covid-19

  • Les derniers sont les premiers

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    Bienvenue chez nous.jpgL'option préférentielle pour les pauvres du Covid-19


    D'où nous vient-elle, cette épidémie ? De Chine, sans doute, mais comment ? transbahutée par une armée, comme la grippe espagnole de 1918 ? non : diffusée par des cadres d'entreprises en voyages d'affaires, des représentants politiques en mission, des touristes en goguette, des supporters de foot en Italie, des teufeurs à Verbier et des fidèles évangéliques à Mulhouse... Et qui sont les premiers et les premières à la subir, le plus durement, ici et ailleurs ? celles et ceux qui n'y sont pour rien, qui n'ont jamais mis les pieds en Chine, ni à Verbier : les requérants d'asile, les précaires, les travailleuses domestiques "au gris", "au noir" ou clandestines, les travailleurs pauvres mis au chômage partiel, les petits indépendants, les sdf... toutes et tous ignorés des plans de relance du Conseil fédéral... Il y a en Suisse quand tout va bien pour "l'économie" et les finances publiques 660'000 personnes touchées par la pauvreté. Et maintenant, combien y ont-elles sombré ? Que les derniers soient les premiers fut à la fois une promesse évangélique et un programme socialiste. Que les derniers à propager une épidémie soient les premiers à y succomber n'est qu'une faillite sociale.

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  • A la recherche d'une "sortie de crise"

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    avion à Genève.jpgVol au dessus d'un nid de Covid

    Pour atteindre l'objectif de l'Accord de Paris, la quantité d'équivalents CO2 émis en moyenne par personne et par année à Genève (actuellement 10 tonnes) devrait être réduite... de 90 %. C'est ce que le  COVID-19 est en train de provoquer... Et le Léman Express aurait sans doute commencé à réduire le trafic en Ville de Genève de 12 %... si un virus malin ne l'avait arrêté à la frontière et n'avait réduit ses cadences à celles d'un dimanche. Reste que le trafic aérien a chuté et que la fréquentation des aéroports s'est écroulée -or l'aviation représente 19 % de l'impact climatique. Et que la sortie de crise sanitaire pourrait être une entrée de ce secteur (comme bien d'autre) dans une réduction directe (pas par compensation hors de lui) de ses émissions. D'ailleurs, une lettre ouverte au Conseil fédéral va dans le sens d'une réelle maîtrise environnementale du trafic aérien, avec à la clef, par exemple, un  impôt sur le carburant des avions et un soutien au retour des trains de nuit.  Signée notamment par la Conseillère aux Etats genevoise Lisa Mazzone, elle lui a valu d'être accusée de trahir les intérêts du canton qu'elle est supposée défendre, comme si une sénatrice était fonctionnaire. La position qu'elle défend est pourtant d'entre celles qui lui ont permis d'être la mieux élue, au Conseil des Etats l'automne dernier. Et, cerise sur le gâteau, c'est une position ratifiée par le peuple lors de l'acceptation de l'initiative pour un "pilotage démocratique de l'aéroport", inscrivant dans la Constitution cantonale la limitation  des nuisances pour les riverains et l'environnement. Bref, Lisa Mazzone n'a peut-être pas défendu les intérêts du Conseil d'administration de l'aéroport, mais elle a défendu ceux des Genevoises et des Genevois -autrement dit, en démocratie et en République, celles de Genève...

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  • En attendant le jour d'après

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    consommation.jpg"Jusqu'ici, tout va bien"...

    Hier, 24 mars, on dénombrait en Suisse 8836 cas d'infections au COVID décelées (plus toutes celles qui n'ont pas été repérées) et 86 morts. Le 22 mars séropositifs les séropositifs étaient âgés de 0 à 101 ans, avec une médiane de 51 ans. Les adultes sont beaucoup plus touchés que les enfants et, dès 60 ans, les hommes plus touchés que les femmes. On peut désormais tester 7000 personnes par jour en Suisse, soit un taux de test de 5800  par million d'habitants : c'est moins que la Corée du Sud (6150) mais plus que l'Italie (3450). Et plus de deux milliards d'habitants de la planète sont actuellement soit confinés à leur domicile, soit vivement incités à s'y confiner eux-mêmes. Comme nous le désillusionne Stéphane Gobbo dans "Le Temps", on ne peut même pas se rassurer en se répétant en mantra que "jusqu'ici tout va bien", parce que forcément, le "jusqu'ici" suggère que ça va mal finir...

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  • La Démocratie, malgré tout...

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    masques grippe espagnole.jpgFallait-il maintenir le 5 avril deuxième tour des Municipales genevoises ?

    Le deuxième tour de l'élection des exécutifs municipaux genevois aura lieu malgré le COVID-19 : le Conseil d'Etat a en effet refusé les demandes de le repousser, dont celle de SolidaritéS ,qui ne s'intéresse gère qu'à l'élection de l'exécutif de la seule commune  de Genève. On était d'ailleurs surpris de la modération de la demande initiale : Solidarités auait pu carrément demander au Conseil d'Etat de déclarer son candidat au Conseil administratif de la Ville, Pierre Bayenet élu sans élection. Mais comme sa demande consistait aussi à "prolonger par arrêté le mandat des magistrats en place dans les communes où le deuxième tour doit se tenir", elle impliquait le maintien de Rémy Pagani à son poste jusqu'à nouvel ordre. Ce serait toujours ça de pris. Il a bon dos, le coronavirus. Etait-il même possible, légalement, constitutionnellement, de repousser la date de l'élection du CA, sachant qu'il doit obligatoirement entrer en fonction le 1er juin ?  SolidaritéS  a annoncé qu'elle fera recours contre la décision de maintenir la date du 5 avril pour le deuxième tour des Municipales genevoises -mais on voit mal pourquoi on devrait renoncer à cette date : rien n'empêche ni l'exercice du droit démocratique d'élire, ni l'exercice préalable du débat politique, ces exercices prendront simplement d'autres formes -il n'ont cessé de se réformer, depuis qu'ils se sont imposés. On a pu à Genève voter en temps de guerre. On pourra voter en temps d'épidémie (on a d'ailleurs voté à Schwytz, dimanche, pour les élections cantonales). On votera, par correspondance (il n'y aura pas de local de vote), comme 95 % des votants le font déjà en temps normal (c'est ce qui différencie l'élection municipale genevoise de la française, qui se fait au local de vote). Même dans son expression la plus normative et rituelle, le vote, la démocratie peut ne pas céder devant un virus...

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    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 6 commentaires
  • L'épidémie qui trie

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    solitude.jpegIl y aura un "après COVID-19"...

    On s'en souviendra, de cette fin d'hiver et début de printemps 2020. On s'en souviendra, mais quels enseignements en tirerons-nous ? lesquels de nos comportements vont changer, et lesquels renaître comme si de rien  n'avait été, une fois l'épidémie évanouie ? L'économie, durement frappée non par le virus mais par les mesures prises pour en combattre la propagation, reprendra vigueur -comme après toutes les crises, même les pires : le capitalisme sait en faire l'occasion et le moyen de se réformer lui-même, quelque prix que cela coûte -tant que ce ne sont pas les capitalistes eux-mêmes qui ont à le payer. Toutes les collectivités publiques vont passer à la caisse : les communes, les régions (les cantons, chez nous), les Etats, les regroupements supranationaux (comme l'Union Européenne) vont dégager ensemble des centaines de milliards pour soutenir les entreprises, la production et la consommation. Les bon vieux dogmes de l'équilibre budgétaire, de la maîtrise de la dette, de la liberté des marchés ? mis au congélateur -il sera bien temps de les en sortir quand la pandémie sera passée. Et quand elle aura fait à notre place le tri de ce qui importe et de ce qui indiffère, le tri de l'indispensable et du futile, du bénéfique et du nuisible. Mais de ce tri, quel usage serons-nous capable de faire ?

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  • De la politique en temps de pandémie

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    supermarché dévalisé.jpg

    Que confiner ?

    Le parlement fédéral, le Grand Conseil, le Conseil municipal ne se réunissent plus jusqu'à nouvel ordre, les partis ne tiennent plus ni réunions internes, ni manifestations externes (le congrès du PS suisse a été reporté), on ne peut plus récolter dans la rue de signatures pour des référendums ou des initiatives... et le deuxième tour des Municipales françaises a été reporté de trois mois...  le COVID-19 a-t-il tué la démocratie ? alité la politique ? La présidente du gouvernement vaudois, résumant les discours d'à peu près toutes et tous les responsables politiques, de Berset à Macron, explique : "aujourd'hui, nous devons limiter les interactions sociales". S'il s'agissait d'autre chose que de limiter les contacts physiques entre individus, il y aurait de quoi s'inquiéter : la société étant faite d'interactions (sociales par définition), il ne s'agirait plus alors que de "gérer" des individus isolés les uns des autres comme un gérant de supermarché gère le réapprovisionnement de ses rayons de boîtes de raviolis ou de papier de chiotte après qu'ils aient été dévalisés par des clients dont seule la part reptilienne du cerveau semble encore en état de fonctionner. Tout, cependant, ne peut être confiné.Et tout ce qui est confiné n'y survit pas : http://www.bibebook.com/files/ebook/libre/V2/poe_edgar_allan_-_le_masque_de_la_mort_rouge.pdf?fbclid=IwAR2trYmBny_OchAOfa9MZvPUQLvh0UuE_YRl9gf4JpmBedakcrbFyhwWKrI

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    Lien permanent Catégories : Santé, médecine 3 commentaires
  • SARS-CoV-2, COVID-19, nécessaires, forcément nécessaires

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    Je suis Pangolin.jpgSpinoza et le pangolin

    Dans ce monde désenchanté où nous traînons notre mélancolie, nous manquions de héros, de guides, de timoniers, et ne savions plus où en chercher. Or voici que la Chine qui nous avait déjà gratifiés (et s'était-elle même gratifiée) de Mao nous fournit ce qui nous manquait : le pangolin. Un mammifère insectivore de la taille d'un gros chat, au corps couvert d'écailles. Porteur du virus SARS-CoV-2, qui provoque la maladie COVID-19. Tout en un. Et à peine a-t-il pointé le bout d'une protubérance qu'il trouble l'ordre du monde, le SARS-CoV-2. La consommation de pétrole recule, les voyages en avion se font plus rares, les croisières maousses aussi. Même en Suisse, il fait fort, le virus  : plus de Salon de l'Auto et de salon horloger de luxe, plus de messe papiste au Temple calviniste de St-Pierre, matchs de foot annulés, bourse déprimée (plus de 10 % de recul à la fin de la semaine dernière...).  Le coronavirus, c'est rien qu'un écolo laïcard antisportif et anticapitaliste. Et décroissant. Mais avec une faiblesse -un manque de féminisme : les manifs du 8 mars sont aussi annulées. Quant à l'anticapitalisme, il prend un peu la forme de l'artisanat : des tas de petits malins vendent des masques inutiles à prix surfaits et des poudres de perlimpinpin comme remèdes miracles. N'empêche : ils étaient nécessaires, forcément nécessaires, le Pangolin, le SARS-CoV-2 et le COVID-19 -c'est Spinoza qui nous le dit.

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    Lien permanent Catégories : Chine 11 commentaires