Europe

  • Quand à la peur des migrants s'est ajoutée la peur d'être sortis de l'espace Schengen

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    Frontex vote.jpgFrontex : le combat continue

    Comme on pouvait s'y attendre (au point qu'on ne le craignait même plus), l'augmentation de la participation de la Suisse au financement de l'agence de garde-frontières et garde-forteresse européennes Frontex a été largement (à 71,5 %) approuvée par le peuple suisse, habituellement bien plus critique à l'égard des institutions et des instances européennes. Les arguments sécuritaires et de confort semblent bien avoir été déterminants dans ce prononcement populaire. En gros, les Suisses ont accepté de payer plus pour Frontex pour que Frontex continue à refouler les métèques, ou à les laisser crever, hors de portée de notre vue, mais sur la fin de la campagne, on avait l'impression qu'on ne votait plus sur Frontex mais sur Schengen, tant les partisans du soutien à Frontex insistaient sur le risque pour la Suisse d'être exclue de Schengen si elle refusait de financer Frontex... On était à deux auriculaires de la Fékniouze, mais ça a marché. Les Suisses pourront donc continuer à prendre l'avion pour Lesbos sans avoir à faire la queue à l'aéroport dans la file "hors Schengen" et la Suisse a fait un pas vers sa réconciliation avec l'Europe. Un pas en piétinant les migrants.

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  • NON à Frontex, pas à Schengen... quoique...

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    plan Genève 1766.jpgC'est devenu l'argument principal, obsessionnel, des partisans de l'augmentation de la participation suisse à Frontex, l’Agence de garde-frontières et de garde-côtes de l’Union européenne : si dimanche prochain vous refusez cette augmentation, la Suisse sera exclue de l'"espace Schengen" (l'espace de "libre circulation" entre pays européens -et de fermeture de l'Europe à la plupart des immigrants), au nom d'une "clause guillotine" qui ferait de cette exclusion une mécanique, un automatisme. Or tel n'est pas le cas : si, comme la gauche vous y invite, le "non" est majoritaire dimanche (malgré les sondages), les parties à l'espace Schengen auront 90 jours pour répondre à ce refus, et c'est seulement si aucune réponse satisfaisante pour tout le monde n'est donnée que la Suisse sortirait des accords européens de "libre circulation" des Européens. Avec toutefois la possibilité d'y revenir ensuite. Si le "non" passe, la Suisse aura donc trois mois pour trouver une solution acceptable par ses partenaires. Et puis, même si on devait "sortir de Schengen", devrait-on prendre le deuil d'un "espace de libre circulation" entre les murs d'une forteresse ? Ne devrait-on pas plutôt s'atteler à les faire tomber, ces murs, comme on a abattu il y a 150 ans ceux entre lesquels Genève étouffait ? Il vous reste jusqu'à ce soir pour envoyer votre bulletin de vote par la poste. Sinon, les locaux de vote sont ouverts dimanche de dix heures à midi. Pour voter NON au renforcement du soutien suisse à Frontex.

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  • Frontex : des enquêtes et une démission plus tard, un NON conforté

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    frontexLa teneur d’une enquête de l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf), pas encore publiée, a poussé Fabrice Leggeri, directeur de l'agence de garde-frontières européens Frontex, à démissionner. Deux enquêtes ont en fait été menées en parallèle. La première porte sur des refoulements illégaux aux frontières extérieures de l’Union européenne (notamment la frontière greco-turque) et de violations des droits fondamentaux, la seconde sur des cas supposés de harcèlement de travailleurs de l’agence. Elle tombe mal, cette démission, pour les partisans de l'augmentation de la contribution suisse à Frontex, soumise au vote dimanche, mais elle illustre bien ce qu'est réellement cette "agence européenne". Plusieurs autres  enquêtes, dont une du "Monde", du "Spiegel" et des suisses SRF et Republik*, ont confirmé que cette agence couvrait des refoulements illégaux de migrants entre la Turquie et la Grèce : des bateaux de migrants sont interceptés dans les eaux grecques puis refoulés dans les eaux turques (la Turquie servant de silo de stockage des migrants, comme d'ailleurs la Libye), voire même interpellés alors qu'ils ont réussi à débarquer en Grèce, mis dans des bateaux de garde-côtes grecs, puis dans des canots de sauvetage et repoussés dans les eaux turques. Une pratique totalement illégale... mais conforme aux obsessions des Etats de l'"Espace Schengen" : rendre l'immigration en Europe la plus difficile, voire la plus périlleuse, possible. Les enquêtes sur Frontex et la démission de son directeur confortent en tout cas notre NON au renforcement de la contribution suisse à une agence détournée de sa mission officielle pour complaire à la paranoïa xénophobe régnante.

    *on trouvera plus de détails sur sur l'enquête sur https://www.infomigrants.net/en/post/40166/des-documents-internes-de-frontex-revele-lampleur-des-renvois-en-mer-egee, et, si on est abonné, sur https://www.lemonde.fr/international/article/2022/04/27/refoulements-en-mer-egee-les-recensements-errones-ou-mensongers-de-frontex_6123944_3210.html

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  • Mieux aider l'Europe à refouler les gueux ?

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    Frontex manif.jpgNo Frontex !

    A l'automne de l'année dernière, les Chambres fédérales ont voté (par 88 voix contre 80 et 28 abstentions) le presque triplement du financement suisse de Frontex, l'agence de garde-côtes et de gardes-frontières (pour ne pas écrire la milice antimigrants) de l'Union Européenne, qui passerait donc de 24 à 61 millions de francs par an. Pour aider Frontex à recruter 10'000 agent.e.s de plus, les armer, leur fournir des équipements de repérage des migrant. Pour mieux les refouler vers la Libye, la Turquie, le Maroc, ou n'importe où ailleurs que sur le territoire de l'Union. Car telle est, en réalité, la mission de Frontex : les traquer et les refouler.  Arraisonner leurs esquifs, mais pas pour les sauver et les accueillir : pour les empêcher de déposer une demande d'asile et les remettre aux garde-côtes des Etats auxquels l'Union a sous-traité l'hébergement des migrants. Et qui ont eux-même sous-traité avec des milices crapuleuses. Contre le financement de Frontex par la Suisse, une coalition de petites organisations, soutenue par la gauche, a lancé un référendum. Qui a abouti. On votera le 15 mai. Le 5 février, le PS suisse a décidé d'appeler à voter "non". On le suit, même si selon le plus récent sondage d'avant vote, 59 % des sympathisants socialistes voteraient "oui". Nous, on votera "non", parce que nous ne voulons pas mieux aider l'Europe à refouler les gueux.

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  • L'Ukraine, la Russie, l'OTAN, l'Europe : Concours de bites

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    bites.jpg"C'est pas moi qui ai commencé, M'sieur, c'est l'autre"... on est dans une cour d'école primaire ? Non : on est à la frontière ukrainienne. Il y a sans doute des guerres justes -guerres de libération, guerres révolutionnaires, guerres de résistance à l'oppression. Il y a plus sûrement encore des guerres idiotes, stupides, imbéciles, comme des concours de bites, à kicèkika la plus grosse. Et d'entre ces guerres stupides, celle dont Joe Biden et Boris Johnson nous annoncent tous les dimanche l'imminence, et qu'Emmanuel Macron et Olaf Scholz tentent les six jours qui suivent d'éviter en allant au Kremlin de Canossa essayer de convaincre Poutine, qui assure ne pas vouloir de guerre,  de ne pas pousser le bouchon trop loin, tout en sachant qu'il le poussera le plus loin possible. Pendant quoi provocations, manipulations, intoxications (évacuations plus ou moins forcées de la population civile du Donbass, par exemple) et violations du cessez-le-feu  (411 en trois jours, et plus d'un millier dans l'autre région pro-russe, celle de Lougansk) se succèdent. Et tout cela pour quoi ? pour obtenir, côté russe, la neutralisation de l'Ukraine (sur un modèle finlandais plutôt que suisse) et le rattachement des deux territoires à la Russie et, côté ukrainien, l'intégration dans l'OTAN et l'Union Européenne ? En 2014, un accord de paix (protocole) avait été conclu à Minsk, sous l'égide de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), entre la Russie et l'Ukraine, puis un second une année plus tard sous l'égide de la France et de l'Allemagne, mais  ni la Russie ni l'Ukraine n'en ont respecté les termes*. En eurent-elles jamais l'intention ? Depuis ces derniers jours, ils sont morts et archivés.

    *Notamment : cessez-le-feu bilatéral immédiat, décentralisation des pouvoirs, autonomie locale dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk,  surveillance permanente de la frontière russo-ukrainienne par l'OSCE, instauration d'une zone de sécurité sur cette frontière, libération immédiate des otages et personnes illégalement détenues, amnistie en Ukraine de toutes les personnes impliquées dans la guerre du Donbass, élections anticipées dans les oblasts de Donetsk et de Lougansk, démilitarisation de la zone de conflit, retrait du territoire ukrainien  du matériel militaire, des forces armées et des combattants étrangers.

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  • Il reste encore quelques jours pour faire front à Frontex

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    migrants naufragés.jpgIl ne reste que quelques jours (jusqu'au 19 janvier) pour qu'aboutisse le référendum contre le renforcement du financement de la Suisse à l'agence européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes Frontex, lancé par une coalition d'organisations d'aide aux réfugiés, soutenu (trop mollement) par la gauche. Frontex, c'est l'instrument dont l'Europe s'est dotée pour repousser les migrants y cherchant refuge. Et quand on dit "l'Europe", on ne fait pas référence à la seule Union Européenne, puisque la Suisse (notamment) fait de Frontex le même usage que les Etats membres de l'UE. 

    On signe ici, contre Frontex, jusqu'au 17 janvier : https://frontex-referendum.ch/fr/

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  • L'"Accord-cadre" entre la Suisse et l'Union européenne enterré... Et maintenant, on fait quoi ?

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    Capture d’écran 2021-10-08 041416.jpgSortons un peu de l'immédiate actualité : Le Conseil fédéral a, il y a cinq mois, décidé de mettre fin aux négociations avec l'Union Européenne pour la conclusion d'un "accord cadre" institutionnel. La Commission européenne s'était pourtant montrée "flexible", et prête à "examiner des solutions aux problèmes que les Suisses pourraient avoir" sur les trois points litigieux du dossier de l'accord-cadre : les aides d'Etat, la protection des salaires et la citoyenneté européenne, avec les droits sociaux qu'elle implique, mais elle refusait d'extraire ces trois points du projet d'accord, fût-ce pour en faciliter l'adoption. Enfin, la Suisse avait obtenu que les différends entre elle et l'UE ne soient pas tranchés par la Cour de Justice européenne mais par un Tribunal arbitral paritaire euro-suisse. De son côté, le Conseil fédéral avait fait une concession qu'il pensait décisive : la "reprise dynamique" du droit européen. Rien n'y a fait. Pas même la proposition de la Conseillère fédérale Viola Amherd d'une "clause de sauvegarde" pour la directive sur la citoyenneté européenne. En fait, les sept Conseillères et Conseillers fédéraux avaient chacun.e leur propres réticences face au projet d'accord cadre. Qui a donc succombé à l'addition de ces réticences, sous les applaudissements contrapuntiques de l'Union Syndicale Suisse et de l'UDC. Et maintenant, on fait quoi, puisque l'accord-cadre enterré, il n'y pas de statu quo concevable pour autant ?

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  • Fin des négociations avec l'UE pour un accord-cadre

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    Suisse-Europe.jpgHelvexit ?

    Selon un sondage Gfs de mai, 64 % des Suisses.ses étaient plus ou moins favorables à la conclusion d'un accord-cadre avec l'Union Européenne, mais une majorité à peine moins importante (58 %) étaient plus ou moins  favorables à des accords bilatéraux de libre-échange -les deux hypothèses étant contradictoires. Et à la fin du mois, le Conseil fédéral, sans consulter ni le Parlement ni (et encore moins) le peuple, décidait de mettre un terme aux négociations avec l'Union Européenne sur un accord-cadre, qui n'avait plus guère de défenseurs qu'une partie du PLR, une partie du PDC, les Verts libéraux, Economie Suisse et (peut-être) le Conseiller fédéral Ignazio Cassis. Le Conseil fédéral le savait: son projet d' accord n'aurait eu aucune chance en votation populaire, face à une coalition des "non" de droite, autour de l'UDC, et des "non" de gauche, autour de l'USS. Il ne restait dès lors plus que deux solutions : proposer une autre version d'un accord-cadre, ce dont le ministre en charge du dossier, Ignazio Cassis, semblait totalement incapable, ou renoncer à un accord-cadre et se replier sur des accords bilatéraux (il y en a déjà 120, et tous devraient être renégociés). Côté patronal, Economie Suisse voulait un accord-cadre, n'importe quel accord-cadre qui garantirait l'accès des exportateurs suisses au marché de l'Union Européenne (principal partenaire commercial de la Suisse, avec 55 % de ses exportations). Un accord de libre-échange satisferait donc au moins cette organisation patronale (celle du grand patronat), et une partie non négligeable de la droite, s'appuyant sur l'exemple du Brexit et de l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Qui est d'ailleurs un accord-cadre. Ressemblant comme un demi-frère au vieil accord, aujourd'hui désuet, conclu entre la Suisse et l'UE en 1992...

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  • L'Union Européenne s'émancipe de la Grande-Bretagne (mais pas encore l'Ecosse de l'Angleterre)

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    frontière écossaise.jpgBrexciting

    Ouf ! le Brexit, c'est fait : un accord a finalement été signé entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pour sa mise en oeuvre. Un accord sans vainqueur, chacune des parties devant abandonner des revendications initiales. Reste évidemment à assumer, de part et d'autre de la Manche, les conséquences d'une rupture dont la plupart des partisans ne mesuraient précisément pas les conséquences. L'accord ne satisfait peut-être personne (même pas, quoi qu'il en joue, Boris Johnson) mais soulage tout le monde, y compris, en Grande-Bretagne, les partisans du maintien dans l'Union (un mauvais accord valant mieux, pour eux, qu'un "no deal") et, au sein de l'Union, les partisans de son renforcement politique, social et environnemental, à quoi précisément le Royaume-Uni s'était opposé depuis son entrée dans la communauté européenne -au point qu'on se dit (comme De Gaulle le disait) qu'il n'y était entré que pour cela : l'entraver. Finalement, de l'Union Européenne et de la Grande-Bretagne, celle qui s'émancipe de l'autre n'est sans doute pas celle qui le clame le plus fort. Et qui, en quittant l'Union, laisse son vieil adversaire historique, devenu allié et partenaire, la France, en être désormais le seul Etat  à siéger au Conseil de Sécurité de l'ONU, à disposer d'une force nucléaire et à avoir l'ambition d'une politique extérieure autonome de celle des Etats-Unis, même si elle n'a pas à elle seule les moyens de cette ambition -d'où sa volonté d'en doter l'Europe. Parce que c'est désormais  à ce seul niveau qu'il est possible de tenir tête aux USA et à la Chine.

    Hier, Boris Johnson a annoncé le reconfinement presque total des Britanniques...

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  • Mettre fin à la "libre circulation" pour revenir à la libre exploitation ?

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    saisonniers.jpgPolitique du pire

    Une initiative udéciste soumise au vote du peuple et des cantons dans trois semaines propose de mettre fin, avec ou sans négociation avec l'Union Européenne, à l'accord de libre-circulation des personnes passé, avec six autres accords bilatéraux, avec l'Union Européenne. Ces sept accords, acceptés par le peuple en votation fédérale en 2000 (67,2 % de "oui")  sont liés entre eux : la résiliation de l'un entraîne dans les six mois celle des six autres (dont, par exemple, celui portant sur la recherche : chercheurs et entreprises suisses ont accès aux programmes-cadres  de recherche de l'UE et à leur budget de plusieurs milliards d'euros ou de francs suisses). De plus, la résiliation de l'accord de libre circulation entraînera tout aussi mécaniquement la mise à mort des mesures d'accompagnement à cet accord. Des mesures, décidées par la Suisse, qui sont des mécanismes de protection des salaires. Et il n'y en a pas beaucoup d'autres, dans ce pays : il y a bien les conventions collectives, mais toutes ne contiennent pas de salaires minimums, certaines ne prévoient que des salaires si bas* que celles et ceux qui doivent s'en contenter sont des travailleuses et des travailleurs pauvres, toutes ne sont pas étendues à l'ensemble du secteur -et toutes ensemble ne couvrent qu'un travailleur et une travailleuse sur deux. Les mesures d'accompagnement à la libre-circulation sont des mesures de protection des salaires et des conditions de travail. Qu'elle soient encore insuffisantes, nul, à gauche, n'en disconviendra. Qu'il faille pour autant les abolir relève d'une démarche toute autre que celle qui consisterait à vouloir renforcer ces protections insuffisantes -une démarche relevant de la politique du pire :  laisser une immigration illégale, sans aucun droit, remplacer une immigration légale dont les droits puissent être défendus, et leur respect vérifié.

    *Pour 42 heures de travail par semaine, la CCT ou le contrat-type prévoit un salaire minimum (avec ou sans 13ème mois)de 3'567 francs par mois, celle de la coiffure de 3'272 francs par moi, celle du déménagement et des courses de 3'322 francs, celle de l'économique domestique de 3'547 francs, celle de l'hôtellerie-restauration de 3'759 francs, celle du nettoyage de 3'933 francs, celle du travail temporaire de 3'846 francs...

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  • Campagne contre l'initiative xénophobe de l'UDC : Tocsin et Dies Irae

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    exorciste.jpgSelon un premier sondage effectué avant noël 2019, l'initiative de l'UDC "pour une immigration modérée", dite "initiative de limitation" (de l'immigration), soumise au peuple le 27 septembre prochain, serait clairement rejetée par le peuple (à 58 % des personnes interrogées, contre 35 % qui soutiennent l'initiative). La prudence, nourrie de l'expérience, restant cependant de mise. L'initiative prétend donner à la Suisse les moyens de gérer l'immigration de manière autonome, et sans contrainte. Dès lors, la libre circulation des personnes entre l'Union Européenne et la Suisse devrait être abolie. Le Conseil fédéral, les syndicats et les organisations patronales ont lancé, ensemble, le 22 juin, la campagne contre l'initiative et hier, les cantons romands, unanimes, ont appelé à refuser l'initiative. Le souvenir  de la campagne de 2014, contre l'initiative (déjà de l'UDC) contre l'"immigration de masse", perdue faute d'engagement commun du gouvernement et des "partenaires sociaux" a enseigné : cette fois, syndicats, patrons partis (sauf l'UDC)  et Conseil fédéral vont faire campagne ensemble. quoique sur des partitions différentes -leur choeur est polyphonique. La Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter met l'accent sur le risque de voir "tous les accords bilatéraux avec l'union européenne", premier partenaire économique de la Suisse sombrer; Hans-Ulrich Bigler, de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), pourtant habituellement proche de l'UDC, annonce que l'initiative udéciste "est un danger pour la place économique"; Valentin Vogt, de l'Union patronale, rappelle que le pays qui profite le plus du marché de l'Union européenne, c'est la Suisse; Pierre-Yves Maillard, de 'Union Syndicale, affirme que la libre circulation a permis de réguler l'immigration et de combattre le dumping salarial grâce aux mesures d'accompagnement, dont l'abolition "est le but non avoué de l'UDC"; Adrian Wütrich, de Travail Suisse, ajoute que le marché suisse du travail n'a jamais été aussi contrôlé que depuis l'entrée en vigueur de la libre circulation. La démarche udéciste est si nuisible à la Suisse et aux Suisses que même un élu du MCG, le Conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia, la combat et appelle à la refuser le 27 septembre : "Il n'y a pas d'alternative crédible à la voie actuelle" (les bilatérales et la libre-circulation des personnes) et aux avantages considérables que la Suisse en retire. Si l'initiative est acceptée, "Genève va à la catastrophe", tocsinne le Conseil d'Etat. Même Dies Irae chanté d'ailleurs par le patronat face à l'initiative cantonale pour un salaire minimum.

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  • Erdogan, maître-chanteur

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    frontière turco-syrienne.jpg

    Prise turque d'otages syriens avec rançon européenne

    La Turquie d'Erdogan a ouvert ses frontières avec l'Europe et y a poussé des milliers, peut-être des dizaines de milliers, de migrants. Pour s'en débarrasser si l'Europe refuse de payer pour que la Turquie les reprenne,  mais surtout pour tenter de contraindre l'Europe, en la menaçant d'y envoyer "des millions" de migrants, à soutenir "sans discrimination et sans poser de conditions politiques", l'opération turque en Syrie -un conflit qui a poussé un million de personnes à se masser à la frontière turco-syrienne. L'Union Européenne et la Turquie avaient conclu en 2016 un accord par lequel l'UE payait la Turquie pour qu'elle stocke chez elle les migrants dont l'Europe ne veut pas. Cet accord a donné à la Turquie une arme contre l'Europe, et aujourd'hui la Turquie s'en sert. Un chantage ignoble, sans doute, mais rationnel. Et la Grèce, désormais gouvernée par la droite, est en première ligne d'une offensive turque dont les troupes, désarmées, sont des femmes, des enfants, des hommes prêts à tout pour gagner une terre plus sûre que la Turquie ou la Syrie. Et qui se retrouvent victimes dans les îles égéennes des pogroms lancés contre eux par les milices de l'extrême-droite grecque. Le haut-représentant de l'UE pour les affaires extérieures, Josep Borrel, lance aux migrants un désespéré (et désespérant) "N'allez pas à la frontière (gréco-turque). La frontière n'est pas ouverte. (...) Evitez de vous déplacer vers une porte fermée".  Fermée par l'Europe.  Angela Merkel déclare aujourd'hui qu'il est "inacceptable que le président Erdogan et son gouvernement expriment leur mécontentement (...) sur le dos des réfugiés" ? C'était elle qui avait négocié l'accord passé entre l'Union Européenne et la Turquie. Sur le dos des réfugiés, précisément... L'Europe est-elle arroseuse arrosée ou pompière pyromane ?

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  • Post-Brexit : les Celtes font de la résistance

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    Braveheart.jpg

    Saorsa beò fada !

    Depuis le 1er février, le Royaume-Uni est hors de l'Union Européenne. Mais le drapeau européen flotte toujours devant le parlement écossais,qui a renouvelé sa demande au gouvernement britannique de pouvoir organiser un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Une demande que le Brexit rend, pour la première ministre écossaise Nicola Sturgeon et pour son parti, le SNP (parti national écossais), encore plus légitime qu'il ne serait au seul nom du droit des peuples (ou des nations) à l'autodétermination : "ce qui arrive se passe contre notre gré" : l'Ecosse en effet avait voté à 62 % pour rester dans l'Union Européenne, et ne la quitte que parce qu'elle y est contrainte par le fait qu'elle est "unie" à l'Angleterre (et au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord) dans un "Royaume-Uni" en l’occurrence  plutôt désuni (l'Irlande du Nord aussi a voté pour rester dans l'Union Européenne, et si une majorité s'est dessinée au Pays de Galles pour la quitter, c'est grâce ou à cause du vote des Anglais qui y sont établis). Dès lors, pour revenir dans l'Union Européenne, l'Ecosse doit forcément quitter le Royaume-Uni pour (re)devenir indépendante, comme l'Irlande du Nord doit le quitter pour se réunifier avec la République d'Irlande.  Les Celtes font de la résistance aux anglo-saxons ? c'est arthurien...

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  • Elections britanniques : une majorité pour Johnson ?

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    Boris Johnson.jpgUn seul programme : rester au pouvoir


    Qui sera Premier ministre de Grande-Bretagne après les élections d'aujourdhui ? Boris Johnson ou Jeremy Corbyn ? Et avec quelle majorité ? Et quel programme ? Celui de Corbyn est résolument à gauche, à l'image de celui qui lui avait permis de presque gagner les élections de 2017, et en tout cas de priver les Conservateurs de la majorité absolue aux Communes en les contraignant à une alliance toxique avec les unionistes nord-irlandais. Mais pour les élections présentes, son indécision sur le Brexit l'affaiblit : il ne s'est que tardivement prononcé en faveur d'un nouveau référendum, pour ratifier un nouvel accord qu'il promet de conclure avec l'Union européenne. Résultat : dans les sondages pré-électoraux (à prendre avec des pincettes, le mode de scrutin uninominal à un seul tour rendant toute prévision très aléatoire), les travaillistes ont dix points de retard sur les conservateur et les libéraux démocrates quinze points sur les travaillistes. Boris Johnson voulait être Premier ministre, il l'est devenu. Il veut le rester, il semble bien parti pour le rester : c'est le seul programme qui lui vaille.

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  • Le Brexit à nouveau reporté de trois mois : Boris Pinocchio

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    pinocchio.jpgLes antibrexiters déchantent : les députés aux Communes ont accepté d'entamer le processus d'examen de la loi de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Ils n'ont certes pas encore accepté cette loi, ni l'accord avec l'Union Européenne, mais ils ont en quelque sorte ratifié le Brexit, ce qu'ils n'avaient encore jamais fait. Cependant, le Brexit ne se fera pas à la date prévue (laquelle a déjà été repoussée deux fois). Johnson ne cessait de proclamer que "le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne au 31 octobre, coûte que coûte" ? Il n'en sortira (peut-être) que le 31 janvier. Et pas "coûte que coûte" : avec un accord. Boris Johnson avait assuré qu'il préférait "crever dans un fossé" plutôt que de demander un nouveau report de la date du Brexit au-delà du 31 octobre ? Il a demandé ce report, l'a obtenu au 31 janvier 2020 et "ne ne crèvera pas dans un fossé : il a beau mentir comme un arracheur de dents, il tient le couteau par le manche et est plutôt bien parti pour rester vivant et Premier ministre. On n'est pas dans Shakeapeare, on est dans Collodi, avec Boris Johnson dans le rôle de Pinocchio. Mais qui dans celui de Jiminy Cricket ?

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  • Boris Johnson, Premier ministre sans majorité ni parlement

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    Brexit2.jpgBrexit : Cul-de-sac

    Aux dernières nouvelles perceptibles à l'heure (minuit) où nous écrivons, Boris Johnson est toujours Premier Ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Résumons la situation de "Bojo" : il a perdu la majorité absolue au parlement, dont le "speaker" (président), pourtant du même parti que le Premier ministre, a démissionné pour protester contre ses méthodes, perdu le contrôle de l'agenda du Brexit, perdu 21 députés conservateurs  (dont d'anciens ministres, et son propre frère) partis rejoindre l'opposition, perdu sa ministre du Travail et des Retraites. Il a échoué dans sa tentative de provoquer des élections anticipées avant la date-butoir actuelle du Brexit, a assisté, impuissant, au vote d’une motion permettant aux députés de prendre le contrôle de l’agenda parlementaire, d'une autre lui imposant de divulguer des échanges et des documents confidentiels qu'il ne voulait pas divulguer,  puis d'une loi lui imposant de retourner négocier avec Bruxelles ou de repousser la date du Brexit. Mais lui «préfère être mort au fond d’un fossé plutôt que de repousser le Brexit». Et on croit presque entendre un chœur d'opposants lui susurrer (en français dans le texte) : "Chiche !"

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  • Les ravages politiques du Brexit

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    Brexit.jpgLes Ides de May

    Sauf nouveau référendum pouvant annuler celui qui a imposé le Bre4xit, le Royaume-"Uni" quittera l'Union Européenne le 31 octobre prochain, au plus tard -il aurait déjà dû le faire, mais sur pression d'Angela Merker, l'Union a prolongé le délai du départ alors qu'Emmanuel Macron voulait s'en tenir au délai initial. La prolongation du délai de mise en oeuvre du Brexit à eu une une conséquence pataphysique : le Royaume-"Uni" a désigné dimanche 73 députées et députés au Parlement Européen, qu'il devrait quitter dans cinq mois. Dont 28 du Parti du Brexit de Nigel Farage. Un scrutin absurde, mais illustrant la profonde division de l'électorat britannique : les "brexiters" obtiennent 31,6 % des suffrages, mais les "antibexiters" libéraux 20,3 % et les "antibexiters" verts 12,1 %. Si on ajoute aux uns et aux autres les forces politiques qui, sur la question de la sortie ou non de l'Union défendent des positions comparables, on a une petite majorité de partisans du maintien dans l'Union, compte tenu des résultats des nationalistes écossais et gallois et des républicains nord-irlandais, de la division des travaillistes entre partisans d'une sortie négociée et partisans du maintien (et de celle des conservateurs entre partisans d'une sortie négociée et ceux d'une rupture "dure". Ajoutez à cela que la Première ministre a démissionné et que son parti fait son plus mauvais résultat depuis sa création il y a bientôt deux siècles, vous aurez le résultat politique ravageur du Brexit en Grande-Bretagne, avant même que l'on sache s'il sera ou non mis en oeuvre...

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  • Elections européennes : le jour d'après

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    Pina Bausch.jpgEt maintenant ?

    Deux surprises dans les résultats des élections européennes : d'abord, le taux de participation est en forte hausse presque partout par rapport aux précédentes élections, alors qu'on l'attendait en baisse. Ensuite, les résultats globaux de l'extrême-droite sont en dessous de ses attentes, malgré ses succès en France (mais elle y était déjà en tête en 2014), en Italie). Pour le reste, la progression des Verts était prévisible, mais elle prend en Allemagne et en France des proportions inattendues -et les Verts sont au final les grands gagnants continentaux de ces élections. Quant aux socialistes, s'ils sont réduits à la portion congrue en France et défaits en Allemagne, ils sont gagnants en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas et résistent assez bien en Italie. Et les Brexiters arrivent largement en tête au Royaume-Uni, comme il y a cinq ans, où les Conservateurs se prennent une branlée historique. Résultat continental des courses nationales : les deux principaux groupes politiques du parlement européen (les conservateurs du PPS et les sociaux-démocrates) reculent lourdement et perdent leur majorité absolue, les libéraux se renforcent et deviennent, grâce à l'entrée des macronistes, des alliés indispensables aux deux autres grands groupes, et les Verts progressent fortement, comme les représentants de l'extrême-droite -mais ceux-ci dans le désordre de groupes parlementaires éclatés.

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  • Elections européennes : vingt-huit élections nationales

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    Vague ou vaguelette "populiste de droite" ?

    Conseiller municipal d'une ville de province aux marches de l'Union européennes, on ne prendra guère de risque à, sinon prédire (nous ne sommes pas nécromanciens, et dans le marc de café, nous ne lisons rien, nous le buvons avec le café), du moins envisager que les élections européennes* de dimanche ne bouleverseront pas le parlement de l'Union : le système électoral, le fait qu'on a moins affaire à une élection continentale qu'à 28 élections nationales (Royaume-Uni compris, malgré le Brexit et la démission annoncée de la Première Ministre May), canalise les mouvements électoraux en les fragmentant. Les vagues deviennent vaguelettes. Le plus vraisemblable est que l'alliance de fait entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates perdra la majorité absolue des sièges -mais qu'elle la retrouvera en s'élargissant aux libéraux. A côté de quoi on assistera tout aussi vraisemblablement à, sur la gauche, une poussée des Verts et sur la droite à une poussée des nationalistes réactionnaires et à une plus forte célébration de leur culte de la frontière. Mais de quelle frontière ? celle de chaque Etat membre avec les autres Etats membres ? Celle de l'Union Européenne avec le reste de l'Europe (dont la Suisse) ? Celles de l'Espace Schengen ?

    * On rappellera tout de même que l'Union Européenne, ce n'est pas "l'Europe"... l'Europe géographique, c'est, conventionnellement, celle "de l'Atlantique à l'Oural". Et la Suisse en est. L'Europe politique, cela peut-être celle de l'Union Européenne (mais elle a pied en Afrique, en Amérique, en Asie, en Océanie, avec les territoires d'outre-mer des Etats membres), et la Suisse n'en est pas, mais cela peut être aussi celle du Conseil de l'Europe -et celle-là va jusqu'à Vladivostok, puisque la Russie en est membre (comme la Suisse...), comprend toute la Sibérie et a sa "frontière" avec l'Alaska, dans le détroit de Béring...

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  • Brexit : Theresa May change de camp

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    May-Corbyn.jpgLe spectre de Corbyn

    Elle y aura mis deux ans, mais Theresa May a changé de camp : elle lâche les "hard brexiters", partisans d'une rupture complète avec l'Union Européenne, pour rejoindre celui des "soft brexiters", partisans d'un arrangement avec l'Union. Et du coup, elle se met à la recherche d'un compromis avec l'opposition travailliste -mais pas avec les opposants au Brexit, partisans d'un nouveau référendum. Excluant un "no deal", une rupture sans accord, qui entrerait en vigueur vendredi prochain, elle a rencontré Jeremy Corbyn, chef eurosceptique d'un Parti travailliste opposé au Brexit pour tenter de trouver avec lui et son parti un projet crédible à présenter aux Européens mercredi, pour obtenir d'eux un nouveau report (au 22 mai, ce qui éviterait aux Britanniques de devoir organiser des élections européennes) du délai pour le départ du Royaume "Uni" de l'Union -mais pas forcément du marché unique ou de l'union douanière. Corbyn, lui, est certes partisan d'une sortie négociée de l'UE (il avait d'ailleurs voté contre l'adhésion du Royaume Uni à la Communauté européenne, en 1975), et du maintien dans une union douanière pour limiter les dégâts économiques et sociaux du Brexit et respecter les règles environnementales et sociales européennes, mais il veut surtout provoquer de nouvelles élections, qu'il pourrait gagner tant la gestion du Brexit par le gouvernement en place (mais aussi par la Chambre des Communes) est chaotique : la Première Ministre a essayé trois fois de trouver une majorité au parlement sur le projet d'accord qu'elle avait négocié avec l'UE, elle a échoué trois fois (la dernière fois le 29 mars, par 344 voix contre l'accord et 286 pour), et aucune solution "alternative" à cet accord n'a trouvé non plus de majorité, la seule majorité se dessinant étant celle constituée des "brexiters durs" trouvant l'accord trop conciliant avec l'Union et des proeuropéens voulant revenir sur le Brexit. Et comme May refuse à la fois de sortir de l'Union sans accord et d'organiser un second référendum, elle n'a d'autre solution que d'essayer une quatrième fois de trouver une majorité aux Communes -et de négocier avec l'opposition pour la trouver.  Sans quoi, il ne resterait plus que quatre solutions théoriques, mais dont aucune ne paraît pouvoir recueillir une majorité parlementaire : renoncer purement et simplement au Brexit, sortir de l'UE sans accord, l'accord déjà conclu et déjà refusé par le parlement, ou le plan de Jeremy Corbyn -que refusent les conservateurs les plus droitiers, pour qui le chef de la "très fidèle opposition de Sa Majesté" (le titre officiel de Corbyn) est un "marxiste notoire". Et donc, comme dirait Marx, "un spectre plane" sur le Royaume-Uni  : "Le spectre de Corbyn nous donnant des leçons dans une attitude ressemblant à celle d'un Premier ministre me glace le sang et me fait peut pour mon parti et mon pays", fulmine l'ancien leader conservateur Iain Duncan Smith.

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