Politique

  • La gauche, le budget, l'impôt :  Le prix de la cohérence

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    petite monnaie.jpgC'est la rentrée. Le Cirque Knie est sur la Plaine, les tartes aux pruneaux dans les fours, les chtis nenfants prennent le chemin de l'école, les ados celui du Cycle et du Collège, les enseignants retrouvent leur classe. Et les Conseillères municipales et les Conseillers municipaux vont recevoir leur cadeau de rentrée : le projet de budget du Conseil administratif. A l'heure aurorale où on écrit, on ne l'a pas encore reçu ce cadeau. On patiente. On ne s'attend pas au pire, le Conseil administratif est de gauche, quand même. On ne s'attend pas non plus au meilleur, vu que même de gauche, le Conseil administratif reste corseté par un cadre légal cantonal que le canton prend bien garde à ne pas se l'appliquer à lui-même. Bref, on s'attend à du médiocre. C'est reposant, le médiocre. Habituel, même. On s'en accommodera. Reste à bien clarifier les rôles des uns et des autres. Le rôle du Conseil administratif, le rôle des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux, le rôle des partis, le rôle du peuple. Et à mesurer la capacité d'une gauche majoritaire à défendre son propre programme -et la politique fiscale le finançant. A mesurer notre cohérence politique, en somme.  Et un peu aussi notre courage. Et leur prix.

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  • F-00

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    vignette F35.jpgInitiative populaire lancée contre l'achat par la Suisse d'avions de combat américain

    Le peuple votera, sans nul doute, sur l'achat de 36 F-35 américains pour remplacer les actuels avions de combat de l'armée suisse, les Tiger et les F/A-18 : l'initiative populaire annoncée depuis des mois,et pour laquelle des dizaines de milliers de signatures ont déjà été réunies, a été lancée hier (on signe ici : https://f-35.pssuisse.ch/), contre le choix incompréhensible d'un avion en réalité plus coûteux que ses concurrents si on tient compte des frais de son utilisation, moins fiable (il connaît de nombreux problèmes techniques), inadapté aux missions que la Suisse assigne à son armée de l'air... et surtout, d'un avion qui est un véritable hacker volant, transmettant en permanence toutes les informations de son système informatique aux services militaires et de renseignement américains. "Le F-35 est l'avion le plus indiqué pour la Suisse", assure la Conseillère fédérale Viola Amherd. Il est surtout le plus indiqué pour les USA : les services américains seront toujours dans le cockpit" des F-35 suisses, avertit le socialiste jurassien Pierre-Alain Fridez. Le F-35 est un ordinateur volant. Après chaque vol, on prend ses cartes mémoires et toutes ses données partent dans le cloud sous contrôle américain. L'achat du F-35 est un choix, inavoué, inassumé, d'intégration dans une alliance militaire  dominée par les USA. Cette alliance, L'OTAN,est en état de "mort cérébrale", avait diagnostiqué lebon docteur Emmanuel Macron. Apparemment, la majorité du Conseil fédéral suisse n'est pas en meilleur état.

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  • 14 juillet, jour de la Fête du Père Ubu

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    révolte,révolutionQue célèbre-t-on ?

    Nous ne célébrons pas plus aujourd'hui le 14 juillet français que toute cette année, le 150ème anniversaire de la Commune de Paris, le 100ème anniversaire de l'insurrection de Cronstadt, le 85e anniversaire de la Catalogne libertaire. Et les commémorant toutes trois, nous commémorons du même coup trois défaites : l'écrasement de deux révolutions (la parisienne et la catalane), la trahison de la troisième (la russe). Quant au 14 juillet, devenu fête nationale, pour commémorer non la prise de la Bastille en 1789 mais la Fête de la Fédération en 1790, non une insurrection mais un appel au consensus, il y a beau temps qu'il ne célèbre plus une révolution mais un Etat. Ce n'est pas pour rien, ni par hasard, que dans le calendrier pataphysique, le 14 juillet (1er jour du mois de Tatane) est le jour de la Fête du Père Ubu...

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  • Budgets publics  genevois : Tournis de la rigueur ?

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    droite-gauche.jpgOn vous parle d'un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître : en 1983, les socialistes français, au pouvoir depuis deux ans, annoncent un changement de politique : on se pliera désormais aux cadres, aux règles, aux normes des équilibres économiques libéraux. On continuera à faire des réformes, sans doute, mais seulement si elles peuvent rentrer dans ces cadres, ces règles, ces normes. Et ce fut le début de la fin du PS français. Pas le début de la fin de la gauche au pouvoir, puisqu'elle s'y accrochera encore, mais le début de la fin d'un pouvoir de gauche, c'est-à-dire d'un pouvoir menant une politique de gauche sur les enjeux qui font le clivage entre la gauche et la droite. Une politique "progressiste" sur des enjeux sociétaux restait possible, elle ne l'était plus sur ce qui la différencie d'une politique de droite : la fiscalité, la redistribution, le service public, la propriété privée des moyens de production. Ce virage de 1983 en France, on l'appela le "tournant de la rigueur" (parce que "rigueur", ça sonne moins mal qu'"austérité"). A notre petit niveau local, municipal,  une gauche majoritaire opérera-t-elle lors des votes budgétaires semblable "tournant", avec pour conséquence même tournis ? A moins que... A moins qu'elle se décide à donner corps politique à sa belle proclamation, devenue rituelle, de l'indissociabilité de l'urgence climatique et de l'urgence sociale. Et se donne les moyens, politiques et financiers de les relever les deux.

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  • Retour sur le refus de la loi CO2

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    stationservice.jpgUne étape, rien qu'une étape

    La nouvelle loi CO2 a été refusée au plan national par 51,6 % des suffrages, mais acceptée à 61,4 % à Genève. Hors des villes, dans la Suisse rurale et périurbaine, "la Suisse des pendulaires et des propriétaires de villas, la Suisse qui dépend le plus du pétrole", comme la résume Antonio Hodgers. ce n'est pas sur l'urgence climatique qu'on a voté, c'est contre les taxes. Et peu importe que leur produit devait être redistribué : on était contre les taxes, point barre. Payer son essence plus chère ? Nan ! Payer son billet d'avion plus cher ? Nan ! Prendre le train plutôt que l'avion pour aller s'abreuver sur les ramblas ? Nan ! On est écolo, si ça ne coûte rien. Céline Amaudruz peut donc saluer une "victoire de la classe moyenne". Et Simonetta Sommaruga annoncer que qu'elle s'engagera pour prolonger la loi CO2 actuelle. Pour la gauche et les Verts, c'est insuffisant, et il faut revenir avec de nouvelle mesures, en sortant des taxes et de la redistribution. Une initiative populaire pourrait être lancée pour la "décarbonisation de la place financière", et une autre sera soumise dans les mois à venir au vote populaire : l'"initiative des glaciers", plus radicale dans son contenu que la loi qui vient d'être refusée : elle propose en effet l'interdiction pure et simple de l'utilisation d'énergies fossiles d'ici trente ans, au plus tard.

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  • Les trois Communes

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    vive-la-commune2.jpgParis, Cronstadt, la Catalogne...

    Vendredi, cela faisait 150 ans que la Commune de Paris était écrasée et que ses derniers combattants étaient abattus; la répression ne cessa pas avec les combats, et les massacres continuèrent -mais ce fut alors ceux des prisonniers et des prisonnières : la Semaine Sanglante et les semaines qui suivirent (il y eut 38'0000 arrestations, 10'000 condamnations) firent 20'000 morts, dont on retrouvait encore des ossements dans les sous-sol de Paris, hors des cimetières, 5000 exilés et, dit Victor Hugo dans son discours pour l'amnistie des Communards (elle prendra neuf ans), 100'000 disparus.  La Commune de Paris  fut une expérience révolutionnaire sans précédent, mais pas sans héritiers, et elle n'est pas morte dans son écrasement il y a 150 ans : 50 ans après elle, il y eut celle de Cronstadt, et encore 15 ans après,  la Catalogne libertaire.  Trois révoltes populaires écrasées : la Commune de Paris par l'armée de la future République bourgeoise, Cronstadt par l'Armée Rouge, la Catalogne étranglée par le double garrot des staliniens et des franquistes. Avec l'écrasement de l'Ukraine anarchiste de Makhno, celui de Cronstadt scelle la fin de la révolution russe, et le début, Lénine encore vivant, de la contre-révolution bolchévik. Et c'est encore une parenté avec la Commune de Paris, que cet écrasement d'une espérance de révolution et de République, "démocratique et sociale" -à ceci près que la Commune de Paris fut écrasée par les ennemis de cette République, quand Cronstadt, la Makhnovtschina et la Catalogne par ses faux-frères. 

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  • A propos d'un 10 Mai d'il y a quarante ans

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    mots socialistes.jpgPost Lucem Tenebrae

    En France, le 10 mai est, comme le 18 Brumaire ou le 18 juin, une date dont on n'a pas besoin de donner l'année. Pour Jack Lang, reprenant (vraisemblablement sans le savoir) la devise de la parvulissime République, avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la Ve République, la France passait carrément des ténèbres à la lumière. C'était tout de même un peu trop dire de l'événement, mais c'était bien dire l'attente d'un changement. Et, en creux, dire à quel point cette attente manque à la gauche française pour qu'elle renaisse de ses cendres dispersées...  36 ans après la victoire de Mitterrand à la présidentielle, suivie d'une victoire du PS aux législatives, le candidat socialiste à la présidentielle de 2017 obtient, au premier tour, et péniblement... 6 % des suffrages. De Post Tenebras Lux à Post Lucem Tenebrae...

    Un droit d'inventaire du mitterandisme et du parti socialiste au pouvoir s'impose, en tenant compte des différences de contextes politiques : en 1981, le clivage gauche-droite structure sans contestation le paysage politique : on est de gauche ou de droite, si on n'est ni l'un, ni l'autre, on n'est rien. Aujourd'hui, pour être quelque chose politiquement, il faut commencer par se dire "ni de gauche, ni de droite", "au-dessus du clivage gauche-droite", ou "de gauche ET de droite". Et puis, enfin, il y a un comportement unitaire, à gauche, quand il n'y reste plus qu'un désir d'unité. Un désir impuissant, peut-être faute d'une force politique centrale (on dit bien "centrale", pas "centriste"...) autour de laquelle se fasse cette unité : ce fut, de 1974 à 1981, le PS. Et quarante ans après ? La gauche française pèse toujours, si elle se rassemble, assez pour être présente au deuxième tour d'une élection présidentielle. Si  elle ne rassemble pas, elle ne pèsera que le poids de son impuissance, et devra se contenter de choisir, à nouveau, entre Macron et Le Pen.

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  • Elections en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles : Roule Britannia...

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    Mur d'Hadrien.jpgLa semaine dernière, des élections ont, en Grande-Bretagne, donné la victoire à trois forces politiques opposées les unes aux autres, et à leurs trois dirigeants politiques adversaires  : en Angleterre, les conservateurs de Boris Johnson ont remporté  une législative partielle dans un vieux bastion travailliste (Harlepool) et ont pris des dizaines de sièges aux travaillistes dans des Municipales; Les travaillistes, en revanche, sortent vainqueurs de l'élection du parlement du Pays de Galles. Et surtout, les indépendantistes de Nicola Sturgeon ont remporté l'élection du parlement écossais, n'y manquant la majorité absolue  que pour un seul siège (comme d'ailleurs les travaillistes du Pays de Galles), et en en obtenant plus du double que les conservateurs. Voilà donc la Grande Bretagne politiquement fragmentée par des Celtes de gauche et des anglo-saxons de droite,  en trois : une Angleterre conservatrice, une Ecosse nationaliste, un Pays de Galles travailliste.

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  • 1er Mai à Genève : « Solidaires pour la justice sociale, climatique et féministe».

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    muguet et roses.jpgDu 1er au 21 Mai

    C'est, à nouveau, une étrange fête des travailleuses et des travailleurs que celle qui se célébrera demain, puisque la pandémie et les mesures prises pour la contenir ont profondément bouleversé nos rapports au travail, aux rencontres, aux manifestations. Mais comme elles ont aussi accentué les inégalités, renforcé les aliénations, accéléré les évolutions, elles ont rendu d'autant plus nécessaire la capacité de lutter pour des droits fondamentaux, ceux qu'il faut défendre et ceux qui restent à conquérir. A Genève, le mot d'ordre de ce Premier Mai est « Pour une justice sociale, climatique et féministe». Et la Communauté Genevoise d'Action Syndicale fait de ce jour le premier de récolte de signatures pour son initiative populaire « 1000 EMPLOIS », pour la création d'un millier d'emplois utiles et la  et réduction du temps de travail, pour une sortie de crise sociale et écologique. Le Premier Mai, Fête des travailleuses et des travailleurs, n'est ainsi, cette année, que l'ouverture du 21 mai, jour d'une"Grève pour l'avenir"...

    Programme à Genève :
    11h: Rassemblement devant la Pierre sur l'esplanade d'Uni Mail
    13h30: Rassemblement Bd James-Fazy
    14h: Départ du cortège, fin de parcours sur la Plaine de Plainpalais

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  • Une motion pour la gratuité des transports publics en Ville de Genève

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    gratuité des transports publicsPour toutes et tous, sans privilège

    A Zurich, à Fribourg, à Neuchâtel, dans le canton de Vaud, des pétitions, des initiatives populaires ou parlementaire lancées par la gauche (la Jeunesse socialiste à Zurich, la gauche de la gauche dans le canton de Vaud, le PS à Fribourg, les jeunes du Parti du Travail à Genève) ont porté la revendication de la gratuité des transports publics, pour tout ou partie de la population, sur le territoire cantonal ou celui de la ville-centre. Ces initiatives font souvent suite, comme dans le canton de Vaud, à des refus des parlements de même seulement étudier la possibilité de la gratuité. Ainsi, le comité d'initiative vaudois, issu de la gauche de la gauche (le POP, SolidaritéS) et soutenu notamment par les Jeunes Verts, le Parti Pirate, la Grève du Climat et l'Avivo, a-t-il décidé de faire appel direct au peuple. A Genève, exceptionnellement, on est plus modestes : on se contente d'une motion au Conseil municipal. Pour l'instant.

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  • Genève : il faut sauver les soldats PLR et EàG

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    Coup-de-sac-e1585077939445-825x510.jpgCoup de sac !

    Mercredi soir, le PLR tenait assemblée virtuelle à huis clos. La clôture des huis des assemblées politiques, à Genève, est déjà toute relative quand elles se tiennent normalement, avec de vraies gens réunis dans une vraie salle -alors imaginez ce qu'il peut en être lorsqu'elles sont virtuelles : il ne se passe pas deux heures sans qu'on en ait un compte rendu sur facedebouc et touitère, et pas six heures sans qu'il soit complété dans la "Tribune" ou dans "Le Courrier", les deux quotidiens s'étant intelligemment  répartis l'étude ethnologique des tribus politiques locales, à la première celles de droite, au second celle de gauche. Bref, de l'assemblée virtuelle à huis clos du PLR, si on ne sait pas tout, on sait l'essentiel. Et on peut d'ores et déjà en tirer l'enseignement que nous en tirerons ici : un vigoureux coup de sac s'impose au loto politique genevois, ne serait-ce que pour sauver les soldats PLR et d'"Ensemble à Gauche", Champel et la Jonction, de la désespérance, et notre paysage politique de leur disparition.

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  • Comptes 2020 de la Ville : quand la RFFA et la Covid sévissent

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    Capture d’écran 2021-04-20 232149.jpgLa pandémie et l'endémie

    Le Conseil administratif de Genève a transmis les comptes 2020 de la Ville au Conseil municipal. Et ils sont mauvais, mais on s'y attendait : la réforme fiscale RFFA est passée par là, suivie de la pandémie covidienne. Résultat : sur un budget de près de 1,2 milliards, un déficit de 47,1 millions de francs (au lieu des 29,8 millions prévus), réduit à 17,1 millions par un prélèvement sur la réserve conjoncturelle. Un déficit provoqué par des des revenus (taxes, redevances, loyers, billetterie) non perçus et par des dépenses extraordinaires liées à la crise sanitaire et à l'aide apportée aux victimes des mesures prises pour y répondre : la commune a fait le choix politique de répondre à l'urgence sociale, et de maintenir, et même de hausser un peu  le niveau des investissement (139,4 millions), et ces choix coûtent. Mais ne pas les faire aurait coûté sans doute plus encore, et aurait coûté à la population -or c'est par ses prestations à ses habitants qu'une commune se légitime auprès d'eux. En les maintenant, en les renforçant même auprès des habitants les plus précarisés, la Ville a assumé son rôle. Reste que pour pouvoir continuer à le faire, il va bien falloir résister aux tentations de la droite cantonale de la priver de plus de cent millions de rentrées fiscales (la taxe professionnelle, que la droite veut supprimer) et du canton de reporter sur elles et sur toutes les autres communes des charges dont il entend par contre rester maître de la définition. Et cela, ce n'est pas pandémique, mais endémique.

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  • Un spectre hante les réseaux sociaux et les débats publics : l'islamogauchisme

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    congrès de Bakou.jpgUne chimère, mais qui a une histoire

    Or donc, l'islamo-gauchisme gangrènerait l'université française; c'est du moins l'avis de leur ministre de tutelle, que cette gangrène supposée alarme plus que leur réelle anémie matérielle  réelle. La ministre veut confier au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) une enquête sur la question, le CNRS renvoie la ministre dans les cordes et dénonce une tentative de "délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de 'race'", les présidents des universités françaises se contentant de qualifier l'"islamo-gauchisme" de "pseudo-notion" popularisée par l'extrême-droite. Et le prédécesseur de Frédérique Vidal, sous la présidence de François Hollande,  dénonce la vanité de "confier au CNRS une mission de police de la pensée". Cette partie de ping-pong clôt-elle un possible débat sur le concept, si hasardeux que soit son usage, d'"islamo-gauchisme" ? Cette chimère, pourtant, a bien une histoire.

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  • Pour une carte d'habitants à Genève

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    city card,carte d'habitantC'EST QUOI, C'EST QUI, UNE VILLE ? NOUS TOUS...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, surtout, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui". Qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous, ou ne les ont pas encore. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, mais qui eux aussi sont là même quand ils n'en ont pas. Qui sont riches ou qui sont pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou qui n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Une ville, c'est toujours toutes celles et ceux qui y sont. Celles et ceux à qui nous voulons proposer, à Genève comme dans une dizaine d'autres villes suisses, une carte attestant qu'ils sont habitants de nos ville, et les constituent.

    Ces gens, dans l'ancienne République genevoise, on les avait répartis en trois classes : les citoyens (forcément des hommes, forcément propriétaires, forcément protestants), qui disposent de tous les droits politiques; les natifs et les natives, qui sont nés et nées à Genève mais n'en ont pas la citoyenneté, et ne disposent donc que des droits civils; les habitants et les habitants, qui sont nés et nées ailleurs, qui vivent, et travaillent, et paient des taxes ici mais n'ont aucun droit politiques et pas tous les droits civils. Les révolutions genevoises (et la première révolution française) ont aboli cet ordre de classes-là. Parce que deux siècles après cette abolition, on se retrouve toujours avec des citoyens (et désormais des citoyennes), des habitantes et des habitants. Et des sans statuts. 

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 8 commentaires
  • Nos Pâques à nous : la Commune de Paris

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    Commune de ParisPassion, résurrection ?

    Dimanche dernier, il y avait 150 ans, jour pour jour, que la Commune de Paris était proclamée. Et dimanche prochain, ce sera la Pâque chrétienne, dans le calendrier grégorien. Trahison, procès, exécution, martyre... Vous parle-t-on alors, ici, de la Passion du Christ ou de celle des Communards ? Des deux, frères et soeurs... Et puisqu'après l'exécution, il y a la résurrection, et après la résurrection l'Ascension, et après l'Ascension la Pentecôte, on s'autorisera à une récupération politique parfaitement blasphématoire (mais nous tenons le droit au blasphème comme un droit fondamental) : la Commune de Paris, c'est nos Pâques à nous. Des Pâques de 72 jours. Sans résurrection ? Allez savoir... En tout cas, pas sa récupération : 498 rues et places et 190 écoles portent en France le nom de Louise Michel, qui avait si grande "hâte de s'échapper du vieux monde" , dont pourtant elle ne put pas même s'échapper en étant déportée en Nouvelle Calédonie, où ce vieux monde détruisait celui. plus vieux encore, de ses nouveaux amis, les Kanaks. Ce vieux monde, c'est toujours le nôtre...

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  • Election partielle au Conseil d'Etat genevois : A dans deux ans !

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    Capture d’écran 2021-03-28 233124.jpg

    Genève, Lausanne, Yverdon, Nyon, Renens, Moutier, et même en Valais -et en plus, il faisait beau : on a passé un beau dimanche... Pour en revenir au centre du monde,contrairement aux craintes de beaucoup et aux espoirs de quelques uns, on n'a "pas peu" voté, à Genève, hier (42,74 % de participation). Et vu le résultat, on s'autorisera à ajouter qu'on a "bien voté", dans une élection qui, au terme d'une étrange campagne, et pour un étrange enjeu, a plus mobilisé qu'attendu.  Au premier tour de cette élection partielle au Conseil d'Etat, la participation avait déjà dépassé 48 %, un record depuis 25 ans -mais on se prononçait sur une palanquée d'objets, dont un objet fédéral (l'initiative "antiburqa") et un objet municipal (le parking de  Rive) mobilisateurs. Et lors de l'élection générale du Conseil d'Etat, en 2018, la participation n'avait été que de 35 % au second tour. Vendredi, on l'avait déjà dépassée...  On a donc repourvu par Fabienne Fischer le siège laissé vacant par la démission de Pierre Maudet, qui entendait bien s'y rasseoir. Mais on ne l'a repourvu que pour deux ans. Toutes les cartes de ce jeu de bataille seront rebattues en 2023, avec, aujourd'hui, une gauche à 41,8 % (mais à plus de 50 % dans ses bastions de la Ville, comme les Pâquis, la Jonction, Plainpalais, les Acacias, Saint-Gervais) et une droite à 58.2 % (toutes familles recomposées ensemble, mais les scores de Delphine Bachmann et d'Yves Nidegger sont presque anecdotiques...). Des trois majorités qui nous sont nécessaires pour pouvoir vraiment "changer les choses", on  en gagné une, la gouvernementale. Nous restent donc les deux autres à conquérir, dans les urnes et dans la rue : la parlementaire et, surtout, la populaire. A dans deux ans !

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  • Le 21 mai, pour la justice climatique et sociale

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    Grève pour l'avenir.jpg

    Grève pour l'Avenir

    Le 21 mai 2021 aura lieu une grande journée d’action et de grève pour la justice climatique et sociale, la "Grève pour l'Avenir" En y invitant, le mouvement de la Grève du Climat lui donne pour objectif de "poser les bases d’un changement à long terme vers une société durable". Le 10 avril des assemblées populaires se tiendront dans toute la Suisse pour préparer la journée du 21 mai (on en trouvera le mode d'emploi sur https://grevepourlavenir.ch/participer/assemblees-populaires/).
    "On ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut arrêter de perdre du temps",
    (banderole dans la Cité des 300 logements, à Bejaïa).

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  • Nous avons voté pour Fabienne Fischer, sans aucune hésitation...

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    votez!.jpgEn principe, vous avez toutes et tous reçu (enfin) votre bulletin de vote. Il vous reste à en faire bon usage (jusqu'à jeudi soir par correspondance, dimanche matin au local de vote) pour participer à l'élection partielle au Conseil d'Etat. Vous avez le choix entre deux candidates et deux candidats au deuxième tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois. Avec une candidate verte,  Fabienne Fischer, soutenue par le PS, le Parti du Travail, le DAL, les Jeunes Verts, socialistes et Verts libéraux, ainsi que l'Avivo et Pro Velo (SolidaritéS appelle plus jésuitiquement à "faire barrage à la droite"). Derrière elle, à bonne distance au premier tour,  Pierre Maudet. Fabienne Fischer et Pierre Maudet sont sortis du premier tour avec une large avance sur leurs concurrents, dont il ne reste qu'Yves Nidegger, de l'UDC. A ces trois s'est ajoutée in extremis une candidate du PDC, qui au premier tour soutenait le candidat du PLR, mais profite de sa débandade pour faire au moins un tour de piste en espérant rallier à sa candidate, Delphine Bachmann, toutes celles et tous ceux qui à droite ne veulent ou ne peuvent se résoudre ni à voter pour Fabienne Fischer ou Yves Nidegger, ni à voter pour Pierre Maudet, "disqualifié pour exercer une fonction dans un collège gouvernemental". "Disqualifié" ? L'expression est étrange : "disqualifié" par qui ? Ce sont les électrices et les électeurs qui qualifient ou disqualifient une candidature. Ce sont donc eux qui diront dimanche ce qu'ils pensent de celle de Maudet. Espérons avoir fait comprendre ce que nous en pensons, nous, en ayant voté pour Fabienne Fischer, sans aucune hésitation...

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  • TOUT çA N'EMPÊCHE PAS, NICOLAS, QUE LA COMMUNE N'EST PAS MORTE...

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    Capture d’écran 2021-03-18 181626.jpg

    La Commune de Paris a 150 ans

    La Commune de Paris a 150 ans, et en ce mois de mars, et on la commémore ou la célèbre, selon que l'on continue à la haïr ou à s'en réclamer150 ans depuis sa proclamation le 28 mars, 150 ans depuis son écrasement le 23 mai au terme d'une Semaine Sanglante qui ne peut se comparer, avec ses 30'000 morts,  qu'à la Saint-Barthélémy. Elle ne vécut que deux mois de printemps. Ecrasée mais, chante Pottier, "pas morte".

    On l'a tuée à coups de Chassepot
    A coups de mitrailleuse
    Et roulée avec son drapeau
    Dans la terre argileuse
    Et la tourbe des bourreaux gras
    Se croyait la plus forte
    Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
    Qu' la Commune n'est pas morte!
    (Eugène Pottier)

    (voir aussi : https://lecourrier.ch/2021/03/17/un-heritage-entre-avant-garde-et-mythe/)

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    Lien permanent Catégories : commune, Histoire, Politique 11 commentaires
  • Répartition des tâches et des pouvoirs à Genève : "ça ne se présente pas bien"

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    répartition des tâchesDans son "programme de législature 2020-2025", le Conseil administratif de la Ville de Genève se donne pour objectif, ambitieux, d'obtenir "une plus grande autonomie légale de la Ville et un accroissement de ces compétences vis-à-vis du canton", accroissement qu'elle ne pourra d'ailleurs obtenir (et la Municipalité en est parfaitement consciente) que si toutes les autres communes du canton l'obtiennent aussi, la Ville n'ayant pas d'autre statut constitutionnel que celui d'une commune égale aux autres -même si elle est la commune centre, abrite 40 % de la population du canton, qui cultive à son égard méfiance aussi vieille que lui, au point d'avoir tenté de l'abolir purement et simplement en 1815 -elle sera rétablie par une révolution trente ans plus tard, une bonne partie de la droite cantonale rêvant toujours d'une ré-abolition.  Les négociations avec le canton sur la répartition des tâches entre lui et les communes, dont la Ville "ce sera la bataille de la législature" municipale (2020-2025), prévient le Maire de Genève, Sami Kanaan. Qui ajoute : "cela ne se présente pas bien. La réforme est en train de se faire sur le dos des villes avec une menace sur les prestations. Pour la Ville de Genève, les reports de charge pourraient représenter des dizaines de millions de francs", qui manqueront au financement des actions sociales, de la politique culturelle, de l'aménagement du cadre de vie. Si le canton ne revient pas sur ses envies de puiser dans les ressources des communes sans leur donner de compétences supplémentaires, un référendum est pratiquement inévitable. Ce ne sera pas un référendum de la Ville, mais des communes. Parce que la répartition des tâches, si elle n'est pas seulement un transfert des charges, est aussi un partage des pouvoirs.

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