Histoire

  • Le "Saint Peuple"et son serviteur

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    populisme.jpgA propos du "populisme" de droite, de gauche et d'ailleurs

    Le populisme (dans la définition ou la perception qu'on en donne aujourd'hui, et qui n'a pas grand'chose à voir avec les origines, russes et révolutionnaires, du populisme, pas même avec les populismes latino-américains à la Chávez) a-t-il déjà gagné ? Les "populistes" de notre temps ont en tout cas réussi à imposer leur manière de faire de la politique, et contraint leurs adversaires (tel Emmanuel Macron) à en user aussi. Reste à le définir, le "populisme", à faire l'inventaire de ce qu'on met dans ce mot. Les populistes russes, les narodniki, étaient des révolutionnaires qui voulaient faire du peuple lui-même, et non d'une avant-garde de révolutionnaires, l'acteur et l'auteur de la révolution, ceux d'aujourd'hui sont des démagogues, qui n'attendent du "peuple" (qu'ils confondent avec l'ethnie, surtout quand elle n'existe pas) qu'un soutien à leurs ambitions ou, lorsqu'ils l'ont pris, à leur pouvoir. En quoi ils ressemblent à cet autre "populiste" d'il y a un siècle et demi : Louis-Napoléon Bonaparte, qui se fit élire (au suffrage universel masculin) à la présidence de la Deuxième République en se proclamant serviteur du "Saint Peuple", puis se fit plébisciter empereur en se présentant comme son incarnation.

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  • Le premier jour du XXIe siècle

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    11 septembre.jpg

    Un certain 11 septembre :

    "A terrible beauty is born"

    Depuis des jours, a satiété, sur toutes les chaînes de télé, sur tous les réseaux, par tous les media, nous revivons le 11 septembre new-yorkais d'il y a vingt ans. On n'en attendait pas autant du 11 septembre chilien : l'ONU a fait du 11 septembre une "journée mondiale de lutte contre le terrorisme", pas une "journée mondiale de lutte contre les putschs militaires fascistes. L'événement new-yorkais vaut sans doute ces brûlures de rappel, pour ce qu'il signifie et pour ses conséquences (vingt ans de guerres...), mais pourquoi les images du 11 septembre new-yorkais, et plus que les autres celles des tours en flammes puis de leur effondrement, sont-elles restées, vingt ans après, dans nos mémoires ? Peut-être pour l'inavouable raison qu'elles sont belles, avec leur ciel bleu profond, leurs flammes rouges, leur fumée noire et les vagues grises déferlant le long des rues : "a terrible beauty is born"... Et puis, ce 11 septembre, ce fut peut-être, historiquement, le premier jour du XXIe siècle. De spectacle, ce jour-là et les jours suivants, nous avons été gavés. Les images terrifiantes des attentats, déversées à satiété et jusqu'à plus soif de fumée, de feu, de gravats, de hurlements, de morts et de blessés, avaient-elles, et ont-elle toujours, une autre vertu, sinon une autre fonction, que celle d'un show télévisé, et de faire "vendre du papier" ou du "temps de cerveau" ? Pour les commanditaires des attentats du 11 septembre, en tous cas, la déferlante des images de leurs actes fut une aubaine; certes, ce ne sont pas les media qui tuent; mais ce sont les media qui font la publicité du tueur. Les télévisions qui ont retransmis, pratiquement en direct, puis en boucle pendant trois jours, les images du "blitz" ne sont pas coupables de ce qu'elles retransmettaient, mais elles sont responsables de l'impact immédiat, massif, mondial (mais non universel) de ces images. Mesurent-t-elles le sombre prestige qu'ainsi elles apportent à celui qui semble être le "daemon ex machina" du spectacle qu'elles offrent ? Et les témoins dont le premier réflexe est de saisir de quoi filmer plutôt que se demander qui et comment aider, à quoi et à qui servent-ils et servent leurs images ?

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  • Le premier jour du XXIe siècle

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    11 septembre.jpg

    Un certain 11 septembre :

    "A terrible beauty is born"

    Depuis des jours, a satiété, sur toutes les chaînes de télé, sur tous les réseaux, par tous les media, nous revivons le 11 septembre new-yorkais d'il y a vingt ans. On n'en attendait pas autant du 11 septembre chilien : l'ONU a fait du 11 septembre une "journée mondiale de lutte contre le terrorisme", pas une "journée mondiale de lutte contre les putschs militaires fascistes. L'événement new-yorkais vaut sans doute ces brûlures de rappel, pour ce qu'il signifie et pour ses conséquences (vingt ans de guerres...), mais pourquoi les images du 11 septembre new-yorkais, et plus que les autres celles des tours en flammes puis de leur effondrement, sont-elles restées, vingt ans après, dans nos mémoires ? Peut-être pour l'inavouable raison qu'elles sont belles, avec leur ciel bleu profond, leurs flammes rouges, leur fumée noire et les vagues grises déferlant le long des rues : "a terrible beauty is born"... Et puis, ce 11 septembre, ce fut peut-être, historiquement, le premier jour du XXIe siècle. De spectacle, ce jour-là et les jours suivants, nous avons été gavés. Les images terrifiantes des attentats, déversées à satiété et jusqu'à plus soif de fumée, de feu, de gravats, de hurlements, de morts et de blessés, avaient-elles, et ont-elle toujours, une autre vertu, sinon une autre fonction, que celle d'un show télévisé, et de faire "vendre du papier" ou du "temps de cerveau" ? Pour les commanditaires des attentats du 11 septembre, en tous cas, la déferlante des images de leurs actes fut une aubaine; certes, ce ne sont pas les media qui tuent; mais ce sont les media qui font la publicité du tueur. Les télévisions qui ont retransmis, pratiquement en direct, puis en boucle pendant trois jours, les images du "blitz" ne sont pas coupables de ce qu'elles retransmettaient, mais elles sont responsables de l'impact immédiat, massif, mondial (mais non universel) de ces images. Mesurent-t-elles le sombre prestige qu'ainsi elles apportent à celui qui semble être le "daemon ex machina" du spectacle qu'elles offrent ? Et les témoins dont le premier réflexe est de saisir de quoi filmer plutôt que se demander qui et comment aider, à quoi et à qui servent-ils et servent leurs images ?

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  • Questions de langue et d'orthographe

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    dictionnaire du vieux françois.jpgVive le françois !

    Sans doute ne pouvons-nous nous mettre à nonchaloir les dubitations, inquiétudes et riottes de quelques parts de la population de la Cité, quand en icelles sourdent et noise et ribaines que suscitent les novations qu'apporte à l'écriture du françois celles d'une orthographe simplifiée, d'une écriture dite "inclusive" et les recommandations de les promouvoir par l'adoption de leur usage, et nous nous compassionnons fort tendrement des afflictions que ces recommandations provoquent, lors même qu'elle ne sont que recommandations et fort souples, laissant loisible de choisir, par exemple, entre la reformulation, le doublet, le point median... comme la nouvelle orthographe, cela fera usage commun de la société ou ne le fera pas, c'est elle et le peuple qui la forme qui en décidera, comme il s'est résolu au masculin universel, pas moins idéologique que le féminin universel, le neutre ou l'épicène, et comme il s'est résolu à dire que des gens vieux sont de VIEILLES gens, que la population des hommes forme UNE gens masculine, que la mère de notre mère est GRAND-mère et que la rue la plus grande est la GRAND-rue...

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  • Sur nos moooonts, quand le soleeeeeil...

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    feu.jpgAutocélébration

    Aujourd'hui, la Suisse se célèbre, sans grands rassemblements, pandémie oblige. Et nous disons bien « se célèbre», et non « célèbre sa fondation ». La plupart des autres Etats célèbrent lors de leur fête nationale un événement fondateur, exemplaire, symbolique, une date qui est un signe ou un passage. Une déclaration d'indépendance (comme, aujourd'hui, celle du Bénin, alors Dahomey), une prise de Bastille, un moment historique... Nous, non : il ne s'est rien passé le 1er août 1291, et la Suisse n'a été fondée ni en 1291 par un serment ni en 1307 par un pacte, mais en 1798 par une révolution et une constitution. Il n'y avait pas d'Etat suisse avant, rien qu'une addition de cantons et de bailliages. Et même si la République Helvétique ne tint que le temps qu'elle avait d'utilité pour la France à l'exemple et avec le soutien de qui elle avait été fondée, c'est bien de cette République morte en bas âge, et non d'un pacte moyenâgeux, que nous vient la Suisse qui se célèbre chaque année le 1er août depuis 130 ans, et fait de cette célébration un jour férié depuis qu'en a décidé une initiative des "Démocrates Suisses" (ex-Action Nationale) acceptée par le peuple et les cantons  : on ne va pas cracher sur un jour férié de plus, même proposé par un parti d'extrême-droite... Il nous fallait une Fête Nationale, comme aux autres, et il lui fallait bien une date. Alors pourquoi pas ce 14 Thermidor, jour du basilic ?

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  • 14 juillet, jour de la Fête du Père Ubu

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    révolte,révolutionQue célèbre-t-on ?

    Nous ne célébrons pas plus aujourd'hui le 14 juillet français que toute cette année, le 150ème anniversaire de la Commune de Paris, le 100ème anniversaire de l'insurrection de Cronstadt, le 85e anniversaire de la Catalogne libertaire. Et les commémorant toutes trois, nous commémorons du même coup trois défaites : l'écrasement de deux révolutions (la parisienne et la catalane), la trahison de la troisième (la russe). Quant au 14 juillet, devenu fête nationale, pour commémorer non la prise de la Bastille en 1789 mais la Fête de la Fédération en 1790, non une insurrection mais un appel au consensus, il y a beau temps qu'il ne célèbre plus une révolution mais un Etat. Ce n'est pas pour rien, ni par hasard, que dans le calendrier pataphysique, le 14 juillet (1er jour du mois de Tatane) est le jour de la Fête du Père Ubu...

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  • Les trois Communes

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    vive-la-commune2.jpgParis, Cronstadt, la Catalogne...

    Vendredi, cela faisait 150 ans que la Commune de Paris était écrasée et que ses derniers combattants étaient abattus; la répression ne cessa pas avec les combats, et les massacres continuèrent -mais ce fut alors ceux des prisonniers et des prisonnières : la Semaine Sanglante et les semaines qui suivirent (il y eut 38'0000 arrestations, 10'000 condamnations) firent 20'000 morts, dont on retrouvait encore des ossements dans les sous-sol de Paris, hors des cimetières, 5000 exilés et, dit Victor Hugo dans son discours pour l'amnistie des Communards (elle prendra neuf ans), 100'000 disparus.  La Commune de Paris  fut une expérience révolutionnaire sans précédent, mais pas sans héritiers, et elle n'est pas morte dans son écrasement il y a 150 ans : 50 ans après elle, il y eut celle de Cronstadt, et encore 15 ans après,  la Catalogne libertaire.  Trois révoltes populaires écrasées : la Commune de Paris par l'armée de la future République bourgeoise, Cronstadt par l'Armée Rouge, la Catalogne étranglée par le double garrot des staliniens et des franquistes. Avec l'écrasement de l'Ukraine anarchiste de Makhno, celui de Cronstadt scelle la fin de la révolution russe, et le début, Lénine encore vivant, de la contre-révolution bolchévik. Et c'est encore une parenté avec la Commune de Paris, que cet écrasement d'une espérance de révolution et de République, "démocratique et sociale" -à ceci près que la Commune de Paris fut écrasée par les ennemis de cette République, quand Cronstadt, la Makhnovtschina et la Catalogne par ses faux-frères. 

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  • A propos d'un 10 Mai d'il y a quarante ans

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    mots socialistes.jpgPost Lucem Tenebrae

    En France, le 10 mai est, comme le 18 Brumaire ou le 18 juin, une date dont on n'a pas besoin de donner l'année. Pour Jack Lang, reprenant (vraisemblablement sans le savoir) la devise de la parvulissime République, avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la Ve République, la France passait carrément des ténèbres à la lumière. C'était tout de même un peu trop dire de l'événement, mais c'était bien dire l'attente d'un changement. Et, en creux, dire à quel point cette attente manque à la gauche française pour qu'elle renaisse de ses cendres dispersées...  36 ans après la victoire de Mitterrand à la présidentielle, suivie d'une victoire du PS aux législatives, le candidat socialiste à la présidentielle de 2017 obtient, au premier tour, et péniblement... 6 % des suffrages. De Post Tenebras Lux à Post Lucem Tenebrae...

    Un droit d'inventaire du mitterandisme et du parti socialiste au pouvoir s'impose, en tenant compte des différences de contextes politiques : en 1981, le clivage gauche-droite structure sans contestation le paysage politique : on est de gauche ou de droite, si on n'est ni l'un, ni l'autre, on n'est rien. Aujourd'hui, pour être quelque chose politiquement, il faut commencer par se dire "ni de gauche, ni de droite", "au-dessus du clivage gauche-droite", ou "de gauche ET de droite". Et puis, enfin, il y a un comportement unitaire, à gauche, quand il n'y reste plus qu'un désir d'unité. Un désir impuissant, peut-être faute d'une force politique centrale (on dit bien "centrale", pas "centriste"...) autour de laquelle se fasse cette unité : ce fut, de 1974 à 1981, le PS. Et quarante ans après ? La gauche française pèse toujours, si elle se rassemble, assez pour être présente au deuxième tour d'une élection présidentielle. Si  elle ne rassemble pas, elle ne pèsera que le poids de son impuissance, et devra se contenter de choisir, à nouveau, entre Macron et Le Pen.

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  • Nos Pâques à nous : la Commune de Paris

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    Commune de ParisPassion, résurrection ?

    Dimanche dernier, il y avait 150 ans, jour pour jour, que la Commune de Paris était proclamée. Et dimanche prochain, ce sera la Pâque chrétienne, dans le calendrier grégorien. Trahison, procès, exécution, martyre... Vous parle-t-on alors, ici, de la Passion du Christ ou de celle des Communards ? Des deux, frères et soeurs... Et puisqu'après l'exécution, il y a la résurrection, et après la résurrection l'Ascension, et après l'Ascension la Pentecôte, on s'autorisera à une récupération politique parfaitement blasphématoire (mais nous tenons le droit au blasphème comme un droit fondamental) : la Commune de Paris, c'est nos Pâques à nous. Des Pâques de 72 jours. Sans résurrection ? Allez savoir... En tout cas, pas sa récupération : 498 rues et places et 190 écoles portent en France le nom de Louise Michel, qui avait si grande "hâte de s'échapper du vieux monde" , dont pourtant elle ne put pas même s'échapper en étant déportée en Nouvelle Calédonie, où ce vieux monde détruisait celui. plus vieux encore, de ses nouveaux amis, les Kanaks. Ce vieux monde, c'est toujours le nôtre...

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  • TOUT çA N'EMPÊCHE PAS, NICOLAS, QUE LA COMMUNE N'EST PAS MORTE...

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    Capture d’écran 2021-03-18 181626.jpg

    La Commune de Paris a 150 ans

    La Commune de Paris a 150 ans, et en ce mois de mars, et on la commémore ou la célèbre, selon que l'on continue à la haïr ou à s'en réclamer150 ans depuis sa proclamation le 28 mars, 150 ans depuis son écrasement le 23 mai au terme d'une Semaine Sanglante qui ne peut se comparer, avec ses 30'000 morts,  qu'à la Saint-Barthélémy. Elle ne vécut que deux mois de printemps. Ecrasée mais, chante Pottier, "pas morte".

    On l'a tuée à coups de Chassepot
    A coups de mitrailleuse
    Et roulée avec son drapeau
    Dans la terre argileuse
    Et la tourbe des bourreaux gras
    Se croyait la plus forte
    Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
    Qu' la Commune n'est pas morte!
    (Eugène Pottier)

    (voir aussi : https://lecourrier.ch/2021/03/17/un-heritage-entre-avant-garde-et-mythe/)

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  • L'"Affaire Crypto", la neutralité suisse et la guerre froide

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    guerre froide.jpgNeutralité neutralisée

    La presse a longuement évoqué ces dernières semaines l'"affaire Crypto", cette sombre histoire d'appareils de codage de fabrication suisse, piratés par la CIA et son équivalent allemand, le BND, au vu et au su, et sans doute avec l'accord, des autorités politiques de notre neutre pays. On ne reviendra pas ici sur les détails (assez croustillants) de l'"affaire", mais il vaut la peine de la replacer dans son contexte historique : dans "Le Courrier", l'historien Matthieu Leimgruber rappelle que la neutralité suisse, pendant toute la guerre froide (de 1948 à 1989), n'était une vaste mystification et que la Suisse était clairement et profondément ancrée dans le "camp occidental", même si elle n'était pas membre de l'OTAN : elle respectait l'embargo technologique frappant les Etats communistes (embargo duquel les machines à crypter avait été exclues, puisqu'il, était utile que des Etats communistes en soient équipées puisqu'elles étaient vérolées, exportait des armes vers les Etats de l'OTAN, prenait "nettement position contre le communisme", pour reprendre les mots de l'époque du Conseiller fédéral Max Petitpierre. Emil Bührle, qui fournissait l'Allemagne nazie pendant la Guerre Mondiale, a fourni les Etats Unis ensuite, l'industrie horlogère fournissait des détonateurs aux Américains engagés au Vietnam, Kudelski a produit une version miniature de son Nagra pour la CIA, les PTT puis Swisscom acceptaient de travailler pour les services occidentaux... "Nous perdons nos illusions", déprime le chroniqueur du "Temps", Yves Petignat. Quelles illusions ? celles d'une Suisse absolument neutre, telle que feint de la rêver l'UDC ? Mais qui y croit encore, à cette neutralité ?

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  • Connaissez-vous Paul Lévi ?

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    Paul Lévi.jpg
    Une occasion manquée et un personnage oublié dans l'histoire du socialisme révolutionnaire

    Notre histoire (celle du mouvement ouvrier, celle du socialisme, celle de "la gauche>", comme vous voudrez) est pleine d'occasions manquées et d'ombres. De noms qui sont dans les livres mais pas dans les mémoires. Marx, Lénine, Trotsky, Bakounine, Jaurès, on les connaît. Mais Paul Lévi ? Il est pourtant le fondateur du premier Parti communiste allemand, et ce ne fut pas rien, le parti communiste allemand, dans les années vingt, si ce fut aussi le lieu politique de l'un des plus tragiques échecs de l'histoire du mouvement ouvrier : l'échec, faute d'unité, de la résistance socialiste et communiste au nazisme. Connaissez-vous Paul Lévi ?

    Samedi 5 octobre, à Lausanne (Librairie Basta, 11 heures), "Pages de gauche" vous invite à une conférence de Vincent Présumey, auteur avec Jean-François Claudon de "Paul Levi, l’occasion manquée", aux éditions de Matignon.

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  • Mais qu'est-ce qu'on fête, aujourd'hui ?

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    Grutli.jpgPremière route...

    Que diable célèbre-t-on, aujourd'hui ? le "serment du Grütli" ? la fondation de la Suisse ? le premier "pacte fédéral" ? Evidemment que non : le 1er août n'est la fête nationale de la Suisse que depuis 1891, et la Suisse elle-même n'existe comme Etat que depuis 1798. Ce qu'on célèbre le Premier Août est une première route : la volonté du jeune Etat fédéral suisse né de la révolution radicale de se constituer comme l'expression d'une nation. Parce qu'on est, précisément, au XIXe siècle, et que la nation, héritage de la Révolution française, se constitue après-elle, un peu partout. Le "printemps des peuple" la fait fleurir aussi en Suisse : il n'y avait pas de nation suisse avant lui, elle se construira pendant et après lui.

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  • Notre Notre-Dame

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    victor-notre-dame-de-paris-1844-5-1421162057.jpg'ANAGKN

    Elle avait survécu depuis presque 900 ans à tout ce qui aurait pu la détruire, elle survivra à son incendie de ce lundi. Elle y survivra peut-être sans sa flèche -mais ce n'est pas cette flèche, que Viollet-Le-Duc lui avait accolée pour faire moyenâgeux (en remplacement d'une plus ancienne, en pierre, abattue à la révolution), qui lui donnait son identité si immédiatement reconnaissable, c'étaient ses deux tours. La Notre-Dame du père Hugo avait déjà perdu sa flèche. Et ses deux tours ont été sauvées, comme sa grande rosace et ses grandes orgues. Elle sera reconstruite. Comme elle n'a cessé de l'être depuis la pose de sa première pierre, en 1163.

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  • Prêche de Frimaire

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    épithètes.jpgLe socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser

    En ce premier jour de l'hiver, et donc premier jour du premier mois de l'hiver, le mois de Frimaire, et avant de prendre une décade de pause parfaitement imméritée au prétexte de fêtes qu'on se plaît à snober (à quelques écarts près), on se contentera de vous gratifier d'un prêche : la conclusion de l'opuscule* que nous commîmes au début de l'année grégorienne qui s'achève -opuscule qui, soit dit en passant en en tout désintéressement, doit encore pouvoir être trouvé dans quelques librairies pas encore condamnées par le "marché", et opuscule dont nous précisions que l'auteur "est membre du Parti socialiste genevois depuis 40 ans. C'est donc qu'il y a adhéré et qu'il y est resté. Et qu'il n'en a pas été purgé, quelque effort qu'il ait pu faire pour mériter cet honneur, que ce parti accorde si pingrement".

    *Pascal Holenweg, Le socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser, Editions de l'Aire, 2018

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  • 1er août : Qu'est-ce qu'on fête ?

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    Capture.JPGOuala, on est le jour de nôtre fête nationale, à nous autres, Suisses et Suissesses. Mais on y fête quoi ? Mauvaise question : ce n'est pas "quoi" l'on fête qui interroge, : mais qui fête, et qui fête qui. On ne fête pas la Confédération, la patrie, l'ethnie, la souche : on SE fête. Et cette fête suffit à la fête. On SE fête, et tant pis si on ne le mérite pas forcément. On SE fête parce qu'on est là. La Suisse ne fête pas sa naissance (il s'en faudra de cinq siècles depuis le pacte originel pour qu'un Etat suisse soit créé), ni son indépendance (les cantons "primitifs" sont tous des petits bouts du Saint Empire) : les Suisses (au sens large : celles et ceux qui habitent la Suisse) SE fêtent tels qu'ils sont aujourd'hui. Plus riches, plus libres, plus en paix que les autres. Et très contents de l'être. Et peu soucieux de savoir à quoi tiennent ces privilèges.

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  • Autocommémoration : Notre Mai à nous

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    Mai68 et après.JPG

    On commémore : Il y a cinquante ans, c'était le Mai 1968 français. C'est celui-là qu'on commémore -on bougeait beaucoup ailleurs, on se révoltait, on subvertissait aussi, mais dans nos contrées, c'est le printemps français qu'on se remémore, en nostalgie ou en détestation, en apologie ou en envie de revanche, en autocélébration ou en excorcisme.
    Remémorons-nous alors le nôtre* : On avait 16 ans en 1968. On était entre l'Aubépine (on s'était fait virer l'année précédente du CO) et La Clairière. On avait commencé, mélancoliquement, un apprentissage de commerce. Et vint le printemps. De ce que ce printemps a pu réveiller en nous, c'est une volonté d'agir sans certitude du chemin à prendre pour agir. On dit "réveillé"parce que ça y était déjà, présent comme un héritage familial, celui d'un milieu politiquement engagé et culturellement curieux. Un milieu de membres du Parti du Travail (qui le quittèrent l'année même de notre naissance pour suivre Léon Nicole dans sa tentative de créer un nouveau parti de gauche) -un milieu fort ressemblant à celui du communisme à la française ou à l'italienne, et dont on oublie aujourd'hui ce qu'il a apporté, culturellement, à celles et ceux qui en étaient et venaient d'"en bas" de la hiérarchie sociale : Il leur a apporté ce qu'on appelait encore à l'époque "la grande culture" -des livres, des disques, des places de théâtre et de concert. Il leur a ouvert un monde -même si ce monde était surtout celui du patrimoine culturel, pas celui de la subversion culturelle.

    * "On" n'utilise pas la première personne du pluriel (ou l'indéfini) par envie de majesté, mais parce que "notre" situation n'est pas si exceptionnelle que le Moi Je s'imposerait naturellement...

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  • Cours, camarade, '68 est derrière-toi

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    La beauté est dans la rue.jpgOn avait 16 ans en 1968. On s'était fait virer l'année précédente de l'école obligatoire, et on avait commencé, mélancoliquement, un apprentissage de commerce. Et vint le printemps. De ce que ce printemps a pu réveiller en nous (on dit "réveillé" puisque ça y était déjà, présent comme un héritage familial) c'est une volonté d'agir sans certitude du chemin à prendre pour agir. Donc, on commémore. Pour analyser, ou pour embaumer ? "N'est-ce pas une manière efficace de neutraliser les luttes que d'en célébrer le folklore, et de faire spectacle du Quartier Latin avec ses barricaces en noir et blanc ?", s'interroge Yannick Haenel dans Le Monde des Livres" ? Cours, camarade, Mai '68 est derrière-toi !

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  • Il y a cent ans, la Grève Générale : Commémorer pour quoi faire ?

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    Grève Générale 1918 cahier de revendication.jpgNous voilà donc dans l'année du centenaire d'un mouvement et d'un moment qui fut celui d'un accouchement de la Suisse actuelle : la Grève générale de novembre 1918. Ce "moment" syndical (et politique) est d'abord celui d'une peur surmontée, celle de la grève générale, ensuite celui d'une peur assumée, celle d'une répression sanglante, enfin celui d'une peur provoquée,  celle qui s'est emparée de la bourgeoisie, du patronat, de la classe politique dominante du pays, face à un mouvement qu'elles n'imaginaient pas possible, qu'elles réprimèrent, mais dont, les unes après les autres, elles acceptèrent les revendications, pour éviter de revivre l'expérience traumatisante qu'elles en firent. La question que pose la commémoration d'un moment aussi exceptionnel est bien : qu'en faire ? Une nostalgie ou un enseignement ?

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  • La Grève Générale, un siècle plus tard : Quel cahier de revendication ?

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    Grève Générale 1918.jpgEn novembre prochain, la gauche et les syndicats suisses célébreront
    (www.greve-generale.ch) le centenaire du plus important mouvement social de la Suisse moderne (celle qui naît avec la République Helvétique dont
    on pourrait d'ailleurs aussi célébrer, toujours l'année prochaine, le 220e anniversaire) : la Grève Générale de novembre 1918. 250'000 travailleurs (dans un pays de 3 millions et demi d'habitants) se mettent en grève, à l'appel du Comité d'Olten créé par l'Union Syndicale et le Parti Socialiste : on a faim dans les villes, les familles dont les pères montent la garde aux frontières sont sans ressources (il n'y a pas
    d'assurance perte de gain et la solde est dérisoire), la situation sociale est catastrophique -et des grèves sectorielles, comme celle des
    employés de banque zurichois, ont déjà éclaté. Le cahier de revendication de la grève est un programme politique -celui d'un Etat
    fédéral rénové, et d'une politique fédérale progressiste. La Grève fut levée, pour éviter un bain de sang, au bout de deux jours. Elle apparut
    donc, dans l'immédiat, comme se soldant par une défaite. Et pourtant, il suffit de relire précisément son cahier de revendications pour constater
    que la plupart (pas toutes, certes...) d'entre elles ont finalement été satisfaites, certaines (l'AVS, le suffrage féminin...) après plusieurs
    décennies, d'autres (l'élection du Conseil national à la proportionnelle, la semaine de travail de 48 heures) beaucoup plus rapidement. Et surtout, c'est bien la Grève Générale de 1918 qui posa le mouvement ouvrier suisse comme une puissance politique. La peur qu'elle inspira à la classe et à la caste dominantes fera le reste : ses revendications seront satisfaites, ses organisateurs intégrés (peut-être
    même un peu trop...) à l'institutionnalité politique. Mais au-delà de l'exercice commémoratif, une question peut être posée un siècle après
    l'événement : quel pourrait être en 2018 le cahier de revendication d'une grève générale aussi politique que celle de 1918 ? La Jeunesse Socialiste suisse a ouvert un site internet participatif pour recueillir les propositions : c'est sur https://generalstreik-reloaded.ch/fr/

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