Economie

  • Accord de libre-échange de l'AELE avec l'Indonésie : Libre échange inégal

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    libre-echange.jpgLe 7 mars, le peuple suisse se prononcera sur un accord de libre-échange entre l'AELE (dont la Suisse est membre) et l'Indonésie, attaqué par référendum populaire au nom du commerce équitable, du respect des ressources naturelles et de la solidarité avec les producteurs indonésiens de produits exportés en Suisse.. Porte-parole des référendaires, le vigneron genevois Willy Cretigny explique que le principe même du libre-échange est à combattre et que favoriser la venue de produits qui viennent de loin est "mauvais pour l'environnement, augmente le transport de marchandises et met les écosystèmes locaux sous pression" : "à 'heure où l'on parle d'économie circulaire, de recyclage des déchets, cette fuite en avant entraîne notre perte".  Le référendum est lancé contre un accord qui a été soutenu aux Chambres fédérales par le PS (et, sauf erreur, les Verts). Des ONG comme Public Eye, le WWF, ou la Fédération romande des consommateurs  ont refusé de soutenir le référendum, qu'ont soutenu en revanche la Jeunesse Socialiste, les Jeunes Verts et la Grève pour le Climat. Qui (comme nous, ici) appellent à refuser un accord de "libre-échange" en quoi se résument tous les termes de l'échange inégal entre une économie du centre et une économie de la périphérie.

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  • Soutenir ceux que la Confédération laisse tomber : L'unanimité, vraiment ?

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    pas de victoire sans lutte.jpgLe groupe socialiste propose aujourd'hui au Conseil municipal de Genève un projet de résolution (déjà soutenu par les Verts et Ensemble à Gauche) appelant au soutien de ceux que la Confédération laisse tomber, ou ne soutient qu'insuffisamment. Le traitement en urgence de ce texte a été accepté à l'unanimité du parlement de la Ville. Ce qui signifie que toute la droite l'a soutenu. On en est un peu désorienté. Un peu, seulement. Parce que ce qui qualifie une proposition politique, c'est aussi son caractère distinctif, sa différence, et qu'une proposition acceptée à l'unanimité pourrait, à quelques esprit chagrins, passer pour un truisme, une évidence, un lieu commun. Sauf que cette unanimité peut être factice, résignée, ou opportuniste. Qu'une proposition peut n'être soutenue que parce qu'on ne pense pas pouvoir la combattre, lors même qu'on aimerait bien le faire, ou qu'elle ne mérite pas d'être combattue Et qu'il revient alors à ceux qui la font de la défendre pour ce qui la distingue. Demander, comme nous allons le faire, que le Conseil fédéral "développe rapidement et massivement les aides nécessaires aux secteurs les plus fragilisés par la crise (...) et établisse les procédures les plus simples possibles pour l’obtention de ces aides", que la Ville de Genève soutienne "les demandes faites, de toutes parts, à la Banque nationale pour qu’elle redistribue aux cantons une part plus importante, compte tenu de leurs besoins, de ses bénéfices" et attendre du canton "qu’il redistribue une part suffisante de cette aide aux communes, et en particulier aux villes", est-ce aller assez loin, quand en une sorte de Pentecôte avant terme, des langues de feu keynésiennes semble avoir converti presque toute la droite aux vertus d'une relance par l'Etat ?

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  • Quand l'"économie" nourrit la pandémie

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    dansemacabre.jpgDanse macabre

    Un  sondage en ligne de l'institut Gfs entre le 22 et le 27 avril accordait une confortable cote de confiance aux zautorités (Conseil fédéral, Office fédéral de la santé publique, gouvernements cantonaux -on a évidemment oublié les communes...) et aux scientifiques dans la lutte contre le virus, et même dans le processus de sortie de confinement : 80 % des sondés faisaient confiance aux scientifiques, 78 % au Conseil fédéral, et à l'Office fédéral de la santé publique, 74 % au gouvernement de leur canton (mais quelque chose nous dit qu'il doit y avoir de fortes variations cantonales : 78 % des Genevois faisant confiance au Conseil d'Etat genevois, ça tiendrait du miracle...). Que reste-t-il de cette belle confiance après les navrantes prestations de nos sept supposés (et supposées) sages, la semaine dernière (une conférence de presse gouvernementale où on nous a parlé pour ne rien dire, sinon qu'on nous dira peut-être quelque chose une semaine plus tard)... On note que les cantons, chacun pour lui-même en Alémanie, ensemble en Romandie, prennent les décisions que la Confédération n'ose pas prendre, incapable qu'elle semble être de choisir entre défendre la population et défendre "l'économie" à tout prix de contaminations,  d'hospitalisations, de morts. Il faut dire que le patronat a pesé de tout son poids, et il est considérable, pour qu'aucune mesure ne soit prise qui entrave l'activité des entreprises... Et c'est ainsi que l'obsession de l'"économie" nourrit la pandémie... Danse macabre...

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" : Une évidence à soutenir

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    WORLD-CO.jpgLe 30 septembre dernier, deux conférences de presse de droite engageaient la campagne sur l'initiative "pour des multinationales responsables" : une conférence de presse pour combattre l'initiative, une autre pour la soutenir. Les présidents du PLR,du PDC et de l'UDC ont sonné le tocsin contre l'initiative, ceux du PBD et du Parti évangélique  et des élus Verts libéraux et démocrates-chrétiens l'angelus pour l'initiative. On va vivre une étrange campagne, à droite du champ politique (à gauche, pas de problème, tout le monde est pour). Ce que l'initiative demande tient de l'évidence : les entreprises qui ont leur siège en Suisse doivent rendre compte de leurs actes à l'étranger , et celles qui causent des dommages à l'environnement et violeraient des droits humains doivent en être tenues pour responsables devant la justice.  Autrement dit : les multinationales doivent assumer leurs actes. Celles qui n'ont pas à se reprocher des violations des droits fondamentaux n'ont rien à craindre, seules celles qui se comportent comme des gougnafières, et seules les multinationales (les PME ne sont pas concernées) sont visées : comme le rappelle le démocrate-chrétien fribourgeois Dominique de Buman, "seuls quelques groupes ne respectent pas les droits humains. Il faut les empêcher d'agir de la sorte". Et seule l'initiative peut y contribuer, pas le contre-projhet insipide des Chambres fédérales, du Conseil fédéral et des multinationales elles-même.

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  • Face aux crises sociale et environnementale : une politique anticyclique ou des collectivités publiques inutiles

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    crise

    La récession provoquée par la coronapandémie est la pire depuis le Deuxième Guerre mondiale, estime l'économiste Cédric Tille, qui la compare à celle des années '30,  et qui considère qu'il faudra plusieurs années pour que la Suisse (et les pays comparables) retrouve la croissance qu'elle aurait connue "normalement". La crise frappe tous les secteurs (sauf sans doute le secteur pharmaceutique...), tous les pays, toutes les régions, toutes les villes. Et tous les budgets publics. Genève avait déjà fragilisé, délibérément, les siens, en adoptant une réforme de la fiscalité des entreprises (la RFFA) fort coûteuse en recettes perdues, le virus a donné le coup de grâce aux dogmes de l'équilibre budgétaire et du frein à l'endettement.  Le Conseil d'Etat annonce un déficit du budget cantonal dépassant le milliard, le Conseil administratif de la Ville peaufine un budget municipal lui aussi lourdement déficitaire. Et alors ? Le déficit et la dette, en temps de crise, sont des modes de financement d'une action publique nécessaire pour soutenir l'économie qui mérite de l'être (il en est une qu'on peut laisser tomber sans regrets excessif), et la population qui a besoin de ce soutien public pour ne pas sombrer. C'est cela, ce qu'on appelle une politique "anticyclique" -une politique qui combat un cycle économique récessif qui atteint aux droits les plus fondamentaux des gens : le droit au travail, à un revenu suffisant pour vivre, à un logement, à des soins. Ce sont ces droits qu'une telle politique permet de maintenir. Et c'est donc une telle politique que les collectivités publiques, de la commune aux ensembles supranationaux, doivent mener -sauf à se déclarer elles-mêmes inutiles, parasitaires et nuisibles.

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  • Campagne pour des "multinationales responsables" : Chaude sera la fin de l'été

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    multinationales responsables.jpgLa coronapandémie a retardé le vote sur l'initiative populaire fédérale pour des "multinationales responsables", mais ne l'a pas annulé : on votera cet automne. Et si la coalition qui soutient l'initiative est prête à la campagne, le lobby des multinationales aussi. Il a agi au parlement fédéral pour couler un éventuel contre-projet qui ait quelque contenu, il va agir sur l'opinion publique pour essayer d'inverser la tendance favorable à l'initiative que révèlent les sondages. Soutenue par la gauche et 120 organisations non gouvernementales, l'initiative propose d'imposer dans la Constitution fédérale un devoir de diligence et une responsabilité juridique des multinationales en matière de droits de l'homme et de l'environnement dans toutes leurs activités et celles de leurs filiales à l'étranger. On se doute que cette perspective ne les enthousiasme guère. Leur lobby a donc commencé à faire campagne, surtout en Alémanie : elles vont, avec l'aide de l'agence de relations publiques proche de la multinationale Glencore, et la complicité du groupe de presse Tamedia  (que la coûteuse pub des multinationales nourrit) consacrer des millions (au moins huit) à tenter de convaincre le peuple (et les cantons) à les exonérer de toute responsabilité sociale et environnementale. La fin de l'été sera politiquement chaude...

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  • Pétrole maudit !

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    dimanche sans voiture.jpgLe baril de brut à zéro dollars ? on va pouvoir s'en regoinfrer...

    Mardi matin, le prix du baril de brut WTI américain livrable en mai est carrément passé en-dessous de zéro à New York : Les traders offraient jusqu'à 40 dollars pour qu'on les débarrasse du brut dont ils ne savaient pas quoi foutre, ni où le stocker, tellement l'offre dépasse la demande : les terminaux de stockage sont pleins, et leur location coûte un saladier. Pour le brut livrable en juin, le prix atteignait seulement dix à douze dollars le baril à New-York, vingt dollars à Londres pour le Brent de le Mer du Nord. Avant la pandémie, la planète cramait 100 millions de barils par jour. Depuis, la consommation s'est effondrée : 40 % de moins au plan mondial (avec des mesures immédiatement perceptibles :  deux tiers de circulation en moins sur l'autoroute Genève-Lausanne la semaine, 85 % de moins le dimanche, entre 50 et 80 % de moins de demande dans les stations-service). Mais la production, elle, a continué à 88 % de ce qu'elle était. Et comme la demande s'est effondrée, les rares  lieux de stockage qui restent disponibles se louent quarante fois plus cher qu'à fin février. Que faut-il craindre le plus ? que cette crise de la consommation perdure et mette en danger l'industrie pétrolière, les grandes compagnies, et les pays dépendant du pétrole pour leur balance économique (l'Algérie, le Nigéria, le Vénézuéla), voire la politique pétrolière de Trump basée sur l'extraction (fort onéreuse) de l'huile et du gaz de schiste par des compagnies très endettées (elles avaient émis des obligations pourries, très rentables quand tout va bien mais calamiteuses quand en temps de crise) ? ou, au contraire, qu'une fois la pandémie maîtrisée, la goinfrerie de carburants fossiles reprenne*, et avec elle la dégradation environnementale qu'elle implique et provoque ?

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  • Réformes de l'imposition des entreprises : rien de bien neuf

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    évasion fiscale.jpgRéformes suisse et genevoise de l'imposition des entreprises :
    Rien de bien neuf

    Le Conseil d'Etat genevois a présenté à la mi-octobre son projet de réforme de l'imposition des entreprises : il cale le taux d'imposition de leur bénéfice sur le taux vaudois (13,79 %), soit un alourdissement de celui des multinationales sous statut spécial (imposées actuellement à 11,6 %) et un allègement de celui de toutes les autres (imposées actuellement à 24 %).  Gains de l'opération cantonale pour les entreprises autres que les multinationales : nuls pour les plus petites, celles qui ne font quasiment pas, voire pas du tout, de bénéfices imposables, mais de plusieurs centaines de milliers de francs par an pour les plus grandes, sans que l'on puisse assurer qu'elles investiront ces gains dans leurs capacités de production (équipements, personnel) ou les répartiront dans les poches de leurs actionnaires. Coût minimal de l'opération pour les collectivités publiques genevoises (le canton et les communes) : 434 millions de francs par an (dont 84,5 millions pour les communes), selon les estimations cantonales -à peine moins que dans le premier projet (RIE III), 65 millions de moins que dans celui, refusé, de la PF17.  Mais les estimations de ce genre sont nimbées d'incertitudes : la RIE II ne devait coûter que 80 millions de francs aux collectivités publiques, elle leur en aura coûté plus de 2 milliards... Et ce qu'elles perdent doit être compensé. Par des réductions de prestations, ou des hausses de taxes, ou au plan suisse une hausse de la TVA -l'impôt le plus injuste, qui touche tout le monde au même taux, multi-millionnaires et sdf indistinctement. Pour faire passer la pilule, le Conseil d'Etat propose certes quelques mesures d'accompagnement, comme des places d'accueil pour la petite enfance (financées par un prélèvement sur la masse salariale), des rétrocessions aux communes ou la suspension (mais pas la suppression) du "bouclier fiscal" protégeant les hauts revenus et les grosses fortunes, mais renonce à celles qui étaient prévues pour nous faire avaler la RIE III : soutien aux transports publics, à la formation et à l'emploi des "seniors". Rien de bien neuf, donc. Et aucune raison de soutenir aujourd'hui ce qu'on refusait hier.

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  • Initiative pour des "multinationales responsables" et contre-projet : Parer le vote populaire ?

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    L'initiative populaire "pour des multinationales responsables", portée par 80 ONG et soutenue par la gauche, demande que les multinationales basées en Suisse assument devant des tribunaux suisses leurs responsabilités dans le respect des droits humains et de l'environnement, et répondent de leur violation, même copmmise à l'étranger par des filiales à l'étranger. Elle pourrait, si elle est maintenue par ses auteurs, être soumise au peuple en 2019. Discutée une première fois au sein des Commissions des affaires juridiques du Conseil national et du Conseil des Etats, elle sera traitée par le Parlement l'année prochaine. En attendant, le Conseil national lui a accolé (malgré l'UDC) un contre-projet indirect (qui ne lui serait donc pas opposé) qui intègre, en les affadissant, quelques unes de ses exigences dans le Code des Obligations, ce qui suffit à ses auteurs pour envisager de la retirer. Les syndicats patronaux ("Economie suisse" en tête) ont combattu de toutes leurs forces la proposition d'en lancer un, mais le Groupement des Entreprises Multinationales (rassemblant 93 firmes) et de grandes entreprises comme Migros ou Ikea le soutenaient, en échange d'un retrait de l'initiative, dont les partisans du contre-projet craignent qu'elle soit acceptée par le peuple (en novembre, un sondage lui accordait 77 % d'opinions favorables) : elle pourrait bien en effet lui être soumise juste avant ou juste après une réforme de l'imposition des entreprises qui contiendra forcément une proposition de baisser leur charge fiscale. Il ne serait alors pas facile d'expliquer aux citoyens pourquoi on se refuse à demander, poliment, aux multinationales de respecter un peu les droits fondamentaux, tout en leur faisant un beau cadeau fiscal... Dans ces conditions, le contre-projet tient du pare-feu... ou plutôt : du pare-vote populaire.

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  • Initiative "Monnaie Pleine", soumise au vote le 10 juin : OUI à une assurance...

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    francs suisses.jpg

    Souvenez-vous (c'est pas si vieux) : il y a dix ans, en 2018, la Confédération et la Banque Nationale (BNS) balançaient des milliards dans une opération de sauvetage d'UBS, menacée de disparaître dans les tourbillons de la crise financière mondiale, et "trop grande pour faillir" (to big to fail) sans risquer de casser toute l'économie suisse. La crise qui avait failli engloutir UBS avait en fait été créée par les imprudences systématiques (systémiques, même)des banques, qui avaient accordé des crédits non garantis par les débiteurs, ni couverts par les fonds propres des créditeurs. L'initiative "monnaie pleine" soumise au vote populaire le mois prochain est une forme de réponse à cette crise : elle prévoit que les banques ne pourront plus accorder de prêts au-delà des fonds dont elles disposent réellement (et qui aujourd'hui ne couvrent que 1 % des dépôts en banque). Autrement dit,. qu'elles ne pourront plus créer de la "monnaie scripturale" (qui représente actuellement 90 % de la masse monétaire dans un pays comme la Suisse). Une forme d'assurance, en somme, chaque prêt étant garanti par les fonds propres de la banque, celle-ci ne risquant plus de se retrouver dans la situation d'UBS, et la Confédération et la BNS dans l'obligation de sauver une banque "trop grande pour faillir".

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    Lien permanent Catégories : Economie, Suisse, votations 1 commentaire
  • 82 % de la richesse à 1 % de la population : Bienvenue dans le meilleur des mondes

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    inegalites.jpg82% de la richesse créée l'an dernier dans le monde a fini dans les mains du 1% le plus riche de la population de la planète, les femmes payant le prix fort de ces inégalités, a dénoncé lundi l'ONG Oxfam, lors de la publication, à la veille de l'ouverture du World Economic Forum (WEF) à Davos, de son rapport intitulé "Récompenser le travail, pas la richesse". Et si 1 % de la population mondiale a accaparé 82 % de la richesse crée, la moitié de la population mondiale, soit 3,7 milliard de personne, n'en a rien touché du tout. Reste 18 % de cette richesse, que se partage (inégalement) 49 % de la population. Dont nous, ici. Bienvenue dans le meilleur des mondes : le nôtre.

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  • Vers la fin de l'impunité des multinationales ?

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    WORLD-CO.GIFUn vieux mot pour une idée pérenne : l'internationalisme

    Dès aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Genève, en même temps que se réunira le Groupe de travail intergouvernemental de l'ONU chargé de préparer un traité, qui pourrait être contraignant, sur les entreprises (dont les multinationales) et les droits humains, plus de 200 organisations, associations, mouvements sociaux du monde entier appellent (https://www.stopcorporateimpunity.org/) à la mobilisation contre l'impunité totale dont jouissent les multinationales pour les violations qu'elles perpètrent des droits et des libertés individuelles et collectives : accaparement des terres, pollution des terres, des eaux et de l'air, violations des droits politiques, corruption... Ce dont il s'agit pour ces mouvements, et pour nous, est d'une ambition considérable : affirmer la primauté des droits des personnes et des peuples sur ceux des financiers et des marchés. Et pour l'affirmer, soutenir les résistances sur le terrain, et les mouvements qui les assument. Cela porte un vieux nom : l'internationalisme. Un vieux mot pour une exigence pérenne.

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  • Apu RIE III, coucou PF17 !

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    bonneteau.jpgLe Conseil fédéral découvre les villes

    Le Département fédéral des Finances et le Conseil fédéral découvrent les villes : ils avaient promis que les cantons et les villes seraient "étroitement associés aux travaux" de conception de la nouvelle mouture de réforme fédérale de l'imposition des entreprises, après le refus de la précédente (l'illustre RIE III). Une RIE IIIbis ? Non : superstitieuses, les zautorités fédérales ont débaptisé l'objet maudit, et lui donnent désormais le nom de "Projet fiscal 17". Sur lequel les villes donc seront consultées (mieux vaut tard que jamais), sur la base des propositions du Conseil fédéral et des cantons, présentées en juin et soumises à consultation jusqu'au 6 décembre. Rien de tel qu'une baffe référendaire pour revenir aux réalités : comme le proclamait la Municipale des Finances lausannoise Florence Germond (et son homologue genevoise, socialiste comme elle, Sandrine Salerno exprimait la même conviction) : "On a l'habitude de dire qu'on ne peut pas gagner une votation sans les cantons. Il faudra désormais ajouter : sans l'appui des villes". Le 12 février, cet appui avait manqué à la RIE III -et pour de bonnes raisons : le projet de réforme fédérale vidait les caisses des villes. Pour amadouer les cantons et leur faire soutenir le RIE III, la droite avait porté de 17 % à 21,2 % la part de l'impôt fédéral direct qui leur reviendra. Manoeuvre réussie : les cantons, contrairement aux grandes villes, ne s'opposaient plus à la réforme. En oubliant que la baisse des ressources fiscales fédérales aura forcément des répercussions négatives sur ceux des engagements financiers de la Confédération dont les cantons bénéficient (dans le domaine de la formation, ou de l'assurance-maladie, par exemple).

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  • Affres budgétaires et phynancières genevoises : Beautés de la langue de bois

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     Interrogé par le mensuel "Affaires Publiques", le ministre genevois des Phynances, Serge dal Busco, décrit en ces termes la situation financière genevoises : "Du côté des revenus, il est très difficile de dégager de nouveaux moyens" (il a en effet été plus facile de priver le canton d'un milliard de recettes annuelles en faisait se succéder 13 réductions d'impôts en quinze ans), "les projets que nous présentons pour tirer profit de certaines niches fiscales spécifiques se heurtent à de très fortes résistances politiques" (là, un traducteur est demandé), et comme il va falloir d'une part investir et que d'autre part "nous allons devoir assumer, à court terme, un manque à gagner fiscal temporaire lié à la réforme de l'imposition des entreprises" (on appréciera le "à court terme" et le "temporaire"...), "nous devons agir sur la part des dépenses publiques sur lesquelles le Conseil d'Etat et le Grand Conseil ont la main. Réduire les dépenses sans nuire aux prestations, avec notamment des gains d'efficience, voilà l'enjeu". Nous voilà pleinement rassurés et précisément informés. Rien de tel qu'une bonne dose de langue de bois pour donner l'impression qu'on dit quelque chose, quand ce qu'on dit ne dit rien de ce qui est, et moins que rien de ce qui sera.

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  • Consommer 7 jours sur 7, pourquoi ?

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    supermarche.jpegOuverture dominicale des magasins : on vote (contre) à Genève
     
    Le 27 novembre, on votera à Genève sur une initiative populaire interdisant toute ouverture dominicale des magasins (sinon celles déjà autorisées dans les gares, les aéroports, les stations-service ou dans les zones dites touristiques), initiative à laquelle est opposé un contre-projet autorisant une ouverture trois dimanches jusqu'à 17 heures, avec l'obligation de respecter une convention collective, étendue à l'ensemble du secteur (si la convention est résiliée, l'autorisation d'ouverture dominicale tombe). Le contre-projet autorise également, et sans autre restriction que celle, minimale, du respect des usages professionnels, l'ouverture des magasins le 31 décembre (jour férié à Genève). Ce compromis, négocié entre le Conseil d'Etat et les syndicats, et amendé par le PS et le MCG, la droite n'en voulait pas : pour elle, il allait trop loin en direction des exigences syndicales (et s'éloigne donc trop des exigences patronales). Ici, on soutient l'initiative et on ne refuse pas un compromis qui forcerait au respect d'une convention collective. Mais surtout, on persiste à se poser la question : à quel besoin, et même à quelle utilité, répondrait une ouverture dominicale plus fréquente des magasins ? A une irrépressible pulsion consumériste ?

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  • Sarawak : quand les palmiers détruisent la forêt

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    SADIA Sarawak.jpgHuile lourde

    De l'huile de palme et de ses dérivés, on en trouve dans une variété impressionnante de produits de toute nature : dans l'alimentation, les cosmétiques, les détergents, les agrocarburants (jusqu'à trois fois plus polluants que les carburants conventionnels). Cette huile est lourde : pour la produire, on déforeste massivement, on remplace tout aussi massivement les cultures qui nourrissent les populations par la culture qui nourrit les actionnaires. Au Sarawak (Malaisie), la déforestation a pris un rythme délirant : la destruction de la forêt vierge y est trois fois et demi plus rapide que dans le reste de l'Asie. Or le Sarawak n'est pas une terre vierge, ni sa forêt une sylve inhabitée : les communautés autochtones, victimes de la destruction de leur cadre de vie et du vol de leurs terres, résistent à cette destruction, à leur spoliation et leur expulsion. L'association SADIA, par exemple, les aide à faire valoir leurs droits, à les manifester, à agir en justice contre les producteurs d'huile de palme, et les autorités qu'ils corrompent. à résister aux intimidations et aux violences . Le SOLIFONDS* appelle au soutien à cette résistance.
    *SOLIFONDS, mail@solifonds.ch, www.solifonds.ch, CP 80-7761-7

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  • Initiative pour une "Economie Verte" : Un vote du râble

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     En août, 61 % des citoyennes et citoyens interrogés par sondage exprimaient leur soutien à l'initiative des écolos pour une "économie verte". Quelques semaines plus tard, ils étaient encore 51 % à la soutenir. Mais dimanche dernier, l'initiative était refusée par 63,6 % des suffrages et par tous les cantons, sauf le promontoire occidental du bout du lac (mais Lausanne et La Chaux de Fonds acceptent également l'initiative). La proposition des Verts a ainsi perdu en un peu plus de deux mois presque la moitié de ses soutiens. Qu'est-ce qui s'est passé ? Il s'est passé que, comme le résume le PLR Benoît Genecand, le vote majoritaire en Suisse (et minoritaire à Genève) a été un vote pour le porte-monnaie et pour le confort. Un vote pour, en toute bonne conscience, ne pas changer de mode et de niveau de vie, tout en êtant "écologiquement responsable". Face à la proposition d'"économie durable", les Suisses ont ainsi émis un vote du râble. 

    obeses.jpg

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  • RIE III : On passe aux choses sérieuses

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    danger de tomber de haut.jpgRéformes fédérale et cantonale de l'imposition des entreprises :
    On passe aux choses sérieuses...

    "La mère de toutes les batailles" : reprenant l'expression utilisée par Saddam Hussein pour qualifier sa guerre (perdue) contre les Etats-Unis et leurs alliés, le président du Conseil d'Etat genevois l'a utilisée pour qualifier l'enjeu du projet gouvernemental de réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), c'est-à-dire du volet genevois de la réforme fédérale. Un projet gouvernemental qui sera d'abord soumis au Grand Conseil, puis au peuple, référendum oblige (et s'agissant essentiellement de lois fiscales, il suffit de 500 signatures pour ce référendum). Le projet genevois est d'imposer toutes les entreprises au taux unique de 13,49 %, soit 0,3 % de moins que le taux adopté par les Vaudois -quoi que s'en récrie le Conseil d'Etat, on est bien dans la concurrence fiscale entre cantons. Pur les caisses publiques cantonale et municipales genevoises, ce taux correspond à une perte brute de ressources de 570 millions de francs (dont 111 millions pour les communes), ramenée à une perte nette de 440 millions grâce à une compensation fédérale et à diverses mesures cantonales. Genève a-t-elle les moyens de se priver de 440 millions de recettes fiscales ? Son gouvernement, incapable de maintenir le financement nécessaires aux services publics, s'en dit persuadé. La "mère de toutes les batailles" commence comme toutes les batailles, par faire une première victime : la vérité...

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  • Les socialistes genevois soutiennent l'initiative revenu de base inconditionnel

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    chut je rêve.jpgRBI : un "oui" socialiste

    C'est sous le slogan "avec le RBI, je choisis ma vie" que les partisans de l'initiative proposant d'instaurer en Suisse un revenu de base inconditionnel vont faire campagne. Leur initiative n'est pour l'instant soutenue que par les Verts, quelques personnalités (dont Guy-Olivier Segond) et quelques élus fédéraux (19 conseillères nationales et conseillers nationaux, toutes et tous de gauche, dont les trois socialistes et la verte genevois-e ) et, depuis hier soir, par le Parti socialiste genevois. C'est peu. Mais c'est déjà cela. L'initiative est simple, et radicale : elle demande à la Confédération d'instaurer un revenu de base inconditionnel, à destination de toute la population permettant à chacun-e de vivre dignement. Elle ne précise ni le délai de concrétisation de sa revendication, ni le montant du RBI qu'elle propose, tous éléments de concrétisation qu'elle laisse à la responsabilité du parlement, comme il sied pour un principe constitutionnel. ça prendra du temps, comme pour l'AVS, mais le jeu en vaut la chandelle

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  • Réforme de l'imposition des entreprise, version III : Référendum il y aura

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    digestion.jpgLe président du Parti socialiste suisse l'a annoncé le 31 mars : "ce n'est plus une menace mais un  fait", il y aura référendum contre la réforme de l'imposition des entreprise, troisième du genre. Pourquoi n'avoir pas attendu la fin des débats aux Chambres fédérales pour l'annoncer ? Parce qu'on sait déjà que la majorité de droite du parlement, en alignant les cadeaux fiscaux comme des noix sur un bâton, va rendre le coût de cette réforme insupportable pour les caisses publiques : fédérales, cantonales, municipales (celles des villes). La réforme est inévitable (c'est l'Union Européenne qui contraint la Suisse à modifier sa législation fiscale pour mettre toutes les entreprises sur pied d'égalité en abolissant les privilèges fiscaux accordés à certaines d'entre elles, étrangères. D'où d'ailleurs un léger ricanement de notre part à voir l'UDC appeler à exécuter un ordre de l'Union Européenne...),mais pas le prix dont la droite entend la faire payer. La "RIE III", c'est tout de même le plus gros cadeau fait au patronat (grand ou petit, mais le cadeau est d'autant plus gros que l'entreprise l'est...) depuis la fin de la Guerre Mondiale. Et on voudrait qu'il soit fait dans l'indifférence, sans résistance, sans débat, dans le "consensus" ? Pour qu'après la RIE III, on nous balance une RIE IV, puis une RIE V, et ainsi de suite romainement chiffrée jusqu'à la chute finale ?

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