libertés

  • Samuel Paty, décapité pour avoir enseigné la liberté d'expression

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    islamisme, djihad, Samuel Paty"Je suis Samuel"

    Il s'appelait Samuel Paty. était prof d'histoire (et donc, forcément aussi des religions). Il donnait un cours sur la liberté d'expression dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine. Il l'avait illustré par les dessins de "Charlie Hebdo" sur le Prophète de l'islam, après avoir autorisé par avance celles et ceux que ces dessins choqueraient de pouvoir quitter le cours. Il a été assassiné et décapité devant son collège par un Tchétchène de 18 ans, beuglant "Allah Akhbar" mais inconnu pour radicalisation par les services de renseignement, que la police abattra peu après. Le nom du professeur et son domicile professionnel avaient été publiés sur les réseaux sociaux par le père d'une élève, qui avait exigé le renvoi du professeur de l'éducation nationale.  Neuf personnes (dont six de l'entourage de l'assassin) ont été placées en garde à vue.  La condamnation de l'acte a été quasi unanime en France. Mais on voit déjà poindre, les "mais", sur le mode du célèbre "je ne suis pas raciste, mais..." : "Je condamne l'assassinat, mais"... Mais quoi ? le tueur n'avait que 18 ans ? il était Tchétchène ? "il ne faut pas manquer de respect aux religions" ? "le prof a été maladroit en montrant les caricatures" ? Ce "mais" ne précise, ni ne nuance, ni ne contextualise la condamnation, mais l'annule. Ce n'est même pas une circonstance atténuante, c'est un acquittement. Une absolution. Le début en tout cas d'une résignation, si ce n'est d'une complicité.

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  • Cinq ans après le massacre de "Charlie", un procès pour l'histoire... et les libertés

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    Aujourd'hui s'ouvre le procès, entièrement filmé pour l'histoire (comme le procès de Barbie...), du massacre de "Charlie", le jeudi 8 janvier 2015 : onze accusés présents, trois en fuite (ou morts) en Syrie, 200 personnes parties civiles, 144 témoins, 14 experts à la barre. Le procès se tiendra jusqu'à la mi-novembre. Les trois principaux auteurs du massacre, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, n'y seront pas : ils ont été abattus par la police après avoir assassiné une policière, un employés et trois clients d'un supermarché kasher. Le 8 janvier, les frères Kouachi avaient abattu, au siège de la rédaction de "Charlie Hebdo", onze personnes : le directeur de l'hebdo, Charb, quatre autres dessinateurs (dont Cabu et Wolinski), deux chroniqueurs, un correcteur, un visiteur. En hurlant "on a vengé le Prophète Mohammed, on a abattu "Charlie". "Tout ça pour ça", titre sombrement "Charlie Hebdo" d'hier. Tout ça pour "ça", oui : les trois meurtriers n'ont ni vengé le Prophète, ni "abattu Charlie". Le Prophète ne leur avait rien demandé et "Charlie est toujours là (il faut acheter le numéro d'aujourd'hui). Et son insolence irréligieuse, qui traite de la même manière toutes les religions, a survécu au massacre,   Parce que « tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme" (Sebastien Castellion). Et qu'en tuer onze plutôt qu'un et pour des dessins plutôt que pour une "doctrine" ne change rien à cette évidence. Ainsi, le massacre de "Charlie" a sacralisé les libertés d'expression et de presse, et consacré dans le sang le droit au blasphème comme indissociable de ces libertés : Cabu, Wolinski, Charb et les autres sont morts pour elles. Les Kouachi, Coulibaly et leurs complices, sont morts pour rien qui vaille.

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  • Indissolubles libertés

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    blaspheme.jpgDu droit au blasphème

    L'"Affaire Mila" : Une adolescente de seize, lycéenne dans l'Isère, ans dit sur Instagram, avec les mots d'une adolescente de seize ans, son homosexualité et sa détestation de "toutes les religions", et particulièrement (mais pas exclusivement) de l'islam ("le Coran, il n'y a que de la haine, là-dedans"). Et immédiatement, la voilà la cible de torrents d'injures et de menaces de viol et de meurtre, quasiment justifiée par le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM): "qui sème le vent récolte la tempête. Elle l'a cherchée, elle doit assumer". Et fort mal inspirée, la ministre de la Justice, questionnée sur une radio à propos de cette "affaire", assimile maladroitement, pour ne pas écrire stupidement, "l'insulte à la religion" à une "atteinte à la liberté de conscience" -ce qui est à la fois inacceptable et absurde. Inacceptable, parce que cela remet en cause un droit inhérent à la liberté d'expression : le droit au blasphème. Et absurde parce que rien ne peut remettre en cause la liberté de conscience , intérieure par définition, sinon la perte de conscience. Le ministre de l'Intérieur a donc dû recadrer sa confuse collègue de la Justice : "il n'existe pas dans ce pays et il n'existera jamais sous l'autorité de ce gouvernement de délit de blasphème". Et le président du CFCM fait de même avec son délégué général : "rien ne saurait justifier des menaces de mort". Utiles précisions. Qui justifient, au-delà de l'"affaire Mila", que l'on revienne, quitte à rabâcher, sur ce droit au blasphème que nous revendiquons et dont nous réitérerons inlassablement qu'il est si indissolublement contenu dans les libertés d'expression et de religion qu'0on ne peut réprimer l'un sans attenter aux autres.

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  • "Nouvelles censures... nouvelles dictatures"

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    Cinq ans après le massacre de "Charlie Hebdo"

    La semaine dernière, "Charlie Hebdo" sortait un numéro revenant, cinq ans après, sur le massacre dont sa rédaction fut la victime. Ce numéro, l'hebdo l'a titré "Nouvelles censures... nouvelles dictatures". "Charlie Hebdo" peut légitimement nous parler de la censure : il en a été la cible sous sa pire forme, celle du meurtre.  Et c'est pour nous, ici, qui n'avons jamais rien risqué qui y ressemble, fût-ce de très loin, l'occasion de revenir sur ce qui se développe à la faveur du des réseaux "sociaux" (asociaux, en l’occurrence) comme entraves nouvelles aux libertés d'expression, de création, de représentation. Il ne s'agit pas de poser comme principe l'irresponsabilité des artistes, intellectuels, journalistes, de leurs actes, de leurs paroles, de leurs oeuvres, mais de s'interroger sur la propension de plus en plus généralisée de groupes minoritaires ("trente personnes organisées sur les réseaux sociaux peuvent suffire", observe le professeur Laurent Dubreuil) d'empêcher que ces paroles soient dites ou écrites et que ces œuvres soient représentées. Céline avait à répondre de son antisémitisme et l'éditeur de Sade de l'apologie par le Divin Marquis du "tout m'est permis", mais pour qu'ils en répondent, il fallait que Céline et Sade fussent édités et lus... Et s'il n'était certainement pas nécessaire qu'un Matzneff soit édité, il l'est encore moins de faire l'honneur à ce médiocre égocentrique de pilonner ses médiocres écrits.

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    Lien permanent Catégories : De tout un peu, libertés 9 commentaires