élections

  • Coalition de (presque) toute la gauche française : Cinq ans trop tard ?

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    bus-ps.jpgLe Conseil national du PS a donc approuvé hier soir à une large majorité l'accord de la gauche française (la "Nouvelle union populaire" autour de la "France insoumise")  pour les élections législatives de juin. Qu'une apparence d'unité de la gauche (Insoumis, PC, PS, Verts) se fasse, mais cinq ans trop tard, et qu'elle se fasse autour de Mélenchon tient de l'ironie de l'histoire. Il aura fallu une lourde défaite de la gauche, toute la gauche, pour que sa part la moins défaite puisse imposer à ses parts les plus défaites une unité qui tient, pour elles (le PS, le PC, les Verts) du sauvetage des meubles. Le barrissement des éléphants socialistes ne doit pas faire illusion : ce n'est pas le Parti socialiste qui va disparaître, mais ce qu'ils en ont fait. Après tout, les pères du macronisme, ce sont bien eux. A commencer par François Hollande.  La recomposition de la gauche française se fera sur fond de défaite électorale –mais s’est-elle jamais faite en d’autres circonstances ? Mitterrand ne recompose le PS (et la gauche) à sa main que sur les ruines de la vieille SFIO… C’est la baffe qui réanime, ou qui ressuscite, même (ou surtout ?) quand on a fait à peu près tout ce qu’on pouvait faire pour se la prendre.

    C'est toujours le plus fort qui coalise les plus faibles autour de lui. L'union de la gauche qui amène Mitterrand au pouvoir, la gauche plurielle qui y amène Jospin, se font autour du PS. L'union de la gauche française aujourd'hui se fait autour de la France Insoumise ? C'est logique. Et ça ne tue pas les forces qui se coalisent autour de Mélenchon. Le ralliement, contraint et forcé par sa déroute électorale du PS à une coalition dominée par la France Insoumise, pourrait, aussi paradoxal que cela paraisse, lui permettre de survivre. Parce que localement, régionalement, il est bien plus solide que nationalement.

    Et puis, qu'on cesse de nous faire prendre des vessies réformistes pour des lanternes révolutionnaires : Mélenchon, ancien sénateur socialiste, ancien ministre socialiste,  ce n'est pas l'extrême-gauche. Il est moins radical aujourd'hui que Mitterrand il y a quarante ans. Et le programme de la France Insoumise est plus prudent que celui du PS sorti du Congrès d'Epinay, à l'ambition rimbaldienne : "Changer la vie", pas moins.

    Pour le reste, on peut reprendre sans (presque) rien en changer ce que nous publiâmes il y a quatre ans ("Le socialisme, ou comment ne pas s'en débarrasser", L'Aire, 2018)...

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  • Deuxième tour de la présidentielle française : Ouf ! Et après ?

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    merde.jpgEmmanuel Macron est le troisième président français de la Ve République à être réélu au suffrage universel (après Mitterrand et Chirac), premier à l'être sans sortir d'une cohabitation avec un concurrent. Il a été réélu avec dix-sept point s d'avance sur sa concurrente. C'est considérable, mais une grande partie (près de la moitié selon les sondages) de celles et ceux qui ont voté pour lui l'ont fait comme on choisit de deux maux, le moindre. Celui dont on peut guérir. Il fait un excellent résultat, mais pas un triomphe. Président sortant après une présidence marquée par trois crises (sans compter même la crise climatique), celle des "gilets jaunes", celle de la pandémie covidienne, celle de la guerre en Ukraine, il fait le meilleur résultat obtenu à une présidentielle, après ceux de Chirac en 2002 et de lui-même en 2017, il fait mieux que Mitterrand en 1988, aussi bien que Pompidou en 1969, mais il fait moins que lui-même il y a cinq ans.  On a sans doute, comme Macron lui-même l'a reconnu, moins voté pour lui que contre Le Pen -le "front républicain" n'est donc pas tout à fait mort, s'il n'est pas au mieux de sa forme : Aux Antilles, qui avaient placé Mélenchon en tête du premier tour, on a voté Le Pen au deuxième (il va nous falloir relire le "peau noire et masques blancs" de Fanon...), et globalement l'abstention (un silence qui est un refus de choisir, comme le résume Macron lui-même) est la plus forte enregistrée à un second tour de la présidentielle depuis 1969 (les raisons de cette abstention, à 53 ans de distance, sont d'ailleurs les mêmes : l'abstention d'une partie importante de l'électorat de gauche -à l'appel, en 1969, du PCF, dont le candidat, Jacques Duclos, avait renvoyé dos à dos les candidats Pompidou et Poher ("bonnet blanc et blanc bonnet"). L'abstention hier a pourtant été moins forte que dans la plupart des élections comparables ailleurs qu'en France -on ne parle même pas de la Suisse, où elle est généralement majoritaire (comme hier aux Antilles)... Et hier soir, sitôt le résultat du deuxième tour de la présidentielle connu, on est entré dans le troisième tour :  les législatives. Après le "ouf !" saluant la défaite de Le Pen, le "Et après ?" interrogeant la victoire de Macron...

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  • Deuxième tour de la présidentielle française : Un pari pascalien

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    Blaise Pascal.jpgQu'est-ce que le débat Macron-Le Pen a changé au prononcement probable des Françaises et des Français dimanche ? Sans doute pas grand-chose, sinon rien. On avoue d'ailleurs ne pas l'avoir suivi, préférant voir et entendre l'entretien avec Edgar Morin, 100 ans aux fraises, programmé au même moment sur la 5, mais comme on a été bassinés à jet continu d'extraits du débat dès sa fin et jusqu'au moment où on écrit par d'extraits de ce débat, on a l'impression de l'avoir subi en entier. De toute façon, le politologue Jean Garrigues juge limité l'impact de ce genre de confrontations ultra-codifiées, de la distance entre les protagonistes jusqu'à la température de la clim' : "c'est toujours celui qui est en position de favori qui remporte le débat"... Il paraît que tel a été le cas mercredi soir -c'est en tout cas ce qu'assurent les sondages, qui donnent Macron vainqueur du duel télévisé et en progression, à 55,5 %, dans les intentions de vote. Et alors ? Alors, rien. Sinon la version électorale d'un pari théologique, celui de Pascal. Vous ne voyez pas le rapport ? vous avez tort -Pascal, comme Montaigne, comme Debord, c'est bon pour tout, même pour l'improbable.

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  • Macron et Le Pen à la chasse aux électeurs de Mélenchon

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    Macron-Mélenchon.jpgA gauche toute !

    "La France est face au scénario du pire", éditorialisait lundi "Le Courrier" : Marine Le Pen "est en mesure de l'emporter le 24 avril prochain", au second tour de la présidentielle, en s'appuyant sur le socle des 32,3 % de suffrages xénophobes totalisés (entre Le Pen, Zemmour et Ducon Gnangnan) au premier tour. "Nous sommes face à un choix de civilisation", a prêché Le Pen après sa sélection comme challenger du président sortant. Un choix de civilisation ? Peut-être, mais entre quelles civilisations ? En tout cas, un choix machiavélien entre le pire et le moindre mal. En attendant d'en connaître l'issue, on observe que les deux candidats se livrent à une chasse effrénée aux voix de gauche. Parce que si la gauche a perdu le premier tour et est absente du deuxième, ses électeurs, eux, ne se sont pas évaporés. Et que les deux adversaires du tour final en ont besoin. Ainsi, Macron a, dès le soir du premier tour, assuré qu'il était "prêt à inventer quelque chose de nouveau pour rassembler" autour de lui. Prêt à "enrichir" son projet sur l'écologie. A reculer sur sa réforme du système de retraite. A créer un "impôt de guerre" sur les grandes entreprises pour redistribuer du pouvoir d'achat. A constituer, une fois élu et à défaut d'avoir pu reconstituer un front républicain pour assurer son élection, un gouvernement d'union républicaine. Encore un peu et il proposera un programme commun aux socialistes, aux communistes et aux écologistes. Et un programme de transition aux trotskystes.

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  • La gauche française après une défaite électorale

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    Titanic.jpgAu tréfonds à gauche

    A considérer les résultats du premier tour de la présidentielle, la gauche française n'a jamais été aussi faible : ses six candidats totalisent moins de 32 % des suffrages. Pris dans le "casse noix" Macron-Mélenchon, les candidats des Verts, du PS et du PC dépassent à peine, ensemble 8,5 % des suffrages et la candidate socialiste dépasse à peine l'addition des deux candidats trotskystes. Cette déroute de la gauche, que ne compense pas le succès de sa seule composante (la France Insoumise) qui à défaut de pouvoir crier victoire n'ait pas à pleurer une défaite, était annoncée, et ses causes remontent loin, à quarante ans: à la perte  de son assise de classe dès le "tournant de la rigueur" lors du premier mandat de Mitterrand. La gauche française a pu encore gagner des élections, souvent en profitant des erreurs de la "droite la plus bête du monde" (prétention par ailleurs injustifiée), mais n'est plus apparue comme une véritable force de changement social. Quand elle gagnait ou ne perdait pas, c'est qu'on n'avait voté pour elle que parce que la droite était pire. Un peu comme dans dix jours on votera Macron parce qu'en face il y a Le Pen. 

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  • Présidentielle française : Bis repetita (non placent)

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    Capture d’écran 2022-04-11 011943.jpgEn France, la campagne électorale qui n'a pas eu lieu a accouché d'un résultat finalement d'autant plus étrange qu'il était annoncé : la surprise, c'est qu'il n'y a pas eu de surprise, sinon dans le détail des résultats. La guerre en Ukraine, la pandémie ont contraint la campagne, l'urgence climatique en a été absente.  Macron voulait un duel de second tour avec Le Pen, il a tout fait pour l'avoir, il l'a. Le Pen voulait se retrouver face à Macron, elle s'y retrouvera, malgré Zemmour, et il n'aura sans doute manqué qu'une semaine à Mélenchon pour la rattraper et se retrouver face à Macron en récupérant une par supplémentaire de l'électorat des autres candidats de gauche ayant refusé de se retirer -et se retrouvant donc responsables de l'échec du seul candidat qui aurait été capable d'éviter à la gauche de se retrouver à devoir voter Macron pour éviter Le Pen. C'est dommage : un débat entre Macron et Mélenchon, ça aurait eu une autre gueule que celle qu'aura probablement le débat entre Macron et Le Pen. 12 candidat.e.s se présentaient aux Français. Cinq disaient espérer se retrouver au deuxième tour, trois pouvaient réellement l'espérer, et hier soir, ils totalisaient ensemble près des trois quarts des suffrages, les deux partis de gouvernement qui se sont succédé à la tête de la France ne totalisant, ensemble, que moins de 7 % des suffrages... La campagne officielle débute le 15, la campagne réelle a commencé hier soir. Puis, ce sera, en juin, une sorte de troisième tour, les élections législatives, le président ou la président.e élu.e ayant besoin d'une majorité parlementaire.

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  • Présidentielle française : Bis repetita (non placent)

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    Capture d’écran 2022-04-11 011943.jpgEn France, la campagne électorale qui n'a pas eu lieu a accouché d'un résultat finalement d'autant plus étrange qu'il était annoncé : la surprise, c'est qu'il n'y a pas eu de surprise, sinon dans le détail des résultats. La guerre en Ukraine, la pandémie ont contraint la campagne, l'urgence climatique en a été absente.  Macron voulait un duel de second tour avec Le Pen, il a tout fait pour l'avoir, il l'a. Le Pen voulait se retrouver face à Macron, elle s'y retrouvera, malgré Zemmour, et il n'aura sans doute manqué qu'une semaine à Mélenchon pour la rattraper et se retrouver face à Macron en récupérant une par supplémentaire de l'électorat des autres candidats de gauche ayant refusé de se retirer -et se retrouvant donc responsables de l'échec du seul candidat qui aurait été capable d'éviter à la gauche de se retrouver à devoir voter Macron pour éviter Le Pen. C'est dommage : un débat entre Macron et Mélenchon, ça aurait eu une autre gueule que celle qu'aura probablement le débat entre Macron et Le Pen. 12 candidat.e.s se présentaient aux Français. Cinq disaient espérer se retrouver au deuxième tour, trois pouvaient réellement l'espérer, et hier soir, ils totalisaient ensemble près des trois quarts des suffrages, les deux partis de gouvernement qui se sont succédé à la tête de la France ne totalisant, ensemble, que moins de 7 % des suffrages... La campagne officielle débute le 15, la campagne réelle a commencé hier soir. Puis, ce sera, en juin, une sorte de troisième tour, les élections législatives, le président ou la président.e élu.e ayant besoin d'une majorité parlementaire.

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  • L'Ukraine, l'urgence climatique, l'urgence sociale... et les élections cantonales...

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    HOTDEVIL.JPGIl y a l'Ukraine, l'urgence climatique, l'urgence sociale... mais il y a aussi, et pas seulement en France, les petits calendriers politiques routiniers. A un peu plus d'un an des élections cantonales genevoises, suivies des élections fédérales, si les partis politiques ne sont pas encore en ordre de bataille, les stratégies déjà se dessinent, et les fronts, à l'ancienne, à la conformité à ce qui structure les champs politiques des démocraties depuis un peu plus de deux siècles. Ce n'est plus la Montagne, le Marais et la Gironde, mais c'est toujours la gauche (PS, Verts, Ensemble à Gauche), le centre (ex-PDC et Verts libéraux) et la droite (PLR, UDC). Petit point de la situation à Genève : depuis un an, le Conseil d'Etat genevois est à majorité de gauche, quand le Grand Conseil est resté à majorité de droite. Du coup, l'enjeu des élections du printemps 2023 est le même pour la gauche et la droite : rendre les majorités des deux pouvoirs cohérentes, ce qui signifie pour la gauche garder le Conseil d'Etat et conquérir le Grand Conseil, et pour la droite garder le Grand Conseil et reconquérir le Conseil d'Etat. La gauche rêve de réussir pour les élections cantonales ce qu'elle a réussi aux Municipales, la droite de réussir à Genève ce qu'elle veut réussir dans le canton de Vaud.

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  • Présidentielle française : 33 % d'intentions de vote pour l'extrême-droite

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    Capture d’écran 2022-02-16 022941.jpgTiers-Etat d'âme

    Candidat sans l'être officiellement mais tout en l'étant réellement, Macron survole les intentions de vote (si l'élection avait lieu au moment où se fait le sondage qui les évalue) à la présidentielle de dans quelques semaines. Le dernier sondage, paru hier, lui accorde 25,5 % d'intentions de vote, loin devant Martine Le Pen (17,5 %), Eric Zemmour (15 %), Valérie Pécresse (14,5 %) et Jean-Luc Mélenchon (11,5 %). Le seuil pour se retrouver au deuxième tour de cette élection cardinale du système français n'aura jamais été aussi bas. Quant à la gauche, ses candidates et candidats, Mélenchon mis à par, sont à la ramasse, en particulier la candidate socialiste, Anne Hidalgo,à propos de laquelle on se demande quand son propre parti admettra l'inutilité, et même la nocivité de la version électorale de l'acharnement thérapeutique, puisque qu'elle e traîne à 2 %, derrière Christiane Taubira (qui échoue dans sa tentative de se présenter comme une "solution unitaire") et le candidat du PC, Fabien Roussel, qui, à défaut de représenter une chance pour la gauche d'être au second tour de la présidentielle, a au moins réinstallé le PCF dans le paysage politique français. Ce serait d'ailleurs la première fois depuis 1969 qu'un candidat communiste obtienne plus de suffrage qu'un.e candidat socialiste... Roussel ne fera certainement pas aussi bien que Duclos, mais Hidalgo fera encore pire que Defferre. Quant à l'extrême-droite, ses deux candidatures confondues (on s'abstiendra même d'y ajouter celles, anecdotiques et pas certaines, faute de parrainages, d'être validées de Dupont-Aignan et de Phillipot), elle n'aura jamais été aussi forte avant un premier tour depuis la présidentielle de 1965, où elle était représentée pat Tixier-Vignancourt. : dans les sondages, elle en est à 33 % des intentions de vote. Sans doute ces intentions ne sont-elles pas des engagements, et les sondages ne sont-ils pas l'élection, mais tout de même, ce Tiers-Etat d'âme, s'il n'est pas tout, n'est pas rien, et arrive à être quelque chose...

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  • De quoi Zemmour est-il le nom ?

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    Zemmour.jpgSi consternante qu'elle puisse nous paraître de la province d'où nous y assistons, la campagne électorale de la présidentielle française n'est pas dénuée d'enseignements. On a pu dire, ici ou ailleurs, ce que nous suggérait l'état d'une gauche qui réussit l'exploit d'être à la fois à son étiage le plus bas et productrice du plus grand nombre historique de candidates et de candidats, et l'état d'une droite traditionnelle, démocratique, courant depuis des mois, sinon des années, aux basques de l'extrême-droite pour tenter d'en récupérer une partie de l'électorat. Là, c'est précisément de cette extrême-droite dont il est question, et plus précisément encore de son nouveau héraut : Eric Zemmour, dont le surgissement a eu deux effets : tirer la candidate de la droite traditionnelle, Valérie Pécresse, plus à droite, et "respectabiliser" (ou "dédiaboliser") Marine Le Pen. Zemmour marque le glissement à droite du paysage politique, y compris de celui de la droite elle-même, au point qu'il en arrive à rendre efficace la stratégie de "dédiabolisation" du FN, devenu RN, entamée par Marine Le Pen. Le glissement général à droite produit Zemmour, et du coup Zemmour "gauchit" Le Pen et Macron dans le moment même où il "droitise" Pécresse.

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  • Présidentielle française : Macron et Le Pen, saison 2

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    Capture d’écran 2022-01-12 025026.jpgLa gauche dans les choux

    Si l'élection présidentielle française avait eu lieu le 7 janvier, son premier tour aurait, selon la moyenne des sondages sur les intentions de vote,  sélectionné les mêmes protagonistes du deuxième tour qu'il y a cinq ans : Macron, dix points devant Le Pen (l'écart entre eux s'est creusé en cinq ans, grâce à Zemmour), la candidate de la droite traditionnelle, Pécresse, en embuscade, et Zemmour distancé en quatrième position. Et la gauche, alors elle est où ? Dans les choux. Pas dans ceux d'où naissent les enfants : dans ceux où grouillent les limaces. La candidate socialiste, qui se traîne en dessous des 5 % d'intentions de vote, a bien lancé un appel à des "primaires" à gauche pour désigner une candidature unique mais n'a reçu de réponses des principaux candidats de gauche (Mélenchon, Jadot, Roussel) que des refus d'entrée en matière et le résultat de la "primaire populaire" lancée par des militants excédés par l'égocentrisme des chefs de partis et de leurs candidats, est récusé avant même que d'être connu par ceux qui refusaient déjà la primaire proposée par Hidalgo. L'hypothèse d'une candidature de Christiane Taubira n'a suscité que des frémissements à la surface du marigot, Mélenchon ne se bat plus que pour faire jeu égal avec Zemmour, Jadot pour ne pas se laisser distancer de trop loin par Mélenchon, Roussel pour rappeler existence du PCF, les deux trosks pour faire leur tour de piste habituel et Montebourg pour trouver la porte de sortie. Résultat : Macron fixe l'agenda, les enjeux, le rythme et les thèmes de débat ou de polémique, et derrière lui, pour le deuxième tour, on risque bien de n'avoir de choix qu'entre la droite, la droite de la droite et l'extrême-droite...

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  • De quoi Zemmour est-il le nom ?

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    Droitisations

    doigt pointillé.jpgOn s'est trompé en comparant Zemmour à Doriot : il n'en a pas le format. Zemmour, c'est plutôt un Drumont qui aurait réécrit sa "France juive" en "France musulmane". Son discours paranoïaque, à grand renfort d'exorcisme du "grand remplacement", de dénonciation de l'"immigration de masse" et de l'"islamisation de la France", ses projets de Guantanamo à la française, d'abolition du droit du sol (une vieille conquête républicaine), de privation des immigrants non-européens de toute aide sociale, ont déteint sur la droite démocratique (il n'avait pas besoin de déteindre sur celui de Marine Le Pen), qui a désigné comme candidate une Valérie Pécresse, initialement estampillée libérale, et qui a été intronisée, contre encore plus à droite qu'elle, au terme d'une campagne interne qu'elle a placée sous le double signe de l'immigration et de l'insécurité". pour pouvoir récupérer une partie de l'électorat de Le Pen et de Zemmour. On connaît la tripartition de la  droite traditionnelle selon l'analyse qu'en fit René Rémond : une droite légitimiste, une droite orléaniste, une droite bonapartiste. Mais il n'y a pas de place dans cette tripartition pour l'extrême-droite. Or elle est là, et bien là, et depuis longtemps -depuis qu'il y a une gauche et une droite, et peut-être même avant, et on voit mal (même en tordant les références historiques) qui  pourrait aujourd'hui représenter chacune des trois droites de Rémond  : Macron pour la droite orléaniste, cela peut encore s'admettre, mais qui pour la droite légitimiste ? Pécresse ? Et pour la droite bonapartiste, Le Pen, Zemmour ? La seule figure bonapartiste qui puisse nous dire de quoi Zemmour est le nom est sans doute celle de la princesse Marie...

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  • Elections régionales en France : Retour de l'ancien monde et du vieux clivage

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    Capture d’écran 2021-06-21 202516.jpgAvec une abstention massive à l'aune française (68 %), mais qui ne nous ferait guère en Suisse que sourciller  (il est vrai que nous votons tous les trois mois...), le premier tour des élections régionales françaises a donné la victoire aux "vieux partis" (Républicains, PS) et aux Verts, et défait les deux partis dont le candidat (Macron) et la candidate (Le Pen) sont toujours donnés par les sondages pour s'affronter à nouveau au second tour des présidentielles (quoique le score d'un Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France puisse lui laisser espérer troubler le jeu, comme représentant de la droite républicaine, alors qu'il a quitté le parti supposé l'incarner). Ce n'était que le premier tour d'une élection à deux tours, mais son verdict est tout de même clarificateur : à la droite de la droite, le Rassemblement (ex-Front) National recule de près de dix points et n'arrive en tête, de justesse, que dans son bastion de Provence-Alpes,Côte d'Azur.  A droite, les Républicains reprennent des couleurs, comme, à gauche, les socialistes. Les Verts confirment leur ancrage dans le paysage politique, et les "Insoumis" de Mélenchon sont réduits au rôle de mouche du coche... Bref, l'ancien monde politique et le bon vieux clivage gauche-droite sont toujours bien là. Mais c'est surtout la force de l'abstention (la plus forte depuis l'instauration de la Ve République) qui a marqué. Le vote est un droit, pas un devoir, et l'abstention est donc, elle aussi, un droit, pas une désertion. Elle a sans doute des causes multiples : la coronapandémie, dont la France n'est pas encore sortie, si elle est sortie du confinement; l'impression (fausse) que des élections régionales sont des élections de second ordre et que seule compte, finalement, la présidentielle; la dépolitisation d'une partie sans doute majoritaire de la population, depuis la disparition des grandes figures politiques à la De Gaulle et Mitterrand et d'un parti de masse comme le PC; la conviction (pas dénuée de pertinence, dans un système aussi vertical que le système français) que "de toute façon, ils font ce qu'ils veulent... mais la multiplicité de ces causes, auxquelles il serait illusoire d'espérer répondre par le développement du vote par correspondance et par internet,  écrit bien le diagnostic d'un système institutionnel à bout de souffle, et du double échec de la prétention de Macron à le changer d'en haut et de la tentative de Le Pen de s'en dire en dehors tout en se "dédiabolisant" pour pouvoir y entrer... avec comme seul résultat (du moins pour l'instant) que celui de démobiliser son propre électorat et devoir le supplier de se rendre aux urnes lors du deuxième tour.

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  • Elections en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles : Roule Britannia...

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    Mur d'Hadrien.jpgLa semaine dernière, des élections ont, en Grande-Bretagne, donné la victoire à trois forces politiques opposées les unes aux autres, et à leurs trois dirigeants politiques adversaires  : en Angleterre, les conservateurs de Boris Johnson ont remporté  une législative partielle dans un vieux bastion travailliste (Harlepool) et ont pris des dizaines de sièges aux travaillistes dans des Municipales; Les travaillistes, en revanche, sortent vainqueurs de l'élection du parlement du Pays de Galles. Et surtout, les indépendantistes de Nicola Sturgeon ont remporté l'élection du parlement écossais, n'y manquant la majorité absolue  que pour un seul siège (comme d'ailleurs les travaillistes du Pays de Galles), et en en obtenant plus du double que les conservateurs. Voilà donc la Grande Bretagne politiquement fragmentée par des Celtes de gauche et des anglo-saxons de droite,  en trois : une Angleterre conservatrice, une Ecosse nationaliste, un Pays de Galles travailliste.

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  • Election partielle au Conseil d'Etat genevois : A dans deux ans !

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    Capture d’écran 2021-03-28 233124.jpg

    Genève, Lausanne, Yverdon, Nyon, Renens, Moutier, et même en Valais -et en plus, il faisait beau : on a passé un beau dimanche... Pour en revenir au centre du monde,contrairement aux craintes de beaucoup et aux espoirs de quelques uns, on n'a "pas peu" voté, à Genève, hier (42,74 % de participation). Et vu le résultat, on s'autorisera à ajouter qu'on a "bien voté", dans une élection qui, au terme d'une étrange campagne, et pour un étrange enjeu, a plus mobilisé qu'attendu.  Au premier tour de cette élection partielle au Conseil d'Etat, la participation avait déjà dépassé 48 %, un record depuis 25 ans -mais on se prononçait sur une palanquée d'objets, dont un objet fédéral (l'initiative "antiburqa") et un objet municipal (le parking de  Rive) mobilisateurs. Et lors de l'élection générale du Conseil d'Etat, en 2018, la participation n'avait été que de 35 % au second tour. Vendredi, on l'avait déjà dépassée...  On a donc repourvu par Fabienne Fischer le siège laissé vacant par la démission de Pierre Maudet, qui entendait bien s'y rasseoir. Mais on ne l'a repourvu que pour deux ans. Toutes les cartes de ce jeu de bataille seront rebattues en 2023, avec, aujourd'hui, une gauche à 41,8 % (mais à plus de 50 % dans ses bastions de la Ville, comme les Pâquis, la Jonction, Plainpalais, les Acacias, Saint-Gervais) et une droite à 58.2 % (toutes familles recomposées ensemble, mais les scores de Delphine Bachmann et d'Yves Nidegger sont presque anecdotiques...). Des trois majorités qui nous sont nécessaires pour pouvoir vraiment "changer les choses", on  en gagné une, la gouvernementale. Nous restent donc les deux autres à conquérir, dans les urnes et dans la rue : la parlementaire et, surtout, la populaire. A dans deux ans !

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  • Nous avons voté pour Fabienne Fischer, sans aucune hésitation...

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    votez!.jpgEn principe, vous avez toutes et tous reçu (enfin) votre bulletin de vote. Il vous reste à en faire bon usage (jusqu'à jeudi soir par correspondance, dimanche matin au local de vote) pour participer à l'élection partielle au Conseil d'Etat. Vous avez le choix entre deux candidates et deux candidats au deuxième tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois. Avec une candidate verte,  Fabienne Fischer, soutenue par le PS, le Parti du Travail, le DAL, les Jeunes Verts, socialistes et Verts libéraux, ainsi que l'Avivo et Pro Velo (SolidaritéS appelle plus jésuitiquement à "faire barrage à la droite"). Derrière elle, à bonne distance au premier tour,  Pierre Maudet. Fabienne Fischer et Pierre Maudet sont sortis du premier tour avec une large avance sur leurs concurrents, dont il ne reste qu'Yves Nidegger, de l'UDC. A ces trois s'est ajoutée in extremis une candidate du PDC, qui au premier tour soutenait le candidat du PLR, mais profite de sa débandade pour faire au moins un tour de piste en espérant rallier à sa candidate, Delphine Bachmann, toutes celles et tous ceux qui à droite ne veulent ou ne peuvent se résoudre ni à voter pour Fabienne Fischer ou Yves Nidegger, ni à voter pour Pierre Maudet, "disqualifié pour exercer une fonction dans un collège gouvernemental". "Disqualifié" ? L'expression est étrange : "disqualifié" par qui ? Ce sont les électrices et les électeurs qui qualifient ou disqualifient une candidature. Ce sont donc eux qui diront dimanche ce qu'ils pensent de celle de Maudet. Espérons avoir fait comprendre ce que nous en pensons, nous, en ayant voté pour Fabienne Fischer, sans aucune hésitation...

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  • Les habits neufs du président Maudet

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    poster Mao.jpgQui va-t-on élire à Genève le 28 mars ?

    Dans la "Julie" de samedi, son ancien rédac'chef, Pierre Ruetschi titre sa chronique : "A Genève, la politique peut rendre fou"... Peut-être, en effet... et quand elle ne rend pas fou (ou folle, soyons inclusifs.ves), elle peut atout de même rendre idiot (ou idiote...), ce qui ne vaut guère mieux.  D'où, sinon, nous tomberait ou nous sourdrait ce besoin de chef, cette fascination de l'homme fort droit dans ses bottes, que trimballent le quarteron d'officiers en retraite et le chœur de groupies qui s'épanchent dans les media et les réseaux sociaux pour chanter les mérites de Pierre Maudet (qui se compare lui-même à un char d'assaut) en convoquant, qui Winkelried, qui Bonaparte au Pont d'Arcole, qui De Gaulle le 18 juin 1940 à Londres (on leur saura gré de nous avoir tout de même évité Achille, Hector, Attila, Gengis Khan, Guderian et Joukov, et préféré le Pont d'Arcole à celui de la Berezina), qui le capitaine dont on voit la grandeur dans la tempête (juste avant le naufrage) ? Et on ne vous parle même pas de la réintroduction par les maudétistes du délit de blasphème : s'en prendre à leur candidat équivaudrait à s'en prendre au Prophète... Mais qui diable élit-on dans deux semaines et pour deux ans ?  Un sauveur, un Grand Timonier ?  non : tout simplement, une Conseillère d'Etat ou un Conseiller d'Etat.. quelqu'un qui ne se prenne pas pour le centre du monde, ne considère pas qu'abaisser les autres soit un moyen de se grandir et refuse qu'en 2021, dans une démocratie, un Etat puisse encore fonctionner sur le mode du garde-à-vous, de l'injonction "alignez-couvert" et de l'ordre de marche. Les habits neufs du président Maudet ressemblent tout de même trop à d'anciens uniformes...

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  • Election partielle au Conseil d'Etat genevois : Façon puzzle ou bonneteau

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    Pierre Maudet se hissant à la deuxième place de l'élection partielle au gouvernement genevois, loin devant le candidat officiel de son ex-parti (le PLR), Cyrl Aellen (mais aussi loin derrière la candidate des Verts et du PS, Fabienne Fischer), ce fut la surprise de cette élection. La batterie de casseroles trimballées par Maudet n'a pas dissuadé une part considérable de l'électorat radelibe de continuer à voter pour lui, comme il le fait depuis quinze ans. Son succès, Maudet l'a en effet construit dans cet électorat et dans les communes et les arrondissements PLR : il cartonne à Cologny,  ou Vandoeuvres, pas  à la Jonction ou aux Pâquis. En face, Fabienne Fischer rassemble l'électorat du PS et des Verts et Morten Gisselbaek celui du Parti du Travail. Entre les deux, le vert libéral Michel Matter double le score de son parti, et sur la droite de tous les autres, l'UDC Yves Nidegger double aussi le score du sien. Au deuxième tour, le PLR et les Verts libéraux ne présentant ni ne soutenant plus personne, on va retrouver face à face Fabienne Fischer, pour qui le PdT a retiré son candidat, et Pierre Maudet, mais on va aussi retrouver Yves Nidegger, et trouver une candidate du PDC (qui était sensé soutenir le candidat du PLR ou premier tour, mais qui a peut-être plutôt soutenu le candidat des Verts libéraux), Delphine Bachmann. Orphelin de son candidat et de tout mot d'ordre, l'électorat du PLR va donc arbitrer, non sans doute l'élection elle-même, mais la course à la primature à droite. La course, ou le bonneteau. Car c'est bien à droite que campe Maudet... Une droite façon puzzle dont, encore sans parti, il est la plus grosse pièce...

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  • Votations et élection  : Tous nos "non", tous nos "oui"

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    Bienvenue chez nous.jpgNous sommes le 8 mars. Et c'est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes. Et c'est un lendemain de votations, qui ont produit des résultats pour le moins contrastés. De ces résultats, on glosera plus en détails dans les jours qui viennent, on se contentera aujourd'hui de se féliciter des votes cantonaux (y compris le prononcement sur les enjeux fédéraux) et du vote municipal genevois : c'est "non" à tout ce à quoi nous nous opposions, et "oui" à  ce que nous soutenions : "non " à l'initiative udéciste sur l'interdiction de se dissimuler le visage (dite "antiburqa"), à l'accord de libre-échange avec l'Indonésie, à la loi sur l'identité électronique et, massivement, au parking Clé-de-Rive. Et c'est un "oui" tout aussi massif à l'indemnisation sans discrimination des travailleurs et travailleuses précaires. Que du bonheur ? N'exagérons pas : nos orgasmes politiques sont plus genevois que suisses. On notera que la multiplicité des objets a sans doute contribué à gonfler la participation : à Genève, elle a dépassé les 50 % pour les objets fédéraux et cantonaux, et, sans y arriver pour l'objet municipal en Ville, y atteint un record pour une votation municipale... Cette hausse de la participation, assez inattendue en période covidienne, a certainement eu un effet sur les résultats -et sur chaque résultat, spécifiquement.  Deux résultats méritent en tout cas qu'on s'y attarde déjà un peu aujourd'hui, avant que d'y revenir : l'initiative dite "antiburqa", mollement acceptée au plan national et mollement refusée à Genève,  et le premier (bon) tour de l'élection partielle au Conseil d'Etat genevois.

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  • L'étrange procès de Monsieur Maudet

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    MaudetLe jury délibère encore

    C'est une invention genevoise (en tudesque : une Genferei) devant laquelle comparaissait Pierre Maudet : un tribunal de police avec jury populaire et deux verdicts successifs, l'un, judiciaire, aujourd'hui, et l'autre, politique, dans deux semaines, nul ne pouvant préjuger de l'impact du premier sur le second, ni les soutiens ni les adversaires de Maudet n'étant prêts à modifier leur verdict politique (nombre d'entre eux ayant de toute façon déjà voté) une fois le verdict judiciaire connu. Le Procureur avait requis 14 mois avec sursis contre Maudet, la juge l'a condamné à 300 jours-amende à 400 fr./jour, et au remboursement d'une créance compensatrice de 50'000 francs. Et il va faire appel.   Reste la genevoiserie :  le véritable verdict, de condamnation ou d'acquittement de Maudet, sera rendu par le peuple actif (les votantes et les votants) le 7 (ou le 28) mars prochain, lors de l'élection partielle au Conseil d'Etat à laquelle Pierre Maudet se présente, à sa propre succession. Le Tribunal de police lui était donc tribune électorale, et les relations par les media de ses interventions en tant que prévenu, et de celles de ses avocats, étaient autant d'actes de présence d'un candidat et de ses soutiens que de défense d'un accusé, par lui-même ou ses conseils.  En prononçant son jugement, la présidente du Tribunal, juge unique de l'étrange procès de Pierre Maudet (et consorts) envoie un message : on ne peut pas faire ni accepter n'importe quoi quand on est Conseiller d'Etat. A ce message, Maudet répond par le sien : seul le peuple qui m'a élu peut me condamner., en ne me réélisant pas. Et ce jury délibère encore.

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