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  • Avec le temps, va...

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    voeux, calendrier, tempsLe calendrier vulgaire s'est effeuillé, il n'en restera bientôt plus rien. On en portera le deuil en de gaies obsèques. On boira plus que de raison, on mangera plus que d'estomac. On offrira des cadeaux à des gens qu'on aime, on en recevra de gens qui nous aiment, on oubliera ceux qu'on n'aime pas et ceux qui ne nous aiment pas. On pensera à l'une plus qu'à d'autres, et à d'autres qu'on avait oubliées. On fera provision de livres pour l'année. On relira Rimbaud et Char. On ne prendra pas de bonnes résolutions. Sauf celle de tenir debout. De n'en faire et n'en dire qu'à notre tête, la pauvre. On ne fera pas amende honorable. On se dira que le temps passe, qu'on n'y peut rien, que c'est tout de même mieux comme ça, qu'il passe, le temps, et qu'on n'y puisse rien, mais que, quand même,  le temps est un con, qui ne fait que passer et, passant, nous trépasser. Changer d'année, de siècle, de millénaire, ce n'est rien. C'est de temps qu'il faudrait changer. Et si nos réveillons nous réveillaient ?

     

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  • Changer d'ère : Bonne année !

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    automne.jpgAujourd'hui 22 septembre du calendrier grégorien, nous sommes le premier Vendémiaire, Jour de l'an du calendrier républicain. On ne change pas l'histoire en ne changeant que ce qui la scande : ce n'est pas le calendrier républicain qui fait la République -mais il dit tout de même la volonté, ou le rêve, républicain de changer d'ère. En usant d'un calendrier dont personne ne fait usage, sinon par nostalgie, pour la beauté des noms donnés à ses mois, ou par souci de se distancer d'un temps que nos maîtres nous volent et vendent, nous nous rappelons que, politiquement aussi, nous sommes faits de l'étoffe dont sont tissés nos rêves…

    Salut et Fraternité

    Le 19 octobre, une Assemblée Constituante sera élue à Genève. Le 19 octobre du calendrier grégorien, c'est le 28 Vendémiaire du calendrier républicain. Et le 28 Vendémiaire du calendrier républicain, qui donne aux jours des noms de fleurs, de fruits, de légumes, de plantes, d'outils, d'animaux… c'est le jour de la tomate. Un fruit rouge, certes ; et juteux, sans doute, et goûteux, parfois. Mais mou et fragile. Ça aurait pu être pire : Aurait-on prévu l'élection de la Constituante la semaine précédente, nous serions tombé sur le jour du chanvre -nous n'en avons pas besoin pour rêver d'une République fidèle à ses promesses ; pire encore : aurait-on prévu cette élection une semaine plus tard, nous serions tombé sur le jour de l'oie, ce qui ne plaçait pas le débat démocratique sous le parrainage intellectuel le plus enthousiasmant. Gageons que quelques oies trouveront tout de même le moyen de se glisser dans le troupeau constituant,  d'y marcher à leur pas et de sommer les autres de les suivre.   Il dépend des citoyennes et des citoyens que ces palmipèdes soient finalement moins nombreux que les chats sauvages et les moutons noirs qui rôdent avec nous aux marges des listes, pour une Constituante dont on peut au moins espérer qu'elle ne ressemblera pas à la Ferme des Animaux d'Orwell.