France

  • Langue épicène, inclusive, féminisée...

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    langue inclusive.jpgAdoncques, causons !

    Nul ne nous ayant sollicité de donner notre avis sur ce débat fondamental, et nul n'attendant qu'on le donne pour savoir quoi penser de ce dont on débat, on s'empresse de le donner, cet avis. En prenant soin toutefois de tenter de le formuler en remontant aux sources de la langue française moderne, quelque part et quelque temps entre Rabelais et Montaigne, avant que la funeste Académie française n'y mette son grain de testostérone.

    Adoncques, causons ! Nous comprenne qui pourra ou voudra, et nous corrige qui s'y plaira.

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    Lien permanent Catégories : Culture, Femmes, France, Genève, langue 13 commentaires
  • A propos d'un 10 Mai d'il y a quarante ans

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    mots socialistes.jpgPost Lucem Tenebrae

    En France, le 10 mai est, comme le 18 Brumaire ou le 18 juin, une date dont on n'a pas besoin de donner l'année. Pour Jack Lang, reprenant (vraisemblablement sans le savoir) la devise de la parvulissime République, avec l'élection de François Mitterrand à la présidence de la Ve République, la France passait carrément des ténèbres à la lumière. C'était tout de même un peu trop dire de l'événement, mais c'était bien dire l'attente d'un changement. Et, en creux, dire à quel point cette attente manque à la gauche française pour qu'elle renaisse de ses cendres dispersées...  36 ans après la victoire de Mitterrand à la présidentielle, suivie d'une victoire du PS aux législatives, le candidat socialiste à la présidentielle de 2017 obtient, au premier tour, et péniblement... 6 % des suffrages. De Post Tenebras Lux à Post Lucem Tenebrae...

    Un droit d'inventaire du mitterandisme et du parti socialiste au pouvoir s'impose, en tenant compte des différences de contextes politiques : en 1981, le clivage gauche-droite structure sans contestation le paysage politique : on est de gauche ou de droite, si on n'est ni l'un, ni l'autre, on n'est rien. Aujourd'hui, pour être quelque chose politiquement, il faut commencer par se dire "ni de gauche, ni de droite", "au-dessus du clivage gauche-droite", ou "de gauche ET de droite". Et puis, enfin, il y a un comportement unitaire, à gauche, quand il n'y reste plus qu'un désir d'unité. Un désir impuissant, peut-être faute d'une force politique centrale (on dit bien "centrale", pas "centriste"...) autour de laquelle se fasse cette unité : ce fut, de 1974 à 1981, le PS. Et quarante ans après ? La gauche française pèse toujours, si elle se rassemble, assez pour être présente au deuxième tour d'une élection présidentielle. Si  elle ne rassemble pas, elle ne pèsera que le poids de son impuissance, et devra se contenter de choisir, à nouveau, entre Macron et Le Pen.

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  • Un spectre hante les réseaux sociaux et les débats publics : l'islamogauchisme

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    congrès de Bakou.jpgUne chimère, mais qui a une histoire

    Or donc, l'islamo-gauchisme gangrènerait l'université française; c'est du moins l'avis de leur ministre de tutelle, que cette gangrène supposée alarme plus que leur réelle anémie matérielle  réelle. La ministre veut confier au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) une enquête sur la question, le CNRS renvoie la ministre dans les cordes et dénonce une tentative de "délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de 'race'", les présidents des universités françaises se contentant de qualifier l'"islamo-gauchisme" de "pseudo-notion" popularisée par l'extrême-droite. Et le prédécesseur de Frédérique Vidal, sous la présidence de François Hollande,  dénonce la vanité de "confier au CNRS une mission de police de la pensée". Cette partie de ping-pong clôt-elle un possible débat sur le concept, si hasardeux que soit son usage, d'"islamo-gauchisme" ? Cette chimère, pourtant, a bien une histoire.

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  • Samuel Paty, décapité pour avoir enseigné la liberté d'expression

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    islamisme, djihad, Samuel Paty"Je suis Samuel"

    Il s'appelait Samuel Paty. était prof d'histoire (et donc, forcément aussi des religions). Il donnait un cours sur la liberté d'expression dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine. Il l'avait illustré par les dessins de "Charlie Hebdo" sur le Prophète de l'islam, après avoir autorisé par avance celles et ceux que ces dessins choqueraient de pouvoir quitter le cours. Il a été assassiné et décapité devant son collège par un Tchétchène de 18 ans, beuglant "Allah Akhbar" mais inconnu pour radicalisation par les services de renseignement, que la police abattra peu après. Le nom du professeur et son domicile professionnel avaient été publiés sur les réseaux sociaux par le père d'une élève, qui avait exigé le renvoi du professeur de l'éducation nationale.  Neuf personnes (dont six de l'entourage de l'assassin) ont été placées en garde à vue.  La condamnation de l'acte a été quasi unanime en France. Mais on voit déjà poindre, les "mais", sur le mode du célèbre "je ne suis pas raciste, mais..." : "Je condamne l'assassinat, mais"... Mais quoi ? le tueur n'avait que 18 ans ? il était Tchétchène ? "il ne faut pas manquer de respect aux religions" ? "le prof a été maladroit en montrant les caricatures" ? Ce "mais" ne précise, ni ne nuance, ni ne contextualise la condamnation, mais l'annule. Ce n'est même pas une circonstance atténuante, c'est un acquittement. Une absolution. Le début en tout cas d'une résignation, si ce n'est d'une complicité.

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  • Cinq ans après le massacre de "Charlie", un procès pour l'histoire... et les libertés

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    Charlie.jpg

    Aujourd'hui s'ouvre le procès, entièrement filmé pour l'histoire (comme le procès de Barbie...), du massacre de "Charlie", le jeudi 8 janvier 2015 : onze accusés présents, trois en fuite (ou morts) en Syrie, 200 personnes parties civiles, 144 témoins, 14 experts à la barre. Le procès se tiendra jusqu'à la mi-novembre. Les trois principaux auteurs du massacre, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, n'y seront pas : ils ont été abattus par la police après avoir assassiné une policière, un employés et trois clients d'un supermarché kasher. Le 8 janvier, les frères Kouachi avaient abattu, au siège de la rédaction de "Charlie Hebdo", onze personnes : le directeur de l'hebdo, Charb, quatre autres dessinateurs (dont Cabu et Wolinski), deux chroniqueurs, un correcteur, un visiteur. En hurlant "on a vengé le Prophète Mohammed, on a abattu "Charlie". "Tout ça pour ça", titre sombrement "Charlie Hebdo" d'hier. Tout ça pour "ça", oui : les trois meurtriers n'ont ni vengé le Prophète, ni "abattu Charlie". Le Prophète ne leur avait rien demandé et "Charlie est toujours là (il faut acheter le numéro d'aujourd'hui). Et son insolence irréligieuse, qui traite de la même manière toutes les religions, a survécu au massacre,   Parce que « tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme" (Sebastien Castellion). Et qu'en tuer onze plutôt qu'un et pour des dessins plutôt que pour une "doctrine" ne change rien à cette évidence. Ainsi, le massacre de "Charlie" a sacralisé les libertés d'expression et de presse, et consacré dans le sang le droit au blasphème comme indissociable de ces libertés : Cabu, Wolinski, Charb et les autres sont morts pour elles. Les Kouachi, Coulibaly et leurs complices, sont morts pour rien qui vaille.

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  • Trois ans de Macron... et après ?

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    Macron masqué.jpgUne présidence jouée à la roulette russe


    Dans une semaine, il y aura trois ans qu'un personnage apparemment (mais seulement apparemment) sorti de nulle part était élu à la présidence de la République française, sur les décombres de PS et des Républicains. Tous deux, il est vrai, s'étaient littéralement suicidés : le PS en se réduisant à un parti de gouvernement gouvernant contre son programme de parti, les Républicains en présentant un candidat, Fillon, d'abord incapable de rallier le "centre", puis piégé par ses propres pratiques de politicien "à l'ancienne". Bref, Emmanuel Macron était élu. Parce qu'il n'y avait personne en face de lui,. sinon Marine Le Pen. Et qu'un choix politique déjà réduit  par une élection au scrutin majoritaire se réduisait encore plus par l'identité, personnelle et politique, des deux protagonistes. De sorte que si on ne voulait pas de Le Pen on ne pouvait que voter pour Macron, que si on ne voulait pas de Macron on ne pouvait que voter pour Le Pen, et que si on ne voulait ni de Macron, ni de Le Pen on ne pouvait que voter blanc, nul, ou s'abstenir. Et donc sortir du jeu et laisser le terrain aux deux seuls joueurs qui y restaient. Et trois ans plus tard, où en est-on ? malgré tout ce à quoi s'est heurté Macron, des "gilets jaunes" à la pandémie en passant par la mobilisation contre la réforme des retraites, on est est presque au même point, avec comme horizon une présidentielle en 2022 se jouant vraisemblablement, au deuxième tour, entre Macron et Le Pen... A moins que...

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  • Des tweets pulsionnels de Trump aux selfies branleurs de Griveaux

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    trou de serrure.jpgPolitique.0

    "Ce qu'on espérait ne jamais voir se produire en France est devenu bien réel", éditorialise "Le Monde" (qui ne dit cependant pas pourquoi diable ne pouvait-ce pas se produire en France) : un candidat majeur à une élection majeure a renoncé à sa candidature parce que son comportement sexuel privé a été rendu public. Ce n'est peut-être la première fois qu'en France, certainement pas aux Etats-Unis. Et même en France, ou ailleurs, ce n'est sans doute pas la dernière fois. Les outils de communication dont nous disposons désormais facilitent l'exercice, et en renforcent l'audience, et donc l'impact, mais ne l'inventent pas. Des tweets pulsionnels de Trump au selfie branleur de Griveaux, on est entré dans la politique point zéro. ça ne date pas d'hier (on se souvient d'un Conseiller national vert et maire de Baden qui avait dû démissionner, sur pression de son parti, après que le même genre de selfies que ceux de Griveaux aient été balancés sur les réseaux), mais ça se confirme, quand l'élément le plus déterminant d'une campagne électorale dans une grande capitale européenne est le zob d'un candidat qui n'avait plus guère de chance d'être élu. Et que son parti n'a pas mis trois jours pour remplacer par une ministre (Agnès Buzyn, ministre de la Santé) envoyée au front pour que le parti présidentiel fasse tout de même acte de présence dans la capitale sans plus pouvoir espérer l'emporter contre la maire socialiste, Anne Hidalgo. C'est entendu, l'"affaire Griveaux" est le degré zéro, en-dessous de zéro, même, du débat politique. Mais est-elle si excentrique qu'on fait mine de le croire ? 

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  • Réveil de la gauche française ? 

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    grève SNCF.jpgQuand la grève remet la question sociale au centre de la politique

    Aujourd'hui, la France en est à son 34ème jour de grève, essentiellement dans les transports, contre la réforme du système de retraite proposée par le gouvernement, appliquant en l’occurrence  une promesse du candidat Macron à la dernière élection présidentielle. Cette mobilisation pour la défense du système de retraite contre la volonté gouvernementale de le réformer a d'abord cette vertu qu'elle réinstalle la question sociale, et la question des droits sociaux, au centre de la politique -et du clivage politique que Macron voulait dissoudre pour le recomposer à sa manière et dans l'intérêt de son maintien au pouvoir. A l'agenda politique du président et du gouvernement français, il y avait certes la réforme du système de retraite, mais il y avait aussi des débats sur l'immigration et la laïcité, dont on peut sans grands risque de s'égarer considérer qu'ils étaient là pour conforter la substitution macronienne  d'un clivage entre "ouverture" et "fermeture" au clivage gauche-droite. Cette substitution est précisément ce qui avait fait élire Macron contre Le Pen -un duel auquel il tient à réduire le choix des Français.  Or la mobilisation autour (ou plutôt contre) la réforme des retraites opère le mouvement inverse : on retrouve en effet, dans la rue et l'opinion publique, le clivage gauche-droite,  avec une droite qui soutient la réforme face à une gauche qui la combat, et qui  tente de s'y ressourcer.

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  • France : les syndicats tentent de reprendre la main

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    mouvement socialRéforme et contre-réforme

    Les syndicats français ont réussi leur pari : Plus de 800'000 personnes (le double selon les syndicats)sont descendues dans la rue jeudi dernier pour la première journée de grève des transports (et d'autres secteurs publics : plus de la moitié des écoles primaires ont été fermées, un quart des agents de la fonction publique étaient en grève, la majorité du personnel de la SNCF, plus de 85 % des conducteurs de train...). Et aujourd'hui est un autre grand jour de cette grève reconductible du secteur public. Pour autant, les syndicats français ont-ils "repris la main" dans le mouvement social, alors que celui des "gilets jaunes" les avait totalement surpris, qu'ils n'avaient jamais réussi à s'y greffer, moins encore de le contrôler, et qu'ils sont de tous les pays développés de ceux qui rassemblent la plus faible proportion de travailleurs ? Face à la réforme proposée par Macron, qu'ils qualifient de contre-réforme, ils vont en tout cas devoir proposer leur propre réforme...

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  • Quel meilleur faire-valoir pour Macron que Bolsonaro ?

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    Capture.JPGL'Auguste et le Clown Blanc

    Tout se passe comme si Emmanuel Macron avait toujours besoin d'un repoussoir pour se donner stature d'Homme d'Etat, se grandir politiquement. Et plus le repoussoir est repoussant, plus évidemment il repousse Macron vers le haut. Marine Le Pen avait à merveille joué ce rôle lors de l'élection présidentielle (et rien n'indique qu'elle cessera de le jouer lors de la suivante), et même les "Gilets Jaunes", à leur manière, l'année dernière. Et maintenant, c'est à Jair Bolsonaro de reprendre le flambeau. Et il est parfait dans cette fonction, Bolsonaro, même s'il ne s'en rend nullement compte. Pas plus d'ailleurs que Marine Le Pen ou les "Gilets Jaunes" ne s'en rendaient compte. Il faut un Auguste pour le Clown Blanc...

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  • Elections européennes : le pire n'est jamais sûr

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    parlment européen.jpg

    Orwell ou Houellebecq ?

    Tirant les enseignements de son "enquête hongroise" dans les pays européens ayant instauré des régimes de "démocratie illibérale" ou d'Autoritarisme électif", le journaliste Bernard Guetta (par ailleurs candidat aux élections européennes sur la liste macronienne) ne fait pas preuve d'un grand optimisme : il se demande "si nous (ne sommes) pas à l'aube d'une ère de plusieurs siècles, qui ne sera pas forcément (...) une ère de régimes sanguinaires, mais quelque chose de tranquille, et de terne (...). Un monde étouffé, plus étroit, moins libre. Un monde sans passions, d'un ennui effroyable". Un monde qui, comme en Hongrie, en Pologne, en Autriche ou en Italie, où "les gens n'ont pas peur", où il n'y a "aucun des signes habituels des régimes policiers" mais qui est tout de même "un étouffoir". Pas un monde orwellien, mais peut-être un monde houellebecquien... Se dessinera-t-il lors des élections européennes (auxquelles les Britanniques participeront sans doute, alors qu'ils sont toujours supposés quitter l'Union) ? Le pire n'est jamais sûr..

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  • Fin du premier acte du "Grand Débat" français :

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    Macron, Grand Débat, Gilets JaunesJupiter regonflé...

    La première phase du "Grand Débat" national lancé par Emmanuel Macron est terminée*, place aux "conférences nationales" avec des organisations sociales (syndicats, associations), ces fameux "corps intermédiaires" que le macronisme jupitérien méprisait. De réunions locales seront faites des synthèses soumises à des citoyens tirés au sort. Et le parlement se saisira du résultat de cette vaste consultation, avant que le gouvernement y puise des propositions qui reviendront au parlement, voire des décisions qui n'auront pas besoin de l'aval parlementaire. Et peut-être un référendum pour clore le débat par des questions d'ordre institutionnel (référendum d'initiative populaire, prise en compte du vote blanc etc...) afin de donner ou redonner au président et à son gouvernement (du moins si le résultat du référendum est positif pour ses organisateurs) une légitimité qu'une dissolution de l'Assemblée nationale ne lui (re)donnerait pas. Bref, on est largement dans le flou quant aux résultats de l'exercice -sauf sur un point : il a regonflé Jupiter.

    * Sur France Culture, aujourd'hui, Jupiter regonflé débattra avec "65 personnalités de la vie de idées", dès 18 heures 20...

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  • Des "gilets jaunes" qui s'effilochent : Grand Débat, grand détour ?

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    macron,gilets jaunes,grand débatFin décembre 2018 : Emmanuel Macron est au plus bas, comme sa cote de popularité, qui rampe à 20 % d'opinions favorables. On le dit politiquement mort, tué par les "gilets jaunes". Et un mois et demi plus tard, à Lui la gloire, O Ressuscité : le mouvement des "gilets jaunes" s'effiloche, il n'est plus soutenu que par une minorité de sondés, les opinions favorables à Macron sont passées à 30 %, les intentions de vote placent sa liste en tête des élections européennes, et il fait son Tour de France des réunions du Grand Débat National, suivi comme son ombre par la presse et les télés. Or sans les "Gilets jaunes", pas de ce "grand débat national" lancé le 13 janvier par une longue lettre (six pages) de Macron aux Français: "il n'y pas de questions interdites. (...) nous sommes un peuple qui n'a pas peur de parler, d'échanger, de débattre". En le président signe : "en confiance". Mais l'auteur prévient : "nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises (...) afin d'encourager l'investissement et (...) le travail". Pourquoi débattre, alors, si on ne peut débattre de ce qui a précisément suscité le mouvement qui a lui-même suscité le débat ? En tout cas, le débat est organisé par un juge et partie : le président et son gouvernement.

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  • "Gilets jaunes", série 1, 9ème épisode : Le dur désir de durer

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    Cause toujours.jpgSamedi, c'était le 9ème épisode de la mobilisation des "gilets jaunes", cette étrange mutinerie à temps partiel, le week-end, d'une classe ("moyenne") qui n'en est pas une. 80'000 policiers avaient été mobilisés dans toute la France pour contenir à peine plus de manifestants. Ce n'est donc pas tant l'ampleur du mouvement qui fait son succès, indéniable, que son obstination, sa pérennité : il tient des rond-points, des rues, des places, des péages, depuis déjà plus de deux mois, sans relais politiques ni syndicaux. En juin, mai'68 était dépassé... en janvier 2019, novembre 2018 dure... La philosophe Catherine Malabou, admettant qu'"il serait certes abusif de qualifier les "gilets jaunes" d'anarchistes", observe que "le retour de la lutte des classes, la visibilité des anonymes, le refus, dont on espère qu'il durera, de l'obédience à un chef ou un parti, préfigurent sans nul doute l'écriture d'un nouveau chapitre de l'actualité libertaire, susceptible de conférer à l'aujourd'hui sa ressource d'avenir". La philosophe est optimiste, en appelant, après Gramsci, à la fois au pessimisme de la raison et à l'optimisme de la volonté... et donc à ne pas se faire d'illusion sur le mouvement des "gilets jaunes", mais à ne pas non plus à désespérer de ses effets.

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  • Et ce soir, Macron parle... Mais à qui ?

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    les-gilets-jaunes-jm.jpgJupiter et les Jaunes

    Le président et le gouvernement français ont donc "cédé à la rue" (elle est en France le seul lieu de la démocratie directe) en renonçant notamment à augmenter les taxes sur le carburant, et ont ouvert une "consultation" des "corps intermédiaires" (dont les syndicats) qu'ils donnaient plutôt l'impression de solidement mépriser jusqu'alors. Mais ce recul, inévitable, sur une intention justifiée (dissuader de l'automobile traditionnelle), mais fort mal traduite en actes, et encore plus mal accompagnée pour toutes celles et tous eux qui ne peuvent aller travailler, consommer, se délasser autrement qu'en automobile faute de transports publics, ne répond en fait à aucune des causes profondes qui ont fait descendre sur les rond-point, les péages d'autoroutes et dans les rues des villes des dizaines de milliers de personnes qui n'avaient jamais manifesté de leur vie, ni jamais soutenu aucun mouvement populaire, pas plus les syndicats que d'autres organisations sociales. D'ailleurs, les "jaunes", dans l'histoire des luttes ouvrières, n'ont jamais été autre chose que des adversaires (et puis, choisi parce que c'est voyant, c'est quand même très moche, un gilet jaune...). Il n'est pas sans signification que le mouvement présent se fasse sans grèves, que les "gilets jaunes" ne s'adressent qu'au gouvernement et au président, pas au patronat, et qu'ils n'exigent pas l'abrogation des "lois Macron" sur le travail... Sauf que si le mouvement, ou plutôt la révolte des "gilets jaunes" n'a rien de "progressiste", et qu'elle semble (mais seulement "semble") refluer, elle a tout d'un révélateur, et a au moins fait descendre Jupiter de son Olympe. En dévaluant au passage la quasi totalité du personnel et des partis politiques français, pathétiques dans leurs efforts de récupération ou de désarmement d'un mouvement qui les ignore superbement. Mais tout va se dénouer : ce soir, Jupiter va parler. Mais à qui ?

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  • Des gilets jaunes

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    gilet jaune.jpgGrand Jacques ou Poujade ?

    Dimanche, les "gilets jaunes" français ont pris les Champs Elysées que le gouvernement leur avait interdit. Ils étaient une dizaine de milliers. Dans l'ensemble du pays, un peu plus de 100'000. Une mobilisation en baisse, et une stratégie gouvernementale (et présidentielle) d'attente du pourrissement du mouvement. En quoi il aura été aidé à Paris par quelques centaines de militants d'extrême-droite. Mais le mouvement lui-même peut toujours compter sur la sympathie passive d'une majorité des Français sondés, même si la majorité de ces sympathisants doutent qu'il puisse aboutir à des concessions (sinon marginales) du pouvoir. Mais c'est quoi, ce mouvement qui semble surgir de nulle part (comme si un mouvement pouvait surgir de nulle part) ? Un épiphénomène ? un mouvement de colère passagère ? la renaissance du poujadisme ? La dernière jacquerie ? Une francisation tardive du "qualunquisme" italien ?

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  • Miasmes xénophobes : Gros vents et petites brises

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    Manif identitaire.jpg

    Les vents politiques nous semblent souffler depuis les lieux des miasmes xénophobes ? Sans doute. Mais tout le monde ne se comporte pas en girouettes : en France, le Conseil constitutionnel a consacré, contre le ministère de l'Intérieur, et en faveur de Cedric Herrou le "principe de fraternité" en affirmant qu'une aide désintéressée à des étrangers en situation irrégulière ne saurait être passible de poursuite. Ainsi, le principe de solidarité affirmé par l'agriculteur des Hautes Alpes a-t-il été affirmé contre le "délit de solidarité" qui valait à Cédric Herrou d'être poursuivi pour l'aide qu'il apportait à des immigrants venus d'Italie. La plus haute juridiction française a rappelé que la Fraternité était proclamée, avec la Liberté et l'Egalité, par la devise de la République, et que la Constitution s'y référait comme à un "idéal commun".  Quelques jours plus tard, le philosophe Etienne Balibar publiait dans "Le Monde" (daté du 17 juillet) une tribune en appelant à l'instauration d'un "droit international de l'hospitalité", face au "retournement du droit de l'asile" en "obsession pour le refoulement de l'immigration  dite clandestine et l'identification des "faux réfugiés" : en usant de critères "extraordinairement restrictifs" pour "disjoindre l'obtention du statut de réfugié et le droit de circulation" et soustraire la souveraineté des Etats à toute véritable contestation, on ne fait plus place, comme motifs d'asile, aux "conditions de guerre civile ou de guerre économique, dictature ou restriction de la démocratie, catastrophe environnementale". Les Etats transforment ainsi "des masses de migrants en réfugiés sans refuge". De gros vents mauvais soufflent de Hongrie et d'Italie (entre autres contrées) ? Quelques brises moins pestilentielles permettent encore de respirer...

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  • Autocommémoration : Notre Mai à nous

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    Mai68 et après.JPG

    On commémore : Il y a cinquante ans, c'était le Mai 1968 français. C'est celui-là qu'on commémore -on bougeait beaucoup ailleurs, on se révoltait, on subvertissait aussi, mais dans nos contrées, c'est le printemps français qu'on se remémore, en nostalgie ou en détestation, en apologie ou en envie de revanche, en autocélébration ou en excorcisme.
    Remémorons-nous alors le nôtre* : On avait 16 ans en 1968. On était entre l'Aubépine (on s'était fait virer l'année précédente du CO) et La Clairière. On avait commencé, mélancoliquement, un apprentissage de commerce. Et vint le printemps. De ce que ce printemps a pu réveiller en nous, c'est une volonté d'agir sans certitude du chemin à prendre pour agir. On dit "réveillé"parce que ça y était déjà, présent comme un héritage familial, celui d'un milieu politiquement engagé et culturellement curieux. Un milieu de membres du Parti du Travail (qui le quittèrent l'année même de notre naissance pour suivre Léon Nicole dans sa tentative de créer un nouveau parti de gauche) -un milieu fort ressemblant à celui du communisme à la française ou à l'italienne, et dont on oublie aujourd'hui ce qu'il a apporté, culturellement, à celles et ceux qui en étaient et venaient d'"en bas" de la hiérarchie sociale : Il leur a apporté ce qu'on appelait encore à l'époque "la grande culture" -des livres, des disques, des places de théâtre et de concert. Il leur a ouvert un monde -même si ce monde était surtout celui du patrimoine culturel, pas celui de la subversion culturelle.

    * "On" n'utilise pas la première personne du pluriel (ou l'indéfini) par envie de majesté, mais parce que "notre" situation n'est pas si exceptionnelle que le Moi Je s'imposerait naturellement...

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  • Le PS français prépare son congrès. Comme si de rien n'était

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    roses fanées..jpgLe PS français s'est pris, l'année, une succession des baffes dont on aurait pu espérer qu'elle le réveille : le renoncement du président issu de ses rangs à se présenter, tant il était impopulaire, puis une lourde défaite à l'élection présidentielle, puis une lourde défaite aux législatives. Le parti ne tient plus debout que grâce à son ancrage local, il a vendu son siège pour payer ses factures, il ne représente pour personne une alternative ni à Macron, ni à Mélenchon, il n'a plus de base cohérente, et pas de projet mobilisateur.Pourtant, comme si de rien n'était, les socialistes français préparent leur congrès, début avril prochain, et se préparent à choisir, entre quatre candidats (un ex-vallsiste repenti de son vallsisme, un ancien ministre de l'agriculture de François Hollande, le président du petit groupe socialiste à l'Assemblée nationale et un sénateur) leur nouveau Premier secrétaire. Comme si c'était de cela dont ils avaient besoin.

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  • Les socialistes français déménagent

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    PS Solférino.jpgSouvenirs de Solférino

    Le PS français vient de vendre, pour quelques dizaines de millions d'euros, son siège de la rue de Solférino. Un siège somptueux, un hôtel particulier dans un quartier aristobourge. Il y était depuis 1981, dans son manoir, le PS français. Il le quitte, Gros Jean comme devant, après sa lourde défaite aux élections de cette année, la présidentielle et les législatives. La culture de gauche est "imprégnée de mélancolie comme un buvard est imbibé d'encre", nous dit l'historien italien Enzo Traverso, qui rappelle la scansion de grands "moments jubilatoires d'émancipation, d'action collective" et de "défaites, parfois de défaites tragiques". Les socialistes français déménagent, au sens le plus commun du terme (au sens figuré, ils ne déménagent plus guère), mais leur départ de la rue de Solférino ne nous porte à aucune mélancolie, et nos souvenirs de Solférino sont moins tragiques que ceux d'Henry Dunant. On pourra même trouver finalement l'épisode parisien assez moral...

     

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