Cause toujours - Page 2

  • Applaudir les petites mains ne suffit pas

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    balayeuse.jpgLa pandémie de Covid-19 et les mesures prises pour la combattre ont mis en évidence le rôle central joué par les travailleuses et travailleurs du secteur du nettoyage dans le maintien d'un cadre de vie, de travail et de relations sociales sain. Ce rôle est assumé majoritairement par des femmes occupées à des tâches  pénibles et mal rémunérées, et qui ont été "externalisées", remise à des sociétés privées, c'est-à-dire privatisées.

    Cette externalisation a entraîné, inévitablement, un dumping salarial et social : il s'agit pour les entreprises soumissionnaires, en concurrence les unes contre les autres, de réduire au maximum les coûts de leurs prestations pour pouvoir faire des offres concurrentielles. Des économies ont ainsi été faites sur le dos des travailleuses, qui ont subi baisses de salaire, réduction de temps de travail avec réduction mécanique de la rémunération, pertes de temps de vacances, péjoration de leurs conditions de retraite, la perte  congé maternité...

    En outre, le secteur du nettoyage est marqué par les inégalités de genre. Les temps partiels sont accordés aux femmes alors que les rares postes à plein-temps sont réservés aux hommes, les femmes sont le plus souvent en charge du nettoyage d'entretien, moins bien rémunéré et moins reconnu que le nettoyage de chantier et le nettoyage spécifique. Ces inégalités se traduisent par de grandes différences de salaire et de retraite entre les nettoyeuses et les nettoyeurs.

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  • Télétravail, téléprivilège ?

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    télétravail.jpgQuant la pandémie fusionne lieu de vie et lieu de travail

    Le frein brutal mis à l'"économie" par la lutte contre la coronapandémie a donné une vigueur considérable au passage du travail "sur place" au télétravail. De plus en plus d'entreprises envisagent désormais de pérenniser l'expérience faite pendant deux mois, de faire du lieu de domicile de nombre de leurs salariés, leur lieu de travail. Google et Facebook ont déjà invité leur personnel à oeuvrer à domicile jusqu'à la fin de l'année Mais à qui peut s'adresser cette incitation, voire cette obligation, au télétravail ? évidemment pas au personnel de production, de fourniture de services (le nettoyage, la manutention, la livraisons, les soins) impliquant forcément une présence, une relation, un acte physiques. Evidemment pas non plus aux agriculteurs. Le télétravail est impossible (contrairement au chômage partiel) quand on est nettoyeuse, aide-infirmière ou chauffeur de bus, et pourrait bien finalement n'être qu'un privilège de cadres et de dirigeants. Ou une aliénation de plus ?

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    Lien permanent Catégories : Travail 4 commentaires
  • Pangolin fait du vélo

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    pangolin à vélo.jpgDu bon usage d'un temps de crise

    Un crédit est proposé au Conseil municipal actuel (qui devrait en débattre lors de sa dernière session ) par le Conseil administratif, à l'initiative de Rémy Pagani, pour subventionner l'achat et la réparation de vélos par les habitants de la Ville. En même temps, la Ville (le Conseil administratif) a obtenu du canton (le Conseil d'Etat) son soutien dans la création d'une dizaine de kilomètres de bandes cyclables, prises sur les voies de circulation dévolues aux bagnoles et, sans compensation ailleurs, sur une cinquantaine de places de stationnement pour bagnoles et une trentaine pour motos. Il était donc possible à Genève de mettre en oeuvre sans barguigner des mesures incitant à la mobilité douce... Le moment est bien choisi : celui de la "reprise" de l'activité économique, qu'on ne veut pas voir forcément se traduire par une reprise de l'encombrement automobile -les transports publics ne pouvant fonctionner jusqu'à la rentrée de septembre qu'à 40 % de leur capacité (sièges condamnés, distances de sécurité à respecter...), il convient d'éviter que leurs usagers se reportent sur le mode de déplacement urbain le plus absurde : la bagnole, précisément. Mais à peine dessinées, les nouvelles bandes cyclables, pourtant provisoires, font l'objet de la hargne de la droite et du lobby bagnolard, qui enjoignent le gouvernement cantonal et son petit frère municipal de freiner en torpédo, comme sur les vieux vélos militaires. Il convient donc, même si ce n'est pas forcément notre premier réflexe politique, de le soutenir, notre brave gouvernement cantonal, et de soutenir aussi, ce qui nous est plus spontané)notre au moins aussi brave gouvernement municipal. Et de les soutenir, en signant la pétition idoine (sur https://act.campax.org/petitions/oui-aux-nouvelles-bandes-cyclables-a-geneve) et en pédalant sur une de ces nouvelles bandes cyclables. Par exemple au croisement de l'avenue du Mail et de la rue de l'Ecole de Médecine, ce soir, lundi,à 18 heures... en gardant évidemment nos distances. Mais en prenant un pangolin sur le porte-bagage. Après tout, il y est pour quelque chose, dans la naissance de ces bandes cyclables...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Transports 1 commentaire
  • "Grève nationale pour l'avenir" : changement de forme, pas de fond...

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    sirène d'alarme.jpgAlarme, citoyens !

    Aujourd'hui devrait être un jour de grève pour le climat (une "grève pour le futur", si on traduit en français le titre anglais, comme si on pouvait faire grève pour le passé...). Mais aujourd'hui ne sera pas un jour de grève -ou alors virtuelle. Il est vrai que le coronavirus a plus fait pour le climat, dans l'immédiat, que toute grève de ce genre (mais le "déconfinement" va déconfire ce bénéfice transitoire). La trêve se terminant, le retour à l'anormale se dessinant, le combat pour la justice climatique va devoir reprendre, en même temps que le combat pour la justice sociale. Les transports sont la principale source d'émissions de gaz à effet de serre de la Suisse" rappelle l'ATE. La mobilisation pour  "le développement d'une mobilité durable, libérée de l'essence et du diesel" ne revêt pas moins d'urgence qu'il y a trois mois. La grève qui se justifiait avant l'arrivée du virus se justifie donc autant après, si elle va forcément devoir prendre d'autres formes que celles prévues. Mais on peut aussi sortir dans la rue et manifester, même si c'est interdit, en traçant autour de soi un carré de 2 mètres de côté, histoire de reprendre nos droits démocratiques, et pas seulement nos pulsions consuméristes. Pour toutes les autres initiatives à l'ordre du jour, actions décentralisées "symboliques et créatives", actions "surprise" et pour la webradio de la grève, c'est par là : www.challengeforfuture.ch

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  • Retour à l'âne normal

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    ane-qui-rit.jpg

    Fin du mois contre fin  du monde, comme d'hab'

    Donc, on déconfine. On n'était pas vraiment confinés, sauf quand on était hospitalisé, en prison ou en ems, mais peu importe : on déconfine quand même. Et ce à quoi il va falloir résister maintenant, c'est à la furieuse envie de tirer un trait sur l'épisode covidien, et d'en revenir au statu quo ante. Cette envie d'un retour à l'anormal, le monde d'avant, le monde de l'insouciance climatique, sociale, politique, économique, repose en apparence sur d'assez solides arguments :  le réchauffement climatique ? oui, bien sûr il va se poursuivre, la lutte contre la pandémie n'a été qu'un répit, le temps (que le Centre patronal vaudois nous enjoint d'oublier au plus vite) d'entendre les oiseaux en ville et de moins saloper l'environnement, mais l'urgence climatique, c'est du long terme. Le court terme c'est  l'économie, le chômage. La fin du mois contre la fin du monde, comme d'hab...  Comme dit encore le Centre patronal vaudois, "il faut que l'économie reprenne ses droits". Mais quels droits a-t-elle, "l'économie" ? Aucun, si on admet qu'elle n'est que l'organisation de la subsistance collective des sociétés humaines (subsistance à laquelle se sont, progressivement, ajoutés les droits fondamentaux que proclament aujourd'hui les grands textes du droit international et des constitutions démocratiques). L'économie n'a pas de "droits", elle n'a que ce devoir là : permettre, à toutes et tous, de se nourrir, se loger, se soigner, se vêtir, se déplacer (pas forcément en bagnole ou en avion), s'informer, se cultiver, se délasser. "Ce qui m'a atterré, c'est d'apprendre qu'il fallait qu'on s'adapte pour relancer l'économie. Normalement, ce devrait être le contraire", soupire Zep dans la "Tribune" d'hier. L'économie est au service de la population, pas le contraire -c'est la population qu'il faut soutenir d'abord, pas l'économie. La population, c'est-à-dire des personnes réelles. La population, c'est-à-dire la société -la société entière, y compris cette part d'elle que constituent les personnes et les tâches qu'en temps "normaux" elle préfère ignorer.

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  • Campagne pour des "multinationales responsables" : Chaude sera la fin de l'été

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    multinationales responsables.jpgLa coronapandémie a retardé le vote sur l'initiative populaire fédérale pour des "multinationales responsables", mais ne l'a pas annulé : on votera cet automne. Et si la coalition qui soutient l'initiative est prête à la campagne, le lobby des multinationales aussi. Il a agi au parlement fédéral pour couler un éventuel contre-projet qui ait quelque contenu, il va agir sur l'opinion publique pour essayer d'inverser la tendance favorable à l'initiative que révèlent les sondages. Soutenue par la gauche et 120 organisations non gouvernementales, l'initiative propose d'imposer dans la Constitution fédérale un devoir de diligence et une responsabilité juridique des multinationales en matière de droits de l'homme et de l'environnement dans toutes leurs activités et celles de leurs filiales à l'étranger. On se doute que cette perspective ne les enthousiasme guère. Leur lobby a donc commencé à faire campagne, surtout en Alémanie : elles vont, avec l'aide de l'agence de relations publiques proche de la multinationale Glencore, et la complicité du groupe de presse Tamedia  (que la coûteuse pub des multinationales nourrit) consacrer des millions (au moins huit) à tenter de convaincre le peuple (et les cantons) à les exonérer de toute responsabilité sociale et environnementale. La fin de l'été sera politiquement chaude...

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  • Fin de "législature" municipale genevoise : Cohérence de la foirade

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    Bosch- nef des fous.jpgLa "législature" municipale genevoise se clôt donc comme elle a commencé et s'est poursuivie pendant cinq ans : dans la foirade. Le Conseil municipal de la capitale mondiale du monde mondial avait déjà produit une quarantaine de décisions annulées ou dévaluées par le bailli cantonal (à chaque fois pour des raisons formelles, puisque prises sans vérifier si elles étaient conformes au cadre légal...), il achève son mandat en bouquet final avec une session entière annulée avant même d'avoir pu commencer. Chapeau ! Chapeau du bailli, même, comme dans Guillaume Tell. D'ailleurs, il conviendra, pour la "législature" qui va s'ouvrir, de placer à l'entrée de la salle des séances un grand portrait du Conseiller d'Etat en charge des bailliages communaux, afin que nous ne puissions entrer dans les lieux de nos (d)ébats qu'en passant, humbles, sous lui. Il eût été en effet navrant qu'en ces temps de confinement, le respect de l'autorité se perdît.

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    Lien permanent Catégories : commune, Genève, Politique 0 commentaire
  • Maintenant que la pauvreté est visible...

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    soupe populaire.jpgMieux que soulager : combattre

    On revient sur l'image qui rendit visible la pauvreté invisible, et que "Le Monde" décrit ainsi : "Jamais Genève, l’une des dix villes les plus riches au monde, n’avait imaginé accueillir une telle distribution de vivres. Une file, longue d’un kilomètre, soit près de 2 200 personnes, s’est formée samedi 2 mai aux abords de la patinoire des Vernets, en plein centre-ville. Au bout de trois heures d’attente, le Graal : des sacs qui contiennent des denrées alimentaires essentielles, riz, pâtes, huile, deux boîtes de sauce tomate et des produits d’hygiène courants, offerts par des particuliers et distribués par les bénévoles de l’association de La Caravane de la solidarité. Leur valeur n’excède pas 20 francs (19 euros). « C’est dire le dénuement de ces personnes, s’alarme un volontaire. On n’a jamais vu ça depuis la fin de la seconde guerre mondiale». Ou depuis les soupes populaires des années '30. A Genève, 7465 personnes ont bénéficié du dispositif d'urgence mis en place le 28 mars par les Colis du Coeur, Partage et le CSP... c'est trois fois et demi plus que quelques semaines avant... Les colis du coeur reçoivent des demandes de 1000 personnes supplémentaires chaque semaine. A Lausanne,  la soupe populaire distribuait chaque jour 250 repas jusqu’en décembre 2019. Elle en sert désormais près de 900 quotidiennement...Mais maintenant qu'elle est devenue visible, cette pauvreté, on devrait pouvoir faire mieux que la soulager : la combattre, elle, pas celles et ceux qu'elle frappe.

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  • Du bon usage de deux mois de "confinement"

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    plan piéton Genève.jpgA pied dans Genève

    On a mieux respiré à Genève, ces dernières semaines. Et on s'y est mieux déplacé, malgré le confinement relatif auquel nous nous sommes soumis, et la réduction de l'offre des transports publics : marcher sans entrave et se déplacer à vélo sans risque fut l'étrange privilège de ce temps suspendu... Il ne faudrait pas que le "retour à la normalité" soit le retour à une situation où personne ne peut se déplacer librement  en ville, où les déplacements à pied sont constamment entravés par des ruptures de parcours (feux piétons aux rythmes absurdes, trottoirs obstrués par des deux roues ou des voitures etc...), où les déplacements cyclistes sont dangereux, où les automobiles s'embouteillent les unes les autres et où les transports publics sont piégés dans ces embouteillages... On pourrait mettre à profit l'expérience de ces deux derniers mois pour accélérer (autre paradoxe ?) le passage à la "mobilité douce" : en Ville de Genève, la nouvelle configuration du Conseil municipal, le renforcement des Verts, la solidité du PS (et même la sensibilité de la nouvelle conseillère administrative PDC, et du Conseiller d'Etat PDC dont elle était la collaboratrice...) le laissent espérer...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Transports 1 commentaire
  • Sécurité et souveraineté alimentaire : Sortir de l'impasse mercantile

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    nord-sud2.jpgUne vingtaine de personnalités issues des milieux agricole, associatif, politique, syndical et académique, proposent dans "Le Courrier" (du 22 avril) des pistes pour «redonner ses bases et son sens» à l’agriculture. En cette période de remises en causes (merci au camarade Pangolin de nous y avoir forcé...) des systèmes économiques en général, dont celui sur lequel notre approvisionnement alimentaire est désormais fondé, cet appel (dont on donne des extraits ci-dessous et dont on trouvera le texte intégral et la liste des signataires sur https://lecourrier.ch/2020/04/22/assurer-la-securite-et-la-souverainete-alimentaire-de-la-population/) vaut la peine d'être diffusé. Pas seulement parce qu'il contribue au débat, mais aussi parce qu'il propose des pistes de sortie de l'impasse dans laquelle nous enferre le mercantilisme mondialisé (qui privilégiera toujours la "libre circulation" des marchandises à celle des humains, et produit des accords de "libre-échange" économique dans le même temps où il ferme les frontières des pays les plus prospères aux humains les plus pauvres... L'appel dont nous donnons ci.-dessous des extraits conclut étrangement que redonner à l'agriculture "ses bases et son sens (est) une question de sécurité nationale". Pour nous, c'est surtout une question de respect du droit fondamental à une alimentation suffisante et saine et à une production alimentaire respectueuses de l'environnement. C'est donc aussi une question de solidarité internationale... 

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  • Déjà pauvres, désormais démunis

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    caraL'image qui rend visible la pauvreté invisible

    2000 personnes faisant des heures de queue pour recevoir un sac de produits de première nécessité, dans une des villes les plus riches du monde : c'était à Genève samedi et l'image qui a rendu visible la pauvreté invisible a fait le tour de la Suisse -et au-delà. Depuis le début de la pandémie, la Caravane de la Solidarité distribue de la nourriture et des articles d'hygiène à de plus en plus de personnes qui en ont de plus en plus besoin. La Ville de Genève lui apporte son aide, et Médecins sans frontières était là, samedi. A Genève, pas dans un désert, une savane ou un bidonville. Ce ne sont pas ceux qui crient le plus fort qu'il faut que tout reparte "comme avant" qui sont les premières victimes de la crise sociale collatérale de la crise sanitaire : ce sont ceux pour qui "comme avant", c'était déjà la pauvreté, sans aucune possibilité de supporter une baisse, à plus forte raison une perte, de revenu. Invisibles, ils étaient déjà pauvres, les voilà démunis. Mais visibles.

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  • Naissance du Collège de Patapolitique et de l'Ouvroir de politique potentielle

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    Notre Premier Mai

    Je suis Pangolin.jpg

    Notre Premier Mai

    Le Collège de Patapolitique et l'Ouvroir de politique potentielle sont heureux de vous annoncer leurs naissances en parfaite gemélité, ce Premier Mai 2020, jour de la Réprobation du Travail,  à 0 heure.

    Que le Collège et l'Ouvroir nés en ce jour du 1er Pangolin nous portent conseil pour la "législature" municipale qui s'ouvrira le 2 juin...

     

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  • Confinement des résidents des EMS : Groupe à risque de solitude

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    Ma'Dalton.jpgMa' Dalton est en EMS. A 95 ans, elle en a le droit. Mais elle n'a plus le droit de voir ses proches, ni ses proches de la voir. Alors du coup, pour la première fois, Averell  a envie de célébrer la Fête des Mères, ce vieux machin pétainiste récupéré par les fleuristes. Il paraît que les plus de 65 ans font partie d'un "groupe à risque". Mais c'est un groupe à risque pour eux-mêmes, pas pour les autres. Ensuite,  à la mi-avril, l'âge médian des décès du Covid en Suisse s'élève à 84 ans. Mais quel est l'âge moyen des décès en général, pour toutes les causes possibles ? 83,6 ans en 2017. Autrement dit, quand on meurt du Covid, on en meurt plus vieux que si on meurt d'autre chose. Il est un groupe à risque qui ne l'est que de solitude...

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    Lien permanent Catégories : épidémie, pandémie, Famille 2 commentaires
  • Trois ans de Macron... et après ?

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    Macron masqué.jpgUne présidence jouée à la roulette russe


    Dans une semaine, il y aura trois ans qu'un personnage apparemment (mais seulement apparemment) sorti de nulle part était élu à la présidence de la République française, sur les décombres de PS et des Républicains. Tous deux, il est vrai, s'étaient littéralement suicidés : le PS en se réduisant à un parti de gouvernement gouvernant contre son programme de parti, les Républicains en présentant un candidat, Fillon, d'abord incapable de rallier le "centre", puis piégé par ses propres pratiques de politicien "à l'ancienne". Bref, Emmanuel Macron était élu. Parce qu'il n'y avait personne en face de lui,. sinon Marine Le Pen. Et qu'un choix politique déjà réduit  par une élection au scrutin majoritaire se réduisait encore plus par l'identité, personnelle et politique, des deux protagonistes. De sorte que si on ne voulait pas de Le Pen on ne pouvait que voter pour Macron, que si on ne voulait pas de Macron on ne pouvait que voter pour Le Pen, et que si on ne voulait ni de Macron, ni de Le Pen on ne pouvait que voter blanc, nul, ou s'abstenir. Et donc sortir du jeu et laisser le terrain aux deux seuls joueurs qui y restaient. Et trois ans plus tard, où en est-on ? malgré tout ce à quoi s'est heurté Macron, des "gilets jaunes" à la pandémie en passant par la mobilisation contre la réforme des retraites, on est est presque au même point, avec comme horizon une présidentielle en 2022 se jouant vraisemblablement, au deuxième tour, entre Macron et Le Pen... A moins que...

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    Lien permanent Catégories : France, Politique 1 commentaire
  • Les derniers sont les premiers

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    Bienvenue chez nous.jpgL'option préférentielle pour les pauvres du Covid-19


    D'où nous vient-elle, cette épidémie ? De Chine, sans doute, mais comment ? transbahutée par une armée, comme la grippe espagnole de 1918 ? non : diffusée par des cadres d'entreprises en voyages d'affaires, des représentants politiques en mission, des touristes en goguette, des supporters de foot en Italie, des teufeurs à Verbier et des fidèles évangéliques à Mulhouse... Et qui sont les premiers et les premières à la subir, le plus durement, ici et ailleurs ? celles et ceux qui n'y sont pour rien, qui n'ont jamais mis les pieds en Chine, ni à Verbier : les requérants d'asile, les précaires, les travailleuses domestiques "au gris", "au noir" ou clandestines, les travailleurs pauvres mis au chômage partiel, les petits indépendants, les sdf... toutes et tous ignorés des plans de relance du Conseil fédéral... Il y a en Suisse quand tout va bien pour "l'économie" et les finances publiques 660'000 personnes touchées par la pauvreté. Et maintenant, combien y ont-elles sombré ? Que les derniers soient les premiers fut à la fois une promesse évangélique et un programme socialiste. Que les derniers à propager une épidémie soient les premiers à y succomber n'est qu'une faillite sociale.

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  • Pétrole maudit !

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    dimanche sans voiture.jpgLe baril de brut à zéro dollars ? on va pouvoir s'en regoinfrer...

    Mardi matin, le prix du baril de brut WTI américain livrable en mai est carrément passé en-dessous de zéro à New York : Les traders offraient jusqu'à 40 dollars pour qu'on les débarrasse du brut dont ils ne savaient pas quoi foutre, ni où le stocker, tellement l'offre dépasse la demande : les terminaux de stockage sont pleins, et leur location coûte un saladier. Pour le brut livrable en juin, le prix atteignait seulement dix à douze dollars le baril à New-York, vingt dollars à Londres pour le Brent de le Mer du Nord. Avant la pandémie, la planète cramait 100 millions de barils par jour. Depuis, la consommation s'est effondrée : 40 % de moins au plan mondial (avec des mesures immédiatement perceptibles :  deux tiers de circulation en moins sur l'autoroute Genève-Lausanne la semaine, 85 % de moins le dimanche, entre 50 et 80 % de moins de demande dans les stations-service). Mais la production, elle, a continué à 88 % de ce qu'elle était. Et comme la demande s'est effondrée, les rares  lieux de stockage qui restent disponibles se louent quarante fois plus cher qu'à fin février. Que faut-il craindre le plus ? que cette crise de la consommation perdure et mette en danger l'industrie pétrolière, les grandes compagnies, et les pays dépendant du pétrole pour leur balance économique (l'Algérie, le Nigéria, le Vénézuéla), voire la politique pétrolière de Trump basée sur l'extraction (fort onéreuse) de l'huile et du gaz de schiste par des compagnies très endettées (elles avaient émis des obligations pourries, très rentables quand tout va bien mais calamiteuses quand en temps de crise) ? ou, au contraire, qu'une fois la pandémie maîtrisée, la goinfrerie de carburants fossiles reprenne*, et avec elle la dégradation environnementale qu'elle implique et provoque ?

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  • Israël : Coronaccord de gouvernement

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    Israel.jpgPalestiriens

    Dimanche soir, des milliers de manifestants portant masques de protection et brandissant des drapeaux noirs (en signe de deuil des libertés), se sont rassemblés sur la place Yitzhak Rabin à Tel Aviv, en respectant entre eux la "distance sociale" de deux mètres des temps de pandémie, pour une manifestation contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qualifié de "Ministre du crime". "Laissez la démocratie gagner", exigeaient les manifestants. Prescients, ils dénonçaient par avance un accord de coalition passé sous prétexte d'union nationale entre Netanyahu et son concurrent (plus que son opposant) centriste Benny Gantz, des négociations qui ont provoqué le départ de deux partis de la coalition centriste Kakhol lavan. L'accord laisse Netanyahu au poste de Premier ministres, Benny Gantz sera ministre de la défense puis,après 18 mois,devrait prendre la place de Netanyahu. Si Netanyahu ne s'accroche pas à son poste. A la manif de dimanche, le chef de Yesh Atid, Yair Lapid, qui avait appelé à voter pour Gantz, a accusé Netanyahu d’avoir détruit la démocratie israélienne et  Gantz de l’avoir laissé faire. « C’est ainsi que les démocraties meurent au 21e siècle. Elles ne sont pas anéanties par des chars envahissant le Parlement. Elles meurent de l’intérieur. Il y a cinq ans, la Turquie était encore une démocratie qui fonctionnait. Il y a quatre ans, la Hongrie était encore une démocratie. Elles sont mortes de l’intérieur. Parce que les bonnes personnes étaient silencieuses et les faibles se sont rendus". Ou se sont vendus. On ne se demande même pas, ni leur demande-t-on,  ce que pensent les Palestiniens de cette escroquerie politique, ils ont bien d'autres sujets d'indignation : ni la pandémie, ni la crise politique n'ont entravé la colonisation et l'accaparement, sous divers prétextes, de leurs terres, leurs maisons, leur espaces palestiniens... avec la bénédiction de Trump.

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  • La servitude en temps de pandémie

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    Sindomestico.jpgSolidarité avec les travailleuses domestiques

    Le SOLIFONDS n'a pas renoncé à mener, comme chaque Premier Mai, une action de solidarité avec des travailleurs et des travailleuses engagés dans une lutte inégale pour la défense de leurs droits. Cette année, cette action est de solidarité avec les employées de maison brésiliennes. Et le Covid-19 n'y est pas pour rien : dans le pays de Bolsonaro et des évangélistes négateurs de l'épidémie elle-même, son impact risque d'être dévastateur, et les employées de maison, sans droits, sans accès au système de santé, menacées à tout moment d'être licenciées, victimes de violences sexuelles, comptent parmi les personnes les plus menacées d'être à la fois victimes et propagatrices du coronavirus.

    SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, compte postal 80-7761-7

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  • On n'était pas confinés, mais on sera déconfinés

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    évasion.jpgEn mai, lis ce qu'il te plaît

    Donc, en Suisse comme ailleurs, on déconfine. Par étapes. Pas parce que l'épidémie a pris fin : parce qu'on craint que l'économie prenne fin. Et on déconfine contradictoirement : les coiffeurs pourront rouvrir lundi prochain, pas les libraires. Et on ne pourra toujours pas rendre visite à nos vieux parents en ems. Eux étaient réellement confinés, comme les détenus des prisons et les patients des hôpitaux. Et on vient d'annoncer que, confinés, ils resteront deux mois. S'ils ne meurent pas avant, sans avoir pu retrouver aucun de leurs proches. Mais nous ? Le confinement, partiel, et en grande partie volontaire, était ici une gène, mais pas un drame : on est loin du "confinement presque complet" qui "détruit presque complètement notre économie" qu'évoque l'UDC : aucune des infrastructures indispensables au fonctionnement social n'a été arrêtée, toutes ont fonctionné, les unes au ralenti, d'autres en surchauffe, mais toutes ont fourni ce qu'on avait besoin qu'elles fournissent -et on a pu au passage distinguer nos besoins de nos envies... On n'a coupé ni l'eau potable, ni l'électricité. L'alimentation a été garantie. On n'a manqué d'aucune source d'énergie fossile (puisqu'on continue à s'en goinfrer). Les réseaux n'ont pas été coupés : ni le téléphone, ni l'internet. Les media ont continué de fonctionner. Les transports public aussi. Et même l'aéroport. On ne pouvait plus aller boire un pot sur une terrasse à Barcelone, à Paris, à Berlin ou au Molard, mais on pouvait s'en passer. On pouvait se passer de coiffeur pendant quelques semaines. Et si nous sommes quelques uns à avoir eu quelque peine à nous passer de libraires, nous savions que ce n'était qu'une sorte de moratoire sur la satisfaction de nos désirs de livres. En mai, on lira ce qu'il nous plaît. Aussi vite que possible, aussi lentement que nécessaire.

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  • Nouvelle "législature" municipale : Interrègne confiné

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    pangolin de faced.jpgLes élections passées, leurs résultats validés, les instances politiques municipales devraient être en état de marche -celles qui terminent leur mandat le 31 mai, celles qui commencent le leur le 1er juin. Mais le 18 mars, le Conseil d'Etat avait demandé (ou plutôt imposé...) aux conseils municipaux de suspendre leurs travaux, tant en plénière qu'en commissions, et placé la gestion des affaires communales sous la seule responsabilité des exécutifs -conseils administratifs, maires et adjoints. Depuis, les Conseils municipaux trépignent, veulent se réunir à nouveau, fût-ce virtuellement, sans savoir si des décisions prises dans de telles conditions seraient juridiquement valides,  ni quelles décisions prises par eux sont réellement indispensables et ne peuvent être reportées en mai. Pendant quoi les élues et les élus dans les conseils administratifs négocient entre eux la répartition des dicastères et les partis politiques s'occupent comme ils peuvent à préparer la transition d'un délibératif en fin de course à un délibératif qui n'a pas encore prêté serment et ils alignent les fonctions comme des noix sur un bâton (qui présidera, vice-présidera, le futur Conseil municipal ? c'est le tour de quel parti ? de quelle élue ou de quel élu ? et puisqu'il paraît qu'il en faut un ou une, qui sera chef-fe du groupe parlementaire municipal ? et qui va dans quelle commission)... Etrange interrègne confiné, temps institutionnel un peu suspendu, qui devrait être propice à des réflexions sur les choix politiques fondamentaux plutôt que sur les titres et les postes, non ?

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    Lien permanent Catégories : commune, élections, Genève, Politique 0 commentaire