Suisse

  • Loi fédérale sur les services d'identification électronique : Mauvaise ID

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    ID électronique.jpgCe n'est pas le thème du scrutin du 7 mars qui fait le plus débat (l'arbre de la burqa cache la forêt des autres enjeux), mais on votera sur l'instauration d'une clé virtuelle d'identité, un login certifiant l'identité de l'utilisateur d'un service en ligne, remplaçant tous ceux qu'on utilise, certifié par l'Etat mais fourni par des acteurs privés, agréés par une commission fédérale, mais poursuivant les buts qui sont ceux d'une entreprise privée, pas d'un service public. C'est précisément cette sous-traitance qui pose problème, et a justifié le référendum lancé par le Parti pirate, et soutenu par le PS et les Verts. Ce n'est pas sur le principe de la mise en place d'un système d'identification électronique unique que porte le désaccord à l'origine du référendum, mais sur les modalités de cette mise en place, et plus précisément la sous-traitance à des entreprises privées de la fourniture de l'identité électronique. Le risque est réel, quoi qu'en nie le Conseil fédéral, de l'utilisation des données par les entreprises prestataires, à des fins purement commerciales. Un sondage Tamedia donne le projet refusé à 56 % (et même 63 % en Romandie). Confirmons ce sondage par nos votes : telle que proposée par la loi fédérale, l'identité électronique est une fort mauvaise ID...

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  • Accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie : Un doigt dans un engrenage

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    huile de palme.jpgL'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie, soumis au vote populaire le 7 mars (c'est la première fois qu'un tel accord est soumis à un vote populaire à la suite d'un référendum), et qu'un sondage Tamedia donne accepté à 52 % (mais avec 6 % d'indécis, et une marge d'erreur de 1,3 point), a un objectif : réduire au maximum, voire supprimer, les entraves tarifaires ou normatives aux échanges commerciaux entre les deux pays.  L'enjeu du vote est donc à la fois le principe même du libre-échange des marchandises, la nature des échanges entre la Suisse et l'Indonésie et la nature des productions indonésiennes et des productions et services suisses dont, respectivement, la Suisse et l'Indonésie deviendraient la destination. Contre cet accord, et en fonction de ces enjeux, le référendum avait été lancé par la Grève du Climat, Uniterre et Attac. Les Verts les ont rejoints au niveau national pour recommander aujourd'hui le "non" à l'accord, que recommande aussi, désormais le PS (l'Assemblée des délégués du parti suisse en a décidé ainsi, contre l'avis de la direction et du groupe parlementaire) et la "gauche de la gauche" . Toute la droite soutient en revanche l'accord. Le vote du 7 juin en annonce sans doute d'autres sur les mêmes enjeux, puisque d'autres accords de libre-échange sont en négociation, avec le Mercosur (Amérique du Sud), la Malaisie, l'Inde et les Etats-Unis (avec la Chine, c'est déjà fait, en 2014). Dans cet agenda, une acceptation de l'accord avec l'Indonésie créerait un précédent. Comme un doigt dans un engrenage. Huilé de palme.

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  • Initiative "antiburqa" : Qu'importe le fonds pourvu qu'on ait le buzz ?

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    Magritte Amants.jpgVous avez jusqu'à jeudi pour voter par correspondance sur les objets soumis à votre sagacité dans le scrutin du 7 mars. Cinq objets sont au menu : trois fédéraux, un cantonal, un municipal. Alors, on va en refaire, pour la dernière fois, le tour. Et on commence par le plus invraisemblable : l'inscription dans la constitution fédérale, charte fondamentale de l'Etat, texte qui en structure les institutions et en dit le projet, d'une norme vestimentaire : l'initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», dite "antiburqa". Elle  a la teneur suivante: "nul ne peut se dissimuler le visage dans l’espace public, ni dans les lieux accessibles au public ou dans lesquels sont fournies des prestations ordinairement acces-sibles par tout un chacun; l’interdiction n’est pas applicable dans les lieux de culte.2Nul ne peut contraindre une personne de se dissimuler le visage en raison de son sexe". La loi prévoit des exceptions, nombreuses,  justifiées par des raisons de santé ou de sécurité, des raisons climatiques ou par des coutumes locales . Selon le dernier sondage Tamedia, l'initiative disposait il y a une semaine du soutien de 56 % des personnes interrogées (soit sept points de moins qu'un mois auparavant) , avec une acceptation de deux points moins marquée chez les femmes (53 %) que chez les hommes (65 %). C'est à droite que ce soutien se constitue, avec 93 % des sympathisants (ou membres) de l'UDC, 63 % de ceux du PLR et 59 % de ceux du Centre (ex- PDC). A gauche, le refus est majoritaire à deux tiers, et les jeunes de 18 à 34 refusent majoritairement le texte.  On ne prend donc pas beaucoup de risque en continuant de partir de l'hypothèse, formulée depuis des mois, d'une acceptation de l'initiative avec des majorités massives en Suisse centrale et orientale (et probablement au Tessin et en Valais) et dans les zones périurbaines et rurales, et vraisemblablement un rejet dans les Ville. De toute façon, comme soupire la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, chargée de défendre (ce qu'elle fait sans conviction excessive) la position du Conseil fédéral , "si l'initiative est acceptée, cela ne changerait pas le destin de la Suisse et du monde". Ni d'ailleurs celui des femmes d'ici et d'ailleurs : les Suisses vont se faire plaisir en acceptant une initiative à l'effet proclamatoire : c'est aussi à cela que sert le droit d'initiative. Celle-là a surtout pour ceux qui l'ont lancé une fonction publicitaire : on parle d'eux, qu'importe le reste, le contenu, le fonds pourvu qu'on fasse le buzz ?

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  • Initiative "anti-burqa" : un débat à la con

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    sans issue.jpgDe qui être l'idiot utile ?

    Le débat qu'on subit depuis des semaines sur, autour, à propos de l'initiative dite "anti-burqa" (puisqu'on ne retient que cela d'elle), on s'est laissé aller à le qualifier de "débat à la con". Qualification peu élégante, un tantinet réductrice, mais tout de même assez ressemblante à ce qu'elle qualifie. Qu'est-ce qu'un "débat à la con" ? C'est un  débat dont les termes sont si foireux qu'on n'y peut débattre, juste y prendre une posture. Et que quelque position que l'on y prenne, elle sera récusée comme étant celle d'un idiot utile : des xénophobes si on appelle à voter pour l'interdiction de la burqa, des islamistes si on appelle à voter contre.  Enthousiasmant dilemme : être l'idiot utile islamophobe de Jean-Luc Addor ou celui islamogauchiste de Hani Ramadan.  Or s'il nous arrive comme à tout le monde d'être idiot, nous essayons tout de même de l'être inutilement, et quand il nous prend de vouloir être utile, de ne pas l'être idiotement. Comment sortir de ce piège à cons ? appeler à l'abstention, au vote blanc ou au vote nul, se dire que de toute façon, inscrire une  boeuferie dans la constitution, ça ne la fait pas être autre chose qu'une  boeuferie. Après tout, notre Constitution commence bien (comme la constitution iranienne...)  par "Au nom de Dieu", et ça le fait pas exister, Dieu... Pourtant, on ne s'est pas abstenu, ni voté blanc, ni voté nul. Parce que l'abstention est par définition insignifiante même quand elle est massive, que le vote blanc ne dit rien de plus que renvoyer le "non" et le "oui" dos à dos et que le vote nul ne l'est pas moins que le débat en cours.

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  • Pingre accueil de jeunes réfugiés en Suisse

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    Lesbos.jpg L'asile au compte-goutte

    20 jeunes rescapés de l'incendie du camp de réfugiés de Miria, sur l'île de Lesbos, ont été admis en Suisse juste avant Noël, avec 16 autres mineurs venant eux aussi de camps de réfugiés des îles grecques et ayant pour la plupart d'entre eux de la famille en Suisse. Tous ont été sélectionnés par les autorités grecques, en collaboration avec le HCR et des ONG,  pour leur vulnérabilité auront un statut de requérants d'asile et devront suivre la procédure idoine, en étant "relocalisés" -autrement dit, séparés les uns des autres. Le HCR et les villes suisses attendent plus de la Suisse que cet accueil au compte-goutte (qui n'exclut même pas les expulsions et les retours forcés des requérants déboutés vers les pays qu'ils fuyaient) : des milliers de mineurs sans famille sont entassés dans les camps grecs, et à fin décembre, la Suisse n'en avait accueillis que moins d'une centaine (ceux de Noël compris). Cet pingrerie de l'accueil tient d'une tradition assez récente : En près de cinquante ans (1968-2016), la Suisse n'aura accordé l'asile ou une admission provisoire qu'à 300'000 personnes, alors que dans les années cinquante des centaines de milliers de réfugiés, notamment hongrois se sont parfaitement intégrés à la population, fondus dans le décor helvétique, leurs enfants devenant des Suisses et des Suissesses comme les autres. O tempora, o mores...

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  • Accord de libre-échange de l'AELE avec l'Indonésie : Libre échange inégal

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    libre-echange.jpgLe 7 mars, le peuple suisse se prononcera sur un accord de libre-échange entre l'AELE (dont la Suisse est membre) et l'Indonésie, attaqué par référendum populaire au nom du commerce équitable, du respect des ressources naturelles et de la solidarité avec les producteurs indonésiens de produits exportés en Suisse.. Porte-parole des référendaires, le vigneron genevois Willy Cretigny explique que le principe même du libre-échange est à combattre et que favoriser la venue de produits qui viennent de loin est "mauvais pour l'environnement, augmente le transport de marchandises et met les écosystèmes locaux sous pression" : "à 'heure où l'on parle d'économie circulaire, de recyclage des déchets, cette fuite en avant entraîne notre perte".  Le référendum est lancé contre un accord qui a été soutenu aux Chambres fédérales par le PS (et, sauf erreur, les Verts). Des ONG comme Public Eye, le WWF, ou la Fédération romande des consommateurs  ont refusé de soutenir le référendum, qu'ont soutenu en revanche la Jeunesse Socialiste, les Jeunes Verts et la Grève pour le Climat. Qui (comme nous, ici) appellent à refuser un accord de "libre-échange" en quoi se résument tous les termes de l'échange inégal entre une économie du centre et une économie de la périphérie.

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  • Le référendum pétrolo-bagnolard contre la loi CO2 a abouti

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    temps.jpgFaire perdre du temps au temps

    Le référendum lancé par la Grève du Climat (du moins sa part romande) contre la loi fédérale CO2 n'a été déposé lundi qu'avec 7000 signatures, alors qu'il en faut au moins 50'000 pour provoquer un vote populaire. Mais ce vote aura tout de même lieu : l'autre comité référendaire, celui des lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC, a déposé son propre référendum aujourd'hui, avec 110'000 signatures. La disproportion des soutiens à chacun de ces deux référendum dit bien le rapport des forces entre eux, et entre les forces qui les ont lancé. Elle dit donc d'où vient, et ce que signifie, l'opposition réelle à la loi fédérale : maintenir le plus longtemps possible la dépendance de la Suisse au pétrole et des Suisses à la bagnole, pour continuer à en vendre le plus possible. La votation aura lieu en juin. La loi doit entrer en vigueur en 2022. Si  elle est refusée en votation populaire, elle n'entrera pas en vigueur. Ni en 2022, ni plus tard. Si elle est acceptée, il nous reviendra ensuite, dès son adoption, de nous mobiliser pour aller plus loin et plus fort qu'elle. Et le plus vite possible. Parce que le temps est compté. Et que le but du référendum pétrolo-bagnolard est précisément celui de nous le faire perdre. Quant à celui des grévistes du climat, il n'était ni criminel, ni irresponsable. Seulement idiot.

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  • L'initiative antiburqa soumise au vote le 7 mars prochain

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    Plutot la vie.jpgGesticulation

    En pleine coronapandémie, le Conseil national avait trouvé le temps de débattre de l'initiative populaire crypto-udéciste  proposant l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (dite initiative "antiburqa", puisqu'en réalité c'est bien de l'interdiction de cette seule dissimulation-là, l'islamiste, dont il s'agit), et avait par 114 voix contre 76 (UDC et une partie du PDC) appelé à la refuser, sans lui opposer un contre-projet direct. L'initiative sera donc soumise au peuple le 7 mars prochain. Le Conseil fédéral lui est également opposé, au nom du fédéralisme : elle empiète en effet sur une compétence cantonale alors que nombre de cantons se sont déjà prononcés sur des propositions du même genre que celle proposée par l'initiative : l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (ce qui implique l'interdiction de la burqa et du niqab, des masques et cagoules, mais pas celle du hidjab), avec suffisamment d'exceptions possibles (sanitaires, motocyclistes, carnavalesques ou climatiques) pour que cette interdiction ne soit qu'un voeu pie, et se résume en celle de la dissimulation du visage des femmes sous prétexte religieux (elle serait d'ailleurs levée pour les lieux de culte...). Et encore : on voit mal (en fait, on ne voit pas du tout...) la police genevoise, bernoise ou tessinoise interpeller sur les quais ou dans les rues les épouses eniqabées des nababs du Golfe, de diplomates ou de hauts fonctionnaires internationaux).  La loi d'application (l'initiative est constitutionnelle, et donc inapplicable sans loi d'application) pourvoira sans doute à parfaire l'impuissance du texte soumis au vote, en soustrayant touristes et épouses de détenteurs de passeports diplomatiques à ses dispositions. Une initiative peut être porteuse d'un projet. Celle-là n'est qu'une gesticulation. Qui fera elle-même beaucoup gesticuler une fois le débat lancé avant le vote.

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  • La place financière suisse pourra continuer à financer la production d'armes : Victoire à la Pyrrhus ?

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    dansleschiottes.jpgL'initiative pour une interdiction du financement des producteurs de guerre a été refusée par le peuple et les cantons, le parlement fédéral n'aura donc pas à rédiger une loi d'application (avec la ferme intention de l'appliquer la moins possible) mais 42% des votantes et des votants l'ont soutenue, et trois cantons et demi l'ont acceptée. Cette défaite est plus qu'honorable, face au lobby de l’armement et à celui de la finance, à toute la droite et au Conseil fédéral. Les producteurs de matériel de guerre pourront donc continuer à être financés par les fonds de pension des retraités suisses (et les grandes banques, et la Banque Nationale). Une victoire pour la place financière suisse, sans nul doute. Mais une victoire à la Pyrrhus : l'initiative a été acceptée (à 51 %) dans les villes et plébiscitée par la gauche (90 % de l'électorat vert, 81 % de l'électorat socialiste). Et depuis le rejet en 2009, à 68 %, de l'initiative contre l'exportation de matériel de guerre, le vote en faveur d'un texte du GSsA a progressé de dix points. De bonne augure, avant le vote sur une nouvelle initiative, celle pour une interdiction des exportations d'armes vers des pays en guerre, et pour la récolte de signatures pour une nouvelle initiative contre l'achat de nouveaux avions de combat. Il a raison, le secrétaire général du Groupe romand pour le matériel de défense et de sécurité, Philippe Zahno : "il va falloir poursuivre nos efforts et notre travail de communication auprès de la population" pour lui expliquer que le matériel militaire suisse ou dans la fabrication de quoi des acteurs économiques suisses investissent ne fait de mal à personne. Jamais. Nulle part. D'ailleurs, ce n'est même pas du matériel militaire, mais des outils de bricolage, des pétoires de collection et des instruments de tir sportif.

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  • Votations fédérales :  Pas déçus en bien...

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    Capture d’écran 2020-11-29 203024.jpgAprès une campagne qui fut celle d'une mobilisation jamais vues depuis longtemps, la déception est au rendez-vous : on aurait bien aimé être surpris d'un résultat démentant nos prévisions, on ne sera pas "déçus en bien"  puisque l'initiative pour des entreprises responsables, acceptée (comme espéré) par une petite majorité (40'000 voix d'avance) du peuple suisse, a été refusée (comme prévisible) par une majorité des cantons, l'initiative contre le financement des armes de guerre étant refusée par le peuple suisse et les cantons (mais acceptée à Genève, dans le Jura, à Bâle-Ville et à Neuchâtel). On reviendra un de ces jours sur la seconde initiative, on s'en tiendra ici à la première : l'initiative pour des entreprises responsables ayant succombé à la vieille règle confédérale de la double majorité du peuple et des cantons, le contre-projet indirect entrera en vigueur, sans avoir été soumis au vote. Ce contre-projet est une tartufferie, un semblant de tout petit pas qui n'aurait même pas pu être fait si l'initiative n'avait exercé une pression et suscité une crainte suffisante pour que la droite parlementaire, et les multinationales elles-même, se résolvent à le proposer. Voilà donc la Suisse dotée d'une loi qu'il va falloir renforcer. Beaucoup renforcer. Sous pression européenne, puisque l'Union européenne va se doter d'une directive sur la responsabilité des multinationales, qui ressemblera beaucoup à ce que proposait l'initiative, ce qui nuance notre déception d'un soupçon de ricanement : que la Suisse ne soit pas membre de l'Union européenne n'exemptera pas "nos" multinationales des obligations posées par cette directive, puisqu'elle s'appliquera à toutes les entreprises actives dans l'Union Européenne -y compris, donc, des entreprises suisses ayant leur siège en Suisse... qui hurlaient à la mort à l'idée de devoir se retrouver devant des tribunaux suisses mais qui pourront être accusées devant des tribunaux européens... Amusant, non ?

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  • Initiatives populaires soumise au vote dimanche : Partie gagnée ou partie remise ?

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    Bandeau multinationales.jpg

    La procédure constitutionnelle encadrant le droit d'initiative est telle que l'acceptation d'un texte proposé dans ce cadre n'est qu'exceptionnellement accepté : la double majorité du peuple et des cantons est un obstacle considérable. Les derniers sondages sur les intentions de vote lors du scrutin de dimanche laissent supposer qu'aucune des deux initiatives populaire que nous soutenons n'obtiendra cette double majorité (à nous de les faire mentir, ces sondages), mais que toutes deux pourraient obtenir celle qui nous importe le plus, celle du peuple (à nous de les confirmer sur ce point, ces sondages). Si tel devait être le cas, elles ne seraient évidemment pas acceptées, mais elle seraient constitutives d'un nouveau rapport de forces pour un contrôle plus réel des actes des entreprises et de ceux des investisseurs. De sorte que, même si la partie ne devait pas être gagnée, elle ne serait alors que remise. Car nous sommes constants et endurants. Récidivistes et relapses.

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  • Le véritable contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" : "C'est pas moi, c'est l'autre"

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    Syngenta exporte des pesticides très toxiques,interdits en Suisse et dans l'Union Européenne. LafargeHolcim exploite au Nigeria une cimenterie qui pollue l'air et les sols  et empoisonne les voisins. Glencore contrôle des mines qui font travailler des enfants. Mais dans une pleine page achetée au "Matin Dimanche", Glencore se défend, sur le mode de "c'est pas moi, c'est l'autre" : ce n'est pas moi, Glencore, qui "pollue l'eau, empoisonne les enfants et encourage le travail des enfants", ce sont les "coopératives minières locales (...) soumises au contrôle de la société minière d'Etat" et pas à celui de Glencore, qui ne peut "pas décider du lieu où les coopératives opèrent, ni de leurs conditions de travail".  Et Glencore ne peut pas contrôler si les coopératives font ou non travailler des enfants, "elles sont indépendantes". D'ailleurs, c'est à peine si Glencore les connaît. La multinationale n'est même pas "responsable, pas coupable", elle n'est ni responsable, ni coupable, totalement étrangère à ce qui se passe sur le terrain, et de ce que font les entités qui travaillent pour elles. C'est cela, le contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" de leurs actes : des multinationales irresponsables des actes de leurs sous-traitants locaux...

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  • Initiative pour des"Entreprises responsables" : Un débat politique, pas un débat religieux

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    Capture d’écran 2020-11-16 011958.jpgLe débat sur l'initiative pour des "entreprises responsables" fait rage. Et quoique les églises y prennent part en soutenant l'initiative, ce qui est leur droit le plus strict en tant qu'organisations sociales et culturelles comme bien d'autres (c'est ce qu'elles sont, dans une société sécularisée), ce n'est pas un débat religieux mais un débat politique. Pas un débat entre le bien et le mal mais un débat entre l'efficace (l'initiative) et l'inefficace (le contre-projet). D'ailleurs, les opposants à l'initiative passent leur temps à dire qu'elle poursuit des "buts louables", et qu'ils ne s'y opposent que parce qu'elle "va trop loin". Et nous, partisans de l'initiative, passons le même temps à dire qu'elle ne va que là où elle doit aller, vers ses buts "louables", alors que le contre-projet, lui, ne va nulle part. Ce pourquoi les "milieux de l'économie" et la plupart des grands patrons (mais pas tous) le soutiennent avec une ardeur aussi suspecte que leur conversion à une responsabilité des actes de leurs entreprises cimentières, agroalimentaires, minières, bancaires  : Le Crédit Suisse nous apprend, dans une pleine page de pub dans les quotidiens,  qu'il "partage (les) objectifs de 'initiative, à savoir améliorer encore la protection des droits de l'homme et de l'environnement" et qu'"il ne fait aucun doute que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs activités". Et que telle est sa conviction, on doit le croire sur parole. D'Evangile.

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  • Initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre : 51 % de "oui", c'est trop peu..

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    financement des armes de guerre.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une majorité en faveur de l'initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre, avec 51 % d'intentions de la soutenir, et plus de 60 % de soutien chez les femmes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (40 % de "oui" au PDC). Ce sondage ne présage nullement de l'acceptation de l'initiative lors du vote populaire, d'autant qu'il lui faut la double majorité du peuple et des cantons : 51 % d'intentions de vote, ce n'est de loin pas assez. Et le vote se profile, pour plus tard,  sur une autre initiative contre les exportations d'armes, visant à interdire cette exportation "dans des pays en proie à la guerre civile". Cette initiative est la cible d'une proposition du Conseil fédéral de lui opposer un contre-projet indirect, c'est-à-dire une loi qui, si elle était acceptée, entrerait en vigueur si l'initiative était refusée. Et là encore, il va falloir batailler dur pour l'emporter... Aux armes politiques, citoyens !

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  • Initiative pour des multinationales responsables de leurs actes : Fiat Lux !

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    Capture d’écran 2020-11-06 035355.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une nette majorité en faveur de l'initiative pour des "multinationales responsables" (de leurs actes), avec 57 % d'intentions de la soutenir, et près ou plus de 65 % de soutien chez les femmes, les moins de 35 ans et les habitants et habitantes des villes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (44 % de "oui" au PDC). Du coup, fort inquiets, les opposants à l'initiative  tentent tout ce qu'ils peuvent pour rendre le débat confus et le verdict incertain. Il reste trois semaines pour dissiper ces ombres: Fiat Lux !

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  • Covider les lieux culturels

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    Baltard.jpgUn nouveau semi-confinement qui ne dit pas son nom

    Face à la pandémie qui a repris de la vigueur ("La dégradation de la situation est spectaculaire" a annoncé le 28 octobre Alain Berset. ), la Suisse , qui compte désormais, en pourcentage de la population plus de contaminés (762 cas pour 100'000 habitants, 8600 nouvelles infections pour la seule journée du 28 octobre), plus de malades en soins intensifs et plus de morts (24 mercredi), reconfine sans vraiment reconfiner tout en reconfinant un peu, en annonçant que si ça ne stoppe pas la progression de la covid, on ira encore plus loin dans les mesures de restrictions des libertés personnelles et collectives, et que déjà, s'ils le veulent, les cantons peuvent eux-mêmes aller plus loin. Le président de la Fédération des entreprises romandes, Ivan Slatkine "salue ces mesures pondérées", et le président d'EconomieSuisse, Christoph Mäder soupire (d'aise) : "pour l'économie, c'est supportable". Et pour la culture ? La quoi ? D'ores et déjà, la jauge des spectacles culturels est plafonnée à 50 spectateurs. Comme les cultes et les messes (la pandémie ramène le cultuel ou culturel...). Une jauge impossible à tenir financièrement  pour les moyennes et grandes institutions (comme à Genève, le Grand Théâtre, le Théâtre de Carouge, le Forum-Meyrin, bientôt la Nouvelle Comédie...). Commentaire du magistrat en charge de la culture en Ville de Genève : Sami Kanaan : "Coup de massue pour la culture! Le Conseil fédéral décide de faire porter aux acteurs culturels (théâtres, opéras, cinémas, festivals, etc.) la responsabilité de fermer ou annuler lorsque la jauge maximale de 50 personnes n’est pas tenable économiquement, afin d’éviter de devoir verser les indemnités fédérales. Cynique et choquant!". Et, de plus, absurde, arbitraire et injuste :  les milieux culturels, théâtres, opéras, musées, bibliothèques, cinémas, sont ceux qui ont le plus scrupuleusement observé les prescriptions sanitaires : "il n'y a pas de cluster dans les théâtres", rappelle le directeur du Théâtre de Carouge, Jean Liermier : comme les lieux de concerts et les cinémas, ils arrivaient à fonctionner en respectant les mesures de précaution sanitaires (masques, distances, gel hydroalcoolique), des places numérotées et une jauge adaptée à la capacité de la salle. Ils n'y arriveront pas avec une jauge plafonnée à 50 spectateurs dans des salles qui peuvent en accueillir cinq, dix ou vingt fois plus. 

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  • Après l'incendie du camp de Moria (Lesbos) : Le compte-goutte suisse

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    camp de Moria.jpgLe 8 septembre, sur l'île grecque de Lesbos, un incendie a complètement détruit le camp de stockage des migrants de Moria, où 13'000 personnes, dont 4000 enfants. étaient entassées dans une infrastructure prévue pour 2000 personnes. La Covid et les mesures prises pour tenter d'en freiner la propagation dans le camp (couvre-feu) y avait rendu les conditions de vie  encore plus insupportables. Neuf villes suisses, dont Zurich, Genève, Lausanne, Delémont, Fribourg, ont annoncé qu'elles étaient prêtes à accueillir des réfugiés en provenance de Lesbos. Les Maires socialistes de Genève et Lausanne, Sami Kanaan et Grégoire Junod, plaident pour un "engagement plus important de notre pays pour l'accueil de réfugié.e.s", le magistrat popiste (du Parti du Travail, donc) lausannois David Payot ajoute que l'objectif des villes est "que la Confédération organise dans les plus brefs délais une conférence nationale urgente sur le sujet" pour "coordonner les acteurs plutôt que de diluer les responsabilités". Et en face, en haut, au Conseil fédéral, on dit quoi, on fait quoi ? La Conseillère fédérale Keller-Sutter a annoncé que la Suisse ne pouvait accueillir, au compte-goutte, que 20 jeunes migrants, mineurs et non-accompagnés (MNA). A comparer aux 1500 personnes, plus 150 MNA, que la chancelière allemande Merkel a annoncé vouloir accueillir, la France se déclarant prête à en faire autant. Et à comparer aussi aux 14'000 demandes d'asile déposée en Suisse en 2019, presque trois fois moins qu'en 2015.

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  • Quand l'"économie" nourrit la pandémie

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    dansemacabre.jpgDanse macabre

    Un  sondage en ligne de l'institut Gfs entre le 22 et le 27 avril accordait une confortable cote de confiance aux zautorités (Conseil fédéral, Office fédéral de la santé publique, gouvernements cantonaux -on a évidemment oublié les communes...) et aux scientifiques dans la lutte contre le virus, et même dans le processus de sortie de confinement : 80 % des sondés faisaient confiance aux scientifiques, 78 % au Conseil fédéral, et à l'Office fédéral de la santé publique, 74 % au gouvernement de leur canton (mais quelque chose nous dit qu'il doit y avoir de fortes variations cantonales : 78 % des Genevois faisant confiance au Conseil d'Etat genevois, ça tiendrait du miracle...). Que reste-t-il de cette belle confiance après les navrantes prestations de nos sept supposés (et supposées) sages, la semaine dernière (une conférence de presse gouvernementale où on nous a parlé pour ne rien dire, sinon qu'on nous dira peut-être quelque chose une semaine plus tard)... On note que les cantons, chacun pour lui-même en Alémanie, ensemble en Romandie, prennent les décisions que la Confédération n'ose pas prendre, incapable qu'elle semble être de choisir entre défendre la population et défendre "l'économie" à tout prix de contaminations,  d'hospitalisations, de morts. Il faut dire que le patronat a pesé de tout son poids, et il est considérable, pour qu'aucune mesure ne soit prise qui entrave l'activité des entreprises... Et c'est ainsi que l'obsession de l'"économie" nourrit la pandémie... Danse macabre...

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  • Que faire de la nouvelle loi sur le CO2 ?

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    bris de verre.jpgTrop petit pas (tapon) ?

    En août, la Grève du climat annonçait vouloir remettre la pression sur les institutions, après l'adoption de la loi fédérale sur le CO2, pour aller plus loin que la loi. Et en septembre, les groupes romands de la Grève du climat annonçaient vouloir lancer, ou soutenir, un référendum contre cette même loi, qu'on voulait en août dépasser, et qu'on veut en septembre abroger -ce qui aboutirait à un statu quo, inconciliable avec toute reconnaissance de l'urgence d'une réponse à la dégradation climatique. La loi CO2 ne prévoit que de réduire de 50 % les émissions de CO2 en 2030 (par rapport à 1990), au lieu que de les ramener au niveau de 1990, et ne se fixe comme objectif que 75 % de ces réductions soient effectuées en Suisse, au lieu que d'y effectuer 100 % et de renoncer à ratifier le"marché des droits de polluer" ailleurs,  accordé aux pollueurs depuis le protocole de Kyoto. Il  faudra la purger de cette compromission (comme d'autres), mais refuser la loi ne serait pas refuser "le droit de polluer", puisque ce droit est accordé sans elle. Si rien n'est fait (et si la loi devait être refusée), la Suisse prendrait part à un scénario planétaire de 6°C d'augmentation de la température. La nouvelle loi, adoptée un an et demi après le refus du premier projet,  renforce la faible protection climatique dont la Suisse s'est dotée. Elle ne la renforce pas assez, mais un refus de la loi laisserait cette protection dans l'état où elle est actuellement, et la priverait même de base légale puisque la loi de 2011 ne court que jusqu'à la fin de l'année -et c'est précisément ce que cherchent l'UDC et ses alliés (l'Automobile Club, l'association des aérodromes, le Centre patronal vaudois, le lobby pétrolier). Et d'en appeler, pour refuser la loi (et donc signer le référendum) aux propriétaires de maisons individuelles, aux habitants des régions de montagne et, évidemment, à la "classe moyenne". La loi CO2 attaquée par l'UDC et ses alliés fait un petit pas", juge la climatologue Martine Rebetez. Elle va un peu plus loin (notamment en introduisant une taxe sur les billets d'avion) que le projet initial du Conseil fédéral, que les socialistes et les Verts avaient refusée lorsqu'elle avait été soumise aux Chambres fédérales. La nouvelle loi, nul à gauche n'en disconvient, est insuffisante : elle ne permet pas de relever le défi du réchauffement climatique et elle accorde à la place financière une sorte d'immunité sur les effets de ses investissements dans les énergies fossiles et les activités génératrices de CO2.  Mais ces insuffisances sont-elles une nuisance telle qu'il s'imposerait de combattre la loi par un référendum aux côtés de l'UDC, du lobby pétrolier et du patronat le plus réac, par un référendum, plutôt que la renforcer, la compléter, l'élargir ?

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  • "Multinationales responsables" : rien n'est encore joué

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    Le mois le plus long

    A en croire les derniers sondages, l'initiative "Pour des entreprises responsables" serait acceptée (à 57 % selon un sondage Tamedia de la mi-octobre) par le peuple -mais une initiative populaire doit aussi obtenir une majorité des cantons. Des majorités écrasantes des électorats socialistes et verts (plus faible chez les Verts libéraux) la soutiennent, une moitié de l'électorat PDC la soutient plus ou moins fermement, ainsi que des minorités de l'UDC et du PLR. Les femmes lui sont également très favorables (à 66 %) à l'initiative), et les Romands le sont un peu plus que les Alémaniques et les italophones. Rien n'est cependant joué -non seulement du fait de l'obstacle de la double majorité du peuple et des cantons, mais aussi du fait des hésitations de l'électorat centriste (malgré l'engagement des églises), et de la campagne des adversaires de l'initiative. Il nous reste un mois pour imposer aux multinationales d'assumer leurs responsabilités : le mois le plus long...

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