Suisse

  • Campagne pour des "multinationales responsables" : Chaude sera la fin de l'été

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    multinationales responsables.jpgLa coronapandémie a retardé le vote sur l'initiative populaire fédérale pour des "multinationales responsables", mais ne l'a pas annulé : on votera cet automne. Et si la coalition qui soutient l'initiative est prête à la campagne, le lobby des multinationales aussi. Il a agi au parlement fédéral pour couler un éventuel contre-projet qui ait quelque contenu, il va agir sur l'opinion publique pour essayer d'inverser la tendance favorable à l'initiative que révèlent les sondages. Soutenue par la gauche et 120 organisations non gouvernementales, l'initiative propose d'imposer dans la Constitution fédérale un devoir de diligence et une responsabilité juridique des multinationales en matière de droits de l'homme et de l'environnement dans toutes leurs activités et celles de leurs filiales à l'étranger. On se doute que cette perspective ne les enthousiasme guère. Leur lobby a donc commencé à faire campagne, surtout en Alémanie : elles vont, avec l'aide de l'agence de relations publiques proche de la multinationale Glencore, et la complicité du groupe de presse Tamedia  (que la coûteuse pub des multinationales nourrit) consacrer des millions (au moins huit) à tenter de convaincre le peuple (et les cantons) à les exonérer de toute responsabilité sociale et environnementale. La fin de l'été sera politiquement chaude...

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  • Coronavirus : faire comme les zautorités disent qu'on doit faire

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    Magdalena Blocher.jpgJ'embrasse pas

     

    Monsieur Alain Berset,

    je vous fais une lettre

    que vous lirez peut-être

    si votre temps le permet

    Je viens de recevoir

    mes consignes sanitaires

    de ne plus prendre  l'air

    du matin jusqu'au soir...

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    Lien permanent Catégories : Santé, médecine, Suisse 10 commentaires
  • Dimanche 8 mars , grève féministe

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    Grève féministe2.jpgJour du Sabbat

    Dimanche, alerte épidémique ou pas, les femmes de Suisse sont invitées à (re)faire grève "Pour que (leur) corps, (leur) temps, (leur) travail, (leur) vie soient respectés! Evidemment, les mesures de "précaution" contre la propagation du coronavirus s'imposant, les grandes manifs ont été interdites -mais de multiples actions collectives, décentralisées, seront tout de même organisées dans l'espace public (on en trouvera, pour Genève, une liste exhaustive sur www.grevefeministe-ge.ch et, pour partout, sur https://www.facebook.com/grevefeministe/). Et puis n'oublions pas que jusqu'à dimanche, c'est en Ville de Genève une Semaine de l'Egalité (www.semaine-egalite.ch), qui ne pouvait être mieux conclue que par une grève pour l'égalité et l'émancipation. D'ailleurs, le 8 mars, dans le calendrier pataphysique, c'est le jour du Sabbat. Quel meilleur jour pour les sorcières ?

    Pour le reste, et même un peu plus, voyez par là : https://www.ps-geneve.ch/wp/wp-content/uploads/2020/02/CC54.pdf

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    Lien permanent Catégories : Femmes, Suisse 2 commentaires
  • L'"Affaire Crypto", la neutralité suisse et la guerre froide

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    guerre froide.jpgNeutralité neutralisée

    La presse a longuement évoqué ces dernières semaines l'"affaire Crypto", cette sombre histoire d'appareils de codage de fabrication suisse, piratés par la CIA et son équivalent allemand, le BND, au vu et au su, et sans doute avec l'accord, des autorités politiques de notre neutre pays. On ne reviendra pas ici sur les détails (assez croustillants) de l'"affaire", mais il vaut la peine de la replacer dans son contexte historique : dans "Le Courrier", l'historien Matthieu Leimgruber rappelle que la neutralité suisse, pendant toute la guerre froide (de 1948 à 1989), n'était une vaste mystification et que la Suisse était clairement et profondément ancrée dans le "camp occidental", même si elle n'était pas membre de l'OTAN : elle respectait l'embargo technologique frappant les Etats communistes (embargo duquel les machines à crypter avait été exclues, puisqu'il, était utile que des Etats communistes en soient équipées puisqu'elles étaient vérolées, exportait des armes vers les Etats de l'OTAN, prenait "nettement position contre le communisme", pour reprendre les mots de l'époque du Conseiller fédéral Max Petitpierre. Emil Bührle, qui fournissait l'Allemagne nazie pendant la Guerre Mondiale, a fourni les Etats Unis ensuite, l'industrie horlogère fournissait des détonateurs aux Américains engagés au Vietnam, Kudelski a produit une version miniature de son Nagra pour la CIA, les PTT puis Swisscom acceptaient de travailler pour les services occidentaux... "Nous perdons nos illusions", déprime le chroniqueur du "Temps", Yves Petignat. Quelles illusions ? celles d'une Suisse absolument neutre, telle que feint de la rêver l'UDC ? Mais qui y croit encore, à cette neutralité ?

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  • Remontées de remugles homophobes avant le vote du 9 février

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    Coronavirus.jpgLe déconovirus sévit

    Il fallait s'y attendre et nous nous y attendions -sans pour autant nous y résigner : comme en d'autres occasions données par des scrutins nationaux se sont exprimées des détestations xénophobes, racistes, le scrutin de dimanche sur la fin de l'impunité des insultes homophobes suscite précisément l'expression hargneuse de l'homophobie. Le scrutin libère une homophobie sortie du même tonneau que le racisme. Derniers feux avant que le projet d'étendre la loi antiracisme à l'homophobie soit accepté ? On sait bien que le bas ventre restera fécond d'où nous sourd cette merde. Une raison de plus de voter "oui" (si ce n'est déjà fait), même en sachant que ce "oui" et cette loi ne feront que dire que désormais, la société dans laquelle couinent les homophobes n'accepte plus qu'ils sévissent publiquement -qu'ils le fassent entre eux, chez eux, cela les regarde. Qu'ils le fassent dans la presse et sur les rézosocios, cela regarde tout le monde. Comme contenir un virus qui nous viendrait de Chine regarde tout le monde.

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    Lien permanent Catégories : moeurs, Suisse, votations 7 commentaires
  • Initiative pour des logements abordables : Un coup de collier nécessaire

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    bandeau logement.jpg

    Il y a cinq jours tombait un sondage Tamedia : l'initiative de l'Asloca pour des logements abordables ne recueillait plus, à dix jours du vote, que 48 % d'avis favorables au plan national (elle partait à 60 % de "oui"), et les sondeurs prévoyait son rejet final (avec 58 % de "non"), avec un gros clivage linguistique : les Romands l'accepteraient à 58 %, les Alémaniques ne seraient que 44 % et les Tessinois 47 % à l'approuver. Autre profond clivage, celui qui oppose les villes (qui approuveraient l'initiative à 58 %), les agglomérations (46 % de "oui") et les campagnes 42 % de "oui"). L'engagement massif de la droite, du patronat et des milieux immobiliers contre l'initiative n'est évidemment pas étranger à la baisse du soutien qui lui est apporté (selon les sondages). Une raison de plus pour faire un ultime effort pour renforcer ce soutien.

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    Lien permanent Catégories : Logement, Suisse, votations 2 commentaires
  • Deux fois deux candidatures à la présidence du PS suisse

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    mots socialistes.jpgLes sociaux et les sociétaux ?

    A trois semaines de la date limite pour déposer les candidatures à la présidence du Parti socialiste suisse pour succéder à Christian Levrat, deux duos paritaires se présentent à sa co-présidence : Mattea Meyer et Cedric Wermuth, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard. Toutes et tous siègent au Conseil national.
    Pour Carlo Sommaruga, "Mathias incerne l'énergie du renouveau en Suisse romande". La présidente du PS vaudois soutient également la paire "complémentaire et combattive" Seiler Graf-Reynard. Un duo qui considère que "l'enjeu majeur pour les socialistes n'est pas de réinventer leur programme ni de changer leurs principes". Au fond, tous critères d'images oubliés, la paire Meyer-Wermuth ne dit pas autre chose, si elle le dit différemment : "il faut un renouveau à gauche pour un projet d'avenir. Pour une idée progressiste qui crée à nouveau de l'espoir" (avouons qu'on ne s'attendait pas à ce qu'une candidate et un candidat à la présidence du principal parti de la gauche suisse, deuxième parti national, se présentent comme porteurs d'un "immobilisme à droite pour un projet  réactionnaire qui crée de la désespérance"). Cette mise en concurrence de deux "tickets" révèle-t-elle un conflit de ligne ? Pas vraiment. Peut-être le duo alémanique a-t-il un profil, une image, "plus à gauche" (les deux sont issus de la JS -mais Reynard aussi), cependant il ne s'agit sans doute là que d'une image, et Reynard. lui aussi profilé sur la gauche du parti, se dit "très proche des positions de Mattea Meyer et Cedric Wermuth". On n'a donc pas affaire à un combat gauche-droite au sein du PS.

    Dans l'annonce de leur candidature, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard écrivent que "le PS a une pensée unie, mais pas unique" : c'est joliment dit, mais à lire ce que les media ont publié des intentions des deux binômes. on croit tout de même distinguer des accents mis sur des priorités stratégiques différentes, mais pas exclusives les unes des autres (on parle de priorités, pas d'obsessions) : sociétales pour le "ticket" Meyer-Wemuth, sociales pour Seiler-Graf Reynard.

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    Lien permanent Catégories : Politique, PS, Suisse 1 commentaire
  • Un référendum contre un "libre-échangisme" ravageur

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    libre-échange, Indonésie, multinationales, huile de palme

    La palme des ravages

    Un comité a lancé le référendum contre un accord de libre-échange (accepté par les Chambres fédérales) passé entre l'Indonésie et l'Association européenne de libre échange, dont la Suisse est membre. Les référendaires (Uniterre, SolidaritéS, les Jeunes Verts, Longo Maï, Solidarité sans frontières, le parti Nouveau Radical, SolidaritéS) font de ce référendum un moment de la lutte contre un "libre-échangisme" des marchandises sans critères sérieux de respect de l'environnement et des droits humains -car après l'accord avec l'Indonésie se profilent d'autres accords sortis du même tonneau libéral, avecla Malaisie et le Mercosur sud-américain. Tous accords qui cautionnent des conditions de travail calamiteuses et concourent à la destruction de la forêt tropicale Dans le cas de l'Indonésie, c'est sous le slogan "Stop à l'huile de palme" que le référendum est lancé : la production de l'huile de palme cumule en effet toutes les tares des produits dont des accords de libre-échange comme celui qui devrait être passé avec l'Indonésie favorisent la production et l'exportation : un désastre environnemental à la production, un autre au transport intercontinental, un désastre social pour les travailleurs dans le pays exportateur et les paysans dans le pays importateur. Alors on signe le référendum (ultime délai : le 9 avril), parce que la seule palme que mérite l'accord qu'il conteste mérite, c'est celle de l'aveuglement.

    *On peut télécharger les feuilles de signatures sur https://nein-zum-freihandel.ch/fr/home-2/

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  • 10 % de logements d'utilité publique, c'est "démesuré" ?

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    bandeau logement.jpg

    Le satanique droit au logement

    Le  9 février, on vote dans toute la Suisse  sur l'initiative de l'Asloca pour "davantage de logements abordables". L'initiative propose d'accorder dans toute la Suisse, aux cantons et aux communes, un droit de préemption qui est déjà en vigueur à Genève et dans le canton de Vaud : pouvoir acquérir des terrains auprès de privés ou de la Confédération et de ses entreprises (comme les CFF). Et elle pose un minimum de 10 % de logements d'utilité publique (en moyenne nationale) dans les nouvelles construction, de manière à soulager les villes-centre. Un pourcentage que le PDC Vincent Maître trouve "démesuré". Il doit être bien logé, le PDC Vincent Maître. Ou alors, il est logeur : "La Suisse est un pays de locataires... doté d'un parlement de bailleurs", résume la Conseillère aux Etats socialiste tessinoise Marina Carobbio. D'un parlement et d'un gouvernement : il existe "suffisamment de logements de qualité à des prix abordables", écrit le Conseil fédéral dans la brochure de votation. On ne doute pas qu'il existe suffisamment de logements à des prix abordables pour un Conseiller fédéral et une Conseillère fédérale, mais ce Conseiller fédéral et cette Conseillère fédérale pourraient au moins faire semblant d'avoir conscience de la difficulté pour une personne, un ménage, une famille à bas revenu d'en trouver un, de "logement à un prix abordable" (ce que sont, par définition, les logements d'utilité publique)... Quant aux coopératives d'habitation que l'initiative évoque  comme une moyen de faire échapper le logement à la dictature du marché, de la spéculation et du profit, sans doute le sont-elles -mais il ne faut pas non plus oublier qu'y accéder nécessite l'achat de parts hors de portée des plus démunis. En réalité sociale, les coopératives s'adressent précisément à cette fameuse "classe moyenne" dont l'invocation rituelle (surtout en période électorale) tient du moulin à prière tibétain, ici recyclé en goupillon d'exorcisme contre le satanique droit au logement.

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    Lien permanent Catégories : Logement, Politique, Suisse, votations 3 commentaires
  • Un chèque en blanc (et en zinc) de six milliards

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    avions de combatAvions très furtifs

    Il y a six ans, le peuple suisse refusait de dépenser trois milliards de francs pour acheter 22 avions de combat (des Saab Gripen). Et aujourd'hui, le Conseil fédéral et les Chambres fédérales lui proposent d'en claquer au moins deux, voire trois fois plus, pour acheter un nombre imprécisé (jusqu'à une trentaine) d'avions de combat d'un modèle pas plus précisé, puisque le choix se fera après le vote populaire (le référendum est lancé, et il aboutira), entre cinq modèles hauts de gamme et de prix. Un chèque en blanc et en zinc pour un achat excédant les besoins de la Suisse. C'est sans doute ce qu'on appelle des avions furtifs. Cest en tout cas un achat la tête dans le sac ou la boîte noire -un achat contre lequel un référendum a été lancé. Pour provoquer un vote populaire on signe et fait signer le référendum (on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/)

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  • Refuser l'homophobie, comme le racisme

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    badge homophobie.jpgLa haine, une opinion ?


    Le Conseil d'Etat genevois a appelé à soutenir la proposition, soumise au peuple le 9 février et soutenue par le Parlement et le gouvernement fédéraux d'étendre la loi antiracisme à l'homophobie. Il explique qu'il ne s'agit nullement de restreindre la liberté d'expression, mais uniquement de réprimer les appels à la haine et à la violence à l'encontre des homos, bis et trans sexuel-le-s. Il rappelle que la Constitution genevoise (comme la zurichoise) interdit explicitement les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, mais ne peut faire respecter cette interdiction faute de disposition sanctionnant pénalement son irrespect. Le Recteur de l'Université, Yves Flückiger, résume : "le but de cette loi n'est pas d'interdire des opinions mais de permettre que les débats se fassent dans le respect de tout un chacun. La pasteure Caroline Costa y voit une protection "de toutes et tous", la présidente de la Commission fédérale contre le racisme, Martine Brunschwig Graf, précise : "l'incitation à la haine n'est pas l'expression d'une opinion".

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    Lien permanent Catégories : moeurs, Suisse, votations 5 commentaires
  • Désobéissance civile et responsabilité individuelle :

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    JugeRoyBean.jpegVive le Juge !

    Le Tribunal de police de Renens a acquitté les activistes de "Lausanne Action Climat" coupables d'avoir joué une partie de tennis dans les locaux du Crédit Suisse pour dénoncer les investissements de la banque dans les énergies fossiles. Ils avaient été condamnés par ordonnance pénale et avaient fait appel. Finalement, le juge a certes reconnu contre eux la violation de domicile et l'insoumission aux ordres de la police, mais il a reconnu la "nécessité licite" de leur action par ailleurs illégale, en estimant que " telle que conçue par les prévenus (elle) a constitué le seul moyen efficace pour faire réagir la banque", qui n'avait, avant l'action des militants, jamais répondu à leurs sollicitations, pas plus qu'à celles de Greenpeace, et que Crédit Suisse n'a exprimé son soutien à la "finance durable" (bel oxymore, soit dit en passant) qu'après avoir servi de théâtre à la performance des écolos. Par ailleurs, le temps de l'action politique institutionnelle étant ce qu'il est, il est incompatible avec l'urgence climatique, ce qui légitime d'autres modes d'action, d'autant que les interventions des parlementaires fédéraux sur ce thème depuis des années n'ont eu pour réponse que "des déclarations d'intention inoffensives, voire lénifiantes". En clair, le juge légitime la "désobéissance civile" lorsqu'elle est la réponse à un "état de nécessité". Vive le Juge ! Du coup, la télé est allée chercher un vieux jeune politicien, le PLR valaisan Nanternod, pour qu'il dénonce une "justice suisse qui rend maintenant des jugements politique" et s'en prend au droit (sacré) à la propriété privée. Sur quoi le procureur vaudois fait appel de la décision du juge de Renens, qu'il trouve "surprenante". Mais ça, c'est pas de la "politique". Juste une rogne de mauvais perdant. Parce qu'il faut être clair : qu'est-ce qu'une "justice politique" ? une justice qui rend un verdict qui déplaît aux vieux jeunes radelibes valaisan...

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  • Politique de la santé et de l'assurance-maladie : Quand est-ce qu'on change ?

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    lobotomie.jpg"Révolution au parlement" titrait "Le Temps" de samedi... quelle "révolution" nous avait donc échappé ? la réduction du nombre de représentants des groupes de pression du secteur de la santé, à commencer par celui des caisses-maladie, dans les deux commissions de la santé du Conseil National et du Conseil des Etats... "Révolution", c'est donc beaucoup dire pour une réduction des risques de conflits d'intérêt, grâce au renoncement des partis de droiteà présenter ou à représenter des hommes (ou des femmes)-liges des caisses maladioe ou des associations professionnelle des médecins. Un renoncement facilité par les échecs électoraux du PLR et de l'UDC : le président de l'association faîtière des caisses-maladie ("Santésuisse"), l'udéciste Heinz Brand, n'a en effet pas été réélu dans les Grisons. Des cinq udécistes liés aux caisses-maladie qui siégeaient dans la commission du Conseil national sortant, il n'en reste plus qu'un. Ce petit nettoyage d'hiver, cette perte de pouvoir direct des caisses-maladie (qui gardent un pouvoir indirect considérable), et le renforcement de la présence des représentants des prestataires de soins, notamment des hôpitaux, annonce-t-il un changement plus ambitieux de politique de la santé et de la protection sociale contre la maladie ? On se gardera bien de l'annoncer -on se contentera de l'espérer, sans grande illusion : la majorité du parlement est toujours à droite, celle du gouvernement aussi, le ministre de la santé est toujours ligoté par le cadre "libéral" du système d'assurance-maladie... et même les propositions de réformes avancées par la gauche se gardent de remettre fondamentalement en cause ce cadre...

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  • Avions de combat : NON à un chèque en blanc

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    avion de combat 001.jpgLe jeu de l'avion lasse

    Le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une suisse sans armée, soutenus par Greenpace et d'autres organisations,  ont lancé mercredi le référendum contre l'achat dispendieux de nouveaux avions de combat dont on ne connaît même pas le type, seulement le coût : six milliards, à multiplier par quatre pour tenir compte de la maintenance, de l'exploitation, des accidents possibles et des mises à niveau inévitables... Ce jeu de l'avion, dont le dernier épisode fut le rejet de la proposition d'achat de Gripen suédois pour un coût moitié moins élevé que la proposition actuelle, et qui a débuté en 1964 avec l'"Affaire des Mirage", commence à lasser sérieusement.  Nous avons cent jours (pas de ceux qui ne mène qu'à Waterloo) pour récolter 50'000 signatures valables, pour provoquer un vote populaire qui pourrait avoir lieu le 27 septembre. Commençons donc dès maintenant à signer et faire signer le référendum : on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/

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  • Un vote d'utilité publique

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    bandeau logement.jpg

    Soutenir l'initiative "Davantage de logements abordables"

    L'initiative populaire fédérale de l'Asloca pour "davantage de logements abordables", déposée  avec 125'000 signatures récoltées en un an., sera soumise au vote du peuple et des cantons le 9 février. Elle veut encourager la construction de logements à loyers modérés, en fixant un minimum de 10 % de logements d'utilité publique dans les logements nouvellement construits (soit une proportion double de l'actuelle, qu'aucune disposition légale ou constitutionnelle n'impose), par des maîtres d'ouvrages (collectivités publiques, coopératives) œuvrant précisément à la construction de logements d'utilité publique.  Ces 10 % représentent une proportion tout à fait atteignable : à Zurich, par exemple, l'objectif de la Ville est de 33 % de logements d'utilité publique sur son territoire. L'initiative propose aussi un droit de préemption des cantons et des communes, c'est-à-dire la possibilité pour elles d'acheter en priorité des terrains ou des immeubles mis en vente pour y construire, ou les affecter, à du logement "social", c'est-à-dire aux logements qui échappent à la spéculation, dont les loyers ne sont pas soumis à la loi du rendement maximum et à celle du profit à court terme. Le parlement fédéral et le gouvernement combattent (évidemment) l'initiative, mais selon un sondage Tamedia d'avant Noël, 63 % des Suissesses et des Suisses pourraient la soutenir . Une proportion encourageante, mais qu'il s'agit de maintenir jusqu'au moment du vote, face à une droite qui se met en ordre de bataille contre l'initiative.

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  • De la place du vert dans les couleurs gouvernementales

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    Capture.JPGLa nuit des petits couteaux à éplucher

    Cette semaine va être assez chargée en élections diverses (et diversement démocratiques) : demain, les Britanniques éliront leur parlement et les Algériens laisseront les partisans du régime élire leur Président. Et aujourd'hui, le parlement fédéral suisse élit le gouvernement fédéral -c'est l'une des part de démocratie représentative de notre système de démocratie "semi-directe". Mais quand on écrit que le parlement fédéral va "élire" le gouvernement fédéral, on pèche par prudence et mieux vaudrait sans doute écrire que le parlement fédéral va "réélire" le gouvernement fédéral sortant : aucun de ses membres n'est démissionnaire et aucun parti qui y est représenté ne veut céder un siège au petit nouveau qui en revendique un -les Verts. On a accoutumé de qualifier la nuit qui précède l'élection du Conseil fédéral de "nuit des longs couteaux" ? Gageons que celle-là sera celle de petits couteaux à éplucher. Le parlement issu des élections est plus jeune, plus féminin, plus vert et plus à gauche que le précédent, mais tout suggère que le gouvernement, lui, restera le même. Question de rapports de force -et peut-être aussi d'impréparation des Verts à leurs propres ambitions gouvernementales : eux-mêmes ont été surpris par un résultat électoral bien meilleur que celui qu'ils attendaient et qui, d'une certaine manière, les contrats à revendiquer un siège gouvernemental.

     

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  • Le 9 février, on vote contre l'homophobie

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    logo stop homophobie.JPGLe refus de l'injure


    Le 9 février prochain, on votera en Suisse sur la protection des homosexuel-le-s et des bisexuel-le-s contre les discriminations, les injures et la haine. Une extension, votés par le parlement, à l'homophobie de la loi qui réprime le racisme, a en effet été combattue par un référendum lancé par un petit parti fondamentaliste protestant, soutenu par l'UDC. Les référendaires clamaient que la loi attenterait à la liberté d'expression. Foutaises : ce qui est en jeu dans le vote du 9 février prochain n'est ni la liberté d'opinion, ni la liberté d'expression, ni l'instauration d'une censure, seulement l'expression d'un refus par la société de l'injure et de la discrimination en fonction des préférences sexuelles, comme elle prétend le refuser en fonction des origines... A chacun-e ensuite de choisir de respecter ou non cette norme (comme toute autre norme), et d'assumer les conséquence de son choix.

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  • A propos de la succession de Christian Levrat

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    bus-ps.jpg"J'ai été président du PS durant douze ans, ça use" : Christian Levrat ne se représentera pas à ce poste. Et chacun d'y aller de son bilan, en confondant le bilan du président du parti et celui du parti, comme si le sort du parti dépendait de son président, et la vie de Christian Levrat se résumait à sa présidence de parti. Et comme s'il suffisait de changer de présidence pour changer de ligne, de stratégie, de base sociale... Certes, en douze ans de présidence Levrat, le parti est passé de 19,5 à 16,8 % des suffrages. Presque 3 points de recul, ce n'est pas négligeable -encore que bien des partis socialistes et sociaux-démocrates s'en satisferaient. Mais les causes de ce recul sont bien plus profondes et plus anciennes que les choix de la présidence du parti, et ce recul lui-même a été entamé depuis bien longtemps. Ce n'est pas sous Levrat que le PS a commencé de perdre son électoral "ouvrier" (au sens large), c'est sous Hubacher. Et Hubacher n'en est même pas plus responsable que Levrat, dont la présidente de la Jeunesse Socialiste Ronja Jansen estime qu'il a tout de même largement "contribué à ce que le PS ne glisse à droite, comme cela s'est produit dans d'autres pays européens, avec les conséquences que l'on connaît, et dont Carlo Sommaruga considère qu'il a réussi à maintenir l'unité du parti -toujours fragile, au PS... "Une erreur serait de nous plonger dans des abîmes d'introspection", estime le président sortant. Il a raison, à ceci près quune analyse sérieuse de la situation du parti ne relève précisément pas de cette spéléologie nombriliste mais d'un préalable à la définition d'une ligne politique. Plus qu'au choix de la tête du parti.

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  • Deuxième tour de l'élection du Conseil des Etats : Aux urnes, les gens !

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    Carlo-Lisa.jpgPour éviter le cataclysme absolu que serait évidemment la reconduction d'un duo de gauche au Conseil des Etats (comme depuis douze ans...), on à droite et à Genève, une direction du PLR qui appelle à voter le "ticket" PLR-PDC de ce qui fut l'"Entente", un morceau du PLR qui n'appelle à voter que pour le candidat du PLR (sans le PDC) et un autre morceau qui appelle à voter un "ticket" PLR-UDC. On salue donc, sans aucune arrière pensée, la naissance d'"Ensemble à droite" (toujours sans le PDC). Et on lui souhaite, toujours sans arrière-pensée, la même crédibilité et la même efficacité que celles d'"Ensemble à Gauche"... Pour autant, on aurait grand tort de se démobiliser : Lisa Mazzone et Carlo Sommaruga ne sont pas encore élus -elle et lui ne le seront dimanche prochain que si l'électorat de gauche, bercé par la douce mais trompeuse berceuse des désordres de la droite, ne se démobilise pas (pour l'heure, la participation est misérable). Vous avez encore six jours pour voter : Aux urnes, les gens ! Et pas funéraires, les urnes...

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  • Elections fédérales, deuxième tour sénatorial : Terminer le travail

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    Bandeau Conseil des Etats.jpg

    "Uno tsunami anti-sovranista", titre "Il Manifesto" sur les élections suisses. La rue a exigé la justice climatique : elle a rempli les urnes de bulletins verts, et à Genève, les Verts deviennent non seulement la première force politique à gauche (du fait du recul socialiste), mais même la première force politique du canton (du fait du recul du PLR).
    La rue a exigé le respect des droits des femmes : il y aura 42 % de femmes au Conseil national -un record historique. Et plus des deux tiers des nouvelles élues ont des enfants.
    La rue était pleine de jeunes hommes et de jeunes femmes : la moyenne d'âge du Conseil national tombe, peut-être pour la première fois, en-dessous de 50 ans.
    La rue était la rue des villes : sur 200 élues et élus au Conseil national, 141 soit 70 % viennent des villes, comme 63 % de la population.
    Le changement de composition du parlement est important, mais nul ne doute qu'il sera absorbé, digéré, transformé par les institutions politiques (le "système") de ce pays. En attendant quoi, le résultat des élections prouve au moins l'utilité d'y participer. Et celle de retourner aux urnes dimanche prochain, pour le deuxième tour du Conseil des Etats. Pour terminer le travail.

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