Europe

  • L'"Accord-cadre" entre la Suisse et l'Union européenne enterré... Et maintenant, on fait quoi ?

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    Capture d’écran 2021-10-08 041416.jpgSortons un peu de l'immédiate actualité : Le Conseil fédéral a, il y a cinq mois, décidé de mettre fin aux négociations avec l'Union Européenne pour la conclusion d'un "accord cadre" institutionnel. La Commission européenne s'était pourtant montrée "flexible", et prête à "examiner des solutions aux problèmes que les Suisses pourraient avoir" sur les trois points litigieux du dossier de l'accord-cadre : les aides d'Etat, la protection des salaires et la citoyenneté européenne, avec les droits sociaux qu'elle implique, mais elle refusait d'extraire ces trois points du projet d'accord, fût-ce pour en faciliter l'adoption. Enfin, la Suisse avait obtenu que les différends entre elle et l'UE ne soient pas tranchés par la Cour de Justice européenne mais par un Tribunal arbitral paritaire euro-suisse. De son côté, le Conseil fédéral avait fait une concession qu'il pensait décisive : la "reprise dynamique" du droit européen. Rien n'y a fait. Pas même la proposition de la Conseillère fédérale Viola Amherd d'une "clause de sauvegarde" pour la directive sur la citoyenneté européenne. En fait, les sept Conseillères et Conseillers fédéraux avaient chacun.e leur propres réticences face au projet d'accord cadre. Qui a donc succombé à l'addition de ces réticences, sous les applaudissements contrapuntiques de l'Union Syndicale Suisse et de l'UDC. Et maintenant, on fait quoi, puisque l'accord-cadre enterré, il n'y pas de statu quo concevable pour autant ?

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  • Fin des négociations avec l'UE pour un accord-cadre

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    Suisse-Europe.jpgHelvexit ?

    Selon un sondage Gfs de mai, 64 % des Suisses.ses étaient plus ou moins favorables à la conclusion d'un accord-cadre avec l'Union Européenne, mais une majorité à peine moins importante (58 %) étaient plus ou moins  favorables à des accords bilatéraux de libre-échange -les deux hypothèses étant contradictoires. Et à la fin du mois, le Conseil fédéral, sans consulter ni le Parlement ni (et encore moins) le peuple, décidait de mettre un terme aux négociations avec l'Union Européenne sur un accord-cadre, qui n'avait plus guère de défenseurs qu'une partie du PLR, une partie du PDC, les Verts libéraux, Economie Suisse et (peut-être) le Conseiller fédéral Ignazio Cassis. Le Conseil fédéral le savait: son projet d' accord n'aurait eu aucune chance en votation populaire, face à une coalition des "non" de droite, autour de l'UDC, et des "non" de gauche, autour de l'USS. Il ne restait dès lors plus que deux solutions : proposer une autre version d'un accord-cadre, ce dont le ministre en charge du dossier, Ignazio Cassis, semblait totalement incapable, ou renoncer à un accord-cadre et se replier sur des accords bilatéraux (il y en a déjà 120, et tous devraient être renégociés). Côté patronal, Economie Suisse voulait un accord-cadre, n'importe quel accord-cadre qui garantirait l'accès des exportateurs suisses au marché de l'Union Européenne (principal partenaire commercial de la Suisse, avec 55 % de ses exportations). Un accord de libre-échange satisferait donc au moins cette organisation patronale (celle du grand patronat), et une partie non négligeable de la droite, s'appuyant sur l'exemple du Brexit et de l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Qui est d'ailleurs un accord-cadre. Ressemblant comme un demi-frère au vieil accord, aujourd'hui désuet, conclu entre la Suisse et l'UE en 1992...

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  • L'Union Européenne s'émancipe de la Grande-Bretagne (mais pas encore l'Ecosse de l'Angleterre)

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    frontière écossaise.jpgBrexciting

    Ouf ! le Brexit, c'est fait : un accord a finalement été signé entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne pour sa mise en oeuvre. Un accord sans vainqueur, chacune des parties devant abandonner des revendications initiales. Reste évidemment à assumer, de part et d'autre de la Manche, les conséquences d'une rupture dont la plupart des partisans ne mesuraient précisément pas les conséquences. L'accord ne satisfait peut-être personne (même pas, quoi qu'il en joue, Boris Johnson) mais soulage tout le monde, y compris, en Grande-Bretagne, les partisans du maintien dans l'Union (un mauvais accord valant mieux, pour eux, qu'un "no deal") et, au sein de l'Union, les partisans de son renforcement politique, social et environnemental, à quoi précisément le Royaume-Uni s'était opposé depuis son entrée dans la communauté européenne -au point qu'on se dit (comme De Gaulle le disait) qu'il n'y était entré que pour cela : l'entraver. Finalement, de l'Union Européenne et de la Grande-Bretagne, celle qui s'émancipe de l'autre n'est sans doute pas celle qui le clame le plus fort. Et qui, en quittant l'Union, laisse son vieil adversaire historique, devenu allié et partenaire, la France, en être désormais le seul Etat  à siéger au Conseil de Sécurité de l'ONU, à disposer d'une force nucléaire et à avoir l'ambition d'une politique extérieure autonome de celle des Etats-Unis, même si elle n'a pas à elle seule les moyens de cette ambition -d'où sa volonté d'en doter l'Europe. Parce que c'est désormais  à ce seul niveau qu'il est possible de tenir tête aux USA et à la Chine.

    Hier, Boris Johnson a annoncé le reconfinement presque total des Britanniques...

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  • Mettre fin à la "libre circulation" pour revenir à la libre exploitation ?

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    saisonniers.jpgPolitique du pire

    Une initiative udéciste soumise au vote du peuple et des cantons dans trois semaines propose de mettre fin, avec ou sans négociation avec l'Union Européenne, à l'accord de libre-circulation des personnes passé, avec six autres accords bilatéraux, avec l'Union Européenne. Ces sept accords, acceptés par le peuple en votation fédérale en 2000 (67,2 % de "oui")  sont liés entre eux : la résiliation de l'un entraîne dans les six mois celle des six autres (dont, par exemple, celui portant sur la recherche : chercheurs et entreprises suisses ont accès aux programmes-cadres  de recherche de l'UE et à leur budget de plusieurs milliards d'euros ou de francs suisses). De plus, la résiliation de l'accord de libre circulation entraînera tout aussi mécaniquement la mise à mort des mesures d'accompagnement à cet accord. Des mesures, décidées par la Suisse, qui sont des mécanismes de protection des salaires. Et il n'y en a pas beaucoup d'autres, dans ce pays : il y a bien les conventions collectives, mais toutes ne contiennent pas de salaires minimums, certaines ne prévoient que des salaires si bas* que celles et ceux qui doivent s'en contenter sont des travailleuses et des travailleurs pauvres, toutes ne sont pas étendues à l'ensemble du secteur -et toutes ensemble ne couvrent qu'un travailleur et une travailleuse sur deux. Les mesures d'accompagnement à la libre-circulation sont des mesures de protection des salaires et des conditions de travail. Qu'elle soient encore insuffisantes, nul, à gauche, n'en disconviendra. Qu'il faille pour autant les abolir relève d'une démarche toute autre que celle qui consisterait à vouloir renforcer ces protections insuffisantes -une démarche relevant de la politique du pire :  laisser une immigration illégale, sans aucun droit, remplacer une immigration légale dont les droits puissent être défendus, et leur respect vérifié.

    *Pour 42 heures de travail par semaine, la CCT ou le contrat-type prévoit un salaire minimum (avec ou sans 13ème mois)de 3'567 francs par mois, celle de la coiffure de 3'272 francs par moi, celle du déménagement et des courses de 3'322 francs, celle de l'économique domestique de 3'547 francs, celle de l'hôtellerie-restauration de 3'759 francs, celle du nettoyage de 3'933 francs, celle du travail temporaire de 3'846 francs...

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  • Campagne contre l'initiative xénophobe de l'UDC : Tocsin et Dies Irae

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    exorciste.jpgSelon un premier sondage effectué avant noël 2019, l'initiative de l'UDC "pour une immigration modérée", dite "initiative de limitation" (de l'immigration), soumise au peuple le 27 septembre prochain, serait clairement rejetée par le peuple (à 58 % des personnes interrogées, contre 35 % qui soutiennent l'initiative). La prudence, nourrie de l'expérience, restant cependant de mise. L'initiative prétend donner à la Suisse les moyens de gérer l'immigration de manière autonome, et sans contrainte. Dès lors, la libre circulation des personnes entre l'Union Européenne et la Suisse devrait être abolie. Le Conseil fédéral, les syndicats et les organisations patronales ont lancé, ensemble, le 22 juin, la campagne contre l'initiative et hier, les cantons romands, unanimes, ont appelé à refuser l'initiative. Le souvenir  de la campagne de 2014, contre l'initiative (déjà de l'UDC) contre l'"immigration de masse", perdue faute d'engagement commun du gouvernement et des "partenaires sociaux" a enseigné : cette fois, syndicats, patrons partis (sauf l'UDC)  et Conseil fédéral vont faire campagne ensemble. quoique sur des partitions différentes -leur choeur est polyphonique. La Conseillère fédérale Karin Keller-Sutter met l'accent sur le risque de voir "tous les accords bilatéraux avec l'union européenne", premier partenaire économique de la Suisse sombrer; Hans-Ulrich Bigler, de l'Union suisse des arts et métiers (USAM), pourtant habituellement proche de l'UDC, annonce que l'initiative udéciste "est un danger pour la place économique"; Valentin Vogt, de l'Union patronale, rappelle que le pays qui profite le plus du marché de l'Union européenne, c'est la Suisse; Pierre-Yves Maillard, de 'Union Syndicale, affirme que la libre circulation a permis de réguler l'immigration et de combattre le dumping salarial grâce aux mesures d'accompagnement, dont l'abolition "est le but non avoué de l'UDC"; Adrian Wütrich, de Travail Suisse, ajoute que le marché suisse du travail n'a jamais été aussi contrôlé que depuis l'entrée en vigueur de la libre circulation. La démarche udéciste est si nuisible à la Suisse et aux Suisses que même un élu du MCG, le Conseiller d'Etat genevois Mauro Poggia, la combat et appelle à la refuser le 27 septembre : "Il n'y a pas d'alternative crédible à la voie actuelle" (les bilatérales et la libre-circulation des personnes) et aux avantages considérables que la Suisse en retire. Si l'initiative est acceptée, "Genève va à la catastrophe", tocsinne le Conseil d'Etat. Même Dies Irae chanté d'ailleurs par le patronat face à l'initiative cantonale pour un salaire minimum.

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  • Erdogan, maître-chanteur

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    frontière turco-syrienne.jpg

    Prise turque d'otages syriens avec rançon européenne

    La Turquie d'Erdogan a ouvert ses frontières avec l'Europe et y a poussé des milliers, peut-être des dizaines de milliers, de migrants. Pour s'en débarrasser si l'Europe refuse de payer pour que la Turquie les reprenne,  mais surtout pour tenter de contraindre l'Europe, en la menaçant d'y envoyer "des millions" de migrants, à soutenir "sans discrimination et sans poser de conditions politiques", l'opération turque en Syrie -un conflit qui a poussé un million de personnes à se masser à la frontière turco-syrienne. L'Union Européenne et la Turquie avaient conclu en 2016 un accord par lequel l'UE payait la Turquie pour qu'elle stocke chez elle les migrants dont l'Europe ne veut pas. Cet accord a donné à la Turquie une arme contre l'Europe, et aujourd'hui la Turquie s'en sert. Un chantage ignoble, sans doute, mais rationnel. Et la Grèce, désormais gouvernée par la droite, est en première ligne d'une offensive turque dont les troupes, désarmées, sont des femmes, des enfants, des hommes prêts à tout pour gagner une terre plus sûre que la Turquie ou la Syrie. Et qui se retrouvent victimes dans les îles égéennes des pogroms lancés contre eux par les milices de l'extrême-droite grecque. Le haut-représentant de l'UE pour les affaires extérieures, Josep Borrel, lance aux migrants un désespéré (et désespérant) "N'allez pas à la frontière (gréco-turque). La frontière n'est pas ouverte. (...) Evitez de vous déplacer vers une porte fermée".  Fermée par l'Europe.  Angela Merkel déclare aujourd'hui qu'il est "inacceptable que le président Erdogan et son gouvernement expriment leur mécontentement (...) sur le dos des réfugiés" ? C'était elle qui avait négocié l'accord passé entre l'Union Européenne et la Turquie. Sur le dos des réfugiés, précisément... L'Europe est-elle arroseuse arrosée ou pompière pyromane ?

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  • Post-Brexit : les Celtes font de la résistance

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    Braveheart.jpg

    Saorsa beò fada !

    Depuis le 1er février, le Royaume-Uni est hors de l'Union Européenne. Mais le drapeau européen flotte toujours devant le parlement écossais,qui a renouvelé sa demande au gouvernement britannique de pouvoir organiser un référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Une demande que le Brexit rend, pour la première ministre écossaise Nicola Sturgeon et pour son parti, le SNP (parti national écossais), encore plus légitime qu'il ne serait au seul nom du droit des peuples (ou des nations) à l'autodétermination : "ce qui arrive se passe contre notre gré" : l'Ecosse en effet avait voté à 62 % pour rester dans l'Union Européenne, et ne la quitte que parce qu'elle y est contrainte par le fait qu'elle est "unie" à l'Angleterre (et au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord) dans un "Royaume-Uni" en l’occurrence  plutôt désuni (l'Irlande du Nord aussi a voté pour rester dans l'Union Européenne, et si une majorité s'est dessinée au Pays de Galles pour la quitter, c'est grâce ou à cause du vote des Anglais qui y sont établis). Dès lors, pour revenir dans l'Union Européenne, l'Ecosse doit forcément quitter le Royaume-Uni pour (re)devenir indépendante, comme l'Irlande du Nord doit le quitter pour se réunifier avec la République d'Irlande.  Les Celtes font de la résistance aux anglo-saxons ? c'est arthurien...

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  • Elections britanniques : une majorité pour Johnson ?

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    Boris Johnson.jpgUn seul programme : rester au pouvoir


    Qui sera Premier ministre de Grande-Bretagne après les élections d'aujourdhui ? Boris Johnson ou Jeremy Corbyn ? Et avec quelle majorité ? Et quel programme ? Celui de Corbyn est résolument à gauche, à l'image de celui qui lui avait permis de presque gagner les élections de 2017, et en tout cas de priver les Conservateurs de la majorité absolue aux Communes en les contraignant à une alliance toxique avec les unionistes nord-irlandais. Mais pour les élections présentes, son indécision sur le Brexit l'affaiblit : il ne s'est que tardivement prononcé en faveur d'un nouveau référendum, pour ratifier un nouvel accord qu'il promet de conclure avec l'Union européenne. Résultat : dans les sondages pré-électoraux (à prendre avec des pincettes, le mode de scrutin uninominal à un seul tour rendant toute prévision très aléatoire), les travaillistes ont dix points de retard sur les conservateur et les libéraux démocrates quinze points sur les travaillistes. Boris Johnson voulait être Premier ministre, il l'est devenu. Il veut le rester, il semble bien parti pour le rester : c'est le seul programme qui lui vaille.

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  • Le Brexit à nouveau reporté de trois mois : Boris Pinocchio

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    pinocchio.jpgLes antibrexiters déchantent : les députés aux Communes ont accepté d'entamer le processus d'examen de la loi de sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne. Ils n'ont certes pas encore accepté cette loi, ni l'accord avec l'Union Européenne, mais ils ont en quelque sorte ratifié le Brexit, ce qu'ils n'avaient encore jamais fait. Cependant, le Brexit ne se fera pas à la date prévue (laquelle a déjà été repoussée deux fois). Johnson ne cessait de proclamer que "le Royaume-Uni sortira de l'Union européenne au 31 octobre, coûte que coûte" ? Il n'en sortira (peut-être) que le 31 janvier. Et pas "coûte que coûte" : avec un accord. Boris Johnson avait assuré qu'il préférait "crever dans un fossé" plutôt que de demander un nouveau report de la date du Brexit au-delà du 31 octobre ? Il a demandé ce report, l'a obtenu au 31 janvier 2020 et "ne ne crèvera pas dans un fossé : il a beau mentir comme un arracheur de dents, il tient le couteau par le manche et est plutôt bien parti pour rester vivant et Premier ministre. On n'est pas dans Shakeapeare, on est dans Collodi, avec Boris Johnson dans le rôle de Pinocchio. Mais qui dans celui de Jiminy Cricket ?

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  • Boris Johnson, Premier ministre sans majorité ni parlement

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    Brexit2.jpgBrexit : Cul-de-sac

    Aux dernières nouvelles perceptibles à l'heure (minuit) où nous écrivons, Boris Johnson est toujours Premier Ministre du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord. Résumons la situation de "Bojo" : il a perdu la majorité absolue au parlement, dont le "speaker" (président), pourtant du même parti que le Premier ministre, a démissionné pour protester contre ses méthodes, perdu le contrôle de l'agenda du Brexit, perdu 21 députés conservateurs  (dont d'anciens ministres, et son propre frère) partis rejoindre l'opposition, perdu sa ministre du Travail et des Retraites. Il a échoué dans sa tentative de provoquer des élections anticipées avant la date-butoir actuelle du Brexit, a assisté, impuissant, au vote d’une motion permettant aux députés de prendre le contrôle de l’agenda parlementaire, d'une autre lui imposant de divulguer des échanges et des documents confidentiels qu'il ne voulait pas divulguer,  puis d'une loi lui imposant de retourner négocier avec Bruxelles ou de repousser la date du Brexit. Mais lui «préfère être mort au fond d’un fossé plutôt que de repousser le Brexit». Et on croit presque entendre un chœur d'opposants lui susurrer (en français dans le texte) : "Chiche !"

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  • Les ravages politiques du Brexit

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    Brexit.jpgLes Ides de May

    Sauf nouveau référendum pouvant annuler celui qui a imposé le Bre4xit, le Royaume-"Uni" quittera l'Union Européenne le 31 octobre prochain, au plus tard -il aurait déjà dû le faire, mais sur pression d'Angela Merker, l'Union a prolongé le délai du départ alors qu'Emmanuel Macron voulait s'en tenir au délai initial. La prolongation du délai de mise en oeuvre du Brexit à eu une une conséquence pataphysique : le Royaume-"Uni" a désigné dimanche 73 députées et députés au Parlement Européen, qu'il devrait quitter dans cinq mois. Dont 28 du Parti du Brexit de Nigel Farage. Un scrutin absurde, mais illustrant la profonde division de l'électorat britannique : les "brexiters" obtiennent 31,6 % des suffrages, mais les "antibexiters" libéraux 20,3 % et les "antibexiters" verts 12,1 %. Si on ajoute aux uns et aux autres les forces politiques qui, sur la question de la sortie ou non de l'Union défendent des positions comparables, on a une petite majorité de partisans du maintien dans l'Union, compte tenu des résultats des nationalistes écossais et gallois et des républicains nord-irlandais, de la division des travaillistes entre partisans d'une sortie négociée et partisans du maintien (et de celle des conservateurs entre partisans d'une sortie négociée et ceux d'une rupture "dure". Ajoutez à cela que la Première ministre a démissionné et que son parti fait son plus mauvais résultat depuis sa création il y a bientôt deux siècles, vous aurez le résultat politique ravageur du Brexit en Grande-Bretagne, avant même que l'on sache s'il sera ou non mis en oeuvre...

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  • Elections européennes : le jour d'après

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    Pina Bausch.jpgEt maintenant ?

    Deux surprises dans les résultats des élections européennes : d'abord, le taux de participation est en forte hausse presque partout par rapport aux précédentes élections, alors qu'on l'attendait en baisse. Ensuite, les résultats globaux de l'extrême-droite sont en dessous de ses attentes, malgré ses succès en France (mais elle y était déjà en tête en 2014), en Italie). Pour le reste, la progression des Verts était prévisible, mais elle prend en Allemagne et en France des proportions inattendues -et les Verts sont au final les grands gagnants continentaux de ces élections. Quant aux socialistes, s'ils sont réduits à la portion congrue en France et défaits en Allemagne, ils sont gagnants en Espagne, au Portugal et aux Pays-Bas et résistent assez bien en Italie. Et les Brexiters arrivent largement en tête au Royaume-Uni, comme il y a cinq ans, où les Conservateurs se prennent une branlée historique. Résultat continental des courses nationales : les deux principaux groupes politiques du parlement européen (les conservateurs du PPS et les sociaux-démocrates) reculent lourdement et perdent leur majorité absolue, les libéraux se renforcent et deviennent, grâce à l'entrée des macronistes, des alliés indispensables aux deux autres grands groupes, et les Verts progressent fortement, comme les représentants de l'extrême-droite -mais ceux-ci dans le désordre de groupes parlementaires éclatés.

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  • Elections européennes : vingt-huit élections nationales

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    élections européennes.jpg

    Vague ou vaguelette "populiste de droite" ?

    Conseiller municipal d'une ville de province aux marches de l'Union européennes, on ne prendra guère de risque à, sinon prédire (nous ne sommes pas nécromanciens, et dans le marc de café, nous ne lisons rien, nous le buvons avec le café), du moins envisager que les élections européennes* de dimanche ne bouleverseront pas le parlement de l'Union : le système électoral, le fait qu'on a moins affaire à une élection continentale qu'à 28 élections nationales (Royaume-Uni compris, malgré le Brexit et la démission annoncée de la Première Ministre May), canalise les mouvements électoraux en les fragmentant. Les vagues deviennent vaguelettes. Le plus vraisemblable est que l'alliance de fait entre démocrates-chrétiens et sociaux-démocrates perdra la majorité absolue des sièges -mais qu'elle la retrouvera en s'élargissant aux libéraux. A côté de quoi on assistera tout aussi vraisemblablement à, sur la gauche, une poussée des Verts et sur la droite à une poussée des nationalistes réactionnaires et à une plus forte célébration de leur culte de la frontière. Mais de quelle frontière ? celle de chaque Etat membre avec les autres Etats membres ? Celle de l'Union Européenne avec le reste de l'Europe (dont la Suisse) ? Celles de l'Espace Schengen ?

    * On rappellera tout de même que l'Union Européenne, ce n'est pas "l'Europe"... l'Europe géographique, c'est, conventionnellement, celle "de l'Atlantique à l'Oural". Et la Suisse en est. L'Europe politique, cela peut-être celle de l'Union Européenne (mais elle a pied en Afrique, en Amérique, en Asie, en Océanie, avec les territoires d'outre-mer des Etats membres), et la Suisse n'en est pas, mais cela peut être aussi celle du Conseil de l'Europe -et celle-là va jusqu'à Vladivostok, puisque la Russie en est membre (comme la Suisse...), comprend toute la Sibérie et a sa "frontière" avec l'Alaska, dans le détroit de Béring...

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  • Brexit : Theresa May change de camp

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    May-Corbyn.jpgLe spectre de Corbyn

    Elle y aura mis deux ans, mais Theresa May a changé de camp : elle lâche les "hard brexiters", partisans d'une rupture complète avec l'Union Européenne, pour rejoindre celui des "soft brexiters", partisans d'un arrangement avec l'Union. Et du coup, elle se met à la recherche d'un compromis avec l'opposition travailliste -mais pas avec les opposants au Brexit, partisans d'un nouveau référendum. Excluant un "no deal", une rupture sans accord, qui entrerait en vigueur vendredi prochain, elle a rencontré Jeremy Corbyn, chef eurosceptique d'un Parti travailliste opposé au Brexit pour tenter de trouver avec lui et son parti un projet crédible à présenter aux Européens mercredi, pour obtenir d'eux un nouveau report (au 22 mai, ce qui éviterait aux Britanniques de devoir organiser des élections européennes) du délai pour le départ du Royaume "Uni" de l'Union -mais pas forcément du marché unique ou de l'union douanière. Corbyn, lui, est certes partisan d'une sortie négociée de l'UE (il avait d'ailleurs voté contre l'adhésion du Royaume Uni à la Communauté européenne, en 1975), et du maintien dans une union douanière pour limiter les dégâts économiques et sociaux du Brexit et respecter les règles environnementales et sociales européennes, mais il veut surtout provoquer de nouvelles élections, qu'il pourrait gagner tant la gestion du Brexit par le gouvernement en place (mais aussi par la Chambre des Communes) est chaotique : la Première Ministre a essayé trois fois de trouver une majorité au parlement sur le projet d'accord qu'elle avait négocié avec l'UE, elle a échoué trois fois (la dernière fois le 29 mars, par 344 voix contre l'accord et 286 pour), et aucune solution "alternative" à cet accord n'a trouvé non plus de majorité, la seule majorité se dessinant étant celle constituée des "brexiters durs" trouvant l'accord trop conciliant avec l'Union et des proeuropéens voulant revenir sur le Brexit. Et comme May refuse à la fois de sortir de l'Union sans accord et d'organiser un second référendum, elle n'a d'autre solution que d'essayer une quatrième fois de trouver une majorité aux Communes -et de négocier avec l'opposition pour la trouver.  Sans quoi, il ne resterait plus que quatre solutions théoriques, mais dont aucune ne paraît pouvoir recueillir une majorité parlementaire : renoncer purement et simplement au Brexit, sortir de l'UE sans accord, l'accord déjà conclu et déjà refusé par le parlement, ou le plan de Jeremy Corbyn -que refusent les conservateurs les plus droitiers, pour qui le chef de la "très fidèle opposition de Sa Majesté" (le titre officiel de Corbyn) est un "marxiste notoire". Et donc, comme dirait Marx, "un spectre plane" sur le Royaume-Uni  : "Le spectre de Corbyn nous donnant des leçons dans une attitude ressemblant à celle d'un Premier ministre me glace le sang et me fait peut pour mon parti et mon pays", fulmine l'ancien leader conservateur Iain Duncan Smith.

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  • Elections européennes : le pire n'est jamais sûr

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    parlment européen.jpg

    Orwell ou Houellebecq ?

    Tirant les enseignements de son "enquête hongroise" dans les pays européens ayant instauré des régimes de "démocratie illibérale" ou d'Autoritarisme électif", le journaliste Bernard Guetta (par ailleurs candidat aux élections européennes sur la liste macronienne) ne fait pas preuve d'un grand optimisme : il se demande "si nous (ne sommes) pas à l'aube d'une ère de plusieurs siècles, qui ne sera pas forcément (...) une ère de régimes sanguinaires, mais quelque chose de tranquille, et de terne (...). Un monde étouffé, plus étroit, moins libre. Un monde sans passions, d'un ennui effroyable". Un monde qui, comme en Hongrie, en Pologne, en Autriche ou en Italie, où "les gens n'ont pas peur", où il n'y a "aucun des signes habituels des régimes policiers" mais qui est tout de même "un étouffoir". Pas un monde orwellien, mais peut-être un monde houellebecquien... Se dessinera-t-il lors des élections européennes (auxquelles les Britanniques participeront sans doute, alors qu'ils sont toujours supposés quitter l'Union) ? Le pire n'est jamais sûr..

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  • Procès espagnol des indépendantistes catalans : En arrière, marche !

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    proces_des_independantistes_catalans_a_madrid_le_soutien_de_corsica_libera_full_actu.jpgRébellion, sédition, désobéissance, détournement de fonds publics : le pouvoir central espagnol n'a pas mégoté sur les chefs d'accusations portés contre les leaders indépendantistes catalans, coupables d'avoir organisé le 1er octobre 2017 un référendum d'autodétermination illégal au regard de la constitution et des lois espagnoles (dont les indépendantistes catalans n'ont cure), et le 27 octobre suivant une proclamation unilatérale d'indépendance de la Catalogne (évidemment encore plus illégale au regard de la même constitution et des mêmes lois). Douze responsables politiques et sociaux catalans sont prévenus, dont l'ancien vice-président du gouvernement régional, Oriol Junqueras (son ancien président, Carles Puigdemont, est en exil en Belgique), Carme Forcadell, ancienne présidente de l'Assemblée catalane, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, présidents de l'Assemblée nationale catalane et d'Omnium Cultural... L'accusation devra démontrer qu'il y a eu usage de la violence (le crime de rébellion l'implique forcément) dans l'organisation et la tenue du référendum (alors que la violence a en réalité été le fait de la police nationale, aux ordres du gouvernement de Madrid). Les accusés risquent jusqu'à 25 ans d'emprisonnement (pour Junqueras), le procès devrait durer des mois et voir défiler des centaines de témoins. Qu'en attendre ? Rien, sinon une radicalisation des fronts politiques, d'autant que le parti d'extrême-droite Vox a pu se porter partie civile pour utiliser le procès à ses propres fins et se présenter comme le plus fervent défenseur de l'unité espagnole -et pas seulement contre les Catalans : contre les Basques aussi, et les Galiciens, et toute la gauche, et les immigrants, les musulmans, voire les juifs. En chantant "Cara el Sol" et en beuglant "Arriba España". Les manifestations indépendantistes catalanes ont toujours été pacifiques depuis dix ans : tient-on vraiment à ce qu'elles ne le soient plus, et qu'à l'abandon de la lutte armée en Euzkadi succède sa reprise en Catalogne ?

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  • Montée des populismes réactionnaires : Un système antisystème

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    populismeMontée des populismes réactionnaires : Un système antisystème

    "Nous assistons à la plus forte vague de mouvements antisystème depuis la seconde guerre mondiale", estime le politologue américain William Galston. "Antisystème", vraiment ? Sans doute rhétoriquement, mais plus concrètement, dans les actes et les pratiques, ce n'est pas le "système" qui subit les politiques populistes -sauf dans le cas de populismes à la fois réactionnaires et révolutionnaires (oui, c'est possible) comme le nazisme- mais les habituels boucs émissaires de l'extrême-droite : les migrants, les petits délinquants, les fidèles de religions minoritaires, les minorités nationales, les artistes et les intellectuels, les homosexuels, les femmes, les handicapés... jusqu'à l'absurde : à  Sao Paulo, pendant la campagne électorale de Jair Bolsnonaro, des cyclistes se sont fait agresser dans la rue parce que pour les bolsonaristes, faire du vélo est un comportement gauchiste.  En outre, il n'est pas besoin d'une longue analyse pour observer que les leaders populistes, de droite comme de gauche, sont souvent de purs produits du système qu'ils feignent de combattre... et sont souvent soutenus par lui, comme Bolsonaro par l'agrobusiness et les propriétaires terriens -en sus de l'être par les évangélistes et les défenseurs des armes à feu. Ces "antisystèmes" font système.

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  • La Chambre des Communes rejette l'accord sur le Brexit

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    roulette russe.jpgRoulette britannique

    On connaît la roulette russe, on connaissait moins la roulette britannique. C'est à quoi pourtant a joué la première ministre de Royaume-"Uni", Theresa May, hier, à la Chambre des Communes. Elle avait, dimanche, prévenu les députés : si vous rejetez l'accord que son gouvernement  a négocié avec l'Union Européenne pour mettre en oeuvre le "Brexit",  et qui a été conclu en novembre dernier,la "rupture de confiance" que cela exprimerait serait une "catastrophe" pour la démocratie. Par 432 voix contre 202, l'accord a été rejeté. C'est depuis un siècle la défaite la plus lourde d'un gouvernement britannique face au parlement. Et cette défaite, face à une majorité composite, contradictoire, formée de partisans du Brexit et de partisans du maintien dans l'Union Européenne, produit une crise politique qui la dépasse, et qui ne met pas en jeu seulement le gouvernement et la mise en vigueur du Brexit, mais surtout l'unité même du Royaume-Uni : l'Ecosse, l'Irlande du Nord, Londres avaient voté contre le Brexit. Qui (à part Pierre Maudet, bien sûr) peut encore sauver la Grande-Bretagne du piège dans lequel elle s'est elle-même précipitée, sinon le peuple -pardon : les peuples britanniques eux-mêmes, soit par des élections anticipées aboutissant à un changement de majorité et de gouvernement, ce qui justifierait un report de la date butoir du Brexit, et l'ouverture de nouvelles négociations, soit par un second référendum sur le Brexit lui-même, avec la possibilité d'une annulation du premier -non par le gouvernement ou le parlement, mais par le peuple, qui ayant le pouvoir de décision a aussi celui de changer d'avis (après tout, en Suisse,  les exemples ne sont pas rares de votes populaires corrigeant, voire annihilant, des votes populaires antérieurs).

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  • Brexit or not Brexit ?

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    vote Brexit.jpgD'un divorce l'autre

    Titre de l'édito de la "Tribune de Genève" de vendredi, à propos du Brexit : "A Londres, la droite la plus bête du bête du monde". C'est un peu injuste pour la droite française. Et genevoise. Toujours est-il que quatre ministres conservateurs ont claqué la porte du gouvernement de Theresa May en proclamant leur opposition à l'accord conclu avec l'Europe sur le Brexit : les secrétaires d'Etat à l'Irlande du Nord et au Brexit, les ministres au Brexit et au Travail. Theresa May ayant hautement proclamé qu'il n'y avait pas d'autre alternative au projet d'accord qu'elle a conclu (le "meilleur accord possible") que l'absence de tout accord, c'est-à-dire pas de Brexit du tout, ni dur, ni doux, ou une rupture brutale sans aucune mesure d'accompagnement, les partisans d'un second référendum pouvant révoquer celui de juin 2016 prennent espoir : si le parlement rejette le texte proposé par la Première Ministre et que dans la foulée, une majorité du parlement refuse de lui accorder sa confiance, un nouveau gouvernement issu d'élections anticipées pourrait redemander l'avis du peuple. Or la majorité de May est fragile et l'accord qu'elle soutient n'est pas seulement attaqué par l'opposition de gauche (le Labour, les nationalistes écossais et gallois) qui espère des élections anticipées, parce qu'elle peut les gagner, et les europhiles, qui espèrent un nouveau référendum abrogatoire du précédent, mais également par une partie de sa propre majorité (les conservateurs europhobes, les unionistes nord-irlandais) qui dénoncent la "vassalisation"du Royaume-Uni par l'Union Européenne et agitent le spectre de la dislocation de la Grande-Bretagne. Le Brexit aura sans doute bien lieu le 29 mars 2019, mais on ne sait pas quel Brexit. Mais ce qu'on sait déjà, c'est que le divorce de la Grande-Bretagne et de l'Europe en contient un autre : celui d'une moitié des Britanniques d'avec l'autre moitié... Et que l'accord trouvé est de mauvaise augure pour la Suisse : si l'Union Européenne a pu imposer ses conditions à la Grande-Bretagne, la Suisse ne peut guère espérer se sortir plus avantageusement des négociations qu'elle mène de son côté avec l'UE.

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  • Brexcitations...

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    Brexit.jpg

    A la mi-octobre, trois anciens Premier ministre et vice-premiers ministres britanniques (le néo-travailliste Tony Blair, le libéral-démocrate Nick Clegg et le conservateur Michael Heseltine) cosignaient un texte paru dans plusieurs journaux européens, reprochant vertement aux défenseurs du Brexit de "vivre dans un monde imaginaire et le déni", et au gouvernement conservateur de ne pas avoir réussi à évaluer les coûts économiques de la sortie, et de nourrir l'idée "fantasmée" que l'Union Européenne cédera "sur les principes du marché unique" en accordant au Royaume-Uni l'accès au marché unique sans exiger d'en respecter les règles. Quant au Maire de Londres (les Londoniens avaient rejeté le Brexit lors du référendum), Sadiq Khan, il a carrément appelé, avec des dizaines de milliers de manifestants le 21 octobre à un référendum sur l'accord final sur le Brexit, ouvrant la possibilité de rester finalement dans l'Union Européenne si aucun accord n'est conclu : "ceux qui ont voté en faveur d'une sortie de l'UE ne souhaitaient pas la baisse des investissements, les pertes d'emplois et la diminution du rôle de la Grande-Bretagne", par la faute d'un gouvernement "totalement dépassé et privé de direction". Enfin, devant le congrès de son parti, le leader travailliste Jeremy Corbin a appelé à des élections anticipées en cas de non-accord ou de rejet d'un accord par les Communes. S'adressant à Theresa May, qu'il accuse de vouloir "imposer au pays un choix unique entre un mauvais accord ou aucun accord" pour "mettre en oeuvre à la fois une politique des années 1950 et une pensée économique du XIXe siècle", Corbyn a lancé : "Si vous n'êtes pas capables de négocier un accord (...) qui protège l'emploi et les droits des salariés (...) et des consommateurs, alors laissez la place à un parti qui peut le faire". Ce parti,pour Corbyn, c'est évidemment le sien. Et son programme, s'il obtient une majorité lors d'élections anticipées, c'est de mettre fin au "capitalisme financier dérégulé avide" et de "reconstruire l'économie" grâce à un vaste programme d'investissements publics, de création d'emplois verts, de rééquilibrage des relations sociales en faveur des salariés, de restauration du service national de santé. Ainsi l'impasse du Brexit n'en serait-elle pas une : elle mènerait à l'arrivée d'un gouvernement de gauche en Grande-Bretagne... Amusant, non ?

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