fête nationale

  • Une fête nationale pour faire nation : le 1er août suisse

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    Capture d’écran 2022-07-31 233145.jpgPas une commémoration, mais une proclamation

    Aujourd'hui, c'est donc en Suisse (et au Bénin) jour de fête nationale*. De fête de la nation. Pourquoi diable a-t-on choisi le 1er août comme date de la fête nationale de la Suisse -qui n'en avait pas, de fête nationale, en un temps où il convenait d'en avoir une pour pouvoir se dire nation ? Précisément, parce qu'il fallait une date, pour dire qu'il y a une nation suisse.  N'importe quelle date aurait fait l'affaire, pour peu qu'elle ne soit pas déjà prise pour le même usage. Le Bénin a bien aussi choisi le 1er août pour sa fête nationale, mais un siècle après la Suisse, et pour lui cette date avait un sens précis : c'était celle de son indépendance. Le 1er Août Suisse n'est la date de rien: on a assuré que c'était la date d'un serment tenu sur la prairie du Grütli en 1291, entre les représentants de trois collectivités paysannes, mais rien n'atteste ni de ce serment, ni de cette date, ni de ce lieu. Peu importe, d'ailleurs : on ne commémore pas un événement, comme en France le 14 juillet commémora la Fête de la Fédération qui commémora la prise de la Bastille, on célèbre en Suisse une volonté politique, celle des radicaux, victorieux de la seule révolution démocratique dans l'Europe du mitan du XIXe siècle qui n'ait pas été écrasée ou étouffée, d'accoucher d'une nation suisse. Le 1er août, la Suisse ne commémore rien : elle se proclame.

    * et par ailleurs, le 1er Août se trouve aussi être la journée mondiale de l'allaitement maternel et de la frite belge...

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  • Sur nos moooonts, quand le soleeeeeil...

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    feu.jpgAutocélébration

    Aujourd'hui, la Suisse se célèbre, sans grands rassemblements, pandémie oblige. Et nous disons bien « se célèbre», et non « célèbre sa fondation ». La plupart des autres Etats célèbrent lors de leur fête nationale un événement fondateur, exemplaire, symbolique, une date qui est un signe ou un passage. Une déclaration d'indépendance (comme, aujourd'hui, celle du Bénin, alors Dahomey), une prise de Bastille, un moment historique... Nous, non : il ne s'est rien passé le 1er août 1291, et la Suisse n'a été fondée ni en 1291 par un serment ni en 1307 par un pacte, mais en 1798 par une révolution et une constitution. Il n'y avait pas d'Etat suisse avant, rien qu'une addition de cantons et de bailliages. Et même si la République Helvétique ne tint que le temps qu'elle avait d'utilité pour la France à l'exemple et avec le soutien de qui elle avait été fondée, c'est bien de cette République morte en bas âge, et non d'un pacte moyenâgeux, que nous vient la Suisse qui se célèbre chaque année le 1er août depuis 130 ans, et fait de cette célébration un jour férié depuis qu'en a décidé une initiative des "Démocrates Suisses" (ex-Action Nationale) acceptée par le peuple et les cantons  : on ne va pas cracher sur un jour férié de plus, même proposé par un parti d'extrême-droite... Il nous fallait une Fête Nationale, comme aux autres, et il lui fallait bien une date. Alors pourquoi pas ce 14 Thermidor, jour du basilic ?

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  • Fêtes nationales, rites tribaux et frites belges

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    Manif identitaire.jpgLe 1er raout ? c'est bénin...

    Le 1er août, en Ville de Genève (au Parc La Grange, dès 15 heures), c'est le Bénin qui sera hôte d'honneur de la Fête Nationale suisse. Parce que le 1er août, c'est aussi la Fête Nationale du Bénin. Et donc, à Genève, les deux fêtes nationales seront célébrées en même temps (sans être fusionnées). Et ça a fait hurler le MCG au Conseil municipal. Et ça a suscité une pétition sur internet "Pour un 1er août suisse". Parce que partager notre fête nationale avec des nègres, c'est salissant ? Et que notre "identité nationale" est si faible, si improbable, que la confronter à une autre risquerait de la dissoudre ? L'extrême-droite locale explique sa pétition (retirée avec 489 signatures) : "Jusqu'à preuve du contraire, le Suisse ne descend pas du Béninois". Certes. Mais jusqu'à preuve du contraire, le Suisse et le Béninois descendent tous deux des mêmes ancêtres. Africains, les ancêtres. Eh oui, les gars, faut vous y faire : l'espèce humaine est née en Afrique, a grandi en Afrique, et n'a peuplé toute la planète(même le territoire de la Suisse actuelle ? Voui, même...) qu'en partant de l'Afrique. Et il y a autre chose à quoi il va falloir vous résigner : à ce qu'une fête nationale ne soit pas un rite tribal. On sait, ça va être dur. On compatit ? Non, même pas. Ah, juste une chose, encore, et on vous jure qu'on ne l'a pas inventé : le 1er août, c'est la Journée internationale de la frite belge. Quand on vous dit que le 1er raout, c'est bénin...

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  • Sur nos moooonts, quand le soleeeeeil... Autocélébration d'une Suisse morte

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    Après-demain, le 1er août, la Suisse se célébrera -nous disons bien « se célébrera», et non « célébrera sa fondation ». Les autres Etats célèbrent généralement, lors de leur fête nationale, un événement fondateur, exemplaire, symbolique, une date qui est un signe ou un passage. Une déclaration d'îndépendance, une prise de la Bastille, un moment historique... Nous, non. Aucun pacte n'a été signé le 1er août 1291, et il ne s'est rien passé sur le Grütli seize ans plus tard... Rien de rien : la Suisse n'a été fondée ni en 1291 par un pacte ni en 1307 par un serment, mais en 1798 par une révolution et une constitution. Il n'y avait pas d'Etat suisse avant, rien qu'une addition de cantons et de baillages. Et même si la République Helvétique ne tint que le temps qu'elle avait d'utilité pour la France, c'est bien de cette République morte en bas âge, et non d'un pacte moyenâgeux, que nous vient la Suisse d'aujourd'hui.

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  • 1er août : Vive le Sonderbund !

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    Selon un sondage récent, près de 80% des personnes interrogées considèreraient la commémoration de la pseudo-date de naissance de la Suisse - le 1er août - « plutôt importante » voire « très importante ». Mais que célèbre-t-on aujourd'hui ? La signature, fort hypothétique à  cette date, d'un pacte qui n'en était pas un ? La création, tout-à-fait mythologique, d'un Etat qui n'existera pas avant 1798, ou d'une Confédération qui attendra 1815 pour être fondée ? D'une démocratie qui ne naîtra qu'au XIXe siècle ? Non : ce qu'on célébrera, c'est un mythe fondateur. Il paraît qu'il en faut. Certes, celui-là ne nous dit rien, mais ce n'est pas une raison suffisante pour y mettre fin. Juste une raison suffisante pour n'y pas concourir et ne pas le célébrer, puisqu'il n'y a rien à célébrer...

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