PS

  • Coalition de (presque) toute la gauche française : Cinq ans trop tard ?

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    bus-ps.jpgLe Conseil national du PS a donc approuvé hier soir à une large majorité l'accord de la gauche française (la "Nouvelle union populaire" autour de la "France insoumise")  pour les élections législatives de juin. Qu'une apparence d'unité de la gauche (Insoumis, PC, PS, Verts) se fasse, mais cinq ans trop tard, et qu'elle se fasse autour de Mélenchon tient de l'ironie de l'histoire. Il aura fallu une lourde défaite de la gauche, toute la gauche, pour que sa part la moins défaite puisse imposer à ses parts les plus défaites une unité qui tient, pour elles (le PS, le PC, les Verts) du sauvetage des meubles. Le barrissement des éléphants socialistes ne doit pas faire illusion : ce n'est pas le Parti socialiste qui va disparaître, mais ce qu'ils en ont fait. Après tout, les pères du macronisme, ce sont bien eux. A commencer par François Hollande.  La recomposition de la gauche française se fera sur fond de défaite électorale –mais s’est-elle jamais faite en d’autres circonstances ? Mitterrand ne recompose le PS (et la gauche) à sa main que sur les ruines de la vieille SFIO… C’est la baffe qui réanime, ou qui ressuscite, même (ou surtout ?) quand on a fait à peu près tout ce qu’on pouvait faire pour se la prendre.

    C'est toujours le plus fort qui coalise les plus faibles autour de lui. L'union de la gauche qui amène Mitterrand au pouvoir, la gauche plurielle qui y amène Jospin, se font autour du PS. L'union de la gauche française aujourd'hui se fait autour de la France Insoumise ? C'est logique. Et ça ne tue pas les forces qui se coalisent autour de Mélenchon. Le ralliement, contraint et forcé par sa déroute électorale du PS à une coalition dominée par la France Insoumise, pourrait, aussi paradoxal que cela paraisse, lui permettre de survivre. Parce que localement, régionalement, il est bien plus solide que nationalement.

    Et puis, qu'on cesse de nous faire prendre des vessies réformistes pour des lanternes révolutionnaires : Mélenchon, ancien sénateur socialiste, ancien ministre socialiste,  ce n'est pas l'extrême-gauche. Il est moins radical aujourd'hui que Mitterrand il y a quarante ans. Et le programme de la France Insoumise est plus prudent que celui du PS sorti du Congrès d'Epinay, à l'ambition rimbaldienne : "Changer la vie", pas moins.

    Pour le reste, on peut reprendre sans (presque) rien en changer ce que nous publiâmes il y a quatre ans ("Le socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser", L'Aire, 2018)...

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  • La gauche française après une défaite électorale

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    Titanic.jpgAu tréfonds à gauche

    A considérer les résultats du premier tour de la présidentielle, la gauche française n'a jamais été aussi faible : ses six candidats totalisent moins de 32 % des suffrages. Pris dans le "casse noix" Macron-Mélenchon, les candidats des Verts, du PS et du PC dépassent à peine, ensemble 8,5 % des suffrages et la candidate socialiste dépasse à peine l'addition des deux candidats trotskystes. Cette déroute de la gauche, que ne compense pas le succès de sa seule composante (la France Insoumise) qui à défaut de pouvoir crier victoire n'ait pas à pleurer une défaite, était annoncée, et ses causes remontent loin, à quarante ans: à la perte  de son assise de classe dès le "tournant de la rigueur" lors du premier mandat de Mitterrand. La gauche française a pu encore gagner des élections, souvent en profitant des erreurs de la "droite la plus bête du monde" (prétention par ailleurs injustifiée), mais n'est plus apparue comme une véritable force de changement social. Quand elle gagnait ou ne perdait pas, c'est qu'on n'avait voté pour elle que parce que la droite était pire. Un peu comme dans dix jours on votera Macron parce qu'en face il y a Le Pen. 

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  • Répartition des tâches et des compétences entre le canton et les communes : Vive la Commune !

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    autonomie Ville.jpgGenève est de tous les cantons suisses celui qui accorde le moins de compétences aux communes qui le composent, si l’on fait exception du cas particulier de Bâle-Ville. Cette situation est certes le fait d’un héritage historique (l’ancienne République ne connaissait pas de commune, il n’y a de communes genevoises que par le fait du régime français, et pendant trente ans, après la Restauration de l’Ancien Régime, la vieille aristocratie revenue au pouvoir dans les fourgons de la Saint-Alliance avait trouvé le moyen de supprimer la commune de Genève, qui ne fut rétablie que par la révolution radicale), mais elle est aussi le fait d’un choix politique des majorités de droite qui, à de rares et brèves périodes près, ont gouverné le canton depuis un siècle et demi. Nous avons donc proposé au Parti socialiste (cantonal) l’introduction dans son programme d’un chapitre concernant la répartition des tâches entre le canton et les communes et le développement de l’autonomie communale... Sans surprise, le Comité directeur a invité l'Assemblée générale du parti qui se tiendra samedi pour adopter le programme, à refuser cet amendement. Dire qu'on a été surpris de ce refus serait se faire passer pour plus naïfs qu'on est... Et croire qu'on va renoncer à défendre notre amendement sous le futile prétexte que le Comité directeur le refuse, nous prendre pour moins obstinés que nous sommes.

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  • On ne sera pas président du PS genevois...

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    Pascal+Romain.jpgOuf !

    On était donc candidat à la présidence du PS genevois. Toute candidature  à une fonction de ce genre a des motivations avouables et quelques motivations inavouables. Par définition, les motivations inavouables ne seront pas avouées, à la seule exception peut-être d'une seule : faire regretter amèrement la présidence de Gérard Deshusses. Pour le reste, c'était une drôle d'idée, que celle de se présenter à une fonction sans grand pouvoir -à une fonction qui est surtout un titre. Et de ne se présenter qu'à cette seule fonction, sans autre ambition ni plan de carrière.  Il ne faudrait  pas se faire d'illusion sur ce à quoi on postule   :  A la présidence du PS on n'est chef de rien, et cette présidence n'est un tremplin pour rien.  Mais ça n'empêche pas la présidence de donner des impulsions,un rythme, faire des propositions, ouvrir et animer des débats, faire autre chose, en somme, que courir après l'actualité et l'agenda politique institutionnel. Finalement, on n'a pas été élu. On n'aura donc pas à se lever à l'aube (midi) pour défendre des positions politiques officielles avec lesquelles on n'est pas d'accord. On n'ambitionnait pas de sauver le parti, mais on a au moins sauvé notre petit confort... Et puis, quoi ? Obtenir près de 40 % des voix après avoir appelé le parti à lâcher la "classe moyenne" pour devenir le parti du sous-prolétariat, c'est pas si mal, non ?

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  • Genève : pusillanimités budgétaires en temps de crise

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    autruche.jpgEt les urgences, bordel ?

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté son projet de budget 2021 : il prévoit un déficit de 501,3 millions. Et les comptes 2020 pourraient se solder par un déficit de 1,2 milliards. Pour contenir le déficit prévu en 2021, le gouvernement cantonal propose de ponctionner la fonction publique et les communes. Vieilles recettes, qui tiennent du réflexe pavlovien. Le Conseil administratif de la Ville, ou plutôt sa majorité, va présenter lui aussi un budget déficitaire. Mais prudent, ou pusillanime, il propose de faire tenir ce déficit dans les limites imposées par le canton (qui, lui, ne se les impose pas, fidèle en cela au vieux principe des baillis, "faites ce que je dis, pas ce que je fais"). Cette limite est d'un déficit de 49,3 millions. Elle peut certes être, "exceptionnellement" dépassée (or ne sommes-nous pas dans une situation rendue "exceptionnelle" par le Covid, s'ajoutant aux effets des réformes fiscales que nous combattîmes en vain ?), mais ce dépassement lui-même est soumis à l'accord du Bailli, et à l'exigence d'un "retour à l'équilibre" en quatre ou huit ans. Bon, et alors ? Ne pourrait-on plutôt tenir compte à la fois des exigences d'une réponse à la crise et des engagements pris de répondre aux urgences sociales et environnementales auxquelles la crise, précisément, ne fait que rendre les réponses plus urgentes, et plus exigeante leur cohérence, et plus exigeant leur financement ?

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  • Dis Tonton, il n'est plus pour la suppression de l'armée, le PS ?

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    AVION.GIFTactique en toc

    Comme on le sait, ou devrait le savoir, le Parti socialiste suisse appelle à voter "non" à l'achat de nouveaux avions de combat. Mais ce refus , sur quoi s'appuie-t-il ? sur des arguments d'opportunité, de coût, de contexte international. Le PS ne remet pas en cause l'achat de nouveaux avions de combat, il remet en cause  le type et le coût des avions qui seront achetés. Et il propose d'en acheter d'autres. Une telle position ne peut se comprendre que comme une tentative d'attirer vers le refus une partie de l'électorat acquis au principe même d'une aviation militaire"moderne", mais critique sur la matérialisation de ce principe. Cet électorat-là soutiendrait l'achat de nouveaux avions, mais pas du genre de ceux que le Conseil fédéral propose d'acheter : des avions plus petits, moins chers. Pas des Rafale, mais des Mig ? des Spitfire ? des Blériot ? Le PS tient  iciun discours tactique en toc, qui rate sa cible : il ne convainc pas ceux à qui il s'adresse (tout indique que le budget d'achat des gros navions sera accepté par le peuple, sauf peut-être, espérons-le, dans les cantons traditionnellement antimilitaristes, le Jura, Genève,  qui avaient, en 1989, accepté la suppression de l'armée), et il dévalue la position de principe du PS, celle de son programme : la suppression de l'armée, précisément... Allez, camarades, un peu de courage, relisez notre programme : il ne propose pas l'achat d'avions de combat M-Budget, il propose l'abolition de l'armée... y compris celle de l'air...

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  • Un "nouveau" parti pour la "gauche de la gauche" ?

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    Kolkhozianos.jpgLa nostalgie, camarades

    Ah, les années septante du gauchisme scissipare, avec ses dizaines de groupes concurrents et parfois adversaires (pour finir par devenir franchement ennemis), les maos d'un côté, les troskos dans un autre, mais tous s'attelant à créer le futur grand parti d'avant-garde de la classe ouvrière -on n'aura évidemment garde d'oublier le Parti du Travail dans son pré carré, et les anars partout et nulle part à la fois, comme d'hab'... Alors, une grosse bouffée de douce nostalgie nous a submergé en apprenant qu'un groupe de membres de SolidaritéS proposait de dissoudre la formation de la "gauchedelagauche" (en un mot) au profit d'une nouvelle formation, un "parti unique" (ses partisans mesurent-ils le poids symbolique d'une telle expression ?) de la "gauchedelagauche" (toujours en un mot) mieux implanté dans les quartiers et les couches populaires. Comme si dans l'espace politique se situant lui-même à la gauche du PS et des Verts, un "parti unique" était concevable. Comme si toutes les formations présentes dans cet espace allaient en rangs serrés se fondre dans ce "parti unique". Et comme si cette tentative de le créer était la première du genre et que, si même elle aboutissait, elle allait renouveler en quoi que ce soit le paysage de la gauche, ne fût-elle que de la gauche -et que genevoise.

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  • Deux fois deux candidatures à la présidence du PS suisse

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    mots socialistes.jpgLes sociaux et les sociétaux ?

    A trois semaines de la date limite pour déposer les candidatures à la présidence du Parti socialiste suisse pour succéder à Christian Levrat, deux duos paritaires se présentent à sa co-présidence : Mattea Meyer et Cedric Wermuth, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard. Toutes et tous siègent au Conseil national.
    Pour Carlo Sommaruga, "Mathias incerne l'énergie du renouveau en Suisse romande". La présidente du PS vaudois soutient également la paire "complémentaire et combattive" Seiler Graf-Reynard. Un duo qui considère que "l'enjeu majeur pour les socialistes n'est pas de réinventer leur programme ni de changer leurs principes". Au fond, tous critères d'images oubliés, la paire Meyer-Wermuth ne dit pas autre chose, si elle le dit différemment : "il faut un renouveau à gauche pour un projet d'avenir. Pour une idée progressiste qui crée à nouveau de l'espoir" (avouons qu'on ne s'attendait pas à ce qu'une candidate et un candidat à la présidence du principal parti de la gauche suisse, deuxième parti national, se présentent comme porteurs d'un "immobilisme à droite pour un projet  réactionnaire qui crée de la désespérance"). Cette mise en concurrence de deux "tickets" révèle-t-elle un conflit de ligne ? Pas vraiment. Peut-être le duo alémanique a-t-il un profil, une image, "plus à gauche" (les deux sont issus de la JS -mais Reynard aussi), cependant il ne s'agit sans doute là que d'une image, et Reynard. lui aussi profilé sur la gauche du parti, se dit "très proche des positions de Mattea Meyer et Cedric Wermuth". On n'a donc pas affaire à un combat gauche-droite au sein du PS.

    Dans l'annonce de leur candidature, Priska Seiler Graf et Mathias Reynard écrivent que "le PS a une pensée unie, mais pas unique" : c'est joliment dit, mais à lire ce que les media ont publié des intentions des deux binômes. on croit tout de même distinguer des accents mis sur des priorités stratégiques différentes, mais pas exclusives les unes des autres (on parle de priorités, pas d'obsessions) : sociétales pour le "ticket" Meyer-Wemuth, sociales pour Seiler-Graf Reynard.

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  • PS genevois : du bon usage d'une crise(tte)

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    roses en carré.jpgPour toutes et tous, sans états d'âmes

    Il y a un bon usage possible des crises (le capitalisme nous l'enseigne avec suffisamment d'éloquence). Même les petites crisettes du genre de celle que traverse le PS genevois en ce moment peuvent être utiles. D'autant que depuis bientôt 140 ans qu'il existe, il devrait être accoutumé à la fois à ses crises internes et au bon usage qu'il peut en faire -non pour régler des comptes personnels, mais pour définir une ligne politique claire, à laquelle on puisse tout aussi clairement s'opposer. Car il vaut certainement mieux une ligne politique durable avec laquelle on est en désaccord mais à laquelle on puisse s'opposer durablement qu'une ligne politique imperceptible, social-démocrate le vendredi, social-libérale le samedi et (rhétoriquement, qu'on se rassure...) socialiste révolutionnaire le dimanche.
    Et avec tout ça, Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous. Sans états d'âmes.

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  • A propos de la succession de Christian Levrat

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    bus-ps.jpg"J'ai été président du PS durant douze ans, ça use" : Christian Levrat ne se représentera pas à ce poste. Et chacun d'y aller de son bilan, en confondant le bilan du président du parti et celui du parti, comme si le sort du parti dépendait de son président, et la vie de Christian Levrat se résumait à sa présidence de parti. Et comme s'il suffisait de changer de présidence pour changer de ligne, de stratégie, de base sociale... Certes, en douze ans de présidence Levrat, le parti est passé de 19,5 à 16,8 % des suffrages. Presque 3 points de recul, ce n'est pas négligeable -encore que bien des partis socialistes et sociaux-démocrates s'en satisferaient. Mais les causes de ce recul sont bien plus profondes et plus anciennes que les choix de la présidence du parti, et ce recul lui-même a été entamé depuis bien longtemps. Ce n'est pas sous Levrat que le PS a commencé de perdre son électoral "ouvrier" (au sens large), c'est sous Hubacher. Et Hubacher n'en est même pas plus responsable que Levrat, dont la présidente de la Jeunesse Socialiste Ronja Jansen estime qu'il a tout de même largement "contribué à ce que le PS ne glisse à droite, comme cela s'est produit dans d'autres pays européens, avec les conséquences que l'on connaît, et dont Carlo Sommaruga considère qu'il a réussi à maintenir l'unité du parti -toujours fragile, au PS... "Une erreur serait de nous plonger dans des abîmes d'introspection", estime le président sortant. Il a raison, à ceci près quune analyse sérieuse de la situation du parti ne relève précisément pas de cette spéléologie nombriliste mais d'un préalable à la définition d'une ligne politique. Plus qu'au choix de la tête du parti.

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  • Réformes de la fiscalité des entreprises : L'amer de toutes les batailles ?

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    normal_gauche-droite.jpg

    On gagne sur les armes, la culture et la caisse de retraite de la fonction publique cantonale, on perd sur la fiscalité et les ouvertures dominicales des magasins, on gagne à moitié et perd à moitié sur les primes d'assurance-maladie : les résultats des votations de ce dimanche ne poussent ni au désespoir, ni à l'euphorie. Et tout cela, finalement, est très suisse... Même la participation qui, à Genève, a atteint un niveau normal (45 %), alors qu'on craignait qu'elle plonge dans des bas fonds peuplés de l'indifférence des uns, de la méfiance des autres (après l'"affaire" dégonflée de possibles "fraudes électorales") et de l'incompréhension de quelques uns face à l'inflation des questions posées (onze, à Genève). Alors bien sûr, on peut se dire que si le PS n'avait pas dansé le tango et les Verts la valse, le "non" à la réforme fiscale cantonale aurait pu l'emporter... comme il l'a emporté dans la majorité des arrondissements de la Ville (sans toutefois emporter la Ville), et que le "non" à l'ouverture dominicale des magasins sans convention collective aurait aussi pu l'emporter, comme il l'a emporté en Ville et dans les villes. Le différentiel de participation entre les arrondissements et les communes de gauche et celles de droite (53 % de participation à Florissant-Malagnou, moins de 40 % aux Acacias. par exemple) explique en grande partie l'échec de la gauche sur ces deux objets -mais il n'y a aucune nouveauté dans ce constat. Globalement, la droite est majoritaire dans ce canton, et si la gauche n'arrive pas à mobiliser ses électeurs là où elle est majoritaire (dans les villes), c'est bien elle qui en est responsable... On est toujours responsable de ses défaites, si on ne l'est jamais complètement de ses victoires. Nous sommes donc responsables des nôtres.

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  • ¡salud!'

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    Elections espagnoles : victoire des socialistes, défaite de la droite, réapparition de l'extrême-droite 
     
    "Nous ne choisissons pas le pays où nous naissons, mais en démocratie nous pouvons choisir un pays avec plus de justice sociale, d'égalité et de convivialité" : Pedro Sanchez avait, en résumant ainsi le choix offert aux électrices et aux électeurs espagnols, appelé à lui redonner une majorité parlementaire lui permettant de rester au pouvoir et de mener une politique socialement progressiste, et "nationalement" pacificatrice du conflit catalan. "Nous pouvons choisir", proclamait le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez. Les Espagnols ont choisi (la participation a été massive) : le PSOE de Sanchez sort largement vainqueur des élections -sans majorité absolue des sièges à la Chambre basse (les Cortes) et donc, même s'il gagne une telle majorité au Sénat,  contraint à une alliance -qui ne peut se faire qu'à gauche, avec la gauche de la gauche de Podemos (qui recule) et la gauche républicaine de Catalogne (dont le leader, Oriol Junqueras, est en prison pour sa participation au processus d'autodétermination), qui devient le premier parti "catalaniste", et peut-être même le premier parti de la région-nation. Le PSOE n'a pas la majorité absolue des sièges à lui tout seul ? Tant mieux : une alliance à gauche lui évitera de faire des conneries... Il devrait également pouvoir bénéficier du soutien du Parti nationaliste basque.  En face, aucune coalition éventuelle de droite et d'extrême-droite n'est envisageable : le Parti "populaire" (la droite conservatrice) est en chute libre, la droite libérale de Ciudadanos et l'extrême-droite de Vox (qui entre au parlement, mais avec moins de sièges que l'annonçaient les sondages, et même moins que les partis nationalistes catalans et basque) se partageant son électorat perdu. L'Espagne a donc voté à gauche, et ça fait d'autant plus de bien par où ça passe que dans le reste de l'Europe (sauf, S.E.O., en Grande-Bretagne, au Portugal et en Finlande), le vent ne souffle pas vraiment dans ce sens...

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  • Quelle Espagne dans une semaine ?

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    Espagne-république.jpgEntre PSOE et Vox

    Dimanche, l'Espagne aura renouvelé son parlement (les Cortes). Et si on en croit les sondages, c'est un parti socialiste (le PSOE) ressuscité qui pourrait gagner ces élections -mais sans être certain de pouvoir rester au pouvoir, et un parti fasciste, franquiste, qui pourrait entrer au parlement pour la première fois depuis plus de trente ans. Deux sondages du 17 avril donnaient entre 28,9 et 30,5 % des suffrages au PSOE, loin devant la droite conservatrice (et de plus en plus à droite et conservatrice) du Parti Populaire (entre  18,8 et 21,3 %), la droite libérale de Ciudadanos (entre 14,9 et 16 %), la gauche de la gauche (Podemos) autour de 12,7 %, et l'extrême-droite (Vox) entre 10,9 et 12,2 %, mais avec le risque d'une minimisation par les sondages de son score possible). Les formations catalanes et basques de gauche (gauche républicaine catalane, gauche nationaliste basque) et de droite (Ensemble pour la Catalogne, parti nationaliste basque) sont évaluées ensemble autour de 5 à 6 % des suffrages au plan national (alors qu'ils ne présentent en fait qu'en Catalogne et en Euzkadi).  On aurait ainsi une gauche nationale et régionale à 46 ou 47 % des suffrages, une droite (extrême-droite comprise) au même niveau, avec les nationalistes basques et catalans en arbitres (historiquement, ils penchent généralement pour un soutien à un gouvernement de gauche). Pedro Sanchez pourrait donc rester Premier ministre,  mais même si le PSOE devait, comme il est prévisible, gagner les élections, il lui faudrait gagner l'appui du reste de la gauche et des formations catalanes et basques pour obtenir une majorité parlementaire (Selon l'enquête d'opinion publiée par le journal El Pais, la gauche obtiendrait 162 sièges, la droite et l'extrême-droite 156). Mais la forte proportion d'indécis au sein du corps électoral (41 % il y a dix jours) rend toute prévision périlleuse, sauf sur un point : pour l'Espagne, et pour la démocratie en Espagne (toute l'Espagne...) ces élections sont cruciales. Et donc dangereuses.

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  • La gauche genevoise unie contre les réformes fiscales

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    rffaNotre Surmoi et leur ça

    A Genève, comme le titrait la "Tribune" du lieu, le "front favorable à la réforme fiscale se lézarde" : à droite, l'UDC a lâché le PLR, le PDC et le MCG sur la réforme cantonale (tout en restant de leur côté sur la réforme fédérale), et à gauche, le PS a rejoint les syndicats, les Verts et "Ensemble à gauche" dans l'opposition aux deux réformes. On notera avec quelque maligne satisfaction, que le choix socialiste a mis en fureur la droite alors que celui de l'UDC l'a laissée indifférente. "Le Temps" diagnostiquait amèrement que (on ne s'en lasse pas) "les socialistes genevois ont, avec Ensemble à gauche et les Verts, un surmoi social qu'ils peinent à dépasser". Pire, ils le revendiquent, ce "surmoi social" -que partagent au sein même du PS partisans et adversaires de la réforme fiscale cantonale, s'ils l'expriment par des mots d'ordre différents. Ce "surmoi" de gauche vaut bien un "ça" de droite, non ?

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  • Le PS de la Ville de Genève a désigné son candidat et sa candidate à la Municipalité

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    candidats PS CA.jpgUn coup de deux

    Hier soir, le Parti socialiste de la Ville de Genève, qui dispose de deux des cinq sièges de l'Exécutif municipal, y a désigné son candidat (Sami Kanaan) et sa candidate (Christina Kitsos) à l'élection du printemps 2020. C'est le premier parti de gauche à le faire. Il avait le choix entre cinq candidatures à la candidature qui toutes ont été inscrites par celui et celles qui les posaient dans une volonté de r4econquête d'une majorité de gauche au Conseil Municipal, et de maintien de celle au Conseil administratif. Mais au-delà de cette double volonté de reconquête et de maintien, il y a, également partagée, celle de défendre d'abord, d'étendre ensuite, la capacité de la Ville de Genève à mener une politique différente, alternative, à celle du canton -c'est-à-dire de la majorité politique qui la détermine (pour l'essentiel). Le PS a joué hier soir un coup de deux qui n'abolit certes pas le hasard de toute élection, mais lui permet dès aujourd'hui d'entrer en campagne.

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  • Réformes fiscales : le PS face à un choix simple

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    Choisis ton camp, camarade...


    Affiche RFFA-RIE.jpgDemain, l'assemblée générale du PS genevois choisira de soutenir ou de combattre le projet de réforme fiscale cantonale porté par la majorité du Grand Conseil. Et au fond, ce choix ne pourrait pas être plus simple, plus brut de décoffrage politique, que tel qu'il se présente dès lors qu'aucune autre force de gauche ne soutient cette réforme, et qu'aucune force de droite ne la combat : le PS genevois préfère-t-il être avec toute la gauche ou avec toute la droite ? L'étrange n'est pas dans cette simplicité mais dans l'hésitation d'une partie des socialistes à l'assumer. Et à choisir entre deux destinataires de leeur propre crédibilité : tient-elle aux compromis parlementaires qu'ils passent régulièrement avec la droite ou à leur capacité de tenir une ligne politique claire, celle de leur refus de la réforme fiscale fédérale et de leur soutien à l'initiative "zéro pertes" ?

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  • Drame à Genève : le PS déçoit la droite...

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    Na!.JPGD'entre deux maux et deux mots...

    Le Comité directeur du PS genevois propose à l'Assemblée Générale du parti, qui se tiendra le 12 mars prochain, d'appeler à voter "NON" aux deux réformes fiscales soumises à votation en mai, la réforme fédérale et la réforme cantonale. La situation du PSG est intéressante : quelle que soit la position que prendra son assemblée générale, elle sera contradictoire d'une autre : si elle soutient la réforme fiscale cantonale, cette position sera contradictoire à la fois de celle prise sur la réforme fédérale, contre laquelle le PSG a soutenu le lancement du référendum, et de celle sur l'initiative "zéro pertes", dont le PS a soutenu le lancement. Et si, comme il devrait, le PS combat la réforme fiscale cantonale, il reviendra sur le vote d'une minorité de ses députés au Grand Conseil (la majorité n'ayant pas participé au vote). Le PS a donc le choix entre une contradiction avec une minorité de son groupe parlementaire et une double contradiction avec lui-même. A notre humble (clause de style...) avis, la première contradiction est infiniment plus bénigne que ne le serait la seconde : de deux maux il devrait choisir le moindre, et de deux mots (d'ordre) le plus clair : un double NON à la double réforme fiscale, fédérale et cantonale.

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  • Réformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises : ça boite

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    Affiche RFFA-RIE.jpgEn commission parlementaire et en séance plénière du Grand Conseil, les socialistes genevois se sont ralliés à un "compromis" boiteux sur la réforme cantonale de l'imposition des entreprises. Et la direction du PSG ne semble pas vouloir faire confirmer cette adhésion par une recommandation de vote pour le scrutin du 19 mai prochain, puisque l'assemblée générale du parti n'est convoquée que pour se prononcer sur la réforme fédérale (la RFFA), contre laquelle un référendum, soutenu par le PS genevois, avait été lancé. Comme si les deux réformes n'étaient pas indissolublement liées. Et comme si un mot d'ordre donné à un groupe parlementaire valait recommandation de vote donnée dans un scrutin populaire... Mais passons : pourquoi parler d'un compromis "boîteux" à propos de celui accepté par les députés socialistes ayant pris part au vote du Grand Conseil (c'est-à-dire une minorité du groupe parlementaire...) ? Parce que ce "compromis" n'évite pas plus à Genève qu'ailleurs de lourdes pertes de ressources pour les collectivités publiques, et que la majorité du Grand Conseil essaie de le faire passer en lui accolant (mais sans pouvoir la faire voter par un "oui" ficelé à celui de la réforme fiscale) une augmentation bienvenue des subsides d'assurance-maladie.

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  • Une ironie de l'histoire : la Suisse, bastion du socialisme européen...

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    bus-ps.jpgY'en a poing comme nous...

    En France, le PS est fantomatique. En Allemagne, le SPD est au plus mauvais de sa forme. Il ne brille pas non plus en Autriche. Et en Italie, il a quasiment disparu dans un marais de centre-gauche lui-même en assez mauvais état. En Europe, la social-démocratie est alitée, égrotante, parfois grabataire. Dans toute l'Europe ? Non, car dans un petit pays, elle résiste. Où ça ? En Suisse : le PSS est le deuxième parti du pays, et le restera sans doute après les élections fédérales de l'an prochain. A Genève, après avoir faibli au plan cantonal ces dernières années, il a repris du poil de la bête, a récupéré un deuxième siège au gouvernement, et est le premier parti de la Ville. L'histoire a de ses ironies, tout de même : la Suisse, refuge du socialisme européen ? cela vaut qu'on y regarde d'un peu plus près.

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  • Le PS genevois au risque de la schizophrénie

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    roses en carré.jpgRéforme cantonale de l'imposition des entreprises : Le PS genevois au risque de la schizophrénie

    Ce soir, le PS genevois se prononcera en Assemblée générale sur la réforme cantonale de l'imposition des entreprises. La commission fiscale du Grand Conseil genevois a accouché d'un projet "consensuel", soutenu par les commissaires socialistes et -de justesse- par le Comité directeur du PSG) sur la réforme -un projet qui réduirait, selon des estimations forcément contestables, de près de moitié les pertes fiscales du canton (de 350 à 186 millions) et des communes (de 85 à 46 millions), grâce à l'adoption de propositions socialistes : une petite augmentation du taux normal d'imposition (le Conseil d'Etat proposait 13,79 %, la commission propose 13,99 %) et le déplafonnement de l'imputation de l'impôt sur le bénéfice sur l'impôt sur le capital. Fin octobre, le président du Conseil d'Etat, Antonio Hodgers, expliquait que "sur le taux, il n'y a pas de chiffre magique. Il en faut un qui ne soit pas du dumping fiscal mais assure le maintien des multinationales au nom de l'emploi", et justifiait le taux initialement choisi par le Conseil d'Etat (13,79 %) comme un compromis. Quant aux pertes fiscales, elles seraient, si on s'en tient au "compromis" proposé par la commission parlementaire, en partie compensées socialement (mais pas budgétairement -une levée partielle du "frein au déficit" a également été acceptée par la commission) par une hausse des subsides d'assurance-maladie et une aide à la petite enfance. La droite a accepté ces propositions pour éviter un désaveu en votation populaire. Il n'empêche : le PS genevois va faire campagne contre la réforme fédérale, la fameuse RFFA, contre laquelle un référendum lancé par la gauche (y compris le PS genevois) a abouti (on devrait voter en mai) -comment arrivera-t-il à expliquer qu'il dit "oui" à la RIE et "non" à la RFFA, oui à la traduction cantonale d'une réforme fiscale fédérale à laquelle il dit "non" ? en plaidant une légère schizophrénie, ou en ne faisant piteusement pas campagne ?

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    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique, PS 0 commentaire