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  • Petit prêche de bien avant l'Avent : Et Dieu, dans tout ça ?

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    Ainsi, il nous faudrait dire encore quelque chose de ce vieux cerbère de tous les ordres imposés, la religion, puisqu'à défaut d’être déjà mort, Dieu ne serait même pas subclaquant ?  Ce cancer il est vrai n'est pas enkysté : il a ses métastases, et le cadavre des églises traditionnelles ses parasites : elles s’endorment doucement après avoir fait la quête pour survivre, mais  d’autres, souvent pires, naissent de leur soue. Et il faudrait qu'à gauche l'on s'en préoccupe, que l'on « parle de religion », de sa place, de son rôle ?  Eh bien parlons-en... et peu nous importe de savoir de laquelle religion on parle  puisque toutes, au fond, se valent. Et que ce débat est politique, quand monte ce qu'on a désormais accoutumé de qualifier d'«islamophobie», qui prend la place de la bonne vieille judéophobie, et qu'on aurait grand tort  de prendre pour autre chose que de la xénophobie pure et simple -voire du racisme : l'islam n'est pas une race ? Certes non, mais le judaïsme non plus, et cela n'a jamais empêché les judéophobes d'en faire précisément une race et de construire idéologiquement d'abord, politiquement ensuite, l'antisémitisme... L'islamophobie  comme la judéophobie se combattent politiquement -pas religieusement.

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  • Et Dieu dans tout ça ?

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    L'Association suisse des libres penseurs a réussi à récolter 25'000 francs pour faire afficher dans quatorze villes alémaniques (mais aucune romande) 250 affiches proclamant, prudemment, que " Dieu n'existe probablement pas " et invitant à " cesser de s'en faire " et à " profiter de la vie "… On est loin d'une campagne athée, ou antireligieuse : on est seulement dans une tentative de répondre aux campagnes des églises établies et des groupes évangéliques : L'association des libre penseurs explique que " la question posée aux autorités et aux afficheurs était de savoir s'il est possible de placarder un slogan antireligieux. On a vu que c'était assez difficile ", même lorsque le slogan n'est pas vraiment antireligieux : à Bâle, à Schaffhouse et à Genève, les transports publics ont accepté des publicités religieuses, mais pas celle des agnostiques. Les églises sont vides, mais le fantôme divin traîne encore dans les consciences... il est vrai qu'il trône aussi en ouverture de la Constitution fédérale, et qu'il rôde dans les débats politiques, aujourd'hui sur l'interdiction des minarets (mais pas des clochers), demain sur autre chose -peu importe quoi, d'ailleurs. A défaut de pouvoir encore prier pour le salut du " juif perfide " sans passer, à juste titre, pour un antisémite, on priera pour la sauvegarde de nos " racines judéo-chrétiennes " en proclamant hautement son islamophobie. Et Dieu dans tout ça ? Bof…

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  • Vivement l'après-Avent...

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    Plus que deux semaines et on en aura fini avec les " fêtes "...

    Il faut rendre au capitalisme et aux marchands l'hommage qu'ils méritent : en dépouillant les ancienne fêtes religieuses de tout contenu religieux, en les réduisant à un grand rite consumériste, laissant certes quelque place, congrue, à la remémoration des traditions anciennes, mais écrasant sur son passage toute autre signification que celles qui peuvent se réduire à un échange marchand, ces endémies éclaircissent le paysage. On sait depuis Marx que le capitalisme est, fondamentalement, révolutionnaire -en ce sens qu'il bouleverse, et écrase quand il ne peut bouleverser, tout sur son passage. Les fêtes de Noël le confirment : La nativité réduite à la marchandise annonce la mort de Dieu, en le mettant en vente.

    Et Dieu dans tout ça ?

    Le moment s'y prête : il doit bien rester, sous le fatras consumériste et l'orgasme mercantile des " fêtes de fin d'année ", quelque trace de religiosité -pas de celle, fétichiste, de la marchandise, mais de celle au nom de laquelle nous sommes supposés fêter noël, en pays anciennement chrétiens et désormais aussi païens qu'on peut l'être dans un supermarché. Profitons donc de l'occurrence pour dire, au passage, un mot de ce vieux cerbère de tous les ordres imposés : la religion. Apparemment, à défaut d'être déjà mort, Dieu serait subclaquant. Mais ce vieux cancer a ses métastases, ce cadavre ses parasites : les églises traditionnelles s'endorment doucement, d'autres, pires, naissent de leur soue. Et à contempler ce qui menace de lui succéder, on finirait même par regretter Dieu... Et puis, la religion ne s'éteint pas comme un incendie : elle s'embourbe comme une inondation. Et cela prend du temps : au début du XXIème siècle de l'ère chrétienne, 70 % des Français se font encore enterrer religieusement (du moins leur famille l'a-t-elle décidé pour eux). Que la mort soit toujours révoltante est d'autant plus évident qu'elle est devenue invisible, sauf comme spectacle. Le passage vers le néant doit être marqué, les religions sont là pour cela, et à cela au moins -mais à cela seul-peuvent-elles encore servir. Et puisque nul ne vit autrement qu'entre une naissance qu'il n'a pas choisie et une mort qu'il ne peut éviter, autant ajouter à l'absurdité de ce passage l'absurdité du signe qui le clôt. Ce signe est un signe de mort, et un signe mort : que les cadavres des hommes soient accompagnés de celui de leurs dieux rend au moins les hommes égaux des dieux.
    Amen.

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