Genève

  • Genève refuse de prolonger les heures d'ouverture de ses commerces

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    vignette horaires magasins.jpgDu "Black Friday"au "Good Sunday"

    Deux jours après le "Black Friday" consumériste, Genève a offert au personnel du commerce un "Good Sunday". Le vote sur la prolongation des horaires d'ouverture des magasins a été un vrai, bon, gros, vote gauche contre droite, communes et arrondissements de gauche contre communes et arrondissements de droite. En Ville de Genève, seuls trois arrondissements acceptent la loi bricolée par le Conseil d'Etat, la majorité de droite du Grand Conseil et le patronat : Champel, Cité-Rive et Florissant-Malagnou, et dans le canton ce sont les communes friquées de la rive-gauche (Anières, Corsier, Collonge-Bellerive, Cologny, Vandoeuvres) qui la soutiennent le plus fermement. Peine perdue : les Genevois et voises ont, par 52,5 % des voix, privilégié le soutien au personnel de la vente et l'exigence d'une convention collective au petit confort de pouvoir "faire les magasins" genevois trois dimanches de plus par an et une heure de plus le samedi. Après l'adoption par le peuple (contre les mêmes forces politiques et économiques qui roulaient pour la loi sur les horaires d'ouverture des magasins) d'un salaire minimum légal, c'est une confirmation qu'il y a à Genève une majorité, non pas automatique mais en tout cas atteignable, pour défendre et renforcer les droits des travailleuses et des travailleurs.

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  • Genève : Fin de la rente à vie des magistrats genevois

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    Capture d’écran 2021-11-29 015527.jpgRentrée dans le rang

    On n'en avait rien dit, de cet objet soumis au vote populaire dimanche à Genève, mais la rente à vie que le système actuel accorde aux membres du Conseil d'Etat et au Chancelier ou à la Chancelière d'Etat, ainsi qu'aux magistrats de la Cour des Comptes a été abolie hier par le peuple souverain. Les ministres rentrent dans le rand des citoyens et c'est encore un effet  collatéral de l'"Affaire Maudet" que ce vote, alors que la question avait été posée avant que n'éclate l'"affaire" : un premier projet de loi avait été déposé en mai 2017 par Ensemble à Gauche et le PS. Un deuxième projet est déposé par le Conseil d'Etat quelques mois plus tard. Mais les aventures de l'enfant prodige de la droite genevoise ont accéléré les choses : une initiative populaire non formulée avait été déposée par les Verts libéraux. C'est elle et le projet du Conseil d'Etat approuvé par le Grand Conseil qui étaient soumis, opposés l'un à l'autre, au vote populaire. Tous deux considéraient que le statu quo n'était pas envisageable, et qu'une réforme était indispensable. En quoi différaient-ils alors ? En ceci, que le projet du Conseil d'Etat, soutenu par le parlement après avoir été amendé, était plus complet : non seulement il mettait fin à la "rente à vie", mais il affiliait les magistrats à la caisse de retraite de la fonction publique (ce que ne faisait pas l'initiative) et s'applique aussi aux magistrats de la Cour des Compte, oubliés de l'initiative. C'est la raison pour laquelle nous avions, comme la gauche, minoritaire sur ce coup là, voté "oui" à ce projet et "non" à l'initiative. C'est elle qui a été finalement acceptée ? On s'en consolera... surtout que les autres résultats de cette journée de votation nous conviennent fort...

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  • Réduction du temps de travail hebdomadaire : 32 heures, à tout petits pas...

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    penser.jpgLa revendication déjà ancienne d'une réduction du temps de travail hebdomadaire à 32 heures a trouvé une nouvelle force en étant reprise par des mouvements comme celui de la "Grève pour l'avenir" du 21 mai, qui a inscrit cette revendication à son cahier de revendication, et des propositions de la gauche, comme l'initiative "1000 emplois", qui la contient, les effets de la crise sanitaire et des mesures prises pour y répondre, et à leur faveur, le développement du télétravail, n'y sont sans doute pas pour rien. Les collectivités publiques pourraient jouer un rôle d'initiatrices, d'éclaireuses, dans une démarche de réduction du temps de travail. Encore faudrait-il qu'elles le veuillent... A notre modeste niveau municipal (quoique de la capitale mondiale du monde mondial, ce qui n'est pas rien...), nous avions déposé une proposition de réduction progressive à 32 heures du temps de travail hebdomadaire du personnel municipal.  D'autres pourraient proposer 35 heures. Les plus optimistes en tenaient pour 24 heures, quatre fois six heures. Le collectif Adret, proche de la CFDT, dans les années septante, proposait deux heures par jour. Nous plaidons donc coupables d'une modération excessive...

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  • Genève : vers une destitution à la (sale) tête du client ?

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    bouc émissaire 1.jpgOn nettoie, on ne censure pas

    L'"Affaire Maudet" plane sur la votation populaire cantonale genevoise du 28 novembre : le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent un mécanisme de destitution, individuelle, de membres du gouvernement cantonal (mais pas de ce gouvernement en tant que tel). Neuf cantons suisses connaissent déjà des procédures de destitution. Dans trois (Neuchâtel, Nidwald, Grisons), le Grand Conseil est seul compétent pour lancer la procédure. Dans cinq (Berne, Soleure, Schaffhouse, Thurgovie, Uri), c'est le peuple, par initiative populaire, et la destitution est collective : c'est tout le gouvernement qui est révoqué. "Ensemble à Gauche" proposait cette procédure pour Genève, mais le Grand Conseil n'a pas suivi : ce qui est proposé aux Genevois, c'est un empêchement à l'américaine, pas une censure à la française. Dommage : Ici, on est partisans partisans d'un droit de dissolution du parlement, d'une motion populaire de censure. On en est loin, avec la proposition soumise au vote des Genevois et voises : on nettoie, on ne censure pas.

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  • Vers des des "cartes d'habitants" dans les villes suisses

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    Capture d’écran 2021-10-28 161931.jpgNOUS TOUS SOMMES LA VILLE...

    C'est quoi, une ville ? un espace bâti, une histoire, un territoire politique, oui, bien sûr. Mais se demander "c'est quoi, une ville ?", c'est mal se poser la question. Bien se la poser, c'est se demander "c'est qui, une ville ?". Parce qu'une ville, c'est d'abord, toujours, des gens. Des habitantes et des habitants. Une ville, c'est un peuple. "Celles et ceux qui" : qui ont des droits politiques ou n'en ont pas, ou ne les ont pas tous. Qui ont une adresse ou qui n'en ont pas, mais qui sont là même quand ils n'ont pas d'adresse. Qui ont des papiers ou qui n'en ont pas, sont riches ou pauvres, ou ni l'un ni l'autre. Qui croient au ciel ou n'y croient pas. Des gens, donc. Tous les gens possibles et imaginables. Des vrais gens. Qui toutes et tous ensemble font nos villes. Ce qui, en ce moment, semble fâcher beaucoup le premier parti du pays (qui, il est vrai, retrouve là ses racines, lorsque les forces qui le créèrent comme parti agrarien montaient des milices pour casser du gréviste dans les villes).

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  • Horaires d'ouverture des magasins genevois : Au bonheur des patrons

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    Capture d’écran 2021-10-24 035129.jpgLe référendum lancé par les syndicats, et soutenu par la gauche, contre la nouvelle tentative patronale d'extension (malgré les apparences) des horaires d'ouverture des magasins ayant abouti, on votera le 28 novembre à Genève sur ce nouvel épisode d'un roman-feuilleton, triste adaptation par le patronat du commerce de détail et la droite parlementaire du "Bonheur des Dames" de Zola, devenu "Au Bonheur des patrons" : "c'est à l'usure que le patronat et ses commis politiques veulent pérenniser l'ouverture dominicale des magasins sans contrepartie pour les vendeuses et les vendeurs" (encore des travailleuses et travailleurs qu'on avait applaudis dans les premières semaines du confinement...), avec en prime une extension à 19 heures de l'ouverture du samedi. Seule contrepartie : la fin des "nocturnes" du jeudi (jusqu'à 21 heures). Une fin qui était de toute façon prévue, ces soirées n'ont jamais répondu aux attentes des commerces qui les pratiquaient -elles finissaient par leur coûter plus cher que ce qu'elles rapportaient. Ce projet patronal genevois, accepté dans une vote droite contre gauche au Grand Conseil, est aussi un test national, un "cheval de Troie" pour donner aux cantons la possibilité d'autoriser l'ouverture dominicale des magasins douze fois par an, toujours sans contrepartie. La Conseillère d'Etat PLR zurichoise, se prévalant de représenter le "canton économiquement le plus fort", a ainsi exigé de la Confédération qu'elle autorise les commerces à rattraper les dimanches fermés" en 2020...

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  • Après le refus populaire de l'initiative "99 %" : Cent fois sur le métier...

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    tax trhe rich.jpgLes 1 % des contribuables les plus fortunés de Suisse (la cible de la défunte initiative "99%" de la Jeunesse Socialiste), ce sont 50'000 ménages, 70 à 100'000 personnes possédant ensemble une fortune de 1300 milliards de francs, soit 25 millions par ménage. Ils tirent de leur capital un revenu de 940 francs par jour, en gros 29'000 francs par mois : c'est quatre fois et demie le salaire médian en Suisse. Ils possèdent les trois quarts des actions de tous les ménages suisses et 15 % du parc immobilier. Et les deux tiers de l'électorat, si on en juge par le résultat de l'initiative "99%" de la Jeunesse socialiste. Toutefois, presque un million de personnes ont soutenu cette proposition d'une plus forte imposition des revenus du capital, et à Genève, la Ville a été à un doigt de l'accepter (elle l'a été dans tous les arrondissements de gauche). Le rapport de force politique dans le canton, et plus clairement encore en Ville, est à portée de la gauche. Qui vient de lancer une initiative populaire cantonale (législative) pour une contribution temporaire de solidarité des grandes fortunes. Cent fois sur le métier fiscal nous avons à remettre l'ouvrage solidaire... Avons-nous jamais agi autrement ?

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  • Elargir la démocratie à celles et ceux qu'elle ignore

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    Bienvenue chez nous.jpgQuestion de citoyenneté

    Un peu partout, dans nos vieilles démocraties plus ou moins représentatives, des nouveaux modes de participation directe des habitants (en sus du droit de pétition et, là où ils existent, de référendum, et d'initiative) sont instaurés : budgets participatifs comme à Lausanne, ateliers citoyens, groupes d'habitants tirés au sort qui planchent sur des projets comme en Allemagne, démocratie délibérative comme dans l'Oregon ou bientôt en Valais, à Sion. Ces procédures fonctionnent : elles ont fait la preuve de leur efficacité et de leur légitimité. Or Cette pratique de démocratie directe, non contradictoire mais complémentaire de celles, institutionnelles, dont nous disposons en Suisse, mais qui ne s'adressent qu'à la part de la population qui dispose des droits politiques, n'a jamais été instituée à Genève comme une pratique structurée et pérenne. En outre, il n'y a pas à Genève d'espace de quartier politiquement constitué : la démocratie représentative et semi-directe ne connaît que la Ville entière : le Conseil municipal est le parlement de la Ville, pas celui des quartiers. Et, élu à la proportionnelle, il est formé de représentants non de la population dans son ensemble, mais de l'électorat des différents partis et des candidates et candidats élus. La démocratie participative fait des citoyens réels de  ceux qui ne le sont pas au sens légal : elle élargit donc la citoyenneté en même temps que la démocratie.

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  • Végétalisation de la ville : Les stades aussi !

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    Capture d’écran 2021-10-02 040225.jpgA l'automne 2016, le Maire annuel de Genève, Guillaume Barazzone défendait dans "Immorama" la politique de végétalisation de la Ville, et expliquait qu'au nombre de ses objectifs principaux, il y avait un objectif écologique : "les végétaux en milieu urbain sont utiles pour lutter contre la pollution, car ils fixent les particules fines (et) permettent d'atténuer les effets du réchauffement climatique". Dès lors, planter des arbres, fleurir les pieds d'arbres, transformer des surfaces bétonnées en surface végétales, installer des toitures végétalisées, entretenir les espaces verts sans produits chimiques, relève d'un choix pertinent, que le Conseil municipal a d'ailleurs ratifié en lui accordant un crédit de 6,4 millions de francs. Avec le programme "Urbanature", on veut ainsi végétaliser les quartiers pauvres en verdure, en remplaçant des surfaces goudronnées par de la prairie fleurie ou du gazon. Du vrai gazon. Du gazon naturel. Et dans le "plan stratégique de végétalisation" de 2019, Guillaume Barazzone enfonçait le clou : "nous allons passer d'une politique végétale aléatoire à une politique planifiée", "la végétalisation entre en effet à part entière dans les politiques urbaines, avec des bénéfices qui sont à la fois sociaux, écologiques et économiques" ... Tout cela est fort bien... sauf que... quelle cohérence y-a-t-il a engazonner les surfaces goudronnées d'une main, et à remplacer le gazon naturel, végétal, des stades par du gazon synthétique de l'autre main ? A voter un crédit de 6,4 millions pour la végétalisation de la Ville et un autre pour remplacer de l'herbe pas du plastique ? Quel cohérence y'a-t-il à végétaliser les toits et plastifier les stades ?

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  • Genève : Les projets de budgets du canton et des communes sont connus

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    bulle.jpgRoutines parlementaires et rhétoriques

    Dans notre bon vieux calendrier républicain, aujourd'hui est le jour de la quatrième fête sans-culotte, la fête de l'Opinion (ce qui nous autoriser à donner la nôtre). Et mercredi, on sera le premier jour de l'automne. Une jolie saison, l'automne, avec de jolies couleurs de feuilles sur les arbres. Ou sous les arbres. Parce qu'elles commencent à tomber, les feuilles. Et avec les feuilles, les projets de budgets. Le Grand Conseil a reçu celui du Conseil d'Etat pour le canton, le Conseil municipal celui du Conseil administratif pour la Ville. Et aujourd'hui, le Conseil municipal décidera d'entrer (ou non) en matière sur ce projet, et de le renvoyer (ou non) pour examen en commission des finances et dans les commissions spécialisées du Conseil. Il ne s'agira pas d'approuver (ou non) le projet de budget, il ne s'agira, pour le Conseil municipal, pour chacun de ses groupes, chacune et chacun de ses membres, que de condescendre à l'étudier (ou de s'y refuser). Ce débat d'entrée en matière pourrait donc être bref, puisqu'il ne s'agit que de faire notre boulot, de faire ce pour quoi nous avons été élu.e.s. (et sommes payés). Pour autant, le Conseil Municipal de LA Ville étant ce qu'il est, et ses groupes ce qu'ils sont, on se gratifiera sans doute d'un débat long et ennuyeux, consistant pour l'essentiel en une exposition de postures politiques et de routines  rhétoriques aux pieds de nos totems respectifs. Le PDC nous invoquera la "classe moyenne", l'UDC dénoncera l'immigration et le MCG les frontaliers, le PLR sanglotera sur la féminisation des noms de rues, le PS célébrera les municipalisations ("Vive la Commune", quoi...), les Verts les arbres et "Ensemble à Gauche" les droits acquis de la fonction publique. La routine, quoi...

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  • Initiative populaire "Zero Pub" : Un premier "oui" de principe

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    Publicité, Zéro PubLa semaine dernière, le Conseil municipal de la Ville de Genève a approuvé l'initiative municipale "Zero Pub", qui demande que la publicité commerciale (et elle seule) soit bannie des panneaux d'affichage de la Ville (et eux seuls). Si ce vote était logique, et attendu (que la gauche soutienne une initiative de gauche et que la droite s'y oppose n'a pas de quoi bouleverser le paysage politique...), il n'en fut pas moins la conclusion, provisoire, d'un débat étrange succédant à un examen tout aussi étrange en commission : on a eu constamment l'impression, et même un peu plus que l'impression, que les opposants à l'initiative ne l'avait pas lue, et que les conseillers municipaux appelant à la refuser  ignoraient tout du statut même d'une initiative populaire municipale, et de la procédure de son traitement. Il semblait même que cette ignorance ait été soigneusement cultivée pour perdurer même après la clôture du débat, puisqu'elle continue de se manifester depuis. Profitons donc de cet espace que nous nous offrons à nous-mêmes pour quelques rappels élémentaires, à destination de la droite municipale, sur le mode de "tout ce que vous devriez savoir des propositions qui vous sont soumises avant de vous prendre position sur elles".

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  • "Internalisation" du nettoyage en Ville de Genève : Un premier pas, enfin...

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    Capture d’écran 2021-09-08 022338.jpgNous avons tenu, en un peu plus de deux mois, trois débats au Conseil municipal de Genève sur une proposition d'engagement dans le personnel municipal d'une quinzaine de nettoyeuses et de nettoyeurs de bureaux et de toilettes publiques de la Ville.  On trouvera  que c'est trop débattre d'une proposition aussi modeste, dont le coût équivaut à un peu plus de un pour mille du budget de la Ville ? On aurait tort. Parce que cette proposition, premier pas d'une internalisation dans le secteur public de tout le nettoyage des locaux, des bureaux, des installations communales, manifeste, puisqu'elle a été adoptée hier soir, un refus de la sous-enchère salariale, de la paupérisation d'une part croissante de la population (en particulier des femmes), de la sous-traitance à des privés de tâches publiques, de l'abandon de la responsabilité patronale de la Ville sur celles et ceux qui travaillent pour elle, et son adoption fut un moment de  reconnaissance du travail de celles et ceux qui assument ces tâches, quelles qu'elles soient.

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  • La gauche, le budget, l'impôt :  Le prix de la cohérence

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    petite monnaie.jpgC'est la rentrée. Le Cirque Knie est sur la Plaine, les tartes aux pruneaux dans les fours, les chtis nenfants prennent le chemin de l'école, les ados celui du Cycle et du Collège, les enseignants retrouvent leur classe. Et les Conseillères municipales et les Conseillers municipaux vont recevoir leur cadeau de rentrée : le projet de budget du Conseil administratif. A l'heure aurorale où on écrit, on ne l'a pas encore reçu ce cadeau. On patiente. On ne s'attend pas au pire, le Conseil administratif est de gauche, quand même. On ne s'attend pas non plus au meilleur, vu que même de gauche, le Conseil administratif reste corseté par un cadre légal cantonal que le canton prend bien garde à ne pas se l'appliquer à lui-même. Bref, on s'attend à du médiocre. C'est reposant, le médiocre. Habituel, même. On s'en accommodera. Reste à bien clarifier les rôles des uns et des autres. Le rôle du Conseil administratif, le rôle des Conseillères municipales et des Conseillers municipaux, le rôle des partis, le rôle du peuple. Et à mesurer la capacité d'une gauche majoritaire à défendre son propre programme -et la politique fiscale le finançant. A mesurer notre cohérence politique, en somme.  Et un peu aussi notre courage. Et leur prix.

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  • La Cité, la musique, la démocratie

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    Cité de la musique2.jpgLe NON qui rouvre les possibles

    Le 13 juin dernier, après une campagne dont, par euphémisme, on dira qu'elle fut vive de part et d'autre (la Fondation pour la Cité de la Musique et le comité référendaire notant tous deux des "attaques personnelles, insultes, menaces, harcèlement, pressions" du camp adverse), la Ville de Genève donnait, à un peu plus de 800 voix de majorité sur 53'000 votantes et votants, un préavis négatif au plan localisé de quartier nécessaire à la réalisation d'un projet de Cité de la Musique sur la parcelle des Feuillantines, en bordure de le place des Nations. C'était un vote municipal consultatif, dont, légalement, le canton peut faire ce qu'il veut, y compris, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir dessus ("on ne saurait considérer que la volonté populaire d'une seule commune s'impose de facto à l'échelon cantonal" déclarait Antonio Hodgers, avant même le vote de la Ville). Mais politiquement, c'est une autre histoire : 53'000 personnes qui votent, dans une commune de plus de 200'000 habitants qui concentre 40 % de la population (et du corps électoral) du canton, ça pèse un peu plus qu'un simple mouvement d'humeur, et soir même du vote le Conseil d'Etat rouvrait le débat, le dossier et les consultations sur le projet, sans exclure de le faire passer de celui d'une Cité DE LA musique à celui d'une Cité DES musiqueS... Or si le débat va se poursuivre et si des "plans alternatifs" peuvent être évoqués (comme l'installation, proposée par le député indépendant à la Douma Guy Mettan, d'une Cité DES musiqueS sur le terrain occupé naguère par l'Opera des Nations)  c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier : si elle l'avait accepté, sur le projet aurait été posé cet avertissement définitif : "circulez, y'a plus rien à voir, rien à dire, rien à voter".

    "Nous ne sommes pas prêts à attendre encore dix ans pour voir émerger une Cité de la musique", plaident les députés socialistes. Nous, et une majorité de votantes et de votants en Ville, n'étions pas prêts à nous précipiter sur n'importe quel projet de Cité de la Musique -et s'il faut attendre dix ans pour un bon projet (avec un nouveau PLQ, lui aussi soumis à référendum populaire...), nous sommes prêts à l'attendre dix ans. Et pendant dix ans, à renforcer le soutien financier aux musiques actuelles et de création : c'est d'un tel soutien dont elles ont le plus besoin, pas de salles dans une Cité de la musique ou des musiques.

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  • "Internalisation" du nettoyage des locaux et installations de la Ville de Genève : Un premier (petit) pas est fait...

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    Capture d’écran 2021-06-30 210303.jpgLe débat fut ce que nous en attendions, la majorité celle que nous espérions, les votes ceux auxquels nous appelions : le Conseil municipal de Genève, mardi soir, s'est prononcé à la fois pour le principe de l'"internalisation" du nettoyage des locaux de la Ville de Genève, c'est-à-dire de la fin de sa sous-traitance à des privés et pour une première étape de ce processus : un crédit de 1,3 millions de francs pour l'engagement dans la fonction publique du personnel municipal nécessaire  au nettoyage des toilettes de la Ville et de bureaux de l'administration municipale. Comme prévu, la droite a obtenu un troisième débat, lors duquel nos propositions seront à nouveau débattues, sans doute dans les mêmes termes que nous venons de le faire, avec les mêmes majorités et, au bout du compte, le même vote. Ce n'était mardi, ce ne sera en septembre, qu'un premier pas. Petit, mais seulement premier.

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  • Budgets publics  genevois : Tournis de la rigueur ?

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    droite-gauche.jpgOn vous parle d'un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître : en 1983, les socialistes français, au pouvoir depuis deux ans, annoncent un changement de politique : on se pliera désormais aux cadres, aux règles, aux normes des équilibres économiques libéraux. On continuera à faire des réformes, sans doute, mais seulement si elles peuvent rentrer dans ces cadres, ces règles, ces normes. Et ce fut le début de la fin du PS français. Pas le début de la fin de la gauche au pouvoir, puisqu'elle s'y accrochera encore, mais le début de la fin d'un pouvoir de gauche, c'est-à-dire d'un pouvoir menant une politique de gauche sur les enjeux qui font le clivage entre la gauche et la droite. Une politique "progressiste" sur des enjeux sociétaux restait possible, elle ne l'était plus sur ce qui la différencie d'une politique de droite : la fiscalité, la redistribution, le service public, la propriété privée des moyens de production. Ce virage de 1983 en France, on l'appela le "tournant de la rigueur" (parce que "rigueur", ça sonne moins mal qu'"austérité"). A notre petit niveau local, municipal,  une gauche majoritaire opérera-t-elle lors des votes budgétaires semblable "tournant", avec pour conséquence même tournis ? A moins que... A moins qu'elle se décide à donner corps politique à sa belle proclamation, devenue rituelle, de l'indissociabilité de l'urgence climatique et de l'urgence sociale. Et se donne les moyens, politiques et financiers de les relever les deux.

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  • Heures d'ouverture des magasins genevois : Le référendum a abouti. On votera. Non.

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    horaires d'ouverture des magasins.jpgLe référendum lancé par les syndicats et les partis de gauche contre la loi (votée par la droite du Grand Conseil)  prolongeant jusqu'à 19 heures l'ouverture des magasins le samedi et les autorisant à ouvrir trois dimanches par an, a facilement et largement abouti, avec 9224 signatures récoltées en un mois et demi, grâce à la mobilisation du personnel de la vente.  Cette loi, passée sans négociation avec les syndicats, modifie un cadre horaire datant de 2002 et qui, lui, avait fait l'objet de longues négociations, et avait abouti à la signature de deux conventions collectives de travail. Dont il ne reste plus qu'une seule, sans force obligatoire, n'engageant que les entreprises qui ont consenti à la signer.  Et le projet de loi voté par le Grand Conseil ne prévoit aucune CCT étendue, alors que c'était une condition posées par la loi. On votera donc sur la loi, et l'élargissement des heures d'ouverture des magasins -et la prolongation des heures de travail de leur personnel. Et on votera NON !

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  • Refus du préavis municipal sur la Cité de la Musique :  Et maintenant ?

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    cor des Alpes.jpgLe préavis municipal sur le plan localisé de quartier lié au projet de Cité de la Musique a été refusé, par 800 voix d'écart en Ville de Genève. Tous les arrondissements de gauche disent NON. Tous. Cela devrait nous parler un peu... et que seuls des arrondissements de droite votent OUI, cela aussi devrait nous parler un peu... Ce NON, même de justesse, c'est tout de même, pour le PS, une sanction: celle d'un soutien souvent totalement a-critique à un projet présenté comme atteignant à la perfection, sans aucun défaut, ne posant aucun problème... or si la base électorale du PS s'était mobilisée pour ce projet, il serait passé -et il n'a été repoussé que parce qu'une bonne partie de la base socialiste l'a repoussé... et qu'elle devait bien avoir quelques motifs de le faire. Reste que 800 voix de différence dans un vote qui a mobilisé 50'000 des 200'000 habitants de la Ville (40 % de participation, c'est une bonne participation, pour un vote municipal), ça n'est pas un raz-de-marée, d'autant moins qu'un vote de nature référendaire est plutôt favorable aux oppositions, qui peuvent s'additionner sans égards à leurs contradictions, alors que les soutiens doivent s'élargir... Maintenant, parole au canton. Plus précisément, au Grand Conseil, si le Conseil d'Etat veut contourner le préavis municipal de la Ville. Et si le Grand Conseil le suit dans cette voie périlleuse... Bref, le débat va se poursuivre -mais c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier qu'il va se poursuivre : si le PLQ avait été accepté, le débat aurait été clos, ou se serait réduit à des oppositions aux autorisations de construire (et de démolir la villa des Feuillantines). Une approbation aurait sacralisé le projet; le refus le laisse  modifiable. Vertus de la démocratie semi-directe... et municipale.

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  • Internalisation dans la fonction publique du personnel de nettoyage : Attente déçue et mesurette alibi

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    nettoyeuses.jpg.jpgHier, journée de la Grève Féministe, des nettoyeuses ont manifesté leur colère contre la Ville de Genève en se rassemblant devant l'Hôtel-de-Ville pour protester contre le traitement réservé par la Commission des Finances du Conseil Municipal, et par le Département lui-même, aux nombreuses propositions émanant de la gauche du Conseil municipal (PS, Ensemble à Gauche... et Verts)  en faveur de l'intégration dans la fonction publique municipale du personnel de nettoyage des locaux, des espaces et des installations de la Ville. Pour "faire des économies" budgétaires sur le dos de ce personnel, affecté à des tâches dont la pandémie a rendu visible le caractère indispensable à la population et au fonctionnement de la commune, la Ville avait en effet décidé de confier à des entreprises privées la tâche que ce personnel accomplit , au prix d'une dégradation de ses conditions de travail, de rémunération et de protection sociale. Quand la droite était majoritaire au Conseil municipal, on ne s'attendait pas à ce qu'elle remette en cause cette privatisation d'une tâche publique. La gauche étant redevenue majoritaire au Conseil municipal, le personnel de nettoyage et les syndicats en attendait qu'elle passe de la parole (les propositions d'"internalisation" dans la fonction publique de 73 postes de travail en équivalent plein temps) aux actes (l'adoption de ses propres propositions). Attente déçue, jusqu'à présent. D'où l'expression, hier, de la colère du personnel et du syndicat (le SIT) : "En ce jour de grève féministe*, nous protestons devant les bureaux du Conseiller administratif en charge des finances de la Ville de Genève, M. Alfonso Gomez, pour dénoncer le manque de courage politique de ce dernier ainsi que de ses partisan-ne-s qui, malgré leurs promesses, n'ont que faire de nos conditions de travail !"

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  • Cité de la Musique  et musiques de la Cité

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    prova d'orchestra.jpgOn s'échauffe beaucoup, en ce moment, à Piogre, autour du projet de Cité de la Musique dans le quartier des Nations. On s'échauffe même jusqu'aux insultes et aux menaces, partisans et opposants dénonçant fort équitablement, les uns sur leur site Facebook, les autres par communiqué de presse, les attaques personnelles fusant des autres sur les uns et des uns sur les autres. Ambiance "prova d'orchestra" fellinienne, dont il ne nous souvient pas qu'elle accompagna d'autres projets d'envergure, comme la Nouvelle Comédie...  Objectivement, il ne s'agit pourtant que de voter sur un préavis municipal à  un plan localisé de quartier, préavis sur lequel le canton pourrait parfaitement, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir. Si on peut douter qu'il y pose son séant, c'est en raison du rapport des force entre le canton et une commune qui à elle seule pèse 40 % de la population et de l'électorat du canton, et qu'il convient de ménager à deux ans d'élections cantonales. Sauf à vouloir s'asseoir sur un gros clou. Le rapport de force entre le clou municipal et la fesse cantonale décidera... Reste la question qui devrait nous tarauder : sur quoi s'échauffe-t-on ? les arbres ? la villa des Feuillantines ? les musiques ? la Fondation des montre-que si-t'en-as-pas-une-à-50-ans-t'as-raté-ta-vie ? A quelques jours de la votation, le mystère nous reste entier, et on doute qu'il soit dissipé dimanche à midi, vu l'ambiance de la campagne... En attendant quoi, que l'on s'écharpe sur les réseaux nous aura au moins permis de prendre une posture commode, celle du sage, mi-cynique mi-stoïcien, planant au dessus des bas règlements de compte...

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