Cause toujours - Page 2

  • Loi Covid : on votera "oui", comme il y a quatre mois

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    Quasimodo.jpgL'urgence et les grelots

    Le 13 juin, 60 % des votantes et votants acceptaient la première loi  Covid. La refuser n'aurait pas empêché le Conseil fédéral de continuer à prendre des mesures de lutte sanitaire (fermeture de magasins, interdiction de manifestations, port du masque, vaccination), ces mesures relevant d'une autre loi (la loi Covid sur les épidémies), mais de nombreuses mesures de soutien nécessaires n'auraient plus eu de base légale.  Battue dans les urnes, l'opposition à la loi n'a pas désarmé,  elle a lancé un référendum contre les modifications de la loi concernant le pass sanitaire, mais contenant aussi les aides pour les cas de rigueur, les indépendants, le secteur de l'événementiel ou les indemnisations en cas de chômage partiel. Le référendum ayant abouti, on est reconvoqué au vote le 28 novembre. Et on votera "oui". Pour la même raison qu'il y a quatre mois : pour répondre à une urgence qu'on ne fera pas disparaître en se secouant les grelots dans des manifs.

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  • Initiative populaire "pour des soins infirmiers forts" : Un "oui" d'évidence

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    infirmiers.jpgAu menu (copieux) des votations du 28 novembre prochain, on trouve une initiative populaire lancée par l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI), déposée en 2017 avec 120'000 signatures,  soutenue par la gauche, des personnalités du "centre" et de la droite, la Fédération des médecins suisses, les organisations de patients et les syndicats  : l'initiative "pour des soins infirmiers forts". Elle réclame davantage de places de formation, une formation mieux indemnisée, des horaires stables, de meilleures possibilité de progression dans une carrière, une revalorisation salariale, un nombre suffisant de soignantes et de soignants -toutes revendications dont la pandémie a confirmé plus encore que révélé la pertinence. Le parlement fédéral a concocté un contre-projet indirect(une loi entrant en vigueur si l'initiative est rejetée) qui reprend partiellement quelques unes de ces revendications, mais pas toutes, et n'accorde à leur concrétisation qu'un milliard de francs sur huit ans. Bien moins que ce qui a été mobilisé en moins de deux ans pour tenter de maîtriser une pandémie face à laquelle les infirmières et les infirmiers ont été en première ligne, jusqu'à épuisement. On soutiendra donc l'initiative, parce que ses revendications sont d'évidence.

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  • Après le refus populaire de l'initiative "99 %" : Cent fois sur le métier...

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    tax trhe rich.jpgLes 1 % des contribuables les plus fortunés de Suisse (la cible de la défunte initiative "99%" de la Jeunesse Socialiste), ce sont 50'000 ménages, 70 à 100'000 personnes possédant ensemble une fortune de 1300 milliards de francs, soit 25 millions par ménage. Ils tirent de leur capital un revenu de 940 francs par jour, en gros 29'000 francs par mois : c'est quatre fois et demie le salaire médian en Suisse. Ils possèdent les trois quarts des actions de tous les ménages suisses et 15 % du parc immobilier. Et les deux tiers de l'électorat, si on en juge par le résultat de l'initiative "99%" de la Jeunesse socialiste. Toutefois, presque un million de personnes ont soutenu cette proposition d'une plus forte imposition des revenus du capital, et à Genève, la Ville a été à un doigt de l'accepter (elle l'a été dans tous les arrondissements de gauche). Le rapport de force politique dans le canton, et plus clairement encore en Ville, est à portée de la gauche. Qui vient de lancer une initiative populaire cantonale (législative) pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes. Cent fois sur le métier fiscal nous avons à remettre l'ouvrage solidaire... Avons-nous jamais agi autrement ?

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  • Le "Saint Peuple"et son serviteur

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    populisme.jpgA propos du "populisme" de droite, de gauche et d'ailleurs

    Le populisme (dans la définition ou la perception qu'on en donne aujourd'hui, et qui n'a pas grand'chose à voir avec les origines, russes et révolutionnaires, du populisme, pas même avec les populismes latino-américains à la Chávez) a-t-il déjà gagné ? Les "populistes" de notre temps ont en tout cas réussi à imposer leur manière de faire de la politique, et contraint leurs adversaires (tel Emmanuel Macron) à en user aussi. Reste à le définir, le "populisme", à faire l'inventaire de ce qu'on met dans ce mot. Les populistes russes, les narodniki, étaient des révolutionnaires qui voulaient faire du peuple lui-même, et non d'une avant-garde de révolutionnaires, l'acteur et l'auteur de la révolution, ceux d'aujourd'hui sont des démagogues, qui n'attendent du "peuple" (qu'ils confondent avec l'ethnie, surtout quand elle n'existe pas) qu'un soutien à leurs ambitions ou, lorsqu'ils l'ont pris, à leur pouvoir. En quoi ils ressemblent à cet autre "populiste" d'il y a un siècle et demi : Louis-Napoléon Bonaparte, qui se fit élire (au suffrage universel masculin) à la présidence de la Deuxième République en se proclamant serviteur du "Saint Peuple", puis se fit plébisciter empereur en se présentant comme son incarnation.

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  • L'"Accord-cadre" entre la Suisse et l'Union européenne enterré... Et maintenant, on fait quoi ?

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    Capture d’écran 2021-10-08 041416.jpgSortons un peu de l'immédiate actualité : Le Conseil fédéral a, il y a cinq mois, décidé de mettre fin aux négociations avec l'Union Européenne pour la conclusion d'un "accord cadre" institutionnel. La Commission européenne s'était pourtant montrée "flexible", et prête à "examiner des solutions aux problèmes que les Suisses pourraient avoir" sur les trois points litigieux du dossier de l'accord-cadre : les aides d'Etat, la protection des salaires et la citoyenneté européenne, avec les droits sociaux qu'elle implique, mais elle refusait d'extraire ces trois points du projet d'accord, fût-ce pour en faciliter l'adoption. Enfin, la Suisse avait obtenu que les différends entre elle et l'UE ne soient pas tranchés par la Cour de Justice européenne mais par un Tribunal arbitral paritaire euro-suisse. De son côté, le Conseil fédéral avait fait une concession qu'il pensait décisive : la "reprise dynamique" du droit européen. Rien n'y a fait. Pas même la proposition de la Conseillère fédérale Viola Amherd d'une "clause de sauvegarde" pour la directive sur la citoyenneté européenne. En fait, les sept Conseillères et Conseillers fédéraux avaient chacun.e leur propres réticences face au projet d'accord cadre. Qui a donc succombé à l'addition de ces réticences, sous les applaudissements contrapuntiques de l'Union Syndicale Suisse et de l'UDC. Et maintenant, on fait quoi, puisque l'accord-cadre enterré, il n'y pas de statu quo concevable pour autant ?

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  • Elargir la démocratie à celles et ceux qu'elle ignore

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    Bienvenue chez nous.jpgQuestion de citoyenneté

    Un peu partout, dans nos vieilles démocraties plus ou moins représentatives, des nouveaux modes de participation directe des habitants (en sus du droit de pétition et, là où ils existent, de référendum, et d'initiative) sont instaurés : budgets participatifs comme à Lausanne, ateliers citoyens, groupes d'habitants tirés au sort qui planchent sur des projets comme en Allemagne, démocratie délibérative comme dans l'Oregon ou bientôt en Valais, à Sion. Ces procédures fonctionnent : elles ont fait la preuve de leur efficacité et de leur légitimité. Or Cette pratique de démocratie directe, non contradictoire mais complémentaire de celles, institutionnelles, dont nous disposons en Suisse, mais qui ne s'adressent qu'à la part de la population qui dispose des droits politiques, n'a jamais été instituée à Genève comme une pratique structurée et pérenne. En outre, il n'y a pas à Genève d'espace de quartier politiquement constitué : la démocratie représentative et semi-directe ne connaît que la Ville entière : le Conseil municipal est le parlement de la Ville, pas celui des quartiers. Et, élu à la proportionnelle, il est formé de représentants non de la population dans son ensemble, mais de l'électorat des différents partis et des candidates et candidats élus. La démocratie participative fait des citoyens réels de  ceux qui ne le sont pas au sens légal : elle élargit donc la citoyenneté en même temps que la démocratie.

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  • De la politique culturelle en temps de pandémie

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    falaise de livres.jpgPremière nécessité

    La pandémie, et surtout les mesures prises pour la combattre (confinement, fermeture des lieux de spectacle, notamment) a provoqué une crise du secteur culturel qui n'a guère d'équivalent que celles provoquées dans par des guerres mondiales. Le président de la Fondation du Grand Théâtre de Genève résume : "La culture a été placée à un niveau inférieur aux biens de première nécessité. C'est très problématique, même d'un point de vue juridique, au nom de l'égalité de traitement. Or, à ce qu'on sache, aucun cluster ne s'est déclaré dans les lieux culturels lorsqu'ils ont rouvert l'automne dernier". Et, note Serge Regourd dans "Le Monde Diplomatique" de juillet, cette crise "ne constitue cependant que la mise en lumière d'une situation plus ancienne et de plus grande amplitude : celle d'une déliquescence des politiques culturelles depuis plusieurs décennies, et d'une perte de repères dans ce domaine par ceux qui nous gouvernent". L'auteur parle de la France -mais ce qu'il en dit ne vaut pas que pour elle : la place de la question culturelle dans les campagnes électorales est "réduite à la portion congrue, sinon au néant", et le contexte est "dominé par les logiques du management et la croyance aveugle dans les vertus du marché", mais aussi par une "dérive incontrôlée des médias de masse dans les flots du pur divertissement", une "révolution numérique" qui entraîne la "prévalence des algorithmes et de leurs recommandations". Fermez le ban, sonnez le glas pour la création culturelle... qui n'est pas un "bien de première nécessité"...

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  • Végétalisation de la ville : Les stades aussi !

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    Capture d’écran 2021-10-02 040225.jpgA l'automne 2016, le Maire annuel de Genève, Guillaume Barazzone défendait dans "Immorama" la politique de végétalisation de la Ville, et expliquait qu'au nombre de ses objectifs principaux, il y avait un objectif écologique : "les végétaux en milieu urbain sont utiles pour lutter contre la pollution, car ils fixent les particules fines (et) permettent d'atténuer les effets du réchauffement climatique". Dès lors, planter des arbres, fleurir les pieds d'arbres, transformer des surfaces bétonnées en surface végétales, installer des toitures végétalisées, entretenir les espaces verts sans produits chimiques, relève d'un choix pertinent, que le Conseil municipal a d'ailleurs ratifié en lui accordant un crédit de 6,4 millions de francs. Avec le programme "Urbanature", on veut ainsi végétaliser les quartiers pauvres en verdure, en remplaçant des surfaces goudronnées par de la prairie fleurie ou du gazon. Du vrai gazon. Du gazon naturel. Et dans le "plan stratégique de végétalisation" de 2019, Guillaume Barazzone enfonçait le clou : "nous allons passer d'une politique végétale aléatoire à une politique planifiée", "la végétalisation entre en effet à part entière dans les politiques urbaines, avec des bénéfices qui sont à la fois sociaux, écologiques et économiques" ... Tout cela est fort bien... sauf que... quelle cohérence y-a-t-il a engazonner les surfaces goudronnées d'une main, et à remplacer le gazon naturel, végétal, des stades par du gazon synthétique de l'autre main ? A voter un crédit de 6,4 millions pour la végétalisation de la Ville et un autre pour remplacer de l'herbe pas du plastique ? Quel cohérence y'a-t-il à végétaliser les toits et plastifier les stades ?

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  • Deux tiers des Suisses croient donc encore au mariage

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    Capture d’écran 2021-09-30 021452.jpgLe libre choix du peuple

    Deux tiers des Suisses croient donc encore au mariage, et, logiques, acceptent d'en faire un droit de toutes et tous, sans privilège, toutes différences de préférences sexuelles surmontées. L'homosexualité "normalisée" gagne ainsi en droits ce qu'elle perd en subversion -mais les homosexuel.le.s la payaient fort cher, la force subversive de leur préférence affective. Il reste tout de même plus du tiers du corps électoral actif à refuser aux homos les droits dont disposent les hétéros,mais en Suisse, c'est le peuple (du moins la part de lui qui dispose des droits politiques et en use en son nom) qui a accepté le "mariage pour toutes et tous" -le peuple (surtout les femmes, les jeunes, les villes et la gauche), pas seulement le parlement ou le gouvernement, comme il est de pratique presque générale ailleurs. On craignait une sous-estimation de l'opposition par les sondages, le résultat final y fut finalement assez conforme, et dans tous les partis nationaux (sauf l'UDC), le projet est soutenu (jusqu'à 90 % à gauche) Et tous les cantons suivent. Les femmes, selon les sondages d'après-vote, ont plus fermement que les hommes  soutenu le "mariage pour toutes et tous" (69 % contre 58 %) et c'est la classe d'âge des 18-34 ans qui y a été le plus favorable. On peut voir dans leur soutien, comme la directrice de campagne du comité national de soutien au projet, Olga Baranova, le fait de leur expérience personnelle et collective, historique, de la discrimination et de l'inégalité de traitement : "elles parviennent de ce fait plus facilement à se mettre à la place des personnes LGBT discriminées, même si elles ne sont pas concernées elles-mêmes". Le projet d'étendre aux couples homosexuels le droit au mariage avait d'ailleurs été déposé par une  Conseillère nationale (la Verte libérale Kathrin Bertschy) soutenue par des associations féminines.

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  • Initiative "99 " : Partie remise

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    Le lièvre et la tortue.jpgIl s'avère donc que si deux tiers des Suisses et Suissesses croient encore au mariage, deux tiers ne croient pas à l'impôt, mais que «presque un million de personnes se sont prononcées en faveur de l'initiative 99%, une initiative qui remet en question le capitalisme en son cœur. C'est un succès !», réagit la Jeunesse socialiste après l'échec attendu de son initiative "99 %". S. Et elle a raison : même si nous n'avons pas été 99 % du corps électoral suisse à soutenir son initiative  pour une plus forte imposition des revenus du capital et que nous n'avons été majoritaires que dans les arrondissements de gauche des villes (dont Genève), voire quelques villes (Lausanne...) et pas loin de l'être dans deux cantons (Bâle, le Jura), peu importe dans l'immédiat : ce qui nous meut, c'est de constituer un rapport de force politique -meilleur aura été le résultat de cette initiative dans nos cantons et nos communes, mieux armés serons-nous pour, à ces niveaux-là, défendre et faire accepter des réformes fiscales renforçant la contribution des plus riches, comme le propose l'initiative de la gauche genevoise pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes.

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  • "Ce n'est qu'un début, continuons le combat" fiscal...

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    inegalites.jpgNous ne serons pas 99 %, et alors ?

    Tout indique que nous ne seront pas 99 % du corps électoral suisse à soutenir l'initiative "99 %" de la Jeunesse socialiste, pour une plus forte imposition des revenus du capital. Nous ne serons sans doute pas majoritaires, sauf peut-être dans quelques arrondissements des villes, voire quelques villes -au mieux, un ou deux cantons... Mais peu importe, après tout, du moins dans l'immédiat : ce qui nous meut, c'est de constituer un rapport de force politique -meilleur sera le résultat de cette initiative dans nos cantons et nos communes, mieux armés serons-nous pour, à ces niveaux-là, défendre et faire accepter des réformes fiscales renforçant la contribution des plus riches, comme le propose l'initiative de la gauche genevoise pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes. Vous n'avez pas voté par correspondance ? Il vous faudra vous déplacer dimanche de dix heures à midi au local de vote...

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  • Mariage civil pour toutes et tous : Soudain l'enfant paraît...

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    Bébé 2001.jpgOn vote dimanche sur le "Mariage pour toutes et tous", sur l'instauration de l'égalité des droits entre couples homo- et hétérosexuels. D'entre ces droits, il y a ceux à l'adoption, à la naturalisation facilitée et à la procréation médicalement assistée (PMA). La démarche est logique : il n'y aurait pas d'égalité des droits dans le mariage si les couples hétéros disposaient de droits niés aux couples homos.. mais tout se passe comme si l'opposition au "Mariage pour toutes et tous" s'était repliée comme dans une redoute sur une opposition à la possibilité d'une PMA pour les couples de femmes... Il est tout de même assez étrange qu'un vote sur le mariage, sur son élargissement aux couples homosexuels, suscite un débat concentré sur les enfants et l'invocation d'une "loi naturelle" de la procréation, comme si on ne se mariait que pour avoir des enfants. Comme s'il n'y avait, aujourd'hui, avec un mariage exclusivement hétéro, de familles qu'autour de couples mariés avec enfants, et pas de familles monoparentales. Ce n'est pas le mariage homosexuel qui est contradictoire de la "loi naturelle", mais le mariage lui-même. Et la famille elle-même. Mariage et famille sont des constructions sociales, comme le genre, et la seule "loi naturelle" qui s'impose à la procréation humaine, c'est celle qui lui impose la rencontre d'un spermatozoïde et d'un ovule. D'où qu'ils viennent, et comment qu'ils se rencontrent. Cela fait des millénaire que l'humanité  tente, pour finalement y réussir, d'émanciper sa procréation (et celle de son bétail, de ses animaux de compagnie, de ses fleurs, de ses fruits et de ses légumes), de la "loi naturelle". D'où vient alors qu'on se remette aujourd'hui à l'invoquer comme une limite à ne pas dépasser ? On ne voit de réponse à cette question que celle qui tient en deux mots : l'homophobie, conjuguée à la misogynie. Car c'est bien la possibilité donnée à un couple de femmes de procréer avec pour seul concours masculin celui d'un spermatozoïde dont seule la qualité importe et non l'origine, qui horrifie l'opposition au "mariage pour toutes et tous". D'où ses hurlements post-freudiens sur la "mort du père"...

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  • Genève : Les projets de budgets du canton et des communes sont connus

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    bulle.jpgRoutines parlementaires et rhétoriques

    Dans notre bon vieux calendrier républicain, aujourd'hui est le jour de la quatrième fête sans-culotte, la fête de l'Opinion (ce qui nous autoriser à donner la nôtre). Et mercredi, on sera le premier jour de l'automne. Une jolie saison, l'automne, avec de jolies couleurs de feuilles sur les arbres. Ou sous les arbres. Parce qu'elles commencent à tomber, les feuilles. Et avec les feuilles, les projets de budgets. Le Grand Conseil a reçu celui du Conseil d'Etat pour le canton, le Conseil municipal celui du Conseil administratif pour la Ville. Et aujourd'hui, le Conseil municipal décidera d'entrer (ou non) en matière sur ce projet, et de le renvoyer (ou non) pour examen en commission des finances et dans les commissions spécialisées du Conseil. Il ne s'agira pas d'approuver (ou non) le projet de budget, il ne s'agira, pour le Conseil municipal, pour chacun de ses groupes, chacune et chacun de ses membres, que de condescendre à l'étudier (ou de s'y refuser). Ce débat d'entrée en matière pourrait donc être bref, puisqu'il ne s'agit que de faire notre boulot, de faire ce pour quoi nous avons été élu.e.s. (et sommes payés). Pour autant, le Conseil Municipal de LA Ville étant ce qu'il est, et ses groupes ce qu'ils sont, on se gratifiera sans doute d'un débat long et ennuyeux, consistant pour l'essentiel en une exposition de postures politiques et de routines  rhétoriques aux pieds de nos totems respectifs. Le PDC nous invoquera la "classe moyenne", l'UDC dénoncera l'immigration et le MCG les frontaliers, le PLR sanglotera sur la féminisation des noms de rues, le PS célébrera les municipalisations ("Vive la Commune", quoi...), les Verts les arbres et "Ensemble à Gauche" les droits acquis de la fonction publique. La routine, quoi...

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  • Initiative populaire "Zero Pub" : Un premier "oui" de principe

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    Publicité, Zéro PubLa semaine dernière, le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé l'initiative municipale "Zero Pub", qui demande que la publicité commerciale (et elle seule) soit bannie des panneaux d'affichage de la Ville (et eux seuls). Si ce vote était logique, et attendu (que la gauche soutienne une initiative de gauche et que la droite s'y oppose n'a pas de quoi bouleverser le paysage politique...), il n'en fut pas moins la conclusion, provisoire, d'un débat étrange succédant à un examen tout aussi étrange en commission : on a eu constamment l'impression, et même un peu plus que l'impression, que les opposants à l'initiative ne l'avait pas lue, et que les conseillers municipaux appelant à la refuser  ignoraient tout du statut même d'une initiative populaire municipale, et de la procédure de son traitement. Il semblait même que cette ignorance ait été soigneusement cultivée pour perdurer même après la clôture du débat, puisqu'elle continue de se manifester depuis. Profitons donc de cet espace que nous nous offrons à nous-mêmes pour quelques rappels élémentaires, à destination de la droite municipale, sur le mode de "tout ce que vous devriez savoir des propositions qui vous sont soumises avant de vous prendre position sur elles".

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  • Soutenir les travailleuses et les travailleurs du Pakistan  face à l'austérité, la corruption et l'intégrisme

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    Capture d’écran 2021-09-15 020253.jpgMême dans un pays ravagé par la corruption et l'intégrisme religieux, des mouvements sociaux se constituent et luttent pour le respect des droits fondamentaux. D'entre ces pays, il y a le Pakistan, sur le peuple duquel pèse au surplus le programme d'austérité imposé par le FMI, et la crise engendrée par la coronapandémie. Au Pakistan, la fédération syndicale NTUF forme des syndicalistes pour qu'elles et ils puissent intervenir dans des conflits du travail, aux côtés des travailleuses et des travailleurs, pour les épauler juridiquement. Renforcer les mouvements sociaux face à l'austérité imposée, à la corruption et à l'intégrisme sévissant de concert et se nourrissant l'un de l'autre , former leurs cadres et leurs militantes et militants, c'est un objectif de solidarité internationale. C'est ce à quoi nous invite le Solifonds, en lançant un appel au soutien à la NTUF. Répondons à cet appel !

    SOLIFONDS
    www.solifonds.ch
    mail@solifonds.ch
    CP 80-7761-7

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  • Mariage civil pour toutes et tous : De la marche au vote

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    mariage, mariage pour tous30'000 personnes ont défilé, joyeusement, à Genève samedi, dans le cadre de la "Marche des fiertés", tous drapeaux arc-en-ciel dehors (la Ville en avait pavoisé le pont du Mont-Blanc). La Marche de samedi était, l'agenda politique s'imposant, un formidable appel à soutenir le projet de "Mariage pour toutes et tous" soumis à votation dans dix jours. Tous les partisans du projet étaient là, ou représentés, même les Jeunes PLR (ils venaient de retourner leur veste et de décider de soutenir le "mariage pour toutes et tous" qu'ils avaient auparavant fait mine de vouloir combattre). Reste que le vote n'est pas gagné :  le premier parti de suisse, l'UDC, combat le projet avec une rhétorique explicitement homophobe. Et il n'est pas seul : avec les milieux religieux conservateurs, voire intégristes, il considère que la possibilité de conclure un partenariat enregistré suffit (on est tout de même surpris que ce partenariat plaise à ce point à ce milieu -il est vrai qu'on ne l'y soutient désormais que pour l'opposer au mariage, un peu comme si on considérait que droit au concubinage rendait inutile celui au mariage)... Or le partenariat n'offre pas les mêmes droits que le mariage, notamment s'agissant de l'adoption, de la procréation médicalement assistée et de la naturalisation. Il s'agit donc bien, avec le "mariage pour toutes et tous" d'établir une égalité entre les couples, qu'ils soient homo ou hétéros.

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  • Les 99 % de Sherwood et le 1 % de Nottingham

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    Robin des Bois.jpgRobin des Bois et les Shériffs

    C'est une "initiative Robin des Bois" qui veut prendre aux riches pour donner aux pauvres et contre laquelle les shériffs se mobilisent en masse : l'initiative populaire fédérale "99%" de la Jeunesse Socialiste, dont le titre réel est : "alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital",  est soumise au vote du peuple et des cantons le 26 septembre. Elle vise un rééquilibrage de la fiscalité entre celle qui frappe les revenus du travail et celle qui caresse ceux du capital (ceux qu'on obtient par le simple fait des placements et de leur rendement, comme les intérêts sur des placements boursiers ou immobiliers et les dividendes versés aux actionnaires). Ceux-ci seraient alors taxés à 150 % dès qu'ils dépassent un montant que l'initiative ne précise pas (ce serait la tâche du parlement que de le fixer), mais que les initiants suggèrent de placer à 100'000 francs par an : votre fortune vous rapporte 100'000 francs par an (ou moins) elle resterait imposée comme actuellement; elle vous rapporte plus de 100'00 francs ? ce "plus" serait imposé à 150 %.  L'exercice rapporterait aux caisses publiques des milliards de francs (5 à 10 milliards, selon les estimations de la JS), qui seraient utilisés pour améliorer la protection sociale, baisser les primes d'assurance-maladie, réduire la fiscalité pesant sur les revenus du travail des petits et moyens salaires et développer des services publics comme les crèches. La gauche et les syndicats soutiennent l'initiative, que combat, évidemment, la droite et le patronat. Les premiers sondages donnaient une très légère et relative majorité en faveur de l'initiative, grâce à un vote massif de la gauche  -mais on sait que  les initiatives populaires perdent souvent du terrain dès que les campagnes de leurs adversaires ont été lancées, et celles des adversaires de l'initiative sont massives... Elle perd donc du terrain, mais impossible n'étant pas socialiste, le sort de Robin des Bois dépend de notre mobilisation, les seules batailles perdues d'avance étant celles qu'on renonce à mener. A Sherwood comme ailleurs.

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  • Le premier jour du XXIe siècle

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    11 septembre.jpg

    Un certain 11 septembre :

    "A terrible beauty is born"

    Depuis des jours, a satiété, sur toutes les chaînes de télé, sur tous les réseaux, par tous les media, nous revivons le 11 septembre new-yorkais d'il y a vingt ans. On n'en attendait pas autant du 11 septembre chilien : l'ONU a fait du 11 septembre une "journée mondiale de lutte contre le terrorisme", pas une "journée mondiale de lutte contre les putschs militaires fascistes. L'événement new-yorkais vaut sans doute ces brûlures de rappel, pour ce qu'il signifie et pour ses conséquences (vingt ans de guerres...), mais pourquoi les images du 11 septembre new-yorkais, et plus que les autres celles des tours en flammes puis de leur effondrement, sont-elles restées, vingt ans après, dans nos mémoires ? Peut-être pour l'inavouable raison qu'elles sont belles, avec leur ciel bleu profond, leurs flammes rouges, leur fumée noire et les vagues grises déferlant le long des rues : "a terrible beauty is born"... Et puis, ce 11 septembre, ce fut peut-être, historiquement, le premier jour du XXIe siècle. De spectacle, ce jour-là et les jours suivants, nous avons été gavés. Les images terrifiantes des attentats, déversées à satiété et jusqu'à plus soif de fumée, de feu, de gravats, de hurlements, de morts et de blessés, avaient-elles, et ont-elle toujours, une autre vertu, sinon une autre fonction, que celle d'un show télévisé, et de faire "vendre du papier" ou du "temps de cerveau" ? Pour les commanditaires des attentats du 11 septembre, en tous cas, la déferlante des images de leurs actes fut une aubaine; certes, ce ne sont pas les media qui tuent; mais ce sont les media qui font la publicité du tueur. Les télévisions qui ont retransmis, pratiquement en direct, puis en boucle pendant trois jours, les images du "blitz" ne sont pas coupables de ce qu'elles retransmettaient, mais elles sont responsables de l'impact immédiat, massif, mondial (mais non universel) de ces images. Mesurent-t-elles le sombre prestige qu'ainsi elles apportent à celui qui semble être le "daemon ex machina" du spectacle qu'elles offrent ? Et les témoins dont le premier réflexe est de saisir de quoi filmer plutôt que se demander qui et comment aider, à quoi et à qui servent-ils et servent leurs images ?

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  • Le premier jour du XXIe siècle

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    11 septembre.jpg

    Un certain 11 septembre :

    "A terrible beauty is born"

    Depuis des jours, a satiété, sur toutes les chaînes de télé, sur tous les réseaux, par tous les media, nous revivons le 11 septembre new-yorkais d'il y a vingt ans. On n'en attendait pas autant du 11 septembre chilien : l'ONU a fait du 11 septembre une "journée mondiale de lutte contre le terrorisme", pas une "journée mondiale de lutte contre les putschs militaires fascistes. L'événement new-yorkais vaut sans doute ces brûlures de rappel, pour ce qu'il signifie et pour ses conséquences (vingt ans de guerres...), mais pourquoi les images du 11 septembre new-yorkais, et plus que les autres celles des tours en flammes puis de leur effondrement, sont-elles restées, vingt ans après, dans nos mémoires ? Peut-être pour l'inavouable raison qu'elles sont belles, avec leur ciel bleu profond, leurs flammes rouges, leur fumée noire et les vagues grises déferlant le long des rues : "a terrible beauty is born"... Et puis, ce 11 septembre, ce fut peut-être, historiquement, le premier jour du XXIe siècle. De spectacle, ce jour-là et les jours suivants, nous avons été gavés. Les images terrifiantes des attentats, déversées à satiété et jusqu'à plus soif de fumée, de feu, de gravats, de hurlements, de morts et de blessés, avaient-elles, et ont-elle toujours, une autre vertu, sinon une autre fonction, que celle d'un show télévisé, et de faire "vendre du papier" ou du "temps de cerveau" ? Pour les commanditaires des attentats du 11 septembre, en tous cas, la déferlante des images de leurs actes fut une aubaine; certes, ce ne sont pas les media qui tuent; mais ce sont les media qui font la publicité du tueur. Les télévisions qui ont retransmis, pratiquement en direct, puis en boucle pendant trois jours, les images du "blitz" ne sont pas coupables de ce qu'elles retransmettaient, mais elles sont responsables de l'impact immédiat, massif, mondial (mais non universel) de ces images. Mesurent-t-elles le sombre prestige qu'ainsi elles apportent à celui qui semble être le "daemon ex machina" du spectacle qu'elles offrent ? Et les témoins dont le premier réflexe est de saisir de quoi filmer plutôt que se demander qui et comment aider, à quoi et à qui servent-ils et servent leurs images ?

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  • "Internalisation" du nettoyage en Ville de Genève : Un premier pas, enfin...

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    Capture d’écran 2021-09-08 022338.jpgNous avons tenu, en un peu plus de deux mois, trois débats au Conseil municipal de Genève sur une proposition d'engagement dans le personnel municipal d'une quinzaine de nettoyeuses et de nettoyeurs de bureaux et de toilettes publiques de la Ville.  On trouvera  que c'est trop débattre d'une proposition aussi modeste, dont le coût équivaut à un peu plus de un pour mille du budget de la Ville ? On aurait tort. Parce que cette proposition, premier pas d'une internalisation dans le secteur public de tout le nettoyage des locaux, des bureaux, des installations communales, manifeste, puisqu'elle a été adoptée hier soir, un refus de la sous-enchère salariale, de la paupérisation d'une part croissante de la population (en particulier des femmes), de la sous-traitance à des privés de tâches publiques, de l'abandon de la responsabilité patronale de la Ville sur celles et ceux qui travaillent pour elle, et son adoption fut un moment de  reconnaissance du travail de celles et ceux qui assument ces tâches, quelles qu'elles soient.

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