Cause toujours - Page 2

  • Accord de libre-échange de l'AELE avec l'Indonésie : Libre échange inégal

    Imprimer

    libre-echange.jpgLe 7 mars, le peuple suisse se prononcera sur un accord de libre-échange entre l'AELE (dont la Suisse est membre) et l'Indonésie, attaqué par référendum populaire au nom du commerce équitable, du respect des ressources naturelles et de la solidarité avec les producteurs indonésiens de produits exportés en Suisse.. Porte-parole des référendaires, le vigneron genevois Willy Cretigny explique que le principe même du libre-échange est à combattre et que favoriser la venue de produits qui viennent de loin est "mauvais pour l'environnement, augmente le transport de marchandises et met les écosystèmes locaux sous pression" : "à 'heure où l'on parle d'économie circulaire, de recyclage des déchets, cette fuite en avant entraîne notre perte".  Le référendum est lancé contre un accord qui a été soutenu aux Chambres fédérales par le PS (et, sauf erreur, les Verts). Des ONG comme Public Eye, le WWF, ou la Fédération romande des consommateurs  ont refusé de soutenir le référendum, qu'ont soutenu en revanche la Jeunesse Socialiste, les Jeunes Verts et la Grève pour le Climat. Qui (comme nous, ici) appellent à refuser un accord de "libre-échange" en quoi se résument tous les termes de l'échange inégal entre une économie du centre et une économie de la périphérie.

    Lire la suite

  • Ce n'est pas la mendicité qui est illégale, c'est sa répression

    Imprimer

    mendicité Genève.jpgEncore une chasse à interdire à Genève

    La Genève officielle, politique, judiciaire, policière, bureaucratique, vient de se prendre une baffe méritée, et des années (quatorze...) de combat de Dina Bazarbachi et de Mesemrom ont été récompensés : La Cour Européenne des droits de l'homme (CEDH) a donné droit à une Roumaine de 28 ans, qui contestait l'amende que lui avait infligée le Service des Contraventions pour mendicité sur la voie publique (elle avait été amendée neuf fois en deux ans pour la même raison, et gardée à vue deux fois pour ce crime majeur). La jeune Rrom, mère célibataire de trois enfants, analphabète, vivant dans la rue sans ressource et sans aide sociale, arrivée à Genève en 2011, avait même fait cinq jours de détention provisoire pour n'avoir pas payé cette amende. Elle était ensuite retournée en Roumanie. Pour la Cour (une institution du Conseil de l'Europe, dont la Suisse est membre fondatrice, ceci dit pour couper court aux couinement sur un diktat de l'Union Européenne...), qui a accordé un dédommagement de mille francs à la jeune mendiante, la sanction qui lui a été infligée est contraire à l'art. 8 de la Convention européenne des droits de l'homme  : "Placée dans une situation de vulnérabilité manifeste, la requérante avait le droit, inhérent à la dignité humaine, de pouvoir exprimer sa détresse et d'essayer de remédier à ses besoins par la mendicité". Ce jugement contredit, sur le fond et la forme, les lois qui, notamment à Genève et dans le canton de Vaud, font de la mendicité une pratique illégale sans examen de la situation réelle de celles et ceux qui s'y livrent : puisque les mendiants et les mendiantes ont "le droit, inhérent à la dignité humaine" de remédier à leurs besoins par la mendicité, rendre celle-ci illégale et la réprimer, saisir le contenu de leurs gobelets (il y avait 16 francs 75 dans celui de la jeune Rrom), amender celles et ceux qui s'y livrent et les envoyer en prison s'ils ne peuvent pas payer les amendes qu'on leur colle (et qu'ils ne pourraient payer qu'en mendiant...) est... illégal. Et il ne suffit pas d'adapter les sanctions "au cas par cas" (on ne le faisait donc pas : la loi sanctionne en effet le mendicité quelles qu'en soient les auteurs, les causes, les méthodes, le lieu), comme, obstinées, l'annoncent les autorités genevoises : il faut purement et simplement abroger l'article 11A de la loi pénale genevoise (l'article anti-mendicité). Et d'ici là, on ne saurait recommander aux mendiants et aux mendiantes de se faire représenter pour contester (jusqu'à Strasbourg...) les amendes qui continueraient à leur être infligées : si invoquer la dignité humaine ne convainc pas, à Genève comme dans le canton de Vaud (qui a aussi pénalisé la mendicité) l'Etat de renoncer à la chasse aux mendiants, peut-être que son coût l'y inciterait : on peut parfois s'abaisser à user d'arguments assez vils pour mettre fin à des pratiques plus viles encore.

    Lire la suite

  • Le troll tourne les talons ? Une bonne chose de faite.

    Imprimer

    trump,bidenSous protection de 25'000 policiers et militaires en armes, Joseph Robinette Biden a prêté serment, mercredi, comme 46e Président des Etats-Unis. Pour un seul mandat de quatre ans, si rien ne vient l'interrompre. Avec Kamala Harris comme vice-présidente (première femme et première "personne de couleur" à ce poste), pour, le cas échant, le remplacer ou lui succéder : il a tout de même 78 ans, et est le président le plus âgé de l'histoire étasunienne (mais si elle recule depuis quelques années, l'espérance de vie des Américains a tout de même progressé depuis 250 ans...) Trump a finalement quitté de lui-même la Maison-Blanche après avoir gracié 73 personnes dont son ancien Conseiller et idéologue Steve Bannon (qui avait détourné des fonds destinés à la construction du fameux mur avec le Mexique), et a gagné la Floride sans assister à l'investiture de son successeur, en chantant ses propres mérites et en assurant qu'il reviendra "d'une manière ou d'une autre". Il est vrai que dans la mythologie scandinave,  les trolls, s'ils sont idiots, sont quasiment indestructibles... Le troll tourne les talons, et c'est une bonne chose de faite. Reste à faire... tout le reste.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Politique, USA 2 commentaires
  • Soutenir ceux que la Confédération laisse tomber : L'unanimité, vraiment ?

    Imprimer

    pas de victoire sans lutte.jpgLe groupe socialiste propose aujourd'hui au Conseil municipal de Genève un projet de résolution (déjà soutenu par les Verts et Ensemble à Gauche) appelant au soutien de ceux que la Confédération laisse tomber, ou ne soutient qu'insuffisamment. Le traitement en urgence de ce texte a été accepté à l'unanimité du parlement de la Ville. Ce qui signifie que toute la droite l'a soutenu. On en est un peu désorienté. Un peu, seulement. Parce que ce qui qualifie une proposition politique, c'est aussi son caractère distinctif, sa différence, et qu'une proposition acceptée à l'unanimité pourrait, à quelques esprit chagrins, passer pour un truisme, une évidence, un lieu commun. Sauf que cette unanimité peut être factice, résignée, ou opportuniste. Qu'une proposition peut n'être soutenue que parce qu'on ne pense pas pouvoir la combattre, lors même qu'on aimerait bien le faire, ou qu'elle ne mérite pas d'être combattue Et qu'il revient alors à ceux qui la font de la défendre pour ce qui la distingue. Demander, comme nous allons le faire, que le Conseil fédéral "développe rapidement et massivement les aides nécessaires aux secteurs les plus fragilisés par la crise (...) et établisse les procédures les plus simples possibles pour l’obtention de ces aides", que la Ville de Genève soutienne "les demandes faites, de toutes parts, à la Banque nationale pour qu’elle redistribue aux cantons une part plus importante, compte tenu de leurs besoins, de ses bénéfices" et attendre du canton "qu’il redistribue une part suffisante de cette aide aux communes, et en particulier aux villes", est-ce aller assez loin, quand en une sorte de Pentecôte avant terme, des langues de feu keynésiennes semble avoir converti presque toute la droite aux vertus d'une relance par l'Etat ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Economie, Genève, Politique 0 commentaire
  • Des "correspondants de nuit" à Genève

    Imprimer

    correspondants de nuit Veille sociale nocturne

    Au début de la nuit genevoise, du début de soirée à la nuit, une équipe de prévention, des "correspondants de nuit", sera dans la rue dès ce printemps. Sans autre arme qu'une volonté de dialoguer avec les jeunes, dont les attroupements, voire les incivilités, peuvent susciter un sentiment d'insécurité chez les habitants des quartiers. Mais il s'agit aussi de lutter contre le harcèlement de rue, les débarras sauvages, les discriminations, les souffrances personnelles et les ruptures sociales. Vaste programme de "veille sociale" nocturne, pour un projet qui n'en est encore qu'à une phase de test (on ne connaît pas encore le quartier qui sera choisi pour ce test), et qui ne dispose encore que d'un très modeste budget de 320'000 francs, et de très modestes moyens humains (2,6 postes de travail), trois fois moins que ce dont dispose le dispositif lausannois comparable, car des correspondants de nuit, plusieurs villes romandes (Payerne, Lausanne, Vernier, Grand-Saconnex, Thônex) en emploient déjà. En Ville de Genève, ce sera une première. Et il reviendra au Conseil municipal, le test ayant été fait, évalué, analysé,  de décider de la suite.

    Lire la suite

  • Parking "Clé-de-Rive" : un NON s'impose le 7 mars

    Imprimer

    vignette parking Clé de Rive.jpgClarifions !

    Le Conseil Municipal de la Ville de Genève a pris position il y a quelques mois dans une résolution, contre le projet de parking "Clé-de-Rive". Mais sans doute devrait-il remettre cette compresse, puisque le Conseil administratif actuel, pourtant composé très majoritairement (quatre magistrat-e-s sur cinq...) d'opposants à ce projet, se sent tenu par la prise de position du Conseil administratif précédent (dont quatre des cinq membres ne font plus partie de la nouvelle équipe), et les engagements pris par le magistrat responsable du dossier, Rémy Pagani, à l'égard du promoteur privé du parking, au terme d'un "deal" parking contre zone piétonne. Dans le cadre de ce "deal", la Ville s'engageait à apporter son soutien au projet que sa majorité politique, désormais, combat. Et le principe de la "continuité de l'Etat" appliqué à la commune par la majorité de son Exécutif semble la dissuader de défendre sa propre position. On se dira que, bien sûr, une position de l'Exécutif n'engage pas le délibératif, que le Conseil municipal peut toujours réitérer sa prise de position contraire à celle de l'ancien Conseil administratif. D'ailleurs, une position du Conseil administratif actuel, en tant que collège, n'empêche nullement ses membres de prendre des positions personnelles, puisqu'après tout, pour être magistrat.e.s, ils et elles n'en restent pas moins citoyens et citoyennes... mais tout de même, un Exécutif assumant une position que 80 % de ses membres ne partagent pas, que le parlement ne partage pas non plus, et qu'aucun des partis formant la majorité de l'un et l'autre conseil ne partage, ça ne clarifie pas vraiment le débat. Le Conseil municipal ferait donc bien de réitérer son opposition à ce projet tocard.

    Lire la suite

  • Election partielle au Conseil d'Etat genevois : Fabienne et les sept...

    Imprimer

    Blanche Neige.jpg

    On sait donc qui sont candidats (sept) et candidate (une seule) à l'élection partielle au gouvernement de Piogre : A droite, l'ex-PLR Pierre Maudet, le PLR Cyril Aellen, le Vert libéral Michel Matter, l'UDC Yves Nidegger (sous l'étiquette "Genève autrement") et le PBD Yann Testa.  Si avec tout ce monde à droite, Pierre Maudet n'arrive pas à se hisser au deuxième tour, c'est vraiment qu'il l'aura fait exprès... A gauche, les Verts présenteront Fabienne Fischer, qui sera également soutenue par les socialistes puisqu'ils disposent déjà de deux sièges et n'en revendiquent pas un troisième, et le Parti du Travail fera un petit (premier) tour de piste (SolidaritéS y a renoncé), avec Morten Gisselbaek, avant sans doute de se rallier à la candidate verte au second tour en ayant peut-être, empêché son élection au premier.  Le huitième candidat s'appelle Olivier Pahud, magicien professionnel et promoteur de jeux. Des qualifications en effet idéales pour siéger au gouvernement genevois. En fait, les seuls enjeu du premier tour de cette élection (un éventuel deuxième tour aurait lieu le 28 février) pourraient bien être l'élection ou non de Fabienne Fischer au premier tour, le score de Pierre Maudet et son maintien ou non au second tour... après qu'il soit passé devant le tribunal de police pour le procès de ses errements divers et variés.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : élections, Genève, Politique 0 commentaire
  • Le référendum pétrolo-bagnolard contre la loi CO2 a abouti

    Imprimer

    temps.jpgFaire perdre du temps au temps

    Le référendum lancé par la Grève du Climat (du moins sa part romande) contre la loi fédérale CO2 n'a été déposé lundi qu'avec 7000 signatures, alors qu'il en faut au moins 50'000 pour provoquer un vote populaire. Mais ce vote aura tout de même lieu : l'autre comité référendaire, celui des lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC, a déposé son propre référendum aujourd'hui, avec 110'000 signatures. La disproportion des soutiens à chacun de ces deux référendum dit bien le rapport des forces entre eux, et entre les forces qui les ont lancé. Elle dit donc d'où vient, et ce que signifie, l'opposition réelle à la loi fédérale : maintenir le plus longtemps possible la dépendance de la Suisse au pétrole et des Suisses à la bagnole, pour continuer à en vendre le plus possible. La votation aura lieu en juin. La loi doit entrer en vigueur en 2022. Si  elle est refusée en votation populaire, elle n'entrera pas en vigueur. Ni en 2022, ni plus tard. Si elle est acceptée, il nous reviendra ensuite, dès son adoption, de nous mobiliser pour aller plus loin et plus fort qu'elle. Et le plus vite possible. Parce que le temps est compté. Et que le but du référendum pétrolo-bagnolard est précisément celui de nous le faire perdre. Quant à celui des grévistes du climat, il n'était ni criminel, ni irresponsable. Seulement idiot.

    Lire la suite

  • "Pour sauver l'économie, il faut d'abord sauver les gens"

    Imprimer

     dansemacabre.jpgLes faibles, les forts, les morts

    "Une crise insistante est une épreuve, les forts la traversent, les faibles y succombent, le centre ne craque pas à chaque coup", écrivait Fernand Braudel en 1977, trois ans après le déclenchement de la grande crise pétrolière. Quelle épreuve est la crise du Covid, et pour qui ? Qui sont les forts qui la traversent, et à quoi leur force se mesure ? Qui sont les faibles qui y succombent, et qui les laisse y succomber? L'économie souffre de la pandémie ? Sans doute. Mais pas toute l'économie : les secteurs des technologies de numérisation, de communication, de la chimie, les pharmas, les GAFA et les réseaux sociaux se portent mieux que jamais. Les pompes funèbres, aussi, paraît-il. Et on n'a jamais autant vendu de vélos, mécaniques ou électriques. Cette part-là de l'économie n'est pas à "sauver" : elle est nourrie par la crise. Et de toute façon, "pour sauver l'économie, il faut d'abord sauver les gens",  rappellent les chercheurs américains, Phillip Alvelda, Thomas Fergusson et John C. Mallery. Ce devrait être une évidence : là où il n'y a personne, il n'y pas d'économie. Et dans tous les pays qui ont cru devoir "sauver l'économie" d'abord et les gens ensuite (si on a le temps) on a sauvé ni l'une, ni les autres. Et ce n'est pas affaires nationales, mais enjeu mondial.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : épidémie, pandémie, Monde 1 commentaire
  • "La familia grande" et le mur du silence

    Imprimer

    libertepresse.jpgDe l'inceste et du pouvoir

    C'est une histoire sordide et exemplaire que raconte le livre de Camille Kouchner, "La familia grande". L'histoire de son frère, un adolescent de quatorze ans, dont un homme puissant, son beau-père, abusait. "Abusait" ? Un euphémisme pour "violait". Et c'est l'histoire d'un long silence de trente ans, d'une longue connivence, que le livre brise. Olivier Duhamel, l'abuseur, le violeur, était professeur à Science Po dont il a présidé la fondation, jusqu'à la parution du livre, membre de clubs influents, chroniqueur multicarte, omniprésent dans les "talks-shaws" télévisés.  Tous ceux qui savaient ont fait silence, pour se préserver, ou préserver "la famille". Et la plupart de ceux à qui la vérité a été révélée ne firent rien pour que ce silence soit brisé. D'autres ont pris leur distance avec le couple formé par la mère, Evelyne Pisier, et Olivier Duhamel, mais pas avec le milieu dont ils étaient tous : un milieu privilégié, le haut du panier de gauche.  Ils se croyaient libertaires, n'étaient que libertins. De ceux pour qui la liberté n'est que leur liberté. La liberté d'Olivier Duhamel d'abuser de son beau fils. Le droit d'inceste que s'accordent les incestueux est celui d'un pouvoir absolu -il ne manque ensuite que de tisser le silence autour de ce que ce pouvoir signifie : le pouvoir de faire ce qu'on veut des autres.

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Famille, Société - People 1 commentaire
  • Lundi, c'est la rentrée scolaire. Mais pas la rentrée culturelle.

    Imprimer

    culture.jpgUn accessoire : la culture

    Un manifeste de 450 acteurs culturels indépendants, soutenus par des personnalités politiques (Mathias Reynard, Micheline Calmy-Rey, Pascal Couchepin), les grands festivals et l'infectiologue Didier Pittet demande que les indépendants du secteur culturel, "injustement exclus de la société au fur et à mesure des décisions prises au niveau fédéral ou cantonal pour combattre l'épidémie",  soient "défendus avec la même ardeur que celle employée pour les autres secteurs de l'économie", et indemnisés au même titre que l'est le personnel des grandes institutions du secteur. Ce serait en effet le moins que l'Etat puisse faire s'il tient à justifier son existence : après tout (et cela vaut aussi pour la restauration), c'est lui qui a contraint les lieux culturels à fermer et les acteurs culturels à attendre la Saint Glinglin pour pouvoir retrouver un public, c'est donc à lui  d'indemniser leurs pertes, de réparer leurs absences. Mais il ne s'agit pas que de cela : il s'agit aussi, surtout, de la place de la culture dans la société -dans la constitution même d'une société qui soit autre chose qu'un agrégat aléatoire d'individus, ou de tribus. Il y a donc bien quelque signification plus profonde que celle de l'urgence elle-même, à ce que les théâtres, les cinémas, les musées, les lieux de concerts, qui tous avaient mis en place des dispositifs particulièrement exigeants contre la propagation du coronavirus, dont aucun n'a été un foyer de contamination, soient fermés (ce qui les innocente au surplus de toute responsabilité dans la reprise de l'épidémie) quand les grands magasins restent ouvert, et que l'on se satisfasse de ce que les créateurs culturels ne puissent rien montrer de leur création à un public. On ne sait si c'est sciemment que les autorités politiques font ce choix -on sait seulement qu'il dit quelque chose de la place qu'elles accordent à la culture : congrue, accessoire, décorative. Si, comme l'écrit Thierry Apothéloz, la culture "c'est ce qui donne un sens à ce qui n'en a pas", quel sens donne la fermeture des lieux de culture à la société et au pouvoir qui les ferment ?

    Lire la suite

  • Un Trump, ça ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît...

    Imprimer

    Capture d’écran 2021-01-07 002607.jpgNaufrage de Trump. Et du trumpisme ?

    Quoi qu'en puissent suggérer les images de cette nuit de Grand Guignol à Washington (qui nous rappellent celles de la tentative de putsch du colonel Tejero, en Espagne, en 1981),  le Congrès des Etats-Unis va ratifier l'élection de Joe Biden à la présidence, mais après avoir été attaqué pour la première fois depuis 1812 (mais c'était alors par les Anglais -cette fois c'est par des Américains persuadés d'être les seuls vrais Américains) . A l'heure où on écrit, la séance, interrompue pour quelques heures après quelques flibustes parlementaires de retardement et une tentative d'intrusion violente des trumpistes dans le bâtiment du Congrès, a repris, alors qu'en Géorgie, le deuxième tour de l'élection sénatoriale aboutissait à une double victoire démocrate, scellant un équilibre parfait des forces à la Chambre haute (50 démocrates et 50 républicains), la vice-présidente Kamala Harris se voyant confier le pouvoir de départager les votes égaux. Les jeux sont-ils faits pour Trump ? Institutionnellement, sans aucun doute : le 20 janvier, il ne sera plus président des USA et le camp républicain est en capilotade (d'où sa défaite historique en Géorgie). Mais politiquement, c'est une autre histoire. Trump et les siens ont déjà en ligne de mire l'élection présidentielle de 2024 et ils ont beau vivre, imperméable à la raison et insensible à la réalité des fait,  comme une secte dans une sorte de monde parallèle, on peut  compter sur eux pour animer ces quatre prochaines années. Mais pour quel résultat ? Assurer l'élection de la vice-présidente de Biden, Kamala Harris, à la présidence ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Politique, USA 9 commentaires
  • L'Union Européenne s'émancipe de la Grande-Bretagne (mais pas encore l'Ecosse de l'Angleterre)

    Imprimer

    frontière écossaise.jpgBrexciting

    Ouf ! le Brexit, c'est fait : un accord a finalement été signé entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pour sa mise en oeuvre. Un accord sans vainqueur, chacune des parties devant abandonner des revendications initiales. Reste évidemment à assumer, de part et d'autre de la Manche, les conséquences d'une rupture dont la plupart des partisans ne mesuraient précisément pas les conséquences. L'accord ne satisfait peut-être personne (même pas, quoi qu'il en joue, Boris Johnson) mais soulage tout le monde, y compris, en Grande-Bretagne, les partisans du maintien dans l'Union (un mauvais accord valant mieux, pour eux, qu'un "no deal") et, au sein de l'Union, les partisans de son renforcement politique, social et environnemental, à quoi précisément le Royaume-Uni s'était opposé depuis son entrée dans la communauté européenne -au point qu'on se dit (comme De Gaulle le disait) qu'il n'y était entré que pour cela : l'entraver. Finalement, de l'Union Européenne et de la Grande-Bretagne, celle qui s'émancipe de l'autre n'est sans doute pas celle qui le clame le plus fort. Et qui, en quittant l'Union, laisse son vieil adversaire historique, devenu allié et partenaire, la France, en être désormais le seul Etat  à siéger au Conseil de Sécurité de l'ONU, à disposer d'une force nucléaire et à avoir l'ambition d'une politique extérieure autonome de celle des Etats-Unis, même si elle n'a pas à elle seule les moyens de cette ambition -d'où sa volonté d'en doter l'Europe. Parce que c'est désormais  à ce seul niveau qu'il est possible de tenir tête aux USA et à la Chine.

    Hier, Boris Johnson a annoncé le reconfinement presque total des Britanniques...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Europe, Politique 1 commentaire
  • 2020, saison 2

    Imprimer

    dansleschiottes.jpgOn vous souhaite une année...

    Normalement, en cette période de l'année nouvelle du calendrier grégorien (et, dans quelques jours, aussi du calendrier julien), ce qui devrait s'imposer, c'est un conte du jour de l'an. Une jolie histoire, pleine de bons sentiments, et qui finit bien, avec une morale qui fasse de l'usage au moins jusqu'à Pâques. D'ailleurs, y'en a de très bien, des contes du jour de l'an. Ceux écrits par Louise Michel, par exemple*. Louise Michel, vous dites ? non, pas LA Louise Michel, quand même ? Ben si, elle-même, la communarde, l'anarchiste, l'amie des kanaks, la féministe... Mais franchement, vous la trouvez propice aux contes pleins de bons sentiments se concluant par des souhaits de bonne année, la période qu'on vit ? "Bonne" année, faut le dire vite... C'est pas une bonne année qu'on devrait souhaiter et se faire souhaiter, c'est une année. La dernière, sans nul doute, avant le grand collapsus -depuis le temps qu'on nous l'annonce, celui-là, il faudrait bien qu'il survienne une bonne fois, qu'on puisse passer à autre chose.... Alors voilà, "camarades et amis" (comme on disait dans les émissions en français de Radio-Pékin du temps du Grand Timonier), on vous souhaite une année. C'est déjà ça, non ?

    *Louise Michel, La révolution en contant, histoires, contes et légendes, Bleu Autour, 2019

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : complot, voeux 4 commentaires
  • Consommer, on doit. Mais pas manifester.

    Imprimer

    Capture d’écran 2020-12-21 230815.jpgEteignoir social

    Depuis lundi à 11 heures et deux minutes du matin les jours s'allongent. Pour six mois. Reste à savoir ce qu'on fait et fera, et de ce qu'on nous laissera faire, de ce temps d'un peu de lumière en sus. Samedi, l'avant-dernier jour de l'hiver, on a pu voir à Genève ce que les oubliés de la crise voulaient, et ce à quoi ils avaient à faire. Ces oubliés voulaient qu'on ne les oublie plus. Le Conseil d'Etat (c'est-à-dire, concrètement, sur place, la police) voulaient qu'ils rentrent dans le rang. Et l'oubli. Un millier de personnes s'étaient réunies sur la Plaine de Plainpalais pour entendre pendant deux heures les témoignages des Oubliés. Puis, une centaine d'entre elles s'étaient mises en marche pour tenter de défiler dans les rues, ce dont les organisateurs du rassemblement (la Communauté genevoise d'action syndicale) avaient sollicité en vain l'autorisation : que les Oubliés se rassemblent, soit. Mais qu'on les voie marcher dans les rues de la Ville, surtout pas ! Et autant de policiers robocopés que de manifestants furent déployés pour que la marche des seconds s'interrompe sur le Marché aux Puces. Là où on retrouvera en effet quelques libertés fondamentales. Et là où les Oubliés peuvent prendre conscience du destin auquel ils sont voués par ceux qui les veulent faire oublient -mais n'oublient pas l'"économie". Il paraît qu'on va pouvoir dans les jours qui viennent pouvoir commencer à se faire vacciner contre la Covid. Pour vacciner les gouvernants contre l'usage de l'éteignoir social, en revanche, on ne dispose pas de grand chose. Sinon, précisément, du droit de manifester. "Dans un esprit festif et combattif", avec ou sans "l'assentiment de nos chères autorités", selon les mots de l'invitation  du "Parti objectif de la Genève oubliée" (POGO) à manifester samedi dernier.

    Lire la suite

  • L'initiative antiburqa soumise au vote le 7 mars prochain

    Imprimer

     

    Plutot la vie.jpgGesticulation

    En pleine coronapandémie, le Conseil national avait trouvé le temps de débattre de l'initiative populaire crypto-udéciste  proposant l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (dite initiative "antiburqa", puisqu'en réalité c'est bien de l'interdiction de cette seule dissimulation-là, l'islamiste, dont il s'agit), et avait par 114 voix contre 76 (UDC et une partie du PDC) appelé à la refuser, sans lui opposer un contre-projet direct. L'initiative sera donc soumise au peuple le 7 mars prochain. Le Conseil fédéral lui est également opposé, au nom du fédéralisme : elle empiète en effet sur une compétence cantonale alors que nombre de cantons se sont déjà prononcés sur des propositions du même genre que celle proposée par l'initiative : l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (ce qui implique l'interdiction de la burqa et du niqab, des masques et cagoules, mais pas celle du hidjab), avec suffisamment d'exceptions possibles (sanitaires, motocyclistes, carnavalesques ou climatiques) pour que cette interdiction ne soit qu'un voeu pie, et se résume en celle de la dissimulation du visage des femmes sous prétexte religieux (elle serait d'ailleurs levée pour les lieux de culte...). Et encore : on voit mal (en fait, on ne voit pas du tout...) la police genevoise, bernoise ou tessinoise interpeller sur les quais ou dans les rues les épouses eniqabées des nababs du Golfe, de diplomates ou de hauts fonctionnaires internationaux).  La loi d'application (l'initiative est constitutionnelle, et donc inapplicable sans loi d'application) pourvoira sans doute à parfaire l'impuissance du texte soumis au vote, en soustrayant touristes et épouses de détenteurs de passeports diplomatiques à ses dispositions. Une initiative peut être porteuse d'un projet. Celle-là n'est qu'une gesticulation. Qui fera elle-même beaucoup gesticuler une fois le débat lancé avant le vote.

    Lire la suite

  • Les oubliés de la crise se rappellent aux gestionnaires de la crise

    Imprimer

    iceberg.jpgLa masse immergée de l'iceberg

    Nous manquerions ici de place pour ne serait-ce qu'énumérer les mesures prises pour "soutenir l'économie". Nous en manquerions moins pour rappeler celles prises pour soutenir la population la plus précaire de cette ville et de ce canton et des autres villes et des autres cantons de ce pays, tant la disproportion frappe, entre le soutien apporté aux entreprises et celui apporté aux gens : ne vient-on pas d'apprendre que la Banque nationale consacrait des milliards à faire baisser artificiellement la monnaie suisse, histoire de soutenir les entreprises d'exportation ? Les plus pauvres ne votent pas -ils n'en ont souvent même pas le droit. Ils ne se syndiquent pas. Ils ne descendent pas non plus dans la rue. Ils se cachent. Ne se montrent que lorsqu'ils et elles ils ne peuvent faire autrement. Pour manger. Mais samedi à 14 heures sur la plaine de Plainpalais, se tiendra un rassemblement à l'appel des oubliés de la crise (salariés pauvres, travailleuses et travailleurs précaires, toutes celles et ceux qui ne bénéficient d'aucune mesure sérieuse d'aide), des syndicats, des associations d'entraide et des partis de gauche. Les oubliés de la crise se rappellent aux gestionnaires de la crise, avant qu'il soit trop tard : ils sont la masse  immergée de l'iceberg -celle dont on ne prend conscience que quand il est trop tard et qu'on s'y est déjà déchiré...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion 1 commentaire
  • De la réduction du temps de travail en temps de crise

    Imprimer
    D'un mal, faire sortir un bien

    La Suisse a déjà la durée légale de travail la plus longue d'Europe (45 heures par semaine, limite qui n'en est pas vraiment une puisqu'on peut la dépasser, en la compensant), mais le patronat et la droite voudraient bien l'allonger encore et ont lancé fin 2018 une offensive pour "flexibiliser" le temps de travail, et remettre en question le compromis de 2015 plafonnant à 45 heures par semaine la durée légale du travail, sauf pour les salaires supérieurs à 120'000 francs et les branches couvertes par une convention collective. Le patronat voudrait passer d'une limite hebdomadaire à une limite annuelle pour tous les salariés exerçant une fonction dirigeante et les spécialistes disposant d'une large capacité de décision. L'Union suisse des arts et métiers (USAM, syndicat patronal des PME) demande que la durée hebdomadaire maximale du travail soit portée à 50 heures, voire 54 "dans certaines conditions"., en même temps que la règle des onze heures de repos entre deux période de travail soit assouplie, voire réduite à huit heures deux fois par semaine. Pour le dessert deux initiatives parlementaires, l'une du PDC l'autre du PLR, veulent élargir le nombre de salariés qui ne seraient plus soumis à l'obligation de saisir leur temps de travail pour définir leur salaire -histoire de ne pas payer la totalité du temps qu'ils y consacrent, ce que le télétravail, généralisé partout où c'était possible depuis le printemps pandémique de 2020, facilite aussi, de toute évidence... Quant à nous, on se demande maintenant, à l'inverse si la crise actuelle ne serait pas le bon moment pour ranimer la vieille revendication d'une réduction du temps de travail. Faire sortir d'un mal (la crise) un bien (la libération du temps) pourrait certes paraître cynique -mais au fond, n'est-ce pas tout bêtement de l'opportunisme pragmatique ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : Travail 1 commentaire
  • Un peu de soutien aux acteurs culturels genevois les plus fragiles

    Imprimer

    Capture d’écran 2020-12-14 040537.jpgDéconfinement budgétaire...

    "Pour la culture (...) l'argent est une chose, mais il ne faut pas négliger la souffrance induite par l'impossibilité de se produire sur scène", plaide la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga. A cette souffrance, qu'est-ce qu'une commune, fût-elle la deuxième ville de Suisse, peut apporter comme remède ? Elle ne peut pas, lors même qu'elle le voudrait, rouvrir les lieux qui ont été fermés sur décisions fédérales et cantonales : elle n'en a pas la compétence légale... Et donc, la commune fait ce qu'elle peut  : elle accorde des moyens, elle maintient ou accroît des subventions, elle maintient ou renforce des lignes budgétaires générales à disposition pour des soutiens ponctuels à la création et aux manifestations, elle facilite l'accès aux aides apportées par d'autres. C'est ce que la Ville de Genève va faire, grâce à un budget adopté samedi soir, et dans lequel nous (la gauche, parfois avec le soutien du MCG et du PDC) avons renforcé autant qu'on pouvait le faire le soutien aux secteurs, aux champs, aux formes d'expression les plus précarisés par la crise. En somme, nous avons un peu déconfiné financièrement l'espace culturel genevois. En attendant que les espaces culturels réels le soient : "Le monde du spectacle a été le premier confiné, il sera le dernier déconfiné", résume amèrement Jean Lhermier, directeur du Théâtre de Carouge...  Et son redémarrage, comme celui du monde musical, repose, outre les moyens que les collectivités publiques leur auront accordé,  sur la confiance du public dans l'absence de risques des contacts sociaux. Mais aussi sur un minimum de cohérence dans les prescriptions imposées par les autorités fédérales et cantonales : quelle acceptation de ces prescriptions peuvent-elles attendre de la population et des acteurs sociaux et culturels, quand elles alternent ou juxtaposent sans justification crédible confinements et déconfinements, autorisations et interdictions, ouvertures et fermetures ? qu'elles autorisent l'ouverture des centres commerciaux et des stations de ski (tire-fesses compris), mais pas celle des théâtres, des salles de cinéma et des salles de concert, alors qu'ils étaient de tous les espaces accessibles au public les plus respectueux des mesures de prévention de la contagion covidienne ?

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : budgets publics, Culture, Genève 0 commentaire
  • Plomberie budgétaire et débat politique : La Ballade des perclus

    Imprimer

    Demain, ou peut-être lundi soir, ou peut-être toute la nuit de lundi à mardi, le Conseil municipal de la Ville de Genève va plancher sur le budget de la commune. Le débat budgétaire municipal, à Genève est encadré par des lois cantonales qui contraignent les communes à respecter des prescriptions que le canton ne s'applique pas à lui même, ça se fait en trois débats successifs où on peut reprendre au troisième tout ce qu'on avait fini par voter à la fCapture d’écran 2020-12-11 020606.jpgin du deuxième, ça se fait en examinant un à un des amendements qui, lorsqu'ils proposent d'augmenter une subvention, doivent obligatoirement proposer d'en diminuer une autre ou d'augmenter les impôts ou les taxes,  ça commencera demain matin à huit heures et ça pourrait durer jusqu'à mardi matin à huit heures (comme ce fut le cas plusieurs fois ces dix dernières années, même si on compte bien échapper à cette purge), voire rependre à zéro si le Conseil municipal refuse le projet de budget qui lui est présenté... c'est cela, le débat sur le budget municipal de la Ville de Genève pour l'année à venir. Une ballade des perclus. Frères humains qui avec nous vivez, n'ayez les cœurs contre nous endurcis, mais si pitié de nous, pauvres, avez, la Ville en aura plutôt de vous mercy...

    Lire la suite

    Lien permanent Catégories : budgets publics, Genève, Politique 1 commentaire