Genève

  • Gratuité des  transports publics genevois : socialement et climatiquement urgente

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    TPGneige.jpgUne initiative populaire cantonale a été lancée à Genève par les jeunesses des partis de gauche, pour la gratuité des transports publics et le financement de cette gratuité "principalement par les mesures fiscales usuelles". L'initiative genevoise suit d'autres initiatives lancées (et qui ont abouti) dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel, et tient compte des expériences faites ailleurs, en Europe et aux USA. Une première initiative avait déjà été lancée à Genève, et avait abouti, mais avait été refusée en 2008. Le contexte et l'ambiance générale ont cependant beaucoup changé depuis : à quelques climatonégationnistes près, la conscience de la dégradation de l'environnement et des conditions de vie de l'espèce humaine, due au réchauffement climatique, est désormais partagée très largement, comme la conscience que la gravité de la situation exige des mesures radicales, dans un délai beaucoup plus court que ceux sur lesquels les conférence climatiques internationales, les COP, sont, difficilement, tombées d'accord (en apparence). La gratuité des transports publics peut être l'une de ces mesures d'urgence -en sus de se justifier, socialement, en elle-même.

    Le délai de renvoi des signatures pour l'initiative genevoise est fixé au 18 juillet. C'est par ici qu'on télécharge une feuille de signature : https://ge.juso.ch/actuel/tpgratuits/

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  • Négocier les 32 heures...

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    temps de travail,32 heuresNi le droit à la paresse, ni travailler deux heures par jour...

    Nous allons, demain, au Conseil municipal de Genève, nous prononcer sur la proposition d'introduire la semaine de 32 heures dans le statut de la fonction publique municipale -ou plutôt, dans la formulation d'un amendement à cette proposition, de demander à l'exécutif municipal, le Conseil administratif, d'engager des négociations avec les syndicats sur cette réduction du temps de travail, sans aller plus en détail  dans sa concrétisation, la laissant précisément cette concrétisation à la négociation avec les syndicats et la commission du personnel de la Ville. Au fond, notre proposition est plus plus modérée, réformiste, pragmatique, empirique... bref, modeste et frustrante que celles du "droit à la paresse" de Paul Lafargue ou du "travailler deux heures par jours" du collectif Adret, proche du syndicat CFDT, dans les années septante du siècle dernier. Il est vrai que nous ne sommes que la Commune de Genève de 2022, pas la Commune de Paris de 1871 : nous ne proposons de faire qu'un petit pas que nous pouvons faire. 

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  • Consultation sur la politique culturelle cantonale genevoise : Avant-projets ou brouillons ?

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    culture.jpgDeux avant-projets de textes sur la politique culturelle cantonale genevoise sont soumis à notre sagacité  : celui de "lignes directrices" (un programme politique) et celui d'une loi. "Avant-projet", c'est un peu le nom officiel d'un brouillon qui, par ce nom, est inséré dans un processus institutionnel : on lance un texte, on le soumet à consultation, on analyse les résultats de la consultation, on reformule le projet, on le présente à une institution (ici, pour le projet de loi, le parlement), qui l''amende, l'accepte ou le refuse. Et le peuple peut avoir le dernier mot si un référendum est lancé. Au stade où on en est, celui de la consultation, les avant-projets sont donc encore des brouillons. Le projet de loi, en particulier, est lacunaire, ou ambigu, voire sur certains points contradictoire du mandat constitutionnel. Il ne préserve pas les communes, et en particulier la Ville, de transferts de charges sans transferts de compétence, ni n'assure à la consultation des milieux culturels que son résultat soit réellement pris en compte. Enfin, il ne tient pas compte des différences considérables d'engagements culturels des communes, et notamment de la Ville de Genève et de la plupart des autres communes. C'est en quoi nous nous autorisons à le considérer comme un brouillon -le terme n'est cependant pas si péjoratif qu'on pourrait croire : quelle grande oeuvre n'a pas fait l'objet d'un brouillon ? pas même le Grand Oeuvre.... Et nul ne demande à Thierry Apothéloz d'être un nouveau Nicolas Flamel et de concevoir la pierre philosophale capable changer en or le plomb de la politique culturelle cantonale genevoise.

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  • Application de l'initiative "Zéro Pub" en Ville de Genève: On votera sans doute, et c'est très bien

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    homme-sandwich.jpgLe comité référendaire (toute la droite et le patronat) contre la mise en œuvre de l'initiative municipale «Zéro Pub» a déposé mercredi 4871 signatures à la Chancellerie d'Etat. Les référendaires ont reconnu que la récolte a été difficile, et il est vraisemblable que certains d'entre eux (les faîtières professionnelles) ont eu recours à des récolteurs rémunérés -ce qui est légal, mais pas très efficace parce que cela amène beaucoup de signatures invalide, si les récolteurs sont payés «à la signature». Avec presque 1700 signatures de plus que le minimum requis, on peut toutefois considérer (sous réserve du résultat de la validation des signatures) que le corps électoral municipal (les citoyennes et citoyens suisses et étrangers établis depuis huit ans) se prononcera, peut-être en novembre, non sur l'initiative elle-même (elle n'est soumise au peuple que si le Conseil municipal la refuse -or il l'a acceptée) mais sur son règlement municipal d'application, voté par le Conseil municipal. Si ce règlement est refusé en votation, on repart à zéro : l'initiative est caduque (elle ne sera donc pas soumise au peuple), mais le Conseil administratif et le Conseil municipal gardent le pouvoir d'élaborer un règlement municipal sur l'affichage public (on a un en réserve...) -qui ne sera évidemment plus un règlement d'application de l'initiative, puisqu'il n'y aura plus d'initiative à appliquer, mais qui sera un règlement autonome, à nouveau soumis à référendum. En attendant quoi, la probable votation municipale sera l'occasion à Genève d'un débat bienvenu sur l'affichage publicitaire, son contenu, son emprise sur l'espace public. On votera donc sans doute, et c'est très bien. Et ce sera un premier débat : une initiative populaire fédérale est en discussion, et plusieurs projets municipaux sont en attente de décision. Et de tout ça, on se réjouit.

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  • Répartition des tâches et des compétences entre le canton et les communes : Vive la Commune !

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    autonomie Ville.jpgGenève est de tous les cantons suisses celui qui accorde le moins de compétences aux communes qui le composent, si l’on fait exception du cas particulier de Bâle-Ville. Cette situation est certes le fait d’un héritage historique (l’ancienne République ne connaissait pas de commune, il n’y a de communes genevoises que par le fait du régime français, et pendant trente ans, après la Restauration de l’Ancien Régime, la vieille aristocratie revenue au pouvoir dans les fourgons de la Saint-Alliance avait trouvé le moyen de supprimer la commune de Genève, qui ne fut rétablie que par la révolution radicale), mais elle est aussi le fait d’un choix politique des majorités de droite qui, à de rares et brèves périodes près, ont gouverné le canton depuis un siècle et demi. Nous avons donc proposé au Parti socialiste (cantonal) l’introduction dans son programme d’un chapitre concernant la répartition des tâches entre le canton et les communes et le développement de l’autonomie communale... Sans surprise, le Comité directeur a invité l'Assemblée générale du parti qui se tiendra samedi pour adopter le programme, à refuser cet amendement. Dire qu'on a été surpris de ce refus serait se faire passer pour plus naïfs qu'on est... Et croire qu'on va renoncer à défendre notre amendement sous le futile prétexte que le Comité directeur le refuse, nous prendre pour moins obstinés que nous sommes.

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  • "Il neige sur Genève en cette nuit du 1er avril 2022, plus de deux cent personnes dorment dehors"

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    Capture d’écran 2022-04-03 034032.jpgPoison d'Avril

    Vendredi 1er avril : il neige sur Genève. Vendredi 1er avril : plus de 200 personnes, sans logement ni revenu, se retrouvent à la rue : les hébergements ouverts pendant l'hiver ont fermé le 31 mars, comme ce fut déjà le cas en 2021, et la Ville de Genève, qui assure l'essentiel de l'hébergement des sdf, n'a pas reçu les moyens de le prolonger toute l'année.  "Cela suffit !", écrit le Conseiller d'Etat Thierry Apothéloz,  "en colère de savoir que près de 200 personnes sans-abris se retrouvent à la rue, en raison d’un jeu néfaste d’un « qui bouge, perd » entre les communes et la Ville de Genève". Il faut "agir tout de suite", affirme Thierry Apothéloz qui va proposer au Conseil d’Etat de" répondre aux besoins des associations en faisant une avance et la facture de ces prestations communales sera envoyée en bonne et due forme aux 45 communes, à moins qu’elles se décident immédiatement à exercer cette compétence qui est la leur". L'une d'entre elle, celle de Genève, n'y a pourtant jamais rechigné... Mais pas question pour le canton de payer : "des millions de francs dorment dans les coffres des communes", écrit le Conseiller d'Etat ? Oui, et près d'un milliard de recettes excédant les prévisions est arrivé dans ceux du canton... Dans l'urgence, se renvoyer obstinément la balle des charges et des compétences est un exercice lamentable, où l'odieux le dispute à l'indécent.  Un poison d'avril. La loi cantonale charge les communes de l'hébergement des sans-abris, et tant que la loi n'a pas changé, qu'elle n'impose pas aussi au canton une part de cette charge, c'est bien à elles, à elles toutes et pas seulement à la Ville de Genève, d'assumer cette tâche, mais la loi cantonale garantit aussi à toute personne la couverture de ses besoins vitaux (avoir un toit est un besoin vital...) et enjoint au canton et aux communes de collaborer pour répondre à cette exigence en délivrant des prestations inconditionnelles, à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin. Le canton ne peut donc se tenir quitte d'agir, même si, sur le terrain, ce sont les communes qui doivent d'abord le faire. Toutes les communes.

    Une Lettre ouverte au Président de l'Association des communes genevoises et aux élu.e.s des communes a été lancée par Anouk Dunant Gonzenbach; Maurice Gardiol; Jean-François Duchosal; Denise Mützenberg. Vous en trouverez le texte intégral sur https://virusolidaire.ch/et vous pouvez la signer en envoyant un courriel à  courrier@virusolidaire.ch

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  • Application de l'initiative genevoise "Zéro Pub" : ça dit quoi, ça touche qui ?

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    antipub2.gifDans le GHI de la semaine avant-dernière, on trouve un "point de vue" du député vert'libéral Boris Calame, contre l'"initiative Genève Zéro pub, qui vise à interdire la publicité commerciale en Ville de Genève", et une demie-page de pub de l'alliance de droite (PLR, UDC, MCG, Centre, Verts libéraux) pour signer son référendum contre le règlement d'application de l'initiative, sous ce titre "NON à l'interdiction de la publicité en ville". Et on commence à voir fleurir un peu n'importe quoi sur les réseaux (genre : si le règlement d'application entre en vigueur, Unireso ne pourra plus faire de la pub pour les abonnements de transports publics).  Alors il faut se résoudre à faire de l'alphabétisation pour expliquer que l'initiative et son règlement d'application n'interdisent pas "la publicité commerciale en Ville de Genève", mais uniquement la publicité commerciale sur le domaine public de la Ville et le domaine privé visible de son domaine public. Et pas la publicité faite par une entreprise publique autour d'une prestation payante, parce qu'elle n'est pas une publicité "pour le compte d'entités à but lucratif ou commercial" mais pour le compte d'acteurs publics monopolistiques. La publicité des TPG pour Unireso ne sera donc pas plus interdite que la publicité des SIG pour son courant "vert" : ni les TPG, ni les SIG ne font du commerce.

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  • Genève : le Musée d'Art et d'Histoire au coeur du débat politico-culturel

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    ça sert à quoi, un musée, au XXIe siècle ?

    La "Tribune de Genève" faisait, le 5 juillet de l'année dernière, sa "une" et presque deux pleines pages d'une "guerre interne au Musée d'art et d'histoire". En fait de "guerre interne" on avait affaire à une fronde contre le directeur, Marc-Olivier Wahler, accusé, notamment, par une lettre ouverte de plus d'une centaine de personnalités genevoises de "ne rien comprendre à ce qu'est un musée patrimonial". Le MAH se retrouvait ainsi, une nouvelle fois, au coeur du débat politico-culturel genevois. D'un débat politique, pas d'un conflit personnel, ni d'un confit de génération, ni d'un confit corporatiste. Hier soir, le Conseil municipal de la Ville a accepté à l'unanimité une motion de la droite enjoignant le Conseil administratif de lui donner toute les informations et explications nécessaire pour que les membres du délibératif "puissent se faire une idée précise de ce qui se passe au sein du MAH". Le Conseil administratif devra répondre à la motion, sa réponse sera publique, et nourrira donc le débat que nous attendons sur le rôle d'un musée public patrimonial, encyclopédique, sa place dans la Cité, sa fonction dans le réseau culturel genevois. Nous attendons de ce débat une réponse à une question simple : ça sert à quoi, un musée, au XXIe siècle ?

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  • Genève : mise en consultation de la politique culturelle cantonale

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    Cité de la musique2.jpgOn nous demande notre avis ? Donnons-le !

    Le Département de la cohésion sociale met en consultation jusqu'au 22 mai l'avant-projet de "refonte de la politique culturelle cantonale" genevoise. Un avant-projet qui consiste en deux documents : un avant-projet de loi "pour la promotion de la culture et la création artistique" et un projet de "lignes directrices de la politique culturelle cantonale". Il s'agit de mettre en oeuvre l'initiative populaire (IN 167 "pour une politique culturelle cohérente à Genève", massivement acceptée en 2019, et qui exige du canton qu'il prenne, enfin, ses responsabilités en matière de politique culturelle, en concertation avec les communes et en consultant régulièrement les actrices et acteurs de la culture. En 2019, un message du Conseiller d'Etat sur la mise en oeuvre de l'initiative avait dû être frappé de caducité, compte tenu des réactions pour le moins négatives qu'il avait suscité dans les milieux culturels. On repart donc dans une consultation, sur la base de nouveaux textes dont l'ambition est de "créer un nouveau cadre pour une politique culturelle cantonale cohérente à Genève", comme la constitution désormai l'impose à un canton quasi absent de cette politique culture -et surtout de cette cohérence. Cette consultation est ouverte à toute personne intéressée -et on conviendra que, s'agissant de politique culturelle, toute personne devrait l'être. Vous avez donc sûrement quelque chose à dire (à écrire), alors dites-le, écrivez-le en passant par le site de la consultation  https://www.ge.ch/actualite/consultation-publique-relative-politique-culturelle-cantonale-18-03-2022
    (Seuls les avis transmis via le questionnaire en ligne seront pris en compte.

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  • Un Papyrus, des Papyre ?

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    Papyrus.jpgRetour sur Papyrus

    Il y a cinq ans, le 21 février 2017 était lancée à Genève la première opération de régularisation collective de sans-papiers en Suisse, l'Opération Papyrus. "Comment fait-on pour faire passer des milliers de gens de l'ombre à la lumière ?" se demandait deux ans plus tard le magazine télé "Temps Présent" (https://www.youtube.com/watch?v=sw70ItnKfcQ) ? Papyrus a permis à 3000 personnes de sortir de l'ombre sociale, pour entrer dans la lumière de la ville...  Post Tenebras Lux... mais selon les estimations, entre 58'000 et 105'000 sans-papiers vivraient et travailleraient en Suisse, et si les critères de Papyrus étaient appliqués à des opérations semblables, dans les principaux cantons, ceux où vivent le plus de sans-papiers, 30'000 d'entre eux passeraient aussi de l'ombre à la lumière... Le combat pour leur régularisation continue, donc... Et à Genève aussi, puisque sur ses 13'000 "sans-papiers", Genève n'en a encore régularisé, entre Papyrus et les régularisations suivantes, que 4000...

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  • Genève : Initiative populaire pour des transports publics gratuits

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    carte TPG2.jpgGratuireso

    Les Jeunes Vert-es, la Jeunesse Socialiste, la jeunesse de Solidarités et celle du Parti du Travail lancent à Genève une initiative populaire cantonale pour la gratuité des transports publics. Merci à elles et eux. Dans le canton de Vaud, on votera sur la même proposition,  après l'aboutissement de l'initiative idoine, avec plus de 14'000 signatures (il en fallait 12'000). Elle avait été lancée par la gauche de la gauche, le parti pirate, les Jeunes Verts (mais pas les socialistes...), des mouvements écologistes, des syndicats, des associations de retraités et de défense du service public. Le texte veut rendre gratuits les transports en commun, et assurer une "desserte équitable et cohérente de toutes les régions du canton". Le financement de ces mesures serait assuré par l'impôt usuel et, éventuellement, un renforcement de la fiscalité sur les bénéfices des grandes entreprises. En Ville de Genève, une motion (M-1614, "La gratuité des transports publics, pour toutes et tous, sans privilège") déposée l'année dernière au Conseil municipal de la Ville, est ensablée quelque part dans les tréfonds de l'ordre du jour obèse de la commission des finances.  Alors, en attendant son désensablement,  et dès que les feuilles d'initiatives seront disponibles,  on signera et on fera signer l'initiative des jeunesses de gauche.  Elles ont quatre mois pour récolter 8157 signatures. Si possible avec le soutien de leurs "grands frères", le PS et les Verts (Ensemble à Gauche les soutient déjà). A Genève, une initiative cantonale des Communiste pour la gratuité des TPG avait recueilli un tiers des voix en 2008, sans être soutenue ni par le PS, ni par les Verts. Mais aujourd'hui, le PS va sans doute inscrire le principe de la gratuité dans son  programme électoral... récolter des signatures pour une initiative défendant le même principe ne serait tout de même pas d'une témérité excessive.

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  • L'Ukraine, l'urgence climatique, l'urgence sociale... et les élections cantonales...

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    HOTDEVIL.JPGIl y a l'Ukraine, l'urgence climatique, l'urgence sociale... mais il y a aussi, et pas seulement en France, les petits calendriers politiques routiniers. A un peu plus d'un an des élections cantonales genevoises, suivies des élections fédérales, si les partis politiques ne sont pas encore en ordre de bataille, les stratégies déjà se dessinent, et les fronts, à l'ancienne, à la conformité à ce qui structure les champs politiques des démocraties depuis un peu plus de deux siècles. Ce n'est plus la Montagne, le Marais et la Gironde, mais c'est toujours la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche), le centre (ex-PDC et Verts libéraux) et la droite (PLR, UDC). Petit point de la situation à Genève : depuis un an, le Conseil d'Etat genevois est à majorité de gauche, quand le Grand Conseil est resté à majorité de droite. Du coup, l'enjeu des élections du printemps 2023 est le même pour la gauche et la droite : rendre les majorités des deux pouvoirs cohérentes, ce qui signifie pour la gauche garder le Conseil d'Etat et conquérir le Grand Conseil, et pour la droite garder le Grand Conseil et reconquérir le Conseil d'Etat. La gauche rêve de réussir pour les élections cantonales ce qu'elle a réussi aux Municipales, la droite de réussir à Genève ce qu'elle veut réussir dans le canton de Vaud.

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  • Mise en oeuvre de l'initiative "Zéro Pub" à Genève : Aux urnes (peut-être), citoyens !

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    antipub.jpgLe texte de mise en œuvre de l’Initiative Genève Zéro Pub : Libérons nos rues de la publicité commerciale » a été approuvé mercredi par le Conseil Municipal de la Ville de Genève, dans un bon vieux vote gauche contre droite de derrière les fagots, socialistes, Verts et Ensemble à Gauche soutenant le plan, MCG, UDC, PLR et Centre (PDC) votant contre et annonçant le lancement d'un référendum, qu'ils s'étaient donnés quelques semaines de plus pour préparer en repoussant un troisième et dernier débat sur le sujet, histoire sans doute de d'assurer quelques soutiens patronaux (la FER, la Chambre de commerce, la Société des hôteliers, la NOdE...) et celui de Verts libéraux nettement plus libéraux que verts. Ils ont 40 jours pour récolter 3200 signatures -ça devrait être à leur portée. Sinon, qu'ils n'hésitent pas à nous demander de l'aide : une bonne votation  populaire précédée d'un bon débat de fond, c'est toujours démocratiquement bon à prendre. Et puis, 40 jours, ça devrait permettre aux opposants à l'initiative et à sa mise en œuvre de lire, voire même, Pâques aidant, à comprendre les propositions qu'ils combattent. Et de cesser de hurler à l'interdiction de la publicité quand il ne s'agit que de celle de l'affichage commercial sur support papier dans l'espace public...

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  • 8 mars, journée internationale des droits des femmes : Du mouron pour le patriarcat

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    feminisme2.jpgDemain, 8 mars, ne se célèbrera pas plus la "journée des femmes" que le 1er mai ne se célèbre "la fête du travail" : demain, 8 mars, c'est la journée internationale des droits des femmes, comme le 1er mai est la fête des travailleuses et des travailleurs. Dans le calendrier républicain, le 8 mars, c'est le 18 ventôse. Et le 18 ventôse, c'est le jour du mouron. Si le vieux patriarcat pouvait s'en faire un peu, demain, ce serait un bon jour. Un bon jour aussi pour emprunter la Via Feminista qu'ouvre, de 16 heures à la Place Bel-Air à 19 heures à la Place des Volontaires, en passant par celles de l'Ile et des Lavandières, la Grève Féministe : elle reliera les combats pour le droit d'asile, contre le report de l'âge de la retraite des femmes, contre le racisme et les discriminations, pour l'urgence climatique et la justice sociale.

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  • A propos des salaires des directeurs artistiques des grandes institutions culturelles

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    orchestre.jpgMercato sans transparence

    Une petite polémique comme on les aime à Genève égaie les media locaux, à propos du salaire et des revenus annexes du directeur artistique de l'Orchestre de la Suisse romande, Jonathan Nott, qui gagnerait en en tout quelque chose comme un demi-million de francs par année. Le double du salaire des magistrats chargés de la politique culturelle et donc du subventionnement de l'orchestre. Le PLR trouve cela tout à fait normal : il y a un mercato des chefs d'orchestre comme il y en a un des joueurs de foot, un mercato est un  marché, les chefs d'orchestre, et les orchestres eux-mêmes, sont donc une marchandise, fermez le ban et payez ! La même question qui s'est posée à propos du salaire du directeur artistique se posant à propos de celui du directeur général du Grand Théâtre, tous deux étant par ailleurs, tous critères marchands oubliés, d'excellents directeurs artistiques  (si vous le pouvez, allez voir "Atys" de Lully au GTG...), on attend aussi de connaître le salaire du directeur du Grand Théâtre : quand on a demandé au Conseil administratif de nous le communiquer, il nous a répondu que ça relevait du domaine privé. Privé de transparence, surtout. Du coup, dans un rapport de minorité rendu sur le budget du Grand Théâtre soumis au Conseil municipal, et dans une intervention pour soutenir les conclusions de ce rapport, on a appelé à l'abstention sur ce budget. On n'a pas été suivi par la majorité du Conseil mais, histoire de se faire un peu mousser, on vous rappelle ici les raisons de cet appel à l'abstention. On trouvera notre rapport de minorité (PR-1461) sur https://conseil-municipal.geneve.ch/conseil-municipal/objets-interventions/detail-objet/objet-cm/1461-178e/

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  • Dernier rapport du GIEC : des dommages climatiques déjà irréversibles

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    pollutio.jpgRéchauffer nos choix politiques

    Hier tombait le dernier rapport des experts de l'ONU pour le climat, le GIEC. Le rapport dresse un bilan plus qu'inquiétant des effets déjà en cours, et souvent irréversibles, du réchauffement climatique : trois milliards et demi de personnes en sont déjà affectées, un milliard vivront d'ici 2050 dans des zones côtières à risque de submersion, les catastrophes climatiques (canicules, sécheresses, inondations, incendies, fonte des glaciers, des banquises, du permafrost) devraient se multiplier et s'accroître. Il est donc urgent de préparer les sociétés humaines à cet avenir brûlant, en agissant dans tous les domaines et à tous les niveaux, sans se limiter aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre  puisque la tendance au réchauffement est irréversible et qu'il devient nécessaire de s'y adapter. Agir dans tous les domaines, c'est  précisément ce que peuvent et devraient faire les collectivités publiques de pays comme le nôtre, d'autant que le GIEC désigne les villes comme l'un des espaces où les possibilités d'action sont les plus nombreuses, et les plus urgentes. A Genève, le Conseil d'Etat a présenté fin octobre son plan climat et il y a une semaine,  le Conseil administratif de la Ville de Genève présentait la stratégie qu'il propose pour la transition écologique et sociale, avec les mêmes objectifs que le canton : réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, neutralité carbone en 2050. Trop tard pour freiner le réchauffement, pas trop tard pour se préparer à le supporter. En réchauffant nos choix politiques.

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    Lien permanent Catégories : climat, Environnement, climat, Genève 0 commentaire
  • Deux ans attente de plus pour obtenir un logement social à Genève

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    crise du logement.jpg.jpgMauvais coup de droite...

    La bouée de sauvetage offerte au MCG par la droite "bourgeoise" genevoise, qui a besoin de l'apport de ce parti en déshérence et qui confirme, s'il en était besoin où il campe politiquement, ne s'est donc pas dégonflée : La loi cantonale genevoise qui double le temps d'attente pour pouvoir s'inscrire sur la liste, d'attente elle aussi, d'obtention d'un logement social (HBM, HLM, HM) a été fort malencontreusement, à une majorité de 1500 voix (sur plus de 111'000 votantes et votants), acceptée  en votation, hier. Les villes de Genève (à 52 %, jusqu'à 61 % à la Jonction...) et de Carouge (à 53 %), ont voté contre, les Suisses de l'étranger aussi (ils sont directement visés par une mesure qui leur impose deux ans d'attente de plus pour pouvoir retrouver un logement à Genève), mais ce fut insuffisant :   les communes résidentielles de droite ayant massivement voté pour  la loi (plus de 66 % à Vandoeuvres...), le défaut de mobilisation de la gauche a fait le reste. A Genève, le taux de logement vacant est d'un misérable 0,5 %, et entre 7000 et 8000 demandes de logement social sont sur liste d'attente. Une attente qui dure en moyenne trois ans (sauf cas d'urgence, c'est-à-dire d'absence de logement) auxquels vont donc s'ajouter deux ans d'attente pour pouvoir s'inscrire sur une liste d'attente.  La droite prétendait que sa loi allait réduire la liste d'attente d'un logement ? Elle allongera encore celle des demandes d'aide sociale : "cette loi est antisociale parce qu'elle impacterait fortement des gens que nous accompagnons", résumait avant la votation le directeur du Centre social protestant. Le conditionnel n'est plus de mise, le futur s'impose : elle "impactera"...

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  • Allez vous loger à Nyon ou Annemasse

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    vignette logement.jpgDeux ans de résidence de plus pour pouvoir s'inscrire sur une liste d'attente d'un logement social ?

    Entre les principales villes de Suisse, l'écart des loyers s'accroît, et désormais, pour louer un appartement de même type et de même surface, on paie deux fois plus à Genève qu'à Bienne ou Lugano : 3500 francs pour un quatre pièce et demi à Genève, 1700 francs à Lugano. Et le rapport est le même pour des appartements plus petits. Explication ? La crise du logement, c'est-à-dire une offre insuffisante de logements financièrement accessibles à la majorité de la population au regard de la demande croissante, vu que la asse !population augmente. Du coup, les loyers augmentent à Genève et baissent à Lugano, où l'offre est suffisante. Et le climat plus agréable, soit dit en passant. Et où un Genevois n'est pas trop dépaysé, vu qu'il y a aussi un lac et une frontière. Et des frontaliers. Et donc un MCG (la Lega). Bref, on résume : le même logement coûte deux fois plus cher à Genève qu'à Lugano. Et c'est le moment que choisit la droite genevoise pour proposer d'allonger le délai de résidence exigible pour pouvoir obtenir un logement subventionné, à loyer supportable (on vote là-dessus dans dix jours, au cas où vous l'auriez oublié). Ce sens de l'opportunité est ébouriffant. Mais explicable : la droite genevoise espère sans doute qu'on passe entre Genève et Lugano d'un écart de loyer du double à un écart du triple, avec le moins possible de logements sociaux, et la plus grosse part possible de loyers libres et de propriétés par étage. Quant à ceux qui ne pourront pas se loger, ils n'ont qu'à s'établir à Annemasse, devenir frontaliers suisses. La «Grande Genève» de la crise du logement, en somme.

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  • Grisélidis Réal, 1929-2005. Ecrivain, peintre, prostituée :

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    Grisélidis (Imsand).jpgLire la prodigieuse

    On n'a pas manqué, à Genève, d'être informés des réactions de rejet qu'a suscités la proposition de la Ville, acceptée par le canton, de rebaptiser un tronçon de rue des Pâquis (où, sinon ?) "rue Grisélidis Réal". Avec sans doute, sur la plaque de rue, cette précision qui figure déjà sur sa tombe, au cimetière des Rois (à deux pas de celle supposée de Jean Calvin) : "écrivain, peintre, prostituée". Ce qu'elle avait elle-même inscrit sur la porte de son appartement, rue de Berne. Grisélidis nous a quittés il y a dix-sept ans. Et elle nous revient ces jours. Avec le grand article qui lui a été consacré dans le supplément du "Monde", samedi dernier ("la putain prodigieuse"), et avec deux livres à paraître  dans dix jours : l'hommage qui lui rend Nancy Huston («Reine du réel. Lettre à Grisélidis Réal»), NilLEditions),et l'anthologie que publiera les éditions Seghers, "Chair vive". Grisélidis revient. Et elle revient de loin. Et son retour nous ravit. Lisez là !



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  • Genève : le Conseil d'Etat de gauche refuse une initiative de gauche

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    contorsion.jpgContorsions

    Comment un gouvernement à majorité de gauche peut-il se débrouiller pour refuser une initiative de gauche sans s'y opposer clairement tout en s'y opposant quand même ? En disant qu'il en partage les objectifs mais qu'il en craint le coût. En la rejetant tout en y suggérant un contre-projet, mais en le suggérant à un parlement à majorité (encore) de droite. C'est ce que vient de faire le gouvernement genevois en confirmant la validité de l'initiative populaire "1000 emplois" lancée par les syndicats et la gauche, qui propose non seulement la création d'emplois "sociaux et écologiques", mais aussi la réduction de la durée du travail, précisément pour pouvoir créer des emplois (en partageant le travail) et "vivre mieux". L'initiative est une initiative législative, qui n'est soumise au peuple que si le Grand Conseil la refuse ou si un contre-projet lui est opposé. Les syndicats font mine d'être "satisfaits" de la position du Conseil d'Etat d'"ouvrir des discussions en vue d’un possible contreprojet" et y voient "une reconnaissance de la légitimité des préoccupations des travailleurs-euses et des objectifs de création d’emplois sociaux et écologiques" de l'initiative, mais, prudents, espèrent que la position du gouvernement "soit sincère et ne se fasse pas conditionner par la guérilla budgétaire menée par la droite". Or c'est précisément à y conditionner que cette position aboutit...sans le dire, tout en le disant...

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    Lien permanent Catégories : Genève, Politique 2 commentaires