Suisse

  • Troisième grève féministe et des femmes : A 15 heures 19, la colère...

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    grève féministe.jpgCe lundi 14 juin (ou 26 Prairial, jour du jasmin) est jour de grève. De Grève Féministe, 30 ans après la première Grève des Femmes, qu'un demi-million de Suissesses avaient suivie. Et le 14 juin 2019, elles furent à nouveau de centaines de milliers à manifester pour que soit tenue la promesse constitutionnelle et légale de l'égalité. Aujourd'hui est jour de grève "contre le système capitaliste et patriarcal", contre la retraite à 65 ans, contre la violence faite aux femmes, pour la reconnaissance du travail domestique et de soins, pour la solidarité avec les luttes des paysannes, pour l'écoféminisme. Vastes enjeux, et autant d'urgences, mais d'urgences qui l'étaient déjà lors de la dernière Grève des Femmes, celle de 2019.  A commencer par celle de combattre le relèvement à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes, adopté il y a quelques jours par les Chambres fédérales.

    Des rassemblements, des manifestations se tiendront dans toute la Suisse. A 15 heures 19, heure à laquelle les femmes cessent d'être payées pour leur travail et, du fait de l'inégalité salariale, commencent à travailler pour rien, les cris de colère ont marqué le refus d'accepter que perdurent les inégalités, les discriminations, les violences.  A Genève, les rassemblements et les rendez-vous sont multiples (vous en trouverez le détail sur www.grevefeministe-ge.ch), la journée se concluant par un rassemblement à 17 places des Nations, qui se transformera en manifestation (départ 18 heures, après une minute de silence en mémoire des victimes de violences sexistes) vers les Bastions. Poutine et Biden n'étant pas encore arrivés, la ville sera aux femmes. Et ça tombe bien : comme on ne cesse de le rappeler chaque fois qu'on nous parle du "Grand Genève", Genève est un nom propre féminin... Aujourd'hui, la Grande Grève fera la Grande Genève. Et la Cité des musiques féministes.

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  • Loi sur les mesures policières "antiterroristes" : Se tromper de cible, ou la cacher ?

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    vignette mesures policières.jpgIl ne reste plus que trois jours et demi pour dire "non" à la loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le terrorisme.  Le Conseil fédéral le promet : ni les militants d'extrême-gauche, ni les rebelles climatiques ne sont menacés. Mais rien dans la loi, et dans la définition du "terrorisme"qu'elle donne, n'offre la moindre garantie que cette promesse soit tenue, puisque la plupart des mesures rendues possibles par la loi pourraient s'appliquer sans contrôle judiciaire, la police fédérale pouvant en décider seule. La Suisse avait déjà durci ses lois après les attentats djihadistes de Paris, ces durcissements suffisent. Leur efficacité ailleurs, là où des mesures semblables ont été prises, est même contestable: la France s'est dotée il y a cinq ans d'un dispositif policier du même type que celui que le gouvernement suisse propose, et ce dispositif n'a pas empêché les attentats suivant à Paris et à Nice... En Suisse, aujourd'hui, envisager, et à plus forte raison préparer un attentat est déjà criminel, passible d'arrestation, de condamnation, d'emprisonnement. En Suisse, aujourd'hui,on peut déjà être surveillé, filé, écouté, filmé, interpellé, interrogé, mis en garde-à-vue si on est suspecté de radicalisme violent. En suisse, demain, aucun "radicalisé" ne sera impressionné par des mesures du genre de celles sur quoi on se prononcera dimanche, sinon ceux dont le "radicalisme" n'est qu'une posture velléitaire. La loi soumise au vote n'est finalement dangereuse que pour celles et ceux dont le gouvernement assure qu'elle ne les vise pas... Mais est-ce elle qui se trompe de cible, ou lui qui cache sa cible réelle ?

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  • Echec annoncé des initiatives antipesticides : Une occasion manquée ?

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    pesticidesLes sondages ont perdu de leur optimisme (et nous ont fait perdre du nôtre) sur les chances qu'ils donnaient naguère aux initiative antipesticides d'obtenir une majorité absolue des suffrages, dimanche prochain : ils annoncent désormais leur défaite, nette mais sans être écrasante. Ce serait alors une occasion manquée, de réformer une politique agricole qui ne sert plus guère qu'aux plus grosses exploitations. Ce qui est en cause dans le dénonciation de l'usage des pesticides dans l'agriculture, c'est bien cette politique basée sur la compétitivité économique et aboutissant à ce que le prix des productions agricoles suisses soit finalement fixé par la Migros et la Coop -la vente directe à la ferme ne pouvant être une alternative à la puissance de ce duopole. Résultat : deux fermes disparaissent en Suisse tous les jours et, comme le dit l'agriculteur jurassien bernois Paul Sautebin, "consomme dix calories pour en produire une", remplace les agricultrices et les agriculteurs "par une technobureaucratie parasitaire hors-sol (...) affaiblit l'immunité, la fertilité et la résistance des sols, qu'elle croit compenser par des artifices chimiques et mécaniques. Les coûts collatéraux en deviennent exorbitants  en termes de pollution, de santé publique, de perte de la biodiversité, de transport, de réchauffement climatique, de chômage, de bio-invasion, d'exode rural (...)". En réalité, l'agriculture sous pesticide détruit ses propres conditions de production, et l'émanciper des pesticides serait lui permettre de se réinventer, pour durer. D'ailleurs, sur les 51'000 exploitations agricoles suisses représentées par l'Union Suisse des Paysans, 8000 seraient favorables à l'une, l'autre ou les deux initiatives antipesticides. Il reste jusqu'à dimanche pour faire mentir les sondages...

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    Lien permanent Catégories : Agriculture, alimentation, Suisse, votations 2 commentaires
  • Incertaine majorité pour la loi CO2

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    vignetteCO2.jpgFaire gagner les pétroliers ?

    On vous le rappellera ad nauseam : dimanche, on aura voté dans toute la Suisse sur une loi CO2 adoptée par le parlement, et combattue par le lobby pétrolier, les importateurs de voitures, l'Automobile Club (mais pas par le TCS, qui la soutient), les transporteurs routiers (leur association faîtière, l'ASTAG), l'UDC, une partie du patronat (le Centre patronal vaudois, notamment), la Chambre genevoise immobilière, l'Association Suisse des propriétaires fonciers,  (mais pas l'association des banquiers, qui a soutient) et des sections cantonales des Jeunes PLR. Que du beau monde. Selon les sondages,  la loi CO2 ne serait acceptée que par une majorité trop faible pour être tenue pour certaine. L'opposition, en effet, est forte hors des grandes villes où la loi est plébiscitée. Les hommes s'y opposeraient, les femmes la soutiendraient. Et si la loi devait finalement être acceptée, ce serait grâce au vote de l'électorat de gauche et des Verts libéraux, alors que le Centre est divisé et que la droite est majoritairement (au PLR) voire massivement (à l'UDC) opposée à la loi, dont le véritable adversaire, est le lobby pétrolier, qui tient à ce que la Suisse continue à dépenser des milliards chaque année pour le pétrole et le gaz, et serait le grand perdant d'une transition énergétique -qui, elle, serait la grande perdante d'un refus de la loi. 

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    Lien permanent Catégories : climat, Environnement, climat, Suisse, votations 1 commentaire
  • Fin des négociations avec l'UE pour un accord-cadre

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    Suisse-Europe.jpgHelvexit ?

    Selon un sondage Gfs de mai, 64 % des Suisses.ses étaient plus ou moins favorables à la conclusion d'un accord-cadre avec l'Union Européenne, mais une majorité à peine moins importante (58 %) étaient plus ou moins  favorables à des accords bilatéraux de libre-échange -les deux hypothèses étant contradictoires. Et à la fin du mois, le Conseil fédéral, sans consulter ni le Parlement ni (et encore moins) le peuple, décidait de mettre un terme aux négociations avec l'Union Européenne sur un accord-cadre, qui n'avait plus guère de défenseurs qu'une partie du PLR, une partie du PDC, les Verts libéraux, Economie Suisse et (peut-être) le Conseiller fédéral Ignazio Cassis. Le Conseil fédéral le savait: son projet d' accord n'aurait eu aucune chance en votation populaire, face à une coalition des "non" de droite, autour de l'UDC, et des "non" de gauche, autour de l'USS. Il ne restait dès lors plus que deux solutions : proposer une autre version d'un accord-cadre, ce dont le ministre en charge du dossier, Ignazio Cassis, semblait totalement incapable, ou renoncer à un accord-cadre et se replier sur des accords bilatéraux (il y en a déjà 120, et tous devraient être renégociés). Côté patronal, Economie Suisse voulait un accord-cadre, n'importe quel accord-cadre qui garantirait l'accès des exportateurs suisses au marché de l'Union Européenne (principal partenaire commercial de la Suisse, avec 55 % de ses exportations). Un accord de libre-échange satisferait donc au moins cette organisation patronale (celle du grand patronat), et une partie non négligeable de la droite, s'appuyant sur l'exemple du Brexit et de l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Qui est d'ailleurs un accord-cadre. Ressemblant comme un demi-frère au vieil accord, aujourd'hui désuet, conclu entre la Suisse et l'UE en 1992...

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    Lien permanent Catégories : Europe, Suisse 1 commentaire
  • Retraites : une initiative aboutit, des menaces pèsent

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    Capture d’écran 2021-05-27 024152.jpgUn 13e mois d'AVS à gagner dans les urnes

    L'initiative pour une 13e rente AVS, lancée par l'Union Syndicale Suisse le 5 mars, a abouti, quatre mois avant le terme du délai de récolte de signatures, et malgré les restrictions sanitaires à cette récolte. On votera donc, et on espère bien, comme le président de l'USS, Pierre-Yves Maillard, pouvoir voter «au plus tard» dans les deux ans. L'initiative demande de verser une treizième rente AVS, s'ajoutant aux douze rentes mensuelles. Le coût de l'opération serait de l'ordre de deux milliards de francs par an, financés principalement par la TVA et les réserves de la Banque Nationale. Dans un  pays où les rentes cumulées de l'AVS et du 2e Pilier ne dépassent pas, en moyenne, 3500 francs par mois, ça n'est pas trop demander... mais le vote populaire sera difficile à gagner : toutes les propositions de la gauche allant dans le sens de l'initiative syndicale d'aujourd'hui ont été refusées par le peuple ces dernières années. Toutefois, la situation a changé, et pas pour le meilleur : les rentes du Deuxième Pilier ont baissé (une personne qui prendra sa retraite en 2025 touchera une rente LPP de 20 % inférieure à celle de quelqu'un qui l'a prise en 2020) et de lourdes menaces pèsent sur le système de retraites. Politiques, les menaces, pas démographiques.

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  • Loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre...  contre quoi, au juste ?

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    vignette mesures policières.jpgLe 13 juin, les Helvètes* se prononceront en votation populaire sur une loi fédérale sur les mesures policières de lutte contre le "terrorisme". La Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter martèle que "sans sécurité, aucune liberté ne vaut d'être garantie" ? A leur manière, les jeunes socialistes, Verts, Verts libéraux et même parfois PLR répondent que sans liberté, aucune sécurité ne vaut d'être garantie. Et que les nouveaux moyens qu'accorde la loi à la police fédérale "passent outre l'équilibre" entre liberté et sécurité qu'une "démocratie libre" doit rechercher, estime le vice-président des jeunes PLR, Nicolas Jutzet. De l'avis des jeunesses des trois partis, la loi laisse trop de marge et d'arbitraire à une action des autorités, au nom d'une lutte contre un "terrorisme" que la loi ne définit pas clairement. On est dans une sorte de version helvétique, et donc adoucie, des dispositifs "antiterroristes" adoptés ailleurs (les "Patriot Act" américains, la loi britannique sur la surveillance électronique, la loi française sur la "sécurité globale") avec le même doute qui plane sur la définition du "terrorisme" que l'on prétend vouloir combattre. .  N'entend-on pas donner au Conseil fédéral , voire à la police fédérale, la possibilité de conclure des accords de collaboration policière avec des Etats étrangers, permettant l'échange de renseignements, voire l'autorisation à des policiers étrangers d'opérer en Suisse, sans que le parlement ait à les ratifier... 

    * Cette dénomination parfaitement anachronique étant choisie pour éviter l'assonance vipérine des "s" de la formulation épicène "les Suisses et les Suissesses"

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  • Rapport d'Amnesty International sur les centre fédéraux d'asile suisses : "Que les requérants d'asile soient traités comme des êtres humains" :

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    Capture d’écran 2021-05-21 012929.jpgSous-traitance de la maltraitance

    "Que les requérants d'asile soient traités comme des êtres humains" : Amnesty International ne demande pas la lune en conclusion de son rapport sur les violations des droits humains dans les centres pour réfugié.e.s en Suisse. Le rapport est accablant : il dénonce des pratiques dont les pires "pourraient être assimilés à de la torture" : des coups, des contraintes physiques provoquant l'étouffement (et dans un cas, une crise d'épilepsie), l'utilisation de spray au poivre, l'enfermement dans un container (un requérant y a été victime d'une crise d'hypothermie, et a dû être hospitalisé)... Les requérants victimes de ces pratiques (dont des mineurs non accompagnés)  renoncent le plus souvent à les dénoncer (encore faudrait-il qu'ils sachent à qui les dénoncer...), de peur de faire l'objet d'une décision de renvoi. Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) avait déjà été contraint, par de précédentes révélations sur les pratiques dénoncées par Amnesty, de suspendre quatorze  agents de sécurité sévissant  dans les centres de rétention de requérants d'asile, dont huit dans le centre neuchâtelois de Boudry. Ces agents avaient eux-mêmes rédigé les "rapports d'incidents" sur les faits (chaque année, plus d'un millier d'incidents sont enregistrés dans les quatorze centres fédéraux de rétention de requérants d'asile, où sont affectés 350 agents de sécurité), et alourdi ceux reprochés aux requérants pour justifier les violences exercées contre eux, et être couverts par leur hiérarchie. Le SEM a ouvert des procédures pénales, chargé l'ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer d'enquêter sur des cas d'usage excessif de la force, veut revoir le recrutement et la formation du personnel de sécurité et créer un bureau externe chargé de recueillir les plaintes des requérants. C'est un petit pas dans la bonne direction -mais un pas insuffisant. Il conviendrait d'en faire un autre : renoncer à sous-traiter à des privés la gestion des centre fédéraux de rétention des requérants d'asile -des centres qu'il faudrait d'ailleurs fermer purement et simplement. Et, comme le demande Amnesty, "prendre des mesures pour prévenir les mauvais traitements, éliminer le racisme et protéger les droits des personnes" dans ces centres. Le Secrétariat d'Etat aux migrations répond que "les éventuelles défaillances sont continuellement corrigées" (il vaudrait toutefois mieux les prévenir qu'attendre qu'elles se produisent pour les "corriger"), mais refuse d'être placé sur le même plan que la Biélorussie ou la Libye et nie que "des douleurs ou des souffrances seraient délibérément infligées aux requérants d'asile afin de leur extorquer des informations ou de les punir", ce qui serait effectivement de la torture. Mais ce faisant, et ce niant, il ne répond pas vraiment aux dénonciations de maltraitances... comme s'il admettait qu'il était inévitable qu'elles puissent se produire... et sans doute d'autant plus inévitable que la gestion de ces centres est sous-traitées à des entreprises privées.

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  • Grève pour l'avenir, vendredi 21 mai

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    Bandeau Grève pour l'avenir.jpg

    Deux urgences, une grève, un manifeste

    Vendredi sera jour d'une "grève pour l'avenir". Certes, on ne fait jamais grève que pour l'avenir -et un avenir meilleur, mais cette grève-là, à laquelle militants de l'urgence climatique et syndicats appellent ensemble, est surtout une grève pour relever les deux urgences qui nous requièrent : l'environnementale et la sociale. En faisant "converger les luttes" et les mobilisations pour l'une et l'autre. Dans toute la Suisse, dans la rue et sur les lieux de travail, des actions, des rassemblements, des manifestations exprimeront la nécessité d'une justice indissociablement climatique et sociale. Le premier rendez-vous est fixé pour tout le monde, partout, vendredi 21 mai à 11 heures 59 : sortez dans la rue, sonnez l'alarme en faisant du bruit. Rendez-vous suivants :
    A Genève, rassemblement à 16 heures et manifestation à 17 heures, plaine de Plainpalais
    A Lausanne, manifestation 17 heures 30, place de la Riponne
    A Neuchâtel, manifestation à 18 heures place Rouge
    Programme national et Manifeste de la Grève pour l'avenir :: www.grevepourlavenir.ch

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  • Initiatives antipesticides :  Fragile majorité

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    pesticides2.jpgSelon les premiers sondages, les deux initiatives antipesticides soumise au vote populaire le 13 juin recueilleraient une majorité de soutiens, mais une majorité trop faible pour que nous puissions nous convaincre de leur victoire finale (d'autant qu'une majorité populaire nationale ne leur suffit pas, et qu'il leur faut aussi une majorité populaire dans une majorité de cantons). Les deux initiatives anti-pesticides sont soumises au peuple sans contre-projet, ce qui rend le choix plus sommaire, et nous convainc de les soutenir toutes deux, quelque critique que nous ayons à formuler à l'une ou l'autre. Le soutien quasi équivalent aux deux initiatives suggère d'ailleurs qu'aucune différenciation n'est faite entre elles, alors que certains soutiens de la deuxième s'opposent à la première. Les initiatives sont massivement soutenues dans les villes mais repoussées dans les campagnes, et divisent le monde paysan, parce qu'elles portent une critique radicale de la politique agricole menée en Suisse, et des pratiques agricoles dominantes.

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  • Nouvelle loi fédérale sur le CO2 : Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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    pot d'échappement.jpgLe 13 juin prochain, la Suisse votera (ou non) la nouvelle Loi sur le CO2, attaquée en référendum par les lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC.  Fonte des glaciers, sécheresse, glissements de terrains : le réchauffement climatique se vérifie très concrètement, très immédiatement, et ses effets, reconnaît le gouvernement, sont "dangereux et coûteux"  Le but de loi proposée est de réduire de moitié en dix ans les émissions de CO2 mesurées à leur niveau de 1990, et, à terme, de pouvoir se passer complètement en Suisse d'énergie fossile, forcément importée (la Suisse a dépensé 80 milliards de francs en dix ans pour acheter à l'étranger du gaz naturel et du pétrole), pour la remplacer par des énergies renouvelables, et le plus souvent possible indigènes. Pour atteindre ce double objectif (la réduction des émissions de CO2, la substitution énergétique), la loi conjugue taxes (sur les billets d'avion), incitations financières, investissements dans les nouvelles technologie et redistribution (une grande partie des nouvelles taxes incitatives sur le CO2 sera reversée à la population, particulièrement aux personnes et ménages à bas revenus). De quoi, le 13 juin, lui accorder un soutien. Critique, insatisfait, certes, mais un soutien sans plus de réticence que celles qui doivent toujours accompagner notre soutien à quelque projet que ce soit (même les nôtres). Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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  • Loi fédérale sur les mesures policières "antiterroristes" : Retour de la police fouineuse ?

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    trou de serrure.jpgLe 13 juin, le peuple se prononcera (notamment) sur une loi de mesures policières "antiterroristes" adoptée par les Chambres fédérales en septembre de l'année dernière et contre laquelle un référendum a abouti, lancé par la Jeunesse socialiste, les Jeunes Verts et Verts libéraux, le Parti pirate et le "Computer Chaos Club". Une large coalition d'ONG a lancé fin mars sa campagne contre cette loi, qui donnerait à la police fédérale le pouvoir d'user de mesures de contraintes contre des personnes (même mineures) n'ayant commis aucun délit mais jugées potentiellement dangereuses. "Même une action de protestation légitime pourrait être poursuivie comme 'acte terroriste'", dénonce Amnesty International. Pour le comité  de campagne contre la loi, elle met en danger des droits fondamentaux et est porteuse d'un risque d'arbitraire policier, dès lors qu'elle laisse à la discrétion de la police fédérale des décisions qui devraient relever de la justice, et à la police la capacité de décider de ce qui est du terrorisme et décider de mesures de contrainte, sur la seule base d'indices, voire de soupçons, mais sans preuves, et sans même qu'aucun acte répréhensible ait été commis. Retour de la police fouineuse ?

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    Lien permanent Catégories : Suisse, terrorisme, votations 1 commentaire
  • Deux fois OUI pour en finir avec les pesticides dans l'agriculture suisse

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    pesticides

    Changer d'air, d'eau, de terre...

    Le 13 juin, deux initiatives populaires "anti-pesticides" seront soumises au vote du peuple et des cantons  : la première propose l'interdiction dans les dix ans des pesticides de synthèse; la seconde, "Pour une eau potable propre et une alimentation saine"de ne plus accorder dans un délai de huit ans de paiements directs qu'aux exploitations agricoles n'usant pas de tels pesticides, ni, pour l'élevage, d'antibiotiques. Ces deux textes sont dans l'air (pur) du temps : en 2017, selon un sondage, les deux tiers des Suisses.ses se prononçaient pour un usage plus rare des pesticides dans l'agriculture, la moitié étaient favorables à ce que les subventions publiques à l'agriculture soient réservés à sa part biologique (10 % de la production indigène en 2019) et les trois quarts n'admettaient pas la présence de pesticides dans l'eau potable. Les organisations agricoles et la droite vont faire campagne, avec le Conseil fédéral contre ces initiatives, qui, selon elles et lui, vont "mettre en péril toute la production agricole non biologique". En face (c'est-à-dire de notre côté), on notamment trouve Uniterre, Bio suisse (regroupement des producteurs bios), l'Association des petits paysans, Pro Natura, Aqua Viva et les Médecins pour l'environnement, qui soutiennent généralement (comme nous, ici) les deux initiatives, certaines organisations ne soutenant que la première (celle qui interdit les pesticides).

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  • Initiative 99 % : le peuple se prononcera, sans contre-projet

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    initiative, 99 %, Un seul texte, un seul "oui".

    La Jeunesse Socialiste a lancé et fait aboutir une initiative populaire fédérale, dite "99 %", pour taxer à 150 % les revenus du capital au-delà d'une certaine limite, fixée par le parlement, et d'affecter les ressources supplémentaires obtenues par cette taxation (entre cinq et dix milliards de francs) à une réduction de l'imposition des petits et moyens revenus tirés du travail, à des "transferts en faveur de la propriété sociale" ou au financement de prestations sociales (des crèches, des subsides à l'assurance maladie, des prestations complémentaires augmentées à l'AVS-AI) ou de la formation. On ne sera pas exagérément surpris que le Conseil des Etats et le Conseil national aient rejeté l'initiative, sans lui opposer de contre-projet. Les choses ainsi, seront claire, et les partisans d'une imposition plus forte des "super-riches" ne se diviseront pas entre deux textes : il n'y en a plus qu'un... un seul texte, un seul vote :

    www.99pourcent.ch

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    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Suisse 4 commentaires
  • Contre-réforme de droite de l'AVS : Faire payer les femmes

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    vignette AVS.jpgLa majorité de droite du Conseil des Etats a voté un report de l'âge de la retraite des femmes (le Conseil national doit encore se prononcer) de 64 à 65 ans, ce que lui proposait le Conseil fédéral, mais en a profité pour raboter (de 270 millions sur 700) les mesures de compensation que le gouvernement proposait pour rendre ce report acceptable par le peuple, qui l'a déjà refusé deux fois. En effet, le report de l'âge de la retraite des femmes provoque une réduction de leurs rentes, (un an de report leur fait évidemment perdre un an de rentes) alors qu'elles reçoivent déjà en moyenne un tiers de pension de 2e pilier en moins que les hommes, qu’elles effectuent aujourd’hui la majeure partie du travail de soins non rémunéré, et donc non constitutif de rente, et que leurs salaires en moyenne plus bas que ceux des hommes aboutissent  des rentes plus basses : la moitié des femmes ayant pris leur retraite en 2018 doivent se contenter de moins de 1754 francs de rente AVS par mois... L'Union Syndicale Suisse a lancé une pétition «  Pas touche aux rentes des femmes », qui a recueilli plus 300'000 signatures. Une bonne base pour, dans les mois à venir, faire pression au Parlement pour une véritable réforme, améliorer réellement les pensions de toute la population -et, le cas échéant, lancer un référendum contre une contre-réforme qui serait imposée par la droite pour faire payer aux femmes une amélioration temporaire (1,4 milliard de francs sur une masse financière de 47 milliards) de la situation financière de l'AVS.  En attendant quoi, on peut toujours signer l’initiative pour une 13e rente AVS. C'est par ici qu'on signe : https://www.avsx13.ch/initiative-ps-2/?src=sp-ps

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    Lien permanent Catégories : Politique, Retraites, AVS, AI, Suisse 5 commentaires
  • L'interdiction de la burqa en Suisse : Une "affaire de civilisation" et un vote sans conséquence directe

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    burqaL'étrange votation

    A un peu plus de 51 % des suffrages et 67'000 voix de différence, l'initiative populaire pour l'interdiction de se dissimuler le visage (dite initiative "antiburqa", puisque c'est autour de la dissimulation du visage des femmes qu'a tourné tout le débat, et le vote) a donc été acceptée, même si elle fait un résultat bien plus modeste que l'annonçaient les sondages, et de six points plus modeste que celui de l'initiative pour l'interdiction des minarets, lancée par le même comité crypto-udéciste. La campagne féministe et antiraciste menée contre l'initiative par des mouvements comme la Grève féministe et des femmes, le "Comité des femmes" ou les Foulards violets n'est pas étrangère à ce recul (les femmes ont majoritairement voté contre l'initiative, comme les y incitait ), et au rejet de l'initiative à Genève, et dans toutes les villes de plus de 100'000 habitants. Localement comme nationalement, le vote "oui" a été majoritairement un vote de droite et le vote "non", un vote de gauche.  A Genève, l'initiative n'a été acceptée que dans de petites communes de droite (à l'exception de Bernex et Chêne-Bourg), et refusée dans toutes les communes de gauche (à plus de 55 % en Ville de Genève, plus de 60 % aux Pâquis et à la Jonction). Ainsi a-t-on voté en Suisse sur des comportements moyen-orientaux et, comme le résume l'islamologue Andreas Tunger-Zanetti, cette initiative , sans effet concret mais avec une lourde charge symbolique, "en dit plus long sur la Suisse que sur les musulmans". Mais qu'en dit-elle vraiment, de la Suisse ? en tout cas, qu'il est infiniment plus facile d'interdire la burqa (les opposants et les opposantes à l'initiative ne la soutenaient pas, ils et elles soutenaient le droit des femmes à la porter si elles le choisissent librement) et de considérer les femmes musulmanes comme un groupe singulier, que de lutter, concrètement, contre le sexisme, le patriarcat, les inégalités entre les genres, ici et maintenant, avec et pour toutes les femmes. Ou de cesser de livrer des armes à l'Arabie Saoudite.

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    Lien permanent Catégories : Femmes, Suisse, votations 3 commentaires
  • Votations et élection  : Tous nos "non", tous nos "oui"

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    Bienvenue chez nous.jpgNous sommes le 8 mars. Et c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Et c'est un lendemain de votations, qui ont produit des résultats pour le moins contrastés. De ces résultats, on glosera plus en détails dans les jours qui viennent, on se contentera aujourd'hui de se féliciter des votes cantonaux (y compris le prononcement sur les enjeux fédéraux) et du vote municipal genevois : c'est "non" à tout ce à quoi nous nous opposions, et "oui" à  ce que nous soutenions : "non " à l'initiative udéciste sur l'interdiction de se dissimuler le visage (dite "antiburqa"), à l'accord de libre-échange avec l'Indonésie, à la loi sur l'identité électronique et, massivement, au parking Clé-de-Rive. Et c'est un "oui" tout aussi massif à l'indemnisation sans discrimination des travailleurs et travailleuses précaires. Que du bonheur ? N'exagérons pas : nos orgasmes politiques sont plus genevois que suisses. On notera que la multiplicité des objets a sans doute contribué à gonfler la participation : à Genève, elle a dépassé les 50 % pour les objets fédéraux et cantonaux, et, sans y arriver pour l'objet municipal en Ville, y atteint un record pour une votation municipale... Cette hausse de la participation, assez inattendue en période covidienne, a certainement eu un effet sur les résultats -et sur chaque résultat, spécifiquement.  Deux résultats méritent en tout cas qu'on s'y attarde déjà un peu aujourd'hui, avant que d'y revenir : l'initiative dite "antiburqa", mollement acceptée au plan national et mollement refusée à Genève,  et le premier (bon) tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois.

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    Lien permanent Catégories : élections, Femmes, Politique, Suisse, votations 0 commentaire
  • Loi fédérale sur les services d'identification électronique : Mauvaise ID

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    ID électronique.jpgCe n'est pas le thème du scrutin du 7 mars qui fait le plus débat (l'arbre de la burqa cache la forêt des autres enjeux), mais on votera sur l'instauration d'une clé virtuelle d'identité, un login certifiant l'identité de l'utilisateur d'un service en ligne, remplaçant tous ceux qu'on utilise, certifié par l'Etat mais fourni par des acteurs privés, agréés par une commission fédérale, mais poursuivant les buts qui sont ceux d'une entreprise privée, pas d'un service public. C'est précisément cette sous-traitance qui pose problème, et a justifié le référendum lancé par le Parti pirate, et soutenu par le PS et les Verts. Ce n'est pas sur le principe de la mise en place d'un système d'identification électronique unique que porte le désaccord à l'origine du référendum, mais sur les modalités de cette mise en place, et plus précisément la sous-traitance à des entreprises privées de la fourniture de l'identité électronique. Le risque est réel, quoi qu'en nie le Conseil fédéral, de l'utilisation des données par les entreprises prestataires, à des fins purement commerciales. Un sondage Tamedia donne le projet refusé à 56 % (et même 63 % en Romandie). Confirmons ce sondage par nos votes : telle que proposée par la loi fédérale, l'identité électronique est une fort mauvaise ID...

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  • Accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie : Un doigt dans un engrenage

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    huile de palme.jpgL'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Indonésie, soumis au vote populaire le 7 mars (c'est la première fois qu'un tel accord est soumis à un vote populaire à la suite d'un référendum), et qu'un sondage Tamedia donne accepté à 52 % (mais avec 6 % d'indécis, et une marge d'erreur de 1,3 point), a un objectif : réduire au maximum, voire supprimer, les entraves tarifaires ou normatives aux échanges commerciaux entre les deux pays.  L'enjeu du vote est donc à la fois le principe même du libre-échange des marchandises, la nature des échanges entre la Suisse et l'Indonésie et la nature des productions indonésiennes et des productions et services suisses dont, respectivement, la Suisse et l'Indonésie deviendraient la destination. Contre cet accord, et en fonction de ces enjeux, le référendum avait été lancé par la Grève du Climat, Uniterre et Attac. Les Verts les ont rejoints au niveau national pour recommander aujourd'hui le "non" à l'accord, que recommande aussi, désormais le PS (l'Assemblée des délégués du parti suisse en a décidé ainsi, contre l'avis de la direction et du groupe parlementaire) et la "gauche de la gauche" . Toute la droite soutient en revanche l'accord. Le vote du 7 juin en annonce sans doute d'autres sur les mêmes enjeux, puisque d'autres accords de libre-échange sont en négociation, avec le Mercosur (Amérique du Sud), la Malaisie, l'Inde et les Etats-Unis (avec la Chine, c'est déjà fait, en 2014). Dans cet agenda, une acceptation de l'accord avec l'Indonésie créerait un précédent. Comme un doigt dans un engrenage. Huilé de palme.

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  • Initiative "antiburqa" : Qu'importe le fonds pourvu qu'on ait le buzz ?

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    Magritte Amants.jpgVous avez jusqu'à jeudi pour voter par correspondance sur les objets soumis à votre sagacité dans le scrutin du 7 mars. Cinq objets sont au menu : trois fédéraux, un cantonal, un municipal. Alors, on va en refaire, pour la dernière fois, le tour. Et on commence par le plus invraisemblable : l'inscription dans la constitution fédérale, charte fondamentale de l'Etat, texte qui en structure les institutions et en dit le projet, d'une norme vestimentaire : l'initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», dite "antiburqa". Elle  a la teneur suivante: "nul ne peut se dissimuler le visage dans l’espace public, ni dans les lieux accessibles au public ou dans lesquels sont fournies des prestations ordinairement acces-sibles par tout un chacun; l’interdiction n’est pas applicable dans les lieux de culte.2Nul ne peut contraindre une personne de se dissimuler le visage en raison de son sexe". La loi prévoit des exceptions, nombreuses,  justifiées par des raisons de santé ou de sécurité, des raisons climatiques ou par des coutumes locales . Selon le dernier sondage Tamedia, l'initiative disposait il y a une semaine du soutien de 56 % des personnes interrogées (soit sept points de moins qu'un mois auparavant) , avec une acceptation de deux points moins marquée chez les femmes (53 %) que chez les hommes (65 %). C'est à droite que ce soutien se constitue, avec 93 % des sympathisants (ou membres) de l'UDC, 63 % de ceux du PLR et 59 % de ceux du Centre (ex- PDC). A gauche, le refus est majoritaire à deux tiers, et les jeunes de 18 à 34 refusent majoritairement le texte.  On ne prend donc pas beaucoup de risque en continuant de partir de l'hypothèse, formulée depuis des mois, d'une acceptation de l'initiative avec des majorités massives en Suisse centrale et orientale (et probablement au Tessin et en Valais) et dans les zones périurbaines et rurales, et vraisemblablement un rejet dans les Ville. De toute façon, comme soupire la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, chargée de défendre (ce qu'elle fait sans conviction excessive) la position du Conseil fédéral , "si l'initiative est acceptée, cela ne changerait pas le destin de la Suisse et du monde". Ni d'ailleurs celui des femmes d'ici et d'ailleurs : les Suisses vont se faire plaisir en acceptant une initiative à l'effet proclamatoire : c'est aussi à cela que sert le droit d'initiative. Celle-là a surtout pour ceux qui l'ont lancé une fonction publicitaire : on parle d'eux, qu'importe le reste, le contenu, le fonds pourvu qu'on fasse le buzz ?

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