dieux

  • Vivement l'après-Avent...

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    Plus que deux semaines et on en aura fini avec les " fêtes "...

    Il faut rendre au capitalisme et aux marchands l'hommage qu'ils méritent : en dépouillant les ancienne fêtes religieuses de tout contenu religieux, en les réduisant à un grand rite consumériste, laissant certes quelque place, congrue, à la remémoration des traditions anciennes, mais écrasant sur son passage toute autre signification que celles qui peuvent se réduire à un échange marchand, ces endémies éclaircissent le paysage. On sait depuis Marx que le capitalisme est, fondamentalement, révolutionnaire -en ce sens qu'il bouleverse, et écrase quand il ne peut bouleverser, tout sur son passage. Les fêtes de Noël le confirment : La nativité réduite à la marchandise annonce la mort de Dieu, en le mettant en vente.

    Et Dieu dans tout ça ?

    Le moment s'y prête : il doit bien rester, sous le fatras consumériste et l'orgasme mercantile des " fêtes de fin d'année ", quelque trace de religiosité -pas de celle, fétichiste, de la marchandise, mais de celle au nom de laquelle nous sommes supposés fêter noël, en pays anciennement chrétiens et désormais aussi païens qu'on peut l'être dans un supermarché. Profitons donc de l'occurrence pour dire, au passage, un mot de ce vieux cerbère de tous les ordres imposés : la religion. Apparemment, à défaut d'être déjà mort, Dieu serait subclaquant. Mais ce vieux cancer a ses métastases, ce cadavre ses parasites : les églises traditionnelles s'endorment doucement, d'autres, pires, naissent de leur soue. Et à contempler ce qui menace de lui succéder, on finirait même par regretter Dieu... Et puis, la religion ne s'éteint pas comme un incendie : elle s'embourbe comme une inondation. Et cela prend du temps : au début du XXIème siècle de l'ère chrétienne, 70 % des Français se font encore enterrer religieusement (du moins leur famille l'a-t-elle décidé pour eux). Que la mort soit toujours révoltante est d'autant plus évident qu'elle est devenue invisible, sauf comme spectacle. Le passage vers le néant doit être marqué, les religions sont là pour cela, et à cela au moins -mais à cela seul-peuvent-elles encore servir. Et puisque nul ne vit autrement qu'entre une naissance qu'il n'a pas choisie et une mort qu'il ne peut éviter, autant ajouter à l'absurdité de ce passage l'absurdité du signe qui le clôt. Ce signe est un signe de mort, et un signe mort : que les cadavres des hommes soient accompagnés de celui de leurs dieux rend au moins les hommes égaux des dieux.
    Amen.

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