Médias

  • Les Suisses refusent d'aider leurs media (mais les Romands et les villes l'acceptent)

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    presse romande.jpgCompromis foiré

    On s'y attendait, mais, contrairement à l'éditeur de GHI qui jubile (les "gratuits" ne bénéficiaient pas de cette aide, etil ne voit donc pas pourquoi d'autres auraient pu en bénéficier...) on est tout de même déçus : à 54,6 %, les Suisses et les Suissesses ont refusé de renforcer l'aide publique fédérale aux media, malgré  la Romandie (sauf le Valais, majorisé par sa partie alémanique), Uri, Bâle-Ville, Zurich et les autres plus grandes villes,  qui l'ont accepté. La Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, qui portait le projet, en a tiré la conclusion qu'il fallait "prêter une attention particulière aux minorités linguistiques". Le projet refusé par la majorité du peuple avait tous les défauts d'un compromis : il accordait aussi une aide à des media qui n'en avaient pas besoin  et en vouant agréger des soutiens contradictoires, il agrégeait aussi des oppositions diverses. Les battus du jour sont d'ailleurs tout aussi divers : le vote fédéral est une défaite pour le Conseil fédéral et le parlement, c'est une défaite pour la gauche et le Centre qui soutenaient cette proposition, c'est une défaite pour la Romandie, mais c'est aussi une défaite pour un secteur qui tant qu'il était globalement florissant refusait hautement toute intervention publique pour maintenir les journaux en difficulté, et ne s'est mis à considérer favorablement  une telle aide qu'à partir du moment où ses recettes publicitaires ont commencé à être siphonnées par les nouveaux media et leurs maîtres, les GAFA. De sa défaite, le secteur est bien l'un des responsable.

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  • Vote du 13 février sur l'aide fédérale aux media : Pluralisme ou loi du plus fort

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    crise de la presse.jpgUn  "Appel Urgent" a été lancé, signé par de nombreuses personnalités politiques, majoritairement de gauche -mais pas exclusivement puisqu'on y retrouve notamment les signatures de l'ancien Conseiller aux Etats PLR Dick Marty et la magistrate de la Ville de Genève, et du Centre, Marie Barbey-Chappuis),  pour soutenir le projet du Conseil fédéral et du parlement, contesté par la droite politique et économique, d'aide aux media, sérieusement menacé d'être rejeté par le peuple le 13 février, du fait de la forte opposition qui s'y manifeste en Suisse alémanique et à droite, Verts libéraux exceptés (un sondage Tamedia du 28 janvier donne 56 % d'intentions de vote "non", malgré 52 % de "oui" en Romandie). L'enjeu est particulier pour les régions linguistiques minoritaires, d'où peut-être le meilleur soutien que le projet reçoit en Romandie : il s'agit en effet de garantir à toutes et tous une information sur ce qui se passe près de chez elles et eux. Les media locaux et régionaux, et les media associatifs, sont donc un "coeur de cible" du projet (un quotidien comme le "Quotidien Jurassien", tiré à 17'000 exemplaires, lu par 42'000 personnes et tirant les deux tiers de ces recettes des abonnements, pourrait, si le projet est accepté, engager quatre journalistes supplémentaires pour le développement de son offre multimedia). Depuis 2003, plus de 70 journaux ont disparu, la plupart étant des journaux locaux ou régionaux. Qui dès lors va informer leur lectorat orphelin de ce qui se passe chez lui ? CNN ? Les journaux qui survivent encore sont, à quelques exceptions près, menacés : "Le Matin" a disparu en édition papier... "le financement de médias privés par l'Etat est inutile et nuisible", n'en assènent pas moins les référendaires. En d'autres termes, moins choisis mais plus clairs et plus sincères : "laissez crever les media les plus fragiles, le marché reconnaîtra les siens". La loi du plus fort, en somme.

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  • Media : laisser régner le marché ?

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    liberté de la presse2.jpgL'aide aux media en danger de refus populaire

    La loi sur l'aide aux media, soumise en votation le 13 février, fait face à une opposition féroce, et le premier sondage sur les intentions de vote laisse planer sur elle une lourde menace de refus (les partisans et les opposants sont à égalité, à 48 %). Que reprochent les référendaires à la loi sur les media et l'aide à leur apporter ? Beaucoup de choses. D'abord, et surtout, d'être porteuse d'une aide de l'Etat, ce qui les insupporte, par principe : la liberté de la presse, de la radio, de la télévision, doit être soumise aux lois du marché, et une aide publique fausse ces lois-là. Et peu importe que de riches investisseurs (et, plus rarement, de riches mécènes) acquièrent une influence déterminante  sur les media dans lesquels ils investissent ou qu'ils soutiennent : cette influence-là sied aux référendaires (les complotistes des "Amis de la Constitution" leur ont donné un bon coup de main pour récolter des signatures, et ils ont aussi reçu le soutien d'EconomieSuisse), c'est la leur, le référendum  a été lancé par un comité dont font partie des gens comme Peter Weigelt et Konrad Hummler, partisans d'un paysage médiatique entièrement soumis aux lois du marché, et constants adversaires de la SSR en tant que radiotélé publique.

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  • L'aide publique aux media soumise à votation : Utile, mais mal ciblée...

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    presse.jpgUn référendum de droite (surtout alémanique), soutenu par Economiesuisse et la plupart des PLR cantonaux, ayant été lancé, et ayant abouti, on votera le 13 février sur une  (modeste) aide de 151 millions (100 millions sur sept ans, financés par le budget fédéral, et le reste sans limitation de temps, financé par la redevance radio-TV) aux media écrits et à leur acheminement par La Poste, aux media en ligne,  aux radios et télés locales, aux agences de presse et aux centres de formation.  Le référendum a été lancé au prétexte (fallacieux, mais mobilisateur) qu'une telle aide rendrait les titres qui la recevraient dépendants de l'Etat et contrôlés par lui. On retrouvait dans le comité référendaire l'ancien président de l'UDC Toni Brunner et l'ancien parlementaire PLR Peter Weigelt, opposés à un projet voté par la gauche et le Centre. Ce référendum menace une aide dont de nombreux petits journaux locaux aux ressources publicitaires raréfiées ont besoin pour survivre, contrairement aux grands groupes  nationaux comme Tamedia, et aux titres basés dans les grands centres urbains. 70 journaux ont disparu depuis vingt ans  et une trentaine de petits journaux régionaux sont menacés à court terme de les rejoindre dans la fosse commune de la presse écrite : ce sont eux qu'il s'agit d'aider. Or l'aide votée par le parlement reste largement insuffisante... et imprécisément ciblée, puisque pourraient en bénéficier des groupes médiatiques qui n'en ont pas besoin (comme Tamedia, précisément...), même s'ils ne pourront pas obtenir plus de 20 % des fonds disponible (ce qui est déjà trop).

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  • Défendre la liberté des media en Turquie

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    solifonds.jpgDemokratik acil durum

    "Dans les Etats qui respectent les valeurs démocratiques, les journalistes qui rapportent fidèlement les faits ou des événements sont récompensés. En Turquie, leur conscience professionnelle les envoie en prison", résume le co-président de l'association de journalistes indépendants "Dicle Firat Gazeteciler Dernegi" (DFG), Serdar Altan. Car en Turquie, les  journalistes des media indépendants sont confrontés à de considérables obstacles pour faire leur travail, et de non moins considérables menaces quand ils arrivent à le faire. Ils sont régulièrement arrêtés, jetés en prison préventive, condamnés dès que les relations qu'ils font des faits, ou les opinions qu'ils expriment, sont contraires à ce que le régime veut qu'on dise, écrive, filme. Des journaux sont fermés, des comptes Twitter bloqués. Les journalistes libres ne baissent pas la plume, mais leur travail est rendu de plus en plus difficile, et leur liberté de plus en plus incertaine. Le DFG vient en aide aux journalistes arrêtés, leur apporte un soutien moral et personnel en facilitant les visites de leurs proches en prison. Il combat pour la défense de la liberté des media et de la démocratie en Turquie. Le SOLIFONDS le soutient dans cette lutte : soutenez  ce soutien en soutenant le SOLIFONDS !

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  • Et si l'information radiotélé d'Etat déménageait à Lausanne ?

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    Tour télé.JPGL'atour de la télé

    Le Conseil d'Etat genevois, se réveillant un peu tard, dénonce le projet de déménagement à Lausanne du secteur de l'information de la Radiotélé romande comme une "trahison" de l'engagement de Genève (et de son Conseil d'Etat) aux côtés de la SSR lors de la campagne contre l'initiative "No Billag". Campagne victorieuse (l'initiative a été refusée), saluée à sa manière par la SSR : en annonçant un plan d'"économies" de 100 millions de francs, impliquant la suppression de 250 emplois en quatre ans, dont 50 à 75 par des licenciements. Mais qu'on se rassure : "nous ne couperons pas dans le sport", promet le directeur général de la SSR en juin 2018, Gilles Marchand. "Surtout pas". Merde alors, ça aurait été pourtant l'occasion... mais c'est dans l'information "que nous effectuerons une part significative des économies", précise Marchand. D'entre ces économies, peut-être le déménagement du secteur de l'information de Genève à Lausanne (et en Alémanie de Berne à Zurich ). L'occasion de s'interroger sur le rôle des media (privés ou d'Etat) avant de hurler à l'égorgement quand l'un menace de déménager de 60 kilomètres...

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  • Restructuration de la radio-télé publique suisse : "Idée Suisse" et idées à la con ?

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    RTS, SSR"Idée Suisse" et idées à la con ?

    La Société suisse de radiodiffusion envisage de supprimer 200 postes de travail d'ici 2022, dont 41 en Suisse romande. Outre les "mouvements naturels" (départs à la retraite, réductions du temps de travail), des licenciements sont envisagés. But de l'opération : "faire des économies" de 5 millions de francs sur 13 millions à économiser (la redevance radio-TV a baissé, les revenus publicitaires reculent). Et la SSR choisit donc la méthode la plus simple -et la plus stupide : tailler dans la masse salariale. Et donc les postes de travail. En 2016 déjà, la SSR avait supprimé 250 postes de travail. Et en Romandie, elle envisage de transférer 200 salariés de Genève à Ecublens, sur le site de l'Ecole Polytechnique. Le studio radio de Berne (avec ses 170 collaborateurs) devrait quant à lui être déménagé à Zurich. Dans la dénomination officielle de la SSR, il y avait les mots "Idée Suisse". Faut-il les remplacer par "Idées à la con" ?

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  • Après la disparition du "Matin" : Nuisance des tamediacrates

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    presse.jpg

    On n'avait pas plutôt tourné le dos à notre terre natale pour pouvoir regarder en face celle de notre lieu de vacances qu'un quotidien de plus passait l'arme à gauche en Romandie : "Le Matin" quotidien et imprimé a cessé de paraître, sur décision de son éditeur, Tamedia, qui avait refusé toutes les propositions des syndicats et de ses collaborateurs pour éviter sa disparition, dont une proposition de reprise du titre par la rédaction et des investisseurs. L'annonce de cette mise à mort avait suscité en juillet une grève des salariés du groupe de presse qui contrôle (notamment) la "Tribune de Genève", de "24 Heures", du "Matin" et du "Matin Dimanche". La grève n'aura pas fait fléchir les tamediacrates -qui ont même opéré une retenue sur les salaires des grévistes, à qui il avait été promis qu'ils ne seraient pas sanctionnés pour avoir fait grève s'ils reprenaient le travail, et qu'une médiation se déroulait sous la houlette du Conseil d'Etat vaudois -une médiation unilatéralement abandonnée par Tamedia, d'ailleurs. Et cerise sur le gâteau : hier, on apprenait que le Rédac'Chef de la "Julie", Pierre Ruetschi, était limogé, coupable qu'il fut (entre autres forfaits) d'avoir refusé de transmettre aux tamediaflics la liste des noms des grévistes de juillet... En 1998, au moment de la disparition du "Journal de Genève" et de la "Gazette de Lausanne" (qui avaient fusionné), son ancien directeur, Marian Stepczynski considérait que ce qui avait provoqué la mort de son quotidien. "c'est d'avoir appartenu à des gens qui ne connaissent rien à la presse". Les temps changent, en pire : Tamedia connaît quelque chose à la presse. Mais comme le prédateur connaît quelque chose à sa proie. Obsédée par la réduction des coûts, Tamedia coupe partout où elle peut, ferme des rédactions, fusionne des titres, licencie des journalistes. Et appauvrit donc sa propre production, réduit son propre lectorat, traite ses publications comme si elles parasitaient sa recherche de revenus publicitaires. Ainsi passe-t-on en vingt ans, du "Journal de Genève" au "Matin", de l'incompétence à la nuisance.

    Les larmes de crocodile ne coûtent rien aux crocodiles

    "Comment la démocratie peut soutenir la presse", nous explique (dans "Le Temps" du 29 août( le président du gouvernement genevois, Pierre Maudet. Après la disparition de "L'Hebdo" et du "Matin", et avec les menaces qui pèsent sur la "Tribune (encore) de Genève", le "Temps", le "Quotidien jurassien", la Romandie "risque bien d'atteindre des sommets en matière de réduction d'effectifs journalistiques" et de pluralisme de la presse, observe Maudet. La Romandie n'est d'ailleurs pas seule à être menacée : la Commission fédérale de la concurrence (Comco) ne voit aucune objection aux fusions et concentrations dans la presse. Le pluralisme médiatique, ce n'est pas son problème, à la Comco. Son problème, c'est la liberté du marché. Donc, la Comco autorise la fusion entre AT Medien et la NZZ, et le rachet de la régie publicitaire Goldbach par Tamedia. Et tout cela, "sans condition".

    La réduction du pluralisme médiatique est "assurément hostile à la formation d'opinion", constate Pierre Maudet. Assurément, en effet. Fin juin déjà, les gouvernements vaidois et genevois s'étaient "inquiétés" de l'appauvrissement de la diversité médiatique romande. Inquiétude justifiée, mais qui ne saurait à elle seule constituer une réaction politique, ni même remplir un mandat comme celui donné par la constitution genevoise : encourager la pluralité des supports d'information. Pas par fétichisme, mais par reconnaissance que le pluralisme médiatique est une condition de la réalité démocratique.
    Au nom du gouvernement qu'il préside, Pierre Maudet avance donc une proposition intéressante : un "portail d'accès libre aux articles en ligne, financé de manière indirecte et non linéaire par les internautes" et hébergé par les fournisseurs d'accès à internet (Swisscom, UPC, Sunrise etc...), qui majoreraient leurs abonnements mensuels d'un franc, redistribué aux titres consultés". On vous passe les détails de ce projet, baptisé (en anglais, forcément, en français ça ferait plouc "MyPressGE".
    L'idée n'est pas mauvaise. Elle est même bonne, et pas très difficile à mettre en oeuvre. Evidemment, "MyPressGE"ne sauvera pas à lui seul (ou elle seule) le pluralisme des media genevois. Il (ou elle) n'en a d'ailleurs pas la prétention. Il faudra aller plus loin, et aller plus loin, ce n'est pas encourager "la presse" en général, mais encourager la presse indépendante en particulier -les titres possédés par un groupe de presse dépendent trop de ces groupes pour qu'on puisse éviter, en les soutenant, de soutenir leurs propriétaires, sans empêcher ceux-ci, lorsqu'il leur en viendra l'envie, de les supprimer. Soutenir la presse indépendante, donc, et la soutenir matériellement, par une aide publique. Cela coûtera quelque chose, évidemment. Les discours sur les beautés du pluralisme médiatique ne coûtent rien, mais ne préservent rien non plus. Il valent ce que valurent les larmes versées sur "La Suisse", "Le Journal de Genève", "L'Hebdo", "Le Matin", le "Giornale del Popolo". Ce que valent les larmes de crocodiles. Qui ne coûtent aux crocodiles que le seul prix qu'ils sont prêts à payer : celui de l'hypocrisie.

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  • Dernières nouvelles de la presse écrite en Suisse

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    carcan.jpgL'argent roi

    "Le Matin" va cesser de paraître en édition imprimée, le "Giornale del Popolo" a déja cessé de paraître, Blocher ne mettra pas la main sur GHI et LausanneCités : en quelques jours, d'assez contrastées nouvelles nous sont venues du front des media. Un hebdo gratuit maintient son indépendance, un quotidien disparaît, un autre va disparaître, des rédactions sont siphonnées, l'agence nationale de presse est fragilisée par sa propre direction... qu'est ce que cela nous dit de l'état, non seulement du "paysaqge médiatique" suisse, mais surtout de la liberté de la presse et de l'information ? Essentiellement ceci : que cette liberté, essentielle à la démocratie, se heurte à un pouvoir qui n'est pas, ici, celui de l'Etat ou du parti, mais qui, pour cette liberté-là, ne vaut guère mieux : celui de l'argent.

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  • Presse écrite : petits arrangement entre amis

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    curafifi.jpgTamedia ? J'ai Blocher

    Le groupe de presse Tamedia et Christoph Blocher se sont échangé (sous réserve d'un nihil obstat de la Commission fédérale de la concurrence) les journaux : Tamedia rachète les parts de Blocher dans la Basler Zeitung et Blocher celles de Tamedia dans les journaux gratuits Tagblatt der Stadt Zurich, Geneve Home Informations et Lausanne Cités. Certes, la Commission fédérale de la concurrence doit encore avaliser la transaction. Mais le pluralisme des media, la Comco s'en tamponne un peu la rotative -tout au plus pourrait-elle s'inquiéter de la concentration des espaces publicitaires.

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  • Turquie : défendre la liberté d'expression et le droit à l'information

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    Le 15 juillet 2016, des militaires factieux tentent un coup d'Etat en Turquie. Ce putsch échoue, non sans avoir fait plusieurs centaines de victimes, mais un autre réussit -celui, civil, organisé et mis en oeuvre, massivement, par le président Erdogan et son parti, l'AKP : instauration de l'état d'urgence, arrestation de 50'000 personnes, licenciement ou suspension de 150'000 fonctionnaires, purges dans l'armée, la justice et l'université, fermeture d'écoles et de media (150 en un an), poursuites contre des journalistes, inculpations de 55 des 59 députés du parti d'opposition HDP (gauche kurde),arrestations et détention de 13 d'entre eux, dont les co-présidents du parti et le chef du groupe parlementaire, condamnation de députés de l'opposition, révocation de maires kurdes. Depuis deux ans règnent en Turquie la délation, l'arbitraire, les procès bâclés.

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  • Après le naufrage de "No Billag", c'est l'aide à la presse qui fait surface

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    carcan.jpgLes cris de l'écrit

    Après le naufrage de l'initiative "No Billag", naufrage qui n'a fait de victimes que les initiants, la possibilité d'une aide publique à la presse privée a fait surface. Elle était catégoriquement refusée par les grands éditeurs privés, lors même qu'elle était soutenue, voire réclamée, par les journaux indépendants. Et puis voilà, surtout en Romandie, que de fervents opposants à ce qu'ils dépeignaient comme une "mainmise de l'Etat sur la presse" se ravisent, et envisagent ce qu'ils affectaient de prendre pour une calamité. C'est sans doute qu'ils ont compris qu'ils pouvaient eux-mêmes y avoir avantage. Mais c'est aussi que la situation de la presse écrite privée s'aggrave de jour en jour -et les grands groupes ne sont d'ailleurs pas innocents de cette aggravation. L'éditeur de la "Liberté" de Fribourg considère qu'une "aide directe à la presse est souhaitable, tant qu'elle n'altère pas l'indépendance de nos médias". Pourrait-elle l'altérer plus, cette indépendance, que l'intégration de nombre de ces media dans de grands groupes (genre Tamedia ou Ringier) qui suppriment des journaux, fusionnent des rédactions, font disparaître des rubriques et taillent dans les effectifs des journalistes ? Ce sont pourtant de là, surtout, que nous viennent les cris de l'écrit...

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  • Rejet massif de l'initiative "No Billag" : Tabula non rasa

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    poubelle.jpgLa SSR ne mettra pas la clef sous la porte : les Suissesses et les Suisses, même celles et ceux dont on supposait qu'elles et ils pourraient soutenir l'initiative "No Billag" (les plus jeunes, les Tessinois...) l'ont refusée, à une majorité massive (presqu'à trois contre un) du peuple et de tous les cantons. Au final, "No Billag", soutenue par l'UDC et les Jeunes PLR, fait moins bien que l'initiative 1:12 de la JSS et que celle du GSsA pour l'abolition de l'armée. Toutefois, et même s'il est habituel qu'une initiative populaire puisse "décoller" dans les premiers sondages qui la concerne, bien avant que la campagne de votation ait démarré, le fait que cette initiative-là ait pu recueillir dans ces premiers sondages une majorité approbative signifie bien au moins un double questionnement, sur le rôle des media publics, et sur leur financement. Que cette approbation se soit affritée, pour se dissoudre, dans les mois qui suivirent son expression initiale, tient moins du grand complot médiatico-politique évoqué par ses partisans que de sa faiblesse constitutive (consubstantielle à son hypocrisie fondatrice : elle proclamait s'attaquer à la redevance alors qu'elle s'attaquait à la SSR) : en mettant l'accent sur la seule redevance, en ne tenant aucun discours crédible sur le rôle de la SSR, et en confondant le moyen de communication et ses instruments (les postes de radio et de télévision) avec le producteur du contenu communiqué (comme si regarder une émission de la SSR sur internet par un ordinateur ou un smartphone était regarder autre chose que la même émission vue sur un poste de télévision ou entendue sur un poste de radio), l'initiative a raté sa cible, et ses partisans l'ont décrédibilisée.

     

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  • L'enjeu réel du vote sur "No Billag" : Ne laisser place qu'au Marché

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    mire TV.jpgAlors même que se déploie un peu partout une offensive contre les media publics, la Suisse est le seul pays où on envisage la suppression sur décision populaire d'une radio-télévision publique, et le désengagement total de l'Etat central des media audiovisuels. Car c'est bel et bien ce que demande l'initiative "No Billag" dont les derniers sondages nous annoncent une sèche défaite, mais qui n'en conserve pas moins encore quelque chances d'être acceptée. Quelques chances pour les initiants, mais surtout pour les groupes qui, derrière eux, lorgnent moins sur le contenu diffusé par la SSR que sur la part de marché publicitaire qu'elle réussit encore à capter.

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  • "No Billag" : des plans "B" sortis d'un chapeau claque

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    tvfuture-ok.jpg

    Les derniers sondages donnent l'initiative "No Billag", et donc l'abolition de tout financement fédéral d'une chaîne de radio ou de télévision, qu'elle soit publique ou privée), assez largement (plus de 60 % de "non") défaite : seuls les électeurs de l'UDC seraient enclins à dire "ja". Il est vrai qu'il n'y a guère que de mauvaises raisons de voter "oui" à "No Billag". Pour autant, il faut bien admettre qu'il y en a aussi quelques unes, de mauvaises raisons, de voter "non", la première étant le maintien de la SSR telle qu'elle est. Or telle qu'elle est, elle a besoin de réformes -y compris de réforme de son financement, afin de passer de la redevance à l'impôt. Sauf que pour réformer la SSR (et son financement), il faut bien qu'il y ait encore une SSR à réformer. Et qu'après l'attilesque "No Billag", la seule question qui pourra encore se poser est celle du délai de disparition de la SSR, et de la durée de son agonie, car tous les plans "B" sortis du chapeau claque des initiants ou de leurs soutiens relèvent du pur foutage de gueule (la majorité des "sondés" Tamedia du 1er février n'y croyant d'ailleurs même pas).

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  • De "No Billag" à "No ATS", ou le chemin de la désinformation

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    telex-machine.jpgCanal Moins

    Le 8 janvier, l'ATS, notre bonne vieille Agence télégraphique suisse, annonçait une restructuration. D'envergure, la restructuration :
    Dans une lettre ouverte aux autorités politiques fédérales et cantonales, la rédaction de l'agence écrit : "Si la restructuration annoncée le 8 janvier est mise en oeuvre, l'ATS ne pourra plus jouer son rôle actuel". Pas plus que la SSR si "No Billag" devait être acceptée par le peuple et le canton le 4 mars. D'ailleurs, dans les deux cas, on voit de grand groupes privés pointer leur muffle, les uns pour créer leur propre agence de presse, les autres pour créer leur propre télévision. Une différence notable doit toutefois être relevée, entre les deux mises à mort - la différence entre une exécution et un suicide : "No Billag" a été lancée contre la SSR par ses adversaires et ses concurrents de la SSR, et c'est le peuple qui décidera de son sort. Alors que "No ATS" est fomentée par l'ATS elle-même. Et que le peuple ne sera pas consulté. Pourtant, c'est bien lui, au bout du parcours de l'information que l'ATS produit, qui est le consommateur de cette information, qu'il reçoit par la presse écrite, mais aussi par la radio, la télévision et l'internet... tous destinataires de ce que l'ATS diffuse...

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  • Media : Les 150 ans du Courrier, la dernière année de la SSR ?

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    Vignette No Billag.JPGLe dur désir de durer

    "Le Courrier" fête son 150e anniversaire : le premier numéro de ce qui est aujourd'hui le dernier, le seul, quotidien de gauche de Suisse romande, est paru le 5 janvier 1868 comme une "feuille religieuse et nationale", alors hebdomadaire, vouée à défendre les droits des catholiques dans une Genève encore dominée par les protestants et leur église elle aussi "nationale". Intéressante collision de cet anniversaire avec la campagne sur l'initiative "No Billag" : un quotidien papier fête ses 150 ans, avec le dur désir de durer encore longtemps, au moment où on se demande si le medium audiovisuel public survivra à l'offensive de ses adversaires.
    On se permet de vous recommander le dernier numéro, exceptionnellement quadrilingue (vu l'enjeu) du magazine « Culture enjeu », qui porte sur l'initiative « No Billag » ... En français, en allemand, en italien et en romanche, on vous dit en quoi il importe que cette initiative purement mercantiliste soit refusée. http://www.cultureenjeu.ch/

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  • L'initiative "No Billag" serait acceptée, selon un étrange sondage : Nous enfumerait-on ?

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    fumée.jpgSelon un étrange sondage réalisé du 17 au 27 novembre auprès de 1010 Suisses et Suisses rémunérés pour leur participation, 57 % des personnes interrogées voteraient "oui" le 4 mars à "No Billag" (et 34 % "non"), c'est-à-dire à la suppression de la redevance obligatoire pour l'accès à la radio et à la télévision. Pourquoi évoquer un "étrange" sondage ? d'abord, parce que son échantillon (l'ensemble des personnes interrogées) ne comprend aucune citoyenne ni aucun citoyen d plus de 65 ans, alors que cette classe d'âge est celle qui participe le plus massivement aux scrutins. Ensuite, parce que les résultats du sondage tels que publiés dans la presse ne distinguent pas les réponses des Romands et des Alémaniques, alors que tous les autres sondages effectués sur la question indiquent que les Romands soutiennent beaucoup moins "No Billag" que les Alémaniques. Enfin, parce que dans le même temps où le "sondage" indique une majorité favorable à la suppression de la redevance, il indique une majorité encore plus claire satisfaite des programmes radio et télé financés par la redevance. Sans vouloir complotiser bêtement (ni même intelligemment, si c'est concevable), on s'interroge : ne serait-on pas en train de nous enfumer ?

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  • Les media de service public invités au silence sur "No Billag"

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    museliere.jpgDébat avec muselière

    En mars prochain, les Suissesses et les Suisses voteront sur une initiative populaire "No Billag", qui propose la suppression de la redevance d'accès aux programmes des media publics (la SSR). Un débat s'est donc ouvert, et va se tenir pendant quatre mois encore, sur cette initiative. Mais quel débat, dans quelles conditions ? Les dirigeants de la SSR ont édicté des règles strictes imposant à ses responsables, ses porte-paroles et ses collaborateurs, et même à ses programmes, un devoir de réserve s'appliquant à toute la période de campagne sur l'initiative. La SSR a même décidé de cesser toute campagne de promotion de ses chaînes et de ses services. Le service public de media renonce à se défendre ? c'est pousser fort loin le souci de ne pas donner aux partisans d'une initiative qui menace frontalement son existence, l'occasion de faire, à leur niveau et à leur manière, du "trumpisme" en se présentant comme les adversaires valeureux (et brimés) d'un "monopole" illégitime. En Romandie, la RTS a invité ses collaborateurs de mettre une sourdine à leur expression sur les réseaux sociaux, de n'y intervenir qu'en dehors de leur temps de travail et "d'éviter toute attaque directe et de garder leur calme". Admettre que les collaborateurs de la SSR sont aussi des citoyens, et qu'en tant que tels ils sont libres de leur opinion et de leur expression quand ils s'expriment à titre personnel, est-ce trop exiger ? Comment débattre sur les radios et télévisions de service public, et même sur les réseaux sociaux, d'une initiative qui menace le service public ? En faisant silence sur la menace ?

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  • Crise de la presse romande : Et si on cessait de pleurer ?

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    Un "think thank" (un club de réflexion, donc) "Nouvelle presse" a été lancé en juin par le mensuel "La Cité", "dans un esprit de construction et non de lamentation", pour réfléchir sur les réponses à donner à la dégradation de la situation de la presse dans ce pays -et ce coin de pays. Réfléchir, cela s'impose, en effet : pleurer sur la situation de la presse romande en général, et genevoise en particulier, surtout si ces pleurs ne sont que larmes sauriennes, ne permet guère de relever les défis auxquels les media écrits ont à faire face, à commencer par le défi de leur indépendance, et donc de leur financement. Et donc, aussi, de leur lectorat. Parce qu'il n'y a pas cinquante sources de financement de la presse : il y a la vente au numéro et à l'abonnement, et donc le lectorat, il y a la publicité (dont les recettes ont diminué de plus de la moitié entre 2008 et 2016, et continunt de diminuer), il y a l'aide publique, c'est-à-dire l'Etat (au sens large : Confédération, cantons, communes), et il y a enfin le soutien individuel, militant, ou le soutien mécénal, de fondations et d'entreprises. Et c'est à peu près tout. Lesquelles de ces sources de financement sont à la fois suffisantes en volume pour assurer l'existence d'un titre, et suffisamment désintéressées pour n'en pas menacer l'indépendance ? On exprimera en tout cas de sérieux doutes, nourris par Tamedia, sur la capacité du "marché" de remplir ces deux conditions...

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    Lien permanent Catégories : Médias, Suisse 4 commentaires