Cause toujours - Page 2

  • Macron et Le Pen à la chasse aux électeurs de Mélenchon

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    Macron-Mélenchon.jpgA gauche toute !

    "La France est face au scénario du pire", éditorialisait lundi "Le Courrier" : Marine Le Pen "est en mesure de l'emporter le 24 avril prochain", au second tour de la présidentielle, en s'appuyant sur le socle des 32,3 % de suffrages xénophobes totalisés (entre Le Pen, Zemmour et Ducon Gnangnan) au premier tour. "Nous sommes face à un choix de civilisation", a prêché Le Pen après sa sélection comme challenger du président sortant. Un choix de civilisation ? Peut-être, mais entre quelles civilisations ? En tout cas, un choix machiavélien entre le pire et le moindre mal. En attendant d'en connaître l'issue, on observe que les deux candidats se livrent à une chasse effrénée aux voix de gauche. Parce que si la gauche a perdu le premier tour et est absente du deuxième, ses électeurs, eux, ne se sont pas évaporés. Et que les deux adversaires du tour final en ont besoin. Ainsi, Macron a, dès le soir du premier tour, assuré qu'il était "prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler" autour de lui. Prêt à "enrichir" son projet sur l'écologie. A reculer sur sa réforme du système de retraite. A créer un "impôt de guerre" sur les grandes entreprises pour redistribuer du pouvoir d'achat. A constituer, une fois élu et à défaut d'avoir pu reconstituer un front républicain pour assurer son élection, un gouvernement d'union républicaine. Encore un peu et il proposera un programme commun aux socialistes, aux communistes et aux écologistes. Et un programme de transition aux trotskystes.

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  • La gauche française après une défaite électorale

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    Titanic.jpgAu tréfonds à gauche

    A considérer les résultats du premier tour de la présidentielle, la gauche française n'a jamais été aussi faible : ses six candidats totalisent moins de 32 % des suffrages. Pris dans le "casse noix" Macron-Mélenchon, les candidats des Verts, du PS et du PC dépassent à peine, ensemble 8,5 % des suffrages et la candidate socialiste dépasse à peine l'addition des deux candidats trotskystes. Cette déroute de la gauche, que ne compense pas le succès de sa seule composante (la France Insoumise) qui à défaut de pouvoir crier victoire n'ait pas à pleurer une défaite, était annoncée, et ses causes remontent loin, à quarante ans: à la perte  de son assise de classe dès le "tournant de la rigueur" lors du premier mandat de Mitterrand. La gauche française a pu encore gagner des élections, souvent en profitant des erreurs de la "droite la plus bête du monde" (prétention par ailleurs injustifiée), mais n'est plus apparue comme une véritable force de changement social. Quand elle gagnait ou ne perdait pas, c'est qu'on n'avait voté pour elle que parce que la droite était pire. Un peu comme dans dix jours on votera Macron parce qu'en face il y a Le Pen. 

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  • "Une vie ici, une voix ici ":  Renforcer la démocratie

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    carte d'habitant.jpgVoilà 50 ans, les femmes conquéraient le droit de vote et d'éligibilité en Suisse, qui figurait dans le cahier de revendication de la Grève Générale. Le suffrage devenait ainsi un peu plus «universel» -tout en restant indigène. Pour le rapprocher encore de l'universalité, renforcer la démocratie, il reste à faire un pas de plus : accorder le suffrage aux habitantes et aux habitants, quelle que soit la couleur de leur passeport.  Aujourd’hui encore, près de 1,5 millions de personnes vivant en Suisse ne peuvent pas participer aux prises de décision – et cela uniquement parce que leur passeport est de la mauvaise couleur. Le Parti socialiste suisse demande l’introduction du droit de vote et d’éligibilité pour toute personne résidant depuis plus de cinq ans en Suisse : il est grand temps ! Pour soutenir cette revendication, le PS lance une pétition nationale. On la signe ici : https://droitdevotepourtoutesettous.ch  Et surtout, à Genève, une initiative populaire constitutionnelle est lancée pour accorder aux étrangers résidant à Genève depuis au moins huit ans les droits politiques au plan cantonal dont ils disposent déjà au plan municipal, en ajoutant à ces deux niveaux le droit d'éligibilité.
    On télécharge l'initiative ici : https://drive.google.com/file/d/1QMr-BJbNwtihV3S-C_LLk5jISbNZgHhl/view

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  • Présidentielle française : Bis repetita (non placent)

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    Capture d’écran 2022-04-11 011943.jpgEn France, la campagne électorale qui n'a pas eu lieu a accouché d'un résultat finalement d'autant plus étrange qu'il était annoncé : la surprise, c'est qu'il n'y a pas eu de surprise, sinon dans le détail des résultats. La guerre en Ukraine, la pandémie ont contraint la campagne, l'urgence climatique en a été absente.  Macron voulait un duel de second tour avec Le Pen, il a tout fait pour l'avoir, il l'a. Le Pen voulait se retrouver face à Macron, elle s'y retrouvera, malgré Zemmour, et il n'aura sans doute manqué qu'une semaine à Mélenchon pour la rattraper et se retrouver face à Macron en récupérant une par supplémentaire de l'électorat des autres candidats de gauche ayant refusé de se retirer -et se retrouvant donc responsables de l'échec du seul candidat qui aurait été capable d'éviter à la gauche de se retrouver à devoir voter Macron pour éviter Le Pen. C'est dommage : un débat entre Macron et Mélenchon, ça aurait eu une autre gueule que celle qu'aura probablement le débat entre Macron et Le Pen. 12 candidat.e.s se présentaient aux Français. Cinq disaient espérer se retrouver au deuxième tour, trois pouvaient réellement l'espérer, et hier soir, ils totalisaient ensemble près des trois quarts des suffrages, les deux partis de gouvernement qui se sont succédé à la tête de la France ne totalisant, ensemble, que moins de 7 % des suffrages... La campagne officielle débute le 15, la campagne réelle a commencé hier soir. Puis, ce sera, en juin, une sorte de troisième tour, les élections législatives, le président ou la président.e élu.e ayant besoin d'une majorité parlementaire.

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  • Présidentielle française : Bis repetita (non placent)

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    Capture d’écran 2022-04-11 011943.jpgEn France, la campagne électorale qui n'a pas eu lieu a accouché d'un résultat finalement d'autant plus étrange qu'il était annoncé : la surprise, c'est qu'il n'y a pas eu de surprise, sinon dans le détail des résultats. La guerre en Ukraine, la pandémie ont contraint la campagne, l'urgence climatique en a été absente.  Macron voulait un duel de second tour avec Le Pen, il a tout fait pour l'avoir, il l'a. Le Pen voulait se retrouver face à Macron, elle s'y retrouvera, malgré Zemmour, et il n'aura sans doute manqué qu'une semaine à Mélenchon pour la rattraper et se retrouver face à Macron en récupérant une par supplémentaire de l'électorat des autres candidats de gauche ayant refusé de se retirer -et se retrouvant donc responsables de l'échec du seul candidat qui aurait été capable d'éviter à la gauche de se retrouver à devoir voter Macron pour éviter Le Pen. C'est dommage : un débat entre Macron et Mélenchon, ça aurait eu une autre gueule que celle qu'aura probablement le débat entre Macron et Le Pen. 12 candidat.e.s se présentaient aux Français. Cinq disaient espérer se retrouver au deuxième tour, trois pouvaient réellement l'espérer, et hier soir, ils totalisaient ensemble près des trois quarts des suffrages, les deux partis de gouvernement qui se sont succédé à la tête de la France ne totalisant, ensemble, que moins de 7 % des suffrages... La campagne officielle débute le 15, la campagne réelle a commencé hier soir. Puis, ce sera, en juin, une sorte de troisième tour, les élections législatives, le président ou la président.e élu.e ayant besoin d'une majorité parlementaire.

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  • 32 heures, c'est bien assez !

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    manif réduction du temps de travail.jpg

    Travailler moins pour polluer moins et vivre mieux !
     
    Il y a un siècle (et trois ans et demi), la Suisse connaissait la première, et la seule, grève générale de son histoire. A son cahier de revendication, celle-ci : la semaine de travail de 48 heures. Un siècle (et trois ans et demi) plus tard, à défaut de grève générale, ou même partielle, perlée ou du zèle, on manifestera à Genève demain, samedi, à 14 heures sur la place Lise-Girardin, avec un rassemblement en bout de manif à 15h15 à la rotonde du Mont-Blanc, pour une réduction du temps de travail à salaire égal. C'est ce que réclame l'initiative cantonale "1000 Emplois", et ce qu'exige La Grève pour l'Avenir. Et l'urgence. Et la raison : travailler moins pour polluer moins, mieux partager les tâches, vivre mieux. 32 heures hebdomadaires, c'est bien assez ! Il y a bien des raisons pragmatiques, empiriques, de vouloir réduire le temps de travail contraint, et rémunéré. Mais il y a aussi ces raisons qu'on dira idéologiques quand on ne veut pas les admettre, philosophiques quand on voudra les dire déconnectées de la réalité, et qu'on se contentera ici de dire fondamentales.

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  • Répartition des tâches et des compétences entre le canton et les communes : Vive la Commune !

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    autonomie Ville.jpgGenève est de tous les cantons suisses celui qui accorde le moins de compétences aux communes qui le composent, si l’on fait exception du cas particulier de Bâle-Ville. Cette situation est certes le fait d’un héritage historique (l’ancienne République ne connaissait pas de commune, il n’y a de communes genevoises que par le fait du régime français, et pendant trente ans, après la Restauration de l’Ancien Régime, la vieille aristocratie revenue au pouvoir dans les fourgons de la Saint-Alliance avait trouvé le moyen de supprimer la commune de Genève, qui ne fut rétablie que par la révolution radicale), mais elle est aussi le fait d’un choix politique des majorités de droite qui, à de rares et brèves périodes près, ont gouverné le canton depuis un siècle et demi. Nous avons donc proposé au Parti socialiste (cantonal) l’introduction dans son programme d’un chapitre concernant la répartition des tâches entre le canton et les communes et le développement de l’autonomie communale... Sans surprise, le Comité directeur a invité l'Assemblée générale du parti qui se tiendra samedi pour adopter le programme, à refuser cet amendement. Dire qu'on a été surpris de ce refus serait se faire passer pour plus naïfs qu'on est... Et croire qu'on va renoncer à défendre notre amendement sous le futile prétexte que le Comité directeur le refuse, nous prendre pour moins obstinés que nous sommes.

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  • Boutcha, Trostianets, Marioupol... La sale guerre de Poutine

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    Boutcha.jpgA Boutcha, abandonnée par les Russes, des corps de civils, hommes et femmes, jonchaient les rues, parfois à côté de leur vélo ou de leur voiture, certains, une balle dans la nuque, ont les mains attachées dans le dos. Tous n'avaient pas, lundi, été retrouvés : il y en avait encore dans les cours, les jardins, les caves. A Marioupol, privée d'électricité, de chauffage, d'internet, de téléphone et d'eau courante, le corridor humanitaire qui devait être mis en place pour permettre aux civils de quitter la ville n'a pas pu être organisé, le cessez-le-feu n'ayant pas été respecté, et les convois humanitaires se sont retrouvés sous les bombes. La Mairie déclare ne plus pouvoir ramasser les corps dans les rues. A la périphérie de Kyiev (Kiev), on ne les ramasse plus sans s'être assuré qu'ils n'ont pas été piégés. Human Right Watch dénonce des viols, des meurtres, des tortures, une "cruauté et une violence délibérée à l'encontre des civils ukrainiens" avant le départ des forces russes et de leurs supplétifs. Amnesty International fait en outre état d'usage d'armes proscrites par le droit international, comme des bombes à sous-munition. On ne sait pas, pas encore si ces crimes (que le pouvoir russe, relayé sur les réseaux par des sites d'extrême-droite, nie, qualifie de "mise en scène" et attribue aux "nazis ukrainiens") sont des crimes de guerre qu'on pourrait n'imputer qu'à des soudards ivres, sans encadrement et furieux d'avoir été repoussés, ou des crimes contre l'humanité commis sur ordre de la hiérarchie militaire, voire politique. Ce sont en tout cas des crimes, qui qualifient la guerre déclenchée par  Poutine : sale, très sale.

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  • "Il neige sur Genève en cette nuit du 1er avril 2022, plus de deux cent personnes dorment dehors"

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    Capture d’écran 2022-04-03 034032.jpgPoison d'Avril

    Vendredi 1er avril : il neige sur Genève. Vendredi 1er avril : plus de 200 personnes, sans logement ni revenu, se retrouvent à la rue : les hébergements ouverts pendant l'hiver ont fermé le 31 mars, comme ce fut déjà le cas en 2021, et la Ville de Genève, qui assure l'essentiel de l'hébergement des sdf, n'a pas reçu les moyens de le prolonger toute l'année.  "Cela suffit !", écrit le Conseiller d'Etat Thierry Apothéloz,  "en colère de savoir que près de 200 personnes sans-abris se retrouvent à la rue, en raison d’un jeu néfaste d’un « qui bouge, perd » entre les communes et la Ville de Genève". Il faut "agir tout de suite", affirme Thierry Apothéloz qui va proposer au Conseil d’Etat de" répondre aux besoins des associations en faisant une avance et la facture de ces prestations communales sera envoyée en bonne et due forme aux 45 communes, à moins qu’elles se décident immédiatement à exercer cette compétence qui est la leur". L'une d'entre elle, celle de Genève, n'y a pourtant jamais rechigné... Mais pas question pour le canton de payer : "des millions de francs dorment dans les coffres des communes", écrit le Conseiller d'Etat ? Oui, et près d'un milliard de recettes excédant les prévisions est arrivé dans ceux du canton... Dans l'urgence, se renvoyer obstinément la balle des charges et des compétences est un exercice lamentable, où l'odieux le dispute à l'indécent.  Un poison d'avril. La loi cantonale charge les communes de l'hébergement des sans-abris, et tant que la loi n'a pas changé, qu'elle n'impose pas aussi au canton une part de cette charge, c'est bien à elles, à elles toutes et pas seulement à la Ville de Genève, d'assumer cette tâche, mais la loi cantonale garantit aussi à toute personne la couverture de ses besoins vitaux (avoir un toit est un besoin vital...) et enjoint au canton et aux communes de collaborer pour répondre à cette exigence en délivrant des prestations inconditionnelles, à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin. Le canton ne peut donc se tenir quitte d'agir, même si, sur le terrain, ce sont les communes qui doivent d'abord le faire. Toutes les communes.

    Une Lettre ouverte au Président de l'Association des communes genevoises et aux élu.e.s des communes a été lancée par Anouk Dunant Gonzenbach; Maurice Gardiol; Jean-François Duchosal; Denise Mützenberg. Vous en trouverez le texte intégral sur https://virusolidaire.ch/et vous pouvez la signer en envoyant un courriel à  courrier@virusolidaire.ch

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    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion 2 commentaires
  • Application de l'initiative genevoise "Zéro Pub" : ça dit quoi, ça touche qui ?

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    antipub2.gifDans le GHI de la semaine avant-dernière, on trouve un "point de vue" du député vert'libéral Boris Calame, contre l'"initiative Genève Zéro pub, qui vise à interdire la publicité commerciale en Ville de Genève", et une demie-page de pub de l'alliance de droite (PLR, UDC, MCG, Centre, Verts libéraux) pour signer son référendum contre le règlement d'application de l'initiative, sous ce titre "NON à l'interdiction de la publicité en ville". Et on commence à voir fleurir un peu n'importe quoi sur les réseaux (genre : si le règlement d'application entre en vigueur, Unireso ne pourra plus faire de la pub pour les abonnements de transports publics).  Alors il faut se résoudre à faire de l'alphabétisation pour expliquer que l'initiative et son règlement d'application n'interdisent pas "la publicité commerciale en Ville de Genève", mais uniquement la publicité commerciale sur le domaine public de la Ville et le domaine privé visible de son domaine public. Et pas la publicité faite par une entreprise publique autour d'une prestation payante, parce qu'elle n'est pas une publicité "pour le compte d'entités à but lucratif ou commercial" mais pour le compte d'acteurs publics monopolistiques. La publicité des TPG pour Unireso ne sera donc pas plus interdite que la publicité des SIG pour son courant "vert" : ni les TPG, ni les SIG ne font du commerce.

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  • Genève : le Musée d'Art et d'Histoire au coeur du débat politico-culturel

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    ça sert à quoi, un musée, au XXIe siècle ?

    La "Tribune de Genève" faisait, le 5 juillet de l'année dernière, sa "une" et presque deux pleines pages d'une "guerre interne au Musée d'art et d'histoire". En fait de "guerre interne" on avait affaire à une fronde contre le directeur, Marc-Olivier Wahler, accusé, notamment, par une lettre ouverte de plus d'une centaine de personnalités genevoises de "ne rien comprendre à ce qu'est un musée patrimonial". Le MAH se retrouvait ainsi, une nouvelle fois, au coeur du débat politico-culturel genevois. D'un débat politique, pas d'un conflit personnel, ni d'un confit de génération, ni d'un confit corporatiste. Hier soir, le Conseil municipal de la Ville a accepté à l'unanimité une motion de la droite enjoignant le Conseil administratif de lui donner toute les informations et explications nécessaire pour que les membres du délibératif "puissent se faire une idée précise de ce qui se passe au sein du MAH". Le Conseil administratif devra répondre à la motion, sa réponse sera publique, et nourrira donc le débat que nous attendons sur le rôle d'un musée public patrimonial, encyclopédique, sa place dans la Cité, sa fonction dans le réseau culturel genevois. Nous attendons de ce débat une réponse à une question simple : ça sert à quoi, un musée, au XXIe siècle ?

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  • распу́тица

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    Capture d’écran 2022-03-28 024714.jpgL'invasion russe de l'Ukraine marque le pas. Jusqu'à quand ?

    La Raspoutitsa, c'est la saison des "mauvaises routes", où, au dégel de la fin de l'hiver les terrains plats, et donc les routes, sont recouverts d'une telle couche de boue qu'on n'y peut plus circuler. Même en chars d'assaut. Ce n'est pas la seule raison pour laquelle l'armée russe ne semble plus guère avancer, sauf en Crimée, et que son offensive sur Kiev est stoppée (ses insuffisances logistiques, son impréparation à la résistance ukrainienne, sa stratégie remontant à l'offensive de l'Armée Rouge en Biélorussie en 1944 n'y sont pas pour rien...), mais l'expression paraît, un mois après le déclenchement de l'invasion de l'Ukraine, assez bien imager la situation non seulement de l'armée de Poutine, mais de Poutine lui-même, qui ne survivrait politiquement sans doute pas à une défaite militaire en Ukraine. Il fera donc tout, même le pire, pour l'éviter : même si aujourd'hui son armée semble incapable d'avancer, il peut encore, s'il y met tous les moyens, submerger militairement l'Ukraine; or ce n'est pas en Ukraine que se joue, politiquement, le sort de Poutine et de son gang, mais en Russie. Où même muselée, même interdite de media et de manifestations, l'opposition se renforce au fur et à mesure que la guerre qui devait être gagnée en quelques jours se poursuit sans gloire, mais non sans pertes pour l'armée russe. Et ce n'est pas la mise en alerte de sa force de dissuasion nucléaire qui va retourner cette part de l'opinion publique : à l'opposition à la guerre d'Ukraine elle-même s'ajoute l'opposition à la menace de la faire dégénérer en affrontement nucléaire : fin février, un million de Russes avaient signé une pétition en ligne demandant l'arrêt immédiat de l'offensive contre l'Ukraine.

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    Lien permanent Catégories : guerre, Politique, Russie 1 commentaire
  • Le référendum contre AVS 21 a largement abouti

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    Capture d’écran 2022-03-25 224656.jpgDebout, les damnées de la retraite !

    Le référendum contre la (contre)réforme de l'AVS (AVS21) et le report d'un an de l'âge de la retraite des femmes a largement abouti, avec plus de 151'000 signatures, déposées à la Chancellerie fédérale hier, récoltées par un large front des syndicats, des partis de gauche, de la Grève féministe, de la Grève du climat, de l'Avivo (et on en passe). Le votation fédérale devrait inbtervenir en septembre prochain. On a donc six mois de campagne devant nous. Intensive, la campagne. Debout, les damnées de la retraite !

    https://www.rentes-des-femmes.ch/

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  • Genève : mise en consultation de la politique culturelle cantonale

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    Cité de la musique2.jpgOn nous demande notre avis ? Donnons-le !

    Le Département de la cohésion sociale met en consultation jusqu'au 22 mai l'avant-projet de "refonte de la politique culturelle cantonale" genevoise. Un avant-projet qui consiste en deux documents : un avant-projet de loi "pour la promotion de la culture et la création artistique" et un projet de "lignes directrices de la politique culturelle cantonale". Il s'agit de mettre en oeuvre l'initiative populaire (IN 167 "pour une politique culturelle cohérente à Genève", massivement acceptée en 2019, et qui exige du canton qu'il prenne, enfin, ses responsabilités en matière de politique culturelle, en concertation avec les communes et en consultant régulièrement les actrices et acteurs de la culture. En 2019, un message du Conseiller d'Etat sur la mise en oeuvre de l'initiative avait dû être frappé de caducité, compte tenu des réactions pour le moins négatives qu'il avait suscité dans les milieux culturels. On repart donc dans une consultation, sur la base de nouveaux textes dont l'ambition est de "créer un nouveau cadre pour une politique culturelle cantonale cohérente à Genève", comme la constitution désormai l'impose à un canton quasi absent de cette politique culture -et surtout de cette cohérence. Cette consultation est ouverte à toute personne intéressée -et on conviendra que, s'agissant de politique culturelle, toute personne devrait l'être. Vous avez donc sûrement quelque chose à dire (à écrire), alors dites-le, écrivez-le en passant par le site de la consultation  https://www.ge.ch/actualite/consultation-publique-relative-politique-culturelle-cantonale-18-03-2022
    (Seuls les avis transmis via le questionnaire en ligne seront pris en compte.

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  • Un Papyrus, des Papyre ?

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    Papyrus.jpgRetour sur Papyrus

    Il y a cinq ans, le 21 février 2017 était lancée à Genève la première opération de régularisation collective de sans-papiers en Suisse, l'Opération Papyrus. "Comment fait-on pour faire passer des milliers de gens de l'ombre à la lumière ?" se demandait deux ans plus tard le magazine télé "Temps Présent" (https://www.youtube.com/watch?v=sw70ItnKfcQ) ? Papyrus a permis à 3000 personnes de sortir de l'ombre sociale, pour entrer dans la lumière de la ville...  Post Tenebras Lux... mais selon les estimations, entre 58'000 et 105'000 sans-papiers vivraient et travailleraient en Suisse, et si les critères de Papyrus étaient appliqués à des opérations semblables, dans les principaux cantons, ceux où vivent le plus de sans-papiers, 30'000 d'entre eux passeraient aussi de l'ombre à la lumière... Le combat pour leur régularisation continue, donc... Et à Genève aussi, puisque sur ses 13'000 "sans-papiers", Genève n'en a encore régularisé, entre Papyrus et les régularisations suivantes, que 4000...

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  • La Suisse et la guerre d’Algérie :  Le diplomate et le porteur de valise

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    Capture d’écran 2022-03-20 235346.JPG

    Il y a soixante ans, le 18 mars 1962, à Evian, était signé entre la France et le gouvernement provisoire de la République algérienne un accord qui, engageait le processus qui allait, rapidement, mettre fin à la guerre d'Algérie et faire accéder le 5 juillet la défunte colonie française à l'indépendance. Les commémorations de l'évènement ont été nombreuses, elles ont permis de refaire l'histoire de cette guerre, de ses causes, de la colonisation de l'Algérie. En creux, elles ont aussi permis de rappeler le rôle inhabituel que la Suisse, "neutre mais pas indifférente", a joué dans le dénouement d'un conflit que la France mettra plus de quarante ans à considérer pour ce qu'il était, une guerre, non de huit ans mais de 132 ans : ceux de la colonisation. Deux figures symbolisent cet engagement suisse pour la fin de la Guerre d'Algérie : celle du diplomate, celle du porteur de valise. Et dans l'ombre, celles de centaines, peut-être de milliers, de militantes et de militants de la gauche suisse, actifs dans l'accueil des déserteurs français et des militantes et militants algériens, dans la diffusion des textes du FLN, des témoignages sur la torture...

    (sur ce thème, voirr https://www.e-periodica.ch/cntmng?pid=cmo-001%3A1995%3A11%3A%3A82)

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  • Genève : Initiative populaire pour des transports publics gratuits

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    carte TPG2.jpgGratuireso

    Les Jeunes Vert-es, la Jeunesse Socialiste, la jeunesse de Solidarités et celle du Parti du Travail lancent à Genève une initiative populaire cantonale pour la gratuité des transports publics. Merci à elles et eux. Dans le canton de Vaud, on votera sur la même proposition,  après l'aboutissement de l'initiative idoine, avec plus de 14'000 signatures (il en fallait 12'000). Elle avait été lancée par la gauche de la gauche, le parti pirate, les Jeunes Verts (mais pas les socialistes...), des mouvements écologistes, des syndicats, des associations de retraités et de défense du service public. Le texte veut rendre gratuits les transports en commun, et assurer une "desserte équitable et cohérente de toutes les régions du canton". Le financement de ces mesures serait assuré par l'impôt usuel et, éventuellement, un renforcement de la fiscalité sur les bénéfices des grandes entreprises. En Ville de Genève, une motion (M-1614, "La gratuité des transports publics, pour toutes et tous, sans privilège") déposée l'année dernière au Conseil municipal de la Ville, est ensablée quelque part dans les tréfonds de l'ordre du jour obèse de la commission des finances.  Alors, en attendant son désensablement,  et dès que les feuilles d'initiatives seront disponibles,  on signera et on fera signer l'initiative des jeunesses de gauche.  Elles ont quatre mois pour récolter 8157 signatures. Si possible avec le soutien de leurs "grands frères", le PS et les Verts (Ensemble à Gauche les soutient déjà). A Genève, une initiative cantonale des Communiste pour la gratuité des TPG avait recueilli un tiers des voix en 2008, sans être soutenue ni par le PS, ni par les Verts. Mais aujourd'hui, le PS va sans doute inscrire le principe de la gratuité dans son  programme électoral... récolter des signatures pour une initiative défendant le même principe ne serait tout de même pas d'une témérité excessive.

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  • Ukraine : Makhno, reviens !

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    Makhnovtschina.jpgIl n'y a pas de "non intervention" défendable dans un conflit comme celui d'Ukraine, aujourd'hui. Quand il y a un agresseur et un agressé, ne pas se tenir du côté de l'agressé, c'est se tenir du côté de l'agresseur. Si les Ukrainiens et les Russes sont frères comme la propagande officielle russe le serine, alors l'agression russe de l'Ukraine est fratricide. Pour Poutine, l'Ukraine n'existe pas. Et on ne peut donc le tenir pour l'agresseur d'un pays qui n'en est pas un. Mais les Ukrainiennes et les Ukrainiens, eux existent. Et si on pouvait se demander s'ils formaient aussi une nation, la question n'a plus de sens : même si la nation ukrainienne n'existait pas, Poutine serait en train de la faire naître. Dans la douleur -mais bien d'autres nations sont nées ainsi : l'irlandaise, sous les coups anglais, l'algérienne, sous la botte française, pour n'évoquer qu'elles...

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    Lien permanent Catégories : Anarchie, Histoire 1 commentaire
  • L'Ukraine, l'urgence climatique, l'urgence sociale... et les élections cantonales...

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    HOTDEVIL.JPGIl y a l'Ukraine, l'urgence climatique, l'urgence sociale... mais il y a aussi, et pas seulement en France, les petits calendriers politiques routiniers. A un peu plus d'un an des élections cantonales genevoises, suivies des élections fédérales, si les partis politiques ne sont pas encore en ordre de bataille, les stratégies déjà se dessinent, et les fronts, à l'ancienne, à la conformité à ce qui structure les champs politiques des démocraties depuis un peu plus de deux siècles. Ce n'est plus la Montagne, le Marais et la Gironde, mais c'est toujours la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche), le centre (ex-PDC et Verts libéraux) et la droite (PLR, UDC). Petit point de la situation à Genève : depuis un an, le Conseil d'Etat genevois est à majorité de gauche, quand le Grand Conseil est resté à majorité de droite. Du coup, l'enjeu des élections du printemps 2023 est le même pour la gauche et la droite : rendre les majorités des deux pouvoirs cohérentes, ce qui signifie pour la gauche garder le Conseil d'Etat et conquérir le Grand Conseil, et pour la droite garder le Grand Conseil et reconquérir le Conseil d'Etat. La gauche rêve de réussir pour les élections cantonales ce qu'elle a réussi aux Municipales, la droite de réussir à Genève ce qu'elle veut réussir dans le canton de Vaud.

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  • Du bon usage de la guerre d'Ukraine et du péril russe

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    vignette F35.jpgPoutine et les F-35 : fable suisse

    La droite suisse a son bon usage de la guerre d'Ukraine : en user pour justifier un réarmement de la Suisse. On ne niera pas à la Conseillère fédérale Viola Amherd et aux partisans de l'achat par la Suisse, pour un paquet de milliards, d'avions de combat américains F-35, un talent aigu d'opportunisme : les premières bombes  et les premiers missiles russes n'étaient pas tombés sur l'Ukraine depuis un jour qu'elle et ils exigeaient du comité d'initiative "Stop F-35" qu'il cesse de récolter des signatures (il en a déjà obtenu 90'000), et même retire l'initiative. Comme si l'agression poutinienne de l'Ukraine devait forcément justifier l'achat d'avions de combat inadaptés aux besoins de la Suisse, et qui lui coûteraient bien plus cher que ce qui avait été annoncé pour faire accepter leur achat contre leurs concurrents européens. L'initiative ne demande d'ailleurs même pas que la Suisse renonce à acheter des avions de combat, mais qu'elle en choisisse qui lui soient adaptés, et qui soient européens. Et occidentaux : des Rafale, des Eurofighters, pas des Sukhoï (encore que si on croit à la possibilité d'une attaque russe contre la Suisse, ce serait plus adéquat...), pas des F-35 étasuniens, qui sont moins des avions de défense que des avions d'attaque,  d'attaque, des avions de combat furtifs conçus pour larguer des bombes en territoire ennemi. Quel territoire ennemi pourraient atteindre des F-35 suisses ? la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche ? Ou les résidences lémaniques ou alpestres des oligarques russes ? La Suisse a d'autres armes, plus efficaces qu'une flottille d'avions de combat, pour s'opposer à un régime comme celui que subit la Russie : 80% du commerce russe de matières premières passe par la Suisse : que fait-elle pour le stopper ? Que fait-elle pour s'émanciper des fournitures de pétrole et de gaz russes ?

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    Lien permanent Catégories : Armée, défense nationale, Suisse 2 commentaires