Environnement, climat

  • Dernier rapport du GIEC : des dommages climatiques déjà irréversibles

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    pollutio.jpgRéchauffer nos choix politiques

    Hier tombait le dernier rapport des experts de l'ONU pour le climat, le GIEC. Le rapport dresse un bilan plus qu'inquiétant des effets déjà en cours, et souvent irréversibles, du réchauffement climatique : trois milliards et demi de personnes en sont déjà affectées, un milliard vivront d'ici 2050 dans des zones côtières à risque de submersion, les catastrophes climatiques (canicules, sécheresses, inondations, incendies, fonte des glaciers, des banquises, du permafrost) devraient se multiplier et s'accroître. Il est donc urgent de préparer les sociétés humaines à cet avenir brûlant, en agissant dans tous les domaines et à tous les niveaux, sans se limiter aux mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre  puisque la tendance au réchauffement est irréversible et qu'il devient nécessaire de s'y adapter. Agir dans tous les domaines, c'est  précisément ce que peuvent et devraient faire les collectivités publiques de pays comme le nôtre, d'autant que le GIEC désigne les villes comme l'un des espaces où les possibilités d'action sont les plus nombreuses, et les plus urgentes. A Genève, le Conseil d'Etat a présenté fin octobre son plan climat et il y a une semaine,  le Conseil administratif de la Ville de Genève présentait la stratégie qu'il propose pour la transition écologique et sociale, avec les mêmes objectifs que le canton : réduction de 60 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, neutralité carbone en 2050. Trop tard pour freiner le réchauffement, pas trop tard pour se préparer à le supporter. En réchauffant nos choix politiques.

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  • Une nouvelle couche géologique : Anthropocène de crime ?

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    centrale à charbon.jpgA en croire la Geological Society de Londres, une nouvelle couche géologique est apparue : l'anthropocène, qui inscrit dans le sol même le passage de l'humanité à l'ère urbaine et industrielle, et l'inscrit de manière indélébile, irréfragable. La transformation des paysages, des sols, de l'air et des eaux par l'action de l'Homme équivaut ainsi à leur transformation par les grands cataclysmes d'avant l'histoire humaine, et dépasse celle provoquée par le cycle des glaciations et des réchauffements naturels. La transformation de la planète  est, désormais irréfutablement (mais pas incontestablement, puisqu'une évidence peut toujours être contestée) d'origine humaine : Ainsi sommes-nous devenus les égaux des dieux que nous nous étions inventés. Aussi nuisibles qu’eux. Et aussi irresponsables, puisque cultivant l’illusion de notre toute-puissance.

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  • Confier à une entreprise publique un monopole sur les réseaux thermiques structurants : Qui a peur des SIG ?

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    sigLe 13 février, à Genève, on vote sur une proposition de loi constitutionnelle défendue par le Conseil d'Etat et le Grand Conseil, confiant au canton, via les Services Industriels, le monopole des grands réseaux de chaleur et de froid ("réseaux thermiques structurants"). Un projet typiquement social-démocrate, en somme. Qui, logiquement, suscite l'opposition des syndicats patronaux et du PLR, alors  même que le monopole proposé ne concerne que les réseaux structurants, pas la production de chaleur ou de froid (une entreprise pourra vendre ses rejets thermiques), ni les réseaux secondaires, que des entreprises privées pourront réaliser.

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  • La Conférence climatique de Glasgow accouche d'une souris arthritique

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    bulle de savon.jpgBla Bla Bla ? Si au moins...

    Après des mois de préparation et de discours et deux semaines de négociations, la COP26 de Glasgow a accouché d'une souris arthritique. Mais le président de la conférence était content du résultat : "nous avons vu un grand consensus et un grand soutien pour ces textes"... Il s'en faut de tellement qu'une ministre suisse (en l'occurrence Simonetta Sommaruga) est intervenue en séance conclusive de la conférence pour faire état de sa profonde déception, et exprimer une condamnation des méthodes qui ont permis à la conférence d'accoucher d'un accord (au rabais). Samedi, la Conseillère fédérale a dénoncé un processus "moins inclusif et moins transparent" qu'il aurait dû être, et fait part de sa "profonde déception". En cause, la substitution, sur pression du lobby des énergies fossiles, de la Chine, de l'Inde et de l'Iran, et avec la complicité hypocrite, des USA et de 'Union Européenne  d'une plate recommandation à réduire la production d'électricité en usant de charbon, à la proposition initiale d'une élimination de cette production et des subventions aux combustibles fossiles. Greta Thunberg résume la COP26 à du "Bla bla bla" ? Elle a tort, c'est pire : une imposture...

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  • COP 26 : Glasgow, capitale d'un monde en réchauffement

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    Capture d’écran 2021-11-02 213347.jpgL'émoi, les maux, les mots

    La COP 26 s'est ouverte dimanche à Glasgow pour deux semaines (elle aurait dû se tenir il y a un an, mais le coronavirus l'a repoussée). Qu'en sortira-t-il ?  C'est la "conférence de la dernière chance" pour le climat, entend-on de toute part. Mais ne l'avait-on pas entendu déjà dire de toutes les conférences précédentes ? de la première COP, en 1995, à l'Accord de Paris de 2015, en passant par les protocoles de Kyoto de 1997 et la COP de 2009, à Copenhague, aucune  n'a freiné les émissions de gaz à effet de serre (seul le coronavirus y est arrivé, pour une année...), ni, par conséquent, le réchauffement climatique. On s'était promis à Paris de le contenir à 2°C, voire 1,5°C d'ici 2100, le G20 (les principaux Etats du monde, plus l'Union Européenne) en a fait autant la semaine dernière, deux jours avant l'ouverture de la COP 26, mais on est mal partis pour tenir cette promesse, qu'on ne pourrait tenir qu'en réduisant massivement (de 55 %) les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Dans la moins pire des hypothèses, la température moyenne de la planète devrait augmenter de 2,7°C -et c'est l'hypothèse où tous les Etats parties de l'Accord de Paris tiendraient toutes leurs promesses. Sinon, le réchauffement devrait être de 3,5 à 4°C. Et serait dévastateur. Cela, tout le monde le sait (sauf ceux qui ne veulent pas le savoir). L'émoi est général, les maux sont connus. Et les mots résonnent. Comme des tambours. Qui résonnent parce qu'ils sont creux. Et résonnent d'autant plus qu'il fait plus chaud.

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  • Grève du climat : Manifestations aujourd'hui

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    vignette Grève du Climat.jpg"Arrêtons l'incendie"

    Les collectifs de la Grève du climat n'entendent pas relâcher la pression sur les "décideurs" (et, d'entre eux, en Suisse, le peuple lui-même) pour qu'aux postures mimant une prise de conscience de l'urgence climatique, succèdent enfin des décisions claires. Le Collectif genevois résume : "Après un été marqué par une multiplication d'événements météorologiques extrêmes, rendant l’urgene climatique toujours plus dramatique, en l’absence de réponses crédibles, et avant la conférence des gouvernements sur le climat (COP 26, en novembre à Glasgow), prenons la rue et exigeons une transition écologique immédiate et socialement juste ! Plus on attend, plus les destructions seront importantes ! Arrêtons l’incendie : le climat et la vie, avant le profit !". On ne cherchera pas à dire mieux. Aujourd'hui sont annoncées des manifestations à Bâle, Bellinzone, Berne, Bienne, Genève, Neuchâtel. A Genève, rendez--vous 16h. place Lise-Girardin ex-place des 22 cantons

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  • Végétalisation de la ville : Les stades aussi !

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    Capture d’écran 2021-10-02 040225.jpgA l'automne 2016, le Maire annuel de Genève, Guillaume Barazzone défendait dans "Immorama" la politique de végétalisation de la Ville, et expliquait qu'au nombre de ses objectifs principaux, il y avait un objectif écologique : "les végétaux en milieu urbain sont utiles pour lutter contre la pollution, car ils fixent les particules fines (et) permettent d'atténuer les effets du réchauffement climatique". Dès lors, planter des arbres, fleurir les pieds d'arbres, transformer des surfaces bétonnées en surface végétales, installer des toitures végétalisées, entretenir les espaces verts sans produits chimiques, relève d'un choix pertinent, que le Conseil municipal a d'ailleurs ratifié en lui accordant un crédit de 6,4 millions de francs. Avec le programme "Urbanature", on veut ainsi végétaliser les quartiers pauvres en verdure, en remplaçant des surfaces goudronnées par de la prairie fleurie ou du gazon. Du vrai gazon. Du gazon naturel. Et dans le "plan stratégique de végétalisation" de 2019, Guillaume Barazzone enfonçait le clou : "nous allons passer d'une politique végétale aléatoire à une politique planifiée", "la végétalisation entre en effet à part entière dans les politiques urbaines, avec des bénéfices qui sont à la fois sociaux, écologiques et économiques" ... Tout cela est fort bien... sauf que... quelle cohérence y-a-t-il a engazonner les surfaces goudronnées d'une main, et à remplacer le gazon naturel, végétal, des stades par du gazon synthétique de l'autre main ? A voter un crédit de 6,4 millions pour la végétalisation de la Ville et un autre pour remplacer de l'herbe pas du plastique ? Quel cohérence y'a-t-il à végétaliser les toits et plastifier les stades ?

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  • Un changement climatique "sans précédent" et "irréversible" :

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    terre en feu.jpgLe feu au lac

    Le 29 juillet dernier était le "jour du dépassement", ce jour où l'humanité a consommé, ou consumé, toutes les ressources que la Terre lui fournit en un an. De ce jour jusqu'à la fin de l'année, l'humanité creuse sa dette environnementale. Sa dette, et son tombeau ? Dix jours plus tard, le 9 août, le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat, le GIEC, publiait son rapport (co-écrit par 234 scientifiques de 66 pays)  sur l'état actuel du climat, et ce qu'on peut attendre pour le futur proche : un changement climatique "aux conséquences "irréversibles" : Toutes les régions du monde sont déjà affectées par des déréglements "sans précédent" depuis au moins 2000 ans, canicules, sécheresses, pluies diluviennes sont plus fréquentes, plus intenses, moins saisonnières, les vagues de chaleur marine sont deux fois plus fréquentes qu'il y a quarante ans, la dilatation de l'océan par la chaleur, la fonte des calottes glacières (8 milliards de tonnes de glace fondent chaque jour rien qu'en  arctique) élève le niveau moyen mondial de la mer et le réchauffement climatique dépasse les prévisions : le seuil de +1,5° de température moyenne par rapport à l'époque industrielle sera franchi d'ici vingt ans. Les concentrations de CO2 dans l'atmosphère sont les plus élevées depuis deux millions d'années, la décennie actuelle est la plus chaude depuis 100'0000 ans. Et ces déréglements ne sont explicables, par leur rapidité et leur ampleur, que par l'action humaine. Or nous en tenons pour une position héritée de l'humanisme de la Renaissance : l'Homme (l'humain...) est un animal responsable de ses actes. Il lui incombe donc de les réparer lorsqu'ils sont nuisibles. D'éteindre le feu au lac, puisque c'est lui qu'il l'a allumé...

     

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  • Retour sur le refus de la loi CO2

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    stationservice.jpgUne étape, rien qu'une étape

    La nouvelle loi CO2 a été refusée au plan national par 51,6 % des suffrages, mais acceptée à 61,4 % à Genève. Hors des villes, dans la Suisse rurale et périurbaine, "la Suisse des pendulaires et des propriétaires de villas, la Suisse qui dépend le plus du pétrole", comme la résume Antonio Hodgers. ce n'est pas sur l'urgence climatique qu'on a voté, c'est contre les taxes. Et peu importe que leur produit devait être redistribué : on était contre les taxes, point barre. Payer son essence plus chère ? Nan ! Payer son billet d'avion plus cher ? Nan ! Prendre le train plutôt que l'avion pour aller s'abreuver sur les ramblas ? Nan ! On est écolo, si ça ne coûte rien. Céline Amaudruz peut donc saluer une "victoire de la classe moyenne". Et Simonetta Sommaruga annoncer que qu'elle s'engagera pour prolonger la loi CO2 actuelle. Pour la gauche et les Verts, c'est insuffisant, et il faut revenir avec de nouvelle mesures, en sortant des taxes et de la redistribution. Une initiative populaire pourrait être lancée pour la "décarbonisation de la place financière", et une autre sera soumise dans les mois à venir au vote populaire : l'"initiative des glaciers", plus radicale dans son contenu que la loi qui vient d'être refusée : elle propose en effet l'interdiction pure et simple de l'utilisation d'énergies fossiles d'ici trente ans, au plus tard.

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  • Incertaine majorité pour la loi CO2

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    vignetteCO2.jpgFaire gagner les pétroliers ?

    On vous le rappellera ad nauseam : dimanche, on aura voté dans toute la Suisse sur une loi CO2 adoptée par le parlement, et combattue par le lobby pétrolier, les importateurs de voitures, l'Automobile Club (mais pas par le TCS, qui la soutient), les transporteurs routiers (leur association faîtière, l'ASTAG), l'UDC, une partie du patronat (le Centre patronal vaudois, notamment), la Chambre genevoise immobilière, l'Association Suisse des propriétaires fonciers,  (mais pas l'association des banquiers, qui a soutient) et des sections cantonales des Jeunes PLR. Que du beau monde. Selon les sondages,  la loi CO2 ne serait acceptée que par une majorité trop faible pour être tenue pour certaine. L'opposition, en effet, est forte hors des grandes villes où la loi est plébiscitée. Les hommes s'y opposeraient, les femmes la soutiendraient. Et si la loi devait finalement être acceptée, ce serait grâce au vote de l'électorat de gauche et des Verts libéraux, alors que le Centre est divisé et que la droite est majoritairement (au PLR) voire massivement (à l'UDC) opposée à la loi, dont le véritable adversaire, est le lobby pétrolier, qui tient à ce que la Suisse continue à dépenser des milliards chaque année pour le pétrole et le gaz, et serait le grand perdant d'une transition énergétique -qui, elle, serait la grande perdante d'un refus de la loi. 

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  • Grève pour l'avenir, vendredi 21 mai

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    Bandeau Grève pour l'avenir.jpg

    Deux urgences, une grève, un manifeste

    Vendredi sera jour d'une "grève pour l'avenir". Certes, on ne fait jamais grève que pour l'avenir -et un avenir meilleur, mais cette grève-là, à laquelle militants de l'urgence climatique et syndicats appellent ensemble, est surtout une grève pour relever les deux urgences qui nous requièrent : l'environnementale et la sociale. En faisant "converger les luttes" et les mobilisations pour l'une et l'autre. Dans toute la Suisse, dans la rue et sur les lieux de travail, des actions, des rassemblements, des manifestations exprimeront la nécessité d'une justice indissociablement climatique et sociale. Le premier rendez-vous est fixé pour tout le monde, partout, vendredi 21 mai à 11 heures 59 : sortez dans la rue, sonnez l'alarme en faisant du bruit. Rendez-vous suivants :
    A Genève, rassemblement à 16 heures et manifestation à 17 heures, plaine de Plainpalais
    A Lausanne, manifestation 17 heures 30, place de la Riponne
    A Neuchâtel, manifestation à 18 heures place Rouge
    Programme national et Manifeste de la Grève pour l'avenir :: www.grevepourlavenir.ch

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  • Initiatives antipesticides :  Fragile majorité

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    pesticides2.jpgSelon les premiers sondages, les deux initiatives antipesticides soumise au vote populaire le 13 juin recueilleraient une majorité de soutiens, mais une majorité trop faible pour que nous puissions nous convaincre de leur victoire finale (d'autant qu'une majorité populaire nationale ne leur suffit pas, et qu'il leur faut aussi une majorité populaire dans une majorité de cantons). Les deux initiatives anti-pesticides sont soumises au peuple sans contre-projet, ce qui rend le choix plus sommaire, et nous convainc de les soutenir toutes deux, quelque critique que nous ayons à formuler à l'une ou l'autre. Le soutien quasi équivalent aux deux initiatives suggère d'ailleurs qu'aucune différenciation n'est faite entre elles, alors que certains soutiens de la deuxième s'opposent à la première. Les initiatives sont massivement soutenues dans les villes mais repoussées dans les campagnes, et divisent le monde paysan, parce qu'elles portent une critique radicale de la politique agricole menée en Suisse, et des pratiques agricoles dominantes.

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  • Nouvelle loi fédérale sur le CO2 : Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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    pot d'échappement.jpgLe 13 juin prochain, la Suisse votera (ou non) la nouvelle Loi sur le CO2, attaquée en référendum par les lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC.  Fonte des glaciers, sécheresse, glissements de terrains : le réchauffement climatique se vérifie très concrètement, très immédiatement, et ses effets, reconnaît le gouvernement, sont "dangereux et coûteux"  Le but de loi proposée est de réduire de moitié en dix ans les émissions de CO2 mesurées à leur niveau de 1990, et, à terme, de pouvoir se passer complètement en Suisse d'énergie fossile, forcément importée (la Suisse a dépensé 80 milliards de francs en dix ans pour acheter à l'étranger du gaz naturel et du pétrole), pour la remplacer par des énergies renouvelables, et le plus souvent possible indigènes. Pour atteindre ce double objectif (la réduction des émissions de CO2, la substitution énergétique), la loi conjugue taxes (sur les billets d'avion), incitations financières, investissements dans les nouvelles technologie et redistribution (une grande partie des nouvelles taxes incitatives sur le CO2 sera reversée à la population, particulièrement aux personnes et ménages à bas revenus). De quoi, le 13 juin, lui accorder un soutien. Critique, insatisfait, certes, mais un soutien sans plus de réticence que celles qui doivent toujours accompagner notre soutien à quelque projet que ce soit (même les nôtres). Un OUI de raison critique, pas de passion aveugle.

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  • Le 21 mai, pour la justice climatique et sociale

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    Grève pour l'avenir.jpg

    Grève pour l'Avenir

    Le 21 mai 2021 aura lieu une grande journée d’action et de grève pour la justice climatique et sociale, la "Grève pour l'Avenir" En y invitant, le mouvement de la Grève du Climat lui donne pour objectif de "poser les bases d’un changement à long terme vers une société durable". Le 10 avril des assemblées populaires se tiendront dans toute la Suisse pour préparer la journée du 21 mai (on en trouvera le mode d'emploi sur https://grevepourlavenir.ch/participer/assemblees-populaires/).
    "On ne peut pas rattraper le temps perdu, mais on peut arrêter de perdre du temps",
    (banderole dans la Cité des 300 logements, à Bejaïa).

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  • Transition écologique et transition sociale, indissociables

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    poings croisés.jpg

    Double urgence

    La Grève du Climat-Suisse (GCS) a élaboré un "plan d'action climatique". Le mouvement refuse de se positionner sur un axe politique gauche-droite, mais le moins que l'on puisse dire des propositions qu'il fait est qu'elle sont fortement marquées à gauche : pour atteindre l'objectif qu'il pose de ramener le taux d'émissions nettes de CO2 de la Suisse à zéro dans les dix ans à venir, le mouvement considère qu'il est nécessaire de réduire, par des interdictions et des taxations la production et  la consommation des biens et services les plus gourmands en combustibles fossiles. Plus fondamentalement, il s'agit de rompre avec l'orientation de l'économie vers une croissance continue, pour en arriver à une "économie du bien-être" respectueuse des limites sociales et écologiques. La GCS en appelle donc, logiquement, à une réduction du temps de travail, à une modification "radicale" de la distribution des richesses, afin d'en assurer le caractère équitable et à la transformation des entreprises en coopératives. Enfin, pour assurer la réalisation d'un tel programme, la GCS considère comme indispensable la construction d'un mouvement social, capable d'impulser une "grève générale pour l'avenir". Une manière de lier, indissolublement, dans un projet social cohértent les réponses aux deux urgences, climatique et sociale. Un lien sans lequel, effectivement, il ne pourra être répondu à aucune aucune des deux urgences.

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  • Le référendum pétrolo-bagnolard contre la loi CO2 a abouti

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    temps.jpgFaire perdre du temps au temps

    Le référendum lancé par la Grève du Climat (du moins sa part romande) contre la loi fédérale CO2 n'a été déposé lundi qu'avec 7000 signatures, alors qu'il en faut au moins 50'000 pour provoquer un vote populaire. Mais ce vote aura tout de même lieu : l'autre comité référendaire, celui des lobbies du pétrole et de l'automobile, soutenus par l'UDC, a déposé son propre référendum aujourd'hui, avec 110'000 signatures. La disproportion des soutiens à chacun de ces deux référendum dit bien le rapport des forces entre eux, et entre les forces qui les ont lancé. Elle dit donc d'où vient, et ce que signifie, l'opposition réelle à la loi fédérale : maintenir le plus longtemps possible la dépendance de la Suisse au pétrole et des Suisses à la bagnole, pour continuer à en vendre le plus possible. La votation aura lieu en juin. La loi doit entrer en vigueur en 2022. Si  elle est refusée en votation populaire, elle n'entrera pas en vigueur. Ni en 2022, ni plus tard. Si elle est acceptée, il nous reviendra ensuite, dès son adoption, de nous mobiliser pour aller plus loin et plus fort qu'elle. Et le plus vite possible. Parce que le temps est compté. Et que le but du référendum pétrolo-bagnolard est précisément celui de nous le faire perdre. Quant à celui des grévistes du climat, il n'était ni criminel, ni irresponsable. Seulement idiot.

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  • Que faire de la nouvelle loi sur le CO2 ?

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    bris de verre.jpgTrop petit pas (tapon) ?

    En août, la Grève du climat annonçait vouloir remettre la pression sur les institutions, après l'adoption de la loi fédérale sur le CO2, pour aller plus loin que la loi. Et en septembre, les groupes romands de la Grève du climat annonçaient vouloir lancer, ou soutenir, un référendum contre cette même loi, qu'on voulait en août dépasser, et qu'on veut en septembre abroger -ce qui aboutirait à un statu quo, inconciliable avec toute reconnaissance de l'urgence d'une réponse à la dégradation climatique. La loi CO2 ne prévoit que de réduire de 50 % les émissions de CO2 en 2030 (par rapport à 1990), au lieu que de les ramener au niveau de 1990, et ne se fixe comme objectif que 75 % de ces réductions soient effectuées en Suisse, au lieu que d'y effectuer 100 % et de renoncer à ratifier le"marché des droits de polluer" ailleurs,  accordé aux pollueurs depuis le protocole de Kyoto. Il  faudra la purger de cette compromission (comme d'autres), mais refuser la loi ne serait pas refuser "le droit de polluer", puisque ce droit est accordé sans elle. Si rien n'est fait (et si la loi devait être refusée), la Suisse prendrait part à un scénario planétaire de 6°C d'augmentation de la température. La nouvelle loi, adoptée un an et demi après le refus du premier projet,  renforce la faible protection climatique dont la Suisse s'est dotée. Elle ne la renforce pas assez, mais un refus de la loi laisserait cette protection dans l'état où elle est actuellement, et la priverait même de base légale puisque la loi de 2011 ne court que jusqu'à la fin de l'année -et c'est précisément ce que cherchent l'UDC et ses alliés (l'Automobile Club, l'association des aérodromes, le Centre patronal vaudois, le lobby pétrolier). Et d'en appeler, pour refuser la loi (et donc signer le référendum) aux propriétaires de maisons individuelles, aux habitants des régions de montagne et, évidemment, à la "classe moyenne". La loi CO2 attaquée par l'UDC et ses alliés fait un petit pas", juge la climatologue Martine Rebetez. Elle va un peu plus loin (notamment en introduisant une taxe sur les billets d'avion) que le projet initial du Conseil fédéral, que les socialistes et les Verts avaient refusée lorsqu'elle avait été soumise aux Chambres fédérales. La nouvelle loi, nul à gauche n'en disconvient, est insuffisante : elle ne permet pas de relever le défi du réchauffement climatique et elle accorde à la place financière une sorte d'immunité sur les effets de ses investissements dans les énergies fossiles et les activités génératrices de CO2.  Mais ces insuffisances sont-elles une nuisance telle qu'il s'imposerait de combattre la loi par un référendum aux côtés de l'UDC, du lobby pétrolier et du patronat le plus réac, par un référendum, plutôt que la renforcer, la compléter, l'élargir ?

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  • Deux référendums contre la loi fédérale sur le CO2 : Tout ou rien ?

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    tortues.jpgUn référendum est donc lancé contre la loi CO2. Deux référendums, en fait : un annoncé par l'UDC et ses satellites, un autre par la grève climatique romande et la gauche de la gauche. Ces deux référendums ne se concurrencent pas, ils s’additionnent. Et si, comme probable, ils aboutissent ensemble, on votera donc sur la loi. Et là encore, les "non" de l'UDC et les "non" de la grève climatique et de la gauche de la gauche s'additionneront : on est dans une pure logique majoritaire, où les motivations des votes ne pèsent, arithmétiquement, en rien sur le résultat et où voter "non" parce que la loi ne va pas assez loin (et en effet, elle est loin de répondre aux exigences de l'urgence climatique)  équivaut à un "non" parce que la loi va trop loin... Le dilemme est le même que celui auquel nous faisions face avec le projet de congé-paternité au rabais, accepté le 27 septembre :  loin de ce pourquoi nous nous battons, mais un premier pas (même un tout petit premier pas) vers cet objectif : un véritable congé parental. Un premier pas, ou un socle sur lequel appuyer un projet plus ambitieux. Fallait-il alors refuser de le faire, ce tout petit premier pas ? Va-t-on plus loin en refusant d'avancer un peu ? Nous avons toutes et tous, de la droite la moins à droite à la grève féministe en passant par toute la gauche accepté de le faire. Le même choix se pose face à la loi CO2 votée par les Chambres : elle est bien en deçà de ce qu'elle devrait être, mais elle est aussi un premier pas vers là où nous voulons aller. Plusieurs organisations et mouvements qui avaient appelé à voter pour le premier pas d'un congé paternité appellent à un référendum contre le premier pas vers une véritable loi climatique. Cette logique du "tout ou rien" n'a guère d'effet positif que l'unité de position de SolidaritéS et du Parti du Travail. C'est bien, mais un peu insuffisant pour que nous nous y rallions. Ou alors, juste histoire de prendre une jolie posture de radicalisme. ça sert à rien, mais ça fait du bien par ou ça passe...

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  • "Grève nationale pour l'avenir" : changement de forme, pas de fond...

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    sirène d'alarme.jpgAlarme, citoyens !

    Aujourd'hui devrait être un jour de grève pour le climat (une "grève pour le futur", si on traduit en français le titre anglais, comme si on pouvait faire grève pour le passé...). Mais aujourd'hui ne sera pas un jour de grève -ou alors virtuelle. Il est vrai que le coronavirus a plus fait pour le climat, dans l'immédiat, que toute grève de ce genre (mais le "déconfinement" va déconfire ce bénéfice transitoire). La trêve se terminant, le retour à l'anormale se dessinant, le combat pour la justice climatique va devoir reprendre, en même temps que le combat pour la justice sociale. Les transports sont la principale source d'émissions de gaz à effet de serre de la Suisse" rappelle l'ATE. La mobilisation pour  "le développement d'une mobilité durable, libérée de l'essence et du diesel" ne revêt pas moins d'urgence qu'il y a trois mois. La grève qui se justifiait avant l'arrivée du virus se justifie donc autant après, si elle va forcément devoir prendre d'autres formes que celles prévues. Mais on peut aussi sortir dans la rue et manifester, même si c'est interdit, en traçant autour de soi un carré de 2 mètres de côté, histoire de reprendre nos droits démocratiques, et pas seulement nos pulsions consuméristes. Pour toutes les autres initiatives à l'ordre du jour, actions décentralisées "symboliques et créatives", actions "surprise" et pour la webradio de la grève, c'est par là : www.challengeforfuture.ch

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  • Pétrole maudit !

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    dimanche sans voiture.jpgLe baril de brut à zéro dollars ? on va pouvoir s'en regoinfrer...

    Mardi matin, le prix du baril de brut WTI américain livrable en mai est carrément passé en-dessous de zéro à New York : Les traders offraient jusqu'à 40 dollars pour qu'on les débarrasse du brut dont ils ne savaient pas quoi foutre, ni où le stocker, tellement l'offre dépasse la demande : les terminaux de stockage sont pleins, et leur location coûte un saladier. Pour le brut livrable en juin, le prix atteignait seulement dix à douze dollars le baril à New-York, vingt dollars à Londres pour le Brent de le Mer du Nord. Avant la pandémie, la planète cramait 100 millions de barils par jour. Depuis, la consommation s'est effondrée : 40 % de moins au plan mondial (avec des mesures immédiatement perceptibles :  deux tiers de circulation en moins sur l'autoroute Genève-Lausanne la semaine, 85 % de moins le dimanche, entre 50 et 80 % de moins de demande dans les stations-service). Mais la production, elle, a continué à 88 % de ce qu'elle était. Et comme la demande s'est effondrée, les rares  lieux de stockage qui restent disponibles se louent quarante fois plus cher qu'à fin février. Que faut-il craindre le plus ? que cette crise de la consommation perdure et mette en danger l'industrie pétrolière, les grandes compagnies, et les pays dépendant du pétrole pour leur balance économique (l'Algérie, le Nigéria, le Vénézuéla), voire la politique pétrolière de Trump basée sur l'extraction (fort onéreuse) de l'huile et du gaz de schiste par des compagnies très endettées (elles avaient émis des obligations pourries, très rentables quand tout va bien mais calamiteuses quand en temps de crise) ? ou, au contraire, qu'une fois la pandémie maîtrisée, la goinfrerie de carburants fossiles reprenne*, et avec elle la dégradation environnementale qu'elle implique et provoque ?

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