Cause toujours - Page 5

  • 10 % de logements d'utilité publique, c'est "démesuré" ?

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    Le satanique droit au logement

    Le  9 février, on vote dans toute la Suisse  sur l'initiative de l'Asloca pour "davantage de logements abordables". L'initiative propose d'accorder dans toute la Suisse, aux cantons et aux communes, un droit de préemption qui est déjà en vigueur à Genève et dans le canton de Vaud : pouvoir acquérir des terrains auprès de privés ou de la Confédération et de ses entreprises (comme les CFF). Et elle pose un minimum de 10 % de logements d'utilité publique (en moyenne nationale) dans les nouvelles construction, de manière à soulager les villes-centre. Un pourcentage que le PDC Vincent Maître trouve "démesuré". Il doit être bien logé, le PDC Vincent Maître. Ou alors, il est logeur : "La Suisse est un pays de locataires... doté d'un parlement de bailleurs", résume la Conseillère aux Etats socialiste tessinoise Marina Carobbio. D'un parlement et d'un gouvernement : il existe "suffisamment de logements de qualité à des prix abordables", écrit le Conseil fédéral dans la brochure de votation. On ne doute pas qu'il existe suffisamment de logements à des prix abordables pour un Conseiller fédéral et une Conseillère fédérale, mais ce Conseiller fédéral et cette Conseillère fédérale pourraient au moins faire semblant d'avoir conscience de la difficulté pour une personne, un ménage, une famille à bas revenu d'en trouver un, de "logement à un prix abordable" (ce que sont, par définition, les logements d'utilité publique)... Quant aux coopératives d'habitation que l'initiative évoque  comme une moyen de faire échapper le logement à la dictature du marché, de la spéculation et du profit, sans doute le sont-elles -mais il ne faut pas non plus oublier qu'y accéder nécessite l'achat de parts hors de portée des plus démunis. En réalité sociale, les coopératives s'adressent précisément à cette fameuse "classe moyenne" dont l'invocation rituelle (surtout en période électorale) tient du moulin à prière tibétain, ici recyclé en goupillon d'exorcisme contre le satanique droit au logement.

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    Lien permanent Catégories : Logement, Politique, Suisse, votations 3 commentaires
  • Un chèque en blanc (et en zinc) de six milliards

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    avions de combatAvions très furtifs

    Il y a six ans, le peuple suisse refusait de dépenser trois milliards de francs pour acheter 22 avions de combat (des Saab Gripen). Et aujourd'hui, le Conseil fédéral et les Chambres fédérales lui proposent d'en claquer au moins deux, voire trois fois plus, pour acheter un nombre imprécisé (jusqu'à une trentaine) d'avions de combat d'un modèle pas plus précisé, puisque le choix se fera après le vote populaire (le référendum est lancé, et il aboutira), entre cinq modèles hauts de gamme et de prix. Un chèque en blanc et en zinc pour un achat excédant les besoins de la Suisse. C'est sans doute ce qu'on appelle des avions furtifs. Cest en tout cas un achat la tête dans le sac ou la boîte noire -un achat contre lequel un référendum a été lancé. Pour provoquer un vote populaire on signe et fait signer le référendum (on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/)

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  • Refuser l'homophobie, comme le racisme

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    badge homophobie.jpgLa haine, une opinion ?


    Le Conseil d'Etat genevois a appelé à soutenir la proposition, soumise au peuple le 9 février et soutenue par le Parlement et le gouvernement fédéraux d'étendre la loi antiracisme à l'homophobie. Il explique qu'il ne s'agit nullement de restreindre la liberté d'expression, mais uniquement de réprimer les appels à la haine et à la violence à l'encontre des homos, bis et trans sexuel-le-s. Il rappelle que la Constitution genevoise (comme la zurichoise) interdit explicitement les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, mais ne peut faire respecter cette interdiction faute de disposition sanctionnant pénalement son irrespect. Le Recteur de l'Université, Yves Flückiger, résume : "le but de cette loi n'est pas d'interdire des opinions mais de permettre que les débats se fassent dans le respect de tout un chacun. La pasteure Caroline Costa y voit une protection "de toutes et tous", la présidente de la Commission fédérale contre le racisme, Martine Brunschwig Graf, précise : "l'incitation à la haine n'est pas l'expression d'une opinion".

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    Lien permanent Catégories : moeurs, Suisse, votations 5 commentaires
  • Donald, Greta, Davos...

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    Davos.jpgOuef ouef ouef !

    Il y a eu deux vedettes à Davos : un Donald et une Greta. Trump et Thunberg. Un déni d'urgence climatique, un appel à la relever. Dans une station de sports d'hiver transformée en camp retranché, un pince-fesse mondialisé (le ouef ) auquel on ne peut participer qu'en claquant 70'000 dollars (ou euros, ou francs suisses, comme vous voudrez). En s'y rendant si possible en jet privé ou en hélicoptère (et pas à pied, comme des centaines de manifestants vont le tenter -eux seront sans doute refoulés). Le tout étant protégé par les F/A-18 de l'aviation militaire suisse -qui prouve ainsi que ses appareils actuels font très bien l'affaire et qu'on n'a pas besoin d'en acheter de nouveaux. Le Ouef a mauvaise réputation, on se demande pourquoi. Et il veut s'en donner une nouvelle, plus présentable. D'où l'invitation à Greta Thunberg. Sans pour autant renoncer aux potentats égocentriques que le Ouef a coutume d'accueillir. D'où Donald Trump. Le plus infantile des deux n'étant évidemment pas celle qu'on pourrait croire. Un cinquième du Ouef devrait être consacré au climat. Et quatre cinquième à caresser dans le sens du poil et de l'amour-propre ceux qui le salopent. Donald y a donc toute sa place. Onc'Picsou aussi. Et Greta qui n'est ni une starlette, ni l'objet d'une tocade des foules, mais peut-être un symbole de tout ce que Davos n'est pas, ni ne peut être.

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  • Politique genevoise du parcage des bagnoles : Clé de Ville

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    épaves.jpgLe référendum municipal lancé par l'Alternative (PS, Verts, SolidaritéS, Parti du Travail), Pro Velo et l’Association transports et environnement contre le projet anachronique du parking "Clé de Rive" a largement abouti -les signatures nécessaires avaient déjà été obtenues avant noël. Un autre référendum, cantonal celui-là, et lancé en sens inverse par le TCS et une organisation patronale, a aussi abouti : il conteste l'assouplissement décidé par le Grand Conseil, sur proposition du Conseiller d'Etat PDC Serge Dal Busco, de l'obligation de compenser par une nouvelle place de parking toute place de parking supprimée en surface. Dans la "Tribune de Genève", un candidat PLR se plaint de l'aboutissement du référendum contre le parking Clé-de-Rive. Nous ne nous plaindrons pas de l'aboutissement de celui contre la compensation des places de parking supprimées. Le peuple de la Ville et celui du canton vont donc pouvoir se prononcer sur la politique genevoise du parcage des bagnoles et c'est une excellente chose : Les Genevoises et les Genevois peuvent, s'ils le veulent, se donner les clés-de-ville...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Transports 2 commentaires
  • Désobéissance civile et responsabilité individuelle :

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    JugeRoyBean.jpegVive le Juge !

    Le Tribunal de police de Renens a acquitté les activistes de "Lausanne Action Climat" coupables d'avoir joué une partie de tennis dans les locaux du Crédit Suisse pour dénoncer les investissements de la banque dans les énergies fossiles. Ils avaient été condamnés par ordonnance pénale et avaient fait appel. Finalement, le juge a certes reconnu contre eux la violation de domicile et l'insoumission aux ordres de la police, mais il a reconnu la "nécessité licite" de leur action par ailleurs illégale, en estimant que " telle que conçue par les prévenus (elle) a constitué le seul moyen efficace pour faire réagir la banque", qui n'avait, avant l'action des militants, jamais répondu à leurs sollicitations, pas plus qu'à celles de Greenpeace, et que Crédit Suisse n'a exprimé son soutien à la "finance durable" (bel oxymore, soit dit en passant) qu'après avoir servi de théâtre à la performance des écolos. Par ailleurs, le temps de l'action politique institutionnelle étant ce qu'il est, il est incompatible avec l'urgence climatique, ce qui légitime d'autres modes d'action, d'autant que les interventions des parlementaires fédéraux sur ce thème depuis des années n'ont eu pour réponse que "des déclarations d'intention inoffensives, voire lénifiantes". En clair, le juge légitime la "désobéissance civile" lorsqu'elle est la réponse à un "état de nécessité". Vive le Juge ! Du coup, la télé est allée chercher un vieux jeune politicien, le PLR valaisan Nanternod, pour qu'il dénonce une "justice suisse qui rend maintenant des jugements politique" et s'en prend au droit (sacré) à la propriété privée. Sur quoi le procureur vaudois fait appel de la décision du juge de Renens, qu'il trouve "surprenante". Mais ça, c'est pas de la "politique". Juste une rogne de mauvais perdant. Parce qu'il faut être clair : qu'est-ce qu'une "justice politique" ? une justice qui rend un verdict qui déplaît aux vieux jeunes radelibes valaisan...

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  • Conseil municipal de la Ville de Genève : D'une majorité à l'autre...

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    Ides de mars

    La majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève a refusé hier soir, avec obstination, les propositions de la gauche pour concrétiser la transition écologique (rénover les bâtiments, renforcer la mobilité douce, protéger les sols, replanter des arbres, favoriser des projets innovants par le fonds G’innove, etc.), et tout aussi systématiquement les propositions socialistes destinées à rendre plus transparents le financement des groupes politiques et la rétribution des élus au Conseil municipal, renforcer l'efficacité du fonctionnement même de cet illustre parlement et rationaliser l'octroi d'une aide sociale et le règlement des piscines... Et pourquoi diable cette majorité a-t-elle refusé des propositions qui relèvent pour les unes de l'urgence, pour d'autres de la logique, pour d'autres encore de l'urgence et de la logique ? La réponse est simple : parce que cette majorité est de droite (elle va du PDC au MCG en passant par l'UDC et le PLR). La nécessité d'une majorité de gauche ? Cette droite hétéroclite, distendue, incohérente, devrait à elle seule vous en convaincre...

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    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 2 commentaires
  • "Nouvelles censures... nouvelles dictatures"

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    Cinq ans après le massacre de "Charlie Hebdo"

    La semaine dernière, "Charlie Hebdo" sortait un numéro revenant, cinq ans après, sur le massacre dont sa rédaction fut la victime. Ce numéro, l'hebdo l'a titré "Nouvelles censures... nouvelles dictatures". "Charlie Hebdo" peut légitimement nous parler de la censure : il en a été la cible sous sa pire forme, celle du meurtre.  Et c'est pour nous, ici, qui n'avons jamais rien risqué qui y ressemble, fût-ce de très loin, l'occasion de revenir sur ce qui se développe à la faveur du des réseaux "sociaux" (asociaux, en l’occurrence) comme entraves nouvelles aux libertés d'expression, de création, de représentation. Il ne s'agit pas de poser comme principe l'irresponsabilité des artistes, intellectuels, journalistes, de leurs actes, de leurs paroles, de leurs oeuvres, mais de s'interroger sur la propension de plus en plus généralisée de groupes minoritaires ("trente personnes organisées sur les réseaux sociaux peuvent suffire", observe le professeur Laurent Dubreuil) d'empêcher que ces paroles soient dites ou écrites et que ces œuvres soient représentées. Céline avait à répondre de son antisémitisme et l'éditeur de Sade de l'apologie par le Divin Marquis du "tout m'est permis", mais pour qu'ils en répondent, il fallait que Céline et Sade fussent édités et lus... Et s'il n'était certainement pas nécessaire qu'un Matzneff soit édité, il l'est encore moins de faire l'honneur à ce médiocre égocentrique de pilonner ses médiocres écrits.

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    Lien permanent Catégories : De tout un peu, libertés 9 commentaires
  • Politique de la santé et de l'assurance-maladie : Quand est-ce qu'on change ?

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    lobotomie.jpg"Révolution au parlement" titrait "Le Temps" de samedi... quelle "révolution" nous avait donc échappé ? la réduction du nombre de représentants des groupes de pression du secteur de la santé, à commencer par celui des caisses-maladie, dans les deux commissions de la santé du Conseil National et du Conseil des Etats... "Révolution", c'est donc beaucoup dire pour une réduction des risques de conflits d'intérêt, grâce au renoncement des partis de droiteà présenter ou à représenter des hommes (ou des femmes)-liges des caisses maladioe ou des associations professionnelle des médecins. Un renoncement facilité par les échecs électoraux du PLR et de l'UDC : le président de l'association faîtière des caisses-maladie ("Santésuisse"), l'udéciste Heinz Brand, n'a en effet pas été réélu dans les Grisons. Des cinq udécistes liés aux caisses-maladie qui siégeaient dans la commission du Conseil national sortant, il n'en reste plus qu'un. Ce petit nettoyage d'hiver, cette perte de pouvoir direct des caisses-maladie (qui gardent un pouvoir indirect considérable), et le renforcement de la présence des représentants des prestataires de soins, notamment des hôpitaux, annonce-t-il un changement plus ambitieux de politique de la santé et de la protection sociale contre la maladie ? On se gardera bien de l'annoncer -on se contentera de l'espérer, sans grande illusion : la majorité du parlement est toujours à droite, celle du gouvernement aussi, le ministre de la santé est toujours ligoté par le cadre "libéral" du système d'assurance-maladie... et même les propositions de réformes avancées par la gauche se gardent de remettre fondamentalement en cause ce cadre...

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  • Avions de combat : NON à un chèque en blanc

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    avion de combat 001.jpgLe jeu de l'avion lasse

    Le Parti socialiste, les Verts et le Groupe pour une suisse sans armée, soutenus par Greenpace et d'autres organisations,  ont lancé mercredi le référendum contre l'achat dispendieux de nouveaux avions de combat dont on ne connaît même pas le type, seulement le coût : six milliards, à multiplier par quatre pour tenir compte de la maintenance, de l'exploitation, des accidents possibles et des mises à niveau inévitables... Ce jeu de l'avion, dont le dernier épisode fut le rejet de la proposition d'achat de Gripen suédois pour un coût moitié moins élevé que la proposition actuelle, et qui a débuté en 1964 avec l'"Affaire des Mirage", commence à lasser sérieusement.  Nous avons cent jours (pas de ceux qui ne mène qu'à Waterloo) pour récolter 50'000 signatures valables, pour provoquer un vote populaire qui pourrait avoir lieu le 27 septembre. Commençons donc dès maintenant à signer et faire signer le référendum : on peut télécharger le formulaire de signatures sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/01/09/referendum-avions-de-combat/

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  • Un vote d'utilité publique

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    Soutenir l'initiative "Davantage de logements abordables"

    L'initiative populaire fédérale de l'Asloca pour "davantage de logements abordables", déposée  avec 125'000 signatures récoltées en un an., sera soumise au vote du peuple et des cantons le 9 février. Elle veut encourager la construction de logements à loyers modérés, en fixant un minimum de 10 % de logements d'utilité publique dans les logements nouvellement construits (soit une proportion double de l'actuelle, qu'aucune disposition légale ou constitutionnelle n'impose), par des maîtres d'ouvrages (collectivités publiques, coopératives) œuvrant précisément à la construction de logements d'utilité publique.  Ces 10 % représentent une proportion tout à fait atteignable : à Zurich, par exemple, l'objectif de la Ville est de 33 % de logements d'utilité publique sur son territoire. L'initiative propose aussi un droit de préemption des cantons et des communes, c'est-à-dire la possibilité pour elles d'acheter en priorité des terrains ou des immeubles mis en vente pour y construire, ou les affecter, à du logement "social", c'est-à-dire aux logements qui échappent à la spéculation, dont les loyers ne sont pas soumis à la loi du rendement maximum et à celle du profit à court terme. Le parlement fédéral et le gouvernement combattent (évidemment) l'initiative, mais selon un sondage Tamedia d'avant Noël, 63 % des Suissesses et des Suisses pourraient la soutenir . Une proportion encourageante, mais qu'il s'agit de maintenir jusqu'au moment du vote, face à une droite qui se met en ordre de bataille contre l'initiative.

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    Lien permanent Catégories : Logement, Politique, Suisse, votations 2 commentaires
  • Réveil de la gauche française ? 

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    grève SNCF.jpgQuand la grève remet la question sociale au centre de la politique

    Aujourd'hui, la France en est à son 34ème jour de grève, essentiellement dans les transports, contre la réforme du système de retraite proposée par le gouvernement, appliquant en l’occurrence  une promesse du candidat Macron à la dernière élection présidentielle. Cette mobilisation pour la défense du système de retraite contre la volonté gouvernementale de le réformer a d'abord cette vertu qu'elle réinstalle la question sociale, et la question des droits sociaux, au centre de la politique -et du clivage politique que Macron voulait dissoudre pour le recomposer à sa manière et dans l'intérêt de son maintien au pouvoir. A l'agenda politique du président et du gouvernement français, il y avait certes la réforme du système de retraite, mais il y avait aussi des débats sur l'immigration et la laïcité, dont on peut sans grands risque de s'égarer considérer qu'ils étaient là pour conforter la substitution macronienne  d'un clivage entre "ouverture" et "fermeture" au clivage gauche-droite. Cette substitution est précisément ce qui avait fait élire Macron contre Le Pen -un duel auquel il tient à réduire le choix des Français.  Or la mobilisation autour (ou plutôt contre) la réforme des retraites opère le mouvement inverse : on retrouve en effet, dans la rue et l'opinion publique, le clivage gauche-droite,  avec une droite qui soutient la réforme face à une gauche qui la combat, et qui  tente de s'y ressourcer.

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    Lien permanent Catégories : France, Politique, syndicats 1 commentaire
  • Famille, je ne vous hais plus

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    David_and_Jonathan.jpgDe quelques mouvements qui déplacent les lignes

    Le "parlement" de l'église protestante de Genève a décidé que les couples de même sexe devaient avoir le même accès à la bénédiction de leur union que les couples de sexes différents, et que cette bénédiction (le mariage religieux protestant, quoi) devait être la même que celle accordée aux mariés hétéros (contrairement au canton de Vaud, où l'Eglise protestante n'accorde aux couples homos qu'une "cérémonie"). On saluera donc en toute laïcité ce petit pas religieux vers l'égalité des droits entre couples, qu'ils soient de même sexe ou de sexes différents. Non sans rappeler que le pas de l'église protestante genevoise, l'église catholique romaine, les églises orthodoxes et les protestants "évangéliques" sont loin de l'avoir fait, confits qu'ils sont encore dans une homophobie bibliquement ordinaire. l'Eglise genevoise reconnaît aujourd'hui, enfin, que "l'homosexualité n'est pas un péché", et que la Bible n'est pas un code pénal. Il faut bien laisser du temps au temps : : après tout, David et Jonathan n'auront guère attendu qu'un peu plus de 2000 ans avant de pouvoir convoler à Genève...

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    Lien permanent Catégories : Famille, moeurs 5 commentaires
  • Pour un nouveau millésime moins navrant que le précédent

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    ane-qui-rit.jpgBonne ânée

    Nous sommes le jour de la Fête des Rois dans le calendrier grégorien, celui de l'an nouveau dans le calendrier julien, celui de la marne (le 17 Nivôse) dans le calendrier républicain et celui de la Dormition de Jacques Vaché (le 9 Décervelage) dans le calendrier pataphysique. Qu'est ce que cela nous dit ? qu'ayant le choix de nos calendriers, nous avons celui de nos festivités et de nos références. Et de nos échéances, de nos agendas, des défis que nous avons à relever ? c'est plus incertain. Nous avons en tout cas une échéance électorale en tête -non qu'elle nous obsède, mais comme notre vision politique s'arrête à la Versoix (au-delà de quoi vivent les rupestres) et à la Seymaz (au-delà de quoi sévissent les racailles), cette échéance est celle des élections municipales genevoises.  "L'heure de vérité pour la politique genevoise" titrait la dernière "Tribune de Genève" de l'an désormais passé. Est-ce-à-dire que jusqu'à ces élections nous égrainions  des heures de mensonges ? C'est en tout cas dire qu'on peut espérer de l'année qui vient de s'ouvrir qu'elle soit politiquement moins navrante que celle dont le passage du temps nous a débarrassés...

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  • PS genevois : du bon usage d'une crise(tte)

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    roses en carré.jpgPour toutes et tous, sans états d'âmes

    Il y a un bon usage possible des crises (le capitalisme nous l'enseigne avec suffisamment d'éloquence). Même les petites crisettes du genre de celle que traverse le PS genevois en ce moment peuvent être utiles. D'autant que depuis bientôt 140 ans qu'il existe, il devrait être accoutumé à la fois à ses crises internes et au bon usage qu'il peut en faire -non pour régler des comptes personnels, mais pour définir une ligne politique claire, à laquelle on puisse tout aussi clairement s'opposer. Car il vaut certainement mieux une ligne politique durable avec laquelle on est en désaccord mais à laquelle on puisse s'opposer durablement qu'une ligne politique imperceptible, social-démocrate le vendredi, social-libérale le samedi et (rhétoriquement, qu'on se rassure...) socialiste révolutionnaire le dimanche.
    Et avec tout ça, Bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous. Sans états d'âmes.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique, PS 8 commentaires
  • La COP est vide

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    centrale à charbon.jpgUne conférence incapable de surmonter ses contradictions

    La COP 25, celle de Madrid, qui devait mettre en oeuvre l'accord de Paris, s'est close sur une accumulation de contradictions sans synthèse -et donc sans accord qui vaille la peine d'être mentionné : contradictions entre les Etats (en particulier entre les gros producteurs de nuisances climatiques et les plus vulnérables à ces nuisances), entre l'économie et la politique, entre les châteaux et la rue, entre les discours et les actes. Les COP réunissent des représentants d'Etats -leurs dirigeants ou leurs sous-fifres. Mais les Etats ne se préoccupent ni du sort de l'humanité, de la vie ou de planète, ils se préoccupent de leur propre sort. Le pouvoir pense au pouvoir, pas au climat. Sa survie l'obsède. Sans doute la plus grande partie des représentants des Etats dans une conférence comme la COP 25 (et les précédentes, et les suivantes) sont-ils sincères -mais le sont-ils au point de risquer leur chefferie ? de s'émanciper de leurs idéologies respectives ? par idéologie, on entend un ensemble d'idées structurées autour d'une idée centrale, première, fondamentale : la liberté pour les uns, l'égalité pour les autres, la fraternité pour d'autres encore, et la liberté, l'égalité, la fraternité pour les plus radicaux, les plus ambitieux...

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  • Mise en service du "Léman Express" : Effacer la frontière

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    train Annemasse.jpegDepuis dimanche, le "Léman Express" circule autour du Léman, et passe la frontière (certes pas plus loin qu'Annemasse, puisque grève il y a -et aura encore- en France). La nouvelle ligne 17 reprend en outre la liaison transfrontalière en tram interrompue depuis 80 ans Toute la journée du dimanche, l'ambiance fut festive dans les trains et dans les gares genevoises du réseau -signe que les Genevois, au moins, n'ont pas attendu qu'il fonctionne au plus fort de ses capacités pour se l'approprier. Déjà une belle revanche sur les corvidés qui coassaient que le CEVA allait nous amener à G'nêêêêve la racaille d'Annemasse : c'était, vous en souvenez-vous, l'avertissement angoissé des opposants UDC et MCG au CEVA (et donc au Léman Express), qui oubliaient opportunément que ce réseau va aussi nous amener des Vaudois et même des Valaisans. Des rupestres qu'il ne valait pas la peine de mentionner ? Peut-être pour rassurer ces opposants, le parcours franco-genevois de la ligne reliant Cornavin à Annemasse sera truffé de caméras (il y en aura des centaines dans les gares et les terrains), arpenté par des patrouilles policières franco-suisses... et on a même prévu une cellule dans la gare des Eaux-Vives."Le Léman Express n'est pas un aboutissement mais plutôt le début d'une nouvelle ère", assure le Conseiller d'Etat Dal Busco. Il a raison : Grèves ou pas grèves, le train et le tram se foutent des frontières et les effacent. Et ce ne sont pas les moindres de leurs qualités.

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  • Ahmed Gaïd Tebboune ou Abdelmadjid Salah ?

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    Capture.JPGAutoreproduction d'un système

    Le système algérien s'est auto-reproduit. Abdelmadjid Tebboune a été "élu" jeudi président de l'Algérie, officiellement par 58,15 des voix, au premier tour d'une élection qui n'a, toujours officiellement, compté qu'une participation de 39,83 % de l'électorat, et sans doute bien moins en réalité, alors qu'il suffisait de présenter sa carte d'identité pour pouvoir voter : rien qu'à Alger, des dizaines de milliers de personnes sont manifesté en proclamant "nous n'avons pas voté" et en Kabylie, des émeutes ont éclaté et des dizaines de bureaux de vote ont été fermés par des manifestants, urnes et bulletins de vote jetés dans les rues. Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre, c'est l'homme du système, élu par le système -et conspué par la rue à peine élu. Il fut (et donc reste) le plus proche collaborateur de l'homme fort du régime, le général Ahmed Gaïd Salah.

     

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  • Elections britanniques : une majorité pour Johnson ?

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    Boris Johnson.jpgUn seul programme : rester au pouvoir


    Qui sera Premier ministre de Grande-Bretagne après les élections d'aujourdhui ? Boris Johnson ou Jeremy Corbyn ? Et avec quelle majorité ? Et quel programme ? Celui de Corbyn est résolument à gauche, à l'image de celui qui lui avait permis de presque gagner les élections de 2017, et en tout cas de priver les Conservateurs de la majorité absolue aux Communes en les contraignant à une alliance toxique avec les unionistes nord-irlandais. Mais pour les élections présentes, son indécision sur le Brexit l'affaiblit : il ne s'est que tardivement prononcé en faveur d'un nouveau référendum, pour ratifier un nouvel accord qu'il promet de conclure avec l'Union européenne. Résultat : dans les sondages pré-électoraux (à prendre avec des pincettes, le mode de scrutin uninominal à un seul tour rendant toute prévision très aléatoire), les travaillistes ont dix points de retard sur les conservateur et les libéraux démocrates quinze points sur les travaillistes. Boris Johnson voulait être Premier ministre, il l'est devenu. Il veut le rester, il semble bien parti pour le rester : c'est le seul programme qui lui vaille.

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  • De la place du vert dans les couleurs gouvernementales

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    Capture.JPGLa nuit des petits couteaux à éplucher

    Cette semaine va être assez chargée en élections diverses (et diversement démocratiques) : demain, les Britanniques éliront leur parlement et les Algériens laisseront les partisans du régime élire leur Président. Et aujourd'hui, le parlement fédéral suisse élit le gouvernement fédéral -c'est l'une des part de démocratie représentative de notre système de démocratie "semi-directe". Mais quand on écrit que le parlement fédéral va "élire" le gouvernement fédéral, on pèche par prudence et mieux vaudrait sans doute écrire que le parlement fédéral va "réélire" le gouvernement fédéral sortant : aucun de ses membres n'est démissionnaire et aucun parti qui y est représenté ne veut céder un siège au petit nouveau qui en revendique un -les Verts. On a accoutumé de qualifier la nuit qui précède l'élection du Conseil fédéral de "nuit des longs couteaux" ? Gageons que celle-là sera celle de petits couteaux à éplucher. Le parlement issu des élections est plus jeune, plus féminin, plus vert et plus à gauche que le précédent, mais tout suggère que le gouvernement, lui, restera le même. Question de rapports de force -et peut-être aussi d'impréparation des Verts à leurs propres ambitions gouvernementales : eux-mêmes ont été surpris par un résultat électoral bien meilleur que celui qu'ils attendaient et qui, d'une certaine manière, les contrats à revendiquer un siège gouvernemental.

     

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    Lien permanent Catégories : Politique, Suisse 1 commentaire