Suisse

  • Les plate-formes de streaming contribueront au financement du cinéma suisse

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    Capture d’écran 2022-05-20 153209.jpgLa Romandie, les villes, le cinéma...

    La "loi Netflix" a été nettement acceptée, au-delà de sondages qui prédisaient un résultat bien plus serré que les plus de 58 % de voix qu'elle a obtenue au plan fédéral, et a obtenu une majorité dans 18 cantons sur 25 (avec toutefois une opposition plus forte en Alémanie qu'en Romandie, où tous les cantons acceptent la loi, et plus forte dans les campagnes que dans les villes). Dès janvier 2024, les plate-formes de streaming devront donc réinvestir dans le cinéma (et les séries) suisses 4 % du chiffre d'affaire qu'elles réalisent en Suisse, faute de quoi une taxe équivalente leur sera imposée, qui elle aussi servira à financer la création audiovisuelle helvétique. Et elles devront également proposer dans leur catalogue au moins 30 % de films européens (les films suisses étant réputés européens...).

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  • Quand à la peur des migrants s'est ajoutée la peur d'être sortis de l'espace Schengen

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    Frontex vote.jpgFrontex : le combat continue

    Comme on pouvait s'y attendre (au point qu'on ne le craignait même plus), l'augmentation de la participation de la Suisse au financement de l'agence de garde-frontières et garde-forteresse européennes Frontex a été largement (à 71,5 %) approuvée par le peuple suisse, habituellement bien plus critique à l'égard des institutions et des instances européennes. Les arguments sécuritaires et de confort semblent bien avoir été déterminants dans ce prononcement populaire. En gros, les Suisses ont accepté de payer plus pour Frontex pour que Frontex continue à refouler les métèques, ou à les laisser crever, hors de portée de notre vue, mais sur la fin de la campagne, on avait l'impression qu'on ne votait plus sur Frontex mais sur Schengen, tant les partisans du soutien à Frontex insistaient sur le risque pour la Suisse d'être exclue de Schengen si elle refusait de financer Frontex... On était à deux auriculaires de la Fékniouze, mais ça a marché. Les Suisses pourront donc continuer à prendre l'avion pour Lesbos sans avoir à faire la queue à l'aéroport dans la file "hors Schengen" et la Suisse a fait un pas vers sa réconciliation avec l'Europe. Un pas en piétinant les migrants.

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  • don d'organes : Faire survivre quelque chose de nous après nous...

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    coeur sur la main.jpgOn vote le 15 mai, mais s'il est trop tard pour le faire par correspondance. Il ne l'est pas encore pour voter : les locaux de vote sont ouverts dimanche entre dix heures du matin et midi... Il vous est donc encore possible de soutenir la proposition du parlement de substituer le principe du consentement présumé au don d'organe à celui, actuellement posé par la loi, du refus présumé, qui a pour conséquence que lorsque le donneur potentiel n'a pas explicitement fait état de son don à venir, on part du principe qu'il refuse. Résultat : entre 40 et 60 % des proches interrogés par le corps médical refusent le don d'organe de leur parent ou de leur conjoint. Comme s'il leur appartenait. Comme si nous étions propriétaires de nos proches et de leurs organes.

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  • NON à Frontex, pas à Schengen... quoique...

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    plan Genève 1766.jpgC'est devenu l'argument principal, obsessionnel, des partisans de l'augmentation de la participation suisse à Frontex, l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne : si dimanche prochain vous refusez cette augmentation, la Suisse sera exclue de l'"espace Schengen" (l'espace de "libre circulation" entre pays européens -et de fermeture de l'Europe à la plupart des immigrants), au nom d'une "clause guillotine" qui ferait de cette exclusion une mécanique, un automatisme. Or tel n'est pas le cas : si, comme la gauche vous y invite, le "non" est majoritaire dimanche (malgré les sondages), les parties à l'espace Schengen auront 90 jours pour répondre à ce refus, et c'est seulement si aucune réponse satisfaisante pour tout le monde n'est donnée que la Suisse sortirait des accords européens de "libre circulation" des Européens. Avec toutefois la possibilité d'y revenir ensuite. Si le "non" passe, la Suisse aura donc trois mois pour trouver une solution acceptable par ses partenaires. Et puis, même si on devait "sortir de Schengen", devrait-on prendre le deuil d'un "espace de libre circulation" entre les murs d'une forteresse ? Ne devrait-on pas plutôt s'atteler à les faire tomber, ces murs, comme on a abattu il y a 150 ans ceux entre lesquels Genève étouffait ? Il vous reste jusqu'à ce soir pour envoyer votre bulletin de vote par la poste. Sinon, les locaux de vote sont ouverts dimanche de dix heures à midi. Pour voter NON au renforcement du soutien suisse à Frontex.

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  • Voter la "loi Netflix" dimanche prochain : Une question de pluralisme

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    cinéma suisse5.jpgIl vous reste quelques jours (jusqu'à jeudi) pour voter par correspondance en faveur des propositions qui vous conviennent (par exemple la "loi Netflix" ou celle sur le dos d'organes, ou à Genève la réforme du Cycle d'Orientation) ou contre celle qui vous disconvient (l'accroissement du financement suisse de Frontex).  La "loi Netflix" vise à faire contribuer les plate-forme de streaming et les télé étrangères diffusant de la pub à destination des consommateurs suisses, au financement du cinéma suisse. Les derniers sondages ne lui donnent qu'une avance trop ténue (autour de 52 % de "oui") pour que l'hypothèse d'un refus populaire soit invraisemblable : son acceptation pourrait être due à un vote positif massivement majoritaire des Romands (62 % de "oui") et majoritaire des italophones (54 % de "oui"), contre un vote majoritairement négatif (51 %) des Alémaniques, plus opposés à ce qu'ils considèrent comme un "impôt culturel" qui aurait, selon eux, pour conséquence de renchérir leurs abonnements aux plate-forme de streaming, ce que l'expérience faite dans les pays pratiquant déjà ce qui est proposé en Suisse ne confirme absolument pas. Mais confirme, en revanche, que l'offre de cinéma sur ces mêmes plate-forme a été élargie à des films qui n'y étaient pas proposés. Une question de pluralisme culturel, en somme.

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  • Frontex : des enquêtes et une démission plus tard, un NON conforté

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    frontexLa teneur d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), pas encore publiée, a poussé Fabrice Leggeri, directeur de l'agence de garde-frontières européens Frontex, à démissionner. Deux enquêtes ont en fait été menées en parallèle. La première porte sur des refoulements illégaux aux frontières extérieures de l’Union européenne (notamment la frontière greco-turque) et de violations des droits fondamentaux, la seconde sur des cas supposés de harcèlement de travailleurs de l’agence. Elle tombe mal, cette démission, pour les partisans de l'augmentation de la contribution suisse à Frontex, soumise au vote dimanche, mais elle illustre bien ce qu'est réellement cette "agence européenne". Plusieurs autres  enquêtes, dont une du "Monde", du "Spiegel" et des suisses SRF et Republik*, ont confirmé que cette agence couvrait des refoulements illégaux de migrants entre la Turquie et la Grèce : des bateaux de migrants sont interceptés dans les eaux grecques puis refoulés dans les eaux turques (la Turquie servant de silo de stockage des migrants, comme d'ailleurs la Libye), voire même interpellés alors qu'ils ont réussi à débarquer en Grèce, mis dans des bateaux de garde-côtes grecs, puis dans des canots de sauvetage et repoussés dans les eaux turques. Une pratique totalement illégale... mais conforme aux obsessions des Etats de l'"Espace Schengen" : rendre l'immigration en Europe la plus difficile, voire la plus périlleuse, possible. Les enquêtes sur Frontex et la démission de son directeur confortent en tout cas notre NON au renforcement de la contribution suisse à une agence détournée de sa mission officielle pour complaire à la paranoïa xénophobe régnante.

    *on trouvera plus de détails sur sur l'enquête sur https://www.infomigrants.net/en/post/40166/des-documents-internes-de-frontex-revele-lampleur-des-renvois-en-mer-egee, et, si on est abonné, sur https://www.lemonde.fr/international/article/2022/04/27/refoulements-en-mer-egee-les-recensements-errones-ou-mensongers-de-frontex_6123944_3210.html

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  • Don d'organes : présumer le consentement ou le refus ?

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    don d'organe,transplantationQu'a-t-on dit quand on n'a rien dit ?

    Le 15 mai, on votera sur la révision de la loi sur la transplantation, combattue par un référendum alémanique (il n'y avait aucun Romand dans le comité référendaire), révision qui introduit le principe du consentement présumé pour le don d'organes, mais le soumet à des conditions qui ne le rendent pas automatique. Le comité référendaire, rassemblait des personnalités de gauche comme de droite mais le refus du projet est surtout prôné dans les rangs de partis religieux protestants (le parti évangélique PEV, l'Union démocratique fédérale UDF) et de l'UDC. Le projet soumis au peuple est une sorte de contre-projet indirect à une initiative populaire, "pour sauver des vies en favorisant le don d'organes", plus radicale mais qui a été suspendue en attente du résultat du vote : si le peuple refuse le projet qui lui est soumis, l'initiative sera réactivée. Et comme elle a déjà abouti, elle sera soumise au peuple. Mais initiative ou projet de loi tentent de répondre à la même question, à la réponse impossible : qu'a-t-on dit quand on n'a rien dit ?

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  • Soutenir le cinéma suisse le 15 mai

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    cinéma suisse 1.jpgOUI à la "Loi Netflix"

    Le 15 mai, on votera sur le projet de loi "Netflix" (une modification de la loi sur le cinéma) qui vise à protéger la création cinématographique suisseet à prélever 4 % des recettes réalisées en Suisse par les services de streaming, comme Netflix. La France, l'Italie et l'Espagne ont adopté un dispositif comparable, avec un taux d'imposition supérieur à celui proposé aux Suisses. Le 5 février, le congrès du PS suisse a décidé, à l'unanimité, d'appeler à voter "oui" à ce projet, contesté par un référendum de droite.  La votation suit de trois mois celle du 13 février, lors de laquelle 54,56 % du corps électoral actif avait refusé un paquet d'aide fédérale aux media, avec au coeur de ce vote un clivage entre Romandie et Alémanie, la première acceptant le projet que la seconde, majoritaire, refusait, malgré le vote favorable des plus grandes villes, Zurich et Bâle en tête. Et le même clivage entre Romandie et Alémanie semble pouvoir se reproduire le 15 mai : selon les derniers sondages en date, la "loi Netflix" est soutenue (à 59 ou 61 %) en Romandie et refusée (à 52 %) en Alémanie. Elle est donc sérieusement menacée d'un refus national. Ce qui est une raison de plus d'appeler à la soutenir.

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  • Mieux aider l'Europe à refouler les gueux ?

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    Frontex manif.jpgNo Frontex !

    A l'automne de l'année dernière, les Chambres fédérales ont voté (par 88 voix contre 80 et 28 abstentions) le presque triplement du financement suisse de Frontex, l'agence de garde-côtes et de gardes-frontières (pour ne pas écrire la milice antimigrants) de l'Union Européenne, qui passerait donc de 24 à 61 millions de francs par an. Pour aider Frontex à recruter 10'000 agent.e.s de plus, les armer, leur fournir des équipements de repérage des migrant. Pour mieux les refouler vers la Libye, la Turquie, le Maroc, ou n'importe où ailleurs que sur le territoire de l'Union. Car telle est, en réalité, la mission de Frontex : les traquer et les refouler.  Arraisonner leurs esquifs, mais pas pour les sauver et les accueillir : pour les empêcher de déposer une demande d'asile et les remettre aux garde-côtes des Etats auxquels l'Union a sous-traité l'hébergement des migrants. Et qui ont eux-même sous-traité avec des milices crapuleuses. Contre le financement de Frontex par la Suisse, une coalition de petites organisations, soutenue par la gauche, a lancé un référendum. Qui a abouti. On votera le 15 mai. Le 5 février, le PS suisse a décidé d'appeler à voter "non". On le suit, même si selon le plus récent sondage d'avant vote, 59 % des sympathisants socialistes voteraient "oui". Nous, on votera "non", parce que nous ne voulons pas mieux aider l'Europe à refouler les gueux.

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  • La neutralité, la guerre, la Suisse, l'OTAN

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    Trace de corps.jpgRafistolages

    Toute guerre a une fin (même s'il faut l'attendre sept, trente ou cent ans). Et à la fin de celle d'Ukraine, la Russie sera toujours là, à l'est de l'Europe, au nord de l'Asie. Et Poutine aussi, vraisemblablement, jusqu'en 2036 (il n'aura que 84 ans, après tout...). Il faudra bien faire avec l'une et l'autre. Mais cette guerre a fait une victime collatérale : la neutralité suisse. Certes, elle n'est pas morte (un mythe peut-il mourir ?), mais elle a dû se redéfinir pour prendre quelque crédibilité tout en permettant à la Suisse de s'aligner sur l'Union Européenne et de reprendre les sanctions imposées à la Russie. Cet alignement est contraint -comme d'ailleurs la neutralité suisse elle-même le fut, et il ne lui arrive que ce qui est arrivé au secret bancaire : sous la pression extérieure la Suisse cède. Elle reformule sa neutralité, la réduit à une non-alliance militaire, admet qu'elle peut s'accompagner d'une alliance politique. Au fond, ce n'est qu'une constatation de ce qui fut toujours le cas : la Suisse ne faisait partie ni de l'Axe, ni de l'Entente, ni de la Triplice, ni de l'OTAN (ni du Pacte de Varsovie...), mais elle pactisa avec l'Allemagne impériale puis avec l'Allemagne nazie et leurs alliés quand ils étaient plus forts que leurs adversaires, puis avec les adversaires de l'Allemagne quand ils devinrent plus forts qu'elle et ses alliés. Et pendant toute la guerre froide, nul n'ignorait qu'elle était dans le camp "occidental". Qu'elle réaffirme aujourd'hui y rester face à la Russie n'est donc pas une nouveauté bouleversifiante mais un rafistolage.

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  • Un Papyrus, des Papyre ?

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    Papyrus.jpgRetour sur Papyrus

    Il y a cinq ans, le 21 février 2017 était lancée à Genève la première opération de régularisation collective de sans-papiers en Suisse, l'Opération Papyrus. "Comment fait-on pour faire passer des milliers de gens de l'ombre à la lumière ?" se demandait deux ans plus tard le magazine télé "Temps Présent" (https://www.youtube.com/watch?v=sw70ItnKfcQ) ? Papyrus a permis à 3000 personnes de sortir de l'ombre sociale, pour entrer dans la lumière de la ville...  Post Tenebras Lux... mais selon les estimations, entre 58'000 et 105'000 sans-papiers vivraient et travailleraient en Suisse, et si les critères de Papyrus étaient appliqués à des opérations semblables, dans les principaux cantons, ceux où vivent le plus de sans-papiers, 30'000 d'entre eux passeraient aussi de l'ombre à la lumière... Le combat pour leur régularisation continue, donc... Et à Genève aussi, puisque sur ses 13'000 "sans-papiers", Genève n'en a encore régularisé, entre Papyrus et les régularisations suivantes, que 4000...

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  • La Suisse et la guerre d’Algérie :  Le diplomate et le porteur de valise

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    Capture d’écran 2022-03-20 235346.JPG

    Il y a soixante ans, le 18 mars 1962, à Evian, était signé entre la France et le gouvernement provisoire de la République algérienne un accord qui, engageait le processus qui allait, rapidement, mettre fin à la guerre d'Algérie et faire accéder le 5 juillet la défunte colonie française à l'indépendance. Les commémorations de l'évènement ont été nombreuses, elles ont permis de refaire l'histoire de cette guerre, de ses causes, de la colonisation de l'Algérie. En creux, elles ont aussi permis de rappeler le rôle inhabituel que la Suisse, "neutre mais pas indifférente", a joué dans le dénouement d'un conflit que la France mettra plus de quarante ans à considérer pour ce qu'il était, une guerre, non de huit ans mais de 132 ans : ceux de la colonisation. Deux figures symbolisent cet engagement suisse pour la fin de la Guerre d'Algérie : celle du diplomate, celle du porteur de valise. Et dans l'ombre, celles de centaines, peut-être de milliers, de militantes et de militants de la gauche suisse, actifs dans l'accueil des déserteurs français et des militantes et militants algériens, dans la diffusion des textes du FLN, des témoignages sur la torture...

    (sur ce thème, voirr https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=cmo-001%3A1995%3A11%3A%3A82)

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  • Du bon usage de la guerre d'Ukraine et du péril russe

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    vignette F35.jpgPoutine et les F-35 : fable suisse

    La droite suisse a son bon usage de la guerre d'Ukraine : en user pour justifier un réarmement de la Suisse. On ne niera pas à la Conseillère fédérale Viola Amherd et aux partisans de l'achat par la Suisse, pour un paquet de milliards, d'avions de combat américains F-35, un talent aigu d'opportunisme : les premières bombes  et les premiers missiles russes n'étaient pas tombés sur l'Ukraine depuis un jour qu'elle et ils exigeaient du comité d'initiative "Stop F-35" qu'il cesse de récolter des signatures (il en a déjà obtenu 90'000), et même retire l'initiative. Comme si l'agression poutinienne de l'Ukraine devait forcément justifier l'achat d'avions de combat inadaptés aux besoins de la Suisse, et qui lui coûteraient bien plus cher que ce qui avait été annoncé pour faire accepter leur achat contre leurs concurrents européens. L'initiative ne demande d'ailleurs même pas que la Suisse renonce à acheter des avions de combat, mais qu'elle en choisisse qui lui soient adaptés, et qui soient européens. Et occidentaux : des Rafale, des Eurofighters, pas des Sukhoï (encore que si on croit à la possibilité d'une attaque russe contre la Suisse, ce serait plus adéquat...), pas des F-35 étasuniens, qui sont moins des avions de défense que des avions d'attaque,  d'attaque, des avions de combat furtifs conçus pour larguer des bombes en territoire ennemi. Quel territoire ennemi pourraient atteindre des F-35 suisses ? la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche ? Ou les résidences lémaniques ou alpestres des oligarques russes ? La Suisse a d'autres armes, plus efficaces qu'une flottille d'avions de combat, pour s'opposer à un régime comme celui que subit la Russie : 80% du commerce russe de matières premières passe par la Suisse : que fait-elle pour le stopper ? Que fait-elle pour s'émanciper des fournitures de pétrole et de gaz russes ?

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  • Les "vieilles histoires" des banques suisses

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    blanchiment.jpgDirty business as usual

    Les révélations de #SuisseSecrets ? Des "cas particuliers", quelques "cas problématiques" datant d'une "époque révolue" et qu'il était "difficile d'éviter", assure le patron de la banque genevoise Lombard & Odier (213 milliards de  francs de dépôts privés en 2021, 25 milliards de plus en un an, 358 milliards si on y ajoute les dépôts d'autres institutions financières) Patrick Odier, ancien président de l'Association suisse des banquiers. Qui ne voit aucune raison de changer quoi que ce soit à la loi qui menace de prison ceux qui rendraient publiques des informations comme celles de #SuisseSecrets. Crédit Suisse et la Fondation Genève Place Financière tiennent le même discours : circulez, y'a rien à voir que de vieilles histoires pas intéressantes. De vieilles histoires, vraiment ? En fait, Business as usual...

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  • дурак !

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    apprenti sorcier.jpgPoutine est un magicien : il a ressuscité l'OTAN, renforcé l'Union Européenne, va y faire adhérer l'Ukraine, poussé la Suisse à s'y et va sans doute faire réélire Macron

    Poutine était certain de ne pas déclencher de riposte militaire "occidentale" s'il envahissait l'Ukraine : les USA, l'OTAN, l'UE avaient assuré qu'ils n'entreraient pas en guerre. Mais il avait sans doute sous-estimé le risque de réactions militaires indirectes (les livraisons d'armes) et non-militaires (les sanctions) qui aillent au-delà de postures. Il pouvait croire qu'Européens et Américains étaient prêts à sacrifier l'Ukraine comme les Européens avaient il y a trois quarts de siècle sacrifié la Tchécoslovaquie "pour sauver la paix". Il n'avait sans doute pas compris que sans entrer en guerre, ils allaient tout faire pour qu'elle lui soit, et soit à la Russie, la plus coûteuse possible (en hommes, en matériel, en ressources financières), tout en étant un coût acceptable pour l'Europe et les USA. Poutine est un magicien : il a ressuscité l'OTAN, renforcé l'Union Européenne, va y faire adhérer l'Ukraine, poussé la Suisse à s'aligner sur les sanctions européennes et à s'interroger sur le sens du mantra neutraliste, et va même sans doute faire réélire Macron sans qu'il ait besoin de faire campagne.  Poutine, c'est le Mickey de l'"apprenti sorcier" du Fantasia de Disney... Chapeau, l'artiste !

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  • Financement des partis politiques : La transparence à petit pas...

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    pompe à phynance.jpgDans le Jura, le peuple a largement accepté (par 11'354 suffrages contre 7596) il y a deux semaines une initiative populaire socialiste prévoyant la publicité des donations aux partis politiques, et de leurs auteurs,  dès un montant de 750 francs, et a refusé (par 10'179 voix contre 8256) le contre-projet moins contraignant présenté par le parlement et soutenu par la droite (PLR, PDC, UDC). Le texte adopté prévoit la publication des comptes annuels des partis, et de leurs sources de financement, ainsi que des comptes des comités de campagne de votations et d'élections cantonales et communales. L'identité des donateurs de plus de 750 francs pour les personnes physique, dès le premier franc pour les personnes morales, doit être rendue publique. Pendant ce temps là, à Genève, où une telle loi existe déjà (avec quelques différences), la majorité de droite de la commission du règlement du Conseil municipal a refusé la proposition socialiste de conditionner le subventionnement des groupes parlementaires du Conseil au respect de la loi. On dit que Genève fait partie de l'Arc jurassien ? la corde de l'arc semble un peu distendue.

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  • #SuisseSecrets de polichinelles

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    Suisse Secrets.jpgPublication de données fuitées sur les clients douteux du Crédit Suisse : pas une révélation, mais une confirmation

    Grâce à un collectif d’enquête international, autour de l' Organized Crime and Corruption Reporting Project, la disponibilité du Crédit Suisse à accueillir l'argent de criminels, de dictateurs, de patrons corrompus, a été confirmée par l'enquête #SuisseSecrets . Et nous disons bien "confirmée", pas "révélée". Parce que cela fait des décennies qu'on sait que les banques suisses sont bien plus tolérante qu'elles le disent à l'égard de l'argent sale. C'est peut-être alors le moment de ressortir du carton des vieux livres descendus à la cave celui de Jean Ziegler qui, il y a bientôt cinquante ans (il date de 1977), avait dénoncé "une Suisse au-dessus de tout soupçon". #SuisseSecrets est une enquête internationale de journalistes et de dizaines de journaux de plusieurs dizaines de pays. Mais pas de journalistes suisses, pas de journaux suisses : les journalistes et journaux suisses ont renoncé à y  participer pour éviter de se retrouver poursuivis du fait de l'existence dans le droit helvétique d'une disposition (l'article 47 de la loi sur les banques), imposée par le PLR, qui permet de condamner qui a publié des informations couvertes par le secret bancaire et obtenues illégalement. L'enquête internationale n'a donc pas eu seulement le mérite de confirmer la permanence du recel bancaire à la Suisse, mais aussi de mettre en cause l'instauration d'une censure construite sur un chantage pesant sur les media suisses : faites silence, ou  retrouvez-vous au tribunal. Voire en prison. Le PS exige  l'abrogation immédiate de l'article sur la censure, des lois plus strictes  et une meilleure surveillance contre la criminalité fiscale, des sanctions efficaces contre les banques fautives et la fin du secret bancaire dans notre pays. Ce serait la moindre des choses, mais la moindre des choses, c'est déjà beaucoup trop pour la majorité de droite du parlement fédéral (et du Conseil fédéral). Reste la voix populaire : donnez la vôtre sur https://suissesecrets.ch/fr/?mtm_campaign=nl&mtm_content=0222

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  • Mineurs péruviens en grève contre une filiale de Glencore

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    Capture d’écran 2022-02-23 012342.jpgPartenariat social : slogan ici, mot creux là-bas

    A Andaychaga, au Pérou, une filiale de la multinationale suisse Glencore, l'entreprise Volcan, répond par la répression à une grève de mineurs exigeant l'impossible : le respect du "partenariat social" que le patronat suisse glorifie ici, mais laisse piétiner par ses filiales ailleurs. Car que revendiquent les mineurs d'Andaychaga ? que Volcan négocie avec leur syndicat et respecte les droits syndicaux et les décisions des tribunaux péruviens. Le SOLIFONDS soutient le syndicat des mineurs en grève, appelle au soutien de ce soutien et exige, avec les mineurs, que la filiale péruvienne d'une multinationale suisse accepte de négocier avec leur syndicat. C'est par ici que ce soutien peut se faire :

    SOLIFONDS, www.solifonds.ch, mail@solifonds.ch, PC 80-7761-7

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  • Refus de l'interdiction en Suisse de l'expérimentation animale et humaine

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    expérimentation animaleRAPPORT AUX BETES

    L'initiative pour une interdiction de l'expérimentation animale et humaine a été littéralement balayée (à 79 % des suffrages) par le peuple. Non par mépris des animaux, mais par crainte de ne plus pouvoir bénéficier des résultats médicaux de cette expérimentation : l'humain pense d'abord à lui-même avant que de penser aux animaux. L'échec cinglant de l'initiative est cependant trompeur, en ceci qu'il ne clôt nullement le débat fondamental sur le rapport que l'animal humain doit entretenir avec les autres animaux -"les "autres animaux", puisque si,  dans ce début de ce texte comme dans le langage courant, on utilise les mot "animaux" et"humains" en opposition, à tout le moins en distinction, de ce que l'un et l'autre désignent, on ne cède qu'à une commodité de langage, alors que les humains sont des animaux. Qui tiennent à se distinguer des autres animaux, mais n'en constituent pas pour autant un genre distinct -seulement une espèce spécifique : il y a bien une espèce humaine, mais pas de "genre humain" et fondamentalement, il n'y a pas plus de différence entre un humain et un chat qu'entre un chat et un chien, bien moins entre un humain et un chimpanzé (nous ne sommes après tout que des primates, comme eux, les gorilles, les orang-outangs et les bonobos) qu'entre un chimpanzé et un ouistiti... De différences entre animaux, la société humaine en fait quand elle accorde des statuts différents aux animaux de compagnie, de boucherie et de laboratoires : "jamais les animaux n'avaient été traités avec à a fois autant de violence et autant de bienveillance", note l'anthropologue Charles Stépanoff, qui ajoute que "ces deux modes sont en réalité complémentaires puisque nous nourrissons nos animaux de compagnie avec la viande que nous ne consommons pas des animaux que nous abattons"... 

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  • Les Suisses refusent d'aider leurs media (mais les Romands et les villes l'acceptent)

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    presse romande.jpgCompromis foiré

    On s'y attendait, mais, contrairement à l'éditeur de GHI qui jubile (les "gratuits" ne bénéficiaient pas de cette aide, etil ne voit donc pas pourquoi d'autres auraient pu en bénéficier...) on est tout de même déçus : à 54,6 %, les Suisses et les Suissesses ont refusé de renforcer l'aide publique fédérale aux media, malgré  la Romandie (sauf le Valais, majorisé par sa partie alémanique), Uri, Bâle-Ville, Zurich et les autres plus grandes villes,  qui l'ont accepté. La Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui portait le projet, en a tiré la conclusion qu'il fallait "prêter une attention particulière aux minorités linguistiques". Le projet refusé par la majorité du peuple avait tous les défauts d'un compromis : il accordait aussi une aide à des media qui n'en avaient pas besoin  et en vouant agréger des soutiens contradictoires, il agrégeait aussi des oppositions diverses. Les battus du jour sont d'ailleurs tout aussi divers : le vote fédéral est une défaite pour le Conseil fédéral et le parlement, c'est une défaite pour la gauche et le Centre qui soutenaient cette proposition, c'est une défaite pour la Romandie, mais c'est aussi une défaite pour un secteur qui tant qu'il était globalement florissant refusait hautement toute intervention publique pour maintenir les journaux en difficulté, et ne s'est mis à considérer favorablement  une telle aide qu'à partir du moment où ses recettes publicitaires ont commencé à être siphonnées par les nouveaux media et leurs maîtres, les GAFA. De sa défaite, le secteur est bien l'un des responsable.

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