multinationales

  • Votations fédérales :  Pas déçus en bien...

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    Capture d’écran 2020-11-29 203024.jpgAprès une campagne qui fut celle d'une mobilisation jamais vues depuis longtemps, la déception est au rendez-vous : on aurait bien aimé être surpris d'un résultat démentant nos prévisions, on ne sera pas "déçus en bien"  puisque l'initiative pour des entreprises responsables, acceptée (comme espéré) par une petite majorité (40'000 voix d'avance) du peuple suisse, a été refusée (comme prévisible) par une majorité des cantons, l'initiative contre le financement des armes de guerre étant refusée par le peuple suisse et les cantons (mais acceptée à Genève, dans le Jura, à Bâle-Ville et à Neuchâtel). On reviendra un de ces jours sur la seconde initiative, on s'en tiendra ici à la première : l'initiative pour des entreprises responsables ayant succombé à la vieille règle confédérale de la double majorité du peuple et des cantons, le contre-projet indirect entrera en vigueur, sans avoir été soumis au vote. Ce contre-projet est une tartufferie, un semblant de tout petit pas qui n'aurait même pas pu être fait si l'initiative n'avait exercé une pression et suscité une crainte suffisante pour que la droite parlementaire, et les multinationales elles-même, se résolvent à le proposer. Voilà donc la Suisse dotée d'une loi qu'il va falloir renforcer. Beaucoup renforcer. Sous pression européenne, puisque l'Union européenne va se doter d'une directive sur la responsabilité des multinationales, qui ressemblera beaucoup à ce que proposait l'initiative, ce qui nuance notre déception d'un soupçon de ricanement : que la Suisse ne soit pas membre de l'Union européenne n'exemptera pas "nos" multinationales des obligations posées par cette directive, puisqu'elle s'appliquera à toutes les entreprises actives dans l'Union Européenne -y compris, donc, des entreprises suisses ayant leur siège en Suisse... qui hurlaient à la mort à l'idée de devoir se retrouver devant des tribunaux suisses mais qui pourront être accusées devant des tribunaux européens... Amusant, non ?

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  • Initiatives populaires soumise au vote dimanche : Partie gagnée ou partie remise ?

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    La procédure constitutionnelle encadrant le droit d'initiative est telle que l'acceptation d'un texte proposé dans ce cadre n'est qu'exceptionnellement accepté : la double majorité du peuple et des cantons est un obstacle considérable. Les derniers sondages sur les intentions de vote lors du scrutin de dimanche laissent supposer qu'aucune des deux initiatives populaire que nous soutenons n'obtiendra cette double majorité (à nous de les faire mentir, ces sondages), mais que toutes deux pourraient obtenir celle qui nous importe le plus, celle du peuple (à nous de les confirmer sur ce point, ces sondages). Si tel devait être le cas, elles ne seraient évidemment pas acceptées, mais elle seraient constitutives d'un nouveau rapport de forces pour un contrôle plus réel des actes des entreprises et de ceux des investisseurs. De sorte que, même si la partie ne devait pas être gagnée, elle ne serait alors que remise. Car nous sommes constants et endurants. Récidivistes et relapses.

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  • Le véritable contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" : "C'est pas moi, c'est l'autre"

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    Syngenta exporte des pesticides très toxiques,interdits en Suisse et dans l'Union Européenne. LafargeHolcim exploite au Nigeria une cimenterie qui pollue l'air et les sols  et empoisonne les voisins. Glencore contrôle des mines qui font travailler des enfants. Mais dans une pleine page achetée au "Matin Dimanche", Glencore se défend, sur le mode de "c'est pas moi, c'est l'autre" : ce n'est pas moi, Glencore, qui "pollue l'eau, empoisonne les enfants et encourage le travail des enfants", ce sont les "coopératives minières locales (...) soumises au contrôle de la société minière d'Etat" et pas à celui de Glencore, qui ne peut "pas décider du lieu où les coopératives opèrent, ni de leurs conditions de travail".  Et Glencore ne peut pas contrôler si les coopératives font ou non travailler des enfants, "elles sont indépendantes". D'ailleurs, c'est à peine si Glencore les connaît. La multinationale n'est même pas "responsable, pas coupable", elle n'est ni responsable, ni coupable, totalement étrangère à ce qui se passe sur le terrain, et de ce que font les entités qui travaillent pour elles. C'est cela, le contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" de leurs actes : des multinationales irresponsables des actes de leurs sous-traitants locaux...

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  • Initiative pour des"Entreprises responsables" : Un débat politique, pas un débat religieux

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    Capture d’écran 2020-11-16 011958.jpgLe débat sur l'initiative pour des "entreprises responsables" fait rage. Et quoique les églises y prennent part en soutenant l'initiative, ce qui est leur droit le plus strict en tant qu'organisations sociales et culturelles comme bien d'autres (c'est ce qu'elles sont, dans une société sécularisée), ce n'est pas un débat religieux mais un débat politique. Pas un débat entre le bien et le mal mais un débat entre l'efficace (l'initiative) et l'inefficace (le contre-projet). D'ailleurs, les opposants à l'initiative passent leur temps à dire qu'elle poursuit des "buts louables", et qu'ils ne s'y opposent que parce qu'elle "va trop loin". Et nous, partisans de l'initiative, passons le même temps à dire qu'elle ne va que là où elle doit aller, vers ses buts "louables", alors que le contre-projet, lui, ne va nulle part. Ce pourquoi les "milieux de l'économie" et la plupart des grands patrons (mais pas tous) le soutiennent avec une ardeur aussi suspecte que leur conversion à une responsabilité des actes de leurs entreprises cimentières, agroalimentaires, minières, bancaires  : Le Crédit Suisse nous apprend, dans une pleine page de pub dans les quotidiens,  qu'il "partage (les) objectifs de 'initiative, à savoir améliorer encore la protection des droits de l'homme et de l'environnement" et qu'"il ne fait aucun doute que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs activités". Et que telle est sa conviction, on doit le croire sur parole. D'Evangile.

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  • Initiative pour des multinationales responsables de leurs actes : Fiat Lux !

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    Capture d’écran 2020-11-06 035355.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une nette majorité en faveur de l'initiative pour des "multinationales responsables" (de leurs actes), avec 57 % d'intentions de la soutenir, et près ou plus de 65 % de soutien chez les femmes, les moins de 35 ans et les habitants et habitantes des villes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (44 % de "oui" au PDC). Du coup, fort inquiets, les opposants à l'initiative  tentent tout ce qu'ils peuvent pour rendre le débat confus et le verdict incertain. Il reste trois semaines pour dissiper ces ombres: Fiat Lux !

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  • "Multinationales responsables" : rien n'est encore joué

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    Le mois le plus long

    A en croire les derniers sondages, l'initiative "Pour des entreprises responsables" serait acceptée (à 57 % selon un sondage Tamedia de la mi-octobre) par le peuple -mais une initiative populaire doit aussi obtenir une majorité des cantons. Des majorités écrasantes des électorats socialistes et verts (plus faible chez les Verts libéraux) la soutiennent, une moitié de l'électorat PDC la soutient plus ou moins fermement, ainsi que des minorités de l'UDC et du PLR. Les femmes lui sont également très favorables (à 66 %) à l'initiative), et les Romands le sont un peu plus que les Alémaniques et les italophones. Rien n'est cependant joué -non seulement du fait de l'obstacle de la double majorité du peuple et des cantons, mais aussi du fait des hésitations de l'électorat centriste (malgré l'engagement des églises), et de la campagne des adversaires de l'initiative. Il nous reste un mois pour imposer aux multinationales d'assumer leurs responsabilités : le mois le plus long...

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" : Une évidence à soutenir

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    WORLD-CO.jpgLe 30 septembre dernier, deux conférences de presse de droite engageaient la campagne sur l'initiative "pour des multinationales responsables" : une conférence de presse pour combattre l'initiative, une autre pour la soutenir. Les présidents du PLR,du PDC et de l'UDC ont sonné le tocsin contre l'initiative, ceux du PBD et du Parti évangélique  et des élus Verts libéraux et démocrates-chrétiens l'angelus pour l'initiative. On va vivre une étrange campagne, à droite du champ politique (à gauche, pas de problème, tout le monde est pour). Ce que l'initiative demande tient de l'évidence : les entreprises qui ont leur siège en Suisse doivent rendre compte de leurs actes à l'étranger , et celles qui causent des dommages à l'environnement et violeraient des droits humains doivent en être tenues pour responsables devant la justice.  Autrement dit : les multinationales doivent assumer leurs actes. Celles qui n'ont pas à se reprocher des violations des droits fondamentaux n'ont rien à craindre, seules celles qui se comportent comme des gougnafières, et seules les multinationales (les PME ne sont pas concernées) sont visées : comme le rappelle le démocrate-chrétien fribourgeois Dominique de Buman, "seuls quelques groupes ne respectent pas les droits humains. Il faut les empêcher d'agir de la sorte". Et seule l'initiative peut y contribuer, pas le contre-projhet insipide des Chambres fédérales, du Conseil fédéral et des multinationales elles-même.

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  • "Multinationales responsables" :  parlement irresponsable...

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    multinationales.jpgAux urnes de parler !

    Après presque trois ans de débats parlementaires sur l'initiative pour des "multinationales responsables de leurs actes, la « conférence de conciliation » des deux chambres a échoué à trouver un compromis entre les deux contre-projets adoptés respectivement par le Conseil national et le Conseil des Etats. Les grandes multinationales et leurs associations de lobbying se sont à nouveau imposées sur tous les plans lors de cette dernière étape. La majorité de droite a choisi le contre-projet le plus creux, le plus inoffensif, le plus insignifiant : celui du Conseil des Etats, qui ne prévoit pas pas de réglementation à l’égard de multinationales comme Glencore et Syngenta et ne leur impose pas de répondre  de leurs actes lorsqu’elles polluent des fleuves ou détruisent des régions entières. Le parlement n’ayant pas réussi à adopter une solution acceptable, l’initiative ne sera donc pas retirée, et sera donc soumise à votation devant le peuple suisse. Comme d'ailleurs l'initiative du GSsA contre le financement des producteurs de matériel de guerre (refusée aussi par le parlement, mais sans contre-projet, celle-là). Il y a décidément de la cohérence politique dans les votes du parlement, même renouvelé l'année dernière, mais c'est la cohérence d'une revendication d'irresponsabilité. A laquelle il n'est de réponse que celle des urnes, et le vote pour les initiatives.

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  • Campagne pour des "multinationales responsables" : Chaude sera la fin de l'été

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    multinationales responsables.jpgLa coronapandémie a retardé le vote sur l'initiative populaire fédérale pour des "multinationales responsables", mais ne l'a pas annulé : on votera cet automne. Et si la coalition qui soutient l'initiative est prête à la campagne, le lobby des multinationales aussi. Il a agi au parlement fédéral pour couler un éventuel contre-projet qui ait quelque contenu, il va agir sur l'opinion publique pour essayer d'inverser la tendance favorable à l'initiative que révèlent les sondages. Soutenue par la gauche et 120 organisations non gouvernementales, l'initiative propose d'imposer dans la Constitution fédérale un devoir de diligence et une responsabilité juridique des multinationales en matière de droits de l'homme et de l'environnement dans toutes leurs activités et celles de leurs filiales à l'étranger. On se doute que cette perspective ne les enthousiasme guère. Leur lobby a donc commencé à faire campagne, surtout en Alémanie : elles vont, avec l'aide de l'agence de relations publiques proche de la multinationale Glencore, et la complicité du groupe de presse Tamedia  (que la coûteuse pub des multinationales nourrit) consacrer des millions (au moins huit) à tenter de convaincre le peuple (et les cantons) à les exonérer de toute responsabilité sociale et environnementale. La fin de l'été sera politiquement chaude...

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