Cause toujours - Page 5

  • Les villes contre l'Etat ?

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    villes, communes"Vive la Commune"... mais pas n'importe laquelle ?

    Comme on  vous le serine régulièrement, notre slogan préféré depuis 1871, c'est "Vive la Commune !". Surtout à Genève, où les communes, instituées en 1798 par le régime français dans le même temps où la grande République avalait la parvulissime, sont bien loin d'être l'institution fondamentale de la démocratie que proclament maints discours de cantine. Mais le "Vive la Commune" de 1871, c'est "vive" celle de Paris... et notre "Vive la Commune" d'aujourd'hui, c'est surtout "vive" celle de Genève (certes instituée en 1798 par la France, mais supprimée en 1815 par les oligarques de l'ancienne République revenus au pouvoir dans les fourgons de la Saint-Alliance antifrançaise, et rétablie une génération plus tard par une révolution). Est-ce à dire que lorsque nous clamons "Vive la Commune", il faudrait le traduire par "Vive la Ville" ? Il y a de cela... à condition que la majuscule de "la Ville" (de Genève) laisse place à la minuscule des villes genevoises (elles sont une dizaine) et que l'on mesure bien ce qu'il peut y avoir de danger à n'avoir en tête que les "grandes villes" (ce que Genève n'est certes pas démographiquement, à l'aune européenne, et moins encore mondiale). Un article du dernier numéro du "Monde Diplomatique" (https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/BREVILLE/61548) nous met cette puce à l'oreille : grattons-nous donc là un peu (si l'Office fédéral de la Santé Publique nous y autorise, bien sûr).

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  • Coronavirus : faire comme les zautorités disent qu'on doit faire

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    Magdalena Blocher.jpgJ'embrasse pas

     

    Monsieur Alain Berset,

    je vous fais une lettre

    que vous lirez peut-être

    si votre temps le permet

    Je viens de recevoir

    mes consignes sanitaires

    de ne plus prendre  l'air

    du matin jusqu'au soir...

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    Lien permanent Catégories : Santé, médecine, Suisse 10 commentaires
  • Dimanche 8 mars , grève féministe

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    Grève féministe2.jpgJour du Sabbat

    Dimanche, alerte épidémique ou pas, les femmes de Suisse sont invitées à (re)faire grève "Pour que (leur) corps, (leur) temps, (leur) travail, (leur) vie soient respectés! Evidemment, les mesures de "précaution" contre la propagation du coronavirus s'imposant, les grandes manifs ont été interdites -mais de multiples actions collectives, décentralisées, seront tout de même organisées dans l'espace public (on en trouvera, pour Genève, une liste exhaustive sur www.grevefeministe-ge.ch et, pour partout, sur https://www.facebook.com/grevefeministe/). Et puis n'oublions pas que jusqu'à dimanche, c'est en Ville de Genève une Semaine de l'Egalité (www.semaine-egalite.ch), qui ne pouvait être mieux conclue que par une grève pour l'égalité et l'émancipation. D'ailleurs, le 8 mars, dans le calendrier pataphysique, c'est le jour du Sabbat. Quel meilleur jour pour les sorcières ?

    Pour le reste, et même un peu plus, voyez par là : https://www.ps-geneve.ch/wp/wp-content/uploads/2020/02/CC54.pdf

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    Lien permanent Catégories : Femmes, Suisse 2 commentaires
  • La gauche et les exonérations fiscales : Ethiques contradictoires

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    janus.jpgLa gauche et les exonérations fiscales : Ethiques contradictoires

    Le Conseil administratif de la Ville de Genève a donc  récemment donné au canton un préavis favorable à une exonération fiscale sur dix ans, au bénéfice d'une société (Komgo SA), créée par un consortium de banques et de sociétés actives dans le commerce des matières premières et dont les actionnaire vont de Shell à Paribas. Les deux magistrats socialistes ont soutenu ce préavis. Le Parti socialiste, municipal comme cantonal, a réaffirmé sa position, d'opposition à ce type d'exonérations fiscales, fussent-elles partielles et temporaires, surtout pour ce type d'entreprises. Les autres forces de gauche (les Verts, SolidaritéS, le Parti du Travail) ont défendu la même position. Et on se retrouve là, avec ces positions antagoniques prises par des magistrats et leur parti, dans une vieille contradiction : celle de l'éthique de vérité avec l'éthique de responsabilité. Sandrine Salerno  résume sa position (moins sa position politique personnelle que, sa position, son rôle, de magistrate municipale) ainsi : "Je dois appliquer la loi" -or un parti politique, non plus d'ailleurs qu'un Conseiller municipal, n'est pas tenu par une telle exigence, puisque n'étant ni l'un, ni l'autre, un agent de l'Etat. Ils peuvent donc dire "non" quand leurs magistrats disent "oui". L'auteur de ces lignes étant structurellement, pulsionnellement, oppositionnel, il choisira forcément l'éthique de vérité contre l'éthique de responsabilité. En étant cependant, en vieux lecteur (et praticien) du Droit à la Paresse, parfaitement conscient de ce que ce choix a de confortable. Et qu'il vaut mieux pour tout le monde qu'il puisse se draper fièrement dans la proclamation des fondamentaux du socialisme plutôt qu'avoir à gérer les finances de la capitale mondiale du monde mondial.

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    Lien permanent Catégories : Fiscalité, Genève, Politique 2 commentaires
  • Elections municipales genevoises : ébauche d'un bilan des sortants

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    Mairie.jpgPoursuivre, renforcer, radicaliser

    On sait bien qu'une élection ne se joue jamais principalement sur le bilan des personnes ou des équipes sortantes, mais il n'est tout de même pas inutile de tenter d'en établir un, en raison ou au prétexte des élections municipales genevoises. Si, en Ville de Genève, le bilan du Conseil municipal est pour le moins incertain (la droite élargie, aléatoirement majoritaire, a voté d’un front commun des coupes budgétaires, s’attaquant aux prestations publiques et à la qualité de vie, et multiplié pour le surplus les votes sur des propositions illégales, cassées par le Bailli cantonal), on pourrait, si le funeste George Marchais n'avait utilisé cette expression pour porter un jugement sur l'Union Soviétique, estimer "globalement positif" le bilan du Conseil administratif -quoi qu'il en soit des comportements individuels de certains de ses membres. Tout n'a certes pas été fait de ce qui pouvait être fait, et de ce qui a été fait, tout n'est évidemment ni parfait, ni définitif. Il convient donc de poursuivre et de renforcer les efforts engagés, et s'agissant de la justice sociale et de l'urgence climatique, de les radicaliser. C'est pour cela que la gauche a besoin d'une double, voire d'une triple majorité : au Conseil municipal (où la droite élargie du PDC au MCG a été majoritaire pendant cinq ans), au Conseil administratif (où la gauche est majoritaire, et doit le rester -pour le moins), et au sein du peuple (où les majorités changent selon les objets). La Municipalité de gauche n'a pas fait la révolution ? elle ne le pouvait guère -et de toute façon une vraie révolution ne vient pas des gouvernements, ne fussent-ils que municipaux... Mais de n'avoir pas constaté la révolution ne justifie pas la résignation à la réaction...

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    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 0 commentaire
  • SARS-CoV-2, COVID-19, nécessaires, forcément nécessaires

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    Je suis Pangolin.jpgSpinoza et le pangolin

    Dans ce monde désenchanté où nous traînons notre mélancolie, nous manquions de héros, de guides, de timoniers, et ne savions plus où en chercher. Or voici que la Chine qui nous avait déjà gratifiés (et s'était-elle même gratifiée) de Mao nous fournit ce qui nous manquait : le pangolin. Un mammifère insectivore de la taille d'un gros chat, au corps couvert d'écailles. Porteur du virus SARS-CoV-2, qui provoque la maladie COVID-19. Tout en un. Et à peine a-t-il pointé le bout d'une protubérance qu'il trouble l'ordre du monde, le SARS-CoV-2. La consommation de pétrole recule, les voyages en avion se font plus rares, les croisières maousses aussi. Même en Suisse, il fait fort, le virus  : plus de Salon de l'Auto et de salon horloger de luxe, plus de messe papiste au Temple calviniste de St-Pierre, matchs de foot annulés, bourse déprimée (plus de 10 % de recul à la fin de la semaine dernière...).  Le coronavirus, c'est rien qu'un écolo laïcard antisportif et anticapitaliste. Et décroissant. Mais avec une faiblesse -un manque de féminisme : les manifs du 8 mars sont aussi annulées. Quant à l'anticapitalisme, il prend un peu la forme de l'artisanat : des tas de petits malins vendent des masques inutiles à prix surfaits et des poudres de perlimpinpin comme remèdes miracles. N'empêche : ils étaient nécessaires, forcément nécessaires, le Pangolin, le SARS-CoV-2 et le COVID-19 -c'est Spinoza qui nous le dit.

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    Lien permanent Catégories : Chine 11 commentaires
  • La Ligue islamique mondiale cherche à fourguer sa mosquée genevoise

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    Sous-traitance mosquée de Genève.jpgou émancipation ?

    Le Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Mohammad Abdulkarim Alissa, aimerait bien débarrasser la Ligue d'un boulet : la mosquée de Genève (celle du Petit-Saconnex), construite par la Ligue -laquelle est une organisation saoudienne. La mosquée. suspecte d'avoir été, ou même d'être encore, un bastion intégriste, voire un lieu de recrutement djihadiste,  est actuellement gérée par la Fondation culturelle islamique de Genève, directement liée à la Ligue islamique mondiale (même si elle est une fondation de droit suisse). Bref, la mosquée genevoise est en réalité saoudienne et ce dont il s'agirait, en la confiant un un "organe représentatif de tous les musulmans genevois", est de faire de cette mosquée saoudienne une mosquée genevoise gérée par "une entité irréprochable et approuvée par les autorités locales et nationales", genevoises et suisses. Sauf que Genève est supposée être une république laïque, et que, sans le dire, et tout en plaçant sa constitution fédérale sous l'autorité de "Dieu Tout-Puissant", la Suisse, de fait, l'est aussi. En tout cas,s'en approche en tapinois. Et que donc, les autorités politiques n'ont pas à "approuver" une "entité" religieuse, si irréprochable qu'elle puisse être. Et dont on ne sait pas vraiment si elle serait le moyen d'une émancipation de la mosquée genevoise ou l'instrument saoudien d'une simple sous-traitance.

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  • Elections municipales : recette d'une proclamation électorale

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    Maire de Champignac.jpgMots obligés

    Vous avez sans doute vu nos affiches avec nos têtes, reçu dans vos boîtes aux lettres nos tracts, prospectus, dépliants électoraux, vous avez reçu votre enveloppe avec vos bulletins de vote et votre carte de vote, vu passer des bus et des trams à nos couleurs avec nos slogans. Vous l'aurez compris : y'a, incessamment sous peu, des zélections, auxquelles, pour peu que vous disposiez des droits politiques, vous êtes conviés à participer par vos votes forcément sélectifs, informés et rationnels. De vrais votes de vrais citoyens et de vraies citoyennes, quoi. Alors,  remettons la campagne électorale dans son bain rhétorique : il y a des choses qu'il faut dire. Qu'on ne peut pas ne pas dire. Aussi convient-il de vous dévoiler la recette incontournable de toute proclamation électorale conforme, sinon aux attentes des citoyennes et des citoyens, du moins au cadre obligé de cet exercice.

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  • "Papyrus", un succès "individuel et collectif"...

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    Papyrus2.jpgLa bonne Genferei

    Une Genferei dont Genf peut-être fière : le Conseil d'Etat, les syndicats, les mouvements de soutien aux sans-papiers, ont tiré la semaine dernière un bilan très positif de l'opération "Papyrus", lancée en février 2017 à Genève, et qui a permis la régularisation de 2390 sans-papiers (dont 727 enfants), 744 dossiers étant encore en cours de traitement. L'opération, qui a pris fin le 31 décembre 2018, en catimini, sans Pierre Maudet qui en était la caution politique avec Simonetta Sommaruga, devrait donc au final permettre de régulariser 3000 personnes, en majorité des femmes employées dans l'économie domestique. Seuls 47 dossiers sur 3380 ont été refusés par le canton ou la Confédération parce qu'ils ne répondaient pas aux conditions posées pour une régularisation. Les autorités confirment que, contrairement à ce qu'annonçait l'UDC, "Papyrus"n'a provoqué aucun "appel d'air" (c'est-à-dire l'arrivée de nouveaux clandestins remplaçant celles et ceux régularisés), ni recours à l'aide sociale des personnes régularisées (seules 0,8 % des personnes régularisées, interrogées dans le cadre d'une enquête de l'Université de Genève, ont eu recours à l'aide sociale, et c'était pour des problèmes de santé).. En outre, elle a permis aux assurances sociales d'encaisser 5,7 millions de francs de cotisations sociales supplémentaires, puisque les sans-papiers n'en payaient pas, ni leurs employeurs, et que la régularisation des premiers et leur déclaration par les seconds les engagent désormais à s'en acquitter. Un succès "individuel et collectif", constatent autorités, associations et syndicats.  Reste à s'en inspirer pour le rééditer ailleurs qu'à Genève et l'élargir à des sans-papiers qui ne répondaient pas aux conditions posées dans l'opération qui s'achève après quinze années de lutte. Le résultat, pas l'aboutissement :  il reste 10'000 "sans-papiers" à Genève, et, d'près le Secrétariat d'Etat aux migrations, 76'000 en Suisse dans une semi-clandestinité ("semi", puisque toutes les administrations publiques con cernées savent qu'elles sont là). A Genève, des milliers de personnes, de ménages, de familles emploient encore comme domestique ou garde d'enfant une personne sans statut légal, pour quelques heures, à temps partiel ou à plein temps. A Zurich, des dizaines de milliers de foyers en font autant.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Immigration, Travail 2 commentaires
  • L'"Affaire Crypto", la neutralité suisse et la guerre froide

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    guerre froide.jpgNeutralité neutralisée

    La presse a longuement évoqué ces dernières semaines l'"affaire Crypto", cette sombre histoire d'appareils de codage de fabrication suisse, piratés par la CIA et son équivalent allemand, le BND, au vu et au su, et sans doute avec l'accord, des autorités politiques de notre neutre pays. On ne reviendra pas ici sur les détails (assez croustillants) de l'"affaire", mais il vaut la peine de la replacer dans son contexte historique : dans "Le Courrier", l'historien Matthieu Leimgruber rappelle que la neutralité suisse, pendant toute la guerre froide (de 1948 à 1989), n'était une vaste mystification et que la Suisse était clairement et profondément ancrée dans le "camp occidental", même si elle n'était pas membre de l'OTAN : elle respectait l'embargo technologique frappant les Etats communistes (embargo duquel les machines à crypter avait été exclues, puisqu'il, était utile que des Etats communistes en soient équipées puisqu'elles étaient vérolées, exportait des armes vers les Etats de l'OTAN, prenait "nettement position contre le communisme", pour reprendre les mots de l'époque du Conseiller fédéral Max Petitpierre. Emil Bührle, qui fournissait l'Allemagne nazie pendant la Guerre Mondiale, a fourni les Etats Unis ensuite, l'industrie horlogère fournissait des détonateurs aux Américains engagés au Vietnam, Kudelski a produit une version miniature de son Nagra pour la CIA, les PTT puis Swisscom acceptaient de travailler pour les services occidentaux... "Nous perdons nos illusions", déprime le chroniqueur du "Temps", Yves Petignat. Quelles illusions ? celles d'une Suisse absolument neutre, telle que feint de la rêver l'UDC ? Mais qui y croit encore, à cette neutralité ?

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  • Dimanche 8 mars, grève féministe

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    grève féministe.jpg"Ne rien lâcher"

    Mercredi soir, à Genève, le prix Martin Ennals des droits de l'homme, décerné par un jury de représentants des principales organisations de défense des droits humains, avec le soutien de la Ville, a honoré trois militantes  : la Yéménite Huda Al-Sarari, la Mexicaine Norma Librada Ledezma et la Sud-africaine Sizani Ngubane. Huda Al-Sarari a mené le combat contre les prisons secrètes installées dans son pays par des Etats étrangers depuis cinq ans comme autant de lieux de détention arbitraire et de torture. Elle a créé un réseau de mères de détenus, a fait libérer 260 détenus. Elle y a perdu un fils, abattu en représailles de son combat, et a été contrainte de faire fuir son deuxième enfant, pour le sauver. Sizani Ngubane lutte pour le droit des femmes à la terre, à la propriété, à l'héritage dans des régions où le droit coutumier, qui les en prive. Elle a fédéré 50'000 femmes dans ce combat, plusieurs fois victorieux devant la Cour constitutionnelle. Elle combat également les enlèvement de jeunes filles pour des mariages forcés. Norma Librada Ledezma, qui a perdu une fille, assassinée, lutte contre les féminicides et, du fait de cette lutte, doit vivre sous la protection de gardes du corps. Ces trois femmes sont honorées par le jury du prix Ennals et par la Ville de Genève deux semaines avant la Journée internationale des droits des femmes (elle fut célébrée à ce titre pour la première fois dans la toute jeune Russie soviétique, pour célébrer la grève des  ouvrières de Petrograd, déclencheuse de la Révolution russe). Le 8 mars prochain sera donc en Suisse une journée de grève, pour les droits des femmes.

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    Lien permanent Catégories : Femmes 1 commentaire
  • Soutenir les luttes contre l'accaparement et l'empoisonnement des terres

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    zemlya-i-volya.jpgTerre et liberté

    Au Brésil, au Zimbabwe, en Colombie, des paysans, des communautés indigènes, des familles, luttent contre l'accaparement de leurs terres par des multinationales, des gros propriétaires, voire l'Etat. Au Brésil, après la rupture d'un barrage, les sinistrés luttent pour un développement sans "extractivisme" minier; en Colombie, c'est contre des projets d'extraction de pétrole que des communautés villageoises se sont mobilisées; au Zimbabwe, des centaines de familles de petits paysans expulsés refusent de quitter les terres où elles vivent depuis des générations. Toutes ces luttes se mènent dans des conditions incroyablement difficiles, face à des entreprises puissantes, des gouvernements autoritaires, des milieux disposant de ressources considérables. La solidarité est donc indispensable aux mouvements qui combattent pour la défense des droits des populations locales, et pour un autre mode de "développement" que celui imposé par les détenteurs du pouvoir et de la richesse. Le Solifonds est acteur de cette solidarité : il appelle au soutien de ses actions :

    SOLIFONDS, www.solifonds.ch, mail@solifonds.ch, PC 80-7761-7

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    Lien permanent Catégories : Monde, Résistance, Solidarité 0 commentaire
  • 2019, année la plus chaude depuis 170 ans...

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    deforestation_01.jpgUne rafraichissante indifférence

    2019 a été a deuxième année la plus chaude (après 2016, l'année d'"El Niño) depuis 1850, a annoncé l'Organisation météorologique mondiale. Qui ajoute que depuis quarante ans, chaque décennie a été plus chaude que la précédente, que la température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 1,1° depuis l'époque préindustrielle, et de 1,9 ° en Arctique par rapport à la moyenne 1981-2010, que la chaleur accumulée par les océans a atteint un sommet, que les dix dernières années ont été les plus chaudes enregistrées dans les océans (qui absorbent 93 % de la chaleur mondiale. Au rythme actuel, on se dirige vers une augmentation de la température de 3 à 5 ° d'ici la fin du siècle selon l'OMM, voire de 6,5° à 7 ° selon d'autres projections. Le niveau de la mer s'élève, la banquise recule, les calottes glaciaires et les glaciers continentaux fondent, les océans s'acidifient, les feux forêts s'aggravent, l'activité cyclonique se renforce, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a augmenté de près de 50 % depuis l'ère préindustrielle.  Et par quoi se traduisent déjà, et vont se traduire plus encore, ces effets du réchauffement climatique ? par le déplacement de millions de personnes. Mais qu'on se rassure : ce sont les plus pauvres qui seront les plus frappés. D'où sans doute dans nos pays comme une rafraichissante indifférence.

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  • Des tweets pulsionnels de Trump aux selfies branleurs de Griveaux

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    trou de serrure.jpgPolitique.0

    "Ce qu'on espérait ne jamais voir se produire en France est devenu bien réel", éditorialise "Le Monde" (qui ne dit cependant pas pourquoi diable ne pouvait-ce pas se produire en France) : un candidat majeur à une élection majeure a renoncé à sa candidature parce que son comportement sexuel privé a été rendu public. Ce n'est peut-être la première fois qu'en France, certainement pas aux Etats-Unis. Et même en France, ou ailleurs, ce n'est sans doute pas la dernière fois. Les outils de communication dont nous disposons désormais facilitent l'exercice, et en renforcent l'audience, et donc l'impact, mais ne l'inventent pas. Des tweets pulsionnels de Trump au selfie branleur de Griveaux, on est entré dans la politique point zéro. ça ne date pas d'hier (on se souvient d'un Conseiller national vert et maire de Baden qui avait dû démissionner, sur pression de son parti, après que le même genre de selfies que ceux de Griveaux aient été balancés sur les réseaux), mais ça se confirme, quand l'élément le plus déterminant d'une campagne électorale dans une grande capitale européenne est le zob d'un candidat qui n'avait plus guère de chance d'être élu. Et que son parti n'a pas mis trois jours pour remplacer par une ministre (Agnès Buzyn, ministre de la Santé) envoyée au front pour que le parti présidentiel fasse tout de même acte de présence dans la capitale sans plus pouvoir espérer l'emporter contre la maire socialiste, Anne Hidalgo. C'est entendu, l'"affaire Griveaux" est le degré zéro, en-dessous de zéro, même, du débat politique. Mais est-elle si excentrique qu'on fait mine de le croire ? 

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    Lien permanent Catégories : France, moeurs, Politique 7 commentaires
  • Vers le droit de vote et d'éligibilité des "étrangers"

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    urne.jpgVive le suffrage universel !

    Le 24 avril 2005, les Genevois et voises accordaient le droit de vote (mais pas d'éligibilité), d'initiative et de référendum municipaux, aux étrangers résidant en Suisse depuis au moins huit ans. Comme cinq autres cantons romands. Trois cantons alémaniques (les Rhodes intérieures d'Appenzell, les Grisons et Bâle-Ville) ont accordé à leurs communes le droit d'accorder le droit de vote à leurs habitants étrangers. Le Jura leur a en outre accordé le droit de vote cantonal, Vaud le droit d'éligibilité municipale. Genève est donc en retard (le Valais aussi, d'ailleurs) sur le reste de la Romandie, s'agissant des droits démocratiques. Un pas supplémentaire pourrait cependant être fait si le Grand Conseil d'abord, le peuple ensuite (du moins sa part adulte, de nationalité suisse et électoralement active), y consentent : le droit de vote et d'éligibilité des étrangers aux plans communal et cantonal. Une extension légitime et bienvenue à l'élection et au canton d'un droit encore contenu à celui de voter dans les communes. Une commission du Grand Conseil a en effet adopté en ce sens un projet de modification de la constitution : déposé par la députée d'"Ensemble àé Gauche" Jocelyne Haller, le projet a évidemment  été soutenu par les socialistes et les Verts, mais aussi par le PDC, le PLR rejoignant (c'est son tropisme, en ce moment) l'UDC et le MCG dans un refus obsidional de quelque droit politique que ce soit aux métèques. Dont on rappellera qu'ils constituent plus de 40 % de la population du canton, ce qui fait de Genève de tous les cantons suisses celui qui prive encore la plus grande part de sa population des droits politiques fondamentaux de voter, d'élire et de siéger.

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  • Le "cas Trump" : insubmersible ?

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    Trump, usaYellow madsubmarine

    Il y a un "cas Trump" : on se dit que ce type infantile, inculte, égocentrique (un "enfant-président dangereusement instable", selon un militant démocrate de l'Iowa, cité par "Le Monde") n'a pu arriver que par hasard, inadvertance ou tricherie à la tête de l'encore première puissance mondiale... mais non : il y a été élu régulièrement, certes dans le cadre d'un système  archaïque qui permet à quelqu'un qui a obtenu moins de suffrages populaires que son adversaire de l'emporter -mais c'est le jeu légal, son adversaire y jouait aussi, et c'est Trump qui y a gagné. Après l'avoir vu à l'oeuvre pendant quatre ans, on se dit alors que les Américains vont évidemment sonner la fin de la récréation et le renvoyer là d'où il est venu... mais non, il est plutôt bien parti pour être réélu. Il peut dire n'importe quoi, faire n'importe quoi, soutenir n'importe qui, trahir les alliés des Etats-Unis (les Kurdes, par exemple), renforcer les régimes qu'il prétend vouloir affaiblir (celui de la Corée du Nord, par exemple), sa base électorale ne bouge pas, et son parti non plus : le 5 février, le Sénat, à majorité républicaine, l'a acquitté des chefs d'accusation (abus de pouvoir, entrave à la bonne marche du Congrès) que la Chambre des représentants, à majorité démocrate, lui avaient collés sur le râble en lançant maladroitement une procédure de destitution qui n'avait aucune chance d'aboutir, du fait même de la caporalisation du parti du président par le président, et quelle que soit la véracité des accusations portées contre lui -notamment de celle, confirmée par de nombreux témoignages (que le Sénat n'a pas voulu entendre) sur le marché proposé par Trump à son homologue ukrainien : une aide militaire en échange d'enquêtes visant le fils de l'un de ses possibles adversaires à l'élection présidentielle, Joe Biden. Aujourd'hui (mais on ne sait rien de demain, puisqu'on ne connaît pas encore son adversaire), Trump apparaît encore presque insubmersible. Un comble, pour ce gros yellow madsubmarine...

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    Lien permanent Catégories : élections, Monde, Politique 8 commentaires
  • Quand Genève veut des logements, mais pas les construire

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    Metropolis 01.jpgDensifier ou étaler ?

    Genève, terre de contrastes : on y vote massivement (comme dans les trois autres plus grandes villes de Suisse) pour construire plus de logements (d'utilité publique, certes, mais ils n'en sont pas pour autant sans emprise sur l'espace), et contre la densification d'une zone urbaine (à Cointrin) occupée par des villas. Les résultats de Meyrin et de Vernier, les communes où les deux déclassements soumis au vote étaient prévus, est exemplaire : 64 et 69 % pour l'initiative demandant plus de logements abordables, 64 et 60 % pour ne pas en construire dans la commune. Les deux projets de déclassement de zones villas à Cointrin ont été refusés à 55,7 et 55,3 %.  En Ville de Genève, qui a de peu refusé les deux projets de densification, ce sont les quartiers les plus friqués et les plus à droite (Champel, Florissant) qui ont fait pencher la balance pour le non, les quartiers populaires et de gauche votant en faveur des deux projets dans le même proportion que le canton les refusait. Résumé par le Conseiller d'Etat Antonio Hodgers, le résultat du vote genevois sur les deux projets de déclassement à Cointrin  sonne ainsi : "les électeurs ont accepté l'initiative de l'Asloca pour des logements abordables, mais ne veulent pas les construire" (il en était prévu 2400). Le choix, pourtant, est simple : la densification ou l'étalement urbain. Construire la ville en ville ou étendre la ville dans l'espace rurbain et rural. Mais si on accepte de densifier, il faut bien le faire là où la densité peut encore être accrue : on ne peut plus densifier aux Pâquis, on ne peut pas le faire en zone agricole, mais on peut encore le faire dans les zones villas. Mais pour cela, il faut les déclasser... Or commentant le résultat des votations de dimanche, Antonio Hodgers annonce que les déclassements prévus vont être suspendus, puisque "les Genevois ont choisi de renforcer la crise du logement".

     

     

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    Lien permanent Catégories : Genève, Logement, urbanisme 1 commentaire
  • Urgences sociale et climatique contre lenteurs démocratiques

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    temps.jpg

    Laisser trop de temps au temps ?

    L'urgence politique, quelle qu'elle soit, se heurte à la lenteur des processus institutionnels en démocratie. Il faut être en Chine pour pouvoir construire un hôpital de 2000 places en dix jours. L'urgence climatique et l'urgence sociale (qu'un projet écosocialiste veut relever ensemble) sont ainsi confrontées chez nous aux délais imposés par les lois et les constitutions, par les rapports de force politique et les possibilités de recours judiciaires, par les droits démocratiques eux-mêmes. Il faudrait, pour répondre à l'urgence climatique, prendre aujourd'hui des mesures radicales contre la consommation d'énergies fossiles, le relâchement de CO2 dans l'atmosphère, l'extraction de ressources minières -mais il faut des années à la plus prudente des lois ne faisant que s'engager dans cette voie  pour faire le parcours de sa proposition à sa réalisation. Et si l'on veut des exemples plus bitume à bitume et plus locaux, on n'en manque pas.  L'urgence sociale souffre de la même contradiction avec le rythme institutionnel : il faudrait aujourd'hui instaurer un revenu minimum,  mais pour l'instaurer, il faut modifier la constitution, puis élaborer des lois d'application de cette modification, passer l'étape des recours et du référendum... comptez des années, si ce n'est plus -il aura fallu trente ans pour instaurer l'AVS. Il faut "laisser du temps au temps", susurrait  Mitterrand. Sans doute, mais il est des urgences qui commanderaient de n'en point trop perdre -sauf à renoncer à y répondre.

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    Lien permanent Catégories : Politique 1 commentaire
  • Indissolubles libertés

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    blaspheme.jpgDu droit au blasphème

    L'"Affaire Mila" : Une adolescente de seize, lycéenne dans l'Isère, ans dit sur Instagram, avec les mots d'une adolescente de seize ans, son homosexualité et sa détestation de "toutes les religions", et particulièrement (mais pas exclusivement) de l'islam ("le Coran, il n'y a que de la haine, là-dedans"). Et immédiatement, la voilà la cible de torrents d'injures et de menaces de viol et de meurtre, quasiment justifiée par le délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM): "qui sème le vent récolte la tempête. Elle l'a cherchée, elle doit assumer". Et fort mal inspirée, la ministre de la Justice, questionnée sur une radio à propos de cette "affaire", assimile maladroitement, pour ne pas écrire stupidement, "l'insulte à la religion" à une "atteinte à la liberté de conscience" -ce qui est à la fois inacceptable et absurde. Inacceptable, parce que cela remet en cause un droit inhérent à la liberté d'expression : le droit au blasphème. Et absurde parce que rien ne peut remettre en cause la liberté de conscience , intérieure par définition, sinon la perte de conscience. Le ministre de l'Intérieur a donc dû recadrer sa confuse collègue de la Justice : "il n'existe pas dans ce pays et il n'existera jamais sous l'autorité de ce gouvernement de délit de blasphème". Et le président du CFCM fait de même avec son délégué général : "rien ne saurait justifier des menaces de mort". Utiles précisions. Qui justifient, au-delà de l'"affaire Mila", que l'on revienne, quitte à rabâcher, sur ce droit au blasphème que nous revendiquons et dont nous réitérerons inlassablement qu'il est si indissolublement contenu dans les libertés d'expression et de religion qu'0on ne peut réprimer l'un sans attenter aux autres.

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  • Post-Brexit : les Celtes font de la résistance

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    Saorsa beò fada !

    Depuis le 1er février, le Royaume-Uni est hors de l'Union Européenne. Mais le drapeau européen flotte toujours devant le parlement écossais,qui a renouvelé sa demande au gouvernement britannique de pouvoir organiser un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Une demande que le Brexit rend, pour la première ministre écossaise Nicola Sturgeon et pour son parti, le SNP (parti national écossais), encore plus légitime qu'il ne serait au seul nom du droit des peuples (ou des nations) à l'autodétermination : "ce qui arrive se passe contre notre gré" : l'Ecosse en effet avait voté à 62 % pour rester dans l'Union Européenne, et ne la quitte que parce qu'elle y est contrainte par le fait qu'elle est "unie" à l'Angleterre (et au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord) dans un "Royaume-Uni" en l’occurrence  plutôt désuni (l'Irlande du Nord aussi a voté pour rester dans l'Union Européenne, et si une majorité s'est dessinée au Pays de Galles pour la quitter, c'est grâce ou à cause du vote des Anglais qui y sont établis). Dès lors, pour revenir dans l'Union Européenne, l'Ecosse doit forcément quitter le Royaume-Uni pour (re)devenir indépendante, comme l'Irlande du Nord doit le quitter pour se réunifier avec la République d'Irlande.  Les Celtes font de la résistance aux anglo-saxons ? c'est arthurien...

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    Lien permanent Catégories : Europe, Politique 2 commentaires