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  • Mort de Ben Laden : La créature de Frankenstein tuée par Frankenstein

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    Frankenstein.jpgSur la mort de Ben Laden, chacun est aujourd'hui sommé, comme après les attentats du 11 septembre 2001 de dire quelque chose, même si cela a déjà été dit cinquante fois, même si nos réactions sont sans autre contenu que toutes celle qui l'ont précédée, qui l'accompagnent et qui la suivront. Celui qui ne dit rien, parce qu'il n'a rien de neuf à dire, parce qu'il préfère se taire plutôt que dire n'importe quoi, ou qu'il n'est pas certain que ce qu'il a à dire ait quelque intérêt, sera suspect d'indifférence, voire de pactiser avec le Diable. Disons donc ce que nous croyons avoir à dire, en tentant, comme nous y invite Spinoza, de ne « ni rire ni pleurer mais comprendr ». Et disons d'abord que Ben Laden tué dans un raid américain, ce n'est après tout que la créature de Frankenstein tué par son créateur. Et ensuite que Ben Laden mort, cela ne change rien à rien -à ceci près qu'il valait sans doute mieux pour les USA le tuer que le ramener vivant : il aurait fallu le juger, et il aurait pu parler...

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  • BEN LADEN : "NI RIRE NI PLEURER, MAIS COMPRENDRE"

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    A propos de la mort de Ben Laden : Je retrouve ce truc dans mes archives, dix ans après. Et il me semble ne pas y avoir écrit que des conneries...

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  • D'un 11 septembre l'autre

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    Henry Kissinger sera à Genève ce 10 septembre, pour une conférence à l'Hôtel Intercontinental : il fut l'un des principaux responsables du Coup d'Etat militaire au Chili il y a 37 ans, précisément le 11 septembre 1973; il fut aussi, entre autres, le marionnettiste de la junte militaire argentine et l'artisan du bombardement  des populations civiles du Cambodge. Echappant à toute les tentatives de le faire comparaître devant un tribunal, il fait aujourd'hui son beurre comme consultant et conférencier international, et propriétaire d'une lucrative étude d'avocats.  La présence de Henry Kissinger à Genève, qui se proclame capitale mondiale des droits humains, constitue un scandale et une provocation. Si la justice internationale est impuissante, l'opinion publique peut, elle, ne pas rester silencieuse.  Un rassemblement de protestation se tiendra VENDREDI 10 septembre dès 18h30 à la Place des Nations. Henry Kissinger sera à Genève le 10 septembre, veille du jour anniversaire du putsch militaire chilien... Le 11 septembre prochain, on accueillera qui, à Genève ? Oussama Ben Laden ?

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  • Calmuche et le vampire

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    (Quand Micheline Calmy-Rey met les pieds dans le plat)

    Plaidant pour un dialogue sans exclusive dans les relations internationales, et donc un dialogue même avec des infréquentables, notre ministre des Affaires étrangères s'est interrogée, tout rhétoriquement : faut-il rechercher sans dialogue " sans discrimination -quitte à s'asseoir à la table d'Oussama Ben Laden ? ". La phrase était interrogative, les dépêches d'agence et les commentaires médiatiques se sont fait affirmatifs : la Suisse est " prête à dialoguer avec Ben Laden ", annonce l'AFP. Et le vent de la protestation se lève.


    Exorcismes

    Bon, d'accord, l'hypothèse d'un dialogue avec le parrain de la Qaeda n'était pas la plus subtile de toutes celles que Micheline Calmy-Rey aurait pu évoquer pour défendre sa conception d'un dialogue " sans exclusive " avec toutes les forces, étatiques ou non, en conflit dans le monde. D'ailleurs, la ministre ne s'en est pas tenue à l'hypothèse toute théorique d'un " dialogue " avec Ben Laden -elle a aussi évoqué les dialogues, réels ceux-là, menés avec des mouvements armés comme les FARC colombiennes ou les Tigres Tamouls. Mais voilà : Ben Laden est LE salaud suprême, l'Epouvantail absolu, celui précisément qu'il était téméraire de citer si l'on voulait s'éviter des ennuis. Et qu'il était donc tout à fait opportun de citer pour peu que l'on veuille -et on fera crédit à Micheline de l'avoir délibérément voulu- se faire entendre. Parce qu'enfin : depuis quand la Raison d'Etat, même des petits Etats, et la raison des intérêts économiques, y compris des nôtres, se plie-t-elle aux impératifs éthiques ? S'il est inadmissible d'évoquer un " dialogue " avec Oussama Ben Laden, ce n'est pas parce qu'Oussama Ben Laden est un terroriste, c'est parce que ce terroriste n'est pas au pouvoir, et n'y sera jamais. Evoquer l'hypothèse, toute théorique, d'un dialogue avec un terroriste emblématique planqué dans les mailles de ses réseaux clandestins, c'est de l'irresponsabilité. Dialoguer avec le même salaud s'il prend le pouvoir, c'est de la diplomatie. Mais c'est toujours le même salaud. La différence ne réside pas dans le degré de saloperie, mais dans la place du salaud. Le pire des chefs d'Etat, à la tête du pire des régimes, est un interlocuteur, un client, un fournisseur -bref, un partenaire. Le même, dans la clandestinité, est un ennemi public. Ou un épouvantail commode.