Cause toujours - Page 6

  • Initiative contre le commerce des armes : L'argent suisse tue

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    vignette commerce des armes,jpg.jpgLe 29 novembre, on ne votera pas seulement pour des "multinationales responsables" de leurs actes, on votera aussi pour une Suisse responsable de sa puissance financière , autrement dit contre le financement des producteurs d'armes de guerre. Abritant un pour mille de la population mondiale, la Suisse gère 25 % de la fortune mondiale, soit 7000 milliards de francs d'actifs. Une initiative, lancée par le Groupe pour une Suisse sans armée, déposée en juin 2018 et soutenue par la gauche et par nombre d'ONG (dont Terre des Hommes), veut interdire aux fondations et institutions de prévoyance, et à la Banque nationale, de financer (par des prêts, des crédits, des donations, des acquisitions de titre) des entreprises réalisant plus de 5 % de leur chiffre d'affaire avec du matériel de guerre. Le texte demande en outre que la Confédération s'engage pour que les banques et les assurances soient soumises à la même interdiction. Le Conseil national a, sans surprise,  l'initiative et renoncé à lancer un contre-projet. Et la droite, comme attendu, et tout uniment (contrairement à son état face à l'initiative pour des multinationales responsables de leurs actes)  a, par la voix du ministre de l'Economie, l'UDC Guy Parmelin, agité le spectre, un peu fatigué, de la mise en danger de l'économie, de la place financière et des PME Agiter ce spectre, ça eut payé... faisons en sorte que ça paie plus. Car l'argent suisse tue. Ailleurs.

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  • Musiques de la Cité

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    Cité de lamusique.jpgLe Conseil municipal donne un préavis positif à la Cité de la Musique

    Mercredi soir, le Conseil municipal de la Ville de Genève a donné, sur proposition du Conseil administratif, un préavis positif au plan localisé de quartier devant permettre la construction d'une "Cité de la musique" dans le quartier des Nations. Ce vote ne portait que sur un préavis municipal -le canton peut en faire ce qu'il veut, mais ceux de la Ville pèsent lourd, autant que la Ville (40 % de la population, et les deux tiers de toutes les charges de politique culturelle genevoise). Et à ce préavis, le Conseil municipal a ajouté, sur proposition socialiste, deux "recommandations"  : l'une excluant une participation financière de la Ville au budget de fonctionnement de la nouvelle institution  et l'autre recommandant le renforcement du soutien matériel de la Ville aux "musiques actuelles de création", qui s'étaient d'ailleurs invitées dans le débat par une prise de position de leur fédération, la Fédération genevoise des musiques de création (FGMC), pour qui "le projet de Cité de la musique ne répond pas aux besoins actuels de la scène musicale genevoise". Elle a raison : ce projet ne répond qu'au désir de ses promoteurs privés. Comme d'autres institutions culturelles genevoises, en leur temps... Le préavis de la Ville sera très certainement la cible d'un référendum, qui ouvrira un débat avec des fronts transcendant le clivage gauche-droite, puisqu'au Conseil municipal,la gauche comme la droite étaient divisées : le PS avec le PLR, le PDC et le MCG d'un côté, les Verts et "Ensemble à Gauche" avec l'UDC de l'autre côté. Le référendum ne portant que sur un préavis, le vote populaire ne sera pas décisif, comme le fut celui contre la rénovation du MAH, mais il sera, s'ils en sont capables, l'occasion pour tous les participants à la campagne de présenter leur projet de politique culturelle. En cela, le référendum sera bienvenu si on arrive à en saisir l'occasion de parler d'autre chose que des arbres qui seraient abattus et de ceux qui seraient replantés. Si au prétexte de la Cité de la musique, on arrive à faire entendre les musiques de la Cité...

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, Musique 2 commentaires
  • Mobilité : Un vote populaire qui permet de concrétiser une loi

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    giacometti.jpgCohérences

    La suppression facilitée de places de parcage en surface a été clairement (à 58,55 %) approuvée par les votantes et tants le 27 septembre, à Genève. C'est une victoire du Conseiller d'Etat PDC Dal Busco, soutenu par toute la gauche, par son propre parti et par le PLR, mais attaqué par la droite de la droite (l'UDC, le MCG) et le lobby bagnolard. Les Genevois avaient déjà plébiscité le compromis de 2016 pour une mobilité cohérente" et le soutien à la mobilité "douce", ils en ont plébiscité dimanche l'une des mises en oeuvre : la libération de l'espace public de surface pour autre chose qu'y stocker des bagnoles. C'est une douce victoire pour les partisans de la mobilité douce, ne serait-ce que parce que c'est une nette défaite pour le camp des référendaires (l'UDC, le MCG, le TCS et une organisation de petits patrons). Le score en ville ne faisait guère de doute (il est supérieur, comme à Carouge, au score cantonal), mais  les autres villes et les communes périphériques ont aussi (sauf Vandoeuvres et Gy) voté l'assouplissement de la règle de compensation des places de parking supprimées, alors qu'on pouvait craindre que le confort de pouvoir stationner au centre-ville y incite à soutenir la règle de compensation absolue. Ainsi, le vote des Genevois et voises a-t-il été à la fois cohérent d'une commune à l'autre et avec l'air du temps

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  • Deux référendums contre la loi fédérale sur le CO2 : Tout ou rien ?

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    tortues.jpgUn référendum est donc lancé contre la loi CO2. Deux référendums, en fait : un annoncé par l'UDC et ses satellites, un autre par la grève climatique romande et la gauche de la gauche. Ces deux référendums ne se concurrencent pas, ils s’additionnent. Et si, comme probable, ils aboutissent ensemble, on votera donc sur la loi. Et là encore, les "non" de l'UDC et les "non" de la grève climatique et de la gauche de la gauche s'additionneront : on est dans une pure logique majoritaire, où les motivations des votes ne pèsent, arithmétiquement, en rien sur le résultat et où voter "non" parce que la loi ne va pas assez loin (et en effet, elle est loin de répondre aux exigences de l'urgence climatique)  équivaut à un "non" parce que la loi va trop loin... Le dilemme est le même que celui auquel nous faisions face avec le projet de congé-paternité au rabais, accepté le 27 septembre :  loin de ce pourquoi nous nous battons, mais un premier pas (même un tout petit premier pas) vers cet objectif : un véritable congé parental. Un premier pas, ou un socle sur lequel appuyer un projet plus ambitieux. Fallait-il alors refuser de le faire, ce tout petit premier pas ? Va-t-on plus loin en refusant d'avancer un peu ? Nous avons toutes et tous, de la droite la moins à droite à la grève féministe en passant par toute la gauche accepté de le faire. Le même choix se pose face à la loi CO2 votée par les Chambres : elle est bien en deçà de ce qu'elle devrait être, mais elle est aussi un premier pas vers là où nous voulons aller. Plusieurs organisations et mouvements qui avaient appelé à voter pour le premier pas d'un congé paternité appellent à un référendum contre le premier pas vers une véritable loi climatique. Cette logique du "tout ou rien" n'a guère d'effet positif que l'unité de position de SolidaritéS et du Parti du Travail. C'est bien, mais un peu insuffisant pour que nous nous y rallions. Ou alors, juste histoire de prendre une jolie posture de radicalisme. ça sert à rien, mais ça fait du bien par ou ça passe...

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" : Une évidence à soutenir

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    WORLD-CO.jpgLe 30 septembre dernier, deux conférences de presse de droite engageaient la campagne sur l'initiative "pour des multinationales responsables" : une conférence de presse pour combattre l'initiative, une autre pour la soutenir. Les présidents du PLR,du PDC et de l'UDC ont sonné le tocsin contre l'initiative, ceux du PBD et du Parti évangélique  et des élus Verts libéraux et démocrates-chrétiens l'angelus pour l'initiative. On va vivre une étrange campagne, à droite du champ politique (à gauche, pas de problème, tout le monde est pour). Ce que l'initiative demande tient de l'évidence : les entreprises qui ont leur siège en Suisse doivent rendre compte de leurs actes à l'étranger , et celles qui causent des dommages à l'environnement et violeraient des droits humains doivent en être tenues pour responsables devant la justice.  Autrement dit : les multinationales doivent assumer leurs actes. Celles qui n'ont pas à se reprocher des violations des droits fondamentaux n'ont rien à craindre, seules celles qui se comportent comme des gougnafières, et seules les multinationales (les PME ne sont pas concernées) sont visées : comme le rappelle le démocrate-chrétien fribourgeois Dominique de Buman, "seuls quelques groupes ne respectent pas les droits humains. Il faut les empêcher d'agir de la sorte". Et seule l'initiative peut y contribuer, pas le contre-projhet insipide des Chambres fédérales, du Conseil fédéral et des multinationales elles-même.

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  • On ne sera pas président du PS genevois...

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    Pascal+Romain.jpgOuf !

    On était donc candidat à la présidence du PS genevois. Toute candidature  à une fonction de ce genre a des motivations avouables et quelques motivations inavouables. Par définition, les motivations inavouables ne seront pas avouées, à la seule exception peut-être d'une seule : faire regretter amèrement la présidence de Gérard Deshusses. Pour le reste, c'était une drôle d'idée, que celle de se présenter à une fonction sans grand pouvoir -à une fonction qui est surtout un titre. Et de ne se présenter qu'à cette seule fonction, sans autre ambition ni plan de carrière.  Il ne faudrait  pas se faire d'illusion sur ce à quoi on postule   :  A la présidence du PS on n'est chef de rien, et cette présidence n'est un tremplin pour rien.  Mais ça n'empêche pas la présidence de donner des impulsions,un rythme, faire des propositions, ouvrir et animer des débats, faire autre chose, en somme, que courir après l'actualité et l'agenda politique institutionnel. Finalement, on n'a pas été élu. On n'aura donc pas à se lever à l'aube (midi) pour défendre des positions politiques officielles avec lesquelles on n'est pas d'accord. On n'ambitionnait pas de sauver le parti, mais on a au moins sauvé notre petit confort... Et puis, quoi ? Obtenir près de 40 % des voix après avoir appelé le parti à lâcher la "classe moyenne" pour devenir le parti du sous-prolétariat, c'est pas si mal, non ?

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    Lien permanent Catégories : autobiographie, Genève, PS 5 commentaires
  • Les beaux zavions des vieux suisse-allemands

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    nouveaux avions de combat.jpgQuelque part entre le rivage des Syrtes et le désert des Tartares...

    Quelque part entre le rivage des Syrtes et le désert des Tartares, un petit pays attend l'ennemi. Qui ne vient pas. Chez Gracq, désespéré de l'absence de l'ennemi, le héros, las de l'attendre, s'en va le provoquer pour provoquer la guerre. Chez Buzzati, le héros passe sa vie entière à attendre l'ennemi et meurt de cette attente quand l'ennemi enfin se montre. Ce petit pays, c'est le nôtre. Dont le peuple vient d'accepter, d'acheter pour six milliards des avions de combat plus modernes que ceux dont il dispose déjà -une décision prise à une majorité aussi étriquée que le besoin de tels avions : 50,1 % des suffrages pour l'achat, 8670 voix d'écart entre les pour et les contre, une opposition majoritaire en Romandie (sauf en Valais), au Tessin et à Bâle, chez les femmes et chez les moins de 35 ans. Les beaux avions de l'armée suisse font surtout bander les vieux suisse-allemands... et le résultat du vote nous fait beaucoup regretter de n'avoir pu convaincre 8671 personnes d'aller voter pour nous rejoindre dans notre opposition é un viagra à six milliards...

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  • L'initiative udéciste rejetée, la cible, désormais, c'est l'"accord-cadre"

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    Baron noir.jpg

    D'un refus l'autre

    Le rejet, net et sans bavure, à 61,7 % des suffrages, et par tous les cantons sauf quatre (dont le Tessin, mais à une majorité bien moindre qu'attendue) de l'initiative udéciste ouvre le débat sur, et le combat contre, l'accord-cadre avec l'Union Européenne et ses 27 Etats-membres. Un accord très mal parti, dans sa formulation actuelle : patronat et syndicats s'y opposent, et demandent une renégociation sur trois points : la protection des salaires, les aides étatiques aux services publics et à certains secteurs de l'économie et l'octroi (que le patronat refuse) des aides sociales aux ressortissants européens. "L'accord institutionnel (doit être) retravaillé de fond en comble", assène le président de l'Union Syndicale, Pierre-Yves Maillard. Or cette renégociation, l'Union Européenne n'en veut pas. Et la présidente de la commission, Ursula von der Leyden attend du Conseil fédéral qu'il fasse "signer et ratifier l'accord cadre que nous avons négocié en 2018". Cet accord, précisément, qu'il est illusoire de faire accepter par le peuple suisse. Il ne peut en effet être question pour la gauche politique et syndicale de soumettre le cadre légal et constitutionnel aux dérégulations libérales que pourrait décider la Cour européenne de justice. Quant à l'UDC, outre son tropisme europhobe, qui le fera par réflexe refuser tout accord avec l'UE, c'est le droit des ressortissants européens aux aides sociales suisses qui la hérisse le plus. Qu'importe : pour nous, puisque nous nous sommes débarrassés (fût-ce avec l'aide du patronat) de l'initiative de l'UDC, la cible, désormais, c'est l'"accord-cadre". Fût-ce avec l'aide de l'UDC.

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  • 23 francs de l'heure, ce n'était pas trop demander

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    SALAIRE.JPG

    La belle victoire

    23 francs de l'heure, ce n'était pas trop demander, et c'est la plus belle victoire de dimanche, parce qu'on l'avoue, on n'y croyait pas trop, à nos chances de faire accepter l'initiative syndicale pour un salaire minimum, soutenue par toute la gauche, mais confrontée à une furieuse campagne du patronat et de la droite sur le thème connu, rebattu et lassant de "ça va tuer l'économie". On n'y croyait pas trop, à cette victoire, et on avait tort : le résultat est sans appel : 58 % de "oui". Les images des files d'attente de la distribution de colis alimentaires, la révélation que dans ces files, il y avait d'abord une forte minorité, puis une majorité, de travailleuses et de travailleurs légaux, à plein temps, dont le salaire (quand encore il tombait encore) était insuffisant pour leur permettre de se passer d'aide sociale, ne sont sans doute pas pour rien dans cet adoubement par le peuple d'une proposition qu'il avait auparavant refusé deux fois. En 2011, 54 % des votants la refusaient encore. La troisième tentative fut la bonne : on avait applaudi les mal-payés pour leur travail en temps de pandémie, on a soutenu leur droit à être payés comme il convient, au minimum, de les payer. Et ça fait du bien par où et comme c'est passé.

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  • Votations fédérales et cantonales : Alors quoi, elle vient, cette dernière heure ?

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    dansemacabre.jpgIl y avait, à Genève, pas moins de dix objets au menu des votations d'hier. Et pour six d'entre eux (trois objets fédéraux, trois objets cantonaux), on nous promettait une catastrophe s'ils étaient, soit acceptés, soit refusés. Il eût été surprenant que tous les prononcements populaires soient de nature à écarter toutes les prédictions apocalyptiques. Et notre mauvais esprit nous incitait même à espérer que pour certains d'entre eux, le choix populaire soit précisément celui que les uns ou les autres exorcisaient. Histoire de vérifier que la dernière heure annoncée allait sonner, que les haricots étaient proche de leur fin et que les cavaliers de l'Apocalypse étaient pas prêts à déferler sur, pantelantes, la Suisse ou Genève. Mais il faudra bien qu'on en rabatte de nos attentes : ni le salaire minimum ni "Zéro pertes", ni la suppression possible de 4000 places de parcage de bagnoles en surface ne sonneront la dernière heure du Grand Soir. Damned, encore raté !

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique, votations 2 commentaires
  • Le Conseil administratif de la Ville présente son projet de budget : Entrée en matière

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    avuedenezilestcinqheures.jpgLe Conseil administratif de gauche de  la Ville de gauche de Genève a présenté aujourd'hui son projet de budget 2021. Un budget "difficile", résume le Conseiller administratif Alfonso Gomez, chargé des Finances,. Un budget franchement pas enthousiasmant, en tout cas : il tient la limite normale de déficit autorisé (49,3 millions, soit le niveau de ses amortissements) comme une frontière sacrée, alors qu'il pourrait la repousser de trente millions), sous-dote l'action sociale en faisant comme si la crise sanitaire n'avait pas aggravé la situation de dizaines de milliers de personnes, repousse des projets sociaux, bloque les mécanismes salariaux du personnel (annuités, primes d'ancienneté, progression du 13e salaire) et fait de la hausse de l'impôt municipal un tabou. Il peut cependant être amélioré, sur proposition des commissions (et de chaque membre du Conseil municipal), voire du Conseil administratif lui-même. Et pendant une année, le Conseil administratif peut proposer des crédits extraordinaires. On votera lundi, l'entrée en matière sur le projet de budget de l'Exécutif. et son renvoi pour examen dans les commissions spécialisées et à la commission des finances. On a assez reproché à la droite de refuser de faire son boulot d'examen du budget pour éviter de refuser nous-mêmes de faire notre boulot -qui est d'étudier un projet de budget, si navrant qu'il puisse être, d'en débattre, de l'amender, de l'améliorer -pas de l'accepter a priori, sur ordre. Ni d'ailleurs de le refuser a priori, par réflexe : quel qu'il soit, un projet de budget ne mérite ni l'honneur d'être érigé en totem, ni celui d'être proscrit en tabou : en entrant en matière sur lui, les conseillères et conseillers municipaux ne l'approuvent pas pour autant. Et le Conseil administratif lui-même a la possibilité de reprendre son propre projet et de l'amender lors des "arbitrages d'octobre", quand les prévisions de recettes se seront affinées. Tout espoir n'est donc pas perdu que l'ouverture d'un second abri pour sdf, une contribution à un abri de l'Armée du Salut, la pérennisation des logements relais pour femmes ou l'extension de l'allocation de rentrée scolaire puisse être réintégrées au budget d'une ville de gauche capable de planter des arbres ET de loger les sans-abris. De créer des pistes cyclables ET d'internaliser le nettoyage de ses locaux. De réduire les émissions de CO2 ET le temps de travail.

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  • Les besoins, les moyens, l'impôt... et les budgets

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    Bandeau Zero Pertes.jpg

    "Zero pertes" de prestations et de ressources fiscales

    Lancée au printemps 2018 par la gauche, l'initiative "Zéro Perte", soumise au vote deux ans  et demi plus tard, dimanche (vous avez encore deux jours pour voter par correspondance -après, il vous faudra déposer vous-mêmes votre bulletin eu service des votations ou dimanche matin au local de vote) entend fixer un cadre aux réformes fiscales (celles de ces 25 dernières années ont multiplié les cadeaux aux contribuables les plus aisés et ont coûté plus d'un milliard aux caisses publiques) : réduction de la concurrence fiscale entre cantons, préservation du financement des services publics et des prestations à la population, maintien du niveau des recettes fiscales, renforcement de la progressivité de l'impôt. L'initiative a été lancée deux ans avant l'arrivée du coronavirus. Six mois après cette survenue, elle est plus pertinente encore, en posant la question, centrale, du rôle de l'impôt, et plus précisément encore de l'impôt direct, pour la préservation des prestations et des services publics. Une petite piqûre de rappel sur cette fonction de l'impôt n'est pas inutile, même à gauche, en temps de crise sociale et de débats budgétaires, de besoins accrus d'une population et d'une précarité en croissance continues.

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  • Instauration d'un salaire minimum légal à Genève : 23 francs de l'heure, c'est trop pour qui ?

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    bandeau salaire minimum.jpg

    On saura dimanche soir si demander dans une des villes les plus riches et les plus chères du monde que l'on puisse être payé au moins 23 francs de l'heure, soit 4086 francs mensuels pour 41 heures de travail par semaine (c'est le projet d'instauration d'un salaire minimum légal) relève du délire maximaliste, à Genève,ou une personne sur cinq n'arrive pas à subvenir à ses besoins malgré les revenus qu'elle tire de son travail,  et où plus de 30'000 salariées et salariés, travaillant à plein temps, gagnent moins que ces 23 francs de l'heure, les deux tiers d'entre elles et eux étant des femmes. Ces travailleuses et travailleurs pauvres représentent 10 % des salariés employés à Genève, près de 40 % dans l'hôtellerie-restauration. Et la moitié d'entre elles et eux touchent moins de 3500 francs (le salaire minimum de la convention collective du secteur stagne à 3470 francs par mois). Dans l'économie domestique aussi, un salaire minimum de 23 francs représenterait une amélioration considérable de la situation de celles (essentiellement) et ceux dont le salaire minimum actuel se traîne à 19,50 francs de l'heure, soit 3801 francs brut par mois pour 45 heures de travail par semaine. Dans la blanchisserie, le salaire horaire est de 19,60 francs, dans la coiffure il est de 17,976 francs, dans l'agriculture de 17,50 francs... Et celles et ceux qui occupent un "emploi de solidarité" sont le plus souvent payés 3225 francs par mois. Comment vit-on à Genève avec si peu ? Et combien gagnent ceux qui clament que 23 francs de l'heure, 4080 francs par mois, c'est trop ? Et combien paient-ils leurs femmes de ménage (s'ils les paient encore, et ne les ont pas renvoyées à l'aide alimentaire depuis la covid) ?

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    Lien permanent Catégories : Genève, Travail, votations 1 commentaire
  • Genève : pusillanimités budgétaires en temps de crise

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    autruche.jpgEt les urgences, bordel ?

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté son projet de budget 2021 : il prévoit un déficit de 501,3 millions. Et les comptes 2020 pourraient se solder par un déficit de 1,2 milliards. Pour contenir le déficit prévu en 2021, le gouvernement cantonal propose de ponctionner la fonction publique et les communes. Vieilles recettes, qui tiennent du réflexe pavlovien. Le Conseil administratif de la Ville, ou plutôt sa majorité, va présenter lui aussi un budget déficitaire. Mais prudent, ou pusillanime, il propose de faire tenir ce déficit dans les limites imposées par le canton (qui, lui, ne se les impose pas, fidèle en cela au vieux principe des baillis, "faites ce que je dis, pas ce que je fais"). Cette limite est d'un déficit de 49,3 millions. Elle peut certes être, "exceptionnellement" dépassée (or ne sommes-nous pas dans une situation rendue "exceptionnelle" par le Covid, s'ajoutant aux effets des réformes fiscales que nous combattîmes en vain ?), mais ce dépassement lui-même est soumis à l'accord du Bailli, et à l'exigence d'un "retour à l'équilibre" en quatre ou huit ans. Bon, et alors ? Ne pourrait-on plutôt tenir compte à la fois des exigences d'une réponse à la crise et des engagements pris de répondre aux urgences sociales et environnementales auxquelles la crise, précisément, ne fait que rendre les réponses plus urgentes, et plus exigeante leur cohérence, et plus exigeant leur financement ?

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  • Budget 2021 du canton de Genève : Pertes et coupes

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    touche pas à mes services publics.jpgLe Conseil d’Etat genevois présentera jeudi son projet de budget 2021, et le plan financier quadriennal qui accompagne tout budget annuel. On s'attend à un déficit maousse, et des "économies" faites sur le dos des salariés de la fonction publique, et des services publics Le Conseil d’Etat prévoit de baisser de 1% les salaires du personnel du "Grand Etat", d'augmenter les cotisations du personnel à sa caisse de prévoyance.  Au total, les salaires nets des employés de la fonction publique pourraient être réduits de 2 %. A cela s’ajoutent le non-versement de l’annuité en 2021 et 2023 et le maintien du gel de l’indexation des salaires. Cette offensive ne concerne pas que le personnel de l’Etat, d'autant qu'il n'est pas exclu que des mesures comparables soient proposées à l'encontre du personnel de la Ville de Genève, pour les mêmes raisons ("faire des économies" après avoir réduit les recettes fiscales), c’est l’ensemble des salarié-e-s du canton qui sont menacé-e-s, de telles mesures imposées au secteur public ne pouvant manquer d'inspirer le patronat du secteur privé... Si de telles mesures étaient imposées au secteur public, cela représenterait un signal catastrophique au patronat qui réclame déjà des baisses de salaires. Au fond, tout cela ne peut que nous inciter à réitérer l'appel à voter "oui" le 27 septembre à l'initiative "zéro pertes", qui exige précisément le contraire de ce que le gouvernement cantonal propose de faire.

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    Lien permanent Catégories : budgets publics, Fiscalité, Genève 1 commentaire
  • Les mouvements sociaux face au Covid-19

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    SolifondsLa solidarité est une résistance

    Le Solifonds (Fonds de solidarité pour les luttes de libération sociale) lance un appel à la solidarité avec les organisations et mouvements qui apportent une aide indispensable aux populations les plus démunies face à la pandémie et au confinement. Et ces mouvements apportent cette aide tout en continuant à combattre pour les droits fondamentaux. Ces tâches de protection de la population contre la pandémie, mais aussi contre les conséquences du confinement, ils et elles les mènent à la place d'Etats défaillants ou indifférents, dans une situation que la pandémie a rendue encore difficile et plus périlleuse, qu'ils doivent affronter avec des moyens réduits par la crise sociale et économique, et en continuant de subir la répression : la solidarité est une résistance.
    Solifonds
    mail@solifonds.ch
    www.solifonds.ch
    PC 80-7761-7

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  • Dis Tonton, il n'est plus pour la suppression de l'armée, le PS ?

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    AVION.GIFTactique en toc

    Comme on le sait, ou devrait le savoir, le Parti socialiste suisse appelle à voter "non" à l'achat de nouveaux avions de combat. Mais ce refus , sur quoi s'appuie-t-il ? sur des arguments d'opportunité, de coût, de contexte international. Le PS ne remet pas en cause l'achat de nouveaux avions de combat, il remet en cause  le type et le coût des avions qui seront achetés. Et il propose d'en acheter d'autres. Une telle position ne peut se comprendre que comme une tentative d'attirer vers le refus une partie de l'électorat acquis au principe même d'une aviation militaire"moderne", mais critique sur la matérialisation de ce principe. Cet électorat-là soutiendrait l'achat de nouveaux avions, mais pas du genre de ceux que le Conseil fédéral propose d'acheter : des avions plus petits, moins chers. Pas des Rafale, mais des Mig ? des Spitfire ? des Blériot ? Le PS tient  iciun discours tactique en toc, qui rate sa cible : il ne convainc pas ceux à qui il s'adresse (tout indique que le budget d'achat des gros navions sera accepté par le peuple, sauf peut-être, espérons-le, dans les cantons traditionnellement antimilitaristes, le Jura, Genève,  qui avaient, en 1989, accepté la suppression de l'armée), et il dévalue la position de principe du PS, celle de son programme : la suppression de l'armée, précisément... Allez, camarades, un peu de courage, relisez notre programme : il ne propose pas l'achat d'avions de combat M-Budget, il propose l'abolition de l'armée... y compris celle de l'air...

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  • Budget 2021 du canton de Genève : Pertes et coupes

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    touche pas à mes services publics.jpgLe Conseil d’Etat genevois présentera jeudi son projet de budget 2021, et le plan financier quadriennal qui accompagne tout budget annuel. On s'attend à un déficit maousse, et des "économies" faites sur le dos des salariés de la fonction publique, et des services publics Le Conseil d’Etat prévoit de baisser de 1% les salaires du personnel du "Grand Etat", d'augmenter les cotisations du personnel à sa caisse de prévoyance.  Au total, les salaires nets des employés de la fonction publique pourraient être réduits de 2 %. A cela s’ajoutent le non-versement de l’annuité en 2021 et 2023 et le maintien du gel de l’indexation des salaires. Cette offensive ne concerne pas que le personnel de l’Etat, d'autant qu'il n'est pas exclu que des mesures comparables soient proposées à l'encontre du personnel de la Ville de Genève, pour les mêmes raisons ("faire des économies" après avoir réduit les recettes fiscales), c’est l’ensemble des salarié-e-s du canton qui sont menacé-e-s, de telles mesures imposées au secteur public ne pouvant manquer d'inspirer le patronat du secteur privé... Si de telles mesures étaient imposées au secteur public, cela représenterait un signal catastrophique au patronat qui réclame déjà des baisses de salaires. Au fond, tout cela ne peut que nous inciter à réitérer l'appel à voter "oui" le 27 septembre à l'initiative "zéro pertes", qui exige précisément le contraire de ce que le gouvernement cantonal propose de faire.
    A l'appel du Cartel intersyndical de la fonction publique, un rassemblement se tiendra le jeudi 17 septembre2020 à 17h00 aux canons, devant l’Hôtel de Ville, pour dénoncer les coupes dans les services publics.

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  • Pour les 300 à 1000 sans-abris de Genève : Le logement, plus que l'hébergement

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    sdf geneve.jpgOn estime le nombre de sans-abris à de 300 à 1000 personnes à Genève, et une étude sur le "sans-abrisme" (ce barbarisme est récent)  va être lancée par la Ville pour en faire un état des lieux... La Ville assure leur hébergement d'urgence. Elle répond ainsi à une urgence sociale, mais cette réponse ne permet pas la réinsertion sociale des personnes concernées.  Nous (des conseillères et conseillers municipaux socialistes et du Parti du Travail) avons  donc déposé une motion demandant  au Conseil administratif de Genève d'étudier la mise en place egt le coût d'une politique de réinsertion sociale complémentaire et préventive de l'accueil d'urgence, de mise en place d'une structure d'hébergement et de prise en charge sociale personnalisée des sans-abris, ouverte toute l'année dans un bâtiment en surface, de création d'une équipe pluridisciplinaire pour l'accueil des sans-abris et d'établissement d'un programme pour prévenir la perte de leur logement par les personnes en situation de précarité.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Logement, pauvreté, exclusion 2 commentaires
  • Assouplissement de l'obligation de compenser les places de parkings supprimés : Débrancher l'aspirateur

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    parking.jpgUn assouplissement de la loi qui force à remplacer toute place de parking supprimée au centre ville par une autre à proximité, est soumis au peuple genevois le 27 septembre, la droite bagnolarde ayant lancé et fait aboutir un référendum.  Cet assouplissement, auxquels pourraient s'en ajouter d'autres (la députée socialiste Caroline Marti et son collègue Vert David Martin proposent d'assouplir l'obligation de prévoir des parkings dans les immeubles neufs) se justifie pleinement : toujours plus d'habitantes et d'habitants du canton, et plus encore de la Ville, se passent de voiture, on a donc moins besoin de places de parcage. Et à Genève, où les tarifs des parkings publics sont en moyenne de 20 % inférieurs à ceux des villes d'Europe et où les parkings existants offrent largement assez de places qu'il est nécessaire, les parkings fonctionnent comme de véritables aspirateurs en ville des voitures de sa périphérie. D'autant que selon le canton une bonne moitié des usagers des parkings publics payants ne s'acquittent pas de leur dû, que la pratique du stationnement illicite prolongé sur la voirie urbaine est courante... et qu'au surplus les parkings souterrains coûtent cher, empêchent l'arborisation, et produisent des déchets d'excavation... L'heure est venue de débrancher les aspirateurs à voiture : actif-trafiC organise donc (https://www.actif-trafic.ch/parking-day-2020) un Park(ing) Day à Genève Vendredi 18 septembre de 16h à 18h rue Jean-Dassier (proche du croisement avec la rue de la Servette, derrière la gare Cornavin)

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    Lien permanent Catégories : Genève, Transports, votations 5 commentaires