Genève

  • Initiative populaire "Zero Pub" : Un premier "oui" de principe

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    Publicité, Zéro PubLa semaine dernière, le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé l'initiative municipale "Zero Pub", qui demande que la publicité commerciale (et elle seule) soit bannie des panneaux d'affichage de la Ville (et eux seuls). Si ce vote était logique, et attendu (que la gauche soutienne une initiative de gauche et que la droite s'y oppose n'a pas de quoi bouleverser le paysage politique...), il n'en fut pas moins la conclusion, provisoire, d'un débat étrange succédant à un examen tout aussi étrange en commission : on a eu constamment l'impression, et même un peu plus que l'impression, que les opposants à l'initiative ne l'avait pas lue, et que les conseillers municipaux appelant à la refuser  ignoraient tout du statut même d'une initiative populaire municipale, et de la procédure de son traitement. Il semblait même que cette ignorance ait été soigneusement cultivée pour perdurer même après la clôture du débat, puisqu'elle continue de se manifester depuis. Profitons donc de cet espace que nous nous offrons à nous-mêmes pour quelques rappels élémentaires, à destination de la droite municipale, sur le mode de "tout ce que vous devriez savoir des propositions qui vous sont soumises avant de vous prendre position sur elles".

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  • "Internalisation" du nettoyage en Ville de Genève : Un premier pas, enfin...

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    Capture d’écran 2021-09-08 022338.jpgNous avons tenu, en un peu plus de deux mois, trois débats au Conseil municipal de Genève sur une proposition d'engagement dans le personnel municipal d'une quinzaine de nettoyeuses et de nettoyeurs de bureaux et de toilettes publiques de la Ville.  On trouvera  que c'est trop débattre d'une proposition aussi modeste, dont le coût équivaut à un peu plus de un pour mille du budget de la Ville ? On aurait tort. Parce que cette proposition, premier pas d'une internalisation dans le secteur public de tout le nettoyage des locaux, des bureaux, des installations communales, manifeste, puisqu'elle a été adoptée hier soir, un refus de la sous-enchère salariale, de la paupérisation d'une part croissante de la population (en particulier des femmes), de la sous-traitance à des privés de tâches publiques, de l'abandon de la responsabilité patronale de la Ville sur celles et ceux qui travaillent pour elle, et son adoption fut un moment de  reconnaissance du travail de celles et ceux qui assument ces tâches, quelles qu'elles soient.

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  • La gauche, le budget, l'impôt :  Le prix de la cohérence

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    petite monnaie.jpgC'est la rentrée. Le Cirque Knie est sur la Plaine, les tartes aux pruneaux dans les fours, les chtis nenfants prennent le chemin de l'école, les ados celui du Cycle et du Collège, les enseignants retrouvent leur classe. Et les Conseillères municipales et les Conseillers municipaux vont recevoir leur cadeau de rentrée : le projet de budget du Conseil administratif. A l'heure aurorale où on écrit, on ne l'a pas encore reçu ce cadeau. On patiente. On ne s'attend pas au pire, le Conseil administratif est de gauche, quand même. On ne s'attend pas non plus au meilleur, vu que même de gauche, le Conseil administratif reste corseté par un cadre légal cantonal que le canton prend bien garde à ne pas se l'appliquer à lui-même. Bref, on s'attend à du médiocre. C'est reposant, le médiocre. Habituel, même. On s'en accommodera. Reste à bien clarifier les rôles des uns et des autres. Le rôle du Conseil administratif, le rôle des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux, le rôle des partis, le rôle du peuple. Et à mesurer la capacité d'une gauche majoritaire à défendre son propre programme -et la politique fiscale le finançant. A mesurer notre cohérence politique, en somme.  Et un peu aussi notre courage. Et leur prix.

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  • La Cité, la musique, la démocratie

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    Cité de la musique2.jpgLe NON qui rouvre les possibles

    Le 13 juin dernier, après une campagne dont, par euphémisme, on dira qu'elle fut vive de part et d'autre (la Fondation pour la Cité de la Musique et le comité référendaire notant tous deux des "attaques personnelles, insultes, menaces, harcèlement, pressions" du camp adverse), la Ville de Genève donnait, à un peu plus de 800 voix de majorité sur 53'000 votantes et votants, un préavis négatif au plan localisé de quartier nécessaire à la réalisation d'un projet de Cité de la Musique sur la parcelle des Feuillantines, en bordure de le place des Nations. C'était un vote municipal consultatif, dont, légalement, le canton peut faire ce qu'il veut, y compris, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir dessus ("on ne saurait considérer que la volonté populaire d'une seule commune s'impose de facto à l'échelon cantonal" déclarait Antonio Hodgers, avant même le vote de la Ville). Mais politiquement, c'est une autre histoire : 53'000 personnes qui votent, dans une commune de plus de 200'000 habitants qui concentre 40 % de la population (et du corps électoral) du canton, ça pèse un peu plus qu'un simple mouvement d'humeur, et soir même du vote le Conseil d'Etat rouvrait le débat, le dossier et les consultations sur le projet, sans exclure de le faire passer de celui d'une Cité DE LA musique à celui d'une Cité DES musiqueS... Or si le débat va se poursuivre et si des "plans alternatifs" peuvent être évoqués (comme l'installation, proposée par le député indépendant à la Douma Guy Mettan, d'une Cité DES musiqueS sur le terrain occupé naguère par l'Opera des Nations)  c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier : si elle l'avait accepté, sur le projet aurait été posé cet avertissement définitif : "circulez, y'a plus rien à voir, rien à dire, rien à voter".

    "Nous ne sommes pas prêts à attendre encore dix ans pour voir émerger une Cité de la musique", plaident les députés socialistes. Nous, et une majorité de votantes et de votants en Ville, n'étions pas prêts à nous précipiter sur n'importe quel projet de Cité de la Musique -et s'il faut attendre dix ans pour un bon projet (avec un nouveau PLQ, lui aussi soumis à référendum populaire...), nous sommes prêts à l'attendre dix ans. Et pendant dix ans, à renforcer le soutien financier aux musiques actuelles et de création : c'est d'un tel soutien dont elles ont le plus besoin, pas de salles dans une Cité de la musique ou des musiques.

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  • "Internalisation" du nettoyage des locaux et installations de la Ville de Genève : Un premier (petit) pas est fait...

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    Capture d’écran 2021-06-30 210303.jpgLe débat fut ce que nous en attendions, la majorité celle que nous espérions, les votes ceux auxquels nous appelions : le Conseil municipal de Genève, mardi soir, s'est prononcé à la fois pour le principe de l'"internalisation" du nettoyage des locaux de la Ville de Genève, c'est-à-dire de la fin de sa sous-traitance à des privés et pour une première étape de ce processus : un crédit de 1,3 millions de francs pour l'engagement dans la fonction publique du personnel municipal nécessaire  au nettoyage des toilettes de la Ville et de bureaux de l'administration municipale. Comme prévu, la droite a obtenu un troisième débat, lors duquel nos propositions seront à nouveau débattues, sans doute dans les mêmes termes que nous venons de le faire, avec les mêmes majorités et, au bout du compte, le même vote. Ce n'était mardi, ce ne sera en septembre, qu'un premier pas. Petit, mais seulement premier.

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    Lien permanent Catégories : Genève, syndicats, Travail, emploi 0 commentaire
  • Budgets publics  genevois : Tournis de la rigueur ?

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    droite-gauche.jpgOn vous parle d'un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître : en 1983, les socialistes français, au pouvoir depuis deux ans, annoncent un changement de politique : on se pliera désormais aux cadres, aux règles, aux normes des équilibres économiques libéraux. On continuera à faire des réformes, sans doute, mais seulement si elles peuvent rentrer dans ces cadres, ces règles, ces normes. Et ce fut le début de la fin du PS français. Pas le début de la fin de la gauche au pouvoir, puisqu'elle s'y accrochera encore, mais le début de la fin d'un pouvoir de gauche, c'est-à-dire d'un pouvoir menant une politique de gauche sur les enjeux qui font le clivage entre la gauche et la droite. Une politique "progressiste" sur des enjeux sociétaux restait possible, elle ne l'était plus sur ce qui la différencie d'une politique de droite : la fiscalité, la redistribution, le service public, la propriété privée des moyens de production. Ce virage de 1983 en France, on l'appela le "tournant de la rigueur" (parce que "rigueur", ça sonne moins mal qu'"austérité"). A notre petit niveau local, municipal,  une gauche majoritaire opérera-t-elle lors des votes budgétaires semblable "tournant", avec pour conséquence même tournis ? A moins que... A moins qu'elle se décide à donner corps politique à sa belle proclamation, devenue rituelle, de l'indissociabilité de l'urgence climatique et de l'urgence sociale. Et se donne les moyens, politiques et financiers de les relever les deux.

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  • Heures d'ouverture des magasins genevois : Le référendum a abouti. On votera. Non.

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    horaires d'ouverture des magasins.jpgLe référendum lancé par les syndicats et les partis de gauche contre la loi (votée par la droite du Grand Conseil)  prolongeant jusqu'à 19 heures l'ouverture des magasins le samedi et les autorisant à ouvrir trois dimanches par an, a facilement et largement abouti, avec 9224 signatures récoltées en un mois et demi, grâce à la mobilisation du personnel de la vente.  Cette loi, passée sans négociation avec les syndicats, modifie un cadre horaire datant de 2002 et qui, lui, avait fait l'objet de longues négociations, et avait abouti à la signature de deux conventions collectives de travail. Dont il ne reste plus qu'une seule, sans force obligatoire, n'engageant que les entreprises qui ont consenti à la signer.  Et le projet de loi voté par le Grand Conseil ne prévoit aucune CCT étendue, alors que c'était une condition posées par la loi. On votera donc sur la loi, et l'élargissement des heures d'ouverture des magasins -et la prolongation des heures de travail de leur personnel. Et on votera NON !

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  • Refus du préavis municipal sur la Cité de la Musique :  Et maintenant ?

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    cor des Alpes.jpgLe préavis municipal sur le plan localisé de quartier lié au projet de Cité de la Musique a été refusé, par 800 voix d'écart en Ville de Genève. Tous les arrondissements de gauche disent NON. Tous. Cela devrait nous parler un peu... et que seuls des arrondissements de droite votent OUI, cela aussi devrait nous parler un peu... Ce NON, même de justesse, c'est tout de même, pour le PS, une sanction: celle d'un soutien souvent totalement a-critique à un projet présenté comme atteignant à la perfection, sans aucun défaut, ne posant aucun problème... or si la base électorale du PS s'était mobilisée pour ce projet, il serait passé -et il n'a été repoussé que parce qu'une bonne partie de la base socialiste l'a repoussé... et qu'elle devait bien avoir quelques motifs de le faire. Reste que 800 voix de différence dans un vote qui a mobilisé 50'000 des 200'000 habitants de la Ville (40 % de participation, c'est une bonne participation, pour un vote municipal), ça n'est pas un raz-de-marée, d'autant moins qu'un vote de nature référendaire est plutôt favorable aux oppositions, qui peuvent s'additionner sans égards à leurs contradictions, alors que les soutiens doivent s'élargir... Maintenant, parole au canton. Plus précisément, au Grand Conseil, si le Conseil d'Etat veut contourner le préavis municipal de la Ville. Et si le Grand Conseil le suit dans cette voie périlleuse... Bref, le débat va se poursuivre -mais c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier qu'il va se poursuivre : si le PLQ avait été accepté, le débat aurait été clos, ou se serait réduit à des oppositions aux autorisations de construire (et de démolir la villa des Feuillantines). Une approbation aurait sacralisé le projet; le refus le laisse  modifiable. Vertus de la démocratie semi-directe... et municipale.

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  • Internalisation dans la fonction publique du personnel de nettoyage : Attente déçue et mesurette alibi

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    nettoyeuses.jpg.jpgHier, journée de la Grève Féministe, des nettoyeuses ont manifesté leur colère contre la Ville de Genève en se rassemblant devant l'Hôtel-de-Ville pour protester contre le traitement réservé par la Commission des Finances du Conseil Municipal, et par le Département lui-même, aux nombreuses propositions émanant de la gauche du Conseil municipal (PS, Ensemble à Gauche... et Verts)  en faveur de l'intégration dans la fonction publique municipale du personnel de nettoyage des locaux, des espaces et des installations de la Ville. Pour "faire des économies" budgétaires sur le dos de ce personnel, affecté à des tâches dont la pandémie a rendu visible le caractère indispensable à la population et au fonctionnement de la commune, la Ville avait en effet décidé de confier à des entreprises privées la tâche que ce personnel accomplit , au prix d'une dégradation de ses conditions de travail, de rémunération et de protection sociale. Quand la droite était majoritaire au Conseil municipal, on ne s'attendait pas à ce qu'elle remette en cause cette privatisation d'une tâche publique. La gauche étant redevenue majoritaire au Conseil municipal, le personnel de nettoyage et les syndicats en attendait qu'elle passe de la parole (les propositions d'"internalisation" dans la fonction publique de 73 postes de travail en équivalent plein temps) aux actes (l'adoption de ses propres propositions). Attente déçue, jusqu'à présent. D'où l'expression, hier, de la colère du personnel et du syndicat (le SIT) : "En ce jour de grève féministe*, nous protestons devant les bureaux du Conseiller administratif en charge des finances de la Ville de Genève, M. Alfonso Gomez, pour dénoncer le manque de courage politique de ce dernier ainsi que de ses partisan-ne-s qui, malgré leurs promesses, n'ont que faire de nos conditions de travail !"

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  • Cité de la Musique  et musiques de la Cité

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    prova d'orchestra.jpgOn s'échauffe beaucoup, en ce moment, à Piogre, autour du projet de Cité de la Musique dans le quartier des Nations. On s'échauffe même jusqu'aux insultes et aux menaces, partisans et opposants dénonçant fort équitablement, les uns sur leur site Facebook, les autres par communiqué de presse, les attaques personnelles fusant des autres sur les uns et des uns sur les autres. Ambiance "prova d'orchestra" fellinienne, dont il ne nous souvient pas qu'elle accompagna d'autres projets d'envergure, comme la Nouvelle Comédie...  Objectivement, il ne s'agit pourtant que de voter sur un préavis municipal à  un plan localisé de quartier, préavis sur lequel le canton pourrait parfaitement, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir. Si on peut douter qu'il y pose son séant, c'est en raison du rapport des force entre le canton et une commune qui à elle seule pèse 40 % de la population et de l'électorat du canton, et qu'il convient de ménager à deux ans d'élections cantonales. Sauf à vouloir s'asseoir sur un gros clou. Le rapport de force entre le clou municipal et la fesse cantonale décidera... Reste la question qui devrait nous tarauder : sur quoi s'échauffe-t-on ? les arbres ? la villa des Feuillantines ? les musiques ? la Fondation des montre-que si-t'en-as-pas-une-à-50-ans-t'as-raté-ta-vie ? A quelques jours de la votation, le mystère nous reste entier, et on doute qu'il soit dissipé dimanche à midi, vu l'ambiance de la campagne... En attendant quoi, que l'on s'écharpe sur les réseaux nous aura au moins permis de prendre une posture commode, celle du sage, mi-cynique mi-stoïcien, planant au dessus des bas règlements de compte...

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  • "1000 Emplois" : Un monde d'après

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    Capture d’écran 2021-06-03 020920.jpgCréer des emplois, réduire le temps de travail, sortir de la crise

    Sortir de la crise ? Tout le monde est d'accord. Mais comment ? Et en sortir pour aller vers quoi ? le monde d'avant ? Pour sortir de la crise autrement qu'en revenant en arrière, l'initiative "1000 emplois" lancée par les syndicats genevois et soutenue par les partis de gauche propose la création, dans les domaines sanitaires, sociaux et de la transition écologique, par les collectivités publiques et les institutions à but non lucratif poursuivant des buts d'intérêt public, de mille emplois utiles chaque année lorsque le  taux de chômage dépasse 5 % (le nombre d'emplois à créer étant réduit en proportion du taux de chômage lorsqu'il est inférieur à ces 5 %). Il doit s'agir d'emplois"normaux", à durée indéterminée, stables, aux conditions du personnel des collectivités publiques et des institutions sans but lucratif. Pour recevoir une feuille de signatures, c'est par ici : www.1000emplois.ch

     

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  • Langue épicène, inclusive, féminisée...

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    langue inclusive.jpgAdoncques, causons !

    Nul ne nous ayant sollicité de donner notre avis sur ce débat fondamental, et nul n'attendant qu'on le donne pour savoir quoi penser de ce dont on débat, on s'empresse de le donner, cet avis. En prenant soin toutefois de tenter de le formuler en remontant aux sources de la langue française moderne, quelque part et quelque temps entre Rabelais et Montaigne, avant que la funeste Académie française n'y mette son grain de testostérone.

    Adoncques, causons ! Nous comprenne qui pourra ou voudra, et nous corrige qui s'y plaira.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Femmes, France, Genève, langue 13 commentaires
  • Traversée du Petit-Lac (de Genève) : Plus en rade, mais en Berne

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    Cesar à Genève.jpgLe Conseil d'Etat genevois a transmis à la Confédération le dossier de la traversée routière du Petit-lac :  800 pages d'études d'un projet qui a de moins en moins de sens et que Genève n'a pas les moyens de réaliser (il coûterait dans les cinq milliards). Cela fait des décennies qu'on nous bassine avec une traversée dont on ne sait plus si elle est de la rade ou du (petit) lac. On a étudié on ne sait plus vraiment combien de projets, on a fait voter  les Genevois et voises sur un principe assez flou pour qu'ils et elles puissent l'accepter, ce qu'elles et ils ont fait, pour balayer ensuite le premier projet présenté de concrétisation de ce désir inassouvi (et qui le restera). Puis on a remis ça : on les a fait revoter sur un principe, et on a étudié de nouveaux projets, évalué leur coût, de plus en plus élevé, compris qu'on n'avait pas les moyens de se payer ce monstre lacustre, et qu'il était illusoire d'espérer que des privés le financent (même la Fondation Wilsdorf ? même...). On a donc décidé de se tourner vers Berne. Le temps passe, et va continuer de passer (une hypothétique traversée du Petit-lac ne se ferait pas avant 2040...)  il apparaît de plus en plus évident qu'en sus d'être financièrement ruineux, le projets devient parfaitement inutile, dès lors que les déplacements en bagnoles individuelles, de moins en moins gérables dans les zones urbaines, suburbaines, périurbaines et rurbaines, vont forcément se réduire. Pendant quoi, à réitérées reprises, les Genevoises et voix soutiennent dans les urnes le développement de la mobilité douce et les forces politiques qui la défendent et s'opposent aux projets d'urbanisation dans des zones villageoises, ou résidentielles, du genre de celles qui, sur la rive-gauche, devraient précisément être urbanisées pour qu'une traversée routière du Petit-lac y prenant pied se justifie.

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  • Irminsûl contre la Cité de la Musique

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    Capture d’écran 2021-05-06 160421.jpgPrédire le résultat d'un scrutin est toujours hasardeux (surtout avant ledit scrutin...), mais à humer l'air du temps, on ne donnera pas cher du projet de Cité de la Musique, indirectement soumis à la sagacité des habitantes et habitants de a Ville de Genève le 13 juin prochain. Certes, ils ne se prononceront pas sur le projet lui-même mais sur le préavis, consultatif, donné par la Ville au plan localisé de quartier le rendant possible, mais ce préavis va forcément, dès lors qu'il sera donné par le corps électoral d'une commune qui pèse à elle seule 40 % de la population du canton, lourdement peser sur la décision cantonale. Le débat, pour cette même raison, est d'ailleurs un débat cantonal. Or  il semble moins porter sur le contenu du projet, et ce dont il témoigne des enjeux de politique culturelle à Genève,  que sur le sort des arbres que son édification condamnerait à l'abattage (même suivi d'un remplacement par d'autres, plus jeunes). Si la Cité de la Musique devait succomber dans les urnes municipales, ce serait au culte d'Irminsûl et d'Yggrdasil, les arbres sacrés des Saxons et des Vikings, bien plus qu'à la critique des choix culturels qu'elle manifeste et de la répartition qu'elle implique des tâches, des compétences, des pouvoirs et des charges dans leur mise en oeuvre.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Genève, votations 2 commentaires
  • Prolongation des ouvertures des magasins : Une illusion politiquement utile, économiquement absurde, et socialement nuisible.

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    Capture d’écran 2021-05-05 010019.jpgLe 30 avril, la majorité de droite du Grand Conseil genevois a successivement refusé d'accorder une prime au personnel infirmier et une prime au personnel des EMS pour les remercier de leur engagement pendant le pic de la pandémie, puis, dans un vote droite contre gauche,  autorisé trois ouvertures dominicales des magasins de plus, et une heure d'ouverture en plus le samedi, ce qui profitera essentiellement aux grands magasins et aux chaînes, à commencer par Migros et Coop (les petits magasins pouvaient déjà, à quelques conditions, ouvrir le dimanche et rester ouvert plus longtemps les autres jours, ce qui leur offrait l'un des rares avantages concurrentiels face aux grandes surfaces). Et tout cela sans maintenir la condition, posée en 2016 par le peuple, de la conclusion d'une convention collective de travail garantissant les droits des salariées et des salariés du commerce de détail. Le prétexte de cette rupture du "partenariat social" ? l'entrée en vigueur du salaire minimum. Lui aussi accepté par le peuple. Le parlement genevois a choisi son camp -et ce n'est évidemment pas celui du personnel de la vente. Ce n'est même pas celui de la clientèle. Ni celui du respect d'un vote populaire. Ce n'est même pas celui de la raison : c'est aussi cultiver l'illusion, ou la nourrir intentionnellement, que si les consommateurs genevois s'en vont consommer en France, c'est parce que les magasins de Genève ferment plus tôt que ceux de France, alors que c'est seulement parce que les prix y sont plus bas.D'ailleurs, le même Grand Conseil qui a prolongé l'opuverture des magasins le samedi et l'a autorisée trois dimanches de lus par a abandonné l'ouverture prolongée (jusqu'à 21 heures) du jeudi soir, parce que seuls trois pelés et deux tondus en profitaient, qui ne faisaient-ils d'ailleurs que se rendre plus tard dans un magasin où ils se seraient rendus plus tôt s'il avait fermé plus tôt.  Avec la prolongation des ouvertures des magasins la droite cultive une illusion, sans même y croire, juste pour que sa clientèle la partage. Une illusion politiquement utile, économique absurde, et socialement nuisible.

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  • Initiative législative cantonale "Climat urbain" : Conquête de l'espace

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    Climat urbainA Genève, "Actif-trafic" lance une initiative législative cantonale "Climat urbain", pour rendre l'espace urbain aux mobilités douces et à la végétation, au rythme de reconquête annuelle de 1 % de la surface dévolue au trafic motorisé. Soutenue par les partis de gauche, les Verts libéraux et une vingtaine d'associations et mouvements (dont l'ATE, l'AVIVO, la Grève du Climat), l'initiative prolonge, et d'une certaine manière relance, celle sur la mobilité douce, acceptée par le peuple il y a dix ans mais toujours pas appliquée. Elle s'inscrit aussi dans une démarche nationale, puisque des textes semblables sont ou seront proposés à Bâle, Saint-Gall, Winterthur, Zurich et Berne. Elle s'inscrit enfin dans une tendance marquée des votes populaires : en septembre, les Genevois du canton acceptaient la suppression de places de stationnement, et en mars ceux de la Ville refusaient un nouveau parking à Rive... et un sondage de l'année dernière, en pleine première vague de pandémie, indiquait que les habitants des villes avaient l'intention, une fois les restrictions de déplacement levées, de s'y déplacer le plus possible à pied, à vélo ou en transports public.  Reste à leur en donner la possibilité sans leur imposer des risques et des nuisances qui en dissuadent encore beaucoup. La conquête de l'espace est une longue marche, comme dirait Gagarine. Même celle de l'espace urbain.

    On peut obtenir des feuilles de signatures ici : https://www.actif-trafic.ch/node/963#besoin-de-vous

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  • Une motion pour la gratuité des transports publics en Ville de Genève

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    gratuité des transports publicsPour toutes et tous, sans privilège

    A Zurich, à Fribourg, à Neuchâtel, dans le canton de Vaud, des pétitions, des initiatives populaires ou parlementaire lancées par la gauche (la Jeunesse socialiste à Zurich, la gauche de la gauche dans le canton de Vaud, le PS à Fribourg, les jeunes du Parti du Travail à Genève) ont porté la revendication de la gratuité des transports publics, pour tout ou partie de la population, sur le territoire cantonal ou celui de la ville-centre. Ces initiatives font souvent suite, comme dans le canton de Vaud, à des refus des parlements de même seulement étudier la possibilité de la gratuité. Ainsi, le comité d'initiative vaudois, issu de la gauche de la gauche (le POP, SolidaritéS) et soutenu notamment par les Jeunes Verts, le Parti Pirate, la Grève du Climat et l'Avivo, a-t-il décidé de faire appel direct au peuple. A Genève, exceptionnellement, on est plus modestes : on se contente d'une motion au Conseil municipal. Pour l'instant.

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  • Genève : il faut sauver les soldats PLR et EàG

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    Coup-de-sac-e1585077939445-825x510.jpgCoup de sac !

    Mercredi soir, le PLR tenait assemblée virtuelle à huis clos. La clôture des huis des assemblées politiques, à Genève, est déjà toute relative quand elles se tiennent normalement, avec de vraies gens réunis dans une vraie salle -alors imaginez ce qu'il peut en être lorsqu'elles sont virtuelles : il ne se passe pas deux heures sans qu'on en ait un compte rendu sur facedebouc et touitère, et pas six heures sans qu'il soit complété dans la "Tribune" ou dans "Le Courrier", les deux quotidiens s'étant intelligemment  répartis l'étude ethnologique des tribus politiques locales, à la première celles de droite, au second celle de gauche. Bref, de l'assemblée virtuelle à huis clos du PLR, si on ne sait pas tout, on sait l'essentiel. Et on peut d'ores et déjà en tirer l'enseignement que nous en tirerons ici : un vigoureux coup de sac s'impose au loto politique genevois, ne serait-ce que pour sauver les soldats PLR et d'"Ensemble à Gauche", Champel et la Jonction, de la désespérance, et notre paysage politique de leur disparition.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 3 commentaires
  • Comptes 2020 de la Ville : quand la RFFA et la Covid sévissent

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    Capture d’écran 2021-04-20 232149.jpgLa pandémie et l'endémie

    Le Conseil administratif de Genève a transmis les comptes 2020 de la Ville au Conseil municipal. Et ils sont mauvais, mais on s'y attendait : la réforme fiscale RFFA est passée par là, suivie de la pandémie covidienne. Résultat : sur un budget de près de 1,2 milliards, un déficit de 47,1 millions de francs (au lieu des 29,8 millions prévus), réduit à 17,1 millions par un prélèvement sur la réserve conjoncturelle. Un déficit provoqué par des des revenus (taxes, redevances, loyers, billetterie) non perçus et par des dépenses extraordinaires liées à la crise sanitaire et à l'aide apportée aux victimes des mesures prises pour y répondre : la commune a fait le choix politique de répondre à l'urgence sociale, et de maintenir, et même de hausser un peu  le niveau des investissement (139,4 millions), et ces choix coûtent. Mais ne pas les faire aurait coûté sans doute plus encore, et aurait coûté à la population -or c'est par ses prestations à ses habitants qu'une commune se légitime auprès d'eux. En les maintenant, en les renforçant même auprès des habitants les plus précarisés, la Ville a assumé son rôle. Reste que pour pouvoir continuer à le faire, il va bien falloir résister aux tentations de la droite cantonale de la priver de plus de cent millions de rentrées fiscales (la taxe professionnelle, que la droite veut supprimer) et du canton de reporter sur elles et sur toutes les autres communes des charges dont il entend par contre rester maître de la définition. Et cela, ce n'est pas pandémique, mais endémique.

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  • Pour une carte d'habitants à Genève

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    city card,carte d'habitantC'EST QUOI, C'EST QUI, UNE VILLE ? NOUS TOUS...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, surtout, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui". Qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous, ou ne les ont pas encore. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, mais qui eux aussi sont là même quand ils n'en ont pas. Qui sont riches ou qui sont pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou qui n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Une ville, c'est toujours toutes celles et ceux qui y sont. Celles et ceux à qui nous voulons proposer, à Genève comme dans une dizaine d'autres villes suisses, une carte attestant qu'ils sont habitants de nos ville, et les constituent.

    Ces gens, dans l'ancienne République genevoise, on les avait répartis en trois classes : les citoyens (forcément des hommes, forcément propriétaires, forcément protestants), qui disposent de tous les droits politiques; les natifs et les natives, qui sont nés et nées à Genève mais n'en ont pas la citoyenneté, et ne disposent donc que des droits civils; les habitants et les habitants, qui sont nés et nées ailleurs, qui vivent, et travaillent, et paient des taxes ici mais n'ont aucun droit politiques et pas tous les droits civils. Les révolutions genevoises (et la première révolution française) ont aboli cet ordre de classes-là. Parce que deux siècles après cette abolition, on se retrouve toujours avec des citoyens (et désormais des citoyennes), des habitantes et des habitants. Et des sans statuts. 

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 8 commentaires