Politique

  • Réduction du temps de travail hebdomadaire : 32 heures, à tout petits pas...

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    penser.jpgLa revendication déjà ancienne d'une réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures a trouvé une nouvelle force en étant reprise par des mouvements comme celui de la "Grève pour l'avenir" du 21 mai, qui a inscrit cette revendication à son cahier de revendication, et des propositions de la gauche, comme l'initiative "1000 emplois", qui la contient, les effets de la crise sanitaire et des mesures prises pour y répondre, et à leur faveur, le développement du télétravail, n'y sont sans doute pas pour rien. Les collectivités publiques pourraient jouer un rôle d'initiatrices, d'éclaireuses, dans une démarche de réduction du temps de travail. Encore faudrait-il qu'elles le veuillent... A notre modeste niveau municipal (quoique de la capitale mondiale du monde mondial, ce qui n'est pas rien...), nous avions déposé une proposition de réduction progressive à 32 heures du temps de travail hebdomadaire du personnel municipal.  D'autres pourraient proposer 35 heures. Les plus optimistes en tenaient pour 24 heures, quatre fois six heures. Le collectif Adret, proche de la CFDT, dans les années septante, proposait deux heures par jour. Nous plaidons donc coupables d'une modération excessive...

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  • Genève : vers une destitution à la (sale) tête du client ?

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    bouc émissaire 1.jpgOn nettoie, on ne censure pas

    L'"Affaire Maudet" plane sur la votation populaire cantonale genevoise du 28 novembre : le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent un mécanisme de destitution, individuelle, de membres du gouvernement cantonal (mais pas de ce gouvernement en tant que tel). Neuf cantons suisses connaissent déjà des procédures de destitution. Dans trois (Neuchâtel, Nidwald, Grisons), le Grand Conseil est seul compétent pour lancer la procédure. Dans cinq (Berne, Soleure, Schaffhouse, Thurgovie, Uri), c'est le peuple, par initiative populaire, et la destitution est collective : c'est tout le gouvernement qui est révoqué. "Ensemble à Gauche" proposait cette procédure pour Genève, mais le Grand Conseil n'a pas suivi : ce qui est proposé aux Genevois, c'est un empêchement à l'américaine, pas une censure à la française. Dommage : Ici, on est partisans partisans d'un droit de dissolution du parlement, d'une motion populaire de censure. On en est loin, avec la proposition soumise au vote des Genevois et voises : on nettoie, on ne censure pas.

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  • Vers des des "cartes d'habitants" dans les villes suisses

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    Capture d’écran 2021-10-28 161931.jpgNOUS TOUS SOMMES LA VILLE...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui" : qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, sont riches ou pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Des vrais gens. Qui toutes et tous ensemble font nos villes. Ce qui, en ce moment, semble fâcher beaucoup le premier parti du pays (qui, il est vrai, retrouve là ses racines, lorsque les forces qui le créèrent comme parti agrarien montaient des milices pour casser du gréviste dans les villes).

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  • Le "Saint Peuple"et son serviteur

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    populisme.jpgA propos du "populisme" de droite, de gauche et d'ailleurs

    Le populisme (dans la définition ou la perception qu'on en donne aujourd'hui, et qui n'a pas grand'chose à voir avec les origines, russes et révolutionnaires, du populisme, pas même avec les populismes latino-américains à la Chávez) a-t-il déjà gagné ? Les "populistes" de notre temps ont en tout cas réussi à imposer leur manière de faire de la politique, et contraint leurs adversaires (tel Emmanuel Macron) à en user aussi. Reste à le définir, le "populisme", à faire l'inventaire de ce qu'on met dans ce mot. Les populistes russes, les narodniki, étaient des révolutionnaires qui voulaient faire du peuple lui-même, et non d'une avant-garde de révolutionnaires, l'acteur et l'auteur de la révolution, ceux d'aujourd'hui sont des démagogues, qui n'attendent du "peuple" (qu'ils confondent avec l'ethnie, surtout quand elle n'existe pas) qu'un soutien à leurs ambitions ou, lorsqu'ils l'ont pris, à leur pouvoir. En quoi ils ressemblent à cet autre "populiste" d'il y a un siècle et demi : Louis-Napoléon Bonaparte, qui se fit élire (au suffrage universel masculin) à la présidence de la Deuxième République en se proclamant serviteur du "Saint Peuple", puis se fit plébisciter empereur en se présentant comme son incarnation.

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  • L'"Accord-cadre" entre la Suisse et l'Union européenne enterré... Et maintenant, on fait quoi ?

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    Capture d’écran 2021-10-08 041416.jpgSortons un peu de l'immédiate actualité : Le Conseil fédéral a, il y a cinq mois, décidé de mettre fin aux négociations avec l'Union Européenne pour la conclusion d'un "accord cadre" institutionnel. La Commission européenne s'était pourtant montrée "flexible", et prête à "examiner des solutions aux problèmes que les Suisses pourraient avoir" sur les trois points litigieux du dossier de l'accord-cadre : les aides d'Etat, la protection des salaires et la citoyenneté européenne, avec les droits sociaux qu'elle implique, mais elle refusait d'extraire ces trois points du projet d'accord, fût-ce pour en faciliter l'adoption. Enfin, la Suisse avait obtenu que les différends entre elle et l'UE ne soient pas tranchés par la Cour de Justice européenne mais par un Tribunal arbitral paritaire euro-suisse. De son côté, le Conseil fédéral avait fait une concession qu'il pensait décisive : la "reprise dynamique" du droit européen. Rien n'y a fait. Pas même la proposition de la Conseillère fédérale Viola Amherd d'une "clause de sauvegarde" pour la directive sur la citoyenneté européenne. En fait, les sept Conseillères et Conseillers fédéraux avaient chacun.e leur propres réticences face au projet d'accord cadre. Qui a donc succombé à l'addition de ces réticences, sous les applaudissements contrapuntiques de l'Union Syndicale Suisse et de l'UDC. Et maintenant, on fait quoi, puisque l'accord-cadre enterré, il n'y pas de statu quo concevable pour autant ?

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  • De la politique culturelle en temps de pandémie

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    falaise de livres.jpgPremière nécessité

    La pandémie, et surtout les mesures prises pour la combattre (confinement, fermeture des lieux de spectacle, notamment) a provoqué une crise du secteur culturel qui n'a guère d'équivalent que celles provoquées dans par des guerres mondiales. Le président de la Fondation du Grand Théâtre de Genève résume : "La culture a été placée à un niveau inférieur aux biens de première nécessité. C'est très problématique, même d'un point de vue juridique, au nom de l'égalité de traitement. Or, à ce qu'on sache, aucun cluster ne s'est déclaré dans les lieux culturels lorsqu'ils ont rouvert l'automne dernier". Et, note Serge Regourd dans "Le Monde Diplomatique" de juillet, cette crise "ne constitue cependant que la mise en lumière d'une situation plus ancienne et de plus grande amplitude : celle d'une déliquescence des politiques culturelles depuis plusieurs décennies, et d'une perte de repères dans ce domaine par ceux qui nous gouvernent". L'auteur parle de la France -mais ce qu'il en dit ne vaut pas que pour elle : la place de la question culturelle dans les campagnes électorales est "réduite à la portion congrue, sinon au néant", et le contexte est "dominé par les logiques du management et la croyance aveugle dans les vertus du marché", mais aussi par une "dérive incontrôlée des médias de masse dans les flots du pur divertissement", une "révolution numérique" qui entraîne la "prévalence des algorithmes et de leurs recommandations". Fermez le ban, sonnez le glas pour la création culturelle... qui n'est pas un "bien de première nécessité"...

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  • Initiative "99 " : Partie remise

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    Le lièvre et la tortue.jpgIl s'avère donc que si deux tiers des Suisses et Suissesses croient encore au mariage, deux tiers ne croient pas à l'impôt, mais que «presque un million de personnes se sont prononcées en faveur de l'initiative 99%, une initiative qui remet en question le capitalisme en son cœur. C'est un succès !», réagit la Jeunesse socialiste après l'échec attendu de son initiative "99 %". S. Et elle a raison : même si nous n'avons pas été 99 % du corps électoral suisse à soutenir son initiative  pour une plus forte imposition des revenus du capital et que nous n'avons été majoritaires que dans les arrondissements de gauche des villes (dont Genève), voire quelques villes (Lausanne...) et pas loin de l'être dans deux cantons (Bâle, le Jura), peu importe dans l'immédiat : ce qui nous meut, c'est de constituer un rapport de force politique -meilleur aura été le résultat de cette initiative dans nos cantons et nos communes, mieux armés serons-nous pour, à ces niveaux-là, défendre et faire accepter des réformes fiscales renforçant la contribution des plus riches, comme le propose l'initiative de la gauche genevoise pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes.

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  • La gauche, le budget, l'impôt :  Le prix de la cohérence

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    petite monnaie.jpgC'est la rentrée. Le Cirque Knie est sur la Plaine, les tartes aux pruneaux dans les fours, les chtis nenfants prennent le chemin de l'école, les ados celui du Cycle et du Collège, les enseignants retrouvent leur classe. Et les Conseillères municipales et les Conseillers municipaux vont recevoir leur cadeau de rentrée : le projet de budget du Conseil administratif. A l'heure aurorale où on écrit, on ne l'a pas encore reçu ce cadeau. On patiente. On ne s'attend pas au pire, le Conseil administratif est de gauche, quand même. On ne s'attend pas non plus au meilleur, vu que même de gauche, le Conseil administratif reste corseté par un cadre légal cantonal que le canton prend bien garde à ne pas se l'appliquer à lui-même. Bref, on s'attend à du médiocre. C'est reposant, le médiocre. Habituel, même. On s'en accommodera. Reste à bien clarifier les rôles des uns et des autres. Le rôle du Conseil administratif, le rôle des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux, le rôle des partis, le rôle du peuple. Et à mesurer la capacité d'une gauche majoritaire à défendre son propre programme -et la politique fiscale le finançant. A mesurer notre cohérence politique, en somme.  Et un peu aussi notre courage. Et leur prix.

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  • F-00

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    vignette F35.jpgInitiative populaire lancée contre l'achat par la Suisse d'avions de combat américain

    Le peuple votera, sans nul doute, sur l'achat de 36 F-35 américains pour remplacer les actuels avions de combat de l'armée suisse, les Tiger et les F/A-18 : l'initiative populaire annoncée depuis des mois,et pour laquelle des dizaines de milliers de signatures ont déjà été réunies, a été lancée hier (on signe ici : https://f-35.pssuisse.ch/), contre le choix incompréhensible d'un avion en réalité plus coûteux que ses concurrents si on tient compte des frais de son utilisation, moins fiable (il connaît de nombreux problèmes techniques), inadapté aux missions que la Suisse assigne à son armée de l'air... et surtout, d'un avion qui est un véritable hacker volant, transmettant en permanence toutes les informations de son système informatique aux services militaires et de renseignement américains. "Le F-35 est l'avion le plus indiqué pour la Suisse", assure la Conseillère fédérale Viola Amherd. Il est surtout le plus indiqué pour les USA : les services américains seront toujours dans le cockpit" des F-35 suisses, avertit le socialiste jurassien Pierre-Alain Fridez. Le F-35 est un ordinateur volant. Après chaque vol, on prend ses cartes mémoires et toutes ses données partent dans le cloud sous contrôle américain. L'achat du F-35 est un choix, inavoué, inassumé, d'intégration dans une alliance militaire  dominée par les USA. Cette alliance, L'OTAN,est en état de "mort cérébrale", avait diagnostiqué lebon docteur Emmanuel Macron. Apparemment, la majorité du Conseil fédéral suisse n'est pas en meilleur état.

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  • 14 juillet, jour de la Fête du Père Ubu

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    révolte,révolutionQue célèbre-t-on ?

    Nous ne célébrons pas plus aujourd'hui le 14 juillet français que toute cette année, le 150ème anniversaire de la Commune de Paris, le 100ème anniversaire de l'insurrection de Cronstadt, le 85e anniversaire de la Catalogne libertaire. Et les commémorant toutes trois, nous commémorons du même coup trois défaites : l'écrasement de deux révolutions (la parisienne et la catalane), la trahison de la troisième (la russe). Quant au 14 juillet, devenu fête nationale, pour commémorer non la prise de la Bastille en 1789 mais la Fête de la Fédération en 1790, non une insurrection mais un appel au consensus, il y a beau temps qu'il ne célèbre plus une révolution mais un Etat. Ce n'est pas pour rien, ni par hasard, que dans le calendrier pataphysique, le 14 juillet (1er jour du mois de Tatane) est le jour de la Fête du Père Ubu...

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  • Budgets publics  genevois : Tournis de la rigueur ?

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    droite-gauche.jpgOn vous parle d'un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître : en 1983, les socialistes français, au pouvoir depuis deux ans, annoncent un changement de politique : on se pliera désormais aux cadres, aux règles, aux normes des équilibres économiques libéraux. On continuera à faire des réformes, sans doute, mais seulement si elles peuvent rentrer dans ces cadres, ces règles, ces normes. Et ce fut le début de la fin du PS français. Pas le début de la fin de la gauche au pouvoir, puisqu'elle s'y accrochera encore, mais le début de la fin d'un pouvoir de gauche, c'est-à-dire d'un pouvoir menant une politique de gauche sur les enjeux qui font le clivage entre la gauche et la droite. Une politique "progressiste" sur des enjeux sociétaux restait possible, elle ne l'était plus sur ce qui la différencie d'une politique de droite : la fiscalité, la redistribution, le service public, la propriété privée des moyens de production. Ce virage de 1983 en France, on l'appela le "tournant de la rigueur" (parce que "rigueur", ça sonne moins mal qu'"austérité"). A notre petit niveau local, municipal,  une gauche majoritaire opérera-t-elle lors des votes budgétaires semblable "tournant", avec pour conséquence même tournis ? A moins que... A moins qu'elle se décide à donner corps politique à sa belle proclamation, devenue rituelle, de l'indissociabilité de l'urgence climatique et de l'urgence sociale. Et se donne les moyens, politiques et financiers de les relever les deux.

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  • Retour sur le refus de la loi CO2

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    stationservice.jpgUne étape, rien qu'une étape

    La nouvelle loi CO2 a été refusée au plan national par 51,6 % des suffrages, mais acceptée à 61,4 % à Genève. Hors des villes, dans la Suisse rurale et périurbaine, "la Suisse des pendulaires et des propriétaires de villas, la Suisse qui dépend le plus du pétrole", comme la résume Antonio Hodgers. ce n'est pas sur l'urgence climatique qu'on a voté, c'est contre les taxes. Et peu importe que leur produit devait être redistribué : on était contre les taxes, point barre. Payer son essence plus chère ? Nan ! Payer son billet d'avion plus cher ? Nan ! Prendre le train plutôt que l'avion pour aller s'abreuver sur les ramblas ? Nan ! On est écolo, si ça ne coûte rien. Céline Amaudruz peut donc saluer une "victoire de la classe moyenne". Et Simonetta Sommaruga annoncer que qu'elle s'engagera pour prolonger la loi CO2 actuelle. Pour la gauche et les Verts, c'est insuffisant, et il faut revenir avec de nouvelle mesures, en sortant des taxes et de la redistribution. Une initiative populaire pourrait être lancée pour la "décarbonisation de la place financière", et une autre sera soumise dans les mois à venir au vote populaire : l'"initiative des glaciers", plus radicale dans son contenu que la loi qui vient d'être refusée : elle propose en effet l'interdiction pure et simple de l'utilisation d'énergies fossiles d'ici trente ans, au plus tard.

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  • Les trois Communes

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    vive-la-commune2.jpgParis, Cronstadt, la Catalogne...

    Vendredi, cela faisait 150 ans que la Commune de Paris était écrasée et que ses derniers combattants étaient abattus; la répression ne cessa pas avec les combats, et les massacres continuèrent -mais ce fut alors ceux des prisonniers et des prisonnières : la Semaine Sanglante et les semaines qui suivirent (il y eut 38'0000 arrestations, 10'000 condamnations) firent 20'000 morts, dont on retrouvait encore des ossements dans les sous-sol de Paris, hors des cimetières, 5000 exilés et, dit Victor Hugo dans son discours pour l'amnistie des Communards (elle prendra neuf ans), 100'000 disparus.  La Commune de Paris  fut une expérience révolutionnaire sans précédent, mais pas sans héritiers, et elle n'est pas morte dans son écrasement il y a 150 ans : 50 ans après elle, il y eut celle de Cronstadt, et encore 15 ans après,  la Catalogne libertaire.  Trois révoltes populaires écrasées : la Commune de Paris par l'armée de la future République bourgeoise, Cronstadt par l'Armée Rouge, la Catalogne étranglée par le double garrot des staliniens et des franquistes. Avec l'écrasement de l'Ukraine anarchiste de Makhno, celui de Cronstadt scelle la fin de la révolution russe, et le début, Lénine encore vivant, de la contre-révolution bolchévik. Et c'est encore une parenté avec la Commune de Paris, que cet écrasement d'une espérance de révolution et de République, "démocratique et sociale" -à ceci près que la Commune de Paris fut écrasée par les ennemis de cette République, quand Cronstadt, la Makhnovtschina et la Catalogne par ses faux-frères. 

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  • A propos d'un 10 Mai d'il y a quarante ans

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    mots socialistes.jpgPost Lucem Tenebrae

    En France, le 10 mai est, comme le 18 Brumaire ou le 18 juin, une date dont on n'a pas besoin de donner l'année. Pour Jack Lang, reprenant (vraisemblablement sans le savoir) la devise de la parvulissime République, avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la Ve République, la France passait carrément des ténèbres à la lumière. C'était tout de même un peu trop dire de l'événement, mais c'était bien dire l'attente d'un changement. Et, en creux, dire à quel point cette attente manque à la gauche française pour qu'elle renaisse de ses cendres dispersées...  36 ans après la victoire de Mitterrand à la présidentielle, suivie d'une victoire du PS aux législatives, le candidat socialiste à la présidentielle de 2017 obtient, au premier tour, et péniblement... 6 % des suffrages. De Post Tenebras Lux à Post Lucem Tenebrae...

    Un droit d'inventaire du mitterandisme et du parti socialiste au pouvoir s'impose, en tenant compte des différences de contextes politiques : en 1981, le clivage gauche-droite structure sans contestation le paysage politique : on est de gauche ou de droite, si on n'est ni l'un, ni l'autre, on n'est rien. Aujourd'hui, pour être quelque chose politiquement, il faut commencer par se dire "ni de gauche, ni de droite", "au-dessus du clivage gauche-droite", ou "de gauche ET de droite". Et puis, enfin, il y a un comportement unitaire, à gauche, quand il n'y reste plus qu'un désir d'unité. Un désir impuissant, peut-être faute d'une force politique centrale (on dit bien "centrale", pas "centriste"...) autour de laquelle se fasse cette unité : ce fut, de 1974 à 1981, le PS. Et quarante ans après ? La gauche française pèse toujours, si elle se rassemble, assez pour être présente au deuxième tour d'une élection présidentielle. Si  elle ne rassemble pas, elle ne pèsera que le poids de son impuissance, et devra se contenter de choisir, à nouveau, entre Macron et Le Pen.

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  • Elections en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles : Roule Britannia...

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    Mur d'Hadrien.jpgLa semaine dernière, des élections ont, en Grande-Bretagne, donné la victoire à trois forces politiques opposées les unes aux autres, et à leurs trois dirigeants politiques adversaires  : en Angleterre, les conservateurs de Boris Johnson ont remporté  une législative partielle dans un vieux bastion travailliste (Harlepool) et ont pris des dizaines de sièges aux travaillistes dans des Municipales; Les travaillistes, en revanche, sortent vainqueurs de l'élection du parlement du Pays de Galles. Et surtout, les indépendantistes de Nicola Sturgeon ont remporté l'élection du parlement écossais, n'y manquant la majorité absolue  que pour un seul siège (comme d'ailleurs les travaillistes du Pays de Galles), et en en obtenant plus du double que les conservateurs. Voilà donc la Grande Bretagne politiquement fragmentée par des Celtes de gauche et des anglo-saxons de droite,  en trois : une Angleterre conservatrice, une Ecosse nationaliste, un Pays de Galles travailliste.

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  • 1er Mai à Genève : « Solidaires pour la justice sociale, climatique et féministe».

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    muguet et roses.jpgDu 1er au 21 Mai

    C'est, à nouveau, une étrange fête des travailleuses et des travailleurs que celle qui se célébrera demain, puisque la pandémie et les mesures prises pour la contenir ont profondément bouleversé nos rapports au travail, aux rencontres, aux manifestations. Mais comme elles ont aussi accentué les inégalités, renforcé les aliénations, accéléré les évolutions, elles ont rendu d'autant plus nécessaire la capacité de lutter pour des droits fondamentaux, ceux qu'il faut défendre et ceux qui restent à conquérir. A Genève, le mot d'ordre de ce Premier Mai est « Pour une justice sociale, climatique et féministe». Et la Communauté Genevoise d'Action Syndicale fait de ce jour le premier de récolte de signatures pour son initiative populaire « 1000 EMPLOIS », pour la création d'un millier d'emplois utiles et la  et réduction du temps de travail, pour une sortie de crise sociale et écologique. Le Premier Mai, Fête des travailleuses et des travailleurs, n'est ainsi, cette année, que l'ouverture du 21 mai, jour d'une"Grève pour l'avenir"...

    Programme à Genève :
    11h: Rassemblement devant la Pierre sur l'esplanade d'Uni Mail
    13h30: Rassemblement Bd James-Fazy
    14h: Départ du cortège, fin de parcours sur la Plaine de Plainpalais

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    Lien permanent Catégories : Politique, syndicats, Travail, emploi 2 commentaires
  • Une motion pour la gratuité des transports publics en Ville de Genève

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    gratuité des transports publicsPour toutes et tous, sans privilège

    A Zurich, à Fribourg, à Neuchâtel, dans le canton de Vaud, des pétitions, des initiatives populaires ou parlementaire lancées par la gauche (la Jeunesse socialiste à Zurich, la gauche de la gauche dans le canton de Vaud, le PS à Fribourg, les jeunes du Parti du Travail à Genève) ont porté la revendication de la gratuité des transports publics, pour tout ou partie de la population, sur le territoire cantonal ou celui de la ville-centre. Ces initiatives font souvent suite, comme dans le canton de Vaud, à des refus des parlements de même seulement étudier la possibilité de la gratuité. Ainsi, le comité d'initiative vaudois, issu de la gauche de la gauche (le POP, SolidaritéS) et soutenu notamment par les Jeunes Verts, le Parti Pirate, la Grève du Climat et l'Avivo, a-t-il décidé de faire appel direct au peuple. A Genève, exceptionnellement, on est plus modestes : on se contente d'une motion au Conseil municipal. Pour l'instant.

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  • Genève : il faut sauver les soldats PLR et EàG

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    Coup-de-sac-e1585077939445-825x510.jpgCoup de sac !

    Mercredi soir, le PLR tenait assemblée virtuelle à huis clos. La clôture des huis des assemblées politiques, à Genève, est déjà toute relative quand elles se tiennent normalement, avec de vraies gens réunis dans une vraie salle -alors imaginez ce qu'il peut en être lorsqu'elles sont virtuelles : il ne se passe pas deux heures sans qu'on en ait un compte rendu sur facedebouc et touitère, et pas six heures sans qu'il soit complété dans la "Tribune" ou dans "Le Courrier", les deux quotidiens s'étant intelligemment  répartis l'étude ethnologique des tribus politiques locales, à la première celles de droite, au second celle de gauche. Bref, de l'assemblée virtuelle à huis clos du PLR, si on ne sait pas tout, on sait l'essentiel. Et on peut d'ores et déjà en tirer l'enseignement que nous en tirerons ici : un vigoureux coup de sac s'impose au loto politique genevois, ne serait-ce que pour sauver les soldats PLR et d'"Ensemble à Gauche", Champel et la Jonction, de la désespérance, et notre paysage politique de leur disparition.

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  • Comptes 2020 de la Ville : quand la RFFA et la Covid sévissent

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    Capture d’écran 2021-04-20 232149.jpgLa pandémie et l'endémie

    Le Conseil administratif de Genève a transmis les comptes 2020 de la Ville au Conseil municipal. Et ils sont mauvais, mais on s'y attendait : la réforme fiscale RFFA est passée par là, suivie de la pandémie covidienne. Résultat : sur un budget de près de 1,2 milliards, un déficit de 47,1 millions de francs (au lieu des 29,8 millions prévus), réduit à 17,1 millions par un prélèvement sur la réserve conjoncturelle. Un déficit provoqué par des des revenus (taxes, redevances, loyers, billetterie) non perçus et par des dépenses extraordinaires liées à la crise sanitaire et à l'aide apportée aux victimes des mesures prises pour y répondre : la commune a fait le choix politique de répondre à l'urgence sociale, et de maintenir, et même de hausser un peu  le niveau des investissement (139,4 millions), et ces choix coûtent. Mais ne pas les faire aurait coûté sans doute plus encore, et aurait coûté à la population -or c'est par ses prestations à ses habitants qu'une commune se légitime auprès d'eux. En les maintenant, en les renforçant même auprès des habitants les plus précarisés, la Ville a assumé son rôle. Reste que pour pouvoir continuer à le faire, il va bien falloir résister aux tentations de la droite cantonale de la priver de plus de cent millions de rentrées fiscales (la taxe professionnelle, que la droite veut supprimer) et du canton de reporter sur elles et sur toutes les autres communes des charges dont il entend par contre rester maître de la définition. Et cela, ce n'est pas pandémique, mais endémique.

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  • Un spectre hante les réseaux sociaux et les débats publics : l'islamogauchisme

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    congrès de Bakou.jpgUne chimère, mais qui a une histoire

    Or donc, l'islamo-gauchisme gangrènerait l'université française; c'est du moins l'avis de leur ministre de tutelle, que cette gangrène supposée alarme plus que leur réelle anémie matérielle  réelle. La ministre veut confier au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) une enquête sur la question, le CNRS renvoie la ministre dans les cordes et dénonce une tentative de "délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de 'race'", les présidents des universités françaises se contentant de qualifier l'"islamo-gauchisme" de "pseudo-notion" popularisée par l'extrême-droite. Et le prédécesseur de Frédérique Vidal, sous la présidence de François Hollande,  dénonce la vanité de "confier au CNRS une mission de police de la pensée". Cette partie de ping-pong clôt-elle un possible débat sur le concept, si hasardeux que soit son usage, d'"islamo-gauchisme" ? Cette chimère, pourtant, a bien une histoire.

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