Genève

  • 23 francs de l'heure, ce n'était pas trop demander

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    La belle victoire

    23 francs de l'heure, ce n'était pas trop demander, et c'est la plus belle victoire de dimanche, parce qu'on l'avoue, on n'y croyait pas trop, à nos chances de faire accepter l'initiative syndicale pour un salaire minimum, soutenue par toute la gauche, mais confrontée à une furieuse campagne du patronat et de la droite sur le thème connu, rebattu et lassant de "ça va tuer l'économie". On n'y croyait pas trop, à cette victoire, et on avait tort : le résultat est sans appel : 58 % de "oui". Les images des files d'attente de la distribution de colis alimentaires, la révélation que dans ces files, il y avait d'abord une forte minorité, puis une majorité, de travailleuses et de travailleurs légaux, à plein temps, dont le salaire (quand encore il tombait encore) était insuffisant pour leur permettre de se passer d'aide sociale, ne sont sans doute pas pour rien dans cet adoubement par le peuple d'une proposition qu'il avait auparavant refusé deux fois. En 2011, 54 % des votants la refusaient encore. La troisième tentative fut la bonne : on avait applaudi les mal-payés pour leur travail en temps de pandémie, on a soutenu leur droit à être payés comme il convient, au minimum, de les payer. Et ça fait du bien par où et comme c'est passé.

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  • Votations fédérales et cantonales : Alors quoi, elle vient, cette dernière heure ?

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    dansemacabre.jpgIl y avait, à Genève, pas moins de dix objets au menu des votations d'hier. Et pour six d'entre eux (trois objets fédéraux, trois objets cantonaux), on nous promettait une catastrophe s'ils étaient, soit acceptés, soit refusés. Il eût été surprenant que tous les prononcements populaires soient de nature à écarter toutes les prédictions apocalyptiques. Et notre mauvais esprit nous incitait même à espérer que pour certains d'entre eux, le choix populaire soit précisément celui que les uns ou les autres exorcisaient. Histoire de vérifier que la dernière heure annoncée allait sonner, que les haricots étaient proche de leur fin et que les cavaliers de l'Apocalypse étaient pas prêts à déferler sur, pantelantes, la Suisse ou Genève. Mais il faudra bien qu'on en rabatte de nos attentes : ni le salaire minimum ni "Zéro pertes", ni la suppression possible de 4000 places de parcage de bagnoles en surface ne sonneront la dernière heure du Grand Soir. Damned, encore raté !

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  • Le Conseil administratif de la Ville présente son projet de budget : Entrée en matière

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    avuedenezilestcinqheures.jpgLe Conseil administratif de gauche de  la Ville de gauche de Genève a présenté aujourd'hui son projet de budget 2021. Un budget "difficile", résume le Conseiller administratif Alfonso Gomez, chargé des Finances,. Un budget franchement pas enthousiasmant, en tout cas : il tient la limite normale de déficit autorisé (49,3 millions, soit le niveau de ses amortissements) comme une frontière sacrée, alors qu'il pourrait la repousser de trente millions), sous-dote l'action sociale en faisant comme si la crise sanitaire n'avait pas aggravé la situation de dizaines de milliers de personnes, repousse des projets sociaux, bloque les mécanismes salariaux du personnel (annuités, primes d'ancienneté, progression du 13e salaire) et fait de la hausse de l'impôt municipal un tabou. Il peut cependant être amélioré, sur proposition des commissions (et de chaque membre du Conseil municipal), voire du Conseil administratif lui-même. Et pendant une année, le Conseil administratif peut proposer des crédits extraordinaires. On votera lundi, l'entrée en matière sur le projet de budget de l'Exécutif. et son renvoi pour examen dans les commissions spécialisées et à la commission des finances. On a assez reproché à la droite de refuser de faire son boulot d'examen du budget pour éviter de refuser nous-mêmes de faire notre boulot -qui est d'étudier un projet de budget, si navrant qu'il puisse être, d'en débattre, de l'amender, de l'améliorer -pas de l'accepter a priori, sur ordre. Ni d'ailleurs de le refuser a priori, par réflexe : quel qu'il soit, un projet de budget ne mérite ni l'honneur d'être érigé en totem, ni celui d'être proscrit en tabou : en entrant en matière sur lui, les conseillères et conseillers municipaux ne l'approuvent pas pour autant. Et le Conseil administratif lui-même a la possibilité de reprendre son propre projet et de l'amender lors des "arbitrages d'octobre", quand les prévisions de recettes se seront affinées. Tout espoir n'est donc pas perdu que l'ouverture d'un second abri pour sdf, une contribution à un abri de l'Armée du Salut, la pérennisation des logements relais pour femmes ou l'extension de l'allocation de rentrée scolaire puisse être réintégrées au budget d'une ville de gauche capable de planter des arbres ET de loger les sans-abris. De créer des pistes cyclables ET d'internaliser le nettoyage de ses locaux. De réduire les émissions de CO2 ET le temps de travail.

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  • Les besoins, les moyens, l'impôt... et les budgets

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    "Zero pertes" de prestations et de ressources fiscales

    Lancée au printemps 2018 par la gauche, l'initiative "Zéro Perte", soumise au vote deux ans  et demi plus tard, dimanche (vous avez encore deux jours pour voter par correspondance -après, il vous faudra déposer vous-mêmes votre bulletin eu service des votations ou dimanche matin au local de vote) entend fixer un cadre aux réformes fiscales (celles de ces 25 dernières années ont multiplié les cadeaux aux contribuables les plus aisés et ont coûté plus d'un milliard aux caisses publiques) : réduction de la concurrence fiscale entre cantons, préservation du financement des services publics et des prestations à la population, maintien du niveau des recettes fiscales, renforcement de la progressivité de l'impôt. L'initiative a été lancée deux ans avant l'arrivée du coronavirus. Six mois après cette survenue, elle est plus pertinente encore, en posant la question, centrale, du rôle de l'impôt, et plus précisément encore de l'impôt direct, pour la préservation des prestations et des services publics. Une petite piqûre de rappel sur cette fonction de l'impôt n'est pas inutile, même à gauche, en temps de crise sociale et de débats budgétaires, de besoins accrus d'une population et d'une précarité en croissance continues.

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  • Instauration d'un salaire minimum légal à Genève : 23 francs de l'heure, c'est trop pour qui ?

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    On saura dimanche soir si demander dans une des villes les plus riches et les plus chères du monde que l'on puisse être payé au moins 23 francs de l'heure, soit 4086 francs mensuels pour 41 heures de travail par semaine (c'est le projet d'instauration d'un salaire minimum légal) relève du délire maximaliste, à Genève,ou une personne sur cinq n'arrive pas à subvenir à ses besoins malgré les revenus qu'elle tire de son travail,  et où plus de 30'000 salariées et salariés, travaillant à plein temps, gagnent moins que ces 23 francs de l'heure, les deux tiers d'entre elles et eux étant des femmes. Ces travailleuses et travailleurs pauvres représentent 10 % des salariés employés à Genève, près de 40 % dans l'hôtellerie-restauration. Et la moitié d'entre elles et eux touchent moins de 3500 francs (le salaire minimum de la convention collective du secteur stagne à 3470 francs par mois). Dans l'économie domestique aussi, un salaire minimum de 23 francs représenterait une amélioration considérable de la situation de celles (essentiellement) et ceux dont le salaire minimum actuel se traîne à 19,50 francs de l'heure, soit 3801 francs brut par mois pour 45 heures de travail par semaine. Dans la blanchisserie, le salaire horaire est de 19,60 francs, dans la coiffure il est de 17,976 francs, dans l'agriculture de 17,50 francs... Et celles et ceux qui occupent un "emploi de solidarité" sont le plus souvent payés 3225 francs par mois. Comment vit-on à Genève avec si peu ? Et combien gagnent ceux qui clament que 23 francs de l'heure, 4080 francs par mois, c'est trop ? Et combien paient-ils leurs femmes de ménage (s'ils les paient encore, et ne les ont pas renvoyées à l'aide alimentaire depuis la covid) ?

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  • Genève : pusillanimités budgétaires en temps de crise

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    autruche.jpgEt les urgences, bordel ?

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté son projet de budget 2021 : il prévoit un déficit de 501,3 millions. Et les comptes 2020 pourraient se solder par un déficit de 1,2 milliards. Pour contenir le déficit prévu en 2021, le gouvernement cantonal propose de ponctionner la fonction publique et les communes. Vieilles recettes, qui tiennent du réflexe pavlovien. Le Conseil administratif de la Ville, ou plutôt sa majorité, va présenter lui aussi un budget déficitaire. Mais prudent, ou pusillanime, il propose de faire tenir ce déficit dans les limites imposées par le canton (qui, lui, ne se les impose pas, fidèle en cela au vieux principe des baillis, "faites ce que je dis, pas ce que je fais"). Cette limite est d'un déficit de 49,3 millions. Elle peut certes être, "exceptionnellement" dépassée (or ne sommes-nous pas dans une situation rendue "exceptionnelle" par le Covid, s'ajoutant aux effets des réformes fiscales que nous combattîmes en vain ?), mais ce dépassement lui-même est soumis à l'accord du Bailli, et à l'exigence d'un "retour à l'équilibre" en quatre ou huit ans. Bon, et alors ? Ne pourrait-on plutôt tenir compte à la fois des exigences d'une réponse à la crise et des engagements pris de répondre aux urgences sociales et environnementales auxquelles la crise, précisément, ne fait que rendre les réponses plus urgentes, et plus exigeante leur cohérence, et plus exigeant leur financement ?

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  • Budget 2021 du canton de Genève : Pertes et coupes

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    touche pas à mes services publics.jpgLe Conseil d’Etat genevois présentera jeudi son projet de budget 2021, et le plan financier quadriennal qui accompagne tout budget annuel. On s'attend à un déficit maousse, et des "économies" faites sur le dos des salariés de la fonction publique, et des services publics Le Conseil d’Etat prévoit de baisser de 1% les salaires du personnel du "Grand Etat", d'augmenter les cotisations du personnel à sa caisse de prévoyance.  Au total, les salaires nets des employés de la fonction publique pourraient être réduits de 2 %. A cela s’ajoutent le non-versement de l’annuité en 2021 et 2023 et le maintien du gel de l’indexation des salaires. Cette offensive ne concerne pas que le personnel de l’Etat, d'autant qu'il n'est pas exclu que des mesures comparables soient proposées à l'encontre du personnel de la Ville de Genève, pour les mêmes raisons ("faire des économies" après avoir réduit les recettes fiscales), c’est l’ensemble des salarié-e-s du canton qui sont menacé-e-s, de telles mesures imposées au secteur public ne pouvant manquer d'inspirer le patronat du secteur privé... Si de telles mesures étaient imposées au secteur public, cela représenterait un signal catastrophique au patronat qui réclame déjà des baisses de salaires. Au fond, tout cela ne peut que nous inciter à réitérer l'appel à voter "oui" le 27 septembre à l'initiative "zéro pertes", qui exige précisément le contraire de ce que le gouvernement cantonal propose de faire.

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    Lien permanent Catégories : budgets publics, Fiscalité, Genève 1 commentaire
  • Budget 2021 du canton de Genève : Pertes et coupes

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    touche pas à mes services publics.jpgLe Conseil d’Etat genevois présentera jeudi son projet de budget 2021, et le plan financier quadriennal qui accompagne tout budget annuel. On s'attend à un déficit maousse, et des "économies" faites sur le dos des salariés de la fonction publique, et des services publics Le Conseil d’Etat prévoit de baisser de 1% les salaires du personnel du "Grand Etat", d'augmenter les cotisations du personnel à sa caisse de prévoyance.  Au total, les salaires nets des employés de la fonction publique pourraient être réduits de 2 %. A cela s’ajoutent le non-versement de l’annuité en 2021 et 2023 et le maintien du gel de l’indexation des salaires. Cette offensive ne concerne pas que le personnel de l’Etat, d'autant qu'il n'est pas exclu que des mesures comparables soient proposées à l'encontre du personnel de la Ville de Genève, pour les mêmes raisons ("faire des économies" après avoir réduit les recettes fiscales), c’est l’ensemble des salarié-e-s du canton qui sont menacé-e-s, de telles mesures imposées au secteur public ne pouvant manquer d'inspirer le patronat du secteur privé... Si de telles mesures étaient imposées au secteur public, cela représenterait un signal catastrophique au patronat qui réclame déjà des baisses de salaires. Au fond, tout cela ne peut que nous inciter à réitérer l'appel à voter "oui" le 27 septembre à l'initiative "zéro pertes", qui exige précisément le contraire de ce que le gouvernement cantonal propose de faire.
    A l'appel du Cartel intersyndical de la fonction publique, un rassemblement se tiendra le jeudi 17 septembre2020 à 17h00 aux canons, devant l’Hôtel de Ville, pour dénoncer les coupes dans les services publics.

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  • Pour les 300 à 1000 sans-abris de Genève : Le logement, plus que l'hébergement

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    sdf geneve.jpgOn estime le nombre de sans-abris à de 300 à 1000 personnes à Genève, et une étude sur le "sans-abrisme" (ce barbarisme est récent)  va être lancée par la Ville pour en faire un état des lieux... La Ville assure leur hébergement d'urgence. Elle répond ainsi à une urgence sociale, mais cette réponse ne permet pas la réinsertion sociale des personnes concernées.  Nous (des conseillères et conseillers municipaux socialistes et du Parti du Travail) avons  donc déposé une motion demandant  au Conseil administratif de Genève d'étudier la mise en place egt le coût d'une politique de réinsertion sociale complémentaire et préventive de l'accueil d'urgence, de mise en place d'une structure d'hébergement et de prise en charge sociale personnalisée des sans-abris, ouverte toute l'année dans un bâtiment en surface, de création d'une équipe pluridisciplinaire pour l'accueil des sans-abris et d'établissement d'un programme pour prévenir la perte de leur logement par les personnes en situation de précarité.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Logement, pauvreté, exclusion 2 commentaires
  • Assouplissement de l'obligation de compenser les places de parkings supprimés : Débrancher l'aspirateur

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    parking.jpgUn assouplissement de la loi qui force à remplacer toute place de parking supprimée au centre ville par une autre à proximité, est soumis au peuple genevois le 27 septembre, la droite bagnolarde ayant lancé et fait aboutir un référendum.  Cet assouplissement, auxquels pourraient s'en ajouter d'autres (la députée socialiste Caroline Marti et son collègue Vert David Martin proposent d'assouplir l'obligation de prévoir des parkings dans les immeubles neufs) se justifie pleinement : toujours plus d'habitantes et d'habitants du canton, et plus encore de la Ville, se passent de voiture, on a donc moins besoin de places de parcage. Et à Genève, où les tarifs des parkings publics sont en moyenne de 20 % inférieurs à ceux des villes d'Europe et où les parkings existants offrent largement assez de places qu'il est nécessaire, les parkings fonctionnent comme de véritables aspirateurs en ville des voitures de sa périphérie. D'autant que selon le canton une bonne moitié des usagers des parkings publics payants ne s'acquittent pas de leur dû, que la pratique du stationnement illicite prolongé sur la voirie urbaine est courante... et qu'au surplus les parkings souterrains coûtent cher, empêchent l'arborisation, et produisent des déchets d'excavation... L'heure est venue de débrancher les aspirateurs à voiture : actif-trafiC organise donc (https://www.actif-trafic.ch/parking-day-2020) un Park(ing) Day à Genève Vendredi 18 septembre de 16h à 18h rue Jean-Dassier (proche du croisement avec la rue de la Servette, derrière la gare Cornavin)

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    Lien permanent Catégories : Genève, Transports, votations 5 commentaires
  • Face aux crises sociale et environnementale : une politique anticyclique ou des collectivités publiques inutiles

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    crise

    La récession provoquée par la coronapandémie est la pire depuis le Deuxième Guerre mondiale, estime l'économiste Cédric Tille, qui la compare à celle des années '30,  et qui considère qu'il faudra plusieurs années pour que la Suisse (et les pays comparables) retrouve la croissance qu'elle aurait connue "normalement". La crise frappe tous les secteurs (sauf sans doute le secteur pharmaceutique...), tous les pays, toutes les régions, toutes les villes. Et tous les budgets publics. Genève avait déjà fragilisé, délibérément, les siens, en adoptant une réforme de la fiscalité des entreprises (la RFFA) fort coûteuse en recettes perdues, le virus a donné le coup de grâce aux dogmes de l'équilibre budgétaire et du frein à l'endettement.  Le Conseil d'Etat annonce un déficit du budget cantonal dépassant le milliard, le Conseil administratif de la Ville peaufine un budget municipal lui aussi lourdement déficitaire. Et alors ? Le déficit et la dette, en temps de crise, sont des modes de financement d'une action publique nécessaire pour soutenir l'économie qui mérite de l'être (il en est une qu'on peut laisser tomber sans regrets excessif), et la population qui a besoin de ce soutien public pour ne pas sombrer. C'est cela, ce qu'on appelle une politique "anticyclique" -une politique qui combat un cycle économique récessif qui atteint aux droits les plus fondamentaux des gens : le droit au travail, à un revenu suffisant pour vivre, à un logement, à des soins. Ce sont ces droits qu'une telle politique permet de maintenir. Et c'est donc une telle politique que les collectivités publiques, de la commune aux ensembles supranationaux, doivent mener -sauf à se déclarer elles-mêmes inutiles, parasitaires et nuisibles.

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    Lien permanent Catégories : Economie, Genève, Politique 2 commentaires
  • Modification de la gestion du stationnement en villes de Genève et Carouge : Pour un peu plus d'espace libre

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    Encore un objet (cantonal) au menu du 27 septembre : la gestion du stationnement. Plus précisément, une révision de la loi cantonale d'application de la loi fédérale sur la circulation routière. La révision, proposée par le Conseiller d'Etat Serge Dal Busco et soutenue par le Grand Conseil, consiste en un assouplissement prudent de l'exigence initiale de compenser toute place supprimée de parcage des voitures. Cette assouplissement est soumis au peuple parce qu'un référendum vindicatif a été lancé contre lui par la droite bagnolarde. Pourquoi le référendum ? Et pourquoi des organisations patronales (comme la Fédération des métiers du bâtiment, la FMB) qui s'étaient déclarées "ouvertes au compromis", ont-elle rejoint les référendaires ? L'argumentaire que les partisans du "non" déploient semble confirmer que leur opposition à la réforme du stationnement est plus vindicative que rationnelle : comme l'écrit la FMB, il s'agit de protester contre les mesures prises ce printemps par le canton et la Ville pour développer le réseau de pistes cyclables -comme la loi sur la mobilité le leur demande. Et de protester aussi contre l'opposition des organisations de promotion de la mobilité douce (comme l'ATE, qui a déposé un recours contre le projet) et de la gauche au projet de parking "clé de Rive"  : le référendum municipal lancé contre ce projet a officiellement abouti, avec plus de 4925 signatures validées (il en fallait 3200) On ne sait pas encore quand on votera, mais on sait qu'on votera. Et comme il s'agira d'un vote municipal, dans une ville ou bientôt la majorité des ménages n'ont plus de voiture, la droite bagnolarde en craint le résultat -le vote du 27 septembre sur le stationnement est  cantonal, même si son enjeu concerne d'abord la Ville... et de toute évidence, les référendaires espèrent construire dans les autres communes une majorité contre celle de la Ville... Un peu moins de places de stationnement en surface, c'est un peu plus d'espace, pris sur le stockage des bagnoles, pour le rendre à la population. Ce n'est tout de même pas trop demander dans la ville la plus dense de Suisse...

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    Lien permanent Catégories : Genève, votations 9 commentaires
  • NOIR, C'EST NOIR

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    petite monnaie.jpgRéférendum contre l'aide sociale d'urgence à Genève

    L'UDC et le MCG ont lancé un référendum contre l'aide d'urgence aux travailleuses et travailleurs précarisés, proposée à Genève par le Conseil d'Etat et acceptée par la majorité du Grand Conseil. Mais, n'assumant pas le choix de leur cible (l'aide d'urgence, précisément) les deux partis font mine de s'attaquer au travail "au noir", au travail "illégal". Et tentent de faire croire que l'aide proposée serait destinée aux travailleuses et travailleurs "au noir" et clandestins -alors qu'ils et elles n'en sont seulement pas a priori exclus et qu'en réalité au moins 70 % des ayant-droit potentiels de cette aide travaillent et séjournent à Genève dans la plus absolue légalité -mais sans moyens de subsistance depuis le début de la crise sanitaire. Le 6 juin, aux Vernets, une étude menée par les HUG confirme : les sans-papiers ne représentent que 22 % des ménages bénéficiaires de l'aide alimentaire, aux côtés de 66 % de bénéficiaires de permis B, C, F ou N, et de 10 % de Suisses. Le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent une aide d'urgence à celles et ceux qui ont perdu tout revenu du fait de la crise liée à la coronapandémie. On est loin, avec ce projet, d'un revenu universel, on est dans la compensation urgente des défauts et des manques d'une sécurité sociale qui ne joue son rôle que pour les salariés "normaux", à plein temps, couverts par la loi. D'où la nécessité, à intervalles réguliers, de la compléter par des dispositifs spécifiques prenant en charge les situations de précarité et de vulnérabilité particulières.

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    Lien permanent Catégories : aide sociale, Genève, Politique, Travail 2 commentaires
  • Initiative populaire cantonale "23 francs, c'est un minimum" : pour vivre de son travail

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    vignette salaire minimum.jpgLe 27 septembre, à Genève, le peuple se prononcera sur une initiative populaire cantonale ("23 francs, c'est un minimum") instaurant un salaire minimum légal de 23 francs de l'heure (4860 francs par mois pour 41 heures de travail hebdomadaire) "Il est inadmissible que des travailleurs.euse.s ne parviennent pas à vivre de leur travail, quel qu'il soit", proclame la Communauté genevoise d'action syndicale (CGAS), faîtière de l'ensemble des syndicats genevoise, qui a porté l'initiative, soutenue par toute la gauche. 30'000 travailleuses (surtout) et travailleurs bénéficieraient d'une augmentation de salaire : elles et ils travaillent dans des secteurs (l'hôtellerie-restauration, le commerce de détail, la sécurité, le nettoyage, l'économie domestique, l'agriculture, notamment) où le salaire, même conventionnel (mais la moitié de l'ensemble des  salariées et des salariés genevois n'est pas protégée par une CCT) est encore souvent inférieur à 3500 francs par mois (3300 francs pour 45 heures hebdomadaires dans l'agriculture à Genève, par exemple), si bien qu'elles et ils  doivent recourir à l'aide sociale pour pouvoir vivre correctement.  Le montant proposé pour le salaire minimum correspond à la somme nécessaire à Genève pour pouvoir chaque mois couvrir ses besoins essentiels et ses charges sans devoir recourir à une aide sociale. Et que l'on ne nous dise pas qu'instaurer comme un minimum légal un salaire si modéré mettrait en danger l'emploi : cette vieille plaisanterie commence à sentir sérieusement le faisandé -surtout quand elle nous est servie par des gens qui gagnent trois, quatre ou cinq fois plus que ce qu'ils considèrent comme excessif de garantir aux autres... et, tel le directeur général de la Fédération des entreprises romandes, Blaise Matthey, accusent les initiants de "balayer d'un revers de la main la longue tradition de dialogue social qui a permis à notre canton d'offrir des conditions de travail particulièrement attrayantes. Du genre de salaires inférieurs à 3500 francs par mois pour un travail à plein temps et des tâches d'entre les plus pénibles ?

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  • Aide sociale d'urgence : clause d'attente

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    Annotation 2020-08-01 153905.jpgL'UDC et le MCG osent tout, c'est même à cela qu'on les reconnaît

    Les mots ne manquent pas pour qualifier le référendum le plus minable lancé depuis longtemps, ce "référendum de la honte", comme le qualifie notre camarade Helena de Freitas, celui que  l'UDC genevoise et le MCG ont lancé  contre la loi, adoptée par le Grand Conseil, permettant l'indemnisation des travailleuses et des travailleurs précaires qui ont perdu leurs revenus pendant la crise provoquée par la pandémie de Covid-19 et ne peuvent prétendre à aucune autre aide publique. Les mots ne manquent pas pour qualifier ce référendum et ses auteurs, mais ceux qui sans doute le qualifieraient le mieux siéent mal à une chronique estivale. On s'en tiendra donc à "minable" et "honteux", et à quelques euphémismes patauds.  Motif déclaré du référendum : "on ne peut pas donner  des indemnités pour perte de revenus pour du travail non déclaré". Comme si la loi consistait en cela (elle n'est pas un salaire de substitution, mais une aide sociale), comme si les travailleuses et les travailleurs au noir ou sans statut légal  choisissaient délibérément de l'être et d'être privés de tous droits : si elle ne conditionne pas l'aide qu'elle prévoit à un statut légal de qui la sollicite, la plupart (70 %) de celles et ceux qui pourraient y prétendre ont un statut et un travail légaux, sont  des travailleuses et des travailleurs sur appel, des employées et des employés domestiques, des travailleuses et des travailleurs du sexe, des ouvriers de la construction, des intermittentes et des intermittents du spectacle, des étudiantes et des étudiants égrainant les petits boulots... au total, 3000 personnes, dont aucune ne pourrait recevoir plus de 4000 francs (alors que le salaire brut médian en Suisse ascende à près de 7000 francs par mois). Ni plus de 80 % du revenu perdu. Ni pendant plus de deux mois.  On est bien loin des 2,7 millions obtenu à titre rétroactif par le Parrain de l'UDC pour sa  retraite personnelle de fugace Conseiller fédéral, mais peu importe à l'UDC et au MCG : sur les plus faibles, ces courageux osent tout.  C'est même à cela qu'on les reconnaît.

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  • Un printemps genevois de la mobilité douce ?

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    Prise de conscience

    Mardi soir, au Conseil municipal, on a adopté trois propositions qui, toutes trois, participent du soutien à la mobilité douce et à la libération de la ville de l'emprise de l'automobile. Trois votes acquis au grand déplaisir de la droite (MCG, UDC, PLR) qui a presque tout tenté pour les éviter et qui, n'ayant pu les éviter, a quitté la salle très fâchée, et plus vexée encore. Trois propositions acceptées, donc : une proposition d'"Ensemble à Gauche" d'accorder un crédit de 500'000 francs pour subventionner l'achat ou la réparation de vélos par les habitants, une demande socialiste de négocier avec le canton la fermeture des quais à la circulation automobile (mais seulement le samedi et le dimanche et seulement jusqu'au 20 septembre), et une résolution proposée par les Verts, et s'opposant au projet de parking "Clé-de-Rive", soumis au vote populaire. Ces votes municipaux s'ajoutent à trois votes cantonaux, au Grand Conseil, début juin : une motion du MCG et une résolution du PLR qui demandaient le retrait des aménagements cyclables installés par la ville ont été refusées, et une résolution d'"Ensemble à Gauche" qui demandait non seulement leur maintien mais leur pérennisation et leur renforcement a été acceptée. Y'a des mois, comme ça, où on a l'impression que les vieux réflexes laissent place à quelque chose comme une prise de conscience : celle qu'il est temps de penser la ville sans la bagnole.

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  • Le Conseil municipal de la Ville vote un crédit de 6,9 millions pour l'hébergement d'urgence...

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    Et le canton ?

    Un crédit exceptionnel de 6’879’505 francs pour l'hébergement d'urgence a été voté "sur le siège" (sans passage en commission) lundi soir par une très nette majorité du Conseil municipal de la Ville de Genève (seule l'UDC a voté contre). Le Conseil a ainsi suivi une proposition de la Conseillère administrative socialiste Christina Kitsos de prolonger durant l’été le dispositif d’urgence provisoire pour l’accueil des personnes sans-abri dans la caserne des Vernets. Pour Christina Kitsos, « il était fondamental de répondre à l’urgence sociale et de diminuer le risque de foyers infectieux en continuant d’accueillir les personnes sans-abri. En parallèle, il s’agit de trouver des solutions pérennes et en surface avec les communes, l’Etat et les associations ; le logement étant la condition préalable à toute réinsertion sociale. » Le  vote à plus des deux tiers du plénum de la clause d’urgence, qui soustrait ce crédit au référendum,  est le signe de la prise de conscience du Conseil municipal de l'urgence d'apporter une réponse concrète à l'aggravation de la précarisation d'une part croissante de la population. Le crédit voté a été assorti, par un amendement des Verts, d'une demande de partage des responsabilités et des charges de l'hébergement des sans abris entre la Ville, les autres communes... et le canton, l'objectif de la Ville étant celui de "zéro sans abris". Un objectif ambitieux, si la Ville devait le poursuivre seule, même à force précisément d'assumer à peu près seule l'hébergement des sans abri, et donc des plus pauvres d'entre les pauvres, la Ville est porteuse, dans le soutien aux plus précaires, d'une expérience dont ni le canton ni les autres communes ne disposent -le canton ayant même trouvé le moyen de perturber les premières distributions de nourriture en s'en prenant aux bénévoles de la Caravane de la Solidarité.

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    Lien permanent Catégories : Genève, pauvreté, exclusion, Politique 1 commentaire
  • Un "nouveau" parti pour la "gauche de la gauche" ?

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    Kolkhozianos.jpgLa nostalgie, camarades

    Ah, les années septante du gauchisme scissipare, avec ses dizaines de groupes concurrents et parfois adversaires (pour finir par devenir franchement ennemis), les maos d'un côté, les troskos dans un autre, mais tous s'attelant à créer le futur grand parti d'avant-garde de la classe ouvrière -on n'aura évidemment garde d'oublier le Parti du Travail dans son pré carré, et les anars partout et nulle part à la fois, comme d'hab'... Alors, une grosse bouffée de douce nostalgie nous a submergé en apprenant qu'un groupe de membres de SolidaritéS proposait de dissoudre la formation de la "gauchedelagauche" (en un mot) au profit d'une nouvelle formation, un "parti unique" (ses partisans mesurent-ils le poids symbolique d'une telle expression ?) de la "gauchedelagauche" (toujours en un mot) mieux implanté dans les quartiers et les couches populaires. Comme si dans l'espace politique se situant lui-même à la gauche du PS et des Verts, un "parti unique" était concevable. Comme si toutes les formations présentes dans cet espace allaient en rangs serrés se fondre dans ce "parti unique". Et comme si cette tentative de le créer était la première du genre et que, si même elle aboutissait, elle allait renouveler en quoi que ce soit le paysage de la gauche, ne fût-elle que de la gauche -et que genevoise.

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  • On peut donc vider les prisons...

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    Champ-Dollon.jpgChamp Dolent

    Il y eut confinement dans le confinement : pendant deux ou trois mois, les 7000 détenus des prisons suisses ont vu leurs contacts avec le monde "extérieur" encore raréfiés au nom de l'urgence sanitaire : suspension des visites, des congés, des activité sportives, des ateliers, des cours (avec des différences selon les établissements) et les prisonniers devaient donc rester plus longtemps enfermés dans leurs cellules. Les prisons, il est vrai, risquaient d'être des "clusters" ravageurs. Certains cantons, comme Genève, ont en outre fait sortir de prison une partie des détenus (une centaine sont ainsi sortis de Champ-Dollon, la prison la plus surpeuplée de Suisse), en les faisant bénéficier de mesures alternatives à la détention : assignation à résidence (confinement "normal", en somme), bracelet électronique, obligation de signature, ou en renonçant à incarcérer les condamnés à des peines légères. Il est donc possible de vider les prisons, du moins en partie. Merci, camarade coronavirus, d'avoir sans doute d'avoir lu Foucault et Livrozet. en attendant sur une chauve-souris récidiviste d'être embarqué sur un pangolin libertaire.

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    Lien permanent Catégories : Genève, Justice, prison 1 commentaire
  • "Contre l'extrême précarisation : l'urgente régularisation"

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    file d'attente.jpgDire l'évidence

    Le Conseil municipal de Genève a voté hier, à une forte majorité, contre l'opposition de la nouvelle alliance de droite (le MCG, l'UDC, le PLR) une résolution socialiste ("Contre l'extrême précarisation : l'urgente régularisation") demandant la régularisation de toutes les personnes sans statut légal (dites "sans papiers"). Il y avait à l'origine de cette proposition une image, un constat, un engagement. L'image, c'est celle des files aux Vernets lors de la distribution de sacs de nourriture. L'image des invisibles devenus visibles. Et gênants. Le constat, c'est celui fait par les enquêtes effectuées par Médecins sans frontières auprès des personnes présentes dans ces files : 65 % d'entre elles sont sans statut légal. Et donc sans droit à l'aide sociale. L'engagement, c'est celui que la Ville demande au canton, à la Confédération de prendre : les régulariser, leur donner un statut, et des droits. La Ville ne peut accorder un statut légal à ces personnes : c'est une compétence fédérale. Mais nous pouvons dire qu'elles en ont besoin, et qu'elle soutiendra toutes les mesures qui seront prises pour le leur accorder. A l'ouverture de toutes les séances du Conseil municipal, ses membres sont exhortés à travailler "pour le bien de la cité". Nous n'y avons ajouté que "toute la cité, tous ses habitants". Qu'ils aient ou non un statut légal. Parce qu'ils sont là. Rien que parce qu'ils sont là.

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