Environnement, climat

  • "Grève nationale pour l'avenir" : changement de forme, pas de fond...

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    sirène d'alarme.jpgAlarme, citoyens !

    Aujourd'hui devrait être un jour de grève pour le climat (une "grève pour le futur", si on traduit en français le titre anglais, comme si on pouvait faire grève pour le passé...). Mais aujourd'hui ne sera pas un jour de grève -ou alors virtuelle. Il est vrai que le coronavirus a plus fait pour le climat, dans l'immédiat, que toute grève de ce genre (mais le "déconfinement" va déconfire ce bénéfice transitoire). La trêve se terminant, le retour à l'anormale se dessinant, le combat pour la justice climatique va devoir reprendre, en même temps que le combat pour la justice sociale. Les transports sont la principale source d'émissions de gaz à effet de serre de la Suisse" rappelle l'ATE. La mobilisation pour  "le développement d'une mobilité durable, libérée de l'essence et du diesel" ne revêt pas moins d'urgence qu'il y a trois mois. La grève qui se justifiait avant l'arrivée du virus se justifie donc autant après, si elle va forcément devoir prendre d'autres formes que celles prévues. Mais on peut aussi sortir dans la rue et manifester, même si c'est interdit, en traçant autour de soi un carré de 2 mètres de côté, histoire de reprendre nos droits démocratiques, et pas seulement nos pulsions consuméristes. Pour toutes les autres initiatives à l'ordre du jour, actions décentralisées "symboliques et créatives", actions "surprise" et pour la webradio de la grève, c'est par là : www.challengeforfuture.ch

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  • Pétrole maudit !

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    dimanche sans voiture.jpgLe baril de brut à zéro dollars ? on va pouvoir s'en regoinfrer...

    Mardi matin, le prix du baril de brut WTI américain livrable en mai est carrément passé en-dessous de zéro à New York : Les traders offraient jusqu'à 40 dollars pour qu'on les débarrasse du brut dont ils ne savaient pas quoi foutre, ni où le stocker, tellement l'offre dépasse la demande : les terminaux de stockage sont pleins, et leur location coûte un saladier. Pour le brut livrable en juin, le prix atteignait seulement dix à douze dollars le baril à New-York, vingt dollars à Londres pour le Brent de le Mer du Nord. Avant la pandémie, la planète cramait 100 millions de barils par jour. Depuis, la consommation s'est effondrée : 40 % de moins au plan mondial (avec des mesures immédiatement perceptibles :  deux tiers de circulation en moins sur l'autoroute Genève-Lausanne la semaine, 85 % de moins le dimanche, entre 50 et 80 % de moins de demande dans les stations-service). Mais la production, elle, a continué à 88 % de ce qu'elle était. Et comme la demande s'est effondrée, les rares  lieux de stockage qui restent disponibles se louent quarante fois plus cher qu'à fin février. Que faut-il craindre le plus ? que cette crise de la consommation perdure et mette en danger l'industrie pétrolière, les grandes compagnies, et les pays dépendant du pétrole pour leur balance économique (l'Algérie, le Nigéria, le Vénézuéla), voire la politique pétrolière de Trump basée sur l'extraction (fort onéreuse) de l'huile et du gaz de schiste par des compagnies très endettées (elles avaient émis des obligations pourries, très rentables quand tout va bien mais calamiteuses quand en temps de crise) ? ou, au contraire, qu'une fois la pandémie maîtrisée, la goinfrerie de carburants fossiles reprenne*, et avec elle la dégradation environnementale qu'elle implique et provoque ?

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  • A la recherche d'une "sortie de crise"

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    avion à Genève.jpgVol au dessus d'un nid de Covid

    Pour atteindre l'objectif de l'Accord de Paris, la quantité d'équivalents CO2 émis en moyenne par personne et par année à Genève (actuellement 10 tonnes) devrait être réduite... de 90 %. C'est ce que le  COVID-19 est en train de provoquer... Et le Léman Express aurait sans doute commencé à réduire le trafic en Ville de Genève de 12 %... si un virus malin ne l'avait arrêté à la frontière et n'avait réduit ses cadences à celles d'un dimanche. Reste que le trafic aérien a chuté et que la fréquentation des aéroports s'est écroulée -or l'aviation représente 19 % de l'impact climatique. Et que la sortie de crise sanitaire pourrait être une entrée de ce secteur (comme bien d'autre) dans une réduction directe (pas par compensation hors de lui) de ses émissions. D'ailleurs, une lettre ouverte au Conseil fédéral va dans le sens d'une réelle maîtrise environnementale du trafic aérien, avec à la clef, par exemple, un  impôt sur le carburant des avions et un soutien au retour des trains de nuit.  Signée notamment par la Conseillère aux Etats genevoise Lisa Mazzone, elle lui a valu d'être accusée de trahir les intérêts du canton qu'elle est supposée défendre, comme si une sénatrice était fonctionnaire. La position qu'elle défend est pourtant d'entre celles qui lui ont permis d'être la mieux élue, au Conseil des Etats l'automne dernier. Et, cerise sur le gâteau, c'est une position ratifiée par le peuple lors de l'acceptation de l'initiative pour un "pilotage démocratique de l'aéroport", inscrivant dans la Constitution cantonale la limitation  des nuisances pour les riverains et l'environnement. Bref, Lisa Mazzone n'a peut-être pas défendu les intérêts du Conseil d'administration de l'aéroport, mais elle a défendu ceux des Genevoises et des Genevois -autrement dit, en démocratie et en République, celles de Genève...

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  • 2019, année la plus chaude depuis 170 ans...

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    deforestation_01.jpgUne rafraichissante indifférence

    2019 a été a deuxième année la plus chaude (après 2016, l'année d'"El Niño) depuis 1850, a annoncé l'Organisation météorologique mondiale. Qui ajoute que depuis quarante ans, chaque décennie a été plus chaude que la précédente, que la température moyenne à la surface de la terre a augmenté de 1,1° depuis l'époque préindustrielle, et de 1,9 ° en Arctique par rapport à la moyenne 1981-2010, que la chaleur accumulée par les océans a atteint un sommet, que les dix dernières années ont été les plus chaudes enregistrées dans les océans (qui absorbent 93 % de la chaleur mondiale. Au rythme actuel, on se dirige vers une augmentation de la température de 3 à 5 ° d'ici la fin du siècle selon l'OMM, voire de 6,5° à 7 ° selon d'autres projections. Le niveau de la mer s'élève, la banquise recule, les calottes glaciaires et les glaciers continentaux fondent, les océans s'acidifient, les feux forêts s'aggravent, l'activité cyclonique se renforce, la concentration de dioxyde de carbone dans l'atmosphère a augmenté de près de 50 % depuis l'ère préindustrielle.  Et par quoi se traduisent déjà, et vont se traduire plus encore, ces effets du réchauffement climatique ? par le déplacement de millions de personnes. Mais qu'on se rassure : ce sont les plus pauvres qui seront les plus frappés. D'où sans doute dans nos pays comme une rafraichissante indifférence.

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  • Un référendum contre un "libre-échangisme" ravageur

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    libre-échange, Indonésie, multinationales, huile de palme

    La palme des ravages

    Un comité a lancé le référendum contre un accord de libre-échange (accepté par les Chambres fédérales) passé entre l'Indonésie et l'Association européenne de libre échange, dont la Suisse est membre. Les référendaires (Uniterre, SolidaritéS, les Jeunes Verts, Longo Maï, Solidarité sans frontières, le parti Nouveau Radical, SolidaritéS) font de ce référendum un moment de la lutte contre un "libre-échangisme" des marchandises sans critères sérieux de respect de l'environnement et des droits humains -car après l'accord avec l'Indonésie se profilent d'autres accords sortis du même tonneau libéral, avecla Malaisie et le Mercosur sud-américain. Tous accords qui cautionnent des conditions de travail calamiteuses et concourent à la destruction de la forêt tropicale Dans le cas de l'Indonésie, c'est sous le slogan "Stop à l'huile de palme" que le référendum est lancé : la production de l'huile de palme cumule en effet toutes les tares des produits dont des accords de libre-échange comme celui qui devrait être passé avec l'Indonésie favorisent la production et l'exportation : un désastre environnemental à la production, un autre au transport intercontinental, un désastre social pour les travailleurs dans le pays exportateur et les paysans dans le pays importateur. Alors on signe le référendum (ultime délai : le 9 avril), parce que la seule palme que mérite l'accord qu'il conteste mérite, c'est celle de l'aveuglement.

    *On peut télécharger les feuilles de signatures sur https://nein-zum-freihandel.ch/fr/home-2/

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  • Donald, Greta, Davos...

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    Davos.jpgOuef ouef ouef !

    Il y a eu deux vedettes à Davos : un Donald et une Greta. Trump et Thunberg. Un déni d'urgence climatique, un appel à la relever. Dans une station de sports d'hiver transformée en camp retranché, un pince-fesse mondialisé (le ouef ) auquel on ne peut participer qu'en claquant 70'000 dollars (ou euros, ou francs suisses, comme vous voudrez). En s'y rendant si possible en jet privé ou en hélicoptère (et pas à pied, comme des centaines de manifestants vont le tenter -eux seront sans doute refoulés). Le tout étant protégé par les F/A-18 de l'aviation militaire suisse -qui prouve ainsi que ses appareils actuels font très bien l'affaire et qu'on n'a pas besoin d'en acheter de nouveaux. Le Ouef a mauvaise réputation, on se demande pourquoi. Et il veut s'en donner une nouvelle, plus présentable. D'où l'invitation à Greta Thunberg. Sans pour autant renoncer aux potentats égocentriques que le Ouef a coutume d'accueillir. D'où Donald Trump. Le plus infantile des deux n'étant évidemment pas celle qu'on pourrait croire. Un cinquième du Ouef devrait être consacré au climat. Et quatre cinquième à caresser dans le sens du poil et de l'amour-propre ceux qui le salopent. Donald y a donc toute sa place. Onc'Picsou aussi. Et Greta qui n'est ni une starlette, ni l'objet d'une tocade des foules, mais peut-être un symbole de tout ce que Davos n'est pas, ni ne peut être.

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  • La COP est vide

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    centrale à charbon.jpgUne conférence incapable de surmonter ses contradictions

    La COP 25, celle de Madrid, qui devait mettre en oeuvre l'accord de Paris, s'est close sur une accumulation de contradictions sans synthèse -et donc sans accord qui vaille la peine d'être mentionné : contradictions entre les Etats (en particulier entre les gros producteurs de nuisances climatiques et les plus vulnérables à ces nuisances), entre l'économie et la politique, entre les châteaux et la rue, entre les discours et les actes. Les COP réunissent des représentants d'Etats -leurs dirigeants ou leurs sous-fifres. Mais les Etats ne se préoccupent ni du sort de l'humanité, de la vie ou de planète, ils se préoccupent de leur propre sort. Le pouvoir pense au pouvoir, pas au climat. Sa survie l'obsède. Sans doute la plus grande partie des représentants des Etats dans une conférence comme la COP 25 (et les précédentes, et les suivantes) sont-ils sincères -mais le sont-ils au point de risquer leur chefferie ? de s'émanciper de leurs idéologies respectives ? par idéologie, on entend un ensemble d'idées structurées autour d'une idée centrale, première, fondamentale : la liberté pour les uns, l'égalité pour les autres, la fraternité pour d'autres encore, et la liberté, l'égalité, la fraternité pour les plus radicaux, les plus ambitieux...

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  • Les belles promesses qui rendent les électeurs joyeux

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    Glacier du Pizol.JPGEcorating : le dire et le vote

    Beauté des périodes électorales : les belles promesses qui rendent joyeux tombent sur les électeurs comme flotte à la mousson. Reste à en mesurer la crédibilité. C'est ce qu'ont fait les organisations de défense de l'environnement, qui ont publié leur "ecorating" pour le 2ème tout de l'élection du Conseil des Etats (elles l'avaient déjà fait pour le 1er tour). L'"écorating", c'est la "sensibilité environnementale" des candidats mesurée par leurs votes au parlement fédéral lorsqu'ils et elles y siègent, ou par leurs engagements quand elles ou ils n'y siègent pas (fautes d'actes, on se contente de promesses). Et ça donne quoi ? A Genève : C'est sans surprise : La verte Lisa Mazzone est la plus,,, verte avec 98,1 % de votes favorables à l'environnement; le socialiste Carlo Sommaruga fait presque aussi bien, avec 97,2 %. Et ensuite, c'est le trou : plus que 22,2 % de votes favorables à l'environnement chez le PLR Hiltpold. Et derrière le trou, le gouffre : plus que 3,8 % (d'inexplicables moments de faiblesse) pour l'udéciste Céline Amaudruz. Et la PDC Béatrice Hirsch, alors ? A s'en tenir à ses promesses électorales, elle serait à 92 % écocompatible. On comprend mieux pourquoi les partisans de l'alliance du PLR avec l'UDC tiennent à ce point à casser celle du PLR avec le PDC...

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    Lien permanent Catégories : Environnement, climat, Politique 2 commentaires
  • Fonte des glaciers, des pôles, du pergélisol : La débâcle et le déni

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    fonte des glaces.jpg

    Le Giec (mais oui, vous savez, ce soviet de gardes rouges créé par les Chinois rien que pour emmerder les gentils Américains) vient de sortir un nouveau rapport, tout aussi alarmant que les précédents. Ce petit dernier porte sur les liens entre la dégradation du climat et l'état des océans et des espaces gelés (la cryosphère). Et il constate une détérioration accélérée de la situation : la fonte des glaciers, des calottes polaires (la perte de masse de la calotte groenlandaise a doublé en vingt ans, celle de la calotte antarctique triplé) et du pergélisol (les terres auparavant gelées en permanence), la diminution de la couverture neigeuse réduisent le réfléchissement du rayonnement solaire en renforçant le réchauffement climatique, et relâchent dans l'atmosphère du CO2 et du méthane qui accentuent encore ce réchauffement. Les océans ont ces cinquante dernière années emmagasiné plus de 90 % de la chaleur excédentaire et 20 à 30 % du dioxyde de carbone produit par les activités humaines. Mais leur propre réchauffement réduit cette capacité de neutraliser les effets de nos rejets caloriques. Et hausse leur niveau moyen : à la fin de ce siècle, il pourrait être en moyenne d'un mètre au-dessus de son niveau actuel. ça paraît peu, un mètre : c'est énorme quand on vit sur une côte... Nous dépendons tous de l'humeur, de la chaleur, de la hauteur, des courants des océans et de la cryopshère (les espaces gelés). Mais certains en dépendent évidemment plus que d'autres : les centaines de millions de personnes qui vivent sur les côtes. A part ça,  pour l'UDC, la gauche "use et abuse des thèmes écologistes" et mène des "actions diaboliques". Le dérèglement climatique, quel dérèglement climatique : "une invention des media" affirmait Oskar Freysinger en mars...

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  • Comme un arbre dans la ville

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    Irminsull.jpgLe prix politique d'un arbre

    On a passé la fin de la séance du Conseil municipal de Genève, mercredi soir, sous les arbres. Ou à côté de ceux qui ont été abattus. Et on a fini la soirée en adoptant, à une quasi unanimité au moins de façade (végétalisée), une motion des Verts demandant à l'Exécutif communal d'introduire un moratoire sur toutes les nouvelles demandes de coupes d'arbres valide, sauf raisons de sécurité. Le Conseil administratif a bien lancé un plan de végétalisation de la Ville, mais le Conseil municipal l'a jugé insuffisant et trop lent à mettre en oeuvre dans sa conception actuelle. Il y a 40'000 arbres en Ville de Genève. Le Conseil municipal veut les garder (en un an, entre juin 2016 et juin 2017, 1379 ont été coupés et 709 plantés) -mais est-il prêt à en payer le prix politique, le renoncement à des projets d'aménagement, de construction de logements, de parkings ?

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  • Leur écologie et la nôtre

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    dev_durable.jpgUne lecture pour le Jeûne : André Gorz

    Ce texte d'André Gorz initialement paru en avril 1974 dans le mensuel écologiste "Le Sauvage", n'a pris ni rides ni bide. Et à l'heure électorale où il n'est plus dans le champ politique que des écolos, de conviction ou d'apparence,il est bon de rappeler qu'il y a 45 ans, Gorz avait déjà remis les pendules à l'heure. On republie donc ce texte, en vous en conseillant la lecture pour accompagner la tarte aux pruneaux du Jeûne Genevois

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  • Réchauffement climatique : Le canari et les glaciers

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    glacier du Rhône.jpg

    Le 25 août de l'année dernière était créée une Association suisse pour la protection du climat (ASPC), exigeant des mesures concrètes de limitation de l'impact du réchauffement climatique, et dénonçant le manque d'ambition des autorités suisses (le Conseil fédéral, le parlement) dans ce domaine, et leur manque de sérieux dans le respect des engagements pris par la Suisse dans le cadre de l'accord de Paris. Au début de cette année, l'ASPC a lancé son initiative "pour les glaciers" (https://gletscher-initiative.ch/fr/). L'initiative* exige la fin des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici à 2050, et qu'à partir de cette date plus aucun carburant ou combustible fossile ne soit mis en circulation en Suisse (sauf dans les cas où aucune substitution n'est possible). Dans les mines, naguère, les mineurs descendaient une cage avec un canari. Quand le grisou s'accumulait, avant d'exploser, il asphyxiait le canari. La mort de l'oiseau annonçait l'imminence de l'explosion, et l'urgence de remonter. Aujourd'hui, c'est le recul et la fonte des glaciers, et la mort annoncée d'une grande partie d'entre eux, qui annonce l'urgence climatique, et celle d'y répondre par des mesures plus que déclamatoires et vélléitaires, et faisant mieux que freiner un réchauffement dont les Suisses auraient bien tort de croire que ses conséquences les épargneront.

    * Des feuilles de signatures peuvent être téléchargées sur https://gletscher-initiative.ch/wp-content/uploads/2019/05/Gletscher_Init_Unterschriftenbogen_fr.pdf

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  • Urgence climatique et calculs électoraux

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    dev_durable.jpgTous verts...

    Beauté des campagnes électorales : les conversions les plus surprenantes (et les plus réjouissantes, quelque doute que l'on puisse nourir sur leur sincérité) à la défense de l'environnement et à l'urgence climatique se succèdent.
    En décembre dernier, le PLR (avec l'UDC) refusait au Conseil national la proposition, soutenue par la gauche, le PDC, le PBD et les Verts libéraux) d'une taxe (modique : de 30 à 50 francs) sur les billets d'avion pour inciter les Suisses à user d'autres moyens de transports, moins nocifs à l'environnement et au climat. Et dans le même mouvement, la même majorité (PLR, UDC) a plafonné à huit centimes la hausse maximale du prix de l'essence à la pompe. La proposition de taxer les billets d'avion ne venaient pourtant pas d'écolos extrémistes : elle venait du Conseil fédéral... où le PLR et l'UDC sont majoritaires, mais elle a échoué du fait de défections au sein du PDC. Ce qui n'empêchera pas plus le PDC que le PLR de se peindre en vert pendant la campagne électorale. Le PLR, d'ailleurs a entamé cet exercice de ripolinage verdoyant : un document de travail soumis à l'assemblée des délégués du parti national tente de placer le parti dans le mouvement "climatique" du moment, mais avec grande pusillanimité. Certes, on propose au parti d'accepter une taxe CO2 sur les carburants qu'il a jusqu'à présent toujours refusé, mais on la veut "incitative" et reversée à la population, ce qui en annulerait les effets., et fixée en tenant compte des prélèvements existants sur l'essence et le diesel, ce qui la limiterait à 10 centimes par litre. Quant à la taxe sur les billets d'avion, il n'est pas proposé au parti de la soutenir alors que 73 % des membres la soutiendraient selon un sondage interne. De même, il n'est pas question d'interdire les pesticides, sinon comme ultime recours. Bref, on est encore loin d'une conversion du PLR à l'écologie, telle que celle de la gauche dans les années septante...

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  • Urgence climatique et environnementale : Et nos comportements individuels ?

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    dev_durable.jpg12'000 scientifiques du monde entier, dont 1700 Suisses, ont appelé à des actions urgentes pour protéger l'environnement. 260 scientifiques francophones ont également lancé un appel allant dans le même sens : "il y a urgence à agir pour le climat", résume le climatologue Reto Knutti, pour qui si nous avons "un problème, nous avons aussi des solutions" : remplacer les énergies fossiles par des énergies neutres du point de vue climatique, rénover tout le parc immobilier, remplacer les voitures, développer les transports publics et en particulier les chemins de fer... Or on est loin de ces engagements nécessaires : la Suisse a émis en 2016 l'équivalent de 48 millions de tonnes de CO2 en gaz à effet de serre, et le Conseil fédéral n'a donné pour objectif que celui de réduire cette production de 22 % en dix ans, et de financer le double de réduction à l'étranger, comme si le CO2 et les autres gaz à effet de serre respectaient les frontières. Les Etats signataires de l'Accord de Paris ont apparemment pris le sujet au sérieux et reconnu la responsabilité humaine dans le dérèglement climatique, mais n'ont pas mis grand chose en oeuvre pour y parer. Et en Suisse, le parlement a vidé de sa substance la loi sur le CO2... Pourquoi ? Parce que, répond Reto Knutti, "trop de personnes, en politique et dans l'économie, profitent du système actuel", et que "nos politiques placent la croissance de l'économie avant la préservation de la biodiversité", alors qu'il nous faudrait nous tenir à la quantité de ressources naturelles qu'on peut exploiter et consommer sans péjorer les conditions de vie des générations suivantes. Et il ne suffit pas qu'une minorité de la population change de comportement, il faut que ce changement soit général, et accepté par tous. Noble ambition, vaste programme, mais comment le réaliser ? Par la contrainte ? Plutôt, nous semble-t-il, par la raréfaction volontaire des capacités de consommation. Faute de quoi c'est la réalité même (la hausse du prix des ressources fossiles, leur raréfaction) qui imposera des changements plus brutaux que ceux que nous aurions pu choisir nous mêmes. Mais nos propres comportements nous opposent à nous-mêmes : nous voulons payer moins cher ce que nous consommons, mais en consommant chinois nous contribuons à licencier chez nous. Nous prônons la résistance au "toujours plus vite", mais nous communiquons par courriels urgents. Et nombre d'entre ceux se veulent écologistes sont automobilistes sans y être contraints...

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  • La gauche au défi de l'écologie

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    consommation.jpgLa croissance comme enjeu ou comme obstacle

    Il faut bien l'avouer : la gauche n'a pas été à la pointe de l'écologie politique. Porteuse (admettons-en l'augure) d'un projet alternatif au capitalisme, elle n'en a pas moins hérité de ses prémices productivistes et industrialistes : la gauche et l'écologie, résume le philosophe Serge Audier, "c'est au fond l'histoire d'une défaite politique et idéologique", d'une perte, sur ce thème, d'hégémonie culturelle. Toute la gauche, réformiste ou révolutionnaire, ne s'est certes pas confinée dans la reprise des obsessions saint-simoniennes, mêmes traduites en marxien, en sartrien ("la nature est de droite", assène Simone de Beauvoir) ou en foucaldien (pour Michel Foucault, en effet, il convient de se méfier de tout discours "naturaliste" sur les institutions ou les individus) : les anarchistes développèrent très tôt une critique écologiste de l'industrialisme et du capitalisme, appuyant cette critique autant sur Rousseau que sur la raison scientifique. On en retrouve trace dans le discours, même manquant de cohérence interne et surtout de base sociale, d'un Benoît Hamon. Quant aux populismes de gauche, façon "France Insoumise", en insistant sur un clivage prioritaire entre "le peuple" et "les élites" (auxquelles les principales figures populistes de gauche ne sont pourtant pas étrangères), il font passer au second plan la lutte contre contre les présupposés industrialistes, productivistes et consuméristes du capitalisme, totalement incompatibles avec toute forme concevable d'"écosocialisme".

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  • Changer de système, pas de climat

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    pollutionbagnoles.jpgChanger de système, pas de climat

    Le 18 janvier dernier, plus de 65'000 personnes ont manifesté en Suisse, et des millions dans le monde, pour exiger des "responsables" politiques qu'ils prennent sans délai les mesures nécessaires pour faire face au dérèglement climatique tel que provoqué par les activités humaines (et entretenu par les inactivités politiques). Un mois plus tard, le même mouvement à l'origine de cette première  "grève climatique" appelait dans 60 pays à de nouvelles manifestations, avec les mêmes revendications : neutralité carbone d'ici 2030 sans recours à la "séquestration carbone)" ou à la géo-ingénirerie, déclaration de l'état d'urgence climatique, défense de la justice climatique. "Pour atteindre ces objectifs, le changement de système est nécessaire", proclame le manifeste d'appel aux manifestations. Le changement de système, pas la culpabilisation individuelle -et surtout pas celle des plus pauvres ou des moins riches, qui seront les premières victimes d'un désastre environnemental s'il se produit.

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  • Anthropocène (de crime)

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    centrale à charbon.jpgCharbon actif

    Pour tenter, sans même être certains d'y parvenir, de maîtriser le dérèglement climatique, on doit parvenir en un peu plus d'une génération (d'ici 2050) à la "neutralité carbone", c'est-à-dire à des émissions de CO2 ne dépassant pas ce que le milieu naturel (les océans, les forêts) et les puits artificiels (stockage géologique, produits manufacturés et industriels) peuvent absorber.  Mais la consommation de charbon, énergie fossile qui contribue le plus au changement climatique avec 40 %  des émissions totale de CO2, repart à la hausse depuis 2017. Les nouvelles semblaient pourtant pouvoir porter à un optimisme mesuré : l'Allemagne (cinquième plus gros consommateur de charbon au monde) prévoit un arrêt total en vingt ans de la production d'électricité à partir du charbon, la France va fermer ses quatre dernières centrales à charbon d'îci 2022 et aux USA, où Trump fait le forcing pour soutenir l'industrie charbonnière, sa production ne cesse de décliner (non en raison d'un choix politique, mais en raison des "lois du marché" : le gaz est moins cher grâce aux forages de schiste) et la moitié des 1400 mines américaines ont fermé. Or la part (38 %) du charbon dans la production mondiale d'électricité ne se réduit pas alors que cette production globale explose, cette production à partir du charbon croît ainsi de 0,5 % par an et les émissions de CO2 dues à la combustion du charbon correspondent toujours à 40 % des missions totales. Parce que la production d'électricité à partir du charbon est moins onéreuse que les autres modes de production énergétique et qu'elle peut être mise en oeuvre rapidement. Du coup, un pays comme la Chine, dont les besoins en électricité explosent (+ 8,5 % par an), concentre à lui seul 48 % de la consommation totale d'énergie produite à partir du charbon, brûle 25 % du charbon utilisé dans le monde pour produire de l'électricité et construit des centrales dans toute sa région alors même qu'elle investit massivement dans les énergies renouvelables, éoliennes et solaires . Et dans toute l'Asie du sud-est (mais aussi en Pakistan et au Bangladesh) la consommation de charbon augmente, alors qu'elle se réduit en Europe et aux USA.

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  • "Grève suisse du climat" : Justice climatique, justice sociale

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    deforestation_01.jpgAujourd'hui, en Suisse (à Genève, la manifestation débutera à 14h sur la Place Neuve pour se rendre à la Place des Nations), des milliers de collégiens et d'étudiants seront en grève des cours pour exiger de la Confédération et des cantons, du gouvernement et du parlement, mais aussi du peuple, des mesures immédiates et radicales contre le réchauffement climatique. C'est-à-dire exactement le contraire de ce que le Conseil national a fait en décembre dernier lorsqu'il a torpillé la révision de la loi sur le CO2, après que la droite l'ait vidée de sa substance. Et en France, plus de deux  millions de personnes ont signé une pétition en ligne, "l'affaire du siècle", dans le cadre d'une campagne pour la "justice climatique". La pétition, française, soutient l'action en justice de quatre organisations (la Fondation pour la nature et l'homme, Oxfam, Greenpeace et Notre affaire à tous) qui, dénonçant l'inaction de l'Etat français en matière de lutte contre le réchauffement climatique, ont saisi le Tribunal administratif pour qu'il contraigne l'Etat, sous astreinte de 100'000 euros par jours, à respecter ses engagements en la matière -alors qu'il vient, sous pression des "gilets jaunes", de renoncer à augmenter la taxe sur le carburant. Présidente de "Notre affaire à tous", Marie Toussaint explique que cette augmentation a été le "détonateur d'une mobilisation ayant pour cibles principales l'injustice sociale et fiscale", contre laquelle les défenseurs de l'environnement luttent également : "il serait simpliste et réducteur d'opposer fin de mois et fin du monde", car l'injustice sociale "nourrit la dégradation de l'environnement, les plus riches détruisent la planète, 10 % de l'humanité émet 50 % des émissions de gaz à effet de serre et seulement 25 firmes et leurs filiales sont responsables de 71 % des émissions à effet de serre depuis 1988". Or "le réchauffement climatique accroît les inégalités et les injustices" : les plus pauvres sont effet les plus frappés par la dégradation de l'environnement : crise alimentaire et crise migratoire les frappent eux. Dès lors, "combattre pour la justice sociale, c'est aussi œuvrer en faveur de la justice climatique". Les deux combats ne s'excluent ni ne s'opposent, mais se complètent et se renforcent.

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  • La COP24 accouche d'un bébé malingre

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    terre-capote.jpgTiédissement climatique

    La 24ème Conférence des Nations Unies sur le climat, dite COP 24, chargée de déterminer les règles d'application de l'Accord de Paris conclu lors de la COP 21 de 2015, en a, difficilement, accouché. Mais le bébé est malingre, quelque fierté que feint d'en tirer que le président de la conférence (qui s'est tenue à Katowice), le Secrétaire d'Etat polonais à l 'environnement. La COP 24 ne mettra pas les 197 Etats de la convention-cadre sur la voie d'une maîtrise du réchauffement climatique à 1,5°C d'ici la fin du siècle, objectif proclamé pourtant par la COP 21, car les Etats-Unis, le Brésil, l'Arabie Saoudite, le Koweït ont tout fait pour limiter la portée du texte final, formalisant les règles d'application de l'Accord de Paris de 2015. Et y ont réussi : l'accord est muet sur les droits humains et la sécurité alimentaire. Et la réforme des mécanismes d'échange de "crédits carbone" a été reportée à des jours meilleurs. Et plus chauds. Ces mécanismes intéressent bigrement la Suisse, comme tous les pays développés qui achètent grâce à eux le droit à continuer de polluer et de réchauffer le climat en payant ce droit par des investissements à l'étranger dans les énergies renouvelables.

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  • La COP 24, la transition écologique et la justice sociale

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    dev_durable.jpgRéchauffement climatique et refroidissement politique

    La COP 24 (24ème conférence des parties sur le climat) s'est ouverte dans le contexte politique le moins favorable à la prise en compte des objectifs de l'accord de Paris de 2015 : l'ambiance avait été donnée par l'élection l'année suivante de Donald Trump à la présidence des USA, elle a été confirmée cette année par celle de Bolsonaro à la présidence du Brésil. La lutte contre le réchauffement climatique se heurte à un refroidissement politique.  La COP 24 doit, d'ici samedi prochain, accoucher d'un "livre réglementaire", base de l'application de l'accord de Paris pour maintenir le réchauffement climatique en dessous de 2 ° centigrades. Les Etats devraient s'engager sur des règles intégrant "le respect des droits humains, de la sécurité alimentaire et de l'égalité des genres" à leurs engagements de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais s'engageront-ils ? Et lesquels s'engageront ? Et lesquels tiendront leur engagement ?

     

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