, de s'exprimer sur un pavé qu'il ou elle n'aura certainement pas encore eu le temps de lire, de comprendre et d'analyser. Exercice convenu, rituel, où, puisque la Municipalité est de gauche, la gauche saluera le budget (avec ou sans réticences, avec ou sans amendements) que la droite déénoncera (avec ou sans amendements, avec ou sans conviction). L'UDC et les libéraux réclameront des baisses d'impôt, le PDC plus de soutien aux familles, les radicaux plus de places pour les bagnoles, les Verts plus de zones piétonnes, les socialistes plus de logements sociaux, A gauche Toute ! plus d'investissements, l'Alternative plus de soutien à la culture alternative et l'Entente plus de soutien au Grand Théâtre... chacun obtiendra quelque chose, personne n'obtiendra tout ce qu'il demandait et dans trois mois le budget de la Municipalité de gauche sera voté par la majorité de gauche, contre l'opposition de droite. Le budget de la Ville est équilibré ? Les rituels politiques aussi...

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  • Le marché casse ? l'Etat casque…

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    Plus de 2000 milliards pour sauver une économie parasitaire

    Le champagne est de retour dans les bourses. Pour combien de temps, on ne sait pas, mais ils s'y sont tous mis pour remplir les flûtes : le Fonds monétaire international, le G7, le G20, l'Eurogroupe (les Etats de la zone Euro)... Au final, l'Europe aura balancé deux fois plus de fonds que les Etats-Unis dans le trou que les Etats-Unis ont pourtant creusé. A elle seule, la Grande-Bretagne a prévu près de 100 milliards de francs pour entrer dans le capital des banques les plus touchées par la crise, et plus de 480 milliards pour garantir les prêts interbancaires. Et les dirigeants des pays " émergents " de s'interroger publiquement, face à ceux qui se posaient en modèles : nous avons suivi vos conseils, et maintenant vous nous plombez du poids de vos conneries ? Qu'ont fait vos agences de notations ? Qu'ont surveillé et régulé vos organismes supranationaux ?

    La main invisible dans le sac

    Ceux-là même qui nous chantaient depuis des lustres l'air du catalogue des vertus du marché saluent l'intervention massive des Etats pour boucher les trous du marché, et admettent que les Etats puissent prendre (temporairement, bien sûr -le temps de vider les caisses publiques pour garantir le retour des profits privés) le contrôle de banques privées. Eteints, les appels à l'équilibre budgétaire, rentrés les sanglots longs autour des déficits et de la dette : creusons les déficits, accroissons les dettes publiques, puisque c'est pour sauver les bourses. Ces deux mille (et plus) milliards de dollars ou d'euros puisés dans les réserves des banques centrales, sortis des planches à billet, obtenus par l'emprunt ou ponctionnés sur les budgets publics, vont manquer aux collectivités publiques locales et régionales, aux Etats, aux organisations internationales, pour financer l'accomplissement de leurs tâches essentielles. Le sauvetage du désordre financier international va, à terme, se compter non en dollars ou en euros, mais en destins individuels : celui de millions de travailleurs mis au chômage ou déplacés dans une économie aussi grise que leur avenir; celui de dizaines de millions de gens modestes repoussés dans la pauvreté, de dizaines de millions de pauvres basculant dans la misère et de dizaines de miséreux expulsés dans le néant. Que pèsent-elles, ces ombres, face au moral des bourses ? Et qu'est-ce qu'on peut bien en avoir à foutre, au G7, au FMI, dans l'Eurogroupe ou à l'Association suisse des banquiers, de gens qui vivent avec moins d'un dollar par jour, qui n'auront jamais de compte en banque, qui ne votent nulle part, n'ont rien à nous vendre et ne peuvent rien nous acheter ?

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