délation

  • Bocche di leone

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    bocca_di_leone2-e2a6f.jpgDélation : Inhaler et exhaler l'air du temps...

    Souvenez-vous : il y a deux ans, nous apprenions que le Conseil fédéral examinait, le plus sérieusement du monde (car le Conseil fédéral est une instance sérieuse...) la proposition de contraindre les enseignants à dénoncer aux services de l'immigration (nos bonnes vieilles « polices des étrangers ») leurs élèves sans statut légal de séjour ou de résidence. Cette proposition consistant à instituer la délation, et à la rendre obligatoire, complétait un dispositif dont l'un des éléments était la même obligation de dénonciation , faite cette fois aux officiers d'Etat Civil, s'agissant d'étrangères et d'étrangers sans statut légal souhaitant se marier en Suisse.  Nous fûmes alors quelques une et quelques unes à saisir cette balle au bond. Car si face à un tel dispositif il n'y a, pour celles et ceux à qui s'appliquent ses prescriptions, que deux attitudes possibles, la désobéissance civile et l'insoumission, à la Paul Grüninger, ou la scélératesse disciplinée à la Maurice Papon, le simple, modeste et obscur citoyen hasardeusement propulsé dans un parlement local peut, lui, user de l'arme fort pédagogique de l'absurde.

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  • Organisons rationnellement la délation

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    Conseil Municipal de la Ville de Genève
    Proposition d'arrêté
    de Mmes Vera Figurek, Salika Wenger, Ariane Arlotti, Marie-France Spielmann et MM. Pascal Holenweg, Gérard Deshusses, Thierry Piguet et Grégoire Carasso
    déposé le 19 janvier 2011

    Exposé des motifs

    Le Conseil fédéral examine une proposition consistant à obliger les enseignant-e-s à dénoncer leurs élèves sans statut légal de séjour ou de résidence ("sans-papiers"). Cette proposition complète un dispositif dont l'un des éléments est l'obligation faite aux officiers d'état civil de dénoncer à la police les fiancés en situation illégale au regard des lois sur l'immigration. Face à un tel dispositif et à de telles propositions, il n'y a guère que deux attitudes cohérentes : celle qui consiste à en appeler à la désobéissance civile, à l'insoumission, à l'insubordination face à des lois scélérates, d'une part, et celle qui consiste à se plier à ces lois et aux injonctions qu'elles produisent, et, pour des enseignant-e-s, des officiers d'état civil, demain sans doute pour tout-e fonctionnaire, et après-demain pour tout.e citoyen-ne, à se transformer en mouchard bénévole, en corbeau militant et en indicateur de police supplétif. L'air du temps pousse, sans ambiguïté, à l'adoption de cette seconde attitude, et le parlement de la deuxième ville de Suisse, fût-elle "capitale mondiale des droits de l'homme", se doit, telle la girouette dans le vent, le tournesol face au soleil ou la carpe morte dans le sens du courant de respirer le même air, si pestilentiel soit-il, que celui que l'on veut contraindre toute la population à respirer. C'est la raison pour laquelle nous proposons d'associer la Commune à l'entreprise de généralisation de la délation, du mouchardage, de la surveillance de voisinage et de la chasse au faciès et au permis de séjour, si heureusement entamée, et si heureusement parfaite, par les autorités fédérales et une partie des forces politiques de ce pays.

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  • Incitation à la délation et xénophobie PLR : Eaux de Vichy

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    Le Conseil fédéral examine donc une proposition consistant à obliger les enseignants à dénoncer leurs élèves sans-papiers. Le président du syndicat romand des enseignants, Georges Pasquier y a répondu comme il convenait : « Je ne vois qu'une solution, la désobéissance civile ». On ne s'étonnera pas en revanche que la transformation des enseignants en mouchards fasse saliver un Oskar Freysinger, enseignant de son état et candidat délateur affirmé -on n'en attendait pas moins de lui. Réagissant naguère à l'obligation faite aux officiers d'état civil de dénoncer à la police les fiancés en situation illégale, la pourtant très droitière Suzette Sandoz, ancienne Conseillère nationale libérale vaudoise, évoquait la mise sur pied d'une délation d'Etat « comme dans les pires régimes totalitaires ». Son collègue Claude Ruey soupirait : «  à droite (...), à force de boire le poison (xénophobe) à petite dose pour s'immuniser, (mes collègues) se sont empoisonnés ». Ou mithridatisés, on ne sait. On n'est donc pas autrement surpris non plus de l'adoption par le PLR d'un programme « migratoire » udéciste.   La prochaine étape, c'est sans doute l'installation de la capitale fédérale à Vichy...

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