Démocratie, droits politiques

  • Elire les juges ou les tirer (au sort) ?

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    roulette.jpegUne question de transparence...

    Dimanche, on saura si la Suisse a décidé d'élire les juges de son tribunal suprême par un simulacre de tirage au sort comme le propose une initiative lancée par un milliardaire ou continuer de les faire élire par le parlement fédéral. Il ne s'agit pas de tirer un juge comme le fit à Brive-la-Gaillarde le Gorille de Brassens, mais de tirer au sort les 38 juges fédéraux (et seulement eux). On pourrait se dire qu'après tout, pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi pas, en effet... mais pas comme l'initiative le propose. Pas avec un tirage au sort entre des candidats et des candidates sélectionnés par une commission nommée par le Conseil fédéral. Pas avec des juges restant en place  jusqu'à l'âge de 70 ans (au moins) sans avoir à être réélus. Pas avec une procédure de nomination où les jeux d'influence ne seraient pas moins déterminant, juste plus opaques, qu'ils peuvent l'être dans une élection parlementaire.  Certes, des candidatures hors-parti au Tribunal fédéral n'ont actuellement aucune chance (ce que regrette l'association suisse des magistrats) , puisque les juges sont élus par le parlement. Mais c'est précisément cette élection par le parlement qui rend publique les affinités politiques des juges : la transparence y gagne, on sait à qui on a affaire.

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  • Genève : vers une destitution à la (sale) tête du client ?

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    bouc émissaire 1.jpgOn nettoie, on ne censure pas

    L'"Affaire Maudet" plane sur la votation populaire cantonale genevoise du 28 novembre : le Conseil d'Etat et le Grand Conseil proposent un mécanisme de destitution, individuelle, de membres du gouvernement cantonal (mais pas de ce gouvernement en tant que tel). Neuf cantons suisses connaissent déjà des procédures de destitution. Dans trois (Neuchâtel, Nidwald, Grisons), le Grand Conseil est seul compétent pour lancer la procédure. Dans cinq (Berne, Soleure, Schaffhouse, Thurgovie, Uri), c'est le peuple, par initiative populaire, et la destitution est collective : c'est tout le gouvernement qui est révoqué. "Ensemble à Gauche" proposait cette procédure pour Genève, mais le Grand Conseil n'a pas suivi : ce qui est proposé aux Genevois, c'est un empêchement à l'américaine, pas une censure à la française. Dommage : Ici, on est partisans partisans d'un droit de dissolution du parlement, d'une motion populaire de censure. On en est loin, avec la proposition soumise au vote des Genevois et voises : on nettoie, on ne censure pas.

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  • Elire les juges fédéraux par un ersatz de tirage au sort ?

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    JugeRoyBean.jpegLe hasard, soit, mais lequel ?

    Adrian Gasser, le milliardaire auteur de l'initiative pour le tirage au sort des juges fédéraux soumise au vote le 28 novembre, trouve "choquant et inacceptable que les juges fédéraux appartiennent à la classe politique" -en revanche, la classe judiciaire et juridique (car il en est une, aussi) ne lui pose aucun problème. Certes, depuis 1942, aucun juge fédéral sans parti n'a été élu, mais l'appartenance a un parti politique n'est pas une obligation légale -elle n'est qu'une pratique commode, puisque l'instance qui élit (le parlement)est composée de représentants et de représentantes de partis. Et puis, en quoi la non-appartenance a un parti préserverait-elle les juges de pressions de leurs milieux, de leurs communautés de pensée, de religion, de conviction ? Et qui peut garantir que les membres de la commission, nommée par le gouvernement, qui sélectionnera le panel au sein duquel on tirera au sort les juges, seront sans affiliation, sans conviction, sans engagement politique ? Vous voulez un vrai tirage au sort des juges, qui soit une vraie rupture avec les manoeuvres, les pressions, les calculs politiques ? Alors tirons au sort les membres des Chambres fédérales (après tout, ce sont elles qui élisent les juges du Tribunal fédéral)... ou tirons au sort les juges au sein de l'ensemble de la population, comme naguère on formait les jurys populaires des tribunaux...

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  • Au nom de l'"indépendance de la justice" : s'en remettre au sort plutôt qu'au vote ?

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    Justice2.jpgC'est une vieille idée qui ressurgit à l'ordre du jour des votations du 28 novembre : celle de recourir au tirage au sort plutôt qu'à l'élection pour désigner les membres d'une autorité. Une initiative populaire lancée, à ses frais, par un multimillionnaire du textile, Adrian Gasser, propose, au nom de l'"indépendance de la justice", de faire désigner les juges du Tribunal fédéral par tirage au sort plutôt que les faire élire par le parlement, pour les rendre plus indépendants des partis politiques. Mais l'initiative ne s'en remet tout de même pas à l'égalitarisme du hasard : elle propose un système où pour soustraire les juges au jugement des parlementaires, elle les fait choisir, avant tirage au sort, par une commission dont les membres seraient nommés... par le gouvernement.

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  • Elargir la démocratie à celles et ceux qu'elle ignore

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    Bienvenue chez nous.jpgQuestion de citoyenneté

    Un peu partout, dans nos vieilles démocraties plus ou moins représentatives, des nouveaux modes de participation directe des habitants (en sus du droit de pétition et, là où ils existent, de référendum, et d'initiative) sont instaurés : budgets participatifs comme à Lausanne, ateliers citoyens, groupes d'habitants tirés au sort qui planchent sur des projets comme en Allemagne, démocratie délibérative comme dans l'Oregon ou bientôt en Valais, à Sion. Ces procédures fonctionnent : elles ont fait la preuve de leur efficacité et de leur légitimité. Or Cette pratique de démocratie directe, non contradictoire mais complémentaire de celles, institutionnelles, dont nous disposons en Suisse, mais qui ne s'adressent qu'à la part de la population qui dispose des droits politiques, n'a jamais été instituée à Genève comme une pratique structurée et pérenne. En outre, il n'y a pas à Genève d'espace de quartier politiquement constitué : la démocratie représentative et semi-directe ne connaît que la Ville entière : le Conseil municipal est le parlement de la Ville, pas celui des quartiers. Et, élu à la proportionnelle, il est formé de représentants non de la population dans son ensemble, mais de l'électorat des différents partis et des candidates et candidats élus. La démocratie participative fait des citoyens réels de  ceux qui ne le sont pas au sens légal : elle élargit donc la citoyenneté en même temps que la démocratie.

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  • La Cité, la musique, la démocratie

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    Cité de la musique2.jpgLe NON qui rouvre les possibles

    Le 13 juin dernier, après une campagne dont, par euphémisme, on dira qu'elle fut vive de part et d'autre (la Fondation pour la Cité de la Musique et le comité référendaire notant tous deux des "attaques personnelles, insultes, menaces, harcèlement, pressions" du camp adverse), la Ville de Genève donnait, à un peu plus de 800 voix de majorité sur 53'000 votantes et votants, un préavis négatif au plan localisé de quartier nécessaire à la réalisation d'un projet de Cité de la Musique sur la parcelle des Feuillantines, en bordure de le place des Nations. C'était un vote municipal consultatif, dont, légalement, le canton peut faire ce qu'il veut, y compris, avec toute la délicatesse que nos communes lui connaissent, s'asseoir dessus ("on ne saurait considérer que la volonté populaire d'une seule commune s'impose de facto à l'échelon cantonal" déclarait Antonio Hodgers, avant même le vote de la Ville). Mais politiquement, c'est une autre histoire : 53'000 personnes qui votent, dans une commune de plus de 200'000 habitants qui concentre 40 % de la population (et du corps électoral) du canton, ça pèse un peu plus qu'un simple mouvement d'humeur, et soir même du vote le Conseil d'Etat rouvrait le débat, le dossier et les consultations sur le projet, sans exclure de le faire passer de celui d'une Cité DE LA musique à celui d'une Cité DES musiqueS... Or si le débat va se poursuivre et si des "plans alternatifs" peuvent être évoqués (comme l'installation, proposée par le député indépendant à la Douma Guy Mettan, d'une Cité DES musiqueS sur le terrain occupé naguère par l'Opera des Nations)  c'est bien parce que la Ville a refusé le plan localisé de quartier : si elle l'avait accepté, sur le projet aurait été posé cet avertissement définitif : "circulez, y'a plus rien à voir, rien à dire, rien à voter".

    "Nous ne sommes pas prêts à attendre encore dix ans pour voir émerger une Cité de la musique", plaident les députés socialistes. Nous, et une majorité de votantes et de votants en Ville, n'étions pas prêts à nous précipiter sur n'importe quel projet de Cité de la Musique -et s'il faut attendre dix ans pour un bon projet (avec un nouveau PLQ, lui aussi soumis à référendum populaire...), nous sommes prêts à l'attendre dix ans. Et pendant dix ans, à renforcer le soutien financier aux musiques actuelles et de création : c'est d'un tel soutien dont elles ont le plus besoin, pas de salles dans une Cité de la musique ou des musiques.

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  • Consommer, on doit. Mais pas manifester.

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    Capture d’écran 2020-12-21 230815.jpgEteignoir social

    Depuis lundi à 11 heures et deux minutes du matin les jours s'allongent. Pour six mois. Reste à savoir ce qu'on fait et fera, et de ce qu'on nous laissera faire, de ce temps d'un peu de lumière en sus. Samedi, l'avant-dernier jour de l'hiver, on a pu voir à Genève ce que les oubliés de la crise voulaient, et ce à quoi ils avaient à faire. Ces oubliés voulaient qu'on ne les oublie plus. Le Conseil d'Etat (c'est-à-dire, concrètement, sur place, la police) voulaient qu'ils rentrent dans le rang. Et l'oubli. Un millier de personnes s'étaient réunies sur la Plaine de Plainpalais pour entendre pendant deux heures les témoignages des Oubliés. Puis, une centaine d'entre elles s'étaient mises en marche pour tenter de défiler dans les rues, ce dont les organisateurs du rassemblement (la Communauté genevoise d'action syndicale) avaient sollicité en vain l'autorisation : que les Oubliés se rassemblent, soit. Mais qu'on les voie marcher dans les rues de la Ville, surtout pas ! Et autant de policiers robocopés que de manifestants furent déployés pour que la marche des seconds s'interrompe sur le Marché aux Puces. Là où on retrouvera en effet quelques libertés fondamentales. Et là où les Oubliés peuvent prendre conscience du destin auquel ils sont voués par ceux qui les veulent faire oublient -mais n'oublient pas l'"économie". Il paraît qu'on va pouvoir dans les jours qui viennent pouvoir commencer à se faire vacciner contre la Covid. Pour vacciner les gouvernants contre l'usage de l'éteignoir social, en revanche, on ne dispose pas de grand chose. Sinon, précisément, du droit de manifester. "Dans un esprit festif et combattif", avec ou sans "l'assentiment de nos chères autorités", selon les mots de l'invitation  du "Parti objectif de la Genève oubliée" (POGO) à manifester samedi dernier.

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  • Initiatives populaires soumise au vote dimanche : Partie gagnée ou partie remise ?

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    Bandeau multinationales.jpg

    La procédure constitutionnelle encadrant le droit d'initiative est telle que l'acceptation d'un texte proposé dans ce cadre n'est qu'exceptionnellement accepté : la double majorité du peuple et des cantons est un obstacle considérable. Les derniers sondages sur les intentions de vote lors du scrutin de dimanche laissent supposer qu'aucune des deux initiatives populaire que nous soutenons n'obtiendra cette double majorité (à nous de les faire mentir, ces sondages), mais que toutes deux pourraient obtenir celle qui nous importe le plus, celle du peuple (à nous de les confirmer sur ce point, ces sondages). Si tel devait être le cas, elles ne seraient évidemment pas acceptées, mais elle seraient constitutives d'un nouveau rapport de forces pour un contrôle plus réel des actes des entreprises et de ceux des investisseurs. De sorte que, même si la partie ne devait pas être gagnée, elle ne serait alors que remise. Car nous sommes constants et endurants. Récidivistes et relapses.

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  • Illibéralisme, démocrature et démocratie : Courber le Droit

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    armalamaison.jpgL'Union Européenne doit faire face au refus des gouvernements de la Pologne, de la Hongrie et de la Slovénie d'accepter que le respect de l'"Etat de droit" soit une condition pour pouvoir bénéficier du plan de relance de750 milliards d'euros prévu par l'UE pour répondre aux conséquences sociales et économiques de la crise covidienne -un plan dont pourtant ces Etats réfractaires seraient d'entre les principaux bénéficiaires. Ce qui pose deux questions : qu'est-ce donc que cet "Etat de droit" dont ces régimes, dits par eux-mêmes "illibéraux", refusent de garantir le respect, et pourquoi s'y refusent-ils ? Et ces deux questions en contiennent une troisième : ces régimes se disent "illibéraux", dont réfracaires au "libéralisme"... mais à quel "libéralisme" ? le politique ? le social ? l'économique ? L'Etat de Droit, dans sa définition la plus simple, c'est un Etat qui respecte le Droit. Or comme dans notre monde, le Droit, c'est toujours le Droit de l'Etat (ou de ses subdivisions régionales ou locales), ou des Etats définissant ensemble le droit international, l'Etat de Droit, ce n'est que l'Etat qui respecte son propre Droit (c'est le moins que l'on puisse exiger de lui tant qu'on n'a pas renoncer à l'abolir), et les principes de sa constitution : la séparation des pouvoirs, le pluralisme politique, l'indépendance de la justice, la liberté de la presse, les libertés individuelles, et même, si possible, la laïcité et le droit d'asile... L'"illibéralisme", ou la "démocrature", c'est un Etat qui veut courber son droit...

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  • On ne reporte pas, on confirme...

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    Bulletin de vote.jpgLe deuxième tour est second : il suit le premier pas à pas


    Comme ils l'avaient annoncé, le MCG et SolidaritéS ont déposé recours contre la décision du Conseil d'Etat de maintenir le deuxième tour de l'élection des Conseils administratifs le 5 avril. Et comme le temps presse, ils ont demandé que l'élection soit suspendue avant même que le recours soit examiné. On est jamais trop prudent. Les deux partis expliquent qu'il est impossible de mener campagne en temps de confinement, même relatif, et que les citoyennes et les citoyens sont en ces temps incapables de se former une opinion. Même s'ils se l'étaient déjà formée pour le premier tour et que les candidats du deuxième l'étaient déjà au premier ? même. Et que la campagne se fasse malgré tout, que les candidates et candidats s'expriment dans les media et sur les réseaux sociaux, que leurs tracts soient distribués dans les boîtes aux lettres, ça ne permet pas aux  citoyennes et aux citoyens de se forger une opinion ? ils en sont incapables par eux-mêmes, il faut qu'on leur explique et réexplique tout sur des stands ou au porte-à-porte ?  A quoi ça tient, quand même, la démocratie...

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  • Municipales : participation faiblarde

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    local de vote.jpgAux urnes ! (avec ou sans masque)

    25 % de participation (au plan cantonal, et sans doute moins encore en Ville) mercredi soir pour les Municipales genevoises : c'est bien peu, même si c'est grosso modo au niveau des Municipales précédentes, celles de 2015... Et comme il est trop tard pour voter par correspondance, il ne vous reste que la solution de vous rendre dans votre local de vote dimanche matin, de 10 heures à midi. A l'ancienne. Avec ou sans masque : de toute façon, si vous êtes malade, vous devez rester chez vous, et si vous ne l'êtes pas, le masque ne vous protégera pas. Que vous ayez voté ou non, votre commune aura élu son Conseil municipal dimanche à midi. Et contrairement au vote blanc ou nul, l'abstention n'est pas une opposition, même pas une marque de défiance -seulement le choix, car c'en est un, de laisser choisir les autres. Subversive, l'abstention ? Si elle l'était, elle serait interdite et les abstentionnistes en seraient punis...

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  • Les villes contre l'Etat ?

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    villes, communes"Vive la Commune"... mais pas n'importe laquelle ?

    Comme on  vous le serine régulièrement, notre slogan préféré depuis 1871, c'est "Vive la Commune !". Surtout à Genève, où les communes, instituées en 1798 par le régime français dans le même temps où la grande République avalait la parvulissime, sont bien loin d'être l'institution fondamentale de la démocratie que proclament maints discours de cantine. Mais le "Vive la Commune" de 1871, c'est "vive" celle de Paris... et notre "Vive la Commune" d'aujourd'hui, c'est surtout "vive" celle de Genève (certes instituée en 1798 par la France, mais supprimée en 1815 par les oligarques de l'ancienne République revenus au pouvoir dans les fourgons de la Saint-Alliance antifrançaise, et rétablie une génération plus tard par une révolution). Est-ce à dire que lorsque nous clamons "Vive la Commune", il faudrait le traduire par "Vive la Ville" ? Il y a de cela... à condition que la majuscule de "la Ville" (de Genève) laisse place à la minuscule des villes genevoises (elles sont une dizaine) et que l'on mesure bien ce qu'il peut y avoir de danger à n'avoir en tête que les "grandes villes" (ce que Genève n'est certes pas démographiquement, à l'aune européenne, et moins encore mondiale). Un article du dernier numéro du "Monde Diplomatique" (https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/BREVILLE/61548) nous met cette puce à l'oreille : grattons-nous donc là un peu (si l'Office fédéral de la Santé Publique nous y autorise, bien sûr).

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  • Elections municipales : recette d'une proclamation électorale

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    Maire de Champignac.jpgMots obligés

    Vous avez sans doute vu nos affiches avec nos têtes, reçu dans vos boîtes aux lettres nos tracts, prospectus, dépliants électoraux, vous avez reçu votre enveloppe avec vos bulletins de vote et votre carte de vote, vu passer des bus et des trams à nos couleurs avec nos slogans. Vous l'aurez compris : y'a, incessamment sous peu, des zélections, auxquelles, pour peu que vous disposiez des droits politiques, vous êtes conviés à participer par vos votes forcément sélectifs, informés et rationnels. De vrais votes de vrais citoyens et de vraies citoyennes, quoi. Alors,  remettons la campagne électorale dans son bain rhétorique : il y a des choses qu'il faut dire. Qu'on ne peut pas ne pas dire. Aussi convient-il de vous dévoiler la recette incontournable de toute proclamation électorale conforme, sinon aux attentes des citoyennes et des citoyens, du moins au cadre obligé de cet exercice.

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  • Vers le droit de vote et d'éligibilité des "étrangers"

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    urne.jpgVive le suffrage universel !

    Le 24 avril 2005, les Genevois et voises accordaient le droit de vote (mais pas d'éligibilité), d'initiative et de référendum municipaux, aux étrangers résidant en Suisse depuis au moins huit ans. Comme cinq autres cantons romands. Trois cantons alémaniques (les Rhodes intérieures d'Appenzell, les Grisons et Bâle-Ville) ont accordé à leurs communes le droit d'accorder le droit de vote à leurs habitants étrangers. Le Jura leur a en outre accordé le droit de vote cantonal, Vaud le droit d'éligibilité municipale. Genève est donc en retard (le Valais aussi, d'ailleurs) sur le reste de la Romandie, s'agissant des droits démocratiques. Un pas supplémentaire pourrait cependant être fait si le Grand Conseil d'abord, le peuple ensuite (du moins sa part adulte, de nationalité suisse et électoralement active), y consentent : le droit de vote et d'éligibilité des étrangers aux plans communal et cantonal. Une extension légitime et bienvenue à l'élection et au canton d'un droit encore contenu à celui de voter dans les communes. Une commission du Grand Conseil a en effet adopté en ce sens un projet de modification de la constitution : déposé par la députée d'"Ensemble àé Gauche" Jocelyne Haller, le projet a évidemment  été soutenu par les socialistes et les Verts, mais aussi par le PDC, le PLR rejoignant (c'est son tropisme, en ce moment) l'UDC et le MCG dans un refus obsidional de quelque droit politique que ce soit aux métèques. Dont on rappellera qu'ils constituent plus de 40 % de la population du canton, ce qui fait de Genève de tous les cantons suisses celui qui prive encore la plus grande part de sa population des droits politiques fondamentaux de voter, d'élire et de siéger.

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  • Ahmed Gaïd Tebboune ou Abdelmadjid Salah ?

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    Capture.JPGAutoreproduction d'un système

    Le système algérien s'est auto-reproduit. Abdelmadjid Tebboune a été "élu" jeudi président de l'Algérie, officiellement par 58,15 des voix, au premier tour d'une élection qui n'a, toujours officiellement, compté qu'une participation de 39,83 % de l'électorat, et sans doute bien moins en réalité, alors qu'il suffisait de présenter sa carte d'identité pour pouvoir voter : rien qu'à Alger, des dizaines de milliers de personnes sont manifesté en proclamant "nous n'avons pas voté" et en Kabylie, des émeutes ont éclaté et des dizaines de bureaux de vote ont été fermés par des manifestants, urnes et bulletins de vote jetés dans les rues. Abdelmadjid Tebboune, ancien Premier ministre, c'est l'homme du système, élu par le système -et conspué par la rue à peine élu. Il fut (et donc reste) le plus proche collaborateur de l'homme fort du régime, le général Ahmed Gaïd Salah.

     

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  • De la cohérence en milieu municipal

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    transparence.jpg

    Petite polémique picrocholine (à forte composante électoraliste) sur un rapport d'audit que l'Exécutif de la Ville de Genève avait commandé, et qu'il a longtemps refusé de rendre public. La droite tempête (forcément : l'Exécutif est de gauche...) et exige la publication de l'audit dont la "Tribune de Genève" avait dévoilé des extraits en bénéficiant de "fuites" qui avaient valu à trois conseillers municipaux d'être auditionnée par la police sur dénonciation du Conseil administratif, à la demande du président UDC du Conseil municipal. Appelé à la rescousse, le préposé cantonal à la transparence estime que la publication de l'audit serait "utile à la formation de l'opinion et à la participation des citoyens à la vie publique". Et tout cela, donc, sur fonds d'invocation du principe de "transparence". Ce qui fait doucement rigoler, puisque cette transparence que la droite demande sur un audit, elle refuse d'envisager d'en débattre quand on la propose sur les rémunérations, les indemnités, les remboursements, les avantages, les privilèges, les prébendes des Conseillers municipaux...

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  • Laïcité : Un article nous manque, mais la loi n'est pas dépeuplée

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    signes religieux ostentatoires.jpgQui, ou quoi, représentons-nous ?

    Un alinéa de la loi genevoise sur la laïcité, imposé par la majorité du Grand Conseil contre le souhait du Conseil d'Etat, a été biffé par la Cour constitutionnelle cantonale (sous réserve d'un recours au Tribunal fédéral) : la disposition qui interdisait à un député, une députée, un conseiller municipal, une conseillère municipale, de siéger en portant quelque accessoire exprimant ses convictions religieuses. La disposition de la loi appliquant la même interdiction aux magistrats (membres du Conseil d'Etat, des exécutifs municipaux, du pouvoir judiciaire) et aux fonctionnaires a en revanche été maintenue. Pour distinguer les deux cibles de cette prohibition de l'expression de convictions religieuses, la Cour a opéré une distinction entre la représentation de la société (par des parlementaires) et celle de l'Etat (par des magistrats). Distinction fondamentale, en effet : les élues et élus dans les parlements (fédéral, cantonaux, municipaux) ne sont pas les représentants de l'Etat, mais de celles et ceux qui les ont élus.

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  • Algérie, Liban, Irak : L'alternative est dans la rue

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    Maniif Alger.JPG

    En Irak, des centaines de personnes ont été tuées dans des manifestations contre le pouvoir et la mainmise iranienne. Au Liban, la colère de la rue a poussé le Premier ministre à la démission. Et en Algérie, le jour même 65ème anniversaire du début de la guerre d'indépendance, des centaines de milliers de personnes dans les rues d'Alger exigent le départ d'un pouvoir qui a confisqué cette indépendance : c'est une Algérie ingouvernable que le pouvoir de fait convoque aux urnes le 12 décembre. Les manifestations ne cessent pas, malgré une répression accrue. Les cinq candidats retenus par le pouvoir sont tous d'anciens ministres -deux d'entre eux, Ali Benflis (déjà candidat deux fois) et Abdelmadjid Tebboune, ont été premiers ministres de Bouteflika. En Irak, au Liban, en Algérie, l'alternative aux pouvoirs en place est dans la rue.

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  • Faites votre ville : pour un budget participatif

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    reforme.jpgDémocratiser la démocratie

    Un peu partout, dans nos vieilles démocraties plus ou moins représentatives, des nouveaux modes de participation directe des citoyens (en sus du droit de pétition et, là où ils existent, de référendum, et d'initiative) sont instaurés : budgets participatifs (comme à Lausanne), ateliers citoyens, groupes de citoyens tirés au sort qui planchent sur des projets, comme en Allemagne, démocratie délibérative, comme dans l'Oregon ou bientôt en Valais, à Sion. On est moins dans une "révolution culturelle" bouleversant nos systèmes politiques que dans une adaptation de ceux-ci. Du pur réformisme, donc. Mais qui sait de quoi peuvent accoucher des réformes qui démocratisent la démocratie ? De quelles remises en cause du pouvoir des "représentants" et des administrations peuvent-elles être porteuses ?

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  • Quand la Justice espagnole souffle sur les braises catalanes

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    PRISON2.jpg22 dirigeants ou élus catalans étaient poursuivis par le Tribunal Suprême espagnol pour leur participation au combat indépendantiste. Cinq se sont exilés (dont Carles Puigdemont), les autres sont en prison ou en liberté provisoire. 12 (dont l'ancienne présidente du parlement catalan, des anciens ministres du gouvernement régional,  des leaders associatifs) étaient jugés à Madrid lors d'un procès-fleuve, qui a commencé à la mi-février et s'est terminé le 12 juin, avec un jugement rendu le 14 octobre. Neuf responsables indépendantistes catalans ont été condamnés à des peines de 9 à 13 ans de prison pour "sédition et détournement de fonds publics" -en réalité, pour avoir organisé un référendum d'autodétermination de la Catalogne, en octobre 2017. Le Parquet demandait plus encore : 25 ans de prison contre l'ancien vice-président catalan Orio Junqueras (qui en a pris 13), soit plus que s'il avait commis un meurtre, mais les verdicts sont d'une sévérité aux effets dévastateurs. Outre de susciter la colère catalane, ils internationalisent encore un peu plus le conflit entre la Catalogne et le pouvoir central, puisque les indépendantistes vont porter le jugement espagnol devant les tribunaux internationaux.

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