environnement

  • Après Copenhague, Cochabamba. Et Eyjafjöll.

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    « Ou c'est le capitalisme qui meurt, ou c'est la planète »

    Le président bolivien Evo Morales a ouvert mardi, à Cochabamba la « Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère» en dénonçant la responsabilité historique du capitalisme dans la dégradation de l'environnement. Passons sur la référence chamanique à la «Terre Mère » et retenons de la conférence de Cochabamba, non cette invocation « new age », mais la volonté de répondre, par une sorte d'« appel à la base » au fiasco de celle, en décembre dernier, de Copenhague sur le climat. « Ou c'est le capitalisme qui meurt, ou c'est la planète » , affirme le président bolivien -qui l'avait déjà dit, en d'autres termes, à Copenhague. Mais à Copenhague, Morales parlait à des sourds volontaires. A Cochabamba, il entend parler aux mouvements sociaux et aux peuples. On change de registre, on hausse l'ambition : on ne cherche plus  à « écologiser »  le capitalisme,  on s'organise pour mettre fin à un modèle de développement fondé sur la mercantilisation de tout, l'exclusion de tous ceux qui n'ont pas les moyens d'accéder au marché global, le pillage des ressources non renouvelables et la destruction de tous les écosystèmes, sans exception. La conférence bolivienne s'est ouverte en pleine éruption islandaise. A la dénonciation politique exprimée par Morales, il fallait une démonstration par l'exemple de l'absurdité du système économique : notre camarade Eyjafjallajokull l'a donnée en clouant au sol la quasi-totalité de l'aviation civile européenne.

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  • Loi sur l'énergie : au prétexte de l'environnement

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    Le score fut serré : 52 % de Oui contre 48% de non, et c'est à l'arraché que la loi sur l'énergie est passée. L'apport des Verts à la droite et aux milieux immobiliers a été décisif (à Genève, on n'a pas besoin de «Verts libéraux », les Verts sans qualificatif optionnel font parfaitement l'affaire). Malgré cela, la Ville et les grandes communes ont voté clairement « non », et c'est le reste du canton (sauf Avully) qui a fait passer le « oui », avec l'aide d'un nombre inhabituel de bulletins blancs. Seul le vote blanc et le différentiel de participation au vote (45 % de participation à Vernier, 65 % à Laconnex...)  expliquent le résultat final : l'abstention est beaucoup plus forte dans les quartiers et les communes « populaires », là où la proportion de locataires est aussi la plus élevée et où le « non » l'emporte le plus largement. A l'inverse, plus une commune abrite de propriétaires, plus elle accepte massivement la loi -qui ne pourra entrer en vigueur qu'après qu'ait été traité le recours déposé par l'Asloca contre la méthode consistant à ficeler un paquet contenant à la fois des dispositions encourageant les aménagement énergétiques et des dispositions permettant d'en reporter le coût sur les loyers. Les Verts se félicitent : « Nous avons désormais un outil pour agir dans le sens d'une société à 2000 watts ». Et de loyers à 2000 balles pour un deux pièces ?

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  • De la xénophobie à la démophobie

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    Malthusianisme aux couleurs vertes.

    " Une trop forte immigration met en danger les espaces de repos en Suisse " : cette petite phrase de deux Conseillers nationaux verts, le Zurichois Bastien Girod et la Saint-Galloise Yvonne Gilli, leur a valu, à gauche, d'être accusés d'avoir rallié le camp xénophobe. Erreur d'appréciation, et de lecture : nos deux verts ne sont pas xénophobes, ils sont démophobes. Ça n'est pas moins stupide, si c'est moins méprisable. Ce qu'ils ont en tête ne dit strictement rien d'autre que ceci : plus on est nombreux, plus on pollue. A moins que l'augmentation de notre nombre s'accompagne d'une réduction de nos moyens de polluer. Mais que l'augmentation de la population soit le fait de l'immigration ou de la procréation indigène, le résultat est le même. Or l'immigration, aujourd'hui, est la condition du maintien d'un minimum d'équilibre démographique entre les générations, et la rupture de cet équilibre serait infiniment plus dommageable à notre environnement que la simple augmentation arithmétique de la population.

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  • Du développement durable comme tarte à la crème (bio, la crème)

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    Un consensus qui sonne creux :
    Du développement durable comme tarte à la crème (bio, la crème)


    Quand un concept fait l'unanimité, il y a de fortes chances pour que ce soit en raison de sa vacuité. Et quand tout le monde, de l'UDC aux Communistes, et nous compris, prône le " développement durable ", c'est vraisemblablement que le concept ne gênant personne, il ne sert à rien. Sinon à remplir les discours de campagnes électorales. C'est le principe du tambour : ça résonne parce que c'est creux.

    Développement du râble

    Ce qu'il y a de plus durable dans le concept de " développement durable " est bien l'usage qu'on en fait pour tenter de pérenniser des comportements et des modes d'organisation sociale qui sont tous contradictoires des beaux objectifs proclamés. Il n'y a pas de développement " durable " concevable dans la poursuite d'une croissance fondée sur l'utilisation de ressources non renouvelables, sur la production et de la consommation de biens marchands acquis non pour leur utilité mais pour le signe d'intégration sociale qu'ils manifestent et sur l'appropriation privée de l'espace. Bref : il n'y a pas de développement durable sans rupture avec notre mode de vie actuel -pas de développement durable sans décroissance. Or tel qu'il nous est vanté, le " développement durable " n'est qu'une forme de croissance. Une croissance light, soft, fit, tant qu'on voudra, mais une croissance. Or c'est bien, désormais, la décroissance qui devrait s'imposer, et avec la décroissance, un changement radical des répartitions de la richesse, des ressources et du pouvoir. La crise financière actuelle pourrait-elle le provoquer ? Les Etats font et feront tout pour qu'il n'en soit rien. Avec les plus de 1000 milliards de dollars affectés par les USA et les Etats européens et asiatiques au sauvetage d'un système financier parasitaire, on éradiquerait la faim, l'analphabétisme et la plupart des maladies endémiques qui ravagent encore la périphérie; on assurerait l'accès universel à l'eau potable et aux soins. Et quand on s'inquiète ici sur le coût d'un plein pour sa bagnole, on a des soucis d'une toute autre nature ailleurs : 1,5 milliard de personnes, soit le quart de la population mondiale, sont menacées par la dégradation croissante des terres desquelles elles dépendent directement. Et la flambée des prix des denrées alimentaires a entraîné une augmentation de 50 millions du nombre des affamés dans le monde.