Immigration

  • Quand à la peur des migrants s'est ajoutée la peur d'être sortis de l'espace Schengen

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    Frontex vote.jpgFrontex : le combat continue

    Comme on pouvait s'y attendre (au point qu'on ne le craignait même plus), l'augmentation de la participation de la Suisse au financement de l'agence de garde-frontières et garde-forteresse européennes Frontex a été largement (à 71,5 %) approuvée par le peuple suisse, habituellement bien plus critique à l'égard des institutions et des instances européennes. Les arguments sécuritaires et de confort semblent bien avoir été déterminants dans ce prononcement populaire. En gros, les Suisses ont accepté de payer plus pour Frontex pour que Frontex continue à refouler les métèques, ou à les laisser crever, hors de portée de notre vue, mais sur la fin de la campagne, on avait l'impression qu'on ne votait plus sur Frontex mais sur Schengen, tant les partisans du soutien à Frontex insistaient sur le risque pour la Suisse d'être exclue de Schengen si elle refusait de financer Frontex... On était à deux auriculaires de la Fékniouze, mais ça a marché. Les Suisses pourront donc continuer à prendre l'avion pour Lesbos sans avoir à faire la queue à l'aéroport dans la file "hors Schengen" et la Suisse a fait un pas vers sa réconciliation avec l'Europe. Un pas en piétinant les migrants.

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  • NON à Frontex, pas à Schengen... quoique...

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    plan Genève 1766.jpgC'est devenu l'argument principal, obsessionnel, des partisans de l'augmentation de la participation suisse à Frontex, l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne : si dimanche prochain vous refusez cette augmentation, la Suisse sera exclue de l'"espace Schengen" (l'espace de "libre circulation" entre pays européens -et de fermeture de l'Europe à la plupart des immigrants), au nom d'une "clause guillotine" qui ferait de cette exclusion une mécanique, un automatisme. Or tel n'est pas le cas : si, comme la gauche vous y invite, le "non" est majoritaire dimanche (malgré les sondages), les parties à l'espace Schengen auront 90 jours pour répondre à ce refus, et c'est seulement si aucune réponse satisfaisante pour tout le monde n'est donnée que la Suisse sortirait des accords européens de "libre circulation" des Européens. Avec toutefois la possibilité d'y revenir ensuite. Si le "non" passe, la Suisse aura donc trois mois pour trouver une solution acceptable par ses partenaires. Et puis, même si on devait "sortir de Schengen", devrait-on prendre le deuil d'un "espace de libre circulation" entre les murs d'une forteresse ? Ne devrait-on pas plutôt s'atteler à les faire tomber, ces murs, comme on a abattu il y a 150 ans ceux entre lesquels Genève étouffait ? Il vous reste jusqu'à ce soir pour envoyer votre bulletin de vote par la poste. Sinon, les locaux de vote sont ouverts dimanche de dix heures à midi. Pour voter NON au renforcement du soutien suisse à Frontex.

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  • Frontex : des enquêtes et une démission plus tard, un NON conforté

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    frontexLa teneur d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), pas encore publiée, a poussé Fabrice Leggeri, directeur de l'agence de garde-frontières européens Frontex, à démissionner. Deux enquêtes ont en fait été menées en parallèle. La première porte sur des refoulements illégaux aux frontières extérieures de l’Union européenne (notamment la frontière greco-turque) et de violations des droits fondamentaux, la seconde sur des cas supposés de harcèlement de travailleurs de l’agence. Elle tombe mal, cette démission, pour les partisans de l'augmentation de la contribution suisse à Frontex, soumise au vote dimanche, mais elle illustre bien ce qu'est réellement cette "agence européenne". Plusieurs autres  enquêtes, dont une du "Monde", du "Spiegel" et des suisses SRF et Republik*, ont confirmé que cette agence couvrait des refoulements illégaux de migrants entre la Turquie et la Grèce : des bateaux de migrants sont interceptés dans les eaux grecques puis refoulés dans les eaux turques (la Turquie servant de silo de stockage des migrants, comme d'ailleurs la Libye), voire même interpellés alors qu'ils ont réussi à débarquer en Grèce, mis dans des bateaux de garde-côtes grecs, puis dans des canots de sauvetage et repoussés dans les eaux turques. Une pratique totalement illégale... mais conforme aux obsessions des Etats de l'"Espace Schengen" : rendre l'immigration en Europe la plus difficile, voire la plus périlleuse, possible. Les enquêtes sur Frontex et la démission de son directeur confortent en tout cas notre NON au renforcement de la contribution suisse à une agence détournée de sa mission officielle pour complaire à la paranoïa xénophobe régnante.

    *on trouvera plus de détails sur sur l'enquête sur https://www.infomigrants.net/en/post/40166/des-documents-internes-de-frontex-revele-lampleur-des-renvois-en-mer-egee, et, si on est abonné, sur https://www.lemonde.fr/international/article/2022/04/27/refoulements-en-mer-egee-les-recensements-errones-ou-mensongers-de-frontex_6123944_3210.html

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  • Un Papyrus, des Papyre ?

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    Papyrus.jpgRetour sur Papyrus

    Il y a cinq ans, le 21 février 2017 était lancée à Genève la première opération de régularisation collective de sans-papiers en Suisse, l'Opération Papyrus. "Comment fait-on pour faire passer des milliers de gens de l'ombre à la lumière ?" se demandait deux ans plus tard le magazine télé "Temps Présent" (https://www.youtube.com/watch?v=sw70ItnKfcQ) ? Papyrus a permis à 3000 personnes de sortir de l'ombre sociale, pour entrer dans la lumière de la ville...  Post Tenebras Lux... mais selon les estimations, entre 58'000 et 105'000 sans-papiers vivraient et travailleraient en Suisse, et si les critères de Papyrus étaient appliqués à des opérations semblables, dans les principaux cantons, ceux où vivent le plus de sans-papiers, 30'000 d'entre eux passeraient aussi de l'ombre à la lumière... Le combat pour leur régularisation continue, donc... Et à Genève aussi, puisque sur ses 13'000 "sans-papiers", Genève n'en a encore régularisé, entre Papyrus et les régularisations suivantes, que 4000...

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  • Plus de 55 000 signatures contre le financement de Frontex

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    Capture d’écran 2022-01-19 230829.jpgNON à la forteresse Europe !

    "Malgré la distance sociale, le froid hivernal et les vents politiques contraires", plus de 55 000 signatures ont été récoltées pour le "référendum contre le financement de l'agence de contrôle des frontières Frontex". Ce résultat, c'est celui de la mobilisation de petites organisations de base, et de personnes motivées par un enjeu qui va bien au-delà des 61 millions que la Suisse officielle veut accorder à la milice anti-migrants de l'Union Européenne. Ce résultat, acquis dans les derniers jours du délai légal,  exprime un refus de la politique migratoire de l'Europe (au sens large, puisque la Suisse en est), une affirmation du droit d'asile et de la liberté de circulation des humains.  Aujourd'hui, les signatures seront remises à la Chancellerie fédérale à Berne aile ouest du Palais fédéral, 17h00 (rendez-vous à 16h30 sur la Place fédérale). 

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  • Il reste encore quelques jours pour faire front à Frontex

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    migrants naufragés.jpgIl ne reste que quelques jours (jusqu'au 19 janvier) pour qu'aboutisse le référendum contre le renforcement du financement de la Suisse à l'agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex, lancé par une coalition d'organisations d'aide aux réfugiés, soutenu (trop mollement) par la gauche. Frontex, c'est l'instrument dont l'Europe s'est dotée pour repousser les migrants y cherchant refuge. Et quand on dit "l'Europe", on ne fait pas référence à la seule Union Européenne, puisque la Suisse (notamment) fait de Frontex le même usage que les Etats membres de l'UE. 

    On signe ici, contre Frontex, jusqu'au 17 janvier : https://frontex-referendum.ch/fr/

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  • Référendum contre le financement de Frontex  : Il est encore temps de signer

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    migrants naufragés.jpgLes Chambres fédérales ont accepté la proposition du gouvernement de contribuer pour 61 millions de francs aux méfaits de l'agence européenne de garde-frontières, pour ne pas dire la milice européenne anti-migrants, Frontex, régulièrement impliquée, directement et indirectement, dans des opérations illégales de refoulement, et prête pour cela à collaborer avec n'importe qui -par exemple  avec les garde-côtes libyens qui récupèrent les bateaux de migrant-e-s pour en enfermer les passagers dans des camps de rétention où les brutalités, les viols, les vols, sont la norme. Frontex est le principal instrument de militarisation des frontières extérieures, non seulement de l'Union Européenne, mais en fait de tout le semi continent. Contre la contribution de la Suisse à cette milice, un référendum a été lancé par 33 associations -mais il patine : il lui manque encore près de 40'000 signatures pour aboutir, et il ne reste que dix jours pour les obtenir. Signez ! C'est ici : https://frontex-referendum.ch/fr/

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  • La Suisse va-t-elle subventionner pour 61 millions une police européenne anti-migrants ?

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    Frontex: la honte de l'Europe

    Je laisse aujourd'hui la parole à mon vieux camarade Jean Ziegler, auteur du livre (entre bien d'autres) "Lesbos, la honte de l'Europe" (éditions Points-Seuil, 2021), qui nous appelle à soutenir le référendum lancé contre l'augmentation de la contribution financière de la Suisse à la milice européenne anti-migrants, Frontex, fondée en 2005 avec siège à Varsovie : "Ses bateaux d’interception rapides, armés de mitrailleuses lourdes, ses avions, ses drones et son équipement technologique sophistiqué (radars, détecteurs laser, etc.) constituent le bras armé d’une stratégie criminelle ; celle qui est mise en œuvre par la Commission européenne pour empêcher le plus grand nombre possible de réfugiés d’atteindre notre continent et d’y déposer une demande d’asile. La Méditerranée devient "un cimetière froid sans pierres tombales", la "mer des souvenirs (devient) la mer de l'oubli" et nous assistons à un "naufrage de la civilisation", et l'Europe, qui devrait être un "moteur de solidarité", est "déchirée par les égoïsmes nationaux" -mais cela, ce n'est pas Jean (Ziegler) qui le dit, c'est François. Pape de son état. 
    On télécharge le référendum ici : https://www.fichier-pdf.fr/2021/12/07/referendum-non-au-financement-de-lagence-de-garde-frontieres-fro/

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  • Une "Cité de l'immigration" à Genève : Mise en abyme ?

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    Cesar et le pont de Genève.jpgNous (la gauche : PS, Verts, Ensemble à Gauche) avons proposé et fait accepter hier par le Conseil municipal de Genève d'étudier la possibilité d'ouvrir dans la ville un lieu permanent, et central, mettant en perspective, en débat, en visibilité, l'apport pour le moins décisif de l'immigration dans l'histoire genevoise, et, au-delà, dans celles de toutes les villes et toutes les sociétés modernes. Ce lieu, nous l'avons appelé une "Cité de l'immigration",  ce qui pourrait paraître un truisme, ou une mise en abyme, puisque Genève EST elle-même une Cité de l'Immigration. Car si nous avons usé du mot "migration" dans le texte de la proposition, c'est bien de l'immigration dont il s'agit, parce que c'est bien l'immigration qui, aujourd'hui comme hier, ici comme chez nos voisins fait débat. Certes, des centaines de milliers de Suisses ont émigré, jusque dans les années vingt et trente du siècle dernier, en Amérique du Sud, en Afrique du Sud, en Afrique du nord (notamment en Algérie) -mais même alors, ce n'est pas d'eux qui partaient dont ont faisait polémique, mais des immigrants qui arrivaient. Notamment, à l'époque, des immigrants juifs d'Europe centrale et orientale. On a eu beau remplacer ces dernières années le juif par le musulman comme bouc émissaire, le shtetl par le douar comme lieu d'origine de la menace, on est bien resté dans la même paranoïa raciste. Et que tout ce qui peut en réduire l'emprise doit être tenté, même si on peut douter de son éradication définitive. A chaque pays son Zemmour, en somme.

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  • Rapport sur l'usage de la contrainte dans les Centres fédéraux d'asile : Systématique ou systémique ?

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    Tell.jpgL'ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer a rendu son rapport sur l'usage de la contrainte dans les Centres fédéraux d'asile, après la publication de témoignages de vigiles privés employés dans ces centres, et faisant état d'une banalisation de la violence à l'encontre des requérants, de conditions de travail calamiteuses et d'un manque de formation du personnel. Même la Commission nationale de prévention de la torture avait dénoncé un usage trop fréquent, par le personnel de sécurité, de moyens de contrainte disproportionnés. Le rapport Oberholzer confirme des cas de telles réactions disproportionnées, et "peut-être même illicites", à des situations de conflit, mais considère qu'il n'y a pas "d'indice de violation systématique des droits des requérants d'asile ni d'une partialité générale de la part des collaborateurs des services de sécurité". Il n'en fait pas moins plusieurs recommandations : une meilleure formation des vigiles, la présence de collaborateurs du Secrétariat d'Etat aux migrations au sein des centres fédéraux d'asile, une définition plus claire des règles d'usage de mesures disciplinaires, une révision des bases légales portant sur l'usage de la contrainte et de mesures policières. Il y avait donc, sur tous ces thèmes, des problèmes graves à résoudre d'urgence, comme le relève l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) : "ce rapport démontre que l'externalisation de tâches de sécurité à des acteurs privés est problématique"; et l'OSAR demande la mise en place rapide d'un bureau indépendant de gestion des plaintes.  Solidarité sans frontières est plus rude dans sa réaction :"les cas de violence des centres fédéraux ne sont que révélateurs d'un phénomène plus large : le système d'asile suisse veut dissuader plutôt que protéger et tant que les centres d'asile seront conçus comme des lieux d'exclusion plutôt que d'accueil, la violence y sera toujours présente", quelles que soient les mesures prises, sur recommandation du rapport Obertholzer. Peut-être ne sont-elles pas "systématiques", mais sûrement sont-elles "systémiques", en ce sens qu'elles sont produites par un système : celui dont la Suisse s'est dotée pour confiner les requérants d'asile dans des centres les plus éloignés possible des villes.

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  • Vers des des "cartes d'habitants" dans les villes suisses

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    Capture d’écran 2021-10-28 161931.jpgNOUS TOUS SOMMES LA VILLE...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui" : qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, sont riches ou pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Des vrais gens. Qui toutes et tous ensemble font nos villes. Ce qui, en ce moment, semble fâcher beaucoup le premier parti du pays (qui, il est vrai, retrouve là ses racines, lorsque les forces qui le créèrent comme parti agrarien montaient des milices pour casser du gréviste dans les villes).

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  • Rapport d'Amnesty International sur les centre fédéraux d'asile suisses : "Que les requérants d'asile soient traités comme des êtres humains" :

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    Capture d’écran 2021-05-21 012929.jpgSous-traitance de la maltraitance

    "Que les requérants d'asile soient traités comme des êtres humains" : Amnesty International ne demande pas la lune en conclusion de son rapport sur les violations des droits humains dans les centres pour réfugié.e.s en Suisse. Le rapport est accablant : il dénonce des pratiques dont les pires "pourraient être assimilés à de la torture" : des coups, des contraintes physiques provoquant l'étouffement (et dans un cas, une crise d'épilepsie), l'utilisation de spray au poivre, l'enfermement dans un container (un requérant y a été victime d'une crise d'hypothermie, et a dû être hospitalisé)... Les requérants victimes de ces pratiques (dont des mineurs non accompagnés)  renoncent le plus souvent à les dénoncer (encore faudrait-il qu'ils sachent à qui les dénoncer...), de peur de faire l'objet d'une décision de renvoi. Le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) avait déjà été contraint, par de précédentes révélations sur les pratiques dénoncées par Amnesty, de suspendre quatorze  agents de sécurité sévissant  dans les centres de rétention de requérants d'asile, dont huit dans le centre neuchâtelois de Boudry. Ces agents avaient eux-mêmes rédigé les "rapports d'incidents" sur les faits (chaque année, plus d'un millier d'incidents sont enregistrés dans les quatorze centres fédéraux de rétention de requérants d'asile, où sont affectés 350 agents de sécurité), et alourdi ceux reprochés aux requérants pour justifier les violences exercées contre eux, et être couverts par leur hiérarchie. Le SEM a ouvert des procédures pénales, chargé l'ancien juge fédéral Niklaus Oberholzer d'enquêter sur des cas d'usage excessif de la force, veut revoir le recrutement et la formation du personnel de sécurité et créer un bureau externe chargé de recueillir les plaintes des requérants. C'est un petit pas dans la bonne direction -mais un pas insuffisant. Il conviendrait d'en faire un autre : renoncer à sous-traiter à des privés la gestion des centre fédéraux de rétention des requérants d'asile -des centres qu'il faudrait d'ailleurs fermer purement et simplement. Et, comme le demande Amnesty, "prendre des mesures pour prévenir les mauvais traitements, éliminer le racisme et protéger les droits des personnes" dans ces centres. Le Secrétariat d'Etat aux migrations répond que "les éventuelles défaillances sont continuellement corrigées" (il vaudrait toutefois mieux les prévenir qu'attendre qu'elles se produisent pour les "corriger"), mais refuse d'être placé sur le même plan que la Biélorussie ou la Libye et nie que "des douleurs ou des souffrances seraient délibérément infligées aux requérants d'asile afin de leur extorquer des informations ou de les punir", ce qui serait effectivement de la torture. Mais ce faisant, et ce niant, il ne répond pas vraiment aux dénonciations de maltraitances... comme s'il admettait qu'il était inévitable qu'elles puissent se produire... et sans doute d'autant plus inévitable que la gestion de ces centres est sous-traitées à des entreprises privées.

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  • Scènes de petite chasse aux sans-papiers

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    frontieres2.jpgOdieux et minable

    On n'est toujours pas sorti de la crise sanitaire (on ne sait même pas si on est toujours dans la deuxième vague de la pandémie ou si on est déjà dans la troisième), la crise sociale, elle, s'approfondit  et s'aggrave, le nombre de celles et ceux qui doivent avoir recours à des distributions d'aide alimentaire augmente... mais dormez bien, braves gens de Genève : L'Etat régalien est là. Pour aider la population la plus précarisée ? Non : pour faire vérifier par les gardes-frontières dans les transports publics si elle a un permis de séjour, de résidence, d'établissement. Un papier. Et si papier il n'y a pas, il peut y avoir interdiction d'entrée sur le territoire. Et dénonciation au Secrétariat d'Etat aux migrations. Aux sans-papiers qui devraient se rendre à des distributions alimentaires trop près de la frontière, le message est clair même si on n'est pas dans la rafle du Vel d'Hiv mais dans la stupide mécanique du contrôle des saintes frontières: n'allez pas chercher votre sac de nourriture, restez cachés, serrez-vous la ceinture. Odieux ? oui. Minable ? oui. Et cela, à Genève. Qui avait réussi à permettre à près de 3000 sans-papiers de trouver une existence légale,  dans une opération de régularisation collective unique en Suisse : Papyrus.

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  • Pingre accueil de jeunes réfugiés en Suisse

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    Lesbos.jpg L'asile au compte-goutte

    20 jeunes rescapés de l'incendie du camp de réfugiés de Miria, sur l'île de Lesbos, ont été admis en Suisse juste avant Noël, avec 16 autres mineurs venant eux aussi de camps de réfugiés des îles grecques et ayant pour la plupart d'entre eux de la famille en Suisse. Tous ont été sélectionnés par les autorités grecques, en collaboration avec le HCR et des ONG,  pour leur vulnérabilité auront un statut de requérants d'asile et devront suivre la procédure idoine, en étant "relocalisés" -autrement dit, séparés les uns des autres. Le HCR et les villes suisses attendent plus de la Suisse que cet accueil au compte-goutte (qui n'exclut même pas les expulsions et les retours forcés des requérants déboutés vers les pays qu'ils fuyaient) : des milliers de mineurs sans famille sont entassés dans les camps grecs, et à fin décembre, la Suisse n'en avait accueillis que moins d'une centaine (ceux de Noël compris). Cet pingrerie de l'accueil tient d'une tradition assez récente : En près de cinquante ans (1968-2016), la Suisse n'aura accordé l'asile ou une admission provisoire qu'à 300'000 personnes, alors que dans les années cinquante des centaines de milliers de réfugiés, notamment hongrois se sont parfaitement intégrés à la population, fondus dans le décor helvétique, leurs enfants devenant des Suisses et des Suissesses comme les autres. O tempora, o mores...

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  • Régularisation des "sans-papiers" : Esprit de Genève

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    Sans-papiers.jpgLe  28 mai dernier, le Conseil municipal de la Ville de Genève adoptait une résolution exprimant "son attente impatiente d'une régularisation de toutes les travailleuses et de tous les travailleurs sans statut légal ("sans-papiers") vivant et travaillant à Genève", et son attente que le Conseil administratif (l'Exécutif de la Ville) "soutienne cette position, la relaie auprès du Conseil d'Etat et agisse dans toute la mesure de ses moyens pour qu'elle se traduise en décisions et en actes. Le 28 octobre, le Conseil administratif répondait à cette attente (on trouvera cette réponse sur https://www.fichier-pdf.fr/2020/11/13/r-267/) : il "s'inscrit dans la lignée" de la résolution. On ne pourra ici que l'en féliciter. Ne serait-ce qu'au nom de l'"Esprit de Genève"...

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  • Après l'incendie du camp de Moria (Lesbos) : Le compte-goutte suisse

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    camp de Moria.jpgLe 8 septembre, sur l'île grecque de Lesbos, un incendie a complètement détruit le camp de stockage des migrants de Moria, où 13'000 personnes, dont 4000 enfants. étaient entassées dans une infrastructure prévue pour 2000 personnes. La Covid et les mesures prises pour tenter d'en freiner la propagation dans le camp (couvre-feu) y avait rendu les conditions de vie  encore plus insupportables. Neuf villes suisses, dont Zurich, Genève, Lausanne, Delémont, Fribourg, ont annoncé qu'elles étaient prêtes à accueillir des réfugiés en provenance de Lesbos. Les Maires socialistes de Genève et Lausanne, Sami Kanaan et Grégoire Junod, plaident pour un "engagement plus important de notre pays pour l'accueil de réfugié.e.s", le magistrat popiste (du Parti du Travail, donc) lausannois David Payot ajoute que l'objectif des villes est "que la Confédération organise dans les plus brefs délais une conférence nationale urgente sur le sujet" pour "coordonner les acteurs plutôt que de diluer les responsabilités". Et en face, en haut, au Conseil fédéral, on dit quoi, on fait quoi ? La Conseillère fédérale Keller-Sutter a annoncé que la Suisse ne pouvait accueillir, au compte-goutte, que 20 jeunes migrants, mineurs et non-accompagnés (MNA). A comparer aux 1500 personnes, plus 150 MNA, que la chancelière allemande Merkel a annoncé vouloir accueillir, la France se déclarant prête à en faire autant. Et à comparer aussi aux 14'000 demandes d'asile déposée en Suisse en 2019, presque trois fois moins qu'en 2015.

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  • Mettre fin à la "libre circulation" pour revenir à la libre exploitation ?

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    saisonniers.jpgPolitique du pire

    Une initiative udéciste soumise au vote du peuple et des cantons dans trois semaines propose de mettre fin, avec ou sans négociation avec l'Union Européenne, à l'accord de libre-circulation des personnes passé, avec six autres accords bilatéraux, avec l'Union Européenne. Ces sept accords, acceptés par le peuple en votation fédérale en 2000 (67,2 % de "oui")  sont liés entre eux : la résiliation de l'un entraîne dans les six mois celle des six autres (dont, par exemple, celui portant sur la recherche : chercheurs et entreprises suisses ont accès aux programmes-cadres  de recherche de l'UE et à leur budget de plusieurs milliards d'euros ou de francs suisses). De plus, la résiliation de l'accord de libre circulation entraînera tout aussi mécaniquement la mise à mort des mesures d'accompagnement à cet accord. Des mesures, décidées par la Suisse, qui sont des mécanismes de protection des salaires. Et il n'y en a pas beaucoup d'autres, dans ce pays : il y a bien les conventions collectives, mais toutes ne contiennent pas de salaires minimums, certaines ne prévoient que des salaires si bas* que celles et ceux qui doivent s'en contenter sont des travailleuses et des travailleurs pauvres, toutes ne sont pas étendues à l'ensemble du secteur -et toutes ensemble ne couvrent qu'un travailleur et une travailleuse sur deux. Les mesures d'accompagnement à la libre-circulation sont des mesures de protection des salaires et des conditions de travail. Qu'elle soient encore insuffisantes, nul, à gauche, n'en disconviendra. Qu'il faille pour autant les abolir relève d'une démarche toute autre que celle qui consisterait à vouloir renforcer ces protections insuffisantes -une démarche relevant de la politique du pire :  laisser une immigration illégale, sans aucun droit, remplacer une immigration légale dont les droits puissent être défendus, et leur respect vérifié.

    *Pour 42 heures de travail par semaine, la CCT ou le contrat-type prévoit un salaire minimum (avec ou sans 13ème mois)de 3'567 francs par mois, celle de la coiffure de 3'272 francs par moi, celle du déménagement et des courses de 3'322 francs, celle de l'économique domestique de 3'547 francs, celle de l'hôtellerie-restauration de 3'759 francs, celle du nettoyage de 3'933 francs, celle du travail temporaire de 3'846 francs...

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  • Campagne contre l'initiative xénophobe de l'UDC : Tocsin et Dies Irae

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    exorciste.jpgSelon un premier sondage effectué avant noël 2019, l'initiative de l'UDC "pour une immigration modérée", dite "initiative de limitation" (de l'immigration), soumise au peuple le 27 septembre prochain, serait clairement rejetée par le peuple (à 58 % des personnes interrogées, contre 35 % qui soutiennent l'initiative). La prudence, nourrie de l'expérience, restant cependant de mise. L'initiative prétend donner à la Suisse les moyens de gérer l'immigration de manière autonome, et sans contrainte. Dès lors, la libre circulation des personnes entre l'Union Européenne et la Suisse devrait être abolie. Le Conseil fédéral, les syndicats et les organisations patronales ont lancé, ensemble, le 22 juin, la campagne contre l'initiative et hier, les cantons romands, unanimes, ont appelé à refuser l'initiative. Le souvenir  de la campagne de 2014, contre l'initiative (déjà de l'UDC) contre l'"immigration de masse", perdue faute d'engagement commun du gouvernement et des "partenaires sociaux" a enseigné : cette fois, syndicats, patrons partis (sauf l'UDC)  et Conseil fédéral vont faire campagne ensemble. quoique sur des partitions différentes -leur choeur est polyphonique. La Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter met l'accent sur le risque de voir "tous les accords bilatéraux avec l'union européenne", premier partenaire économique de la Suisse sombrer; Hans-Ulrich Bigler, de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), pourtant habituellement proche de l'UDC, annonce que l'initiative udéciste "est un danger pour la place économique"; Valentin Vogt, de l'Union patronale, rappelle que le pays qui profite le plus du marché de l'Union européenne, c'est la Suisse; Pierre-Yves Maillard, de 'Union Syndicale, affirme que la libre circulation a permis de réguler l'immigration et de combattre le dumping salarial grâce aux mesures d'accompagnement, dont l'abolition "est le but non avoué de l'UDC"; Adrian Wütrich, de Travail Suisse, ajoute que le marché suisse du travail n'a jamais été aussi contrôlé que depuis l'entrée en vigueur de la libre circulation. La démarche udéciste est si nuisible à la Suisse et aux Suisses que même un élu du MCG, le Conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia, la combat et appelle à la refuser le 27 septembre : "Il n'y a pas d'alternative crédible à la voie actuelle" (les bilatérales et la libre-circulation des personnes) et aux avantages considérables que la Suisse en retire. Si l'initiative est acceptée, "Genève va à la catastrophe", tocsinne le Conseil d'Etat. Même Dies Irae chanté d'ailleurs par le patronat face à l'initiative cantonale pour un salaire minimum.

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  • Journée mondiale des réfugiés ou de l'oubli des réfugiés ?

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    A l'urgence climatique, à l'urgence sociale, à l'urgence sanitaire, s'ajoute une urgence humanitaire et solidaire

    Demain, 2 Messidor, nous célébrerons la journée mondiale des réfugiés. Des réfugiés ou de l'oubli des réfugiés ? "La situation humanitaire est, en ce mois de juin 2020, toujours aussi tragique dans les camps de réfugié∙e∙s des îles grecque", rappelle Amnesty International : 32'500 demandeurs d'asile y sont entassés dans des conditions précaire, pour une capacité cinq fois moindre. Et le gouvernement conservateur, qui a choisi une ligne dure (aux migrants), veut en fermer plusieurs.  Amnesty invite la Suisse et l'Europe à prendre des mesures urgentes et à mettre en œuvre une solution européenne fondée sur la solidarité, et les autorités suisses  à prendre, dès maintenant, les mesures nécessaires pour qu'un large contingent de personnes en quête de protection puisse être admis le plus rapidement possible en Suisse. Le 23 juin, Amnesty International, l’appel de Pâques et la Charte de la migration remettront conjointement deux appels et une pétition, demandant à la Suisse d’accueillir des réfugié∙e∙s provenant des camps grecs. A l'urgence climatique, à l'urgence sociale, à l'urgence sanitaire, s'ajoute une urgence humanitaire et solidaire. Plus d'infos ici : https://extranet.amnesty.ch/fr/sengager/autres-actions/action-journee-mondiale-des-refugie-es-2020

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  • Le retour du sézoune ?

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    baraque de saisonnier.jpgLe 27 septembre nous sera servi un copieux menu de votations fédérales et cantonales. Rien que pour les fédérales, on aura à se prononcer sur l'achat fort dispendieux de nouveaux avions de combat fort inutiles, un modeste congé paternité combattu par un référendum qui n'a abouti qu'à force de mensonges, et sur une initiative vindicative de l'UDC, (dite "de limitation") contre la libre-circulation des personnes . C'est de cet objet là qu'il s'agit ici. Parce que l'enjeu est considérable : l'UDC s'attaque non pas tant à l'immigration elle-même qu'au dispositif assurant l'égalité des salaires entre les travailleurs immigrants et les travailleurs suisses et étrangers résidents. Elle a un rêve, l'UDC : le retour du statut du saisonnier. Des immigrants contingentés, privés du droit au regroupement familial, sans droit de séjour et moins encore de résidence, payés en dessous de tout minimum conventionnel et privés de la plupart des droits sociaux accordés aux autres travailleurs du pays.  C'est cela que propose, au fond, l'initiative udéciste. Et c'est cela qu'il importe de repousser, aussi massivement que possible, le 27 septembre prochain.

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