Cause toujours - Page 4

  • La Suisse, le négoce agricole et les droits humains

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    Petit pays, grand empire

    Les plus gros négociants agricoles au monde (Cargill, Archer Daniels Midlang, Bunge et d'autres) gèrent une grande partie de leurs affaires depuis la Suisse, depuis leur siège social, une filiale, un bureau régional. La Suisse est la première place mondiale du négoce de matières premières agricoles comme le soja, le sucre, le café, le cacao, le coton, sans que ces matières premières ne passent par la Suisse : c'est l'argent qui circule, pas la matière. Public Eye, estime, dans une grande enquête (www.plantations-suisses.ch) que depuis la Suisse, les traders contrôlent au moins la moitié du négoce mondial de céréales et d'oléagineux, 40 % du sucre, un tiers du cacao et du café, 25 % du coton. Les multinationales implantées ou représentées en Suisse ont étendu leurs activités sur toute la chaîne de valeur du négoce alimentaire, de la culture de la matière première à sa transformation en produit utilisable pour le fourrage ou l'alimentation humaine. Les plantations contrôlées par des négociants suisses ou installés en Suisse couvrent 2,7 millions d'hectares (27'000 km2), plus de la moitié de la superficie totale de la Suisse, six fois ses terres assolées. La majorité de cette surface contrôlée depuis la Suisse est affectée à la production de canne à sucre, un quart à celle d'huile de palme.  561 plantations sont contrôlées dans 24 pays par des négociants agricoles suisses. Notre pays est petit, son empire est grand... et son insouciance du respect de droits humains dans les plantations et dans les usines contrôlées par des entreprises installées en Suisse, plus grande encore.

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  • Abolition du droit de timbre sur l'augmentation du capital des entreprises :  Gros mensonge pour un gros cadeau

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    digestion.jpgDans dix jours, on saura si la droite a réussi à abolir "le droit de timbre" sur l'augmentation du capital des entreprises -abolition combattue par un référendum de la gauche, et qui, à en croire les sondages, serait refusée par le peuple, malgré une campagne assez considérable pour tenter de le convaincre de finalement le maintenir. Une campagne qui n'hésite pas à franchir le pas de la falsification : ainsi, l’Union suisse des arts et métiers présente le droit de timbre comme un «impôt sur les PME». C'est un gros mensonge : à peine 0,3 % de l’ensemble des entreprises paient un droit de timbre. Et d'entre elles, 55 grosses sociétés financières, bancaires, d'assurance... Le droit de 1 % des augmentations de capital n'est prélevé que sur les montants supérieurs à un million (si une entreprise émet pour 1,5 million d'actions, elle ne paiera de droit de timbre que sur 500'000 francs, soit un droit de 5000 francs). De plus, les crédits et les emprunts n'y sont pas soumis, les entreprises à but non lucratif (les coopérative d'habitation, par exemple) non plus, ni les entreprises de transport dont les fonds propres proviennent du secteur public, ni, souvent, les entreprises qui ne cherchent des fonds propres que pour un assainissement de leur situation. On est donc loin, très loin, à des années lumière, d'un impôt confiscatoire. Ni d'ailleurs d'un impôt que la Suisse serait seule à percevoir : la Grèce et l'Espagne le perçoivent aussi. Et même le Liechtenstein, paradis fiscal et havre de sociétés-boîtes aux lettres...

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  • Grisélidis Réal, 1929-2005. Ecrivain, peintre, prostituée :

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    Grisélidis (Imsand).jpgLire la prodigieuse

    On n'a pas manqué, à Genève, d'être informés des réactions de rejet qu'a suscités la proposition de la Ville, acceptée par le canton, de rebaptiser un tronçon de rue des Pâquis (où, sinon ?) "rue Grisélidis Réal". Avec sans doute, sur la plaque de rue, cette précision qui figure déjà sur sa tombe, au cimetière des Rois (à deux pas de celle supposée de Jean Calvin) : "écrivain, peintre, prostituée". Ce qu'elle avait elle-même inscrit sur la porte de son appartement, rue de Berne. Grisélidis nous a quittés il y a dix-sept ans. Et elle nous revient ces jours. Avec le grand article qui lui a été consacré dans le supplément du "Monde", samedi dernier ("la putain prodigieuse"), et avec deux livres à paraître  dans dix jours : l'hommage qui lui rend Nancy Huston («Reine du réel. Lettre à Grisélidis Réal»), NilLEditions),et l'anthologie que publiera les éditions Seghers, "Chair vive". Grisélidis revient. Et elle revient de loin. Et son retour nous ravit. Lisez là !



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  • Genève : le Conseil d'Etat de gauche refuse une initiative de gauche

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    contorsion.jpgContorsions

    Comment un gouvernement à majorité de gauche peut-il se débrouiller pour refuser une initiative de gauche sans s'y opposer clairement tout en s'y opposant quand même ? En disant qu'il en partage les objectifs mais qu'il en craint le coût. En la rejetant tout en y suggérant un contre-projet, mais en le suggérant à un parlement à majorité (encore) de droite. C'est ce que vient de faire le gouvernement genevois en confirmant la validité de l'initiative populaire "1000 emplois" lancée par les syndicats et la gauche, qui propose non seulement la création d'emplois "sociaux et écologiques", mais aussi la réduction de la durée du travail, précisément pour pouvoir créer des emplois (en partageant le travail) et "vivre mieux". L'initiative est une initiative législative, qui n'est soumise au peuple que si le Grand Conseil la refuse ou si un contre-projet lui est opposé. Les syndicats font mine d'être "satisfaits" de la position du Conseil d'Etat d'"ouvrir des discussions en vue d’un possible contreprojet" et y voient "une reconnaissance de la légitimité des préoccupations des travailleurs-euses et des objectifs de création d’emplois sociaux et écologiques" de l'initiative, mais, prudents, espèrent que la position du gouvernement "soit sincère et ne se fasse pas conditionner par la guérilla budgétaire menée par la droite". Or c'est précisément à y conditionner que cette position aboutit...sans le dire, tout en le disant...

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  • Initiative "Zéro Pub" : règlement d'application adopté

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    Zéro Pub.jpgTer repetita placent ?

    Mardi soir, le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé le règlement d'application de l'initiative populaire "Zéro Pub", qu'il avait déjà décidé  en septembre de soutenir -contre l'avis du Conseil administratif, d'ailleurs. Ainsi, la publicité commerciale par affiches serait interdite dans l'espace public genevois. La droite municipale a ferraillé d'abord, et sans succès, pour renvoyer le projet de règlement à l'étude en commission  -exercice parfaitement superfétatoire puisque l'initiative elle-même y avait déjà été étudiée pendant des semaines, avec 18 auditions (la plupart d'opposants à l'initiative) à la clef, puis a tout de même obtenu que le règlement proposé par le Conseil administratif soit soumis à un troisième et dernier débat, avant, peut-être, de l'être à un référendum. Ce troisième débat risque fort de n'être qu'un écho du deuxième. On y réentendra donc , outre une solide brassée d'âneries (qu'Aliboron nous pardonne...), les mêmes arguments qu'on avait déjà entendu jusqu'à lassitude lors de la prise en compte de l'initiative elle-même. A défaut de nouveaux arguments, ça produira toujours des jetons de présence en plus pour les membres du Conseil municipal et à leurs groupes et partis politiques. Et peut-être même ces quinze jours de délai pourraient être mis à  profit par la droite municipale pour inciter celles et ceux qui prendront la parole en son nom à lire les textes sur lesquels ils se prononceront, ce qui, soyons optimistes, pourrait leur éviter de dire (et nous éviter d'entendre dire) n'importe quoi.

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  • De quoi Zemmour est-il le nom ?

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    Zemmour.jpgSi consternante qu'elle puisse nous paraître de la province d'où nous y assistons, la campagne électorale de la présidentielle française n'est pas dénuée d'enseignements. On a pu dire, ici ou ailleurs, ce que nous suggérait l'état d'une gauche qui réussit l'exploit d'être à la fois à son étiage le plus bas et productrice du plus grand nombre historique de candidates et de candidats, et l'état d'une droite traditionnelle, démocratique, courant depuis des mois, sinon des années, aux basques de l'extrême-droite pour tenter d'en récupérer une partie de l'électorat. Là, c'est précisément de cette extrême-droite dont il est question, et plus précisément encore de son nouveau héraut : Eric Zemmour, dont le surgissement a eu deux effets : tirer la candidate de la droite traditionnelle, Valérie Pécresse, plus à droite, et "respectabiliser" (ou "dédiaboliser") Marine Le Pen. Zemmour marque le glissement à droite du paysage politique, y compris de celui de la droite elle-même, au point qu'il en arrive à rendre efficace la stratégie de "dédiabolisation" du FN, devenu RN, entamée par Marine Le Pen. Le glissement général à droite produit Zemmour, et du coup Zemmour "gauchit" Le Pen et Macron dans le moment même où il "droitise" Pécresse.

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  • Contre-réforme A VS : Le choix des lobbies

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    vignette AVS PS.jpgLe 14 juin 2019 fut le jour de la grande Grève Féministe en Suisse. D'entre les raisons de cette grève, il y avait le refus du report de l'âge de la retraite des femmes, et la revendication de rentes qui leur permettent de vivre dignement, principe d'ailleurs posé par la Constitution fédérale. Il n'est pire sourd (voire sourde) que celui (voire celle) qui ne veut rien entendre, ce qui évidemment permet de s'auto-excuser de n'avoir rien compris : à la revendication de la Grève Féministe, la droite, le patronat, les lobbies des gestionnaires du "troisième pilier" ont répondu, au prétexte d'économiser dix milliards, en faisant adopter par le Parlement fédéral le report de l'âge de référence du droit à la retraite de 64 à 65 ans, à raison de trois mois de report chaque année pendant quatre ans. Avant sans doute de passer à 66 ans pour tout le monde. Et plus tard encore par la suite. Hommes et femmes pourraient certes prendre une retraite anticipée dès 62 ans, mais avec des rentes réduites. La TVA, c'est-à-dire l'impôt socialement le plus injuste, serait majorée de 0,4 %, pour un "gain" d'un milliard et 400'000 francs. Et le Conseil national a refusé de faire participer la Banque Nationale au financement de l'AVS. Pour que les Chambres fassent ces choix désastreux, le lobbying des assurances, des banques et d'Economiesuisse a été intense : c'est que l'affaiblissement du Premier pilier, l'A VS, voire du deuxième, fait l'affaire du troisième, l'épargne-vieillesse individuelle, et que celui-là est entre leurs mains et leur rapporte des milliards. A ce coup porté à l'AVS s'en est ajouté un autre sur la Prévoyance professionnelle : un compromis sur la révision du Deuxième pilier avait été négocié entre syndicats et patronat, il a été coulé par la droite, et ça se comprend aisément :  le Deuxième Pilier, c'est 1500 caisses de retraite, 1000 milliards d'avoirs et 5,6 milliards de revenus pour le secteur financier... ça vaut de tenter toutes les manœuvres.

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  • Genève :  durcir les critères d'accès aux logements sociaux ?

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    Capture d’écran 2022-01-24 014233.jpgVictimes de la crise, victimes de la loi

    Dans le copieux menu des votations du 13 février, un objet cantonal risque fort d'échapper à la sagacité du Souverain de la Parvulissime République : une modification de la loi générale sur le logement et la protection des locataires, modification imposée par la droite (PLR, PDC, UDC, MCG), sur proposition du MCG, et combattue par l'ASLOCA, le Rassemblement pour une politique sociale du logement, Caritas, le Centre Social protestant, les syndicats et les partis de gauche, et même le Conseil d'Etat, parce que son objectif est inacceptable : réduire les possibilités d'accéder à un logement subventionné en doublant le temps de résidence à Genève exigible pour pouvoir s'inscrire sur la (longue) liste de demande d'un tel logement : ce délai passerait de deux ans continus pendant les cinq dernières années à quatre ans sur les huit dernières années. Une idée digne de son auteur (le MCG), et une mesure qui frapperait à la fois les nouvelles habitantes et les nouveaux habitants de Genève, venu.e.s de Suisse ou de l'étranger, mais aussi les Genevoises et les Genevois qui, partis vivre un temps hors du canton, voudraient y revenir et n'attendent pour le faire que d'y trouver un logement, et celles qui ceux qui ne sont pas considérés comme des "résidents" dans le canton où ils vivent depuis des années... mais sans logement et donc sans résidence... Victimes de la crise du logement, elles le seraient désormais aussi de la loi sur le logement...

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  • Pour que la capitale mondiale des droits humains les respecte chez elle

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    mendicité Genève.jpgLes mendiants, pire que des chiens ?

    A Genève, la chasse aux mendiants a été rouverte par le Grand Conseil, alors que la Cour Européenne des Droits de l'Homme, saisie par une mendiante que Genève avait condamnée, avait à son tour condamné la Suisse (et donc Genève) en considérant que la mendiante avait "le droit, inhérent à la dignité humaine, de pouvoir exprimer sa détresse et essayer de remédier à ses besoins par la mendicité". Et que condamner quelqu'un pour mendicité exprimait par conséquent un déni de la dignité humaine en général, et de celle de la mendiante condamnée en particulier. Le Ministère public avait donc suspendu toute répression de la mendicité, mais la droite cantonale n'en avait pas pour autant démordu de ses pulsions purificatrices, et comme Genève ne pouvait plus interdire la mendicité en tant que telle, la droite en a imposé l'interdiction de la pratique partout où elle peut se pratiquer : dans les zones commerciales ou touristiques, aux abords des magasins, des hôtels, des cafés, des restaurants, des bars, des discothèques, des immeubles d'habitation, des hôpitaux, des théâtres, des cinémas, des musées, des banques, des postes, des distributeurs d'argent, des caisses de parking, des crèches, des écoles, des marchés, des parcs, des jardins, des gares, des arrêts TPG, de l'aéroport, des ports, des cimetières et des églises. Et sans doute devant les sièges de l'UDC, du MCG, du PLR et du PDC , au cas où il viendrait à des mendiant.e.s l'idée masochiste d'y aller quémander quoi que ce soit.  La nouvelle loi "antimendicité",  qui ne dit pas son nom ni qu'elle est en réalité une loi antiroms -en d'autres termes, une loi raciste, fait déjà l'objet d'un recours, et pourrait  finir à sa première application devant la Cour européenne des droits de l'Homme à la loi précédente, pour y subir le même sort que la précédente : le rappel qu'interdire la mendicité, amender les mendiantes et les mendiants, voire les emprisonner,  est contraire aux droits humains fondamentaux proclamés par une convention signée et ratifiée par la Suisse (ce qui engage Genève," capitale des droits humains"). "On considère ces gens comme des chiens", s'est insurgé le socialiste Alberto Velasco. Il a tort : aucune loi n'interdit les chiens là où les mendiants le seraient.

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    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion 0 commentaire
  • Plus de 55 000 signatures contre le financement de Frontex

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    Capture d’écran 2022-01-19 230829.jpgNON à la forteresse Europe !

    "Malgré la distance sociale, le froid hivernal et les vents politiques contraires", plus de 55 000 signatures ont été récoltées pour le "référendum contre le financement de l'agence de contrôle des frontières Frontex". Ce résultat, c'est celui de la mobilisation de petites organisations de base, et de personnes motivées par un enjeu qui va bien au-delà des 61 millions que la Suisse officielle veut accorder à la milice anti-migrants de l'Union Européenne. Ce résultat, acquis dans les derniers jours du délai légal,  exprime un refus de la politique migratoire de l'Europe (au sens large, puisque la Suisse en est), une affirmation du droit d'asile et de la liberté de circulation des humains.  Aujourd'hui, les signatures seront remises à la Chancellerie fédérale à Berne aile ouest du Palais fédéral, 17h00 (rendez-vous à 16h30 sur la Place fédérale). 

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    Lien permanent Catégories : asile, réfugiés, Immigration, Suisse 2 commentaires
  • Une nouvelle couche géologique : Anthropocène de crime ?

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    centrale à charbon.jpgA en croire la Geological Society de Londres, une nouvelle couche géologique est apparue : l'anthropocène, qui inscrit dans le sol même le passage de l'humanité à l'ère urbaine et industrielle, et l'inscrit de manière indélébile, irréfragable. La transformation des paysages, des sols, de l'air et des eaux par l'action de l'Homme équivaut ainsi à leur transformation par les grands cataclysmes d'avant l'histoire humaine, et dépasse celle provoquée par le cycle des glaciations et des réchauffements naturels. La transformation de la planète  est, désormais irréfutablement (mais pas incontestablement, puisqu'une évidence peut toujours être contestée) d'origine humaine : Ainsi sommes-nous devenus les égaux des dieux que nous nous étions inventés. Aussi nuisibles qu’eux. Et aussi irresponsables, puisque cultivant l’illusion de notre toute-puissance.

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    Lien permanent Catégories : Environnement, climat 1 commentaire
  • Confier à une entreprise publique un monopole sur les réseaux thermiques structurants : Qui a peur des SIG ?

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    sigLe 13 février, à Genève, on vote sur une proposition de loi constitutionnelle défendue par le Conseil d'Etat et le Grand Conseil, confiant au canton, via les Services Industriels, le monopole des grands réseaux de chaleur et de froid ("réseaux thermiques structurants"). Un projet typiquement social-démocrate, en somme. Qui, logiquement, suscite l'opposition des syndicats patronaux et du PLR, alors  même que le monopole proposé ne concerne que les réseaux structurants, pas la production de chaleur ou de froid (une entreprise pourra vendre ses rejets thermiques), ni les réseaux secondaires, que des entreprises privées pourront réaliser.

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    Lien permanent Catégories : Energie, Environnement, climat, Genève, votations 0 commentaire
  • Suppressions du droit de timbre et de l'impôt anticipé : Petits cadeaux entre amis

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    vignette impôt anticipé.jpgDans un mois, la suppression du droit de timbre sera soumise aux urnes. Et dans quelques mois, ce sera au tour de la suppression de l'impôt anticipé. A une offensive fiscale générale de la droite ont déjà répondu deux référenda de la gauche, celui qui a abouti et a provoqué le vote du 13 février contre la suppression du droit de timbre, et celui qui vient d'être lancé contre la suppression de l'impôt anticipé. Car ce qui se cache derrière ces deux suppressions combattues par la gauche, c'est la volonté de la droite d'imposer le moins possible les grosses entreprises et les dividendes et le plus possible la consommation et les salaires pour compenser une partie des pertes de revenus fiscaux qu'entraineraient les petits cadeaux entre amis faits par la droite au patronat et aux multinationales.

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  • Interdiction partielle de la pub pour le tabac :  Tiens, fume, c'est du vote !

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    Pub Marocaines.jpgLe 13 février, en même temps qu'une foultitude d'autres objets fédéraux et cantonaux (voire municipaux), on se prononcera sur une initiative populaire fédérale ("Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac"). L'initiative, combattue par le  patronat (Economiesuisse, l'USAM, le PLR et l'UDC, et soutenue par le PS, les Verts, les Verts libéraux et les milieux de la prévention, demande l'interdiction de toute publicité pour le tabac pouvant atteindre les enfants et les adolescents. Elle  a été rejetée par le Conseil fédéral (c'est Alain Berset qui va devoir défendre cette position, alors que son parti soutient l'initiative) et le Parlement, qui a adopté un contre-projet indirect qui entrerait en vigueur si l'initiative était rejetée -mais les premiers sondages lui donnent une large majorité(de 67 à 73 %) acceptante. Dont, si fumeur qu'on soit, nous faisons partie. Ne serait-ce que parce que, fort jaloux de nos vices et faiblesses, on ne voit pas pourquoi il nous les faudrait partager et encourager d'autres à y céder.

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  • Présidentielle française : Macron et Le Pen, saison 2

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    Capture d’écran 2022-01-12 025026.jpgLa gauche dans les choux

    Si l'élection présidentielle française avait eu lieu le 7 janvier, son premier tour aurait, selon la moyenne des sondages sur les intentions de vote,  sélectionné les mêmes protagonistes du deuxième tour qu'il y a cinq ans : Macron, dix points devant Le Pen (l'écart entre eux s'est creusé en cinq ans, grâce à Zemmour), la candidate de la droite traditionnelle, Pécresse, en embuscade, et Zemmour distancé en quatrième position. Et la gauche, alors elle est où ? Dans les choux. Pas dans ceux d'où naissent les enfants : dans ceux où grouillent les limaces. La candidate socialiste, qui se traîne en dessous des 5 % d'intentions de vote, a bien lancé un appel à des "primaires" à gauche pour désigner une candidature unique mais n'a reçu de réponses des principaux candidats de gauche (Mélenchon, Jadot, Roussel) que des refus d'entrée en matière et le résultat de la "primaire populaire" lancée par des militants excédés par l'égocentrisme des chefs de partis et de leurs candidats, est récusé avant même que d'être connu par ceux qui refusaient déjà la primaire proposée par Hidalgo. L'hypothèse d'une candidature de Christiane Taubira n'a suscité que des frémissements à la surface du marigot, Mélenchon ne se bat plus que pour faire jeu égal avec Zemmour, Jadot pour ne pas se laisser distancer de trop loin par Mélenchon, Roussel pour rappeler existence du PCF, les deux trosks pour faire leur tour de piste habituel et Montebourg pour trouver la porte de sortie. Résultat : Macron fixe l'agenda, les enjeux, le rythme et les thèmes de débat ou de polémique, et derrière lui, pour le deuxième tour, on risque bien de n'avoir de choix qu'entre la droite, la droite de la droite et l'extrême-droite...

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    Lien permanent Catégories : élections, France, Politique 0 commentaire
  • Media : laisser régner le marché ?

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    liberté de la presse2.jpgL'aide aux media en danger de refus populaire

    La loi sur l'aide aux media, soumise en votation le 13 février, fait face à une opposition féroce, et le premier sondage sur les intentions de vote laisse planer sur elle une lourde menace de refus (les partisans et les opposants sont à égalité, à 48 %). Que reprochent les référendaires à la loi sur les media et l'aide à leur apporter ? Beaucoup de choses. D'abord, et surtout, d'être porteuse d'une aide de l'Etat, ce qui les insupporte, par principe : la liberté de la presse, de la radio, de la télévision, doit être soumise aux lois du marché, et une aide publique fausse ces lois-là. Et peu importe que de riches investisseurs (et, plus rarement, de riches mécènes) acquièrent une influence déterminante  sur les media dans lesquels ils investissent ou qu'ils soutiennent : cette influence-là sied aux référendaires (les complotistes des "Amis de la Constitution" leur ont donné un bon coup de main pour récolter des signatures, et ils ont aussi reçu le soutien d'EconomieSuisse), c'est la leur, le référendum  a été lancé par un comité dont font partie des gens comme Peter Weigelt et Konrad Hummler, partisans d'un paysage médiatique entièrement soumis aux lois du marché, et constants adversaires de la SSR en tant que radiotélé publique.

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  • Réforme AVS 21 et retraite à 65ans pour les femmes : Référendum lancé !

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    vignette AVS.jpgLe référendum est lancé par les syndicats, le PS, les Verts et les collectifs féministes contre la réforme AVS-21, et le relèvement à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes pour faire des économies de sept milliards sur le volume des rentes à verser. Des économies faites sur le dos des femmes, qui perdraient en moyenne, 1200 francs de rente par an alors que leurs rentes sont déjà d'un tiers inférieures à celles des hommes,  qu'elles assument la plus grande partie du travail non rémunéré et que l'AVS perd chaque année 825 millions de cotisations du fait de la discrimination salariale au détriment des femmes. Le référendum, c'est  ici qu'on le signe : https://www.rentes-des-femmes.ch/referendum/

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  • Il reste encore quelques jours pour faire front à Frontex

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    migrants naufragés.jpgIl ne reste que quelques jours (jusqu'au 19 janvier) pour qu'aboutisse le référendum contre le renforcement du financement de la Suisse à l'agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex, lancé par une coalition d'organisations d'aide aux réfugiés, soutenu (trop mollement) par la gauche. Frontex, c'est l'instrument dont l'Europe s'est dotée pour repousser les migrants y cherchant refuge. Et quand on dit "l'Europe", on ne fait pas référence à la seule Union Européenne, puisque la Suisse (notamment) fait de Frontex le même usage que les Etats membres de l'UE. 

    On signe ici, contre Frontex, jusqu'au 17 janvier : https://frontex-referendum.ch/fr/

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  • Une bonne question du "Monde Diplomatique" : "Pourquoi la gauche perd" ?

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    "droite-gauche.jpgLa social-écologie est l'avenir de (la) social-démocratie", proclamait en 2018 le philosophe Raphaël Glucksmann, tête de liste du PS aux  Européennes de 2019. La "social-écologie", version Canada-Dry de l'écosocialisme ? "il faut des réponses de gauche aux problèmes engendrés par la crise"... certes, quelles réponses ? "il faut faire basculer les sociaux-démocrates traditionnels vers la défense du climat et de l'environnement"... oui, bien sûr, mais il faudrait surtout que ce "basculement" ne soit pas qu'une posture rhétorique, et qu'en basculant vers l'environnementalisme et l'urgence climatique, on ne laisse pas choir l'urgence sociale. Et qu'on n'oublie pas l'urgence démocratique. La dernière édition du "Monde Diplomatique" consacre un passionnant dossier à répondre à la question qui le taraude : "Pourquoi la gauche perd ?". Et si on n'est pas forcément convaincus par toutes les réponses données, on salue la question... ne serait-ce que parce qu'on se la pose aussi... même si en cet étrange pays, cet étrange canton, cette étrange ville qui sont les nôtres, la gauche ne perd pas...

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  • Abolition du droit de timbre :  La tactique du salami

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    vignette droit de timbre.jpgLe référendum lancé par la gauche contre la première étape de l'abolition du "droit de timbre", celle du droit de timbre d'émission, a abouti et on vote le 13 février sur le maintien ou non de cette taxe, que la majorité de droite des Chambres fédérales veut supprimer. De quoi s'agit-il ? de la taxation à  1 % de l'augmentation du capital propre au-delà d'un million de francs (les PME n'en sont donc pas frappées, ni les "start-up"). La supprimer, c'est faire un cadeau de 200 à 250 millions aux grandes entreprises et au secteur financier déjà sous-imposé dans notre pays (ses entreprises ne sont pas imposées sur les revenus de leur capital et ne paient pas la TVA -alors que les communes, par exemple, la paient quand elles construisent une école...),  et qui n'a nullement besoin d'un "coup de pouce" fiscal qui serait payé par tout le monde, soit par une augmentation de l'impôt sur le revenu (mais c'est l'hypothèse la moins probable), soit par une augmentation de l'impôt indirect, soit par des coupes dans les prestations publiques ou le financement des services publics. De plus, cette première étape de l'abolition de tous les droits de timbre n'est précisément que la première et les autres sont programmées, comme on programme le découpage d'un salami. Et la facture totale dépassera les deux milliards...

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