pauvreté, exclusion

  • Indemnisation des travailleuses et des travailleurs précaires : Neuf mois de perdus

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    Sabine Weiss, l'homme qui court, 1953.jpgEn juin dernier, le Grand Conseil acceptait, à une courte majorité de gauche et du PDC, un projet de loi pour l'indemnisation des travailleuses et travailleurs précaires victimes de la "première vague" de la coronapandémie. Il y avait urgence à ce que cette loi entrât en vigueur, mais la droite et l'extrême-droite refusèrent de lui accorder la clause la soustrayant au référendum facultatif, ce qui permit à  la droite de la droite (l'UDC, le MCG) de lancer le référendum. Et on se retrouve neuf mois plus tard à devoir  combattre pour faire passer une loi qui permettrait, enfin, de compenser une partie (une partie, seulement...) de la perte de revenus que la première vague de la pandémie a infligée à des milliers de personnes n'ayant pu bénéficier ni de prestations d'assurances sociales, ni d'aide sociale, ni d'indemnités chômage, ni d'aides spécifiques. La loi prévoit une compensation de 80 % de leurs pertes effectives de revenus, avec un maximum de 4000 francs sur deux mois, pour des personnes  pouvant prouver ou rendre vraisemblable avoir exercé une activité lucrative à Genève entre le 17 mars et le 16 mai 2020, en y habitant . Et si l'indemnité a été perçue de manière indue, l'autorité en exigera le remboursement. Le coût de ces mesures serait de 15 millions de francs. Moins d'un cinquième de pourcent du budget cantonal...

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  • Genève : Référendum de la honte contre l'aide d'urgence aux plus démunis

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    tetemurrouge.jpgRetour au XIXe siècle ?

    D'entre les enjeux de la votation du 7 mars, il en est un, cantonal genevois, qu'on devrait prendre garde à ne pas laisser être voilé par ce qui tient  lieu de débat autour de la burqa, du niqab et du passe-montagne : la création d'un fonds de 15 millions de francs pour venir en aide aux plus démunis, mis par la pandémie encore plus à mal qu'il ne le sont d'ordinaire. La création de ce fonds est contestée par un référendum lancé par la droite de la droite (l'UDC et le MCG), pour la seule raison que l'aide qu'il financerait ne serait pas discriminatoire à l'encontre des personnes sans statut légal. Cette aide irait prioritairement aux salariés et salariées,indépendants et indépendantes, étudiants et étudiantes exerçant ponctuellement des activités rémunérées, travailleuses et travailleurs du sexe, artistes indépendants, toutes et tous privés d'accès aux soutiens financiers fédéraux, cantonaux et municipaux ou ne recevant de tels soutiens qu'au terme d'un délai trop long pour leur permettre de ne pas sombrer tout à fait dans la pauvreté.  Pourquoi fallait-il une loi ? Parce que le droit ordinaire ne prévoit aucune aide publique pour celles et ceux qui n'ont pas d accès aux prestations de l'Hospice Général. Et les renvoie donc à la charité privée. Comme au XIXe siècle. On dira évidemment OUI à une loi du XXIe siècle et à la plus élémentaire des solidarités avec les premières victimes de la crise, qui étaient déjà les plus démunies avant et le sont plus encore depuis.

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  • Ce n'est pas la mendicité qui est illégale, c'est sa répression

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    mendicité Genève.jpgEncore une chasse à interdire à Genève

    La Genève officielle, politique, judiciaire, policière, bureaucratique, vient de se prendre une baffe méritée, et des années (quatorze...) de combat de Dina Bazarbachi et de Mesemrom ont été récompensés : La Cour Européenne des droits de l'homme (CEDH) a donné droit à une Roumaine de 28 ans, qui contestait l'amende que lui avait infligée le Service des Contraventions pour mendicité sur la voie publique (elle avait été amendée neuf fois en deux ans pour la même raison, et gardée à vue deux fois pour ce crime majeur). La jeune Rrom, mère célibataire de trois enfants, analphabète, vivant dans la rue sans ressource et sans aide sociale, arrivée à Genève en 2011, avait même fait cinq jours de détention provisoire pour n'avoir pas payé cette amende. Elle était ensuite retournée en Roumanie. Pour la Cour (une institution du Conseil de l'Europe, dont la Suisse est membre fondatrice, ceci dit pour couper court aux couinement sur un diktat de l'Union Européenne...), qui a accordé un dédommagement de mille francs à la jeune mendiante, la sanction qui lui a été infligée est contraire à l'art. 8 de la Convention européenne des droits de l'homme  : "Placée dans une situation de vulnérabilité manifeste, la requérante avait le droit, inhérent à la dignité humaine, de pouvoir exprimer sa détresse et d'essayer de remédier à ses besoins par la mendicité". Ce jugement contredit, sur le fond et la forme, les lois qui, notamment à Genève et dans le canton de Vaud, font de la mendicité une pratique illégale sans examen de la situation réelle de celles et ceux qui s'y livrent : puisque les mendiants et les mendiantes ont "le droit, inhérent à la dignité humaine" de remédier à leurs besoins par la mendicité, rendre celle-ci illégale et la réprimer, saisir le contenu de leurs gobelets (il y avait 16 francs 75 dans celui de la jeune Rrom), amender celles et ceux qui s'y livrent et les envoyer en prison s'ils ne peuvent pas payer les amendes qu'on leur colle (et qu'ils ne pourraient payer qu'en mendiant...) est... illégal. Et il ne suffit pas d'adapter les sanctions "au cas par cas" (on ne le faisait donc pas : la loi sanctionne en effet le mendicité quelles qu'en soient les auteurs, les causes, les méthodes, le lieu), comme, obstinées, l'annoncent les autorités genevoises : il faut purement et simplement abroger l'article 11A de la loi pénale genevoise (l'article anti-mendicité). Et d'ici là, on ne saurait recommander aux mendiants et aux mendiantes de se faire représenter pour contester (jusqu'à Strasbourg...) les amendes qui continueraient à leur être infligées : si invoquer la dignité humaine ne convainc pas, à Genève comme dans le canton de Vaud (qui a aussi pénalisé la mendicité) l'Etat de renoncer à la chasse aux mendiants, peut-être que son coût l'y inciterait : on peut parfois s'abaisser à user d'arguments assez vils pour mettre fin à des pratiques plus viles encore.

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  • Les oubliés de la crise se rappellent aux gestionnaires de la crise

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    iceberg.jpgLa masse immergée de l'iceberg

    Nous manquerions ici de place pour ne serait-ce qu'énumérer les mesures prises pour "soutenir l'économie". Nous en manquerions moins pour rappeler celles prises pour soutenir la population la plus précaire de cette ville et de ce canton et des autres villes et des autres cantons de ce pays, tant la disproportion frappe, entre le soutien apporté aux entreprises et celui apporté aux gens : ne vient-on pas d'apprendre que la Banque nationale consacrait des milliards à faire baisser artificiellement la monnaie suisse, histoire de soutenir les entreprises d'exportation ? Les plus pauvres ne votent pas -ils n'en ont souvent même pas le droit. Ils ne se syndiquent pas. Ils ne descendent pas non plus dans la rue. Ils se cachent. Ne se montrent que lorsqu'ils et elles ils ne peuvent faire autrement. Pour manger. Mais samedi à 14 heures sur la plaine de Plainpalais, se tiendra un rassemblement à l'appel des oubliés de la crise (salariés pauvres, travailleuses et travailleurs précaires, toutes celles et ceux qui ne bénéficient d'aucune mesure sérieuse d'aide), des syndicats, des associations d'entraide et des partis de gauche. Les oubliés de la crise se rappellent aux gestionnaires de la crise, avant qu'il soit trop tard : ils sont la masse  immergée de l'iceberg -celle dont on ne prend conscience que quand il est trop tard et qu'on s'y est déjà déchiré...

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  • Action sociale d'urgence : Dialogues de sourds

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    vive-la-commune.jpgLe débat sur le partage de la responsabilité de l'action sociale d'urgence, entre toutes les communes et entre elles et le canton, est récurrent -cela fait des années qu'on l'a au Conseil municipal de la Ville et qu'on s'y plaint de ce que l'hébergement des sans-abris et l'aide sociale d'urgence reposent en partie démesurée sur la Ville. D'autres communes y participent, mais de loin pas toutes et les plus riches ne sont pas celles qui s'illustrent le mieux par cet effort de solidarité. Le Conseiller d'Etat Thierry Apothéloz a, sur le fond, parfaitement raison de constater le "manque de coordination pour assurer un nombre de place suffisant". Et parfaitement raison, aussi, de proposer la création d'un fonds intercommunal pour l'assurer. La preuve qu'il a raison de le proposer ? on le propose aussi : une motion de gauche (PS-Parti du Travail) pour la création d'un fonds intercommunal de soutien à l'action sociale a été déposée au Conseil municipal de la Ville de Genève,  a été adoptée en commission de la cohésion sociale et est à l'ordre du jour de la prochaine séance du Conseil municipal (reste à savoir s'il consentira à en traiter...). De son côté, ou sur son trône, le Conseil d'Etat a concocté un avant-projet de loi pour, selon lui, "clarifier les responsabilités" entre les communes et l'Etat. Mais en fait de clarification, on a surtout un conflit de plus entre un canton qui veut faire payer les communes, et des communes qui ne sont d'accord de payer qu'en échange de compétences réelles, dans un canton qui est celui, en Suisse, qui leur en accorde le moins.

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  • Pour les 300 à 1000 sans-abris de Genève : Le logement, plus que l'hébergement

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    sdf geneve.jpgOn estime le nombre de sans-abris à de 300 à 1000 personnes à Genève, et une étude sur le "sans-abrisme" (ce barbarisme est récent)  va être lancée par la Ville pour en faire un état des lieux... La Ville assure leur hébergement d'urgence. Elle répond ainsi à une urgence sociale, mais cette réponse ne permet pas la réinsertion sociale des personnes concernées.  Nous (des conseillères et conseillers municipaux socialistes et du Parti du Travail) avons  donc déposé une motion demandant  au Conseil administratif de Genève d'étudier la mise en place egt le coût d'une politique de réinsertion sociale complémentaire et préventive de l'accueil d'urgence, de mise en place d'une structure d'hébergement et de prise en charge sociale personnalisée des sans-abris, ouverte toute l'année dans un bâtiment en surface, de création d'une équipe pluridisciplinaire pour l'accueil des sans-abris et d'établissement d'un programme pour prévenir la perte de leur logement par les personnes en situation de précarité.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Logement, pauvreté, exclusion 2 commentaires
  • Initiative populaire cantonale "23 francs, c'est un minimum" : pour vivre de son travail

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    vignette salaire minimum.jpgLe 27 septembre, à Genève, le peuple se prononcera sur une initiative populaire cantonale ("23 francs, c'est un minimum") instaurant un salaire minimum légal de 23 francs de l'heure (4860 francs par mois pour 41 heures de travail hebdomadaire) "Il est inadmissible que des travailleurs.euse.s ne parviennent pas à vivre de leur travail, quel qu'il soit", proclame la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), faîtière de l'ensemble des syndicats genevoise, qui a porté l'initiative, soutenue par toute la gauche. 30'000 travailleuses (surtout) et travailleurs bénéficieraient d'une augmentation de salaire : elles et ils travaillent dans des secteurs (l'hôtellerie-restauration, le commerce de détail, la sécurité, le nettoyage, l'économie domestique, l'agriculture, notamment) où le salaire, même conventionnel (mais la moitié de l'ensemble des  salariées et des salariés genevois n'est pas protégée par une CCT) est encore souvent inférieur à 3500 francs par mois (3300 francs pour 45 heures hebdomadaires dans l'agriculture à Genève, par exemple), si bien qu'elles et ils  doivent recourir à l'aide sociale pour pouvoir vivre correctement.  Le montant proposé pour le salaire minimum correspond à la somme nécessaire à Genève pour pouvoir chaque mois couvrir ses besoins essentiels et ses charges sans devoir recourir à une aide sociale. Et que l'on ne nous dise pas qu'instaurer comme un minimum légal un salaire si modéré mettrait en danger l'emploi : cette vieille plaisanterie commence à sentir sérieusement le faisandé -surtout quand elle nous est servie par des gens qui gagnent trois, quatre ou cinq fois plus que ce qu'ils considèrent comme excessif de garantir aux autres... et, tel le directeur général de la Fédération des entreprises romandes, Blaise Matthey, accusent les initiants de "balayer d'un revers de la main la longue tradition de dialogue social qui a permis à notre canton d'offrir des conditions de travail particulièrement attrayantes. Du genre de salaires inférieurs à 3500 francs par mois pour un travail à plein temps et des tâches d'entre les plus pénibles ?

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  • Aide sociale d'urgence : clause d'attente

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    Annotation 2020-08-01 153905.jpgL'UDC et le MCG osent tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît

    Les mots ne manquent pas pour qualifier le référendum le plus minable lancé depuis longtemps, ce "référendum de la honte", comme le qualifie notre camarade Helena de Freitas, celui que  l'UDC genevoise et le MCG ont lancé  contre la loi, adoptée par le Grand Conseil, permettant l'indemnisation des travailleuses et des travailleurs précaires qui ont perdu leurs revenus pendant la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 et ne peuvent prétendre à aucune autre aide publique. Les mots ne manquent pas pour qualifier ce référendum et ses auteurs, mais ceux qui sans doute le qualifieraient le mieux siéent mal à une chronique estivale. On s'en tiendra donc à "minable" et "honteux", et à quelques euphémismes patauds.  Motif déclaré du référendum : "on ne peut pas donner  des indemnités pour perte de revenus pour du travail non déclaré". Comme si la loi consistait en cela (elle n'est pas un salaire de substitution, mais une aide sociale), comme si les travailleuses et les travailleurs au noir ou sans statut légal  choisissaient délibérément de l'être et d'être privés de tous droits : si elle ne conditionne pas l'aide qu'elle prévoit à un statut légal de qui la sollicite, la plupart (70 %) de celles et ceux qui pourraient y prétendre ont un statut et un travail légaux, sont  des travailleuses et des travailleurs sur appel, des employées et des employés domestiques, des travailleuses et des travailleurs du sexe, des ouvriers de la construction, des intermittentes et des intermittents du spectacle, des étudiantes et des étudiants égrainant les petits boulots... au total, 3000 personnes, dont aucune ne pourrait recevoir plus de 4000 francs (alors que le salaire brut médian en Suisse ascende à près de 7000 francs par mois). Ni plus de 80 % du revenu perdu. Ni pendant plus de deux mois.  On est bien loin des 2,7 millions obtenu à titre rétroactif par le Parrain de l'UDC pour sa  retraite personnelle de fugace Conseiller fédéral, mais peu importe à l'UDC et au MCG : sur les plus faibles, ces courageux osent tout.  C'est même à cela qu'on les reconnaît.

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  • Le Conseil municipal de la Ville vote un crédit de 6,9 millions pour l'hébergement d'urgence...

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    Et le canton ?

    Un crédit exceptionnel de 6’879’505 francs pour l'hébergement d'urgence a été voté "sur le siège" (sans passage en commission) lundi soir par une très nette majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève (seule l'UDC a voté contre). Le Conseil a ainsi suivi une proposition de la Conseillère administrative socialiste Christina Kitsos de prolonger durant l’été le dispositif d’urgence provisoire pour l’accueil des personnes sans-abri dans la caserne des Vernets. Pour Christina Kitsos, « il était fondamental de répondre à l’urgence sociale et de diminuer le risque de foyers infectieux en continuant d’accueillir les personnes sans-abri. En parallèle, il s’agit de trouver des solutions pérennes et en surface avec les communes, l’Etat et les associations ; le logement étant la condition préalable à toute réinsertion sociale. » Le  vote à plus des deux tiers du plénum de la clause d’urgence, qui soustrait ce crédit au référendum,  est le signe de la prise de conscience du Conseil municipal de l'urgence d'apporter une réponse concrète à l'aggravation de la précarisation d'une part croissante de la population. Le crédit voté a été assorti, par un amendement des Verts, d'une demande de partage des responsabilités et des charges de l'hébergement des sans abris entre la Ville, les autres communes... et le canton, l'objectif de la Ville étant celui de "zéro sans abris". Un objectif ambitieux, si la Ville devait le poursuivre seule, même à force précisément d'assumer à peu près seule l'hébergement des sans abri, et donc des plus pauvres d'entre les pauvres, la Ville est porteuse, dans le soutien aux plus précaires, d'une expérience dont ni le canton ni les autres communes ne disposent -le canton ayant même trouvé le moyen de perturber les premières distributions de nourriture en s'en prenant aux bénévoles de la Caravane de la Solidarité.

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    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion, Politique 1 commentaire
  • "Contre l'extrême précarisation : l'urgente régularisation"

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    file d'attente.jpgDire l'évidence

    Le Conseil municipal de Genève a voté hier, à une forte majorité, contre l'opposition de la nouvelle alliance de droite (le MCG, l'UDC, le PLR) une résolution socialiste ("Contre l'extrême précarisation : l'urgente régularisation") demandant la régularisation de toutes les personnes sans statut légal (dites "sans papiers"). Il y avait à l'origine de cette proposition une image, un constat, un engagement. L'image, c'est celle des files aux Vernets lors de la distribution de sacs de nourriture. L'image des invisibles devenus visibles. Et gênants. Le constat, c'est celui fait par les enquêtes effectuées par Médecins sans frontières auprès des personnes présentes dans ces files : 65 % d'entre elles sont sans statut légal. Et donc sans droit à l'aide sociale. L'engagement, c'est celui que la Ville demande au canton, à la Confédération de prendre : les régulariser, leur donner un statut, et des droits. La Ville ne peut accorder un statut légal à ces personnes : c'est une compétence fédérale. Mais nous pouvons dire qu'elles en ont besoin, et qu'elle soutiendra toutes les mesures qui seront prises pour le leur accorder. A l'ouverture de toutes les séances du Conseil municipal, ses membres sont exhortés à travailler "pour le bien de la cité". Nous n'y avons ajouté que "toute la cité, tous ses habitants". Qu'ils aient ou non un statut légal. Parce qu'ils sont là. Rien que parce qu'ils sont là.

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  • Nouvelle Municipalité et urgence sociale : Passage de témoin

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    Bienvenue chez nous.jpgHier, les nouveaux exécutifs municipaux ont prêté serment. La semaine prochaine, ce sera au tour des nouveaux délibératifs, les Conseils municipaux. De nouvelles municipalités, donc, confrontées à la même urgence sociale comme enjeu prioritaire : la prise en charge des plus démunis. En Ville de Genève, ce fut le mandat d'Esther Alder, ce sera désormais celui de Christina Kitsos que de répondre à l'urgence sociale mise en pleine lumière par les files d'attente du samedi aux Vernets. Christina Kitsos hérite du bilan extrêmement positif d'Esther Alder, mais elle en hérite dans une situation particulièrement difficile. Ce bilan, c'est, pour s'en tenir à la lutte contre l'extrême précarité (sans oublier le reste : les crèches, les logements relais, les allocations sociales), deux fois plus de places d'accueil des sdf en hiver et l'ouverture de places en abri l'été, et, depuis des semaines, le soutien à l'action de la caravane du coeur). Toujours majoritaire au Conseil administratif, la gauche l'est à nouveau au Conseil municipal : elle y sera aussi jugée sur la réponse qu'elle donnera à l'urgence sociale. Une urgence qui ne s'impose d'ailleurs pas qu'en Ville de Genève, même si, forcément, la ville-centre la concentre.

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  • Maintenant que la pauvreté est visible...

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    soupe populaire.jpgMieux que soulager : combattre

    On revient sur l'image qui rendit visible la pauvreté invisible, et que "Le Monde" décrit ainsi : "Jamais Genève, l’une des dix villes les plus riches au monde, n’avait imaginé accueillir une telle distribution de vivres. Une file, longue d’un kilomètre, soit près de 2 200 personnes, s’est formée samedi 2 mai aux abords de la patinoire des Vernets, en plein centre-ville. Au bout de trois heures d’attente, le Graal : des sacs qui contiennent des denrées alimentaires essentielles, riz, pâtes, huile, deux boîtes de sauce tomate et des produits d’hygiène courants, offerts par des particuliers et distribués par les bénévoles de l’association de La Caravane de la solidarité. Leur valeur n’excède pas 20 francs (19 euros). « C’est dire le dénuement de ces personnes, s’alarme un volontaire. On n’a jamais vu ça depuis la fin de la seconde guerre mondiale». Ou depuis les soupes populaires des années '30. A Genève, 7465 personnes ont bénéficié du dispositif d'urgence mis en place le 28 mars par les Colis du Coeur, Partage et le CSP... c'est trois fois et demi plus que quelques semaines avant... Les colis du coeur reçoivent des demandes de 1000 personnes supplémentaires chaque semaine. A Lausanne,  la soupe populaire distribuait chaque jour 250 repas jusqu’en décembre 2019. Elle en sert désormais près de 900 quotidiennement...Mais maintenant qu'elle est devenue visible, cette pauvreté, on devrait pouvoir faire mieux que la soulager : la combattre, elle, pas celles et ceux qu'elle frappe.

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  • Déjà pauvres, désormais démunis

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    caraL'image qui rend visible la pauvreté invisible

    2000 personnes faisant des heures de queue pour recevoir un sac de produits de première nécessité, dans une des villes les plus riches du monde : c'était à Genève samedi et l'image qui a rendu visible la pauvreté invisible a fait le tour de la Suisse -et au-delà. Depuis le début de la pandémie, la Caravane de la Solidarité distribue de la nourriture et des articles d'hygiène à de plus en plus de personnes qui en ont de plus en plus besoin. La Ville de Genève lui apporte son aide, et Médecins sans frontières était là, samedi. A Genève, pas dans un désert, une savane ou un bidonville. Ce ne sont pas ceux qui crient le plus fort qu'il faut que tout reparte "comme avant" qui sont les premières victimes de la crise sociale collatérale de la crise sanitaire : ce sont ceux pour qui "comme avant", c'était déjà la pauvreté, sans aucune possibilité de supporter une baisse, à plus forte raison une perte, de revenu. Invisibles, ils étaient déjà pauvres, les voilà démunis. Mais visibles.

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  • Les derniers sont les premiers

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    Bienvenue chez nous.jpgL'option préférentielle pour les pauvres du Covid-19


    D'où nous vient-elle, cette épidémie ? De Chine, sans doute, mais comment ? transbahutée par une armée, comme la grippe espagnole de 1918 ? non : diffusée par des cadres d'entreprises en voyages d'affaires, des représentants politiques en mission, des touristes en goguette, des supporters de foot en Italie, des teufeurs à Verbier et des fidèles évangéliques à Mulhouse... Et qui sont les premiers et les premières à la subir, le plus durement, ici et ailleurs ? celles et ceux qui n'y sont pour rien, qui n'ont jamais mis les pieds en Chine, ni à Verbier : les requérants d'asile, les précaires, les travailleuses domestiques "au gris", "au noir" ou clandestines, les travailleurs pauvres mis au chômage partiel, les petits indépendants, les sdf... toutes et tous ignorés des plans de relance du Conseil fédéral... Il y a en Suisse quand tout va bien pour "l'économie" et les finances publiques 660'000 personnes touchées par la pauvreté. Et maintenant, combien y ont-elles sombré ? Que les derniers soient les premiers fut à la fois une promesse évangélique et un programme socialiste. Que les derniers à propager une épidémie soient les premiers à y succomber n'est qu'une faillite sociale.

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  • A propos d'un vote bernois sur l'aide sociale

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    pauvreté-travail.jpgAidés ou assistés ?

    Episode cantonal dans la guerre de tranchées politiques sur l'aide sociale : dimanche 19 mai, alors que toute la Suisse votait sur la réforme de la fiscalité des entreprise (couplée avec le financement de l'AVS) et la loi sur les armes, le canton de Berne votait sur la révision de l'aide sociale. Et refusait les deux révisions qui étaient soumises au peuple : celle proposée par la droite, le Grand Conseil et le Conseil d'Etat, qui réduisait de 8 %  (voire de 15 % pour les jeunes de 18 à 25 ans, et même de 30 % après six mois) le "forfait d'entretien" (le revenu minimum accordé aux plus pauvres), fixé à 977 francs par personne et par mois par la Conférence suisse des institutions d'aide sociale, et celle proposée par la gauche, qui renforçait le soutien aux chômeurs en fin de droit. Le statu quoi a donc été ratifié, le forfait d'aide sociale ne sera ni abaissé, ni augmenté. Mais ce n'est qu'un épisode cantonal, uune pause, une trêve, entre ceux pour qui l'aide sociale est un droit et ceux pour qui celles et ceux qui la reçoivent ne sont que des assistés, pour ne pas écrire des parasites.

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  • Hébergement des sans-abris à Genève : D'une urgence, l'autre

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    Sans-abri-dans-l-Herault-cri-d-alarme-d-acteurs-de-l-urgence-sociale.jpg

    Hier soir, au Conseil municipal, une majorité écrasante formée du Parti socialiste, du Parti démocrate-chrétien, des Verts, d'Ensemble à Gauche, du Mouvement des citoyens genevois et du PLR a voté en deuxième débat un crédit de 1,8 million pour renforcer les capacités d'hébergement d'urgence des sans-abri de toute la région. L'UDC a tenté vainement d'exclure les sans-papiers des lieux de cet hébergement d'urgence. Exclure les exclus de l'hébergement des exclus : c'est tout l'UDC, ça...
    Le Conseil municipal a également décidé, à la même majorité, de traiter en urgence une motion socialiste demandant la création d'un fonds intercommunal pour inciter à une réelle implication et une meilleure coopération entre les communes genevoises, et avec le canton, les premières et le second ayant pris l'habitude de se reposer lourdement sur la Ville pour assumer cette tâche. Le crédit voté répond à une urgence sociale, et la motion encore à voter à une urgence politique : répartir la tâche et la charge de l'urgence sociale.

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  • Quand la Ville seule assume l'hébergement d'urgence

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    soupirail.jpgOtages sans-abris

    On avait plutôt pris l'habitude, et s'était fait sinon une raison, du moins une résignation, de ce que la droite du Conseil municipal de Genève ferraille contre toute tentative de la Ville de mener une politique sociale, et toute proposition du Conseil administratif de donner des moyens (financiers et humain) à une telle politique. La droite municipale s'était opposée à ce que la Ville accorde des allocations complémentaires aux allocations cantonales versées aux retraités et aux invalides les plus modestes. Elle s'était opposée à ce que la Ville accorde une allocations de rentrée scolaire aux familles les moins argentées -puis avait réussi à transformer cette allocation, versée sur un compte postal ou bancaire comme toute allocation, en octroi d'une carte de débit valable seulement dans certains commerces. On ne boudera donc pas notre soulagement à la voir se préoccuper du sort des sans-abris vivant dans les rues, sur les places, dans les sous-sols de la ville -et ils sont des centaines. Les prochaines élections municipales n'y sont pas pour rien ? Qu'importe : on votera (après l'avoir étudiée en commission) sa proposition d'un crédit de 1,8 million de francs. Reste que cet engagement supplémentaire de la Ville dans l'hébergement des sans-abris pose un problème politique : celui du désengagement des autres communes et du canton de cette responsabilité. Un désengagement qui fait de la Ville et des sans-abris les otages d'une non-répartition de la tâche de répondre à une urgence sociale.

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  • Vous avez plus de 7000 francs disponibles chaque mois, vous ?

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    exclusion.jpgLe voile pudique de la moyenne

    On en a de la chance, quand même, d'être si prospères dans ce pays : selon l'Office fédéral de la statistique, en 2016, les ménages de Suisse pouvaient compter en moyenne sur un revenu disponible (le revenu brut moins les impôts, les assurances sociales et l'assurance-maladie) de 7124 francs par mois et pouvoir dépenser 5310 francs pour la consommation de biens et de services... et épargner 1551 francs  Qui dit mieux ? Beautés de la statistique et de la moyenne  qui voilent pudiquement une réalité moins glorieuse : la majorité des ménages (59 %) avaient un revenu disponible inférieur à cette moyenne tirée vers le haut par une petite minorité de ménages très, très prospères... et les ménages ne disposant que de moins de 5000 francs de revenu brut ne pouvaient rien épargner du tout, et devaient en consacrer la totalité aux dépenses obligatoires. Et 7,5 % de la population suisse vivaient en dessous du seuil de pauvreté. Et un cinquième des ménages de la Ville de Genève ont besoin d'une prestation sociale pour l'entretien de leur enfant en âge de scolarité.  Vous avez plus de 7000 francs disponibles chaque mois, vous ? vous avez de la chance... Si c'était vrai pour tout le monde...

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    Lien permanent Catégories : pauvreté, exclusion, Suisse 5 commentaires
  • "Repenser le système d'aide sociale" : pour en faire quoi ?

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    exclusion.jpgLe droit, pas l'aumône

    "Le système d'aide sociale doit être repensé", déclare le Conseiller d'Etat sortant, et candidat à sa réélection, Mauro Poggia. Et il a parfaitement raison Mauro Poggia. Du moins quand il affirme cette nécessité de "repenser" ce système. Et aussi quand il constate que "l'emploi n'est plus un rempart à la précarité" et que "les "working poors" sont de plus en plus nombreux". Il faut donc "repenser le système d'aide sociale". Mais pour en faire quoi ? Et d'abord, comment décrire ce système ? Comme un empilage de prestations toutes conditionnelles et jamais suffisantes, de procédures suspicieuses et incoordonnées entre elles, de bureaucraties et de réglementations tatillonnes... En attendant l'instauration d'un revenu garanti et inconditionnel, couvrant les besoins essentiels, et d'un salaire minimum permettant aux "working poors" d'être "working" sans être "poors", il ne suffira pas de "désenchevêtrer" pour "repenser", et il faudra commencer par le commencement : admettre que l'aide sociale est un droit, pas une aumône, sortir du mépris et du paternalisme, cesser de considérer les ayant-droit à une aide sociale comme des solliciteurs présumés coupables de mensonge à qui il convient d'exiger de prouver, à réitérées reprises par des dizaines de documents (et à qui, quand ils les ont tous fournis, on va en redemander encore d'autres) qu'ils ne sont pas des "abuseurs de l'aide sociale"...

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  • Pétition au Conseil Municipal de la Ville de Genève : Des allocations ne sont pas des aumônes

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    Carte de pauvre.jpgFort mal inspirée par un mélange assez consternant de mépris social et de clientélisme corporatiste, la majorité de droite et d'extrême-droite du Conseil municipal de la Ville de Genève a, l'année dernière, décidé d'imposer le versement de l'allocation de rentrée scolaire accordée aux familles qui y ont droit (parce qu'elles en ont besoin), sous forme de bons valables uniquement dans les commerces de la Ville de Genève acceptant de se prêter à cet exercice. Or cette limitation a été considérée par la Commission fédérale de la concurrence comme contraire aux lois fédérales. Du coup, le règlement municipal relatif aux aides financières se retrouve, s'agissant du versement de l'allocation de rentrée scolaire, invalide, et doit être à nouveau modifié. Ce serait l'occasion pour le Conseil municipal d'en revenir à un système d'allocation simple, efficace et respectueux de ceux à qui il s'applique. Nous lui avons proposé hier soir d'au moins en étudier la possibilité, il l'a refusé, on passe donc à la vitesse supérieure, et on lance une pétition réitérant cette demande.
    La pétition est téléchargeable sur https://www.fichier-pdf.fr/2018/02/06/petition-allocs/ et y attend votre signature, pour rappeler aux élus municipaux qu'une allocation n'est pas une aumône, et que celle-là est, pour autant qu'on en remplisse les conditions, un droit.

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