Femmes

  • Troisième grève féministe et des femmes : A 15 heures 19, la colère...

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    grève féministe.jpgCe lundi 14 juin (ou 26 Prairial, jour du jasmin) est jour de grève. De Grève Féministe, 30 ans après la première Grève des Femmes, qu'un demi-million de Suissesses avaient suivie. Et le 14 juin 2019, elles furent à nouveau de centaines de milliers à manifester pour que soit tenue la promesse constitutionnelle et légale de l'égalité. Aujourd'hui est jour de grève "contre le système capitaliste et patriarcal", contre la retraite à 65 ans, contre la violence faite aux femmes, pour la reconnaissance du travail domestique et de soins, pour la solidarité avec les luttes des paysannes, pour l'écoféminisme. Vastes enjeux, et autant d'urgences, mais d'urgences qui l'étaient déjà lors de la dernière Grève des Femmes, celle de 2019.  A commencer par celle de combattre le relèvement à 65 ans de l'âge de la retraite des femmes, adopté il y a quelques jours par les Chambres fédérales.

    Des rassemblements, des manifestations se tiendront dans toute la Suisse. A 15 heures 19, heure à laquelle les femmes cessent d'être payées pour leur travail et, du fait de l'inégalité salariale, commencent à travailler pour rien, les cris de colère ont marqué le refus d'accepter que perdurent les inégalités, les discriminations, les violences.  A Genève, les rassemblements et les rendez-vous sont multiples (vous en trouverez le détail sur www.grevefeministe-ge.ch), la journée se concluant par un rassemblement à 17 places des Nations, qui se transformera en manifestation (départ 18 heures, après une minute de silence en mémoire des victimes de violences sexistes) vers les Bastions. Poutine et Biden n'étant pas encore arrivés, la ville sera aux femmes. Et ça tombe bien : comme on ne cesse de le rappeler chaque fois qu'on nous parle du "Grand Genève", Genève est un nom propre féminin... Aujourd'hui, la Grande Grève fera la Grande Genève. Et la Cité des musiques féministes.

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  • Langue épicène, inclusive, féminisée...

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    langue inclusive.jpgAdoncques, causons !

    Nul ne nous ayant sollicité de donner notre avis sur ce débat fondamental, et nul n'attendant qu'on le donne pour savoir quoi penser de ce dont on débat, on s'empresse de le donner, cet avis. En prenant soin toutefois de tenter de le formuler en remontant aux sources de la langue française moderne, quelque part et quelque temps entre Rabelais et Montaigne, avant que la funeste Académie française n'y mette son grain de testostérone.

    Adoncques, causons ! Nous comprenne qui pourra ou voudra, et nous corrige qui s'y plaira.

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  • L'interdiction de la burqa en Suisse : Une "affaire de civilisation" et un vote sans conséquence directe

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    burqaL'étrange votation

    A un peu plus de 51 % des suffrages et 67'000 voix de différence, l'initiative populaire pour l'interdiction de se dissimuler le visage (dite initiative "antiburqa", puisque c'est autour de la dissimulation du visage des femmes qu'a tourné tout le débat, et le vote) a donc été acceptée, même si elle fait un résultat bien plus modeste que l'annonçaient les sondages, et de six points plus modeste que celui de l'initiative pour l'interdiction des minarets, lancée par le même comité crypto-udéciste. La campagne féministe et antiraciste menée contre l'initiative par des mouvements comme la Grève féministe et des femmes, le "Comité des femmes" ou les Foulards violets n'est pas étrangère à ce recul (les femmes ont majoritairement voté contre l'initiative, comme les y incitait ), et au rejet de l'initiative à Genève, et dans toutes les villes de plus de 100'000 habitants. Localement comme nationalement, le vote "oui" a été majoritairement un vote de droite et le vote "non", un vote de gauche.  A Genève, l'initiative n'a été acceptée que dans de petites communes de droite (à l'exception de Bernex et Chêne-Bourg), et refusée dans toutes les communes de gauche (à plus de 55 % en Ville de Genève, plus de 60 % aux Pâquis et à la Jonction). Ainsi a-t-on voté en Suisse sur des comportements moyen-orientaux et, comme le résume l'islamologue Andreas Tunger-Zanetti, cette initiative , sans effet concret mais avec une lourde charge symbolique, "en dit plus long sur la Suisse que sur les musulmans". Mais qu'en dit-elle vraiment, de la Suisse ? en tout cas, qu'il est infiniment plus facile d'interdire la burqa (les opposants et les opposantes à l'initiative ne la soutenaient pas, ils et elles soutenaient le droit des femmes à la porter si elles le choisissent librement) et de considérer les femmes musulmanes comme un groupe singulier, que de lutter, concrètement, contre le sexisme, le patriarcat, les inégalités entre les genres, ici et maintenant, avec et pour toutes les femmes. Ou de cesser de livrer des armes à l'Arabie Saoudite.

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  • Votations et élection  : Tous nos "non", tous nos "oui"

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    Bienvenue chez nous.jpgNous sommes le 8 mars. Et c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Et c'est un lendemain de votations, qui ont produit des résultats pour le moins contrastés. De ces résultats, on glosera plus en détails dans les jours qui viennent, on se contentera aujourd'hui de se féliciter des votes cantonaux (y compris le prononcement sur les enjeux fédéraux) et du vote municipal genevois : c'est "non" à tout ce à quoi nous nous opposions, et "oui" à  ce que nous soutenions : "non " à l'initiative udéciste sur l'interdiction de se dissimuler le visage (dite "antiburqa"), à l'accord de libre-échange avec l'Indonésie, à la loi sur l'identité électronique et, massivement, au parking Clé-de-Rive. Et c'est un "oui" tout aussi massif à l'indemnisation sans discrimination des travailleurs et travailleuses précaires. Que du bonheur ? N'exagérons pas : nos orgasmes politiques sont plus genevois que suisses. On notera que la multiplicité des objets a sans doute contribué à gonfler la participation : à Genève, elle a dépassé les 50 % pour les objets fédéraux et cantonaux, et, sans y arriver pour l'objet municipal en Ville, y atteint un record pour une votation municipale... Cette hausse de la participation, assez inattendue en période covidienne, a certainement eu un effet sur les résultats -et sur chaque résultat, spécifiquement.  Deux résultats méritent en tout cas qu'on s'y attarde déjà un peu aujourd'hui, avant que d'y revenir : l'initiative dite "antiburqa", mollement acceptée au plan national et mollement refusée à Genève,  et le premier (bon) tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois.

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  • Initiative "antiburqa" : Qu'importe le fonds pourvu qu'on ait le buzz ?

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    Magritte Amants.jpgVous avez jusqu'à jeudi pour voter par correspondance sur les objets soumis à votre sagacité dans le scrutin du 7 mars. Cinq objets sont au menu : trois fédéraux, un cantonal, un municipal. Alors, on va en refaire, pour la dernière fois, le tour. Et on commence par le plus invraisemblable : l'inscription dans la constitution fédérale, charte fondamentale de l'Etat, texte qui en structure les institutions et en dit le projet, d'une norme vestimentaire : l'initiative «Oui à l’interdiction de se dissimuler le visage», dite "antiburqa". Elle  a la teneur suivante: "nul ne peut se dissimuler le visage dans l’espace public, ni dans les lieux accessibles au public ou dans lesquels sont fournies des prestations ordinairement acces-sibles par tout un chacun; l’interdiction n’est pas applicable dans les lieux de culte.2Nul ne peut contraindre une personne de se dissimuler le visage en raison de son sexe". La loi prévoit des exceptions, nombreuses,  justifiées par des raisons de santé ou de sécurité, des raisons climatiques ou par des coutumes locales . Selon le dernier sondage Tamedia, l'initiative disposait il y a une semaine du soutien de 56 % des personnes interrogées (soit sept points de moins qu'un mois auparavant) , avec une acceptation de deux points moins marquée chez les femmes (53 %) que chez les hommes (65 %). C'est à droite que ce soutien se constitue, avec 93 % des sympathisants (ou membres) de l'UDC, 63 % de ceux du PLR et 59 % de ceux du Centre (ex- PDC). A gauche, le refus est majoritaire à deux tiers, et les jeunes de 18 à 34 refusent majoritairement le texte.  On ne prend donc pas beaucoup de risque en continuant de partir de l'hypothèse, formulée depuis des mois, d'une acceptation de l'initiative avec des majorités massives en Suisse centrale et orientale (et probablement au Tessin et en Valais) et dans les zones périurbaines et rurales, et vraisemblablement un rejet dans les Ville. De toute façon, comme soupire la Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, chargée de défendre (ce qu'elle fait sans conviction excessive) la position du Conseil fédéral , "si l'initiative est acceptée, cela ne changerait pas le destin de la Suisse et du monde". Ni d'ailleurs celui des femmes d'ici et d'ailleurs : les Suisses vont se faire plaisir en acceptant une initiative à l'effet proclamatoire : c'est aussi à cela que sert le droit d'initiative. Celle-là a surtout pour ceux qui l'ont lancé une fonction publicitaire : on parle d'eux, qu'importe le reste, le contenu, le fonds pourvu qu'on fasse le buzz ?

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  • Initiative "anti-burqa" : un débat à la con

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    sans issue.jpgDe qui être l'idiot utile ?

    Le débat qu'on subit depuis des semaines sur, autour, à propos de l'initiative dite "anti-burqa" (puisqu'on ne retient que cela d'elle), on s'est laissé aller à le qualifier de "débat à la con". Qualification peu élégante, un tantinet réductrice, mais tout de même assez ressemblante à ce qu'elle qualifie. Qu'est-ce qu'un "débat à la con" ? C'est un  débat dont les termes sont si foireux qu'on n'y peut débattre, juste y prendre une posture. Et que quelque position que l'on y prenne, elle sera récusée comme étant celle d'un idiot utile : des xénophobes si on appelle à voter pour l'interdiction de la burqa, des islamistes si on appelle à voter contre.  Enthousiasmant dilemme : être l'idiot utile islamophobe de Jean-Luc Addor ou celui islamogauchiste de Hani Ramadan.  Or s'il nous arrive comme à tout le monde d'être idiot, nous essayons tout de même de l'être inutilement, et quand il nous prend de vouloir être utile, de ne pas l'être idiotement. Comment sortir de ce piège à cons ? appeler à l'abstention, au vote blanc ou au vote nul, se dire que de toute façon, inscrire une  boeuferie dans la constitution, ça ne la fait pas être autre chose qu'une  boeuferie. Après tout, notre Constitution commence bien (comme la constitution iranienne...)  par "Au nom de Dieu", et ça le fait pas exister, Dieu... Pourtant, on ne s'est pas abstenu, ni voté blanc, ni voté nul. Parce que l'abstention est par définition insignifiante même quand elle est massive, que le vote blanc ne dit rien de plus que renvoyer le "non" et le "oui" dos à dos et que le vote nul ne l'est pas moins que le débat en cours.

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  • L'initiative antiburqa soumise au vote le 7 mars prochain

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    Plutot la vie.jpgGesticulation

    En pleine coronapandémie, le Conseil national avait trouvé le temps de débattre de l'initiative populaire crypto-udéciste  proposant l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (dite initiative "antiburqa", puisqu'en réalité c'est bien de l'interdiction de cette seule dissimulation-là, l'islamiste, dont il s'agit), et avait par 114 voix contre 76 (UDC et une partie du PDC) appelé à la refuser, sans lui opposer un contre-projet direct. L'initiative sera donc soumise au peuple le 7 mars prochain. Le Conseil fédéral lui est également opposé, au nom du fédéralisme : elle empiète en effet sur une compétence cantonale alors que nombre de cantons se sont déjà prononcés sur des propositions du même genre que celle proposée par l'initiative : l'interdiction de la dissimulation du visage sur la voie publique (ce qui implique l'interdiction de la burqa et du niqab, des masques et cagoules, mais pas celle du hidjab), avec suffisamment d'exceptions possibles (sanitaires, motocyclistes, carnavalesques ou climatiques) pour que cette interdiction ne soit qu'un voeu pie, et se résume en celle de la dissimulation du visage des femmes sous prétexte religieux (elle serait d'ailleurs levée pour les lieux de culte...). Et encore : on voit mal (en fait, on ne voit pas du tout...) la police genevoise, bernoise ou tessinoise interpeller sur les quais ou dans les rues les épouses eniqabées des nababs du Golfe, de diplomates ou de hauts fonctionnaires internationaux).  La loi d'application (l'initiative est constitutionnelle, et donc inapplicable sans loi d'application) pourvoira sans doute à parfaire l'impuissance du texte soumis au vote, en soustrayant touristes et épouses de détenteurs de passeports diplomatiques à ses dispositions. Une initiative peut être porteuse d'un projet. Celle-là n'est qu'une gesticulation. Qui fera elle-même beaucoup gesticuler une fois le débat lancé avant le vote.

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  • Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes : Contre TOUTES les violences

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    viol,violencesAujourd'hui se célèbre, se manifeste, se marque de quelque manière que ce soit, la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. De toutes les violence, contre toutes les femmes. Les collectifs romands de la Grève féministe et des femmes ont décidé de faire de cette journée une journée de lutte* pour une révision du Code pénal qui fasse valoir que tout acte sexuel non consenti n'est plus tolérable, ce que la Convention d'Istambul, ratifiée par la Suisse et en vigueur depuis deux ans, exprime en terme clairs : "le consentement doit être donné volontairement comme résultat de la volonté libre de la personne concernée dans le contexte de circonstances environnantes". Sans ce consentement, ainsi défini, et qui doit être explicite et  préalable à l'acte sexuel, celui-ci tient du viol. Cela posé, le viol n'est pas la seule forme de violence exercée contre les femmes, s'il en est le paroxysme -et cette journée est bien une journée de lutte contre LES violences faites AUX femmes -du viol au harcèlement de rue et à l'injure.

    * A Genève :  Dès 12h: Action Servantes Ecarlates dans toute la ville et à  18h30: Rassemblement devant le palais de Justice (Bourg-de-Four)
    www.grevefeministe-ge.ch

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  • 14 juin, un an après

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    Grève féministe.jpgNe rien lâcher

    Un an après la Grève de 2019, le plus grand mouvement social que la Suisse ait connu depuis la Grève générale de 1918, on ne peut même pas dire que le combat féministe reprend : il continue. Et dimanche, une multitude d'événements sont organisés en Suisse -respectueux des normes de déconfinement encore en vigueur. Avec comme mot d'ordre celui d'une sortie féministe de crise. Car la crise sanitaire à été, du point de vue de l'égalité des droits entre femmes et hommes,du statut et de la situation des femmes, un moment de retour en arrière. Majoritaires dans les secteurs du nettoyage et des soins, les femmes étaient en première ligne du combat contre le virus et la menace de la contamination. Le confinement en a ramené de nombreuses autres "au foyer", au travail domestique, à la garde des enfants, avec ou sans télétravail à côté ou en entrelacs des tâches familiales. Les violences domestiques ont sans doute augmenté, comme de toute évidence (leur présence dans les files de distribution de nourriture en témoigne) la précarité des femmes sans statut légal et des employées domestiques. Le mouvement pour la grève féministe appelle d'ailleurs les femmes à faire dimanche la grève du travail domestique. A Genève, après une déambulation entre seize points de rencontre et une alerte en musique à Plainpalais à 15heures24 (l'heure à partir de laquelle les femmes ne sont plus payées), le rendez.-vous est donné à 17 heures sur la Plaine de Plainpalais. Vous en saurez plus là : https://www.facebook.com/GFgeneve/

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  • Dimanche 8 mars , grève féministe

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    Grève féministe2.jpgJour du Sabbat

    Dimanche, alerte épidémique ou pas, les femmes de Suisse sont invitées à (re)faire grève "Pour que (leur) corps, (leur) temps, (leur) travail, (leur) vie soient respectés! Evidemment, les mesures de "précaution" contre la propagation du coronavirus s'imposant, les grandes manifs ont été interdites -mais de multiples actions collectives, décentralisées, seront tout de même organisées dans l'espace public (on en trouvera, pour Genève, une liste exhaustive sur www.grevefeministe-ge.ch et, pour partout, sur https://www.facebook.com/grevefeministe/). Et puis n'oublions pas que jusqu'à dimanche, c'est en Ville de Genève une Semaine de l'Egalité (www.semaine-egalite.ch), qui ne pouvait être mieux conclue que par une grève pour l'égalité et l'émancipation. D'ailleurs, le 8 mars, dans le calendrier pataphysique, c'est le jour du Sabbat. Quel meilleur jour pour les sorcières ?

    Pour le reste, et même un peu plus, voyez par là : https://www.ps-geneve.ch/wp/wp-content/uploads/2020/02/CC54.pdf

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  • Dimanche 8 mars, grève féministe

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    grève féministe.jpg"Ne rien lâcher"

    Mercredi soir, à Genève, le prix Martin Ennals des droits de l'homme, décerné par un jury de représentants des principales organisations de défense des droits humains, avec le soutien de la Ville, a honoré trois militantes  : la Yéménite Huda Al-Sarari, la Mexicaine Norma Librada Ledezma et la Sud-africaine Sizani Ngubane. Huda Al-Sarari a mené le combat contre les prisons secrètes installées dans son pays par des Etats étrangers depuis cinq ans comme autant de lieux de détention arbitraire et de torture. Elle a créé un réseau de mères de détenus, a fait libérer 260 détenus. Elle y a perdu un fils, abattu en représailles de son combat, et a été contrainte de faire fuir son deuxième enfant, pour le sauver. Sizani Ngubane lutte pour le droit des femmes à la terre, à la propriété, à l'héritage dans des régions où le droit coutumier, qui les en prive. Elle a fédéré 50'000 femmes dans ce combat, plusieurs fois victorieux devant la Cour constitutionnelle. Elle combat également les enlèvement de jeunes filles pour des mariages forcés. Norma Librada Ledezma, qui a perdu une fille, assassinée, lutte contre les féminicides et, du fait de cette lutte, doit vivre sous la protection de gardes du corps. Ces trois femmes sont honorées par le jury du prix Ennals et par la Ville de Genève deux semaines avant la Journée internationale des droits des femmes (elle fut célébrée à ce titre pour la première fois dans la toute jeune Russie soviétique, pour célébrer la grève des  ouvrières de Petrograd, déclencheuse de la Révolution russe). Le 8 mars prochain sera donc en Suisse une journée de grève, pour les droits des femmes.

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  • Droits des femmes : La longue route de l'égalité

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    feminisme2.jpgIl aura fallu aux femmes suisses attendre 1996 pour qu'une loi fédérale instaure l'égalité entre femmes et hommes et 2018 pour que les moyennes et grosses entreprises rendent compte de leurs pratiques salariales, 2002 pour que l'interruption de grossesse soit légalisée, 2004 pour que la violence conjugale devienne un délit, 2005 pour obtenir un congé-maternité, 2014 pour que l'autorité parentale conjointe devienne la norme... Il aura aussi fallu attendre 1969 pour qu'à Genève le Collège devienne mixte, et qu'on en finisse avec une filière spécifiquement féminine -et dévalorisée pour cette seule raison : on formait l'élite masculine de la République au Collège, et ses bonnes épouses à l'Ecole Supérieure de Jeunes Filles... ou à l'Ecole Ménagère. Sans doute la mixité n'est-elle pas encore l'égalité, mais cette condition insuffisante n'en fut pas moins nécessaire. Et aujourd'hui, le mouvement des femmes les fait passer du statut de victimes à celui de combattantes : elle les rend capables de se faire respecter. Par lui, elles refusent désormais de subir. Elles ne sont plus vulnérables, elles sont dangereuses. Et c'est une conquête -d'autant plus importante qu'un peu partout, ce qui a été conquis reste menacé. Comme l'est leur droit à choisir d'enfanter ou non.

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  • A six mois d'une grève et quatre mois d'une autre : Le chemin vers l'égalité

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    sorciere.jpgA bientôt six mois de la grève féministe du 14 juin, et peut-être quatre mois de la suivante, internationale celle-là, du 8 mars, on s'est bien aperçus lors des élections fédérales que la première n'était qu'un début (ou, pour reprendre le mot fameux de Churchill, "la fin du commencement") et on comprend bien que la seconde n'est qu'une continuation de la lutte pour les droits des femmes, l'égalité des droits entre femmes et hommes et de la mobilisation qu'elle exige. Une nouvelle grande mobilisation en 2020 est donc annoncée, probablement le 8 mars (journée internationale pour les droits des femmes et jour de lancement de la 5e Marche mondiale des femmes), pour laquelle un appel international à une grève féministe de deux heures est lancé.

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  • Les femmes de Colombie se mobilisent contre les violences

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    Capture.JPG¡Basta Ya!

    Dans le monde entier, les femmes se sont levées, pour l'égalité des droits, contre les violences dont elles sont les victimes. Dans le monde entier, en Suisse comme ailleurs : la grève du 14 juin a été un moment d'une force incontestable -et d'ailleurs presque incontestée. Dans le monde entier, en Colombie aussi. A Cabidjo (sud-ouest), l'agression violente subie par une militante a suscité la mobilisation de femmes (paysannes, autochtones, africolombiennes, urbaines et rurales), et donné naissance à mouvement de lutte contre toutes les violences sexistes, violences homophobes et transphobes comprises, largement répandues en Colombie. Le Solifonds vous invite à soutenir ce mouvement, et en particulier la plate-forme d'information alternative Columbia Informa (http://www.colombiainforma.info/):
    http://www.solifonds.ch, mail@solifonds.ch, PC 80-7761-7

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  • En finir avec le machisme en politique ?

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    balayeuse.jpgDe la grève aux urnes

    Une grève nationale dans un pays qui cultive le mythe de la "paix du travail" n'est certainement pas un événement anodin : la grève féministe du 14 juin a été bien plus importante que les mobilisations syndicales depuis des décennies -sans doute, depuis 1918... plus importante en nombre de participantes à la grève, et de participantes et participants aux manifestations, et plus large dans les revendications -et là encore, elle ne peut se comparer qu'à la Grève Générale de 1918 : les enjeux étaient certes les enjeux traditionnels (salaires, retraites, conditions et temps de travail), mais ils étaient aussi tous ceux concernant la place des femmes dans la société, les rôles sociaux, la définition sociale des genres, les droits des migrantes, les normes sexuelles, la violence faite aux femmes... Ces enjeux font programme -et nous sommes précisément en un moment d'élections -et tant que nous sommes dans un système démocratique "semi-direct" fondé sur une part de "représentation", les élections sont un moment où se jugent, se jaugent et se confrontent les programmes. En passant de la grève aux urnes, c'est bien la capacité des partis politiques à tenir compte des revendications portées dans la rue le 14 juin qui est en cause.

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  • 14 juin 2019 : La plus grande grève de l'histoire suisse

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    Manif14juin.jpgDans "grève", il y a "rêve"

    A en croire un sondage Tamedia réalisé avant la grève des femmes - grève féministe de vendredi, une forte majorité de la population (63,5 % des 19'000 personnes interrogées, 57 % des hommes, 70 % des femmes) la soutenait. Et selon un autre sondage (de "20 Minutes"), 18 % des femmes comptaient faire grève.  A voir, et avoir vécu, ce que ce pays a vécu vendredi, ces sondages voyaient juste : aucune grève, pas même la Grège Générale de 1918, n'a jamais été aussi suivie en Suisse. Et aucunes manifestations jamais été aussi massives depuis fort longtemps que celles de vendredi. Sans oublier que cette journée ne fut pas que celle de la grève et des manifs : elle fut aussi celle de centaines d'actions et de moments dans tout le pays, toute la journée (à Genève, ça a duré jusqu'à samedi, même sous l'orage et la grêle...), notamment, partout, à 15 heures 24 : c'est l'heure à partir de laquelle, en moyenne et compte tenu de l'inégalité salariale, les femmes salariées travaillent pour des prunes.

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  • Manifeste pour la grève féministe et des femmes* du 14 juin

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    Femme bras croisés.jpgDe la parole à la grève

    Manifeste rédigé par les Collectifs romands pour la grève féministe et des femmes - 13.12.2018

    Un peu partout dans le monde, nous assistons à un renouveau des mouvements féministes: #metoo a contribué à diffuser et libérer la parole des femmes* et, grâce aux réseaux sociaux, a eu un écho planétaire. Un exemple: l’extraordinaire grève des femmes * de l’Etat espagnol le 8 mars 2018.

    En Suisse aussi, le sexisme, les inégalités et les violences à l’encontre des femmes* persistent, malgré un discours politiquement correct sur l’égalité et bien que l’égalité soit inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1981.

    Au pays de la prétendue paix du travail, les femmes ont déjà fait une grève qui a mobilisé 500'000 personnes ! C’était le 14 juin 1991, dix ans après l’entrée en vigueur de l’article constitutionnel sur l’égalité. Ce jour-là, les femmes ont croisé les bras: la grève a eu lieu non seulement sur les lieux de travail, mais aussi dans les foyers, où elles ont arrêté de faire le ménage, ont suspendu leurs balais aux fenêtres, n’ont pas cuisiné ni pris en charge les enfants.

    La grève des femmes de 1991 avait surpris tout le monde. Un immense élan vers l’égalité avait secoué le pays: nous avons depuis lors obtenu des résultats concrets comme une Loi fédérale sur l’égalité entre femmes et hommes, un congé maternité, le splitting et le bonus éducatif dans l’AVS, la solution dite des délais en matière d’avortement, des mesures de lutte contre les violences domestiques.

    Aujourd’hui, nous avons besoin d’un nouvel élan ! Le 22 septembre 2018, 20'000 femmes* et hommes solidaires ont manifesté à Berne pour l’égalité et contre les discriminations. Le début d’une mobilisation que nous voulons poursuivre jusqu’à la grève féministe et des femmes* le 14 juin 2019 !

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  • Grève des Femmes, J-11

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    grève des femmes, grève, 14 juinBis repetita necesse est

    28 ans après la première grève des femmes de Suisse, il leur faut donc remettre ça : les revendications de 1991 ne sont toujours pas, dans la réalité, sur le terrain, satisfaites. Certes, il aura bien fallu des décennies pour que celles de la Grève Générale de 1918 le soient, mais ne nous assure-t-on pas que depuis un siècle, l'histoire s'accélère ? les femmes doivent pourtant refaire grève pour les mêmes revendications que celles portées lors de la grève de leurs mères et de leurs grand-mères... 38 ans après l'inscription dans la Constitution fédérale du principe de l'égalité entre femmes et hommes, ce principe reste à concrétiser. L'Union Syndicale Suisse le résume en trois mots, qui font slogan : "Salaire. Temps. Respect". C'est revendiquer plus, et plus profond, au fondement des inégalités, qu'une parité dans les lieux apparents du pouvoir -mais cela n'exclut pas cette revendication-là. Que le Grand Conseil neuchâtelois vient de repousser (il est vrai que le projet de loi qui lui était présenté était assez mal foutu). Comme si ce quota-là (la parité n'est rien d'autre qu'un quota) était plus douloureux que tous ceux que les élections connaissent déjà (quotas cantonaux pour les élections fédérales, régionaux pour certaines élections cantonales, de partis politiques dans les conseils d'administration etc...)

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  • "Quand les femmes s'arrêtent, tout s'arrête"

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    feminisme.jpg1918 + 101 = 14.6.2019

    L'appel est lancé (www.14juin.ch) à la grève des femmes en Suisse, le 14 juin, 28 ans après la première grève des femmes lors de laquelle 500'000 personnes étaient descendues dans la rue et sur les places de tout le pays. Pour la grève de cette année, qui concernera le travail "professionnel" comme le travail familial et la consommation, un cahier de 17 revendication a été adopté à Bienne le 10 mars, comme il y a un siècle un cahier de revendication avait été adopté à Olten à l'appui de la première et unique grève générale de l'histoire suisse (et on retrouvera certaines de ces revendications d'il y a un siècle pour la grève de dans trois mois). 17 revendications pour une grève des femmes (les hommes qui les soutiennent ne sont évidemment pas interdits de grève) : égalité salariale, rentes sociales "dignes", valorisation des métiers dits "féminins", réduction et partage du temps de travail, congé paternité et congés pour s'occuper des enfants et des proches, régularisation des femmes migrantes, gratuité de l'avortement, suppression de la TVA sur les produits d'hygiène féminine, lutte contre les violences et les discriminations sexistes, transparence salariale dans toutes les entreprises, accès des femmes aux postes à responsabilité, soutien aux familles monoparentales, développement des crèches, interdiction des licenciements après un congé maternité... 

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  • Journée internationale des droits des femmes

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    feminisme.jpgAvant la grève...

    Aujourd'hui est une Journée internationale des droits des femmes*. Et dans trois mois, le 14 juin, ce sera en Suisse la deuxième grève nationale des femmes. Outre des revendications sociales qu'on se désole de devoir réitérer (l'égalité salariale, notamment), et des oppositions à des propositions péjorant la situation des femmes (le report de l'âge de leur droit à la retraite, par exemple), la réponse à donner aux violences spécifiquement faites aux femmes sera au centre du mouvement. "nous avons d'abord un problème de violence masculine dans une société patriarcale", résume la présidente de la Jeunesse Socialiste, Tamara Funiciello, et ce qui explique la forte implication d'immigrés dans des actes de violence conjugale, ce n'est pas leur qualité d'immigrés, mais le force du patriarcat dans leur société d'origine. Ce qui ne signifie nullement que dans la société suisse toute trace de comportements patriarcaux se soit miraculeusement effacée, comme si des hommes suisses ne se rendaient plus coupables d'actes violents sur des femmes, à commencer par leurs compagnes ou leurs filles...

    *A Genève, deux rendez-vous :  de 16 à 18 heures, goûter féministe au Rond-Point de Plainpalais et à 19 heures, marche pour des féminismes révolutionnaires, départ devant la  Poste du Mont-Blanc

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    Lien permanent Catégories : Femmes 9 commentaires