Cause toujours - Page 3

  • Trump sait qu'il a perdu. Cette manche.

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    lobotomie.jpg"Trop, c'est trop"

    Hier, tous les Etats des USA ont confirmé les résultats de l'élection présidentielle. 49 plaintes avaient été déposées par les trumpistes (cornaqués pare l'avocat de Trump, Rudy Giuliani, autrement dit par Trump lui-même) pour tenter d'inverser les résultats dans quelques Etats-clés, ceux qui ont donné à Biden une victoire qui, additionnée aux autres, en a fait le président élu des USA (sauf retournement de veste d'une trentaine de ses grands électeurs). Aucune de ces plaintes n'a abouti, pas même celles qui étaient traitées par des juges républicains, y compris des juges nommés par Trump lui-même, comme le juge fédéral Batten, en Géorgie, qui n'a mis qu'une heure pour débouter les plaignants trumpistes. Leur plainte était précisément la 49ème (sur 49) à échouer, faute de la moindre preuve de fraude : "trop, c'est trop", a soupiré le juge... Lundi prochain, le collège électoral élu en novembre se réunira pour désigner le prochain président. Sauf retournement de veste d'une trentaine de grands électeurs de Biden passant à Trump, Joe Biden sera désigné. Les trumpistes ont certes déjà annoncés qu'il feront recours contre la décision du collège, mais c'est sans espoir. De toute façon, leur ambition n'est plus de faire réélire Trump cette année... mais peut-être en 2024, en bétonnant sa base électorale actuelle, considérable (et en progression depuis 2026...), et d'ici là, de faire tout ce qui est possible pour empêcher Biden de faire ce qu'il a promis qu'il ferait... Car Trump, quoi qu'il en soit de ses gesticulations, sait pertinemment qu'il a perdu la présidentielle. Et ses adversaires savent qu'il n'a par pour autant disparu du paysage politique étasunien. On ne saurait à ce propos que vous recommander la lecture du dossier que "Le Monde Diplomatique" de décembre a consacré à la présidentielle américaine (le journal est dans les kiosques et sur https://www.monde-diplomatique.fr)...

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  • Genève : en attente d'une révolution de la mobilité

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    bagnole-en-ville2.jpgSortir du XXe siècle...

    Une initiative populaire cantonale devrait être lancée ce printemps à Genève, proposant de réduire de 1 % par an pendant dix ans l'espace public dévolu au trafic motorisé et au stationnement. Une moitié de l'espace ainsi gagné serait affecté à la mobilité douce et aux transports publics, une autre moitié à la végétalisation. Des initiatives semblables ont déjà été lancées à Bâle et Saint Gall et devraient l'être à Berne,Zurich et Winterthur. Et le 7 mars prochain, en Ville de Genève, on vote sur le parking clé-de-Rive. Un projet du siècle dernier qui peine à cacher son âge. Car Genève n'a pas encore fait sa révolution de la mobilité, si elle en a fait une réforme. Mais le réseau de tramway est encore lent, au centre-ville, le tracé de ses lignes contient encore bien des détours inutiles, et il n'a toujours pas reconquis le pont du Mont-Blanc. Parallèlement, les aménagements cyclables restent eux-aussi insuffisants, interrompus aux grands carrefours urbains, et les parcours piétons butent encore sur les carrefours à grande circulation.

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  • "Mariage pour tous" en Suisse aussi

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    mariage, mariage pour tousLa loi suit la société

    Le Conseil des Etats a suivi le Conseil national (à une nuance près) dans la reconnaissance du droit des homosexuel.le.s à une union civile (un mariage, quoi...) et, pour les couples lesbiens, au don de sperme. Le Conseil des Etats a également décidé de ne pas inscrire le "mariage pour tous" dans la constitution (ce qui aurait rendu le référendum obligatoire) mais dans la loi (ce qui permet toutefois un référendum facultatif, qui a déjà été annoncé). Dans un sondage récent, 80 % des personnes interrogées en Suisse se disaient favorables au "mariage pour tous". C'est une double reconnaissance : de la réalité (les couples homosexuels existent) et de droits (ces couples ont droit de se marier et à constituer une famille au sens le plus courant du terme). La Suisse est l'un des derniers Etats européens à ne pas autoriser le mariage pour toutes et tous, elle est désormais prête à rattraper ce retard. Et comme elle l'a fait pour rattraper, tardivement, son retard sur l'élargissement des droits politiques aux femmes, c'est par un vote populaire qu'elle rattrapera celui sur l'élargissement des droits civils aux homosexuel.le.s.

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  • Budgets publics genevois : Couleuvres au menu

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    couleuvre.jpgLe débat sur le budget cantonal genevois s'est terminé hier par l'adoption du projet amendé par la commission des finances, le débat sur budget le municipal de la Ville commencera samedi 12 et pourrait se poursuivre jusqu'à mardi (mais sera sans doute bouclé samedi soir). Au Grand Conseil, un accord présomptueusement qualifié d'"historique" avait été passé entre les cinq partis gouvernementaux (PLR, PS, Verts, PDC, MCG)  pour  accepter le projet de budget de la commission, malgré un déficit prévu de 850 millions, ce qui imposait l'approbation du budget par au moins 51 députées et députés. Cet accord (un "pacte républicain", pour la présidence du Conseil d'Etat, Anne Emery-Torracinta) a été passé au prix d'un renoncement du Conseil d'Etat à réduire les salaires de la fonction publique de 1 %, et d'un compromis accepté par la gauche et d'un autre accepté par la droite : la gauche a accepté le blocage de mécanismes salariaux du personnel, la droite a accepté la création de 352 postes de travail (plus la pérennisation de 136 poste), mais c'est le Conseil d'Etat, et pas la gauche, qui les demandait. Le Grand Conseil aura également refusé de ponctionner les communes pour réduire le déficit du canton (les communes acceptaient des charges supplémentaires, à condition de recevoir des compétences supplémentaires). Bref, le budget cantonal a été accepté par les cinq groupes des partis gouvernementaux et refusé par "Ensemble à Gauche" (qui estime qu'il "n'apporte aucune réponse à la crise sociale majeure que nous traversons") et l'UDC (qui veut abolir le statut de fonctionnaire et proposait neuf coupes dans les subventions aux associations actives sur le terrain social). En Ville de Genève, le projet de budget du Conseil administratif, amendé par la commission des Finances  sera lui aussi certainement accepté, sans doute (espérons-le) avec quelques amendements renforçant notamment le soutien de la Ville aux secteurs culturels les plus frappés par la crise sanitaire et les mesures prises pour la combattre. Le déficit prévu par le budget cantonal finalement adopté ascende à 860 millions (350 millions de plus que prévu initialement), pour plus de 9,3 milliards de dépenses. Le déficit du budget proposé au Conseil municipal se situera à un peu plus de 49 millions, pour près de 1,2 milliard de dépenses. Autrement dit, le déficit municipal se situe, proportionnellement au budget, à moins de la moitié du déficit cantonal...

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  • "Transition numérique" et télétravail : Vers le "tri social" ?

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    Capture d’écran 2020-12-02 233811.jpgLa coronapandémie a été comme une sorte de test grandeur universelle de la pertinence (de leur point de vue, en tout cas) des projets des "géants du numérique" : on ne peut plus vivre normalement en nos sociétés sans disposer d'un ordinateur, d'une tablette, d'un smartphone, et si possible des trois, savoir les utiliser et disposer d'une connexion internet. Or on ne peut les utiliser comme on utilisait naguère un téléphone ou une machine à écrire. L'instrument lui-même ne suffit pas : il lui faut une application, un programme, des prolongements. Qui sont fournis, c'est-à-dire vendus, par ces mêmes "géants du numérique" qui vont tirer profit de leur utilisation. Et puis, il y a les "déconnectés", l'"illectronisme" : (en 2019, plus d'un Français majeur sur cinq, et 19 % de ceux entre 15et 29 ans, utilisait difficilement, ou n'utilisait pas, internet). De sorte que la "transition numérique" et le télétravail risquent d'avoir le même effet que la diffusion de l'imprimerie à la Renaissance : trier la société entre "inclus" et "exclus", entre celles et ceux qui comptent et celles et ceux qui ne sont rien.

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  • La place financière suisse pourra continuer à financer la production d'armes : Victoire à la Pyrrhus ?

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    dansleschiottes.jpgL'initiative pour une interdiction du financement des producteurs de guerre a été refusée par le peuple et les cantons, le parlement fédéral n'aura donc pas à rédiger une loi d'application (avec la ferme intention de l'appliquer la moins possible) mais 42% des votantes et des votants l'ont soutenue, et trois cantons et demi l'ont acceptée. Cette défaite est plus qu'honorable, face au lobby de l’armement et à celui de la finance, à toute la droite et au Conseil fédéral. Les producteurs de matériel de guerre pourront donc continuer à être financés par les fonds de pension des retraités suisses (et les grandes banques, et la Banque Nationale). Une victoire pour la place financière suisse, sans nul doute. Mais une victoire à la Pyrrhus : l'initiative a été acceptée (à 51 %) dans les villes et plébiscitée par la gauche (90 % de l'électorat vert, 81 % de l'électorat socialiste). Et depuis le rejet en 2009, à 68 %, de l'initiative contre l'exportation de matériel de guerre, le vote en faveur d'un texte du GSsA a progressé de dix points. De bonne augure, avant le vote sur une nouvelle initiative, celle pour une interdiction des exportations d'armes vers des pays en guerre, et pour la récolte de signatures pour une nouvelle initiative contre l'achat de nouveaux avions de combat. Il a raison, le secrétaire général du Groupe romand pour le matériel de défense et de sécurité, Philippe Zahno : "il va falloir poursuivre nos efforts et notre travail de communication auprès de la population" pour lui expliquer que le matériel militaire suisse ou dans la fabrication de quoi des acteurs économiques suisses investissent ne fait de mal à personne. Jamais. Nulle part. D'ailleurs, ce n'est même pas du matériel militaire, mais des outils de bricolage, des pétoires de collection et des instruments de tir sportif.

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  • Votations fédérales :  Pas déçus en bien...

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    Capture d’écran 2020-11-29 203024.jpgAprès une campagne qui fut celle d'une mobilisation jamais vues depuis longtemps, la déception est au rendez-vous : on aurait bien aimé être surpris d'un résultat démentant nos prévisions, on ne sera pas "déçus en bien"  puisque l'initiative pour des entreprises responsables, acceptée (comme espéré) par une petite majorité (40'000 voix d'avance) du peuple suisse, a été refusée (comme prévisible) par une majorité des cantons, l'initiative contre le financement des armes de guerre étant refusée par le peuple suisse et les cantons (mais acceptée à Genève, dans le Jura, à Bâle-Ville et à Neuchâtel). On reviendra un de ces jours sur la seconde initiative, on s'en tiendra ici à la première : l'initiative pour des entreprises responsables ayant succombé à la vieille règle confédérale de la double majorité du peuple et des cantons, le contre-projet indirect entrera en vigueur, sans avoir été soumis au vote. Ce contre-projet est une tartufferie, un semblant de tout petit pas qui n'aurait même pas pu être fait si l'initiative n'avait exercé une pression et suscité une crainte suffisante pour que la droite parlementaire, et les multinationales elles-même, se résolvent à le proposer. Voilà donc la Suisse dotée d'une loi qu'il va falloir renforcer. Beaucoup renforcer. Sous pression européenne, puisque l'Union européenne va se doter d'une directive sur la responsabilité des multinationales, qui ressemblera beaucoup à ce que proposait l'initiative, ce qui nuance notre déception d'un soupçon de ricanement : que la Suisse ne soit pas membre de l'Union européenne n'exemptera pas "nos" multinationales des obligations posées par cette directive, puisqu'elle s'appliquera à toutes les entreprises actives dans l'Union Européenne -y compris, donc, des entreprises suisses ayant leur siège en Suisse... qui hurlaient à la mort à l'idée de devoir se retrouver devant des tribunaux suisses mais qui pourront être accusées devant des tribunaux européens... Amusant, non ?

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  • Initiatives populaires soumise au vote dimanche : Partie gagnée ou partie remise ?

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    Bandeau multinationales.jpg

    La procédure constitutionnelle encadrant le droit d'initiative est telle que l'acceptation d'un texte proposé dans ce cadre n'est qu'exceptionnellement accepté : la double majorité du peuple et des cantons est un obstacle considérable. Les derniers sondages sur les intentions de vote lors du scrutin de dimanche laissent supposer qu'aucune des deux initiatives populaire que nous soutenons n'obtiendra cette double majorité (à nous de les faire mentir, ces sondages), mais que toutes deux pourraient obtenir celle qui nous importe le plus, celle du peuple (à nous de les confirmer sur ce point, ces sondages). Si tel devait être le cas, elles ne seraient évidemment pas acceptées, mais elle seraient constitutives d'un nouveau rapport de forces pour un contrôle plus réel des actes des entreprises et de ceux des investisseurs. De sorte que, même si la partie ne devait pas être gagnée, elle ne serait alors que remise. Car nous sommes constants et endurants. Récidivistes et relapses.

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  • Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes : Contre TOUTES les violences

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    viol,violencesAujourd'hui se célèbre, se manifeste, se marque de quelque manière que ce soit, la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. De toutes les violence, contre toutes les femmes. Les collectifs romands de la Grève féministe et des femmes ont décidé de faire de cette journée une journée de lutte* pour une révision du Code pénal qui fasse valoir que tout acte sexuel non consenti n'est plus tolérable, ce que la Convention d'Istambul, ratifiée par la Suisse et en vigueur depuis deux ans, exprime en terme clairs : "le consentement doit être donné volontairement comme résultat de la volonté libre de la personne concernée dans le contexte de circonstances environnantes". Sans ce consentement, ainsi défini, et qui doit être explicite et  préalable à l'acte sexuel, celui-ci tient du viol. Cela posé, le viol n'est pas la seule forme de violence exercée contre les femmes, s'il en est le paroxysme -et cette journée est bien une journée de lutte contre LES violences faites AUX femmes -du viol au harcèlement de rue et à l'injure.

    * A Genève :  Dès 12h: Action Servantes Ecarlates dans toute la ville et à  18h30: Rassemblement devant le palais de Justice (Bourg-de-Four)
    www.grevefeministe-ge.ch

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  • Illibéralisme, démocrature et démocratie : Courber le Droit

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    armalamaison.jpgL'Union Européenne doit faire face au refus des gouvernements de la Pologne, de la Hongrie et de la Slovénie d'accepter que le respect de l'"Etat de droit" soit une condition pour pouvoir bénéficier du plan de relance de750 milliards d'euros prévu par l'UE pour répondre aux conséquences sociales et économiques de la crise covidienne -un plan dont pourtant ces Etats réfractaires seraient d'entre les principaux bénéficiaires. Ce qui pose deux questions : qu'est-ce donc que cet "Etat de droit" dont ces régimes, dits par eux-mêmes "illibéraux", refusent de garantir le respect, et pourquoi s'y refusent-ils ? Et ces deux questions en contiennent une troisième : ces régimes se disent "illibéraux", dont réfracaires au "libéralisme"... mais à quel "libéralisme" ? le politique ? le social ? l'économique ? L'Etat de Droit, dans sa définition la plus simple, c'est un Etat qui respecte le Droit. Or comme dans notre monde, le Droit, c'est toujours le Droit de l'Etat (ou de ses subdivisions régionales ou locales), ou des Etats définissant ensemble le droit international, l'Etat de Droit, ce n'est que l'Etat qui respecte son propre Droit (c'est le moins que l'on puisse exiger de lui tant qu'on n'a pas renoncer à l'abolir), et les principes de sa constitution : la séparation des pouvoirs, le pluralisme politique, l'indépendance de la justice, la liberté de la presse, les libertés individuelles, et même, si possible, la laïcité et le droit d'asile... L'"illibéralisme", ou la "démocrature", c'est un Etat qui veut courber son droit...

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  • Le véritable contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" : "C'est pas moi, c'est l'autre"

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    Syngenta exporte des pesticides très toxiques,interdits en Suisse et dans l'Union Européenne. LafargeHolcim exploite au Nigeria une cimenterie qui pollue l'air et les sols  et empoisonne les voisins. Glencore contrôle des mines qui font travailler des enfants. Mais dans une pleine page achetée au "Matin Dimanche", Glencore se défend, sur le mode de "c'est pas moi, c'est l'autre" : ce n'est pas moi, Glencore, qui "pollue l'eau, empoisonne les enfants et encourage le travail des enfants", ce sont les "coopératives minières locales (...) soumises au contrôle de la société minière d'Etat" et pas à celui de Glencore, qui ne peut "pas décider du lieu où les coopératives opèrent, ni de leurs conditions de travail".  Et Glencore ne peut pas contrôler si les coopératives font ou non travailler des enfants, "elles sont indépendantes". D'ailleurs, c'est à peine si Glencore les connaît. La multinationale n'est même pas "responsable, pas coupable", elle n'est ni responsable, ni coupable, totalement étrangère à ce qui se passe sur le terrain, et de ce que font les entités qui travaillent pour elles. C'est cela, le contre-projet des multinationales à l'initiative pour des "entreprises responsables" de leurs actes : des multinationales irresponsables des actes de leurs sous-traitants locaux...

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  • La culture indépendante sinistrée par la pandémie

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    musée en ruine.jpgRésister au (co)vide cuturel

    Lieux de création, de représentation, d'exposition, de concerts fermés, tournées annulées, festivals suspendus, artistes indépendants privés de revenus et sans possibilité de toucher le chômage partiel ni les allocations pour perte de gains : le secteur culturel, qui pèse 5 % du PIB suisse, 7 % de celui des centres urbain et autour de 10 % de celui d'un canton comme Genève, a sans doute été le plus touché par les mesures de lutte contre la coronapandémie -plus touchés encore que que ceux de l'hôtellerie et de la restauration, et du petit commerce. Et au sein de ce secteur, si les grandes institutions ont les reins assez solides pour passer cette sale période, et des subventions assurées par les collectivités publiques, les petits acteurs culturels, et plus encore les créateurs indépendants, se retrouvent les plus durement précarisés. Ce n'est pas que les aides fédérales, cantonales, municipales aient été inexistantes -c'est qu'elles n'ont pas atteint ceux qui en avaient le plus besoin. Et que parfois, il ne s'agit que de prêts, ou d'aide accordées comme des dons avant qu'on en demande le remboursement, comme Suisseculture sociale l'a fait pour 104 des 1903 aides qu'elle avait accordée entre mars et septembre (dont la moitié à des musiciens).

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  • La "deuxième vague" déprime plus les Suisses que la première

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    Hokusai.jpgBis repetita non placent

    Une majorité des Suissesses et des Suisses sont déprimés, ou aux limites de l'être, selon un sondage de la SSR. Au printemps, lors de la "première vague" de la coronapandémie, ils n'étaient qu'un quart à rechercher leur moral dans leurs chaussettes. C'était déjà beaucoup, mais cela suggère que cette "première vague" fut mieux supportée que l'est la deuxième... et on se demande pourquoi, alors que les mesures prises pour l'endiguer étaient plus strictes que celles prises aujourd'hui. La première vague nous prit par surprise, la deuxième était prévisible, et même annoncée. Mais elle nous est de trop. Nous n'avons même pas su faire bon usage de la première vague,  profiter de cette étrange occasion pour "changer les choses", pour faire d'un mal,un bien, et nous savons encore moins que faire de la deuxième, sinon attendre qu'un vaccin nous permette de retrouver nos routines, nos réunions familiales, professionnelles, politiques en "présentiel", avec de vraies personnes à qui parler et à entendre, et pas seulement de mauvaises images sur des écrans. Tout ce qu'on sait, ou devrait savoir, c'est qu'il va falloir vivre avec ce virus comme nous avons à vivre avec d'autres (ceux de la grippe, par exemple), et avec d'autres parasites -les puces, les poux, les punaises, les acariens... En attendant quoi, les beaux élans de solidarité constaté il y a quelques moins se sont ratatinés, et on recommence à chipoter, jusque dans les débats budgétaires de nos parlements cantonaux et municipaux, sur les efforts à faire pour soutenir celles et ceux qui ont, ici et maintenant, besoin d'un soutien...

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    Lien permanent Catégories : épidémie, pandémie 4 commentaires
  • Initiative pour des"Entreprises responsables" : Un débat politique, pas un débat religieux

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    Capture d’écran 2020-11-16 011958.jpgLe débat sur l'initiative pour des "entreprises responsables" fait rage. Et quoique les églises y prennent part en soutenant l'initiative, ce qui est leur droit le plus strict en tant qu'organisations sociales et culturelles comme bien d'autres (c'est ce qu'elles sont, dans une société sécularisée), ce n'est pas un débat religieux mais un débat politique. Pas un débat entre le bien et le mal mais un débat entre l'efficace (l'initiative) et l'inefficace (le contre-projet). D'ailleurs, les opposants à l'initiative passent leur temps à dire qu'elle poursuit des "buts louables", et qu'ils ne s'y opposent que parce qu'elle "va trop loin". Et nous, partisans de l'initiative, passons le même temps à dire qu'elle ne va que là où elle doit aller, vers ses buts "louables", alors que le contre-projet, lui, ne va nulle part. Ce pourquoi les "milieux de l'économie" et la plupart des grands patrons (mais pas tous) le soutiennent avec une ardeur aussi suspecte que leur conversion à une responsabilité des actes de leurs entreprises cimentières, agroalimentaires, minières, bancaires  : Le Crédit Suisse nous apprend, dans une pleine page de pub dans les quotidiens,  qu'il "partage (les) objectifs de 'initiative, à savoir améliorer encore la protection des droits de l'homme et de l'environnement" et qu'"il ne fait aucun doute que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs activités". Et que telle est sa conviction, on doit le croire sur parole. D'Evangile.

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  • Régularisation des "sans-papiers" : Esprit de Genève

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    Sans-papiers.jpgLe  28 mai dernier, le Conseil municipal de la Ville de Genève adoptait une résolution exprimant "son attente impatiente d'une régularisation de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs sans statut légal ("sans-papiers") vivant et travaillant à Genève", et son attente que le Conseil administratif (l'Exécutif de la Ville) "soutienne cette position, la relaie auprès du Conseil d'Etat et agisse dans toute la mesure de ses moyens pour qu'elle se traduise en décisions et en actes. Le 28 octobre, le Conseil administratif répondait à cette attente (on trouvera cette réponse sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/11/13/r-267/) : il "s'inscrit dans la lignée" de la résolution. On ne pourra ici que l'en féliciter. Ne serait-ce qu'au nom de l'"Esprit de Genève"...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Immigration 0 commentaire
  • La construction d'une nouvelle prison refusée à Genève

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    prison2.jpgRompre un cercle vicieux

    "Celui qui ouvre une prison doit savoir qu'on ne la fermera plus" (Marc Twain). Sauf si on la remplace par une autre, plus grande. Comme on l'a fait à Genève de St-Antoine, remplacée par Champ-Dollon, et transformée en Palais de Justice... Et quand on ouvre une nouvelle prison, qu'elle en remplace une autre ou qu'elle s'y ajoute, on la remplit. Et on se retrouve au point de départ. Bref, on se retrouve, volontairement, dans un cercle vicieux., Dont pourtant, on peut parfois sortir, en le rompant :  c'est ainsi que le Grand Conseil genevois a finalement refusé la construction d'une nouvelle prison, celle des Dardelles, à Puplinge : pour 258 millions, le Conseil d'Etat voulait construire une prison de 458 places qui désengorgerait Champ-Dollon, en surpopulation chronique... sauf quand la Justice décide de la vider de tous ceux qui n'ont objectivement rien à y faire, parce qu'ils ne représentent un danger pour personne et que leur détention n'est justifiée par aucune sécurité de procédure judiciaire... Le PS, les Verts, Ensemble à Gauche et le PDC s'inspirent de cet exemple, de cette possibilité de désengorger une prison sans en construire une autre, pour recommander une politique de détention décentralisée en petites unités (dont une réservée aux femmes), et une politique de sanction faisant plus large usage des punitions non carcérales (bracelets électroniques, détention à domicile, travail d'intérêt général etc...). Le député PDC Sebastien Desfaye résumait l'enjeu, avant le vote du Grand Conseil : si on réalise le projet des Dardelles, il n'y aura plus à Genève, pendant des dizaines d'années, de réflexion sur la politique d'incarcération. Il peut donc maintenant y en avoir une. Enfin...

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    Lien permanent Catégories : Genève, prison 1 commentaire
  • Initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre : 51 % de "oui", c'est trop peu..

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    financement des armes de guerre.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une majorité en faveur de l'initiative contre le financement des producteurs de matériel de guerre, avec 51 % d'intentions de la soutenir, et plus de 60 % de soutien chez les femmes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (40 % de "oui" au PDC). Ce sondage ne présage nullement de l'acceptation de l'initiative lors du vote populaire, d'autant qu'il lui faut la double majorité du peuple et des cantons : 51 % d'intentions de vote, ce n'est de loin pas assez. Et le vote se profile, pour plus tard,  sur une autre initiative contre les exportations d'armes, visant à interdire cette exportation "dans des pays en proie à la guerre civile". Cette initiative est la cible d'une proposition du Conseil fédéral de lui opposer un contre-projet indirect, c'est-à-dire une loi qui, si elle était acceptée, entrerait en vigueur si l'initiative était refusée. Et là encore, il va falloir batailler dur pour l'emporter... Aux armes politiques, citoyens !

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  • Biden et Harris élus, Trump et Pence battus, une bonne chose de faite ?

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    Capture d’écran 2020-11-08 184756.jpgEvacuation pour Restauration

    Comme d'habitude aux USA (et dans la quasi totalité des démocratie électives), ce sont les media qui ont annoncé le vainqueur de l'élection présidentielle américaine, des jours, peut-être des semaines, avant que soient tombés, Etat après Etat, les résultats définitifs et officiels. Entre l'annonce médiatique et la confirmation officielle, le temps est plus long aux Etats Unis qu'ailleurs, mais la première précède toujours et partout la seconde : en France, on connaît le nom du président élu à 20 heures, alors que le dépouillement n'a même pas encore commencé... Il est vrai qu'en Chine le problème ne se pose pas... Donc, avec (toujours selon les media) 75 millions de votes populaires et au moins 290 "grands électeurs", Joe Biden est président élu des Etats-Unis, contre Donald Trump (71 millions de votes populaires et 220 "grands électeurs"), alors qu'il reste quatre Etats où le résultat est incertain. L'élection annoncée du candidat démocrate et de sa colistière a suscité des scènes de liesses dans les rues des grandes villes, qui ont fait leur élection, pendant que le président sortant se confinait dans son bunker politique et le déni de sa défaite. Partons donc de l'hypothèse que Joe Biden sera effectivement le 46e Président des USA. Pour faire quoi ? lui-même l'a dit : pour restaurer le "rêve américain", le prestige des USA, la démocratie américaine, autoproclamée comme la plus grande du monde. L'évacuation de Trump de la Maison-Blanche n'est donc pas une révolution, mais une restauration. Même si, dans le sillage de Joe Biden, l'élection de Kamala Harris, première femme vice-présidente, est sans doute plus significative des changements sociaux (et donc politiques) en cours aux USA : des centaines de milliers d'électrices et d'électeurs ont probablement voté pour Biden pour pouvoir voter pour elle... en attendant peut-être de voter une fois encore pour elle en 2024 -mais à la présidence, cette fois...

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    Lien permanent Catégories : élections, Politique, USA 7 commentaires
  • Initiative pour des multinationales responsables de leurs actes : Fiat Lux !

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    Capture d’écran 2020-11-06 035355.jpgLe deuxième sondage Tamedia sur les intentions de vote lors du scrutin du 29 novembre donne toujours une nette majorité en faveur de l'initiative pour des "multinationales responsables" (de leurs actes), avec 57 % d'intentions de la soutenir, et près ou plus de 65 % de soutien chez les femmes, les moins de 35 ans et les habitants et habitantes des villes. La gauche soutient massivement ce texte, la droite le rejette clairement, le centre est indécis (44 % de "oui" au PDC). Du coup, fort inquiets, les opposants à l'initiative  tentent tout ce qu'ils peuvent pour rendre le débat confus et le verdict incertain. Il reste trois semaines pour dissiper ces ombres: Fiat Lux !

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